| La nature apprend à l’homme à nager lorsqu’elle fait couler son bateau. |
| ABASIYANIK Saït Faïk |
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| La liberté ne consiste pas seulement à suivre sa propre volonté, mais aussi parfois à la fuir. |
| ABE KOBO |
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| La solitude est un enfer pour ceux qui tentent d’en sortir ; elle est aussi le bonheur pour les ermites qui se cachent. |
| ABE KOBO |
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| La souffrance de l’emprisonnement réside dans le fait que l’on ne peut, à aucun moment, s’évader de soi-même. |
| ABE KOBO |
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| Une haute sympathie pour les autres provient d’un grand degré d’adhérence à soi-même. |
| ABE KOBO |
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| Fuis les honneurs et l’honneur te suivra ; convoite la mort et la vie te sera donnée. |
| ABOU BAKR |
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| La vanité des femmes est telle que pour paraître aimées, elles se passeraient fort bien de l’être. |
| ABRANTÈS Laure Permon Junot, duchesse d’ |
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| Le dévouement a cela d’affreux dans ses suites, qu’il ne sert ordinairement ni à celui qui l’a offert, ni à celui qui l’a reçu. |
| ABRANTÈS Laure Permon Junot, duchesse d’ |
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| Affame ton chien, il te suivra ; engraisse-le, il te mangera. |
| ABU JAFAR AL-MANSUR |
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| C’est toujours par hasard qu’on accomplit son destin. |
| ACHARD Marcel |
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| Celui qui n’a jamais perdu la tête, c’est qu’il n’avait pas de tête à perdre. |
| ACHARD Marcel – Gugusse, La Table Ronde, p.209 |
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| Il est plus facile de sortir de ses gonds que d’y rentrer. |
| ACHARD Marcel |
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| Il n’y a pas d’amour perdu. |
| ACHARD Marcel – Le corsaire, p.145, Éd. Gallimard/nrf, 1926 |
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| Il vaut mieux se tromper avec tout le monde que d’être intelligent tout seul. |
| ACHARD Marcel |
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| J’adore répondre. Je réponds même quand on ne me demande rien. |
| ACHARD Marcel – Jean de la Lune, Livre de Poche n° 2458, p.20 |
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| J’ai trop d’énergie pour travailler. |
| ACHARD Marcel – Domino, I, 9, Domino |
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| L’amour est à ceux qui y pensent. |
| ACHARD Marcel – Patate, p.91, Livre de Poche n° 2648 |
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| L’amour, c’est être toujours inquiet de l’autre. |
| ACHARD Marcel – Jean de la Lune, Livre de Poche n° 2458, p.174 |
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| L’espérance est un de ces remèdes qui ne guérissent pas mais qui permettent de souffrir plus longtemps. |
| ACHARD Marcel – Je ne vous aime pas, Gallimard, 1926, p.129 |
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| L’humour, c’est de savoir que tout, absolument tout, est drôle ; dès l’instant que c’est aux autres que cela arrive. |
| ACHARD Marcel |
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| L’important, ce n’est pas ce qu’on réussit, c’est ce qu’on essaie. |
| ACHARD Marcel – Mademoiselle de Panama |
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| Le bonheur, c’est la somme de tous les malheurs qu’on n’a pas. |
| ACHARD Marcel |
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| Le désespoir est le seul péché impardonnable. |
| ACHARD Marcel – Mademoiselle de Panama, p.64, Éd. Gallimard/nrf, 1942 |
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| Le meilleur moyen de prendre un train à l’heure, c’est de s’arranger pour rater le précédent. |
| ACHARD Marcel |
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| Le remède est dans le poison. |
| ACHARD Marcel – Patate |
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| Le véritable gentleman est celui qui appelle toujours un chat un chat. Même lorsqu’il trébuche dessus et qu’il tombe. |
| ACHARD Marcel |
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| Les talons hauts ont été inventés par une femme qu’on embrassait toujours sur le front. |
| ACHARD Marcel |
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| On n’aime que les femmes qu’on rend heureuses. |
| ACHARD Marcel – Auprès de ma blonde, Frédéric (La Table Ronde) |
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| On ne vit qu’une fois… et encore ! |
| ACHARD Marcel |
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| Quand on aime, on aime toujours trop. |
| ACHARD Marcel – Gugusse, p.145, Éd. La Table Ronde |
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| Si l’amour n’était pas la plus noble des passions, on ne le donnerait pas pour excuse à toutes les autres. |
| ACHARD Marcel – Je ne vous aime pas, Gallimard, 1926, p.127 |
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| Si on raconte son bonheur, on le diminue. |
| ACHARD Marcel – Gugusse, p.146, Éd. La Table Ronde |
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| Pour écrire en prose, il faut absolument avoir quelque chose à dire ; pour écrire en vers, ce n’est pas indispensable. |
| ACKERMANN Louise |
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| Cave ne cadas. |
| Adage latin – Avertissement au triomphateur romain par un esclave placé derrière lui. |
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| Fluctuat nec mergitur. |
| Adage latin – Devise de la ville de Paris |
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| Habeas corpus (Que tu aies ton corps). |
| Adage latin – Loi anglaise de 1679 qui garantit la liberté individuelle. |
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| In hoc signo vinces ! |
| Adage latin – À Constantin allant combattre Maxence (312) |
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| Is fecit cui prodest. (Le coupable est celui à qui le délit profite). |
| Adage latin |
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| Jus est ars boni et aequi (Le droit est l’art du bien et du juste). |
| Adage latin |
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| Patere quam ipse fecisti legem (Subis la loi que toi-même as faite). |
| Adage latin |
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| Tu ne peux pas retenir ce jour, mais tu peux ne pas le perdre. |
| Adage latin – Inscription latine gravée sur un cadran solaire |
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| Vulnerant omnes, ultima necat. |
| Adage latin – Inscription latine fréquente sur les cadrans des horloges. |
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| La symbolique pansexuelle est vraie. Mais elle est elle-même signe de réalités qui la dépassent. |
| ADAMOV Arthur – L’Aveu |
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| Le seul courage est de parler à la première personne. |
| ADAMOV Arthur – L’Aveu |
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| Les mots, ces gardiens du sens, ne sont pas immortels, invulnérables. Ils sont revêtus d’une chair saignante et sans défense. Comme les hommes, les mots souffrent. |
| ADAMOV Arthur – L’Aveu |
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| Une pièce de théâtre doit être le lieu où le monde visible et le monde invisible se touchent et se heurtent. |
| ADAMOV Arthur – Ici et maintenant |
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| L’oubli de ses propres fautes est la plus sûre des absolutions. |
| ADENAUER Konrad |
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| Le sentiment d’infériorité gouverne la vie mentale. |
| ADLER Alfred – Intérêt social |
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| Le tout est le non-vrai. |
| ADORNO Theodor W. – Minima moralia (Payot et Rivages, 2003 |
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| Je n’ai pas les moyens de perdre mon temps à gagner de l’argent. |
| AGASSIZ Louis |
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| Sur un seul point la puissance de Dieu est en défaut : il ne peut faire que ce qui a été réalisé ne le soit pas. |
| Agathon |
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| La musique, c’est la représentation sonore, simultanée, du sentiment de mouvement et du mouvement du sentiment. |
| AGUÉEV Maurice |
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| Les Espagnols chantent toujours la passion triste, et les Russes la tristesse passionnée […]. |
| AGUÉEV Maurice – Roman avec cocaïne, trad. Lydia Chweitzer, p.109, Éd. 10/18 n°2959 |
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| Mourir est le seul verbe qui se conjugue au passé décomposé. |
| AILLAUD Jean |
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| Si l’orant s’approche de moi d’une main, je m’approcherai de lui d’une coudée ; s’il s’approche d’un bras entier, s’il marche vers moi, je courrai vers lui en exauçant ses vœux. |
| AL GHAZALI – Livre des Prières |
|
| « Comme je voudrais aimer la musique », dit le sot ; mais il faut faire la musique ; elle n’est point. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.69. |
|
| « Las, que n’ai-je étudié ? » C’est l’excuse du paresseux. Étudie donc. Je ne crois pas qu’avoir étudié soit une si grande chose, si l’on n’étudie plus. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.60. |
|
| « Qu’ils me haïssent, pourvu qu’ils me craignent ! » C’est bien un mot d’ambitieux. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos, Gallimard |
|
| À s’informer de tout, on ne sait jamais rien. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.18, P.U.F 1969 |
|
| Aimer, c’est trouver sa richesse hors de soi. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Éléments de philosophie (Gallimard) |
|
| Aucun homme ne pense jamais que sur les pensées d’un autre. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.46 |
|
| Aucun possible n’est beau ; le réel seul est beau. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Système des beaux-arts (Gallimard) |
|
| C’est dans l’action libre qu’on est heureux ; c’est par la règle que l’on se donne qu’on est heureux, par la discipline acceptée. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.200. |
|
| C’est la foi même qui est Dieu. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Éléments de philosophie (Gallimard) |
|
| C’est le propre du beau qu’il ne nous renvoie jamais à quelque autre chose, ni à quelque idée extérieure. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.52 |
|
| C’est peu de prendre les êtres comme ils sont, et il faut toujours en venir là ; mais les vouloir comme ils sont, voilà l’amour vrai. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.201 |
|
| C’est presque tout que de savoir lire. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.176 |
|
| Ce n’est pas communiquer que communiquer seulement ce qui est clair. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.36 |
|
| Ce n’est pas un petit travail d’accorder sagesse et musique. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.121 |
|
| Ce n’est point parce que j’ai réussi que je suis content ; mais c’est parce que j’étais content que j’ai réussi. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.55 |
|
| Ce qui console d’un travail difficile, c’est qu’il est difficile. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) |
|
| Ce qui effraie dans la guerre, et ce qui pétrifie, ce ne sont point les passions ; c’est plutôt l’ordre. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.38. |
|
| Ce qui est aisé à croire ne vaut pas la peine de croire. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Minerve ou de la sagesse |
|
| Ce qui est nuisible dans les classements scolaires, c’est la mauvaise place, non la bonne. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.179, P.U.F 1969. |
|
| Ce qui intéresse n’instruit jamais. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.63, P.U.F 1969 |
|
| Ce sont les passions et non les intérêts qui mènent le monde. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Mars ou la Guerre jugée (Gallimard) |
|
| Celui qui ne lit que ce qui lui plaît, je le vois bien seul. Toujours en compagnie de ses chétives idées personnelles, comme on dit ; mais il ne sortira pas de l’enfance. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.65. |
|
| Celui qui s’ennuie a une manière de s’asseoir, de se lever, de parler, qui est propre à entretenir l’ennui. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.37. |
|
| Cette autre vie qu’est cette vie dès qu’on se soucie de son âme. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Histoire de mes pensées (1936) |
|
| Ceux qui sont en passions, c’est-à-dire en difficulté avec eux-mêmes… |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.62 |
|
| Chacun se redresse aux maximes et aux proverbes ; chacun en sent le prix. Penser sur des maximes c’est se reconnaître et reprendre le gouvernement de soi. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Les idées et les âges |
|
| Chose remarquable et trop peu remarquée, ce n’est point la pensée qui nous délivre des passions, mais c’est plutôt l’action qui nous délivre. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.48. |
|
| Comprendre Platon, ce n’est pas beaucoup ; il faut être soi-même Platon et penser difficilement. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.5 |
|
| Croire est agréable. C’est une ivresse dont il faut se priver. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1956, 5 mai 1931 p.1014 |
|
| Croire est néant, si ce n’est un mouvement pour penser ce que l’on croit. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le Christianisme |
|
| Dans la conversation ainsi que dans la danse, chacun est le miroir de l’autre. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.166. |
|
| Dans la religion tout est vrai, excepté le sermon ; tout est bon, excepté le prêtre. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos, II, Gallimard |
|
| Dès que l’on s’instruit en vue d’enseigner, on s’instruit mal. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.77, P.U.F 1969 |
|
| Dès que nous tenons une opinion, elle nous tient. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.101, P.U.F 1969 |
|
| Écrire est toujours un art plein de rencontres. La lettre la plus simple suppose un choix entre des milliers de mots, dont la plupart sont étrangers à ce que vous voulez dire. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.10 |
|
| En toute œuvre d’art, la pensée sort de l’œuvre, et jamais une œuvre ne sort d’une pensée. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – La Visite au musicien, les Arts et les Dieux (Gallimard) |
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| Être cultivé c’est, en chaque ordre, remonter à la source et boire dans le creux de sa main, non point dans une coupe empruntée. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.102, P.U.F 1969 |
|
| Exister, c’est dépendre, c’est être battu du flot extérieur. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Entretiens au bord de la mer (Gallimard) |
|
| Faire de nécessité vertu est le beau et grand travail. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.60. |
|
| Faire et non subir, tel est le fond de l’agréable. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Gallimard |
|
| Il arrive que les maîtres, surtout jeunes, se plaisent à discourir ; et les élèves ne se plaisent pas moins à écouter ; c’est la ruse de la paresse. Mais nul ne s’instruit en écoutant ; c’est en lisant qu’on s’instruit. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.96, P.U.F 1969 |
|
| Il est bon d’avoir un peu de mal à vivre et de ne pas suivre une route tout unie. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.111 |
|
| Il est sage de ne pas d’abord accuser les êtres et choses autour de nous, et de prendre garde premièrement à nous-même. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.32. |
|
| Il faut prêcher sur la vie, non sur la mort ; répandre l’espoir et non la crainte ; et cultiver en commun la joie. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, LVIII, De la Pitié |
|
| Il faut qu’une vérité soit révélée ; non pas une vérité neuve, mais au contraire vieille comme les rues, et cent fois prouvée. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.60 |
|
| Il n’est pas bon que le pouvoir d’observer se développe plus vite que l’art d’interpréter. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.139, P.U.F 1969 |
|
| Il n’est pas difficile d’être malheureux ; ce qui est difficile c’est d’être heureux ; ce n’est pas une raison pour ne pas essayer ; au contraire ; le proverbe dit que toutes les belles choses sont difficiles. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.128. |
|
| Il n’y a de progrès, pour nul écolier au monde, ni en ce qu’il entend, ni en ce qu’il voit, mais seulement en ce qu’il fait. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.18, P.U.F 1969 |
|
| Il n’y a qu’un pouvoir, qui est militaire. Les autres pouvoirs font rire, et laissent rire. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Le citoyen contre les pouvoirs |
|
| Il n’y a qu’une méthode pour inventer, qui est d’imiter. Il n’y a qu’une méthode pour bien penser, qui est de continuer quelque pensée ancienne et éprouvée. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation (P.U.F.) |
|
| Il vaut mieux ne pas penser que penser hors de soi. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.153. |
|
| Il vaut mieux voir un même tableau cent fois qu’en voir cent une fois. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.27 |
|
| Il y a des pédagogues qui rendraient les enfants paresseux pour toute la vie, simplement parce qu’ils veulent que tout le temps soit occupé. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.118 |
|
| Il y a l’avenir qui se fait et l’avenir qu’on fait. L’avenir réel se compose des deux. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.158. |
|
| Il y a plus de volonté qu’on ne croit dans le bonheur. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.16 |
|
| Il y a une forte raison de ne pas dire au premier arrivant ce qui vient à l’esprit, c’est qu’on ne le pense point. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Éléments de philosophie (Gallimard) |
|
| J’ai pris l’habitude de ne jamais donner des raisons d’un refus. Refuser en donnant des raisons, ce n’est pas refuser. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Histoire de mes Pensées |
|
| Jamais un orateur n’a pensé en parlant ; jamais un auditeur n’a pensé en écoutant. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation |
|
| Je crois que le commencement de la folie est une manière irritée de prendre tout, même les choses indifférentes. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.153 |
|
| Je donnerais comme règle d’hygiène : « N’aie jamais deux fois la même pensée. » |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur |
|
| Je ne me suis proposé rien d’autre que de savoir ce que je disais quand je parlais comme tout le monde, je veux dire comme tous penseraient s’ils se mettaient à penser. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos d’un Normand |
|
| Je ne sais ce que c’est que vouloir sans faire. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Entretiens au bord de la mer (Gallimard) |
|
| Je plains ceux qui ont l’air intelligent ; c’est une promesse qu’on ne peut tenir. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’esthétique, « Visages », P.U.F. |
|
| Je suis triste ; je vois tout en noir ; mais les événements n’y sont pour rien ; mes raisonnements n’y sont pour rien ; c’est mon corps qui veut raisonner, ce sont des opinions d’estomac. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le Bonheur |
|
| Je vois dans les Mémoires de Tolstoï qu’à vingt ans il connaissait déjà les deux choses qui importent pour la formation de l’esprit, c’est-à-dire un emploi du temps et un cahier. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’esthétique, Du style |
|
| L’aiguille de la boussole, si bien protégée et toujours tremblante. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.26 |
|
| L’âme, c’est ce qui refuse le corps. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Définitions (Gallimard) |
|
| L’art d’écrire précède la pensée. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature (Gallimard). |
|
| L’effort qu’on fait pour être heureux n’est jamais perdu. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.16. |
|
| L’enseignement doit être résolument retardataire. Non pas rétrograde, tout au contraire. C’est pour marcher dans le sens direct qu’il prend du recul. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1970, 15 août 1924 p.637 |
|
| L’erreur du critique est de chercher l’essence, et de nier l’existence. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.54. |
|
| L’erreur est facile à tous ; plus facile peut-être à celui qui croit savoir beaucoup. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.131, P.U.F 1969. |
|
| L’esprit ne doit jamais obéissance. Une preuve de géométrie suffit à le montrer ; car si vous la croyez sur parole, vous êtes un sot ; vous trahissez l’esprit. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos I, 12 juillet 1930 |
|
| L’homme n’est heureux que de vouloir et d’inventer. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.106 |
|
| L’homme pense son propre chant, et ne pense rien d’autre. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.31 |
|
| L’homme qui ne fait rien n’aime rien. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.111. |
|
| L’homme s’ennuie du plaisir reçu et préfère de bien loin le plaisir conquis. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, « Diogène », Gallimard |
|
| L’homme se forme par la peine ; ses vrais plaisirs, il doit les gagner, il doit les mériter. Il doit donner avant de recevoir. C’est la loi. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.14, P.U.F 1969 |
|
| L’individu n’est que la moitié d’un homme. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.95 |
|
| L’inspiration ne se dit point ; c’est l’œuvre qui la dit. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.22 |
|
| L’intelligence, c’est ce qui dans un homme reste toujours jeune. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) |
|
| L’oisiveté est mère de tous les vices, mais de toutes les vertus aussi. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.103 |
|
| L’orthographe est de respect ; c’est une sorte de politesse. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.114, P.U.F 1969 |
|
| L’union fait la force. Oui, mais la force de qui ? |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1956, 10 décembre 1925 p.666 |
|
| La Bible est le plus beau succès de librairie que l’on avait vu ; cela prouve que les hommes ne sont pas difficiles. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.85 |
|
| La colère est la forme commune des passions dans leur paroxysme ; de toutes, même de la peur. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Mars ou la guerre jugée, Les Passions et la Sagesse, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.584 |
|
| La crainte de mourir est une pensée d’oisif, aussitôt effacée par une action pressante … Mieux on remplit sa vie, moins on craint de la perdre. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.90 |
|
| La crainte nous conduit à combattre la maladie par le régime et les remèdes ; mais quel régime et quels remèdes nous guériront de craindre ? |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.26. |
|
| La foi est la première vertu, et l’espérance n’est que la seconde ; car il faut commencer sans aucune espérance, et l’espérance vient de l’accroissement et progrès. Les projets réels ne poussent que sur l’œuvre. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.120 |
|
| La gloire, en politique, est le salaire de l’injustice. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1970, 7 avril 1913, p.296 |
|
| La morale consiste à se savoir esprit et, à ce titre, obligé, absolument ; car noblesse oblige. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Lettres sur la philosophie de Kant |
|
| La pensée ne respecte rien qu’elle-même. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature (Gallimard) |
|
| La politesse, ce n’est qu’une gymnastique contre les passions. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le Bonheur |
|
| La raison est virile devant l’objet, puérile devant le récit. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Système des beaux-arts |
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| La tentation d’être un chef juste et humain est naturelle dans un homme instruit ; mais il faut savoir que le pouvoir change profondément celui qui l’exerce, et cela ne tient pas seulement à une contagion de société : la raison en est dans les nécessités du commandement, qui sont inflexibles. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Souvenirs de guerre (Flammarion) |
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| La vraie méthode pour former la notion de philosophie, c’est de penser qu’il y eut des philosophes. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Éléments de philosophie (Gallimard) |
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| Le beau est un genre de vrai, mais qui échappe à ceux qui cherchent le vrai. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1956, 15 novembre 1935 p.1289 |
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| Le beau étant le signe du vrai, et la première existence du vrai en chacun, c’est donc dans Molière, Shakespeare, Balzac que je connaîtrai l’homme, et non point dans quelque résumé de psychologie. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.103, P.U.F 1969. |
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| Le beau nous somme de penser. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.66 |
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| Le besoin d’écrire est une curiosité de savoir ce qu’on trouvera. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.37 |
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| Le bonheur est une récompense qui vient à ceux qui ne l’ont pas cherchée. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.200 |
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| Le bonheur suppose toujours quelque inquiétude, quelque passion, une pointe de douleur qui nous éveille à nous-même. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.111 |
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| Le doute est le signe de la certitude. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.44, P.U.F 1969 |
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| Le doute n’est pas au-dessous du savoir, mais au-dessus. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.147, P.U.F 1969 |
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| Le génie n’est sans doute qu’un long refus. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.21 |
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| Le maître écoute et surveille bien plus qu’il ne parle. Ce sont les grands livres qui parlent, et quoi de mieux ? |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.78, P.U.F 1969. |
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| Le mariage, depuis le moment où il est conclu et scellé, est une chose à faire, non une chose faite. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) |
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| Le métier de surveiller rend stupide et ignorant ; cela est sans exception. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.82, P.U.F 1969. |
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| Le paradoxe humain c’est que tout est dit et que rien n’est compris. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.43 |
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| Le petit mot : « Je ferai » a perdu des empires. Le futur n’a de sens qu’à la pointe de l’outil. Prendre une résolution n’est rien ; c’est l’outil qu’il faut prendre. La pensée suit. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Minerve ou De la sagesse ; Propos I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1956, 18 juin 1931 p.1021 |
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| Le plus difficile au monde est de dire en y pensant ce que tout le monde dit sans y penser. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Histoire de mes pensées (Gallimard) |
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| Le plus grand plaisir humain est sans doute dans un travail difficile et libre fait en coopération, comme les jeux le font assez voir. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.114 |
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| Le plus vulgaire des hommes est un grand artiste dès qu’il mime ses malheurs. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.42 |
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| Le propre de la poésie est que les mots éclairent selon leur place. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.75. |
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| Le propre des hommes passionnés est de ne pas croire un seul mot de ce que l’on écrit sur les passions. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.175 |
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| Le seul intérêt de la pensée est de donner un sens à la religion. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Préliminaires à la mythologie. La mythologie humaine |
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| Le seul moyen de changer d’idée est de changer d’action. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.76 |
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| Le sourire est la perfection du rire. Car il y a toujours de l’inquiétude dans le rire, quoique aussitôt calmée ; mais dans le sourire tout se détend, sans aucune inquiétude ni défense. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Les Passions et la Sagesse, 81 chapitres sur l’esprit et les passions, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.1218 |
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| Le souvenir commence avec la cicatrice. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.66, P.U.F 1969 |
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| Le style est la poésie dans la prose. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Avec Balzac (Gallimard) |
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| Le théâtre est comme la messe ; pour en bien sentir les effets il faut y revenir souvent. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Éléments de philosophie, VII, 7 |
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| Le tyran n’aime pas qu’on raisonne ; et c’est qu’il craint en lui-même un raisonneur, qui se tournerait contre lui. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.116. |
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| Le vrai désespoir est sans réflexion. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.81 |
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| Le vrai langage nous prend au corps, non à l’esprit. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.11 |
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| Le vrai poète est celui qui trouve l’idée en forgeant le vers. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Préliminaires à l’esthétique (Gallimard) |
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| Le vrai savoir ne revient jamais à quelque petite chose tout près des yeux ; car savoir c’est comprendre comment la moindre chose est liée au tout. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.123 |
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| Les confidences… sont toujours de fausses confidences. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Histoire de mes pensées (Gallimard) |
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| Les nigauds de moralistes disent qu’aimer c’est s’oublier ; vue trop simple ; plus on sort de soi-même et plus on est soi-même. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.177. |
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| Les passions sont ainsi faites qu’elles périssent dès qu’elles n’ont plus à attendre. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.124 |
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| Les sentiments vrais sont des œuvres. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.88 |
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| Les vices ne sont que des vertus à mi-chemin. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.55, P.U.F 1969 |
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| Lorsque l’énoncé d’un problème est exactement connu, le problème est résolu ; ou bien c’est qu’il est impossible. La solution n’est donc autre chose que le problème bien éclairé. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.127. |
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| Ma grande objection à l’argent, c’est que l’argent est bête. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos d’économique (Gallimard). |
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| Nous cédons tous à cette manie de deviner ce qui est, au lieu de constater. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.41 |
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| Nous ne nous instruisons que par des fautes inexcusables. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.128, P.U.F 1969 |
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| Nous respectons la raison, mais nous aimons nos passions. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos (Gallimard). |
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| Nul n’est bon juge, ni pour les romans, ni pour la peinture, ni pour aucun genre d’œuvres. Mais, pris ensemble, les hommes sont de bons juges. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.124. |
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| Nul ne pense par soi seul. Penser librement, c’est chercher l’accord, et l’accord par liberté. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.115. |
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| On dit que les nouvelles générations seront difficiles à gouverner. Je l’espère bien. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.195, P.U.F 1969 |
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| On ne discute point de grammaire sans menace. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.75 |
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| On ne donne aux gens que l’espoir que l’on a. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.137 |
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| On peut chanter très bien et ne rien dire. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.29 |
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| On prouve tout ce qu’on veut, et la vraie difficulté est de savoir ce qu’on veut prouver. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Système des beaux-arts |
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| Penser, c’est aller d’erreur en erreur. Rien n’est tout à fait vrai. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.76, P.U.F 1969 |
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| Penser, c’est dire non. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort ; au contraire le réveil secoue la tête et dit non. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur la religion, LXIV, L’homme devant l’apparence |
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| Plus on sait, et plus on est capable d’apprendre. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.111 |
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| Pour mon goût, voyager c’est faire à la fois un mètre ou deux, s’arrêter et regarder de nouveau un nouvel aspect des mêmes choses. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.124 |
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| Qu’est-ce qu’un poème, sinon l’insoutenable soutenu ? |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.103. |
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| Qu’il est difficile d’être courageux sans se faire méchant ! |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1970, 4 mai 1913, p.299 |
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| Quand un homme a peur la colère n’est pas loin ; l’irritation suit l’excitation. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.12. |
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| Quand un poète vous semble obscur, cherchez bien, et ne cherchez pas loin. Il n’y a d’obscur ici que la merveilleuse rencontre du corps et de l’idée, qui opère la résurrection du langage. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.12. |
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| Que faisons-nous d’autre, sinon d’aller toujours de trop penser à trop peu penser ? |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.152. |
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| Quelle chose merveilleuse serait la société des hommes, si chacun mettait du bois au feu, au lieu de pleurnicher sur des cendres ! |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.208 |
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| Qui est mécontent des autres est toujours mécontent de soi, nos flèches rebondissent sur nous. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos d’un Normand, t. III |
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| Qui n’a jamais été ridicule ne sait point rire. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.92. |
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| Qui n’imite point n’invente point. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.43 |
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| Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation (P.U.F.) |
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| Réfléchissez à ceci que la pensée ne peut nullement diriger une action qui n’est pas commencée. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Minerve ou De la sagesse ; Propos I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1956, 18 juin 1931 p.1021 |
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| Réfuter est sans style. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.59 |
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| Rien n’est plus dangereux qu’une idée, quand on n’a qu’une idée. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1970, 5 juillet 1930, p.827 |
|
| Savoir, c’est comprendre comment la moindre chose est liée au tout. |
| ALAIN (Émile CHARTIER, dit) |
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| Savoir, et ne point faire usage de ce qu’on sait, c’est pire qu’ignorer. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.176, P.U.F 1969. |
|
| Toujours revenir aux grands textes ; n’en point vouloir d’extraits ; les extraits ne peuvent servir qu’à nous renvoyer à l’œuvre. Et je dis aussi à l’œuvre sans notes. La note, c’est le médiocre qui s’accroche au beau. L’humanité secoue cette vermine. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.103, P.U.F 1969 |
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| Tous les beaux vers sont réguliers. Non que le sens se plie à la règle ; mais toujours est-il que la règle n’a point cédé ; et par cette obstination même, le sens s’est montré. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.28 |
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| Tous les moyens de l’esprit sont enfermés dans le langage, et qui n’a point réfléchi sur le langage n’a point réfléchi du tout. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation (P.U.F.) |
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| Tous les passionnés exorcisent d’abord les pensées par des pensées, et bien vainement. L’ancien exorcisme, par le geste, était le plus sage. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.76. |
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| Tous les vices ressemblent à la guerre, toujours menaçante, toujours évitable. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.138. |
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| Tout bonheur est poésie essentiellement, et poésie veut dire action ; l’on n’aime guère un bonheur qui vous tombe ; on veut l’avoir fait. Imaginez-vous un collectionneur qui n’aurait pas fait sa collection ? |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.103. |
|
| Tout homme pensant s’appuie sur une foi invincible, c’est son réduit et son donjon. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – La naissance de la Philosophie… |
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| Tout pouvoir est méchant dès qu’on le laisse faire ; tout pouvoir est sage dès qu’il se sent jugé. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1956, 25 janvier 1930 p.910 |
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| Tout pouvoir est triste. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos, II, Gallimard |
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| Toutes les passions, comme le nom l’indique, viennent de ce que l’on subit au lieu de gouverner. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Minerve ou De la sagesse (Gallimard) |
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| Un charme est ce qui subjugue, plutôt que ce qui plaît. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.61. |
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| Un des secrets du bonheur, c’est d’être indifférent à sa propre humeur ; ainsi maîtrisée, l’humeur retombe dans la vie animale, comme un chien rentre dans sa niche. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le Bonheur |
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| Un homme vieux, ce n’est pas un homme jeune qui souffre de vieillesse. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, Folio-essais n°21 p.26 |
|
| Une grandeur redoutable de l’homme est en ceci qu’il peut se résigner, et même trouver une sorte de consolation à prédire son propre malheur. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos sur l’éducation, p.75, P.U.F 1969. |
|
| Une idée que j’ai, il faut que je la nie ; c’est ma manière de l’essayer. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Histoire de mes pensées (Gallimard) |
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| Une œuvre qui n’apporte point quelque chose d’invisible et de neuf, on la laisse. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.66 |
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| Une pensée juste est comme un bon dessin. Elle naît d’une profonde paix, et d’un travail tranquille à côté d’elle. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Propos de littérature, Éd. Gonthier, Médiations, p.35 |
|
| Vouloir à partir de ce qu’on a fait sans le vouloir, c’est le vouloir même. |
| ALAIN (Émile Chartier, dit) – Vingt Leçons sur les beaux-arts (Gallimard) |
|
| Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté. |
| ALAIN (Émile-Auguste Chartier, dit) – Propos sur le bonheur, XCIII, Il faut jurer |
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| Je ne crois qu’au fleuve vie, je ne veux être que les flots de ce fleuve. Je ne veux pas de formules ; rien que des mots qui suivent pas à pas dans ses moindres détours, retours et rencontres, la marche complexe de la vie. |
| ALAIN-FOURNIER (Henri-Alain Fournier, dit) – Lettres d’Alain-Fournier à sa famille, 7 février 1906 |
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| L’amour comme un vertige, comme un sacrifice, et comme le dernier mot de tout. |
| ALAIN-FOURNIER (Henri-Alain Fournier, dit) – Correspondance avec Jacques Rivière (Gallimard) |
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| Le mariage est une chose impossible et pourtant la seule solution. |
| ALAIN-FOURNIER (Henri-Alain Fournier, dit) – Correspondance avec Jacques Rivière (Gallimard). |
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| Peut-être la mort seule nous donnera la clef et la suite et la fin de cette aventure manquée. |
| ALAIN-FOURNIER (Henri-Alain Fournier, dit) – Le Grand Meaulnes (Émile-Paul) |
|
| Avoir du talent, c’est comprendre que l’on peut faire mieux. |
ALBALAT Antoine – L’art d’écrire, p. 196, Armand Colin 1992
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|
| La lecture est la base de l’art d’écrire. |
| ALBALAT Antoine – L’art d’écrire, p. 29, Armand Colin 1992 |
|
| Le meilleur moyen de paraître profond est d’être à peu près inintelligible. |
| ALBALAT Antoine – Comment il ne faut pas écrire, p.202, Librairie Plon 1921 |
|
| Le seul moyen d’aller à la postérité est de s’adresser à elle, et non pas aux contemporains. Les contemporains donnent la notoriété. La postérité seule donne la gloire. |
| ALBALAT Antoine – Comment il ne faut pas écrire, p.11, Librairie Plon 1921 |
|
| Les images sont les joyaux du style. |
| ALBALAT Antoine – Comment il ne faut pas écrire, p.88, Librairie Plon 1921 |
|
| Les yeux aussi entendent les sons. De même que le musicien entend l’orchestre en parcourant une partition, il suffit de lire une phrase pour en goûter la cadence. |
| ALBALAT Antoine – L’art d’écrire, p. 147, Armand Colin 1992 |
|
| Lisez quand vous voudrez écrire ; lisez quand vous saurez écrire ; lisez quand vous ne pourrez plus écrire. |
| ALBALAT Antoine – L’art d’écrire, p. 30, Armand Colin 1992 |
|
| Un livre qu’on quitte sans en avoir extrait quelque chose est un livre qu’on n’a pas lu. |
| ALBALAT Antoine – L’art d’écrire, p. 36, Armand Colin 1992 |
|
| Les livres ont toujours plus d’esprit que les hommes. |
| ALBANY Louisa princesse von Stolberg, comtesse d’ – Correspondance |
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| Être ignorant de son ignorance est la maladie de l’ignorant. |
| ALCOTT A.-B. – Conversation de table |
|
| J’ai vénéré la terre pour comprendre le ciel, et grâce aux vers luisants, j’ai connu les étoiles. |
| ALDEBERT Louis – poète français contemporain |
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| Reste devant la porte si tu veux qu’on te l’ouvre. Ne quitte pas la voie si tu veux qu’on te guide. |
| AL-DIN ATTAR Farid |
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| Ce qu’on pourrait faire peut-être de plus glorieux pour elle (l’Encyclopédie), ce serait la liste de ses partisans et de ses adversaires. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Encyclopédie |
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| Celui qui trouva le premier les roues et les pignons, eût inventé les montres dans un autre siècle. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Discours préliminaire à l4encyclopédie |
|
| Cette inquisition enchaîne et glace tous les esprits. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre au roi de Prusse, 3 novembre 1780 |
|
| Cette religion qu’ils travestissaient en la prêchant. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
|
| Cette troupe récalcitrante quand on la prie, mais très docile quand on lui commande. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre au roi de Prusse, 1er mars 1782 |
|
| Combien de lectures inutiles dont nous serions dispensés par de bons extraits ! |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Discours préliminaire à l’Encyclopédie |
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| Combien une douleur pénétrante étend et agrandit l’âme ! |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre au roi de Prusse, 14 novembre 1776 |
|
| Dans les ordres rigoureux, ajoutait un saint cardinal, il y a un tiers de saints, un tiers de fous, un tiers de mécontents. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Éloges, Segrais |
|
| Descartes s’est trompé sur les lois de la percussion. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Traité de dynamique |
|
| Il alla se jeter à la Trappe, et se crut pénitent parce qu’il était humilié. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Éloges, Lamotte |
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| Il est tout à la fois absurde et malsonnant de vouloir rendre intelligible ce que la foi nous déclare ineffable. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Éloges, Bossuet |
|
| Il ne me reste plus qu’à être, pour ainsi dire, spectateur de mon existence sans y prendre part. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Apologie de l’étude |
|
| Je fais du genre humain deux parts, l’opprimante et l’opprimée ; je hais l’une et je méprise l’autre. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Voltaire, 18 novembre 1771 |
|
| Je m’attends à un grand déluge d’esprit. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Voltaire, 9 avril 1761 |
|
| Je me félicite, sire, de penser comme Votre Majesté sur la vanité et la futilité de la métaphysique. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre au roi de Prusse, 17 septembre 1764 |
|
| Je vois d’un œil assez froid et philosophique le dépérissement de mes facultés corporelles et intellectuelles. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1781 |
|
| Je vous prie de regarder mes réflexions comme des enfants perdus que j’ai jetés en avant sans m’embarrasser de ce qu’ils deviendraient. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Voltaire, 22 février 1764 |
|
| Jean-Jacques est un malade de beaucoup d’esprit et qui n’a d’esprit que quand il a la fièvre ; il ne faut ni le guérir, ni l’outrager. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Voltaire, 9 avril 1761 |
|
| L’archevêque vient de faire contre lui (J. J. Rousseau) un grand diable de mandement qui donnera envie de lire sa profession de foi à ceux qui ne la connaissent pas. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Voltaire, 8 septembre 1762 |
|
| L’art de la guerre, qui est l’art de détruire les hommes, comme la politique est celui de les tromper. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Mélanges littéraires |
|
| L’art de raisonner consiste à comparer ensemble deux choses par le moyen d’une troisième. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Mélanges littéraires |
|
| L’érudition est hérissée dans les uns, et agréable dans les autres. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
|
| L’esprit qui invente est toujours mécontent de ses progrès, parce qu’il voit au-delà. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
|
| L’évidence appartient proprement aux idées dont l’esprit aperçoit la liaison tout d’un coup. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Discours préliminaire à l’ »Encyclopédie » |
|
| L’exagération, en voulant agrandir les petites choses, les fait paraître plus petites encore. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Éloges, Fléchier |
|
| La barbarie dure des siècles, il semble que ce soit notre élément ; la raison et le bon goût ne font que passer. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Discours préliminaire à l’ »Encyclopédie » |
|
| La devise de l’homme vertueux est renfermée dans ces deux mots, donner et pardonner. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Éloges, abbé de Saint-Pierre |
|
| La durée d’un ouvrage, quelque mérite qu’il ait d’ailleurs, est presque nécessairement liée à celle de son objet. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Destruction des jésuites |
|
| La matière est incréable, par conséquent incréée, par conséquent éternelle. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770 |
|
| La modestie est quelquefois hypocrite, et la simplicité ne l’est jamais. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
|
| La morale est comme la médecine, beaucoup plus sûre dans ce qu’elle fait pour prévenir les maux que dans ce qu’elle tente pour les guérir. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Jean-Jacques Rousseau |
|
| La plupart des princes sont comme les enfants : ils caressent vivement, et oublient vite. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
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| La raison finira par avoir raison. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Voltaire, 23 janvier 1757 |
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| La simplicité consiste à montrer ce que l’on est ; la modestie à le cacher. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Synonymes |
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| La simplicité tient plus au caractère ; la modestie, à la réflexion. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Synonymes |
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| La tendresse a sa source dans le cœur ; la sensibilité tient aux sens et à l’imagination. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Synonymes |
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| La timidité tient au caractère ; l’embarras, aux circonstances. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Synonymes |
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| Le bonheur, cet objet de nos désirs, mais qui fuit et repousse la grandeur et les richesses, serait-il donc obscurément attaché à la médiocrité en tout genre ? |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Éloges, Segrais |
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| Le fameux problème que les géomètres ont appelé problème des trois corps, parce qu’il consiste à déterminer l’orbite d’un corps céleste attiré par deux autres. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Discours préliminaire à l’ »Encyclopédie » |
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| Le grand défaut de ce siècle philosophe est de ne l’être pas encore assez. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Jean-Jacques Rousseau |
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| Le plus grand effort d’esprit est peut-être celui que nous faisons en apprenant à parler. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Éléments de philosophie |
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| Le plus simple raisonnement prouve qu’il y a un être éternel, quoique nous ne puissions concevoir ni un être qui a toujours été ni un être qui commence à exister. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre au roi de Prusse, 30 novembre 1770 |
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| Le sublime doit être dans le sentiment ou dans la pensée ; et la simplicité, dans l’expression. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
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| Le vrai moyen de suggérer des réflexions au lecteur, c’est d’en faire. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
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| Les coups qu’on sent le plus sont ceux qu’on ne peut pas rendre. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Éloges, abbé de Saint-Pierre |
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| Les hommes ne valent pas la peine qu’on prend pour les éclairer ; et ceux même qui pensent comme nous, nous persécutent. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Voltaire, 22 décembre 1765 |
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| Les mots arrivent plus aisément pour rendre une émotion vive qu’une idée claire. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
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| Les notions les plus abstraites, celles que le commun des hommes regarde comme les plus inaccessibles, sont souvent celles qui portent avec elles une plus grande lumière. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Discours préliminaire à l’ »Encyclopédie » |
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| Les préjugés, de quelque espèce qu’ils puissent être, ne se détruisent pas en les heurtant de front. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Mélanges |
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| Les remèdes que j’ai faits n’ont servi qu’à empirer mon état, et je ne me trouve mieux que depuis que j’ai envoyé paître les remèdes et le médecin. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Voltaire, 29 août 1764 |
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| Les triomphes théologiques de Bossuet, quelque prix qu’on y doive attacher, sont la partie de son éloge à laquelle nous devons toucher avec le plus de réserve. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Éloges, Bossuet |
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| Les vers sont une espèce de chant, sur lequel l’oreille est si inexorable, que la raison même est quelquefois contrainte de lui faire de légers sacrifices. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Réflexions sur le goût |
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| Malheur à tout roman que le lecteur n’est pas pressé d’achever ! |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Éloges, Marivaux |
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| Non, en métaphysique, ne me paraît guère plus sage que oui ; non liquet (la chose n’est pas claire) est la réponse raisonnable à presque tout. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Voltaire, 4 août 1770 |
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| Nous ne savons, si je puis m’exprimer de la sorte, ni le pourquoi, ni le comment de rien. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Mélanges |
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| On ne peut réellement convaincre, sans être convaincu soi-même ; car la conviction réelle est la suite de l’évidence. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Mélanges littéraires |
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| Plus l’autorité agitera le vase où les vérités nagent pêle-mêle avec les erreurs, plus elle retardera la séparation des unes et des autres. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Éloges, Bossuet |
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| Puisque la montagne ne veut pas venir à Mahomet, il faudra donc, mon cher et illustre confrère, que Mahomet aille trouver la montagne. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Lettre à Voltaire, 28 juillet 1756 |
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| Que ne coûtent point les premiers pas en tout genre ? Le mérite de les faire dispense de celui d’en faire de grands. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Discours préliminaire à l’ »Encyclopédie » |
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| Renfermer dans un système qui soit un, les branches infiniment variées de la science humaine. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
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| Rien n’irrite davantage les gens raisonnables que des hommes qui ont renoncé au monde, et qui cherchent à le gouverner. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Destruction des jésuites |
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| Tôt ou tard les hommes qui pensent et qui écrivent gouvernent l’opinion ; et l’opinion, comme vous savez, gouverne le monde. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
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| Tout a des révolutions réglées, et l’obscurité se terminera par un nouveau siècle de lumières. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ – Discours préliminaire à l’ »Encyclopédie » |
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| Toute musique qui ne peint rien n’est que du bruit. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
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| Trop de lecture peut étouffer le génie. |
| ALEMBERT Jean le Rond d’ |
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| Beaucoup de personnes pensent être myopes alors que, en réalité, les choses ne sont pas nettes. |
| ALEXAKIS Vassilis |
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| Le bonheur vient vers ceux qui croient en lui. |
| ALI IBN ABU TALIB |
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| Si tu crains une chose et qu’elle t’arrive, l’intensité de la crainte que tu en as eu est pire que ce que tu as craint. |
| ALI IBN ABU TALIB |
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| Ah ! le vieux rêve des gens honnêtes ! pouvoir tuer quelqu’un en état de légitime défense. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Avant de prendre congé de ses hôtes, Dieu convint, de la meilleure grâce du monde, qu’il n’existait pas. |
| ALLAIS Alphonse |
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| C’est le fond qui manque le moins, mais ce sont les fonds qui manquent le plus. |
| ALLAIS Alphonse |
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| C’est parce que la fortune vient en dormant que celle-ci arrive si lentement. |
| ALLAIS Alphonse |
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| C’est quand on serre une femme de trop près qu’elle trouve qu’on va trop loin. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Dans la vie, il ne faut compter que sur soi-même, et encore, pas beaucoup. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Dans sa volonté de supprimer les intermédiaires, il cherchait le moyen de passer directement du foin au lait sans passer par la vache. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Dieu a sagement agi en plaçant la naissance avant la mort ; sans cela, que saurait-on de la vie ? |
| ALLAIS Alphonse |
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| Dieu n’a pas fait d’aliments bleus. Il a voulu réserver l’azur pour le firmament et les yeux de certaines femmes. |
| ALLAIS Alphonse – Le Chat noir – 11 Janvier 1890 |
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| Et Jean tua Madeleine. Ce fut à peu près vers cette époque que Madeleine perdit l’habitude de tromper Jean. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Il est toujours avantageux de porter un titre nobiliaire. Être de quelque chose, ça pose un homme, comme être de garenne, ça pose un lapin. |
| ALLAIS Alphonse – Œuvres posthumes, Le Chat Noir, 25 janvier 1890 |
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| Il était normand par sa mère et breton par un ami de son père. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Il faut être trois pour apprécier une bonne histoire. Un pour la raconter bien, un pour la goûter, et un pour ne pas la comprendre… Car le plaisir des deux premiers est doublé par l’incompréhension du troisième. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Il faut vous dire qu’à la suite d’une chute de cheval j’ai perdu tout sens moral. |
| ALLAIS Alphonse – Silvérie (Flammarion) |
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| Il ne faut jamais faire de projets, surtout en ce qui concerne l’avenir. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Impossible de vous dire mon âge, il change tout le temps. |
| ALLAIS Alphonse |
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| J’ai fondé la Société protectrice des végétaux. Nous sommes en train de poser des matelas sous les arbres pour amortir la chute des feuilles. |
| ALLAIS Alphonse |
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| J’ai poursuivi mes études sans jamais les rattraper… |
| ALLAIS Alphonse |
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| J’ai souvent remarqué, pour ma part, que les cocus épousent de préférence les femmes adultères. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Je ne prendrai pas de calendrier cette année, car j’ai été très mécontent de celui de l’année dernière ! |
| ALLAIS Alphonse |
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| L’argent aide à supporter la pauvreté. |
| ALLAIS Alphonse |
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| L’avantage des médecins, c’est que lorsqu’ils commettent une erreur, ils l’enterrent tout de suite… |
| ALLAIS Alphonse |
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| La logique mène à tout, à condition d’en sortir. |
| ALLAIS Alphonse – Pas de bile (Flammarion) |
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| La misère a cela de bon, qu’elle supprime la crainte des voleurs. |
| ALLAIS Alphonse – Œuvres posthumes, Le Chat Noir |
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| La statistique a démontré que la mortalité dans l’armée augmente sensiblement en temps de guerre. |
| ALLAIS Alphonse – Œuvres posthumes, Robert Laffont – Bouquins 1990, Le Chat Noir, 11 janvier 1890 p.218 |
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| Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n’en prend pas. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Les champignons poussent dans les endroits humides. C’est pourquoi ils ont la forme d’un parapluie. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Les jambes permettent aux hommes de marcher et aux femmes de faire leur chemin. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Les vers de 23 pieds, ça vous paraît tout drôle la première fois, et puis on s’y fait. |
| ALLAIS Alphonse |
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| On étouffe ici ! Permettez que j’ouvre une parenthèse. |
| ALLAIS Alphonse – Le bec en l’air (1897), Œuvres anthumes, Robert Laffont – Bouquins 1989, p.766 |
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| Partir c’est mourir un peu… mais mourir, c’est partir beaucoup. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Pourquoi contredire une femme ? Il est tellement plus simple d’attendre qu’elle change d’avis ! |
| ALLAIS Alphonse |
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| Quand mon verre est vide, je le plains. Quand il est plein, je le vide. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Quand on ne travaillera plus les lendemains des jours de repos, la fatigue sera vaincue. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Si vous arrivez en retard, dites : C’est que je ne suis pas le premier venu ! |
| ALLAIS Alphonse |
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| Un gentleman est un monsieur qui se sert d’une pince à sucre, même lorsqu’il est seul. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Un paresseux est un homme qui ne fait pas semblant de travailler. |
| ALLAIS Alphonse |
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| Ventre affamé n’a pas d’oreilles, mais il a un sacré nez. |
| ALLAIS Alphonse – Le Chat noir (la Table Ronde) |
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| Ce n’est pas que j’ai peur de mourir, je veux juste ne pas être là quand ça arrivera. |
| ALLEN Woody |
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| Comment expliquer par gestes que l’on désire jouer aux échecs ? |
| ALLEN Woody |
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| Il ne fait aucun doute qu’il existe un monde invisible. Cependant, il est permis de se demander à quelle distance il se trouve du centre-ville et jusqu’à quelle heure il est ouvert. |
| ALLEN Woody |
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| Il ne fait aucun doute que l’au-delà existe. Mais il est permis de se demander à quelle distance il se trouve du centre-ville et jusqu’à quelle heure il est ouvert. |
| ALLEN Woody |
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| J’ai des questions à toutes vos réponses. |
| ALLEN Woody |
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| J’ai pris un cours de lecture rapide et j’ai pu lire Guerre et Paix en vingt minutes. Ça parle de la Russie. |
| ALLEN Woody |
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| J’aimerais terminer sur un message d’espoir. Je n’en ai pas. En échange, est-ce que deux messages de désespoir vous iraient ? |
| ALLEN Woody |
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| Je devais être fusillé ce matin à six heures. Mais comme j’avais un bon avocat, le peloton n’arrivera qu’à six heures trente. |
| ALLEN Woody |
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| Je ne crois pas en l’au-delà mais j’emmènerai quand même des sous-vêtements de rechange. |
| ALLEN Woody |
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| Je ne sais pas si Dieu existe, mais s’il existe, j’espère qu’il a une bonne excuse ! |
| ALLEN Woody |
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| Je ne veux pas atteindre l’immortalité grâce à mon œuvre. Je veux atteindre l’immortalité en ne mourant pas. |
| ALLEN Woody |
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| L’argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières. |
| ALLEN Woody |
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| L’avantage d’être intelligent, c’est qu’on peut toujours faire l’imbécile, alors que l’inverse est totalement impossible. |
| ALLEN Woody |
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| L’éternité, c’est long, surtout vers la fin. |
| ALLEN Woody |
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| L’intelligence artificielle se définit comme le contraire de la bêtise naturelle. |
| ALLEN Woody |
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| La célébrité m’a apporté un gros avantage : les femmes qui me disent non sont plus belles qu’autrefois. |
| ALLEN Woody |
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| La dictature, c’est « ferme ta gueule », et la démocratie, c’est « cause toujours ». |
| ALLEN Woody |
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| La première fois que j’ai vu une femme nue, j’ai cru que c’était une erreur. |
| ALLEN Woody |
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| La réponse est oui. Mais quelle était la question ? |
| ALLEN Woody |
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| Les ennuis, c’est comme le papier hygiénique : on en tire un, il en vient dix. |
| ALLEN Woody |
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| Mon premier film était si mauvais qu’aux États-Unis, dans sept États, on l’utilise pour remplacer la peine de mort. |
| ALLEN Woody |
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| Non seulement Dieu n’existe pas mais en plus il est impossible de trouver un plombier le dimanche. |
| ALLEN Woody |
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| On n’a jamais vu un aveugle dans un camp de nudistes. |
| ALLEN Woody |
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| Quand j’écoute trop Wagner, j’ai envie d’envahir la Pologne. |
| ALLEN Woody |
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| Tant que l’homme sera mortel, il ne sera jamais décontracté. |
| ALLEN Woody |
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| Un conducteur dangereux, c’est celui qui vous dépasse malgré tous vos efforts pour l’en empêcher. |
| ALLEN Woody |
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| Une auto-stoppeuse est une jeune femme généralement jolie et court vêtue qui se trouve sur votre route quand vous êtes avec votre femme. |
| ALLEN Woody |
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| Brûlez de vieux bois, buvez de vieux vins, lisez de vieux livres, ayez de vieux amis. |
| ALPHONSE XI – roi de Castille |
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| Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! |
| AMALRIC Arnaud – Prise de Béziers aux Albigeois (1209) |
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| Apparu, disparu, c’est toute l’histoire d’un homme, comme celle d’un monde et celle d’un infusoire. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Fragments d’un journal intime |
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| Ce que l’homme redoute le plus, c’est ce qui lui convient. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 10 février 1846 + 31 mars 1857 |
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| Connaître est un acte. La science est donc du ressort de la morale. Agir, c’est suivre la pensée. La morale est donc du domaine de la science. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 19 février 1849 |
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| Faire aisément ce que d’autres trouvent difficile à réaliser, c’est le talent ; faire ce qui est impossible au talent, c’est le génie. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal (décembre 1856) |
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| Il est dangereux de se laisser aller à la volupté des larmes ; elle ôte le courage et même la volonté de guérir. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 29 décembre 1871 |
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| Il y a deux degrés d’orgueil : l’un ou l’on s’approuve soi-même ; l’autre où l’on ne peut s’accepter. Celui-ci est probablement le plus raffiné. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 27 octobre 1853 |
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| L’honnête homme est celui qui ne se pique de rien. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 8 septembre 1866 |
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| L’inachevé n’est rien. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 25 novembre 1861 |
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| L’inconstance perd tout, en ne laissant mûrir aucune semence. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 6 septembre 1866 |
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| L’intérêt personnel n’est que la prolongation en nous de l’animalité ; l’humanité ne commence dans l’homme qu’avec le désintéressement. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal, 27 octobre 1856 |
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| La conscience d’un tort nous rend impatients et notre cœur rusé querelle au dehors pour s’étourdir au dedans. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal, 24 septembre 1857 |
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| La plus légère économie de mauvaise humeur a son prix. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 13 septembre 1866 |
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| Le devoir est la nécessité volontaire. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 5 mai 1846 |
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| Le mariage doit être une éducation mutuelle et infinie. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 31 mai 1848 |
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| Le temps des grands hommes s’en va ; l’époque de la fourmilière, de la vie multiple arrive. Le siècle de l’individualisme, si l’égalité abstraite triomphe, risque fort de ne plus voir de véritables individus. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Fragments d’un journal intime, 6 septembre 1851 |
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| Le vrai nom du bonheur, c’est le contentement. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 1880 |
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| Mille choses avancent ; neuf cent quatre-vingt-neuf reculent : c’est là le progrès. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime |
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| Nous ne sommes jamais plus mécontents des autres que lorsque nous sommes mécontents de nous. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 24 septembre 1857 |
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| On devient charlatan sans le savoir, et comédien sans le vouloir. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 8 septembre 1866 |
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| Plus on aime, plus on souffre. La somme des douleurs possibles pour chaque âme est proportionnelle a son degré de perfection. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal, 26 décembre 1868 |
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| Que vivre est difficile, ô mon cœur fatigué ! |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 19 avri1 1881 (dernière page) |
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| Respecter dans chaque homme l’homme, sinon celui qu’il est, au moins celui qu’il pourrait être, qu’il devrait être. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 10 février 1846 |
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| Une erreur est d’autant plus dangereuse qu’elle contient plus de vérité. |
| AMIEL Henri-Frédéric – Journal intime, 10 février 1846 + 26 décembre 1852 |
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| L’homme pense parce qu’il a des mains. |
| ANAXAGORE de Clazomènes – De la nature |
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| Le visible ouvre nos regards sur l’invisible. |
| ANAXAGORE de Clazomènes – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, Garnier-Flammarion n° 31, p.150 |
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| On ne plaisante pas avec la préfecture. |
| ANCELOT Jacques-Arsène – L’Important, acte II, scène 5 |
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| Escargot : minime ruban métrique avec quoi Dieu mesure la campagne. |
| ANDRADE Jorg Carrera – Bulletins de mer et de terre |
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| Absence : se dit d’une personne ou d’une chose qui ne se trouve pas où l’on voudrait qu’elle soit. |
| Anonyme – Humour |
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| Adolescence : l’ennui d’être seul, l’envie d’être deux, la peur d’être trois. |
| Anonyme – Humour |
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| Âge : contrairement aux fruits, il est moins tendre quand il est mûr. |
| Anonyme – Humour |
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| Agriculteur : homme qui transpire beaucoup afin de faire de son fils un monsieur qui rougira de lui plus tard. |
| Anonyme – Humour |
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| Âme : on râle avant d’être obligé de la rendre, et pourtant son départ nous laisse froid. |
| Anonyme – Humour |
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| Anémie : zéro pour sang. |
| Anonyme – Humour |
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| Anesthésie : prélude avant l’ouverture. |
| Anonyme – Humour |
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| Angine : rouge-gorge. |
| Anonyme – Humour |
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| Anglais : un Anglais, c’est comme nous, sauf qu’on ne comprend pas ce qu’il dit. |
| Anonyme – Humour |
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| Aqueux : qui contient de l’eau. Habit aqueux, piano aqueux. |
| Anonyme – Humour |
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| Arsenic : arme adroite pour faire passer l’arme à gauche. |
| Anonyme – Humour |
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| Autopsie : interview posthume. |
| Anonyme – Humour |
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| Autopsie : permet aux autres de découvrir ce qu’on n’a jamais pu voir en soi-même. |
| Anonyme – Humour |
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| Avenir : l’avenir, c’est du passé en préparation. |
| Anonyme – Humour |
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| Avoir des enfants n’est pas à la portée de toutes les bourses ! |
| Anonyme – Humour |
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| Boléro : courte veste espagnole mise en musique par Ravel. |
| Anonyme – Humour |
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| Boulimie : maux de la faim. |
| Anonyme – Humour |
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| Ce sont les femmes de feu qui quittent le plus volontiers leurs foyers. |
| Anonyme – Humour |
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| Comme tous les Verseaux, je ne crois pas à l’horoscope. |
| Anonyme – Humour |
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| Crapule : femelle du crapaud. |
| Anonyme – Humour |
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| De par le Roi, défense à Dieu / De faire miracle en ce lieu. |
| Anonyme – Épigramme inscrite sur la porte du cimetière de l’église Saint-Médard à Paris |
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| Défaite : déconfiture et pas de pot. |
| Anonyme – Humour |
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| Déodorant : sauve qui pue. |
| Anonyme – Humour |
|
| Dessert : ce que l’on mange quand on a fini de manger. |
| Anonyme – Humour |
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| Dromadaire : chameau qui bosse à mi-temps. |
| Anonyme – Humour |
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| Égoïste : celui qui ne pense pas à moi. |
| Anonyme – Humour |
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| En fait, le vrai problème est de savoir si les autorités de sûreté accepteront ou non que Superphénix fonctionne avec un brle ncusd éaaino ermlcmn. |
| Anonyme – Le Monde (30 juin 1987) |
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| Épargne : argent que l’on met de côté afin de l’avoir devant soi et d’assurer ainsi ses arrières. |
| Anonyme – Humour |
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| Épître : femme d’un apôtre. |
| Anonyme – Humour |
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| Étouffement : on risque d’en mourir faute de ne pouvoir expirer. |
| Anonyme – Humour |
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| Étranger, va dire à Lacédémone que nous gisons ici par obéissance à ses lois. |
| Anonyme – Inscription gravée à la gloire des guerriers lacédémoniens ou spartiates tombés aux Thermopyles |
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| Expérience : nom dont les hommes baptisent leurs erreurs. |
| Anonyme – Humour |
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| Fais confiance à Dieu, mais ferme ta voiture à clé. |
| Anonyme – Humour |
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| Frigidité : un défaut d’allumage joint à une panne des sens. |
| Anonyme – Humour |
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| Fumer : s’éteindre lentement… |
| Anonyme – Humour |
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| Héritier : homme qui vous prend le pouls chaque fois qu’il vous serre la main. |
| Anonyme – Humour |
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| Il ne faut pas s’affliger de ne pas être connu des hommes, mais au contraire, de ne pas les connaître. |
| Anonyme – Ly-Kin |
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| Intervention mineure : opération subie par quelqu’un d’autre. |
| Anonyme – Humour |
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| La politique est l’art d’obtenir de l’argent des riches et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres. |
| Anonyme |
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| Le décès est généralement assimilé à une invalidité à 100%. |
| Anonyme – Mémento pratique du fonctionnaire, édité par la FEN |
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| Le dernier refuge contre les téléphones portables : les cabines téléphoniques. |
| Anonyme – Humour |
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| Liberté d’expression : notion qui prend tout son sens le jour où l’on s’écrase les doigts d’un coup de marteau. |
| Anonyme – Humour |
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| Médecin : chercheur de pouls. |
| Anonyme – Humour |
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| Nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi. |
| Anonyme |
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| Obèse : né sous le signe de la balance. |
| Anonyme – Humour |
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| Plus la photo est vieille, et plus on a l’air jeune. |
| Anonyme – Humour |
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| Ponctualité : l’art d’arriver au rendez-vous juste à temps pour s’indigner du retard de l’autre. |
| Anonyme – Liverpool Echo |
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| Slogan : n’importe quoi dit par n’importe qui. |
| Anonyme – Humour |
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| Synonyme : mot qu’on écrit pour remplacer celui dont on ne connaît pas l’orthographe. |
| Anonyme – Humour |
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| Touriste : voyageur qui fait des centaines de kms pour se faire photographier devant un car. |
| Anonyme – Humour |
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| Toute chose a une fin, sauf le saucisson qui en a deux. |
| Anonyme – Humour |
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| Vie : maladie sexuellement transmissible. |
| Anonyme – Humour |
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| Votre enfant devient adolescent lorsqu’il cesse de demander d’où il vient et qu’il ne dit plus où il va. |
| Anonyme |
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| Antigone était faite pour être morte. |
| ANOUILH Jean – Antigone, p.78, Éd. de la Table Ronde) |
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| Au combat, tout le monde a peur. La seule différence est dans la direction qu’on prend pour courir. |
| ANOUILH Jean – L’Hurluberlu, p.28, Éd. La Table Ronde) |
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| Avant le jour de sa mort, personne ne sait exactement son courage. |
| ANOUILH Jean – Becket, p.14, Livre de Poche n°1716) |
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| C’est drôle : on peut très bien marcher, sourire, traverser les rues et être mort. |
| ANOUILH Jean – Colombe, p.186, Livre de Poche n°1049) |
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| C’est laid, un homme qui a peur. |
| ANOUILH Jean – Antigone, p.63, Éd. de la Table Ronde) |
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| C’est tout un art, la dispute conjugale, un art très ancien et très respectable. |
| ANOUILH Jean – Les poissons rouges, p.42, Folio n°6) |
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| Ce n’est pas tout d’avoir de jolis yeux, il faut qu’une petite lampe s’allume derrière. C’est cette petite lueur qui fait la vraie beauté. |
| ANOUILH Jean – L’invitation au château, p.357, Folio n°153) |
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| Ce qui est beau, c’est ce qu’on aime ! |
| ANOUILH Jean – Colombe, p.192, Livre de Poche n°1049) |
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| Chacun de nous a un jour, plus ou moins triste, plus ou moins lointain, où il doit accepter d’être un homme. |
| ANOUILH Jean – Antigone, p.80, Éd. de la Table Ronde) |
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| Croyez-moi, on a presque toujours quelque chose de mieux à faire que de mourir. |
| ANOUILH Jean – La foire d’empoigne, p.75, Folio n°1102) |
|
| Dieu ne demande rien d’extraordinaire aux hommes. Seulement d’avoir confiance en cette petite part d’eux-mêmes, qui est Lui. Seulement de prendre un peu de hauteur. Après Il se charge du reste. |
| ANOUILH Jean – L’alouette, p.101, Livre de Poche n°1153) |
|
| Dieu, en donnant le désir, aurait pu donner en même temps aux hommes un peu plus de discernement. |
| ANOUILH Jean – Ornifle, p.177, Folio n°545) |
|
| Il est bon pour les hommes de croire à des idées et de mourir pour elles. |
| ANOUILH Jean – Antigone, in Nouvelles Pièces noires |
|
| Il n’y a qu’un remède à l’amour : la fuite. |
| ANOUILH Jean – La répétition, p.125, Folio n°444) |
|
| Il ne faut jamais désespérer son ennemi. Cela le rend fort. La douceur est une meilleure politique. |
| ANOUILH Jean – Becket, p.86, Livre de Poche n°1716) |
|
| Il ne faut jamais regarder son ennemi endormi, on lui pardonne. |
| ANOUILH Jean – Le directeur de l’Opéra, p.60, Folio n°1032) |
|
| Il y a trois périodes dans la vie d’un homme : celle où il travaille pour les autres, celle où il travaille pour lui et celle où il fait travailler les autres. |
| ANOUILH Jean |
|
| J’aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes forces… Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m’empêchera d’être heureuse. |
| ANOUILH Jean – La Sauvage, III, p.181, Folio n°153) |
|
| Je crois à l’indissolubilité du mariage : c’est la seule garantie qu’on ait de ne pas faire l’imbécile deux fois. |
| ANOUILH Jean – Les poissons rouges, p.44, Folio n°6) |
|
| Je crois que Dieu pardonnera à tout le monde, sauf aux médiocres. |
| ANOUILH Jean – Pauvre Bitos, p.26, Éd. La Table Ronde) |
|
| L’essentiel est de dire quelque chose de très gros et de le répéter souvent, c’est comme cela qu’on fait une vérité. |
| ANOUILH Jean – L’alouette, p.27, Livre de Poche n°1153) |
|
| L’essentiel, quand on a un commandement, c’est de prendre une décision, quelle qu’elle soit. On s’effraie au début, puis avec l’expérience, on s’aperçoit que cela revient à peu près au même… quoi qu’on décide. |
| ANOUILH Jean – L’alouette, p.50, Livre de Poche n°1153) |
|
| L’inspiration, c’est une invention des gens qui n’ont jamais rien créé. Nous entretenons la légende pour nous faire valoir, mais entre nous, c’est un bluff. Le poète ne connaît que la commande. |
| ANOUILH Jean – Ornifle, p.47, Folio n°545) |
|
| La beauté est une des rares choses qui ne font pas douter de Dieu. |
| ANOUILH Jean – Becket, p.45, Livre de Poche n°1716) |
|
| La mort seule donne à l’amour son vrai climat. |
| ANOUILH Jean – Eurydice, p.189, Livre de Poche n°3277) |
|
| La sainteté est une tentation. |
| ANOUILH Jean – Becket ou l’Honneur de Dieu, p.146, Livre de Poche n°1716) |
|
| La sincérité est un calcul comme un autre. |
| ANOUILH Jean – Becket, p.141, Livre de Poche n°1716) |
|
| Le bonheur est un exercice solitaire. |
| ANOUILH Jean – La répétition, p.130, Folio n°444) |
|
| Le mensonge est parfois une forme préalable de la vérité. |
| ANOUILH Jean – Ornifle, p.146, Folio n°545) |
|
| Mourir, ce n’est rien. Commence donc par vivre. C’est moins drôle et c’est plus long. |
| ANOUILH Jean – Roméo et Jeannette, p.331, Livre de Poche n°3277) |
|
| On n’est vieux que le jour où on le décide. |
| ANOUILH Jean – La valse de Toréadors, p.52, Éd. La Table Ronde, 1952) |
|
| On ne doit jamais battre une femme – même avec une fleur ! |
| ANOUILH Jean – Tu étais si gentil quand tu étais petit, p.16, Éd. La Table Ronde) |
|
| On ne s’aime jamais comme dans les histoires ; tout nu et pour toujours. S’aimer, c’est lutter constamment contre des milliers de forces qui viennent de nous ou des autres. |
| ANOUILH Jean |
|
| On ne sait jamais pourquoi on meurt. |
| ANOUILH Jean |
|
| Plus notre ennemi est petit et fragile, plus il est tendre, plus il est pur, plus il est innocent, plus il est redoutable… |
| ANOUILH Jean – L’alouette, p.124, Livre de Poche n°1153) |
|
| Pourquoi contredire une femme ? Il est tellement plus simple d’attendre qu’elle change d’avis. |
| ANOUILH Jean |
|
| Qu’est-ce que gouverner le monde sinon faire croire à des imbéciles qu’ils pensent d’eux-mêmes, ce que nous leur faisons penser ? |
| ANOUILH Jean – L’alouette, p.60, Livre de Poche n°1153) |
|
| Quand une fille dit deux mots de bon sens et qu’on l’écoute, c’est que Dieu est là. |
| ANOUILH Jean – L’Alouette, Jeanne |
|
| Rien n’est irréparable en politique. |
| ANOUILH Jean – L’Alouette, Warwick |
|
| Rien n’est vrai que ce qu’on ne dit pas… |
| ANOUILH Jean – Antigone, p.71, Éd. de la Table Ronde) |
|
| Si Dieu descendait sur la Terre, tous les peuples se mettraient à genoux, excepté les Français qui diraient : Ah ! Vous êtes là ! C’est pas trop tôt ! On va pouvoir discuter un peu ! |
| ANOUILH Jean |
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| Un vrai homme est son propre père. |
| ANOUILH Jean – La foire d’empoigne, p.86, Folio n°1102) |
|
| Vous avez réussi cette chose extraordinaire de rendre le péché plus ennuyeux que la vertu. |
| ANOUILH Jean – La répétition, p.31, Folio n°444)(La Comtesse à son amant) |
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| Je ne cherche pas à comprendre pour croire, mais je crois pour comprendre. |
| ANSELME de Cantorbery Saint – Proslogion |
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| Messieurs les Anglais, tirez les premiers ! |
| ANTERROCHE Comte de – Bataille de Fontenoy (1745) |
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| Même avec un miroir, je refuse de te partager. |
| ANWAR Chairil – Accueil |
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| Bergère ô tour Eiffel / Le troupeau des ponts / Bêle ce matin. |
| APOLLINAIRE Guillaume – Alcools, Zone |
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| Comme la vie est lente / Et comme l’Espérance est violente. |
| APOLLINAIRE Guillaume – Le Pont Mirabeau, in Alcools |
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| Et ma vie pour tes yeux lentement s’empoisonne. |
| APOLLINAIRE Guillaume – Les colchiques |
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| Il est grand temps de rallumer les étoiles. |
| APOLLINAIRE Guillaume – Les Mamelles de Tirésias, Prologue |
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| Il y a un poème à faire sur l’oiseau qui n’a qu’une aile. |
| APOLLINAIRE Guillaume – Alcools, les Fenêtres |
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| Incertitude ô mes délices / Vous et moi nous nous en allons / Comme s’en vont les écrevisses / À reculons à reculons. |
| APOLLINAIRE Guillaume – L’Écrevisse, in Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée |
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| J’ai tout donné au soleil, tout, sauf mon ombre. |
| APOLLINAIRE Guillaume |
|
| L’univers tout entier concentré dans ce vin. |
| APOLLINAIRE Guillaume |
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| Le moindre fait est pour le poète le postulat, le point de départ d’une immensité inconnue où flambent les feux de joie des significations multiples. |
| APOLLINAIRE Guillaume – L’Esprit nouveau et les poètes |
|
| Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme. |
| APOLLINAIRE Guillaume |
|
| Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire. |
| APOLLINAIRE Guillaume – Alcools, Nuit rhénane. |
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| Nous voulons explorer la bonté, contrée énorme où tout se tait. |
| APOLLINAIRE Guillaume – Alcools, la Jolie Rousse |
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| Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant. |
| APOLLINAIRE Guillaume – Alcools, le Voyageur |
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| Sous le pont Mirabeau coule la Seine / Et nos amours / Faut-il qu’il m’en souvienne / La joie venait toujours après la peine / Vienne la nuit sonne l’heure / Les jours s’en vont je demeure. |
| APOLLINAIRE Guillaume – Le Pont Mirabeau, in Alcools |
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| Voie lactée ô sœur lumineuse / Des blancs ruisseaux de Chanaan / Et des corps blancs des amoureuses. |
| APOLLINAIRE Guillaume – Alcools, la Chanson du Mal Aimé |
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| À toute erreur des sens correspondent d’étranges fleurs de raison. |
| ARAGON Louis – Le Paysan de Paris (Gallimard). |
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| Bien écrire, c’est comme marcher droit. |
| ARAGON Louis – Traité du style, p.189, L’Imaginaire/Gallimard n°59 |
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| Celui qui croyait au ciel / Celui qui n’y croyait pas / Tous deux adoraient la belle / Prisonnière des soldats… |
| ARAGON Louis – La Diane française. La rose et le réséda |
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| Il est temps d’instaurer la religion de l’amour. |
| ARAGON Louis – Le Paysan de Paris (Gallimard) |
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| Il n’y a pas de poésie, si lointaine qu’on la prétende des circonstances, qui ne tienne des circonstances sa force, sa naissance et son prolongement. |
| ARAGON Louis – Chronique du bel canto |
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| Je chante parce que l’orage n’est pas assez fort pour couvrir mon chant. |
| ARAGON Louis – Les Yeux d’Elsa (Cahiers du Rhône) |
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| Je crois encore qu’on pense à partir de ce qu’on écrit et pas le contraire. |
| ARAGON Louis – Je n’ai jamais appris à écrire ou Les incipit |
|
| Je n’ai jamais écrit mes romans, je les ai lus … Comprenez-moi bien : je n’ai jamais su qui était l’assassin. |
| ARAGON Louis – Je n’ai jamais appris à écrire ou Les incipit |
|
| Je n’ai jamais rien demandé à ce que je lis que le vertige. |
| ARAGON Louis – J’abats mon jeu (Éditeurs français réunis) |
|
| Je raconte ma vie comme on fait les rêves au réveil. |
| ARAGON Louis – Blanche ou l’Oubli (Gallimard) |
|
| Je suis plein du silence assourdissant d’aimer. |
| ARAGON Louis – Le fou d’Elsa |
|
| L’avenir de l’homme est la femme / Elle est la couleur de son Âme / Elle est sa rumeur et son bruit / Et sans Elle, il n’est qu’un blasphème. |
| ARAGON Louis – Le Fou d’Elsa (1963) |
|
| L’enfer existe ; il est la part du plus grand nombre. |
| ARAGON Louis – Les Yeux et la Mémoire (Gallimard) |
|
| La critique devrait, en matière de littérature, être une sorte de pédagogie de l’enthousiasme. |
| ARAGON Louis – J’abats mon jeu |
|
| La parole n’a pas été donnée à l’homme, il l’a prise. |
| ARAGON Louis – Le Libertinage (Gallimard) |
|
| La rose naît du mal qu’a le rosier / Mais elle est la rose. |
| ARAGON Louis – Le Roman inachevé (Gallimard) |
|
| La vie est un voyageur qui laisse traîner son manteau derrière lui, pour effacer ses traces. |
| ARAGON Louis – Les Voyageurs de l’impériale |
|
| On sait que le propre du génie est de fournir des idées aux crétins une vingtaine d’années plus tard. |
| ARAGON Louis – Traité du style, p.64, L’Imaginaire/Gallimard n°59 |
|
| Paradis artificiels. C’est un pléonasme. |
| ARAGON Louis – Traité du style, p.93, L’Imaginaire/Gallimard n°59 |
|
| Pas un geste, pas un cillement qui ne m’engage à fond, qui ne fasse dévier ma vie. |
| ARAGON Louis – Le Libertinage (Gallimard) |
|
| Poésie ô danger des mots à la dérive. |
| ARAGON Louis – En français dans le texte |
|
| Rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force / Ni sa faiblesse ni son cœur, et quand il croit / Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix / Et quand il croit serrer son bonheur il le broie / Sa vie est un étrange et douloureux divorce / Il n’y a pas d’amour heureux. |
| ARAGON Louis – La Diane française, Il n’y a pas d’amour heureux |
|
| Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire. |
| ARAGON Louis – Les yeux d’Elsa |
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| Chercher un sentier quand la route est là. |
| ARISTOPHANE – Les Nuées |
|
| Faire marcher droit un crabe. |
| ARISTOPHANE – La Paix |
|
| Former les hommes, ce n’est pas remplir un vase. C’est allumer un feu. |
| ARISTOPHANE |
|
| Celui qui ne peut pas vivre en société, ou qui n’a besoin de rien parce qu’il se suffit à lui-même, ne fait point partie de l’État ; c’est une brute ou un dieu. |
| ARISTOTE – Politique |
|
| De tous les animaux, seul l’homme est doué de parole. |
| ARISTOTE – La Politique, livre I, chapitre II, § 9 |
|
| En toute chose, c’est la fin qui est essentielle. |
| ARISTOTE – Poétique, trad. Odette Bellevenue et Séverine Auffret, p.19, Éd. Mille et une nuits |
|
| L’équitable, tout en étant juste, n’est pas le juste selon la loi, mais un correctif de la justice légale. |
| ARISTOTE – Éthique à Nicomaque |
|
| L’homme est naturellement un animal politique. |
| ARISTOTE – Politique |
|
| L’Intelligence suprême se pense elle-même, puisqu’elle est ce qu’il y a de plus excellent, et sa Pensée est pensée de pensée. |
| ARISTOTE – Métaphysique, Λ, 9, 1074b, 21-34 |
|
| Le commencement de toutes les sciences, c’est l’étonnement de ce que les choses sont ce qu’elles sont. |
| ARISTOTE – Métaphysique |
|
| Nous désirons une chose parce qu’elle nous semble bonne, plutôt qu’elle ne nous semble bonne parce que nous la désirons : le principe, c’est la pensée. |
| ARISTOTE – Métaphysique, Λ, 7, 1072a, 29 |
|
| Platon m’est cher, mais la vérité me l’est encore davantage. |
| ARISTOTE – Vie d’Aristote par Ammonius |
|
| Quand les hommes sont amis, il n’y a plus besoin de justice. |
| ARISTOTE – Ethique à Nicomaque, VIII, 1, 1155a 26-28 |
|
| Si les citoyens pratiquaient entre eux l’amitié, ils n’auraient nullement besoin de la justice ; mais même en les supposant justes ils auraient encore besoin de l’amitié ; et la justice, à son point de perfection, paraît tenir de la nature de l’amitié. |
| ARISTOTE – Éthique de Nicomaque, VIII, I |
|
| Toute chose nécessaire est par nature ennuyeuse. |
| ARISTOTE – Métaphysique |
|
| Il n’est point de création puissante qui ne se nourrisse de quelque monstruosité. |
| ARLAND Marcel – Chronique de la peinture moderne (Corrêa) |
|
| Le corps est un des noms de l’âme, et non pas le plus indécent. |
| ARLAND Marcel – Où le cœur se partage (Gallimard) |
|
| « Ô mon fils, connais-toi toi-même, mais pas trop ». |
| ARNOUX Alexandre – Cent Sept Quatrains (J. Haumont) |
|
| La vérité, frappée d’un éclairage intolérant et d’une intensité partiale, devient mensonge. |
| ARNOUX Alexandre – Bilan provisoire, chap. 5 |
|
| La victoire s’use par ses excès, on ne réussit véritablement qu’à force de patientes défaites. |
| ARNOUX Alexandre – Faut-il brûler Jeanne ? (Gallimard) |
|
| Ne te plains pas. Brebis bêlante attire le loup. |
| ARNOUX Alexandre |
|
| Que deviendrait la Police, si l’innocence l’intimidait ? |
| ARNOUX Alexandre – L’Enchantement de Grenade (Gallimard) |
|
| Qui t’autorise à parler de l’absurdité d un monde auquel tu ne peux comparer nul autre ? |
| ARNOUX Alexandre – Le Seigneur de l’heure (Gallimard) |
|
| L’homme est un être raisonnable, mais les hommes le sont-ils ? |
| ARON Raymond – Dimensions de la conscience historique (Plon) |
|
| Toute foi nouvelle commence par une hérésie. |
| ARON Raymond – Ce que je crois (Grasset) |
|
| Si quelqu’un a des oreilles, qu’il voie, si quelqu’un a des yeux, qu’il entende ! |
| ARP Hans – Jours effeuillés, Kandinsky |
|
| Il faut suivre la foule pour la diriger. Lui tout céder pour tout lui reprendre. |
| ARTAUD Antonin – Héliogabale ou l’Anarchiste couronné |
|
| Je sais bien que le plus petit élan d’amour vrai nous rapproche beaucoup plus de Dieu que toute la science que nous pouvons avoir de la création et de ses degrés. |
| ARTAUD Antonin – Héliogabale ou l’Anarchiste couronné (Gallimard) |
|
| La poésie, c’est de la multiplicité broyée et qui rend des flammes. |
| ARTAUD Antonin – Héliogabale ou l’Anarchiste couronné (Gallimard) |
|
| Nul n’a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l’enfer. |
| ARTAUD Antonin – Van Gogh, le suicidé de la société (Gallimard) |
|
| Quand je lève les yeux vers vous on dirait que le monde tremble. |
| ARTAUD Antonin |
|
| Qui ne sent pas la bombe cuite et le vertige comprimé n’est pas digne d’être vivant. |
| ARTAUD Antonin – Van Gogh, le suicidé de la société (Gallimard) |
|
| Quand je croise un bossu, je me voûte légèrement, par délicatesse. |
| ARTUR José – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1993, p.104 |
|
| Un incinéré ne peut pas se retourner dans sa tombe. |
| ARTUR José – Les Pensées |
|
| Une pendule arrêtée donne l’heure exacte, deux fois par jour. |
| ARTUR José – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1993, p.158 |
|
| La violence … est le dernier refuge de l’incompétence. |
| ASIMOV Isaac – Fondation |
|
| Il ne faut jamais laisser vivre trop longtemps un organigramme. |
| ATTALI Jacques |
|
| Un grand économiste, c’est quelqu’un qui saura très bien expliquer demain pourquoi ce qu’il a prévu hier ne s’est pas produit aujourd’hui. |
| ATTALI Jacques |
|
| Retire-toi dans toi, parais moins, et sois plus. |
| AUBIGNÉ Théodore Agrippa d’ – Les Tragiques |
|
| Ce que nous prenons pour de la cruauté chez l’homme n’est presque toujours que de la lâcheté. |
| AUCLAIR Marcelle – Connaissance de l’amour |
|
| Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière. |
| AUDIARD Michel |
|
| La police, c’est comme la Sainte Vierge. Si elle n’apparaît pas de temps en temps, le doute s’installe. |
| AUDIARD Michel – Pile ou Face |
|
| Les larmes de la femme moisissent le cœur de l’homme. |
| AUDIBERTI Jacques – Le Mal court (Gallimard) |
|
| Un baiser apaise la faim, la soif. On y dort. On y habite. On y oublie. |
| AUDIBERTI Jacques – La poupée |
|
| Un bon mari ne se souvient jamais de l’âge de sa femme, mais de son anniversaire, toujours. |
| AUDIBERTI Jacques – La Poupée (Gallimard) |
|
| En Provence, le soleil se lève deux fois – le matin et après la sieste |
| AUDOUARD Yvan |
|
| Hâte-toi lentement ! |
| AUGUSTE – cité par Suétone – Vies des douze Césars |
|
| Aime, et fais ce que tu veux. |
| AUGUSTIN Saint – Sur saint Jean, 7, 7-8 |
|
| Crois et tu comprendras ; la foi précède, l’intelligence suit. |
| AUGUSTIN Saint – Sermo 118,1 |
|
| La mesure d’aimer Dieu, c’est Dieu même ; la mesure de cet amour, c’est de l’aimer sans mesure. |
| AUGUSTIN Saint – Cité par Saint Bernard au début de son Traité de l’Amour de Dieu |
|
| On peut être cruel en pardonnant et miséricordieux en punissant. |
| AUGUSTIN Saint |
|
| Si je me trompe, je suis. |
| AUGUSTIN Saint – La Cité de Dieu, XI, 26, 5 |
|
| Si tu Le comprends, ce n’est pas Dieu. |
| AUGUSTIN Saint |
|
| L’Univers n’est pas une opération physique incarnant une certaine équation de forces. C’est la joie d’un Dieu amoureux, le jeu d’un enfant, l’inépuisable multiplication de sons d’un poète enivré par l’extase de son propre pouvoir de création sans fin. |
| AUROBINDO Shri – La joie d’être |
|
| Après tout, qu’est Dieu ? Un enfant éternel jouant à un jeu éternel dans un éternel jardin. |
| AUROBINDO Shrî – Aperçus et Pensées |
|
| Fais que chaque heure de ta vie soit belle. Le moindre geste est un souvenir futur. |
| AVELINE Claude – Avec toi-même, etc. (Mercure de France) |
|
| Il n’est pas moins facile de réveiller Lazare que de se retrouver soi-même. |
| AVELINE Claude |
|
| Inutile d’interroger le Ciel, il a réponse à tout. |
| AVELINE Claude – Avec toi-même, etc. (Mercure de France) |
|
| L’homme qui réclame la liberté, c’est au bonheur qu’il pense. |
| AVELINE Claude – Avec toi-même, etc. |
|
| Le pire est l’ennemi du mal. |
| AVELINE Claude – Avec toi-même, etc. (Mercure de France) |
|
| Ne crois pas que tu t’es trompé de route, quand tu n’es pas allé assez loin. |
| AVELINE Claude – Avec toi-même, etc (Mercure de France) |
|
| Qu’est-ce que la mort ? Un mauvais moment à trépasser. |
| AVELINE Claude |
|
| Si j’en juge par mon regret de quitter la vie, j’ai dû être heureux plus que je ne pensais. |
| AVELINE Claude – Avec toi-même, etc. |
|
| Un homme blanc, un homme noir, un homme jaune : toutes les larmes sont salées. |
| AVELINE Claude – Avec toi-même, etc. (Mercure de France) |
|
| Un jour par an, le Mardi gras par exemple, les hommes devraient retirer leur masque des autres jours. |
| AVELINE Claude – Avec toi-même, etc. (Mercure de France) |
|
| Comme l’amour, comme la mort, la vérité a besoin des voiles du mensonge. |
| AVELINE Claude (Eugène AVTSINE, dit) – Avec toi-même, etc. |
|
| « Homme libre, toujours tu chériras la mer ». Affirmation péremptoire et gratuite. Un homme libre peut très bien détester la mer. |
| AYMÉ Marcel – Le Confort intellectuel, III |
|
| Celui qui demande la charité travaille plus pour son prochain que pour lui-même. |
| AYMÉ Marcel – Clérambard |
|
| Je pense que les hommes appelés à en juger d’autres devraient avoir fait un stage de deux ou trois mois en prison. |
| AYMÉ Marcel – La Tête des autres, Gallimard |
|
| L’humilité est l’antichambre de toutes les perfections. |
| AYMÉ Marcel – Clérambard, III, 7, Grasset |
|
| Le critique se montre beaucoup moins soucieux d’éclairer l’opinion que de paraître intelligent. |
| AYMÉ Marcel |
|
| Nos bonnes actions sont souvent plus troubles que nos péchés. |
| AYMÉ Marcel – Vogue la galère, III, 3, le capitaine |
|
| Qui demande la charité travaille plus pour son prochain que pour lui-même. |
| AYMÉ Marcel – Clérambard, acte III, sc. 7 |
|
| Seules, les femmes voient vraiment les choses. Les hommes n’ont jamais qu’une idée. |
| AYMÉ Marcel – Uranus, chap. 12 |
|
| Une certaine espèce de menteurs dont chaque mensonge est un enchaînement d’authentiques accès de sincérité. |
| AYMÉ Marcel – Le Chemin des écoliers (Gallimard) |
|
| Apprendre, c’est découvrir ce que tu sais déjà. Faire, c’est démontrer que tu le sais. Enseigner, c’est rappeler aux autres qu’ils savent aussi bien que toi. |
| BACH Richard – Illusions |
|
| Il n’y a pas de problème assez énorme pour qu’on ne puisse pas le fuir. |
| BACH Richard – Le Messie récalcitrant |
|
| Il suffit de continuer à monter pour atteindre le sommet de n’importe quel orage et émerger enfin dans le soleil. |
| BACH Richard |
|
| Tu veux être libre de toutes les choses qui te tirent en arrière – la routine, l’autorité, l’ennui, la gravité. Ce que tu n’as pas encore compris, c’est que tu es déjà libre, et que tu l’as toujours été. |
| BACH Richard – Le Messie récalcitrant |
|
| Voici une épreuve pour découvrir si ta mission sur la terre est terminée : si tu est vivant, c’est qu’elle ne l’est pas. |
| BACH Richard – Le Messie récalcitrant |
|
| Au commencement est la Relation, c’est pourquoi les mathématiques règnent sur le réel. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.18, Vrin, 2002 |
|
| Avouer qu’on s’était trompé, c’est rendre le plus éclatant hommage à la perspicacité de son esprit. |
| BACHELARD Gaston – La psychanalyse du feu, p.171, Folio/essais n°25 |
|
| C’est aimer profondément que d’aimer des qualités contradictoires. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.181, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
|
| C’est au moment où un concept change de sens qu’il a le plus de sens. |
| BACHELARD Gaston – Le nouvel esprit scientifique, p.56, PUF, 1934 |
|
| Ce n’est jamais la première observation qui est la bonne. L’observation scientifique est toujours une observation polémique, |
| BACHELARD Gaston – Le nouvel esprit scientifique, p.16, PUF, 1934 |
|
| Ce n’est que dans le récit de mes renoncements que je prends pour autrui une apparence objective. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.85, Vrin, 2002 |
|
| Ce qui sert la vie l’immobilise. Ce qui sert l’esprit le met en mouvement. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.251, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
|
| Dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d’eux-mêmes. C’est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.14, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
|
| Dans le monde infinitésimal, rien ne s’énumère, tout s’agglomère. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.30, Vrin, 2002 |
|
| Dès l’époque secondaire, les mollusques construisaient leur coquille en suivant les leçons de la géométrie transcendante. |
| BACHELARD Gaston – La Poétique de l’espace (P.U.F.) |
|
| Deux hommes, s’ils veulent s’entendre vraiment, ont dû d’abord se contredire. La vérité est fille de la discussion, non pas fille de la sympathie. |
| BACHELARD Gaston – La philosophie du non, p.134, Quadrige/PUF n°9 |
|
| Dis-moi comment l’on te cherche, je te dirai qui tu es. |
| BACHELARD Gaston – Le nouvel esprit scientifique, p.143, PUF, 1934 |
|
| Erreur, tu n’es pas un mal. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.243, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
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| Il faut errer pour aboutir. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.79, Vrin, 2002 |
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| Il faut réfléchir pour mesurer et non pas mesurer pour réfléchir. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.213, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
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| Il n’y a pas de phénomènes simples ; le phénomène est un tissu de relations. |
| BACHELARD Gaston – Le nouvel esprit scientifique, p.152, PUF, 1934 |
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| Il n’y a qu’un moyen de faire avancer la science, c’est de donner tort à la science déjà constituée. |
| BACHELARD Gaston – La philosophie du non, p.32, Quadrige/PUF n°9 |
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| Il n’y a vraiment que le néant qui soit continu. |
| BACHELARD Gaston – L’Intuition de l’instant, p.38, Livre de Poche/biblio-essais n°4197 |
|
| Il ne saurait y avoir de vérité première. Il n’y a que des erreurs premières. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.79, Vrin, 2002 |
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| Il ne suffit point à l’homme d’avoir raison, il faut qu’il ait raison contre quelqu’un. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.245, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
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| Il y a dans toute conquête un sacrifice. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.82, Vrin, 2002 |
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| Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton. |
| BACHELARD Gaston – L’Air et les Songes |
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| Jamais l’émerveillement d’un esprit n’est si grand que lorsqu’il s’aperçoit qu’il a été trompé. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.80, Vrin, 2002 |
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| Je suis la limite de mes illusions perdues. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.85, Vrin, 2002 |
|
| L’atome est devenir autant qu’être, il est mouvement autant que chose. |
| BACHELARD Gaston – Le nouvel esprit scientifique, p.72, PUF, 1934 |
|
| L’esprit peut changer de métaphysique ; il ne peut se passer de métaphysique. |
| BACHELARD Gaston – La philosophie du non, p.13, Quadrige/PUF n°9 |
|
| L’essence même de la réflexion, c’est de comprendre qu’on n’avait pas compris. |
| BACHELARD Gaston – Le nouvel esprit scientifique, p.177, PUF, 1934 |
|
| L’homme est peut-être le premier objet naturel où la nature essaie de se contredire. |
| BACHELARD Gaston – La psychanalyse du feu, p.132, Folio/essais n°25 |
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| L’imagination n’est rien d’autre que le sujet transporté dans les choses. |
| BACHELARD Gaston – La Terre et les Rêveries du repos |
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| L’ivresse de l’homme achève les folies de la vigne. |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.78, Quadrige/PUF n°52 |
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| L’onde est un tableau de jeux, le corpuscule est une chance. |
| BACHELARD Gaston – Le nouvel esprit scientifique, p.101, PUF, 1934 |
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| L’opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s’interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.14, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
|
| L’optimisme est volonté, alors même que le pessimisme est connaissance claire. |
| BACHELARD Gaston – L’Intuition de l’instant, p.100, Livre de Poche/biblio-essais n°4197 |
|
| La chandelle est l’astre de la page blanche. |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.13, Quadrige/PUF n°52 |
|
| La connaissance scientifique est toujours la réforme d’une illusion. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.14, Vrin, 2002 |
|
| La conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire. L’homme est une création du désir, non pas une création du besoin. |
| BACHELARD Gaston – La psychanalyse du feu, p.38, Folio/essais n°25 |
|
| La durée est faite d’instants sans durée, comme la droite est faite de points sans dimension. |
| BACHELARD Gaston – L’Intuition de l’instant, p.20, Livre de Poche/biblio-essais n°4197 |
|
| La flamme bruit, la flamme geint. La flamme est un être qui souffre. |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.41, Quadrige/PUF n°52 |
|
| La flamme est un monde pour l’homme seul. |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.4, Quadrige/PUF n°52 |
|
| La flamme est un sablier qui coule vers le haut. |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.24, Quadrige/PUF n°52 |
|
| La flamme nous force à imaginer. |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.1, Quadrige/PUF n°52 |
|
| La lumière d’un regard, où va-t-elle quand la mort met son doigt froid sur les yeux d’un mourant ? |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.96, Quadrige/PUF n°52 |
|
| La pensée pure doit commencer par un refus de la vie. La première pensée claire, c’est la pensée du néant. |
| BACHELARD Gaston – La Dialectique de la durée (P.U.F.) |
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| La plus grande des forces, c’est la naïveté. |
| BACHELARD Gaston – L’Intuition de l’instant, p.66, Livre de Poche/biblio-essais n°4197 |
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| La profondeur, c’est ce qu’on cache ; c’est ce qu’on tait. |
| BACHELARD Gaston – La psychanalyse du feu, p.57, Folio/essais n°25 |
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| La substance chimique n’est que l’ombre d’un nombre. |
| BACHELARD Gaston – Le nouvel esprit scientifique, p.86, PUF, 1934 |
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| Le bonheur le plus pur, celui qu’on a perdu. |
| BACHELARD Gaston – L’Intuition de l’instant, p.92, Livre de Poche/biblio-essais n°4197 |
|
| Le ciel et les fleurs sont d’accord pour apprendre au méditant la méditation lente, la méditation qui prie. |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.86, Quadrige/PUF n°52 |
|
| Le Déterminisme est descendu du Ciel sur la Terre. |
| BACHELARD Gaston – Le nouvel esprit scientifique, p.104, PUF, 1934 |
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| Le microscope est un prolongement de l’esprit plutôt que de l’œil. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.242, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
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| Le poème est une grappe d’images. |
| BACHELARD Gaston – La Terre et les rêveries de la volonté, Préface |
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| Le possible est une tentation que le réel finit toujours par accepter. |
| BACHELARD Gaston – L’Intuition de l’instant, p.55, Livre de Poche/biblio-essais n°4197 |
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| Le réalisme est une philosophie qui ne s’engage pas, |
| BACHELARD Gaston – La philosophie du non, p.33, Quadrige/PUF n°9 |
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| Le temps ne dure qu’en inventant. |
| BACHELARD Gaston – L’Intuition de l’instant, p.86, Livre de Poche/biblio-essais n°4197 |
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| Les poèmes cachent les théorèmes. |
| BACHELARD Gaston – La psychanalyse du feu, p.12, Folio/essais n°25 |
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| Mieux vaudrait une ignorance complète qu’une connaissance privée de son principe fondamental. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.40, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
|
| Moins une idée est précise et plus on trouve de mots pour l’exprimer. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.112, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
|
| Nous comprenons la Nature en lui résistant. |
| BACHELARD Gaston |
|
| Nous ne sommes originaux que par nos fautes. Nous ne sommes vraiment des êtres que par une rédemption. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.85, Vrin, 2002 |
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| On connaît clairement ce qu’on connaît grossièrement. Si l’on veut connaître distinctement, la connaissance se pluralise, le noyau unitaire du concept de premier examen éclate. |
| BACHELARD Gaston – La philosophie du non, p.79, Quadrige/PUF n°9 |
|
| On connaît contre une connaissance antérieure. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.13, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
|
| On ne peut étudier que ce qu’on a d’abord rêvé. |
| BACHELARD Gaston – La psychanalyse du feu, p.48, Folio/essais n°25 |
|
| On ne peut penser longtemps à un mystère, à une énigme, à une entreprise chimérique, sans en sexualiser, d’une manière plus ou moins sourde, le principe et les péripéties. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.185, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
|
| On ne résiste jamais complètement à un préjugé qu’on perd beaucoup de temps à attaquer. |
| BACHELARD Gaston – La psychanalyse du feu, p.116, Folio/essais n°25 |
|
| On s’endort devant le feu. On ne s’endort pas devant la flamme d’une chandelle. |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.10, Quadrige/PUF n°52 |
|
| On se souvient d’avoir été, on ne se souvient pas d’avoir duré. |
| BACHELARD Gaston – L’Intuition de l’instant, p.34, Livre de Poche/biblio-essais n°4197 |
|
| Où a régné une lampe, règne le souvenir. |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.17, Quadrige/PUF n°52 |
|
| Philosophiquement, toute frontière absolue proposée à la science est la marque d’un problème mal posé. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.75, Vrin, 2002 |
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| Pour être heureux, il faut penser au bonheur d’un autre. |
| BACHELARD Gaston – La psychanalyse du feu, p.187, Folio/essais n°25 |
|
| Pour l’esprit scientifique, tracer nettement une frontière, c’est déjà la dépasser. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.71, Vrin, 2002 |
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| Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.14, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
|
| Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés. Accéder à la science, c’est, spirituellement, rajeunir. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.14, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
|
| Quand un poète parle sympathiquement d’un autre poète, ce qu’il en dit est deux fois vrai. |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.39, Quadrige/PUF n°52 |
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| Qui ne continue pas à apprendre est indigne d’enseigner. |
| BACHELARD Gaston |
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| Rien ne nous est pleinement et définitivement donné, pas même nous-mêmes à nous-mêmes. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.77, Vrin, 2002 |
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| Tout ce qui est facile à enseigner est inexact. |
| BACHELARD Gaston – La philosophie du non, p.25, Quadrige/PUF n°9 |
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| Tout ce qui est simple, tout ce qui est fort en nous, tout ce qui est durable même, est le don d’un instant. |
| BACHELARD Gaston – L’Intuition de l’instant, p.34, Livre de Poche/biblio-essais n°4197 |
|
| Un échec expérimental, c’est tôt ou tard un changement de logique, un changement profond de la connaissance. |
| BACHELARD Gaston – Le nouvel esprit scientifique, p.141, PUF, 1934 |
|
| Une connaissance générale est presque fatalement une connaissance vague. |
| BACHELARD Gaston – La formation de l’esprit scientifique, p.72, Librairie Philosophique J. Vrin, 1970 |
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| Une expérience scientifique est une expérience qui contredit l’expérience commune. |
| BACHELARD Gaston – La Formation de l’esprit scientifique, Discours préliminaire |
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| Une intuition ne se prouve pas, elle s’expérimente. |
| BACHELARD Gaston – L’Intuition de l’instant, p.8, Livre de Poche/biblio-essais n°4197 |
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| Une mesure précise est toujours une mesure complexe. |
| BACHELARD Gaston – Études, p.13, Vrin, 2002 |
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| Voulez-vous être calme ? Respirez doucement devant la flamme légère qui fait posément son travail de lumière. |
| BACHELARD Gaston – La flamme d’une chandelle, p.21, Quadrige/PUF n°52 |
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| Celui qui s’applique à la vengeance garde fraîches ses blessures. |
| BACON Francis – Essais |
|
| Certains livres sont faits pour être goûtés, d’autres pour êtres avalés, et un petit nombre sont faits pour être mâchés et digérés. |
| BACON Francis – Essais |
|
| Dieu tout-puissant planta tout d’abord un jardin. Et, vraiment, c’est le plus pur des plaisirs humains. |
| BACON Francis – Essais, Des Jardins |
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| En prenant sa revanche, un homme devient égal à son ennemi, mais en s’abstenant de la prendre, il lui devient supérieur. |
| BACON Francis – Essais |
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| Il bon d’être serviable, mais il faut bien montrer que c’est par estime et non par débonnaireté. |
| BACON Francis – Essais |
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| Il est vrai qu’un peu de philosophie incline l’esprit de l’homme à l’athéisme, mais une philosophie profonde amène les esprits des hommes à la religion. |
| BACON Francis – Essais, sur l’Athéisme |
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| Il y a des livres dont il faut seulement goûter, d’autres qu’il faut dévorer, d’autres enfin, mais en petit nombre, qu’il faut mâcher et ruminer. |
| BACON Francis – Essais sur l’étude |
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| Je croirais plutôt toutes les fables des légendes et le Talmud et le Coran plutôt que cette création universelle n’ait pas de créateur. |
BACON Francis – Essais
|
|
| L’Ancien Testament vous promet la prospérité et le Nouveau l’adversité. |
| BACON Francis – Les Essais, De l’adversité. |
|
| La vengeance est une justice sauvage. |
| BACON Francis – Essais |
|
| Le plus sûr moyen de prévenir les séditions est d’en supprimer l’objet. |
| BACON Francis – Essais |
|
| Le temps est la mesure des affaires comme l’argent l’est des marchandises. |
| BACON Francis – Essais |
|
| On ne commande à la nature qu’en lui obéissant. |
| BACON Francis – Novum Organum |
|
| Pourquoi un homme aimerait-il ses chaînes, fussent-elles en or ? |
| BACON Francis – Essais |
|
| Toute beauté remarquable a quelque bizarrerie dans ses proportions. |
| BACON Francis – Les Essais, De la beauté. |
|
| L’homme qui apprend doit croire ; celui qui sait doit examiner. |
| BACON Roger – |
|
| Tu as droit à l’action, mais seulement à l’action et jamais à ses fruits ; que les fruits de tes actions ne soient point ton mobile. |
| BAGHAVAD-GITÂ – II, 471 |
|
| Un discours inintelligible, s’il est émis par une source légitime, tendra malgré tout à être accepté comme intelligible. |
| BAILLARGEON Normand – Petit cours d’autodéfense intellectuelle, p.46, Lux, 2005 |
|
| Les vieux se répètent et les jeunes n’ont rien à dire. L’ennui est réciproque. |
| BAINVILLE Jacques – Lectures, Charme de la Conversation |
|
| Avant de choisir le prénom d’un garçon, pensez toujours à la femme qui aura à le murmurer plus tard. |
| BALFOUR Lord |
|
| À dix-huit ans, l’amour ne jette-t-il pas son prisme entre le monde et les yeux d’une jeune fille ? |
| BALZAC Honoré de – La Maison du Chat-qui-pelote, p.50, Classiques Garnier, 1963 |
|
| Chercher le plaisir, n’est-ce pas trouver l’ennui ? |
| BALZAC Honoré de – La Fille aux yeux d’or |
|
| Choisir ! c’est l’éclair de l’intelligence. Hésitez-vous ? tout est dit, vous vous trompez. Le goût n’a pas deux inspirations. |
| BALZAC Honoré de – L’Illustre Gaudissart (1833), II |
|
| Dans les grandes crises, le cœur se brise ou se bronze. |
| BALZAC Honoré de – La Maison du chat qui pelote |
|
| En amour comme à la chasse, le vrai plaisir est de braconner. |
| BALZAC Honoré de |
|
| II n’y a que les grandes croyances qui donnent de grandes émotions. |
| BALZAC Honoré de – Le Cousin Pons |
|
| Il en est des passions nobles comme des vices : plus elles se satisfont, plus elles s’accroissent. |
| BALZAC Honoré de – Les Marana |
|
| Il est aussi facile de rêver un livre qu’il est difficile de le faire. |
| BALZAC Honoré de – Le Cabinet des antiques, Préface |
|
| Il n’y a peut-être que ceux qui croient en Dieu qui font le bien en secret… |
| BALZAC Honoré de – Le Père Goriot |
|
| Il n’y a que les gens médiocres pour penser à tout. |
| BALZAC Honoré de – Pierre Grassou |
|
| Il y a toujours un fameux singe dans la plus jolie et la plus angélique des femmes ! |
| BALZAC Honoré de – Autre étude de femme |
|
| Je fais concurrence à l’état civil. |
| BALZAC Honoré de |
|
| L’abbé ne fait pas le moine. |
| BALZAC Honoré de – Proverbes |
|
| L’amour est comme le vent, nous ne savons pas d’où il vient. |
| BALZAC Honoré de – Peau de chagrin |
|
| L’amour-propre, ce sentiment indicible qui nous suivra, dit-on, jusqu’à Dieu, puisqu’il y a des grades parmi les saints. |
| BALZAC Honoré de – Le Curé de Tours |
|
| L’avarice commence où la pauvreté cesse. |
| BALZAC Honoré de – Illusions perdues, Les deux poètes |
|
| L’humilité de la courtisane amoureuse comporte des magnificences morales qui en remontrent aux anges. |
| BALZAC Honoré de – Illusions perdues, Un Grand homme de province à Paris |
|
| L’ignorance est la mère de tous les crimes. Un crime est, avant tout, un manque de raisonnement. |
| BALZAC Honoré de – La Cousine Bette |
|
| La conscience est un bâton que chacun prend pour battre les autres. |
| BALZAC Honoré de – Pensées |
|
| La dévotion porte à je ne sais quelle humilité fatigante qui n’exclut pas l’orgueil. |
| BALZAC Honoré de – Une Double famille |
|
| La douleur est comme cette tige de fer que les sculpteurs mettent au sein de leur glaise, elle soutient, c’est une force ! |
| BALZAC Honoré de – Béatrix ou les Amours forcées |
|
| La gloire est le soleil des morts. |
| BALZAC Honoré de – La Recherche de l’Absolu |
|
| La joie ne peut éclater que parmi des gens qui se sentent égaux. |
| BALZAC Honoré de – La Vendetta |
|
| La malheureuse tendance de notre temps à tout chiffrer rend un assassinat d’autant plus frappant que la somme volée est plus considérable. |
| BALZAC Honoré de – Splendeurs et Misères des courtisanes, La dernière incarnation de Vautrin. |
|
| La mère qui laisse voir toute sa tendresse à ses enfants crée en eux l’ingratitude ; l’ingratitude vient peut-être de l’impossibilité où l’on est de s’acquitter. |
| BALZAC Honoré de – Physiologie du mariage |
|
| La mission de l’art n’est pas de copier la nature, mais de l’exprimer ! |
| BALZAC Honoré de – Le Chef-d’œuvre Inconnu |
|
| La passion est sourde et muette de naissance. |
| BALZAC Honoré de – La Muse du département |
|
| La passion est toute l’humanité. Sans elle, la religion, l’Histoire, le roman, l’art seraient inutiles. |
| BALZAC Honoré de – Avant-Propos à La Comédie humaine |
|
| La vie militaire exige peu d’idées. |
| BALZAC Honoré de – Melmoth réconcilié |
|
| Le beau, c’est le vrai bien habillé. |
| BALZAC Honoré de |
|
| Le cœur d’une mère est un abîme au fond duquel on trouve toujours un pardon. |
| BALZAC Honoré de – La femme de trente ans, p.241, GF n°69 |
|
| Le hasard est le plus grand romancier du monde ; pour être fécond, il n’y a qu’à l’étudier. |
| BALZAC Honoré de – La Comédie humaine |
|
| Le malheur est un marchepied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l’homme habile, pour les faibles un abîme. |
| BALZAC Honoré de – César Birotteau |
|
| Le Remords est une impuissance, il recommencera sa faute. Le Repentir seul est une force, il termine tout. |
| BALZAC Honoré de – Séraphîta |
|
| Le sentiment que l’homme supporte le plus difficilement est la pitié, surtout quand il la mérite. La haine est un tonique, elle fait vivre, elle inspire la vengeance ; mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse. |
| BALZAC Honoré de – La Peau de chagrin |
|
| Le sort d’un ménage dépend de la première nuit. |
| BALZAC Honoré de – Physiologie du mariage |
|
| Les dynasties qui commencent ont, comme les enfants, des langes tachés. |
| BALZAC Honoré de – Le Député d’Arcis |
|
| Les lois sont des toiles d’araignées à travers lesquelles lassent les grosses mouches et où restent les petites. |
| BALZAC Honoré de – La Maison Nucingen. Scènes de la Vie Parisienne, vol. III |
|
| Les rois aiment plus qu’on ne le croit la contradiction. |
| BALZAC Honoré de – Le Bal de Sceaux |
|
| Ne commencez jamais le mariage par un viol. |
| BALZAC Honoré de – Physiologie du mariage |
|
| On reproche sévèrement à la Vertu ses défauts, tandis qu’on est plein d’indulgence pour les qualités du Vice. |
| BALZAC Honoré de – La Vieille Fille |
|
| On respecte un homme qui se respecte lui-même. |
| BALZAC Honoré de – Sur Catherine de Médicis |
|
| Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices. |
| BALZAC Honoré de – César Birotteau |
|
| Parler d’amour, c’est faire l’amour. |
| BALZAC Honoré de – Physiologie du mariage |
|
| Peu d’œuvres donne beaucoup d’amour-propre, beaucoup de travail donne infiniment de modestie. |
| BALZAC Honoré de – La Comédie humaine, Avant-propos |
|
| Pour deux amants, le reste du monde a la valeur des personnages d’une tapisserie. |
| BALZAC Honoré de – Le Cabinet des Antiques. |
|
| Pour être heureux en ménage, il faut être ou homme de génie marié à une femme tendre et spirituelle, ou se trouver, par l’effet d’un hasard qui n’est pas aussi commun qu’on pourrait le penser, tous les deux excessivement bêtes. |
| BALZAC Honoré de – Petites Misères de la vie conjugale |
|
| Pour le journaliste, tout ce qui est probable et vrai. |
| BALZAC Honoré de – Nouveau Tableau de Paris, « Monographie de la Presse parisienne » |
|
| Quand on observe la nature, on y découvre les plaisanteries d’une ironie supérieure. |
| BALZAC Honoré de |
|
| Rien ne grise comme le vin du malheur. |
| BALZAC Honoré de – Splendeurs et Misères des courtisanes, À combien l’amour revient aux vieillards. |
|
| Sentir, aimer, souffrir, se dévouer, sera toujours le texte de la vie des femmes. |
| BALZAC Honoré de – Eugénie Grandet |
|
| Souvent, j’ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot dans les abîmes du passé, comme l’insecte qui flotte au gré d’un fleuve sur quelque brin d’herbe. |
| BALZAC Honoré de – Louis Lambert |
|
| Tout pouvoir est une conspiration permanente. |
| BALZAC Honoré de – Sur Catherine de Médicis |
|
| Vouloir nous brûle et pouvoir nous détruit. |
| BALZAC Honoré de – La Peau de chagrin (1831) |
|
| Ils croient poursuivre les étoiles, et ils finissent comme des poissons rouges dans un bocal. |
| BARBERY Muriel – L’élégance du hérisson, p.20, Gallimard, 2006 |
|
| L’Art, c’est l’émotion sans le désir. |
| BARBERY Muriel – L’élégance du hérisson, p.220, Gallimard, 2006 |
|
| L’Art, c’est la vie, mais sur un autre rythme. |
| BARBERY Muriel – L’élégance du hérisson, p.164, Gallimard, 2006 |
|
| Les hommes vivent dans un monde où ce sont les mots et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c’est la maîtrise du langage. |
| BARBERY Muriel – L’élégance du hérisson, p.56, Gallimard, 2006 |
|
| Lorsque la maladie entre dans un foyer, elle ne s’empare par seulement d’un corps mais tisse entre les cœurs une sombre toile où s’ensevelit l’espoir. |
| BARBERY Muriel – L’élégance du hérisson, p.74, Gallimard, 2006 |
|
| Qu’est-ce qu’une aristocrate ? C’est une femme que la vulgarité n’atteint pas bien qu’elle en soit cernée. |
| BARBERY Muriel – L’élégance du hérisson, p.28, Gallimard, 2006 |
|
| Avec les femmes, il faudrait que les paroles soient d’autant plus respectueuses que les gestes le deviennent de moins en moins. |
| BARBEY D’AUREVILLY |
|
| (Zola) Cet Hercule souillé qui remue le fumier d’Augias et qui y ajoute. |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée – À propos de L’Assommoir |
|
| C’est surtout ce qu’on ne comprend pas qu’on explique. |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée – L’Ensorcelée |
|
| Dans toute poésie, quelle qu’en soit la forme ou l’étendue, il y a une lutte secrète entre l’infini du sentiment et le fini de la langue dans laquelle cet infini se renferme sans se limiter. |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée – Les Poètes |
|
| Être au-dessus de ce qu’on sait, chose rare. L’érudition par-dessus c’est le fardeau, par-dessous c’est le piédestal. |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée – Disjecta membra |
|
| Être poli avec un sot, c’est s’en isoler. |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée – Disjecta membra |
|
| Il y aura toujours de la solitude pour ceux qui en sont dignes. |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée |
|
| L’avantage de la gloire : avoir un nom trimbalé par la bouche des sots ! |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée – Disjecta membra |
|
| Le plaisir est le bonheur des fous. Le bonheur est le plaisir des sages. |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée – |
|
| Le plaisir est le bonheur des fous. Le bonheur est le plaisir des sages. |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée |
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| Les crimes de l’extrême civilisation sont certainement plus atroces que ceux de l’extrême barbarie. |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée – Les Diaboliques, La Vengeance d’une femme |
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| Les êtres heureux sont graves. Ils portent en eux attentivement leur cœur, comme un verre plein que le moindre mouvement peut faire déborder ou briser. |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée – Les Diaboliques, Le bonheur dans le crime |
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| Les passions font moins de mal que l’ennui, car les passions tendent toujours à diminuer, tandis que l’ennui tend toujours à s’accroître. |
| BARBEY D’AUREVILLY Jules Amédée – Une vieille maîtresse |
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| La popularité – c’est la grande impudique / Qui tient dans ses bras l’univers. |
| BARBIER Auguste – Iambes et Poèmes, La Popularité, V |
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| Ah ! qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de nous. |
| BARBIER J. et CARRÉ M. – Galatée |
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| Combien de crimes dont ils ont fait des vertus en les appelant nationales ! |
| BARBUSSE Henri – Le Feu |
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| Le surnaturel n’existe pas, ou plutôt il est partout. Il est dans la réalité, dans la simplicité, dans la paix. Le réel et le surnaturel, c’est la même chose. |
| BARBUSSE Henri – L’Enfer, VII(Librairie Mondiale) |
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| Si on nous enlevait tout ce qui nous fait mal, que resterait-il ? |
| BARBUSSE Henri – L’Enfer (Librairie Mondiale) |
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| Un homme bon, un homme sain, un homme raisonnable ne doit pas saluer les drapeaux. |
| BARBUSSE Henri – La Lueur dans l’abîme, II, La révolte de la raison |
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| Il ne peut point dire qu’il aime véritablement, celui qui n’aime pas jusqu’aux défauts de l’objet aimé. |
| BARCA Calderon de la – Le Pire n’est pas toujours certain |
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| C’est une belle manière de se perdre que se perdre dans les bras l’un de l’autre. |
| BARICCO Alessandro – Océan Mer |
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| Il faut toujours semer derrière soi un prétexte pour revenir, quand on part. |
| BARICCO Alessandro – Océan Mer, trad. Françoise Brun, p.177, Albin Michel |
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| L’aphorisme, même quand il se présente sous la forme d’un jugement définitif et péremptoire, ne fait pas autre chose qu’inaugurer la réflexion : jamais la conclure. |
| BARICCO Alessandro – L’âme de Hegel et les vaches du Wisconsin, trad. Françoise Brun, p.11, Albin Michel 1998 |
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| Le destin n’est pas une chaîne, mais un envol. |
| BARICCO Alessandro – Océan Mer, trad. Françoise Brun, p.174, Albin Michel |
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| Le problème n’était pas à résoudre, mais à contourner. |
| BARICCO Alessandro – Soie, trad. Françoise Brun, p.14, Albin Michel |
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| Les œuvres d’art ne se font pas. Elles adviennent. |
| BARICCO Alessandro – L’âme de Hegel et les vaches du Wisconsin, trad. Françoise Brun, p.147, Albin Michel 1998 |
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| C’est l’œil qui fait la lumière. |
| BARJAVEL René – La faim du tigre, Folio n° 847 |
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| Il faut que vienne le temps de l’évidence. Dieu doit nous être montré comme deux et deux font quatre. |
| BARJAVEL René – La faim du tigre, Folio n° 847 |
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| Il n’y a pas de détail ! Chaque infime partie contient Tout… |
| BARJAVEL René – Si j’étais Dieu…, p.61, Garnier |
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| La raison rétrécit la vie, comme l’eau rétrécit la laine, si bien qu’on s’y sent coincé et on ne peut plus lever les bras. |
| BARJAVEL René – L’Enchanteur, p. 43, Denoël |
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| La terre est une graine en train de germer. |
| BARJAVEL René – Colomb de la lune, Folio n° 955 |
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| Le naturel est miraculeux. |
| BARJAVEL René – La faim du tigre, Folio n° 847 |
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| Les femmes aiment que l’homme qui les aime, pendant qu’il les aime, leur donne un nom de nuit. C’est la marque de leur entente, la clé secrète du langage de l’amour |
| BARJAVEL René – Colomb de la lune, Folio n° 955 |
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| Nos petits-enfants seront en paix, ou ne seront pas. |
| BARJAVEL René – Demain le paradis, p. 178, Denoël |
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| Pauvres petits curés joueurs de ballon, pauvres pasteurs bêlants, que sont-ils capables d’expliquer, eux qui non seulement ignorent tout du Créateur et de la Création, mais ne comprennent rien à la créature ? |
| BARJAVEL René – La faim du tigre, Folio n° 847 |
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| Quelle merveilleuse harmonie règne dans l’univers. Bien que pris dans le détail ça fasse un fameux merdier. |
| BARJAVEL René |
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| La liberté, c’est la faculté de choisir ses contraintes. |
| BARRAULT Jean-Louis |
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| Se passionner pour tout et ne tenir à rien. |
| BARRAULT Jean-Louis |
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| Il n’y a peut-être rien qui ait un sens aussi vif du jeu qu’une feuille morte. |
| BARRIE sir James Matthew |
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| Les chiens ont des maîtres, les chats ont des serviteurs. |
| BARRY Dave |
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| Ce que je cache par mon langage, mon corps le dit … Mon corps est un enfant entêté, mon langage est un adulte très civilisé. |
| BARTHES Roland – Fragments d’un discours amoureux, Cacher. Les Lunettes noires, |
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| L’image est péremptoire, elle a toujours le dernier mot : aucune connaissance ne peut la contredire, l’aménager, la subtiliser. |
| BARTHES Roland – Fragments d’un discours amoureux, Image |
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| La langue n’est ni réactionnaire, ni progressiste. Elle est tout simplement fasciste, car le fascisme, ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire. |
| BARTHES Roland – Discours au collège de France |
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| La littérature ne permet pas de marcher, mais elle permet de respirer. |
| BARTHES Roland – Qu’est-ce que la critique ? |
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| Tout refus du langage est une mort. |
| BARTHES Roland – Mythologies, II, Le mythe, aujourd’hui. |
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| En France, la parole est trop souvent prise, et par ceux qui parlent, et par ceux qui écoutent, pour la forme supérieure de l’action. |
| BARTHOU Louis – La Politique |
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| Devant l’éclair / Sublime est celui / Qui ne sait rien ! |
| BASHÔ Matsuo – Haiku, trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu, p.80, nrf, Poésie/Gallimard, 2002 |
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| Un piment. / Mettez lui des ailes : / Une libellule rouge ! |
| BASHÔ Matsuo – Haïkaï |
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| Comment nous attarder à des livres auxquels, sensiblement, l’auteur n’a pas été contraint ? |
| BATAILLE Georges – Le Bleu du Ciel, Avant-propos, p.11, 10|18 n°465 |
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| De l’érotisme, il est possible de dire qu’il est l’approbation de la vie jusque dans la mort. |
| BATAILLE Georges – L’Érotisme, Introduction |
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| J’enseigne l’art de tourner l’angoisse en délice. |
| BATAILLE Georges – Somme athéologique |
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| Je donne à qui veut bien une ignorance de plus. |
| BATAILLE Georges – Le Petit, Le Mal |
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| L’acte sexuel est dans le temps ce que le tigre est dans l’espace. |
| BATAILLE Georges – Avant-Propos à La Part maudite |
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| L’aveu est la tentation du coupable. |
| BATAILLE Georges – Le Procès de Gilles de Rais |
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| La poésie : le sacrifice où les mots sont victimes. |
| BATAILLE Georges – L’Expérience intérieure (Gallimard) |
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| Le cœur est humain dans la mesure où il se révolte. |
| BATAILLE Georges – L’Orestie (Éditions des Quatre-Vents) |
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| Les passions ne favorisent pas la faiblesse. L’ascèse est un repos, comparée aux voies fiévreuses de la chair. |
| BATAILLE Georges – Somme athéologique, II, Le Coupable, L’Alléluiah, IV |
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| Est-ce qu’il ne faut pas être rejeté pour devenir soi-même ? |
| BAUCHAU Henry – Antigone, p.57, Actes Sud 1997 |
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| La haine, c’est l’amour en dur. |
| BAUCHAU Henry – Antigone, p.170, Actes Sud 1997 |
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| Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine / Qui vous mangera de baisers, / Que j’ai gardé la forme et l’essence divine / De mes amours décomposés ! |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, Une charogne |
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| Avant tout, être un grand homme et un saint pour soi-même. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Mon cœur mis à nu |
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| Bien qu’on ait du cœur à l’ouvrage / L’Art est long et le Temps est court. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du mal |
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| C’est la mort qui console, hélas et qui fait vivre ; / C’est le but de la vie, et c’est le seul espoir / Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre / Et nous donne le cœur de marcher jusqu’au soir. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, La Mort des pauvres |
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| Car c’est enfin, Seigneur, le meilleur témoignage / Que nous puissions donner de notre dignité, / Que cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge / Et vient mourir au bord de votre éternité ! |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, les Phares |
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| Ce qui n’est pas légèrement difforme a l’air insensible ; d’où il suit que l’irrégularité, c’est-à-dire l’inattendu, la surprise, l’étonnement sont une partie essentielle et la caractéristique de la beauté. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Fusées, XII |
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| Connais donc les jouissances d’une vie âpre ; et prie, prie sans cesse. La prière est réservoir de forces. |
| BAUDELAIRE Charles – Fusées |
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| Des meubles luisants, / Polis par les ans, / Décoreraient notre chambre. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du mal |
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| Dieu est le seul être qui, pour régner, n’ait même pas besoin d’exister. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Fusées, Œuvres complètes I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1975, p.649 |
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| Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, Recueillement |
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| Être un grand homme et un saint pour soi-même, voilà l’unique chose importante. |
| BAUDELAIRE Charles – Mon Cœur mis à nu |
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| Être un homme utile m’a toujours paru quelque chose de bien hideux. |
| BAUDELAIRE Charles – Fusées, Mon cœur mis à nu, IX |
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| Glorifier le culte des images (ma grande, mon unique, ma primitive passion). |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Fusées, Mon cœur mis à nu |
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| Grands bois, vous m’effrayez comme des cathédrales / Vous hurlez comme l’orgue ; et dans nos cœurs maudits, / Chambres d’éternel deuil où vibrent de vieux râles, / Répondent les échos de vos De profundis. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, Obsession |
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| Homme libre, toujours tu chériras la mer. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, l’Homme et la Mer Spleen et idéal, XIV, L’homme et la mer |
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| Hypocrite lecteur, mon semblable, – mon frère ! |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, Au lecteur |
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| Il est beaucoup plus commode de déclarer que tout est absolument laid dans l’habit d’une époque, que de s’appliquer à en extraire la beauté mystérieuse qui peut y être contenue, si minimes aussi légères qu’elle soit. |
| BAUDELAIRE Charles – Curiosités esthétiques, Le Peintre de la vie moderne, IV |
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| Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. |
| BAUDELAIRE Charles – Le Spleen de Paris, Œuvres complètes I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1975, p.337 |
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| Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque, tout bien vérifié, travaillé est moins ennuyeux que s’amuser. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Mon cœur mis à nu, XVII |
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| Il n’est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu’il n’espère. |
| BAUDELAIRE Charles – Le spleen de Paris, p.110 Garnier-Flammarion n° 136 |
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| Il n’existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer. Les autres hommes sont taillables et corvéables, faits pour l’écurie, c’est-à-dire pour exercer ce qu’on appelle des professions. |
| BAUDELAIRE Charles – Fusées, XXII |
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| Il n’y a rien d’intéressant sur la terre que les religions. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Mon cœur mis à nu, LVII |
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| Il y a dans le mot, dans le verbe, quelque chose de sacré qui nous défend d’en faire un jeu de hasard. Manier savamment une langue, c’est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire. |
| BAUDELAIRE Charles – L’Art romantique, XIII |
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| Il y a dans tout changement quelque chose d’infâme et d’agréable à la fois, quelque chose qui tient de l’infidélité et du déménagement. Cela suffit à expliquer la Révolution française. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Mon cœur mis à nu, VII |
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| Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, l’autre vers Satan. L’invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade ; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre. |
| BAUDELAIRE Charles – Mon Cœur mis à nu, XIX, in Journaux intimes |
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| J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. |
| BAUDELAIRE Charles – Spleen, dans Les Fleurs du mal |
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| J’aime les nuages… les nuages qui passent.. là-bas… là-bas… les merveilleux nuages. |
| BAUDELAIRE Charles |
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| Je ne comprends pas qu’une main pure puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Mon cœur mis à nu, LXXXI |
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| Je sortirai quant à moi satisfait d’un monde où l’action n’est pas la sœur du rêve. |
| BAUDELAIRE Charles – Les fleurs du mal |
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| Je suis la plaie et le couteau ! / Je suis le soufflet et la joue ! / Je suis les membres et la roue, / Et la victime et le bourreau. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, l’Héautontimorouménos |
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| L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient. |
| BAUDELAIRE Charles – Tableaux parisiens |
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| L’art moderne a une tendance essentiellement démoniaque. |
| BAUDELAIRE Charles – L’Art romantique, XIX, Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains, IV, Théophile Gautier |
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| L’artiste n’est artiste qu’à condition d’être double et de n’ignorer aucun phénomène de sa double nature. |
| BAUDELAIRE Charles |
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| L’aurore grelottante en robe rose et verte. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, le Crépuscule du matin |
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| L’enfant voit tout en nouveauté ; il est toujours ivre. Rien ne ressemble plus à ce qu’on appelle l’inspiration, que la joie avec laquelle l’enfant absorbe la forme et la couleur. |
| BAUDELAIRE Charles – Le Peintre de la vie moderne, III, in Curiosités esthétiques |
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| L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu. |
| BAUDELAIRE Charles – Le spleen de Paris, p.37 Garnier-Flammarion n° 136 |
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| L’homme de génie veut être un, donc solitaire. |
| BAUDELAIRE Charles – Mon cœur mis à nu |
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| L’imagination est la reine du vrai, et le possible est une des provinces du vrai. Elle est positivement apparentée avec l’infini. |
| BAUDELAIRE Charles – Curiosités esthétiques, Salon de 1859, III |
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| L’inspiration vient toujours, quand l’homme le veut, mais elle s’en va pas toujours, quand il le veut. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Fusées, XVII |
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| La Bêtise au front de taureau. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, l’Examen de minuit |
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| La femme est bien dans son droit, et même accomplit une sorte de devoir en s’appliquant à paraître magique et surnaturelle ; il faut qu’elle étonne, qu’elle charme ; idole, elle doit se dorer pour être adorée. |
| BAUDELAIRE Charles – Curiosités esthétiques, Le Peintre de la vie moderne, XI |
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| La femme est naturelle, c’est-à-dire abominable. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Mon cœur mis à nu, V |
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| La modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel immuable. |
| BAUDELAIRE Charles – Le Peintre de la vie moderne, IV, in Curiosités esthétiques |
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| La musique creuse le ciel. |
| BAUDELAIRE Charles – Fusées, VIII, in Journaux intimes |
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| Le beau est toujours bizarre. |
| BAUDELAIRE Charles – Curiosités esthétiques |
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| Le charme inattendu d’un bijou rose et noir. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, Lola de Valence |
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| Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir : /Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du mal |
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| Le commerce est par son essence satanique … Le commerce est naturel, donc il est infâme. |
| BAUDELAIRE Charles – Mon cœur mis à nu, LXXV |
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| Le goût frénétique de l’homme pour toutes les substances, saines ou dangereuses, qui exaltent sa personnalité, témoigne de sa grandeur. Il aspire toujours à réchauffer ses espérances et à s’élever vers l’infini. |
| BAUDELAIRE Charles – Du vin et du haschisch, V |
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| Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d’un art. |
| BAUDELAIRE Charles – Curiosités esthétiques, Le Peintre de la vie moderne, XI |
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| Le Poète est semblable au prince des nuées / Qui hante la tempête et se rit de l’archer / Exilé sur le sol au milieu des huées, / Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du mal |
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| Le Soleil moribond s’endormir sous une arche, / Et, comme un long linceul traînant à l’Orient, / Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du mal, L’Albatros |
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| Les Chinois voient l’heure dans l’œil des chats. |
| BAUDELAIRE Charles |
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| Les gens qui ne boivent jamais de vin sont des imbéciles ou des hypocrites. Un homme qui ne boit que de l’eau a un secret à cacher à ses semblables. |
| BAUDELAIRE Charles – Du vin et du haschisch |
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| Mais le vert paradis des amours enfantines, / L’innocent paradis, plein de plaisirs furtifs, / Est-il déjà plus loin que l’Inde et que la Chine ? |
| BAUDELAIRE Charles – Mœsta et errabunda, in Les Fleurs du Mal |
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| Mon enfant, ma sœur, / Songe à la douceur /D’aller là-bas vivre ensemble ! / … Là, tout n’est qu’ordre et beauté, / Luxe, calme et volupté. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du mal |
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| Ne méprisez la sensibilité de personnes. La sensibilité de chacun, c’est son génie. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes (XVIII) |
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| Ne pouvant pas supprimer l’amour, l’Église a voulu au moins le désinfecter, et elle a fait le mariage. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Mon cœur mis à nu |
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| Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères, / Des divans profonds comme des tombeaux, / Et d’étranges fleurs sur des étagères, / Écloses pour nous sous des cieux plus beaux. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du mal |
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| Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! Levons l’ancre ! / Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons ! |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du mal |
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| Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais ! |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du mal |
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| On ne choisit pas son sujet. Voilà ce que le public et les critiques ne comprennent pas. Le secret des chefs-d’œuvre est là. |
| BAUDELAIRE Charles – Correspondance, À Mme Roger des Genettes, 1861 |
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| Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. |
| BAUDELAIRE Charles – Le spleen de Paris, p.125 Garnier-Flammarion n° 136 |
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| Qu’est-ce que l’amour ? Le besoin de sortir de soi. L’homme est un animal adorateur. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Mon cœur mis à nu |
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| Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle. |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du mal |
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| Quand même Dieu n’existerait pas, la religion serait encore sainte et divine. |
| Baudelaire Charles – Journaux intimes |
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| Seigneur, mon Dieu ! accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise. |
| BAUDELAIRE Charles – Les fleurs du mal, Le Spleen de Paris, X, À une heure du matin. |
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| Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille. |
| BAUDELAIRE Charles – Nouvelles Fleurs du mal |
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| Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance / Comme un divin remède à nos impuretés. |
| BAUDELAIRE Charles – Bénédiction, dans Les Fleurs du mal |
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| Théorie de la vraie civilisation. Elle n’est pas dans le gaz, ni dans la vapeur, ni dans les tables tournantes, elle est dans la diminution des traces du péché originel. |
| BAUDELAIRE Charles – Fusées |
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| Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir ! |
| BAUDELAIRE Charles – Les fleurs du mal |
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| Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours – de poésie, jamais. |
| BAUDELAIRE Charles – Conseils aux jeunes littérateurs, in L’Art romantique |
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| Tout journal, de la première ligne à la dernière, n’est qu’un tissu d’horreurs. Guerres, crimes, vols, impudicités, tortures, crimes des princes, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d’atrocités universelles. Et c’est de ce dégoûtant apéritif que l’homme civilisé accompagne son repas de chaque matin. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes (CIII) |
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| Toute forme créée, même par l’homme, est immortelle. |
| BAUDELAIRE Charles – Journaux intimes, Mon cœur mis à nu, LXXX |
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| Toute phrase doit être en soi un monument bien coordonné, l’ensemble de tous ses monuments formant la ville qui est le Livre. |
| BAUDELAIRE Charles – L’Art romantique, XIX, Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains, XXIII |
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| Un éclectique est un navire qui voudrait marcher avec quatre vents. |
| BAUDELAIRE Charles – Curiosités esthétiques, Salon de 1846, XI |
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| Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles. |
| BAUDELAIRE Charles – Les fleurs du mal, Spleen et idéal, CIV, L’âme du vin. |
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| Une suite de petites volontés fait un gros résultat. |
| BAUDELAIRE Charles – Mon Cœur mis à nu |
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| Voici venir les temps où vibrant sur sa tige / Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ; / Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ; / Valse mélancolique et langoureux vertige ! |
| BAUDELAIRE Charles – Les Fleurs du Mal, Harmonie du soir |
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| L’idée de la décadence de l’Occident fait partie de son langage culturel. L’Occident s’est toujours plu à imaginer sa propre mort. |
| BAUDRILLARD Jean |
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| « Deviens ce que tu es », écrit Nietzsche. Et il devint fou. |
| BAUËR Gérard – Supprimé par la censure dans un Billet de Guermantes, Lyon, 1940. |
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| La voix est un second visage. |
| BAUËR Gérard – Carnets inédits (Gallimard) |
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| Lorsqu’on n’est pas conduit par l’intérêt ou par l’amour, il est difficile de ne pas l’être par l’orgueil. Croit-on avoir vaincu l’orgueil, il suit notre humilité et l’encourage à voix basse. |
| BAUËR Gérard – Carnets inédits. |
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| Toute facilité apparente, toute réussite, sont les fruits d’une rigueur intime. |
| BAUËR Gérard – Chroniques, III (Gallimard) |
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| Il n’est pas plus étrange qu’un athée vive vertueusement qu’il n’est étrange qu’un chrétien se porte à toutes sortes de crimes. |
| BAYLE Pierre – Pensées diverses sur la comète |
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| La fausseté doit-elle être combattue par d’autres armes que par celles de la vérité ? Combattre des erreurs à coups de bâton, n’est-ce pas la même absurdité que de se battre contre des bastions avec des harangues et des syllogismes ? |
| BAYLE Pierre – Commentaire philosophique, I, 6 |
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| La joie est le nerf de toutes les affaires humaines. |
| BAYLE Pierre – Pensées diverses sur la comète |
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| Il faut se résigner à n’avoir qu’une pensée d’homme, à mesurer l’univers avec ce millimètre. |
| BAZIN Hervé – Ce que je crois |
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| On n’est jamais heureux qu’au petit bonheur. |
| BAZIN Hervé – Mon abécédaire, dans Le Monde |
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| Après le bonheur de commander aux hommes, le plus grand honneur, Monsieur, n’est-il pas de les juger ? |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Lettre modérée sur la chute et la critique du Barbier de Séville |
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| En occupant les gens de leur propre intérêt, on les empêche de nuire à l’intérêt d’autrui. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Barbier de Séville (1775), Œuvres complètes, Firmin-Didot 1865, Acte I scène iv p.81 |
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| Il est si doux d’être aimé pour soi-même. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de |
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| Il y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Mariage de Figaro, acte III, scène 16 |
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| La colère, chez les bons cœurs, n’est qu’un besoin pressant de pardonner. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – La mère coupable, Presses-Pocket n° 6168, p.293 |
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| La difficulté de réussir ne fait qu’ajouter à la nécessité d’entreprendre. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Barbier de Séville (1775), Œuvres complètes, Firmin-Didot 1865, Acte I scène vi p.82 |
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| La-a forme, monseigneur. Tenez, tel rit d’un juge en habit court, qui-i tremble au seul aspect d’un procureur en robe. La-a forme, monseigneur, la-a forme. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Mariage de Figaro (1784), III, 14 |
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| Le Comte : – Qui t’a donné une philosophie aussi gaie ? Figaro : – L’habitude du malheur. Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Barbier de Séville (1775), I, 2 |
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| Le récit d’un mal trop connu touche peu. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Mariage de Figaro, préface, Presses-Pocket n° 6168, p.122 |
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| Les femmes aiment beaucoup qu’on les appelle cruelles. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Barbier de Séville (1775) |
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| Médiocre et rampant, on arrive à tout. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Mariage de Figaro, III, 5 |
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| On n’est compatissant que pour les maux qu’on éprouve soi-même. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – La Mère coupable |
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| On ne peut corriger les hommes qu’en les faisant voir tels qu’ils sont. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Préface au Mariage de Figaro |
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| Pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Mariage de Figaro, acte III, scène 16 |
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| Prouver que j’ai raison serait accorder que je puis avoir tort. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le mariage de Figaro, Presses-Pocket n° 6168, p.129 |
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| Quand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Barbier de Séville (1775), Œuvres complètes, Firmin-Didot 1865, Acte II scène ii p.84 |
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| Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Mariage de Figaro |
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| Un grand nous fait assez de bien quand il ne nous fait pas de mal. |
| BEAUMARCHAIS Pierre Augustin Caron de – Le Barbier de Séville(1775), acte I, sc. 2, Presses-Pocket n° 6168, p.44 |
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| La calomnie est comme la fausse monnaie : bien des gens qui ne voudraient pas l’avoir émise la font circuler sans scrupule. |
| BEAUSACQ Diane de |
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| Que de gens se consolent du malheur des autres par la joie de l’avoir prédit. |
| BEAUSACQ Diane de |
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| C’est au sein du transitoire que l’homme s’accomplit, ou jamais. |
| BEAUVOIR Simone de – Pour une morale de l’ambiguïté, 3 |
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| C’est le désir qui crée le désirable, et le projet qui pose la fin. |
| BEAUVOIR Simone de – Pour une morale de l’ambiguïté |
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| Ce qu’il y a de scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue. |
| BEAUVOIR Simone de |
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| Choisir la vie, c’est toujours choisir l’avenir. Sans cet élan qui nous porte en avant, nous ne serions rien de plus qu’une moisissure à la surface de la terre. |
| BEAUVOIR Simone de – Les bouches inutiles, p.51, Gallimard nrf |
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| Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. |
| BEAUVOIR Simone de – Les Mandarins (Gallimard) |
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| Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. |
| BEAUVOIR Simone de – Les Mandarins, Gallimard |
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| En un sens le mystère de l’incarnation se répète en chaque femme ; tout enfant qui naît est un dieu qui se fait homme. |
| BEAUVOIR Simone de – Le Deuxième Sexe, t. II |
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| Il m’était plus facile de penser un monde sans créateur qu’un créateur chargé de toutes les contradictions du monde. |
| BEAUVOIR Simone de – Mémoires d’une jeune fille rangée, deuxième partie (Gallimard) |
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| Je mesure avec stupeur à quel point j’ai été flouée. |
| BEAUVOIR Simone de – La Force des choses, Épilogue. |
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| Je trouvais d’autant plus affreux de mourir que je ne voyais pas de raison de vivre. |
| BEAUVOIR Simone de – Mémoires d’une jeune fille rangée |
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| L’art est une tentative pour intégrer le mal. |
| BEAUVOIR Simone de – Les Mandarins |
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| L’esclave qui obéit choisit d’obéir. |
| BEAUVOIR Simone de – Pyrrhus et Cinéas, Deuxième partie, Le dévouement |
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| L’homme est libre ; mais il trouve sa loi dans sa liberté même. |
| BEAUVOIR Simone de – Pour une morale de l’ambiguïté |
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| La fatalité triomphe dès que l’on croit en elle. |
| BEAUVOIR Simone de – L’Amérique au jour le jour |
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| La parole ne représente parfois qu’une manière, plus adroite que le silence, de se taire. |
| BEAUVOIR Simone de – La Force de l’âge |
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| Le meilleur des princes a toujours sur la conscience des centaines de morts. |
| BEAUVOIR Simone de – Tous les hommes sont mortels (Gallimard) |
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| Le propre de toute morale, c’est de considérer la vie humaine comme une partie que l’on peut gagner ou perdre. |
| BEAUVOIR Simone de – Pour une morale de l’ambiguïté |
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| On n’« est » le prochain de personne, on « fait » d’autrui un prochain en se faisant son prochain par un acte. |
| BEAUVOIR Simone de – Le jardin de Candide, in Pyrrhus et Cinéas |
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| On ne naît pas femme : on le devient. |
| BEAUVOIR Simone de – Le Deuxième Sexe, Première partie, Formation, chap. 1, Enfance. |
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| On ne peut rien écrire dans l’indifférence. |
| BEAUVOIR Simone de – Les Mandarins (Gallimard) |
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| Pour désirer laisser des traces dans le monde, il faut en être solidaire. |
| BEAUVOIR Simone de – L’Invitée, Première partie, chap. 3 |
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| Qu’est-ce qu’un adulte ? Un enfant gonflé d’âge. |
| BEAUVOIR Simone de – L’Âge de discrétion, in La Femme rompue |
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| Sans échec, pas de morale. |
| BEAUVOIR Simone de – Pour une morale de l’ambiguïté (Gallimard) |
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| Se vouloir libre, c’est aussi vouloir les autres libres. |
| BEAUVOIR Simone de – Pour une morale de l’ambiguïté, chap. 2 |
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| Si je prétendais assumer à l’infini les conséquences de mes actes, je ne pourrais plus rien vouloir. |
| BEAUVOIR Simone de – Pyrrhus et Cinéas |
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| Une liberté qui ne s’emploie qu’à nier la liberté doit être niée. |
| BEAUVOIR Simone de |
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| Mes chers amis, je m’en vais ou je m’en vas, car l’un et l’autre se dit ou se disent. |
| BEAUZÉE Nicolas – Dernières paroles attribuées à ce grammairien célèbre |
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| Au commencement était le calembour. |
| BECKETT Samuel – Murphy |
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| Je dis je en sachant que ce n’est pas moi. |
| BECKETT Samuel – L’Innommable |
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| La seule manière de parler de rien est d’en parler comme si c’était quelque chose, tout comme la seule manière de parler de Dieu est d’en parler comme s’il était un homme. |
| BECKETT Samuel – Watt |
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| Le sujet s’éloigne du verbe et … le complément direct vient se poser quelque part. |
| BECKETT Samuel – Malone meurt |
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| Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent. |
| BECKETT Samuel – En attendant Godot,II, p.113, Éd. de Minuit, 1952 |
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| Voilà l’homme tout entier, s’en prenant à sa chaussure alors que c’est son pied le coupable. |
| BECKETT Samuel – En attendant Godot, p.12, Éd. de Minuit, 1952 |
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| Ce qui rend l’égalité difficile, c’est que nous la désirons seulement avec nos supérieurs. |
| BECQUE Henry |
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| Il y a deux époques dans la vie d’un écrivain : la première, où il parle de lui, et la seconde, où il parle de lui-même. |
| BECQUE Henry |
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| J’ai été folle de ce garçon-là et, maintenant, je ne peux plus le voir en face. Comme les hommes changent ! |
| BECQUE Henry – La Navette |
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| L’élite, c’est la canaille. |
| BECQUE Henry – Notes d’album (G. Grès). |
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| La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. |
| BECQUE Henry – Notes d’album |
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| Entre tant de plaisirs que dispense l’amour, il n’en est pas de plus grand que de parler de soi à l’être que l’on chérit. |
| BEDEL Maurice – Le Laurier d’Apollon (Gallimard) |
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| L’amour ? Le plus court chemin d’un cœur à un autre. |
| BEDEL Maurice – Jérôme 60° de latitude nord |
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| L’impossible est la base même de l’espérance. |
| BEDEL Maurice – Le Laurier d’Apollon (Gallimard) |
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| Quand on voit ce qu’on voit, et qu’on entend ce qu’on entend, on a bien raison de penser ce qu’on pense. |
| BEDOS Guy |
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| L’esclave est un tyran dès qu’il le peut. |
| BEECHER-STOWE Harriet – La case de l’oncle Tom, 28 |
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| La mystique n’est pas ivresse, mais progrès, et cheminement vers une lumière certaine. |
| BÉGUIN Albert – Poésie de la présence (Le Seuil) |
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| L’intelligence est un effort pour savoir de quoi l’on parle. |
| BELAVAL Yvon – Recherche de la poésie, Gallimard |
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| L’aversion s’accroît de tous les efforts que l’on fait pour la vaincre. |
| BELVÈZE Comte de – Pensées, Maximes, Réflexions |
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| « Toujours présente, jamais pesante », telle devrait être la devise de l’amitié. |
| BEN JELLOUN Tahar – Éloge de l’amitié (1996) |
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| Une bibliothèque est une chambre d’amis. |
| BEN JELLOUN Tahar – Éloge de l’amitié, Éd. Arléa, p.121 |
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| Le moraliste est par essence un utopiste … Le propre de l’action morale est précisément de créer son objet en l’affirmant. |
| BENDA Julien – La Trahison des clercs, chap. 3 |
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| Tous les attributs littéraires qu’exalte l’esthétique contemporaine sont de ceux que les femmes possèdent au plus haut point. |
| BENDA Julien – Belphégor |
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| Le sens de l’art ne peut se former en qui ne possède pas au moins une belle chose à lui. |
| BENJAMIN Walter – Je déballe ma bibliothèque, trad. Philippe Ivernel , p.137, Rivages poche, n°320 |
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| Amants agneaux deviennent maris loups. |
| BENSERADE Isaac de – Poème sur l’accomplissement du Mariage de Leurs Majestés. |
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| La morale n’est rien de plus que la régularisation de 1’égoïsme. |
| BENTHAM Jeremy – Déontologie |
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| Le langage reproduit le monde, mais en le soumettant à son organisation propre. |
| BENVENISTE Émile – Problèmes de linguistique générale |
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| La décision est souvent l’art d’être cruel à temps. |
| BEQUE Henry – Notes d’album |
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| Ce qui se passe dans les profondeurs de l’homme se passe également dans celles de Dieu. |
| BERDIAEV Nicolaï Aleksandrovitch – La Dialectique existentielle du divin et de l’humain |
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| La phénoménologie n’exclut pas la métaphysique : elle la prépare. Ainsi une phénoménologie de l’accélération pourrait-elle s’épanouir en une métaphysique de l’espérance. |
| BERGER Gaston – Phénoménologie du temps et prospective, IV, La prospective, 2. |
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| Le malheur d’autrui ne nous paraît jamais tout à fait immérité. |
| BERGERAT Émile – Les soirées de Calibangrève, Flammarion 1892, Cinquante pensées noires, p.113 |
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| Agir librement, c’est reprendre possession de soi, c’est se replacer dans la pure durée. |
| BERGSON Henri – Essai sur les données immédiates de la conscience (P.U.F.) |
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| C’est dans le moule de l’action que notre intelligence a été coulée. |
| BERGSON Henri |
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| Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action. |
| BERGSON Henri – Écrits et paroles, Message au Congrès Descartes (P.U.F.). |
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| Il y a des choses que l’intelligence seule est capable de chercher, mais que, par elle-même, elle ne trouvera jamais. Ces choses, l’instinct seul les trouverait ; mais il ne les cherchera jamais. |
| BERGSON Henri – L’Évolution créatrice, p. 152 |
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| Imiter quelqu’un, c’est dégager la part d’automatisme qu’il a laissée s’introduire dans sa personne. |
| BERGSON Henri – Le rire, p.25, Éd. P.U.F |
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| Instinct et intelligence représentent deux solutions divergentes, également élégantes, d’un seul et même problème. |
| BERGSON Henri – L’évolution créatrice (P.U.F ), p. 144 |
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| Je ne nie pas l’utilité des idées abstraites, pas plus que je ne conteste la valeur des billets de banque. |
| BERGSON Henri |
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| L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire. |
| BERGSON Henri |
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| L’homme devrait mettre autant d’ardeur à simplifier sa vie qu’il en a mis à la compliquer. |
| BERGSON Henri – Dans Simon P.-H., Ce que je crois, Grasset |
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| L’intelligence dans ce qu’elle a d’inné est la connaissance d’une forme, l’instinct implique celle d’une matière. |
| BERGSON Henri – L’évolution créatrice, p. 146 |
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| L’intelligence est caractérisée par une incompréhension naturelle de la vie. |
| BERGSON Henri – L’Évolution créatrice, P.U.F. |
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| L’intelligence ne se représente clairement que le discontinu. |
| BERGSON Henri – L’évolution créatrice, p. 155 |
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| L’obéissance au devoir est une résistance à soi-même. |
| BERGSON Henri – Les Deux Sources de la morale et de la religion |
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| La conscience nous apparaît comme une force qui s’inscrirait dans la matière pour s’emparer d’elle et la tourner à son profit. |
| BERGSON Henri – L’Énergie spirituelle |
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| La fonction essentielle de l’univers, qui est une machine à faire les dieux. |
| BERGSON Henri – Les Deux Sources de la morale et de la religion (P.U.F ), ch. 14 |
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| La morale de l’Évangile est essentiellement celle de l’âme ouverte. |
| BERGSON Henri – Les Deux Sources de la morale et de la religion (P.U.F ), chap. I |
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| La sincérité est communicative. |
| BERGSON Henri – Le Rire |
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| Le rôle de la vie est d’insérer de l’indétermination dans la matière. |
| BERGSON Henri – L’Évolution créatrice (P.U.F), chap. 2 |
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| Le temps est invention, ou il n’est rien du tout. |
| BERGSON Henri – L’Évolution créatrice (P.U.F ). |
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| Les attitudes, gestes et mouvements du corps humain sont risibles dans l’exacte mesure où ce corps nous fait penser à une simple mécanique. |
| BERGSON Henri – Le Rire, 1 |
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| Notre intelligence ne se représente clairement que l’immobilité. |
| BERGSON Henri – L’évolution créatrice, p. 156 |
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| Nous devons entendre par esprit une réalité qui est capable de tirer d’elle-même plus qu’elle ne contient. |
| BERGSON Henri – Écrits et paroles, tome II ; Message au Congrès Descartes (P.U.F.),Introduction à la conférence du pasteur Hollard |
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| Nous échouons à traduire entièrement ce que notre âme ressent : la pensée demeure incommensurable avec le langage. |
| BERGSON Henri |
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| Nous ne sommes à notre aise que dans le discontinu, dans l’immobile, dans le mort. L’intelligence est caractérisée par une incompréhension naturelle de la vie. |
| BERGSON Henri – L’Évolution créatrice, chap. 2 |
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| On trouve des sociétés qui n’ont ni science, ni art, ni philosophie. Mais il n’y a jamais eu de société sans religion. |
| BERGSON Henri – Les Deux Sources de la morale et de la religion |
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| Partout où quelque chose vit, il y a, ouvert quelque part, un registre où le temps s’inscrit. |
| BERGSON Henri – L’évolution créatrice |
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| Si l’on envisage dans l’instinct et l’intelligence ce qu’ils renferment de connaissance innée, on trouve que cette connaissance innée porte dans le premier cas sur des choses, et dans le second sur des rapports. |
| BERGSON Henri – L’évolution créatrice, p. 149 |
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| Toutes nos analyses nous montrent dans la vie un effort pour remonter la pente que la matière descend. |
| BERGSON Henri – L’Évolution créatrice |
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| Un être ne se sent obligé que s’il est libre, et chaque obligation, prise à part, implique la liberté. |
| BERGSON Henri – Les Deux Sources de la morale et de la religion |
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| Un homme devrait penser avec les érudits et parler avec la foule. |
| BERKELEY George – Œuvres complètes, PUF, 1992 |
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| J’écris, non pour dire ce que je pense, mais afin de le savoir. |
| BERL Emmanuel – Lignes de chance |
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| Le propre du conformisme, c’est de n’être point senti par ceux qu’il domine. |
| BERL Emmanuel – Mort de la pensée bourgeoise |
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| Les peintres modernes sont les premiers à avoir pris parti pour eux-mêmes. À s’être préférés. |
| BERL Emmanuel |
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| Une bonne épouse pardonne toujours à son mari quand elle a tort. |
| BERLE Milton |
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| Ah ! quel talent je vais avoir demain. |
| BERLIOZ Hector – Mémoires |
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| Il faut collectionner les pierres qu’on vous jette. C’est le début d’un piédestal. |
| BERLIOZ Hector |
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| Le temps est un grand maître, dit-on, le malheur est qu’il tue ses élèves. |
| BERLIOZ Hector |
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| C’est une grande duperie de croire que l’homme moyen n’est susceptible que de passions moyennes. |
| BERNANOS Georges – Les Grands Cimetières sous la lune (Plon) |
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| Ce que nous appelons hasard, c’est peut-être la logique de Dieu ? |
| BERNANOS Georges – Dialogues des Carmélites, p.65, Éd. du Seuil, coll. Livre de Vie n°6 |
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| Certes, l’homme est partout l’ennemi de lui-même, son secret et sournois ennemi. |
| BERNANOS Georges – Journal d’un curé de Campagne, Plon |
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| Chacun de nous vaut le sang de Dieu. |
| BERNANOS Georges – Journal d’un curé de campagne |
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| Être capable de trouver sa joie dans la joie de l’autre, voilà le secret du bonheur. |
| BERNANOS Georges |
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| Grâce à la presse quotidienne, le dernier imbécile peut éprouver quelque chose de la plus haute jouissance de l’homme d’action. |
| BERNANOS Georges – Journal de la guerre d’Espagne, Essais et écrits de combats I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1971, Sept, 5 février 1937 p.1443 |
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| Il donnait à pleines mains cette paix dont il était vide. |
| BERNANOS Georges – Sous le soleil de Satan, deuxième partie, Le saint de Lumbres |
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| Il est plus facile que l’on croit de se haïr. La grâce est de s’oublier. |
| BERNANOS Georges – Journal d’un curé de campagne, 3 |
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| Il me semble parfois qu’il est moins triste de ne pas croire en Dieu du tout que de croire en un Dieu mécanicien, géomètre et physicien. |
| BERNANOS Georges – Dialogues des Carmélites |
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| Il n’est pas d’incident si négligeable où ne s’inscrit la volonté de Dieu, comme toute l’immensité du Ciel dans une goutte d’eau. |
| BERNANOS Georges – Dialogues des Carmélites, p.25, Éd. du Seuil, coll. Livre de Vie n°6 |
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| L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait. |
| BERNANOS Georges – La France devant le monde de demain in La Liberté pour quoi faire |
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| L’enfer, Madame, c’est de ne plus aimer. |
| BERNANOS Georges – Journal d’un curé de campagne, chap. 2 |
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| L’espérance est un risque à courir. C’est même le risque des risques. |
| BERNANOS Georges – La liberté pour quoi faire, Mauriac et sa cornemuse. |
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| L’optimisme est une fausse espérance à l’usage des lâches et des imbéciles. L’espérance est une vertu, virtus, une détermination héroïque de l’âme. La plus haute forme de l’espérance, c’est le désespoir surmonté. |
| BERNANOS Georges – La liberté pour quoi faire, La France devant le Monde de demain |
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| La bêtise féminine est déjà bien irritante, la bêtise cléricale l’est plus encore que la bêtise féminine, dont elle semble parfois le mystérieux surgeon. |
| BERNANOS Georges – Journal d’un Curé de campagne |
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| La parole de Dieu : c’est un fer rouge. |
| BERNANOS Georges – Journal d’un curé de campagne, chap. 2 |
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| La science ne libère qu’un bien petit nombre d’esprits faits par elle, prédestinés. Elle asservit les autres. |
| BERNANOS Georges – La Grande Peur des bien-pensants, conclusion |
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| La véritable humilité est d’abord une décence, un équilibre. |
| BERNANOS Georges – Dialogues des Carmélites, p.89, Éd. du Seuil, coll. Livre de Vie n°6 |
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| La vie, même avec la gloire qui est la plus belle chose humaine, est une chose vide et sans saveur quand on n’y mêle pas, toujours, absolument, Dieu. |
| BERNANOS Georges – Georges Bernanos par lui-même, Lettre à un prêtre, mars 1905 |
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| Le diable, voyez-vous, c’est l’ami qui ne reste jamais jusqu’au bout. |
| BERNANOS Georges – Monsieur Ouine |
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| Le hasard nous ressemble. |
| BERNANOS Georges – Sous le soleil de Satan (Plon) |
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| Le monde va être jugé par les enfants. L’esprit d’enfance va juger le monde. |
| BERNANOS Georges – Les Grands Cimetières sous la lune |
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| Les civilisations sont mortelles, les civilisations meurent comme les hommes, et cependant elles ne meurent pas à la manière des hommes. La décomposition, chez elles, précède leur mort, au lieu qu’elle suit la nôtre. |
| BERNANOS Georges – La Liberté pour quoi faire ? L’esprit européen et le monde des machines |
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| Les démocraties ne peuvent pas plus se passer d’être hypocrites que les dictatures d’être cyniques. |
| BERNANOS Georges – Nous autres Français (1939), Essais et écrits de combats I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1971, p.717 |
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| Les familles me font peur. |
| BERNANOS Georges – Journal d’un curé de campagne |
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| Les petites choses n’ont l’air de rien, mais elles donnent la paix. Dans chaque petite chose, il y a un Ange. |
| BERNANOS Georges – Journal d’un curé de campagne (Plon) |
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| Les ratés ne vous rateront pas. |
| BERNANOS Georges – Le Chemin de la Croix-des-Âmes, Gallimard |
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| Lorsqu’un homme crie : « Vive la Liberté ! » il pense évidemment à la sienne. Mais il est extrêmement important de savoir s’il pense à celle des autres. Car un homme peut servir la liberté par calcul, ainsi qu’une simple garantie de la sienne. |
| BERNANOS Georges – La France contre les robots |
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| On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. |
| BERNANOS Georges – La France contre les robots (1946), Essais et écrits de combats II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1995, p. 1025 |
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| On parle toujours du feu de l’enfer, mais personne ne l’a vu … L’enfer, c’est le froid. |
| BERNANOS Georges – Monsieur Ouine |
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| Qui n’a pas vu la route à l’aube, entre ses deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance. |
| BERNANOS Georges – Monsieur Ouine |
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| Tout est grâce. |
| BERNANOS Georges – Journal d’un curé de campagne, 3 |
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| Un monde dominé par la Force est un monde abominable, mais le monde dominé par le Nombre est ignoble. |
| BERNANOS Georges – La France contre les Robots, VII |
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| Un monde gagné pour la technique est perdu pour la liberté. |
| BERNANOS Georges – La France contre les robots |
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| Un polémiste est amusant jusqu’à la vingtième année, tolérable jusqu’à la trentième, assommant vers la cinquantaine, et obscène au-delà. |
| BERNANOS Georges – Les Grands Cimetières sous la Lune |
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| Une collectivité n’a pas de conscience. Lorsqu’elle paraît en avoir une, c’est qu’il y subsiste le nombre indispensable de consciences réfractaires. |
| BERNANOS Georges – La France contre les robots (Robert Laffont) |
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| Une fois sorti de l’enfance, il faut très longtemps souffrir pour y rentrer, comme tout au bout de la nuit on retrouve une nouvelle aurore. |
| BERNANOS Georges – Dialogues des Carmélites, 1er tableau, scène 4 |
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| Il faut admettre comme un axiome expérimental que, chez les êtres vivants aussi bien que dans les corps bruts, les conditions d’existence de tout phénomène sont déterminées d’une manière absolue. |
| BERNARD Claude – Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, deuxième partie, chap. I, 5 |
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| Il ne suffit pas de dire : je me suis trompé ; il faut dire comment on s’est trompé. |
| BERNARD Claude |
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| La vie n’est rien qu’un mot qui veut dire ignorance,et quand nous qualifions un phénomène de vital, cela équivaut à dire que c’est un phénomène dont nous ignorons la cause prochaine ou les conditions. |
| BERNARD Claude – Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, troisième partie, chap. IV, 2 |
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| Trois opérations : voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art. |
| BERNARD Émile – Connaissance de l’Art |
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| À 976 ans, Mathusalem était si bien conservé qu’il en paraissait à peine 375. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) |
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| À vingt ans, l’enfant déforme la femme ; à trente ans, il la conserve, à quarante ans, je crois bien qu’il la rajeunit ! |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) |
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| C’est vraiment difficile de dire aux gens qu’on les aime… quand on les aime vraiment. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) – Monsieur Codomat |
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| Il ne faut compter que sur soi-même. Et encore, pas beaucoup. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) |
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| Il vaut mieux ne pas réfléchir du tout que ne pas réfléchir assez. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) |
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| J’appartiens à ce peuple qu’on a souvent appelé élu. Élu ? Enfin, disons en ballottage. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) – Propos, Conférence à Nice, 1942 |
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| Je l’ai revu l’autre jour. Il avait tellement changé qu’il ne m’a pas reconnu. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) |
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| La femme est une louve pour la femme. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) – La Volonté de l’homme (Calmann-Lévy) |
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| Le baiser sur les lèvres a été inventé par les amants pour ne pas dire de bêtises. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) |
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| Le comble de l’optimisme, c’est de rentrer dans un grand restaurant et compter sur la perle qu’on trouvera dans une huître pour payer la note. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) |
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| Les hommes sont toujours sincères. Ils changent de sincérité, voilà tout. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) – Ce que l’on dit aux femmes (Fayard) |
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| On ne prête qu’aux riches, et on a bien raison, parce que les autres remboursent difficilement. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) |
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| Pour être heureux avec les êtres, il ne faut leur demander que ce qu’ils peuvent donner. |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) – L’enfant prodigue du Vésinet |
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| Pourquoi répondez-vous toujours à une question par une autre question ? – Pourquoi pas ? |
| BERNARD Tristan (Paul BERNARD, dit) |
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| Le melon a été divisé en tranches par la nature, afin d’être mangé en famille ; la citrouille, étant plus grosse, peut être mangée avec les voisins. |
| BERNARDIN DE SAINT-PIERRE – Études de la nature |
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| Celui qui lit tout n’a rien compris […]. |
| BERNHARD Thomas – Maîtres anciens, trad. Gilberte Lambrichs, p.35, Folio n°2276 |
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| Chacun est destiné, un jour, à un instant quelconque qui sera l’instant décisif, à ne plus trouver d’issue ; la structure de l’homme est faite ainsi. |
| BERNHARD Thomas – Corrections, trad. Albert Kohn modifiée, p.148, Gallimard/nrf, 1978 |
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| Écouter de la musique est devenu, par la technique, une banalité quotidienne. |
| BERNHARD Thomas – Maîtres anciens, trad. Gilberte Lambrichs, p.226, Folio n°2276 |
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| En vérité nous n’aimons que les livres qui ne forment pas un tout, qui sont chaotiques, qui sont imparfaits. |
| BERNHARD Thomas – Maîtres anciens, trad. Gilberte Lambrichs, p.38, Folio n°2276 |
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| Heidegger était un homme tout à fait dépourvu d’esprit, dénué de toute imagination, dénué de toute sensibilité, un ruminant philosophique foncièrement allemand, une vache philosophique continuellement pleine […] qui paissait sur la philosophie allemande et qui, pendant des décennies, a lâché sur elle ses bouses coquettes dans la Forêt-Noire. |
| BERNHARD Thomas – Maîtres anciens, trad. Gilberte Lambrichs, p.73, Folio n°2276 |
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| La femme est faite pour le mariage, oui, mais pas l’homme. |
| BERNHARD Thomas |
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| La musique est, au fond, de la mathématique rendue audible. |
| BERNHARD Thomas – Corrections, trad. Albert Kohn, p.55, Gallimard/nrf, 1978 |
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| Là où il y a trois êtres humains, il y en a toujours un qui est objet de sarcasmes et de moqueries. |
| BERNHARD Thomas – L’origine, trad. Albert Kohn, p.148, Folio n°2832 |
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| Le beau c’est l’imprévu. |
| BERNHARD Thomas – Perturbation, trad. Bernard Kreiss, p.82, L’Imaginaire-Gallimard |
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| Le catholicisme est le grand destructeur de l’âme enfantine, le grand inspirateur de crainte, le grand exterminateur du caractère de l’enfant. |
| BERNHARD Thomas – Extinction, trad. Gilberte Lambrichs, p.94, Gallimard nrf 1990 |
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| Les maladies sont le plus court chemin de l’homme pour arriver à soi. |
| BERNHARD Thomas – Perturbation, trad. Bernard Kreiss, p.212, L’Imaginaire-Gallimard |
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| Quand nous regardons les hommes, nous les voyons tantôt dans leur détresse, tantôt à la recherche de leur détresse. Il n’y a pas d’homme sans la détresse humaine. |
| BERNHARD Thomas – Perturbation, trad. Bernard Kreiss, p.156, L’Imaginaire-Gallimard |
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| Se faire comprendre est impossible. |
| BERNHARD Thomas – Perturbation, trad. Bernard Kreiss, p.34, L’Imaginaire-Gallimard |
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| Il faut haïr très peu, car c’est très fatigant. |
| BERNHARDT Sarah |
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| L’intuition, c’est l’intelligence qui commet un excès de vitesse. |
| BERNSTEIN Henry |
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| Seule la conciliation avec soi-même rend serein. |
| BESNIER Michel – In La grâce de solitude de Marie de Solemne, p.64, Éd. Dervy,1998 |
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| Les autres me sont insupportables. Qu’est-ce qui ne va pas en moi ? |
| BETTELHEIM Bruno |
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| La poésie est le plus court chemin d’une sensibilité à une autre. |
| BEUCLER André |
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| Mets de la lenteur pour aborder une entreprise ; mais le travail commencé, poursuis-le avec énergie. |
| BIAS de Priène – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p. 27, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| Réfléchis à ce que tu fais. |
| BIAS de Priène – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p. 28, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| La vie est l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort. |
| BICHAT Xavier – Recherches physiologiques sur la vie et la mort (1800), Paris Bechet jeune 1882, première partie, art. 1, p.2 |
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| Canon n. Instrument utilisé dans la rectification des frontières nationales. |
| BIERCE Ambrose – Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.37, Rivages/Étranger, n°11 |
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| Cerveau n. Appareil avec lequel nous pensons que nous pensons. |
| BIERCE Ambrose – Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.43, Rivages/Étranger, n°11 |
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| Connaisseur n. Spécialiste qui sait tout à propos d’une chose et rien à propos de tout le reste. |
| BIERCE Ambrose – Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.58, Rivages/Étranger, n°11 |
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| Félicitations n.p. Politesse de la jalousie. |
| BIERCE Ambrose – Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.104, Rivages/Étranger, n°11 |
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| Patience n. Forme mineure de désespoir, déguisée en vertu. |
| BIERCE Ambrose – Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.207, Rivages/Étranger, n°11 |
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| Présage n. Signe que quelque chose arrivera si rien ne se passe. |
| BIERCE Ambrose – Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.223, Rivages/Étranger, n°11 |
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| Raseur n. Personne qui vous parle quand vous souhaitez qu’elle écoute. |
| BIERCE Ambrose – Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.234, Rivages/Étranger, n°11 |
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| Les gros mots ont beaucoup maigri. |
| BIRABEAU André |
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| Mourir, c’est à la fois quitter la terre et y pénétrer. |
| BIRABEAU André |
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| Je n’ai rien contre les gens qui regardent leur montre pendant que je parle. Mais je ne suis pas du tout d’accord avec ceux qui commencent à la secouer pour être sûrs qu’elle marche encore. |
| BIRKETT Lord |
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| Le tact n’est qu’une forme délicate de mensonge. |
| BIRMINGHAM George A. |
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| En politique, il faut toujours suivre le droit chemin. On est sur de n’y rencontrer personne. |
| BISMARCK Otto von |
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| Gouverner est l’art de mener des hommes imparfaits avec des lois imparfaites. |
| BISMARCK Otto von |
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| Macht geht vor Recht (La Force prime le Droit). |
| BISMARCK Otto von – Le comte de Schwerin, à la séance du 13 mars 1863 de la Chambre prussienne, a accusé Bismarck d’avoir énoncé ce principe (dans son discours du 23 janvier 1863). Bismarck a toujours contesté avoir prononcé de telles paroles (discours au Reichstag des 12 mars 1869, 1 avril 1870 et 1 août 1871). |
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| Que dix coupables échappent à la justice, plutôt que souffre un seul innocent. |
| BLACKSTONE William sir – Commentaries on the Laws of England, IV |
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| À l’oiseau le nid ; à l’araignée la toile ; à l’homme l’amitié. |
| BLAKE William – Le mariage du Ciel et de l’Enfer, trad. André Gide , p.23, José Corti, 2003 |
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| Celui qui n’ose pas regarder le soleil en face ne sera jamais une étoile. |
| BLAKE William |
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| Évidence d’aujourd’hui, imagination d’hier. |
| BLAKE William – Le mariage du Ciel et de l’Enfer, trad. André Gide , p.23, José Corti, 2003 |
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| La joie féconde, la douleur accouche. |
| BLAKE William – Le mariage du Ciel et de l’Enfer, trad. André Gide , p.22, José Corti, 2003 |
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| Si les fenêtres de la perception étaient nettoyées, chaque chose apparaîtrait à l’homme, – ainsi qu’elle l’est – infinie. |
| BLAKE William – Le mariage du Ciel et de l’Enfer, trad. André Gide , p.36, José Corti, 2003 |
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| Un sage ne voit pas le même arbre qu’un fou. |
| BLAKE William – Le mariage du Ciel et de l’Enfer, trad. André Gide , p.20, José Corti, 2003 |
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| Ce qui effraie le plus dans les partis, ce n’est pas ce qu’ils disent, c’est ce qu’ils négligent ou refusent de dire. |
| BLANC Louis – Organisation du travail, Introduction |
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| Je pardonne à Dieu mes offenses. |
| Blanchard Maurice – Débuter après la mort |
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| Après l’amour, dix pour cent des hommes se retournent sur leur côté droit et s’endorment, dix pour cent font de même sur le côté gauche. Les autres se rhabillent et rentrent chez eux. |
| BLANCHE Francis |
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| Je me suis marié deux fois : deux catastrophes. Ma première femme est partie, la deuxième est restée. |
| BLANCHE Francis |
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| Je suis plus intéressé par le vin d’ici que par l’eau de là. |
| BLANCHE Francis |
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| Je suis un non-violent : quand j’entends parler de revolver, je sors ma culture. |
| BLANCHE Francis |
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| Je suis un non-violent : quand j’entends parler de revolver, je sors ma culture. |
| BLANCHE Francis – Les Pensées |
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| La quenelle est le poisson le plus mal connu de la faune maritime. |
| BLANCHE Francis |
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| Mon souci principal : essayer d’oublier mes soucis secondaires. |
| BLANCHE Francis |
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| Quand on roule, on n’a jamais de contravention. C’est toujours quand on s’arrête… |
| BLANCHE Francis |
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| Si Christophe Colomb n’avait rien découvert, Kennedy serait toujours vivant. |
| BLANCHE Francis – L’Os à moelle, Pensée du 25 avril 1980 |
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| Si l’on te frappe sur la joue droite, ignore ce que tu fais de ta main gauche. |
| BLANCHE Francis |
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| L’homme est indestructible, et cela signifie qu’il n’y a pas de limite à la destruction de l’homme. |
| BLANCHOT Maurice – L’Entretien infini, II, L’expérience-limite, V, 2 |
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| La banalité est faite d’un mystère qui n’a pas jugé utile de se dénoncer. |
| BLANCHOT Maurice – Faux Pas |
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| La réponse est le malheur de la question. |
| BLANCHOT Maurice – L’Entretien infini, I, La parole plurielle, II |
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| Lorsque tu affirmes, tu interroges encore. |
| BLANCHOT Maurice – L’Attente, L’Oubli, II |
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| Tout art tire son origine d’un défaut exceptionnel. |
| BLANCHOT Maurice – Le Livre à venir (Gallimard) |
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| Ni Dieu ni maître. |
| BLANQUI Auguste – Maxime dont Auguste Blanqui fit le titre d’un journal qu’il créa après la Commune. |
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| Le public aspire au poncif, inlassablement. |
| BLOCH Jean-Richard – Naissance d’une culture (Rieder) |
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| La conclusion est l’endroit à partir duquel vous en avez eu assez de penser. |
| BLOCK Arthur |
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| La charité est l’organe de la parfaite connaissance. |
| BLONDEL Maurice – L’Action |
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| Oui, l’élément mauvais contenu dans l’Église est, pour ceux qui savent en souffrir, le plus perfectionnant instrument de détachement et de sainteté. |
| BLONDEL Maurice – Correspondance philosophique, lettre à L. Laberthonnière, 10 mars 1921 |
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| Il n’y a qu’une tristesse : c’est de n’être pas des saints. |
| BLOY Léon – La Femme pauvre, II, 28 (Mercure de France) |
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| Je me suis demandé souvent quelle pouvait être la différence entre la charité de tant de chrétiens et la méchanceté des démons. |
| BLOY Léon – Le Sang du pauvre |
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| L’effroyable translation « de l’utérus au sépulcre » qu’on est convenu d’appeler cette vie. |
| BLOY Léon – Belluaires et Porcher |
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| La folie des croisades est ce qui a le plus honoré la raison humaine. Antérieurement au Crétinisme scientifique, les enfants savaient que le Sépulcre du Sauveur est le centre de l’univers, le pivot et le cœur des mondes. |
| BLOY Léon – La Femme pauvre, 1, 33 |
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| La parfaite stupidité de ce jouisseur toujours en érection se manifeste par des yeux de vache ahurie ou de chien qui pisse. |
| BLOY Léon – Parlant de Guy de Maupassant |
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| Le Sang du Pauvre, c’est l’argent. On en vit et on en meurt depuis des siècles. Il résume expressivement toute souffrance. |
| BLOY Léon – Le Sang du pauvre |
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| Le signe incontestable du grand poète, c’est l’inconscience prophétique, la troublante faculté de proférer, par-dessus les hommes et le temps, des paroles inouïes dont il ignore lui-même la portée. |
| BLOY Léon – Belluaires et Porchers (Stock) |
|
| Les moralistes ont remarqué depuis longtemps qu’on a toujours assez de force pour sûr porter les peines d’autrui |
| BLOY Léon – Exégèse des lieux communs, Mercure de France |
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| Malheur à celui qui n’a pas mendié ! Il n’y a rien de plus grand que de mendier. Dieu mendie. Les anges mendient. Les rois, les prophètes et les Saints mendient. |
| BLOY Léon – Le Mendiant ingrat, préface |
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| On devrait fonder une chaire pour l’enseignement de la lecture entre les lignes. |
| BLOY Léon – Exégèse des lieux communs, Mercure de France 1968, p.232 |
|
| Plus on approche de Dieu, plus on est seul. C’est l’infini de la solitude. |
| BLOY Léon |
|
| Tout chrétien sans héroïsme est un porc. |
| BLOY Léon – Quatre Ans de captivité à Cochons-sur-Marne (Mercure de France) |
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| Un homme couvert de crimes est toujours intéressant. C’est une cible pour la Miséricorde. |
| BLOY Léon – Le Désespéré (Mercure de France) |
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| À vingt ans l’enfant déforme les femmes, à trente ans il les conserve et je crois bien qu’à quarante il les rajeunit. |
| BLUM Léon – Du ménage |
|
| Il faut choisir, dans la vie, entre gagner de l’argent et le dépenser ; on n’a pas le temps de faire les deux. |
| BLUM Léon |
|
| J’ai souvent pensé que la moralité consiste essentiellement en le courage de faire un choix. |
| BLUM Léon |
|
| Aimer c’est aimer ce qui est simple, et donc mystérieux. Ce qui est compliqué n’est jamais mystérieux. |
| BOBIN Christian – La part manquante, coll. folio 2554, p. 74 |
|
| Aimer quelqu’un, c’est le lire. C’est savoir lire toutes les phrases qui sont dans le cœur de l’autre, et en lisant le délivrer. |
| BOBIN Christian – La lumière du monde |
|
| C’est la voix qui donne l’âge vrai. C’est la flamme d’une parole qui renseigne le mieux sur l’âge des gens. |
| BOBIN Christian – La femme à venir |
|
| C’est même chose que d’aimer ou d’écrire. C’est toujours se soumettre à la claire nudité d’un silence. C’est toujours s’effacer. |
| BOBIN Christian – Lettres d’or, coll. folio 2680, p. 78 |
|
| Ce ne sont pas les histoires qui importent, mais le ton sur lequel elles sont racontées. |
| BOBIN Christian – Tout le monde est occupé, p.74, Mercure de France, 1999 |
|
| Ce qu’on appelle le «charme» d’une personne, c’est la liberté dont elle use vis-à-vis d’elle-même, quelque chose qui, dans sa vie, est plus libre que sa vie. |
| BOBIN Christian – Autoportrait au radiateur |
|
| Ce qu’on sait de quelqu’un empêche de le connaître. |
| BOBIN Christian – Le Très-Bas., coll. folio 2681 p. 14 |
|
| Ce que j’attends d’une conversation, c’est de l’air. |
| BOBIN Christian – La lumière du monde |
|
| Ce qui advient dans le visible n’est qu’un effet – parfois très retardé – de ce qui s’est auparavant passé dans l’invisible. |
BOBIN Christian – Louise Amour, p.99, Gallimard/nrf, 2004
|
|
| Ce qui est blessé en nous demande asile aux plus petites choses de la terre et le trouve. |
| BOBIN Christian – La présence pure |
|
| Ce qui me paraît être le plus proche d’un livre, jusque dans sa forme même, c’est une tombe. Sous la couverture du livre comme sous la pierre tombale, il y a une âme qui attend une résurrection. |
| BOBIN Christian – La lumière du monde |
|
| Ce qui ne peut danser au bord des lèvres, s’en va hurler au fond de l’âme. |
| BOBIN Christian – L’autre visage |
|
| Celui qui donne la mort, c’est qu’il est déjà mort. Celui qui tue, c’est par manque d’air. |
| BOBIN Christian – L’autre visage, p. 23, Éditions Lettres Vives 1991 |
|
| Ceux qui ont très peu de jours et ceux qui sont très vieux sont dans un autre monde que le nôtre. En se liant à nous ils nous font un présent inestimable. |
| BOBIN Christian – La présence pure |
|
| Combien de mois, combien de vies faut-il pour écrire une phrase qui égale en puissance la beauté des choses ? |
| BOBIN Christian – Le huitième jour de la semaine, p.58, Éditions Lettres Vives 1986 |
|
| Entre moi et le monde, une vitre. Écrire est une façon de la traverser sans la briser. |
| BOBIN Christian – Mozart et la pluie |
|
| Être vivant, c’est être vu, entrer dans la lumière d’un regard aimant. |
| BOBIN Christian – L’inespérée, coll. folio 2819, p. 12 |
|
| Il est impossible d’expliquer quelque chose à quelqu’un qui ne l’a pas déjà compris. |
| BOBIN Christian – La lumière du monde |
|
| Il n’y a pas d’autre art que l’art amoureux. |
BOBIN Christian – Lettres d’or, coll. folio 2680, p. 89
|
|
| Il n’y a pas de connaissance en dehors de l’amour. Il n’y a dans l’amour que de l’inconnaissable. |
| BOBIN Christian – Une petite robe de fête, coll. folio 2466, p. 86 |
|
| Il n’y a pas de saints. Il n’y a que de la sainteté. La sainteté c’est la joie. |
| BOBIN Christian – Le Très-Bas |
|
| Il vaut mieux faire peu de choses et bien les savourer. On s’habitue si vite. |
| BOBIN Christian – Geai, p.85, Gallimard NRF 1998 |
|
| Il y a un critère de la vérité, c’est qu’elle vous change : ça bouleverse comme un amour, la vérité. |
| BOBIN Christian – La lumière du monde |
|
| Il y a une étoile mise dans le ciel pour chacun de nous, assez éloignée pour que nos erreurs ne viennent jamais la ternir. |
| BOBIN Christian – Ressusciter |
|
| J’ai trouvé Dieu dans les flaques d’eau, dans le parfum du chèvrefeuille, dans la pureté de certains livres et même chez des athées. Je ne l’ai presque jamais trouvé chez ceux dont le métier est d’en parler. |
BOBIN Christian – Ressusciter, p.60, Gallimard nrf, 2001
|
|
| J’aime appuyer ma main sur le tronc d’un arbre devant lequel je passe, non pour m’assurer de l’existence de l’arbre – dont je ne doute pas – mais de la mienne. |
| BOBIN Christian – La présence pure, p.25, Le temps qu’il fait, 1999 |
|
| Je cherche matière de louange partout, même dans le pire. |
| BOBIN Christian – La plus que vive, coll. L’un et l’autre chez Gallimard., p. 18 |
|
| Je crois que c’est une infirmité d’époque, une infirmité profonde, une infirmité grave que de se croire supérieur à ce dont on parle. |
| BOBIN Christian – Un désordre de pétales rouges |
|
| Je lui parle en souriant, comme il convient de parler à ceux que l’on aime. |
| BOBIN Christian – Le huitième jour de la semaine |
|
| Je n’aime pas ceux qui parlent de Dieu comme d’une valeur sûre. Je n’aime pas non plus ceux qui en parlent comme d’une infirmité de l’intelligence. Je n’aime pas ceux qui savent, j’aime ceux qui aiment. |
| BOBIN Christian – Autoportrait au radiateur, p.33, Gallimard NRF 1997 |
|
| Je trouve mes lectures dans la lumière du ciel. C’est le livre le plus profond qui soit – et ce n’est pas moi qui en tourne les pages. |
| BOBIN Christian – Tout le monde est occupé |
|
| L’amour de soi est à l’amour de Dieu ce que le blé en herbe est au blé mûr. |
| BOBIN Christian – Le Très-Bas., coll. folio 2681, p. 46 |
|
| L’amour est manque bien plus que plénitude. L’amour est plénitude du manque. C’est, je vous l’accorde, une chose incompréhensible. Mais ce qui est impossible à comprendre est tellement simple à vivre. |
| BOBIN Christian – Le Très-Bas |
|
| L’art suprême, ce qui manque à tant de petits maîtres, c’est de savoir donner sa langue au chat. |
BOBIN Christian – Le Christ aux coquelicots, p.44, Lettres Vives, 2002
|
|
| L’écriture c’est le cœur qui éclate en silence. |
| BOBIN Christian – L’épuisement, p.63, Éd. Le temps qu’il fait, 1994 |
|
| L’écriture est la sœur cadette de la parole. |
| BOBIN Christian – Autoportrait au radiateur |
|
| L’ennui c’est de l’amour qui s’apprête en silence. |
| BOBIN Christian – L’épuisement, p.51, Éd. Le temps qu’il fait, 1994 |
|
| L’essentiel n’est rien d’autre que ce que l’on néglige. |
| BOBIN Christian – L’éloignement du monde, p.40, Éditions Lettres Vives 1993 |
|
| La beauté est l’antichambre de l’amour, la beauté est la lisière d’un amour dont je ne désespérerai jamais. |
| BOBIN Christian – Mozart et la pluie |
|
| La beauté est une manière de résister au monde, de tenir devant lui et d’opposer à sa fureur une patience active. |
| BOBIN Christian – Autoportrait au radiateur |
|
| La croissance de l’esprit est à l’inverse de la croissance de la chair. Le corps grandit en prenant de la taille. L’esprit grandit en perdant de la hauteur. La sainteté renverse les lois de maturité : l’homme y est la fleur, l’enfance y est le fruit. |
| BOBIN Christian – Le Très-Bas |
|
| La maladie d’Alzheimer enlève ce que l’éducation a mis dans la personne et fait remonter le cœur en surface. |
| BOBIN Christian – La présence pure |
|
| La rupture avec soi est le plus court chemin pour aller à soi. |
| BOBIN Christian – La part manquante |
|
| La vérité n’est jamais si grande que dans l’humiliation de celui qui l’annonce. |
| BOBIN Christian – Le Très-Bas |
|
| La vie en société c’est quand tout le monde est là et qu’il n’y a personne. La vie en société c’est quand tous obéissent à ce que personne ne veut. |
| BOBIN Christian – L’inespérée, coll. folio 2819, p. 43 |
|
| Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles. |
| BOBIN Christian – Tout le monde est occupé |
|
| Le livre est la mère du lecteur. |
| BOBIN Christian – Autoportrait au radiateur, p.72, Gallimard NRF 1997 |
|
| Le mal, c’est ce à quoi je prends part. Le bien, c’est ce que je laisse venir. |
| BOBIN Christian – Autoportrait au radiateur |
|
| Le monde de l’esprit n’est que le monde matériel enfin remis d’aplomb. |
| BOBIN Christian – Le Très-Bas |
|
| Le paradis c’est d’être là. |
| BOBIN Christian – Prisonnier du berceau, p.43, Mercure de France, 2005 |
|
| Le renoncement est le fruit de tout apprentissage. |
| BOBIN Christian – Lettres d’or, coll. folio 2680, p. 93 |
|
| Le solitaire est celui qui n’est plus jamais seul parce que toutes choses viennent à lui, trouver leur nom. |
| BOBIN Christian – Le huitième jour de la semaine |
|
| Le travail c’est du temps transmué en argent, l’écriture c’est le même temps changé en or. |
| BOBIN Christian – L’épuisement |
|
| Le travail c’est du temps transmué en argent, l’écriture c’est le même temps changé en or. |
| BOBIN Christian – L’épuisement, p.46, Éd. Le temps qu’il fait, 1994 |
|
| Les enfants sont comme les marins : où que se portent leurs yeux, partout c’est l’immense. |
| BOBIN Christian – La part manquante, coll. folio 2554, p. 22 |
|
| Lire c’est faire l’épreuve de soi dans la parole d’un autre, faire venir de l’encre par voie de sang jusqu’au fond de l’âme et que cette âme en soit imprégnée, manger ce qu’on lit, le transformer en soi et se transformer en lui. |
| BOBIN Christian – L’épuisement |
|
| Lire pour se cultiver, c’est l’horreur. Lire pour rassembler son âme dans la perspective d’un nouvel élan, c’est la merveille. |
| BOBIN Christian – L’épuisement |
|
| Mon Dieu, protégez-nous de la perfection, délivrez-nous d’un tel désir. |
| BOBIN Christian – Mozart et la pluie |
|
| Mon pays fait vingt et un centimètres de large, sur vingt-neuf de long : une feuille de papier blanc. |
| BOBIN Christian – La plus que vive |
|
| Nous ne sommes faits que de ceux que nous aimons et de rien d’autre. |
| BOBIN Christian – L’inespérée |
|
| Nous passons notre vie devant une porte sans voir qu’elle est déjà ouverte et que ce qui est derrière est déjà là, devant nos yeux. |
| BOBIN Christian – L’éloignement du monde, p.29, Éditions Lettres Vives 1993 |
|
| On n’est jamais contemporain de l’invisible. |
| BOBIN Christian – Le Très-Bas., coll. folio 2681, p. 20 |
|
| Pas plus qu’on ne raisonne le besoin de manger ou dormir, on ne doit justifier le besoin d’être seul. |
| BOBIN Christian – L’éloignement du monde, p.45, Éditions Lettres Vives 1993 |
|
| Pas un seul éclat de rire dans les Évangiles. |
| BOBIN Christian – L’épuisement |
|
| Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent c’est pour toujours. |
| BOBIN Christian – La plus que vive |
|
| Plus on s’approche de la lumière, plus on se connaît plein d’ombres. |
| BOBIN Christian – La plus que vive |
|
| Prier : parler au vide pour que le vide nettoie votre parole. |
| BOBIN Christian – Le Très-Bas |
|
| Qu’est-ce qui distingue les anges de nous ? Leur très grand naturel. |
| BOBIN Christian – L’autre visage, p. 57, Éditions Lettres Vives 1991 |
|
| Quand la vérité éclaire partout, c’est l’amour. |
| BOBIN Christian – La lumière du monde, p.56, Gallimard nrf, 2001 |
|
| Quand la vérité entre dans un cœur, elle est comme une petite fille qui, entrant dans une pièce, fait aussitôt paraître vieux tout ce qui s’y trouve. |
BOBIN Christian – Le Christ aux coquelicots, p.18, Lettres Vives, 2002
|
|
| Quand on aime quelqu’un, on a toujours quelque chose à lui dire ou à lui écrire, jusqu’à la fin des temps. |
| BOBIN Christian – Geai |
|
| Si l’on veut connaître un homme, il faut chercher celui vers lequel sa vie est secrètement tournée, celui à qui, de préférence à tout autre, il parle, même quand apparemment il s’adresse à nous. |
| BOBIN Christian – Le Très-Bas., coll. folio 2681, p. 105 |
|
| Tristesse : la fatigue qui entre dans l’âme. Fatigue : la tristesse qui entre dans la chair. |
| BOBIN Christian – L’autre visage |
|
| Tu veux savoir qui tu es pour moi, eh bien voilà : tu es celle qui m’empêche de me suffire. |
| BOBIN Christian – La plus que vive, coll. L’un et l’autre chez Gallimard p. 93 |
|
| Un des crimes de notre société, c’est d’avoir dénaturé le sourire jusqu’à en faire un argument de commerce. Le sourire est une chose sacrée. |
| BOBIN Christian – La lumière du monde |
|
| Un tête-à-tête permanent avec Dieu, dans cette vie, serait accablant. Il faut à l’amour un peu d’absence. |
| BOBIN Christian – Mozart et la pluie |
|
| Voir un vrai visage, c’est voir quelqu’un qui a vu quelque chose de plus grand que lui. |
| BOBIN Christian – La lumière du monde |
|
| Vouloir expliquer le monde, c’est comme vouloir faire entrer des roses dans un vase à coups de marteau. |
| BOBIN Christian – La lumière du monde |
|
| Vous mélangez tout. C’est votre façon à vous d’y voir clair : mélanger toutes sortes de lumières. |
| BOBIN Christian – La part manquante, coll. folio 2554, p. 75 |
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| Aimez qu’on vous conseille, et non pas qu’on vous loue. |
| BOILEAU Nicolas – L’Art poétique (1674), Chant I, v.191 |
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| C’est peu d’être poète, il faut être amoureux. |
| BOILEAU Nicolas – Art poétique |
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| Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, / Et les mots pour le dire arrivent aisément. |
| BOILEAU Nicolas – L’Art poétique, chant I |
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| De tous les animaux qui s’élèvent dans l’air, / Qui marchent sur la terre, ou nagent dans la mer, / De Paris au Pérou, du Japon jusqu’à Rome, / Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme. |
| BOILEAU Nicolas – Satire, VIII |
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| Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, / Fit sentir dans les vers une juste cadence. |
| BOILEAU Nicolas – L’Art poétique (1674) |
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| Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, / Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. / Polissez-le sans cesse, et le repolissez. / Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. |
| BOILEAU Nicolas – Œuvres, Art Poétique, Société des Belles Lettres 1939, Chant I, v.170-173 |
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| Hâtons-nous ; le Temps fuit, et nous traîne avec soi. / Le moment où je parle est déjà loin de moi. |
| BOILEAU Nicolas – Œuvres, Épîtres, Société des Belles Lettres 1939, Épître III, à M. Arnauld, p.19 v.45-48 |
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| Il est de l’essence d’un bon livre d’avoir des censeurs ; et la plus grande disgrâce qui puisse arriver à un écrit qu’on met au jour, ce n’est pas que beaucoup de gens en disent du mal, c’est que personne n’en dise rien. |
| BOILEAU Nicolas – Épître X, Préface |
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| Il se tue à rimer, que n’écrit-il en prose ? |
| BOILEAU Nicolas – Satires |
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| J’appelle un chat un chat, et Rolet un fripon. |
| BOILEAU Nicolas – Satires |
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| La libre vérité fut mon unique étude. |
| BOILEAU Nicolas – Épîtres. |
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| La rime est une esclave, et ne doit qu’obéir. |
| BOILEAU Nicolas – L’Art poétique, chant I |
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| Le pénible fardeau de n’avoir rien à faire. |
| BOILEAU Nicolas – Épîtres |
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| Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable. |
| BOILEAU Nicolas – L’Art poétique, III |
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| Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli. |
| BOILEAU Nicolas – L’Art poétique, III |
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| Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire. |
| BOILEAU Nicolas – L’Art poétique, chant I |
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| Rien n’est beau que le vrai ; le vrai seul est aimable. |
| BOILEAU Nicolas – Épître IX, à M. le Marquis de Seignelay |
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| Souvent la peur d’un mal nous conduit dans un pire. / Un vers était trop faible, et vous le rendez dur ; / J’évite d’être long, et je deviens obscur. |
| BOILEAU Nicolas – L’Art poétique, I |
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| Soyez simple avec art. |
| BOILEAU Nicolas – L’Art poétique (1674) |
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| Tout protestant fut pape, une bible à la main. |
| BOILEAU Nicolas – Satire XII, Sur l’équivoque |
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| Un livre vous déplaît : qui vous force à le lire ? |
| BOILEAU Nicolas – Satire IX, Le libraire au lecteur |
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| Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème. |
| BOILEAU Nicolas – L’Art poétique |
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| Ceux que Jupiter veut perdre, il commence par leur ôter la raison. |
| BOISSONADE DE FONTARABLE Jean-François |
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| La guerre n’est qu’une dangereuse maladie d’une humanité infantile qui cherche douloureusement sa voie |
| BOLLARDIÈRE Jacques de |
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| Ce ne sont pas les gens riches qui oppriment le peuple, mais ceux qui veulent le devenir. |
| BONALD Louis de – Œuvres complètes t.3, Paris, J-P Migne 1859, Pensées, p.1295 |
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| Ce sont les inégalités qu’on aime, tout en prêchant l’égalité. |
| BONALD Louis de – Œuvres complètes, tome 3, Pensées |
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| Dans les crises politiques, le plus difficile pour un honnête homme n’est pas de faire son devoir, mais de le connaître. |
| BONALD Louis de – Œuvres complètes, tome 3, Pensées |
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| Définition de l’homme : Une intelligence servie par des organes. |
| BONALD Louis de – Œuvres complètes t.3, Paris, J-P Migne 1859, Part.3 Ch.V p.149 |
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| Les grandes pensées viennent du cœur, et les grandes affections viennent de la raison. |
| BONALD Louis de – Maximes et Pensées |
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| Les hommes qui, par leurs sentiments, appartiennent au passé et, par leurs pensées à l’avenir, trouvent difficilement place dans le présent. |
| BONALD Louis de – Lettre à Joseph de Maistre, 22 mars 1817 |
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| Les orgueils blessés sont plus dangereux que les intérêts lésés. |
| BONALD Louis de – Œuvres complètes, tome 3, Pensées |
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| On a sans doute de bonnes raisons pour ne pas croire en Dieu ; mais il en faut de meilleures pour le dire. |
| BONALD Louis de – Œuvres complètes, tome 3, Pensées |
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| Partout où il y a beaucoup de machines pour remplacer les hommes, il y aura beaucoup d’hommes qui ne seront que des machines. |
| BONALD Louis de – Œuvres complètes, tome 3, Pensées |
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| Rapprocher les hommes n’est pas le plus sûr moyen de les réunir. |
| BONALD Louis de – Œuvres complètes t.3, Paris, J-P Migne 1859, Pensées, p.1275 |
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| Un recueil de pensées ressemble à ces lignes militaires trop étendues que l’ennemi peut percer… |
| BONALD Louis de |
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| Où l’intelligence ne pénètre pas, le sentiment va. |
| BONAVENTURE saint – Hexaéméron, coll. 2, n. 32 – V, 342 |
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| Aimer, c’est donner rendez-vous au bonheur dans le palais du hasard. |
| BONNARD Abel – Savoir Aimer |
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| Aimer, c’est échapper par un seul être à la médiocrité de tous les autres. |
| BONNARD Abel – Savoir Aimer |
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| Aimer, c’est s’augmenter en s’oubliant. |
| BONNARD Abel – Savoir Aimer |
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| L’argent ne doit être que le plus puissant de nos esclaves. |
| BONNARD Abel – L’Argent, p.7, Librairie Hachette, coll. Notes et maximes, 1928 |
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| L’indulgence est la forme la plus polie du détachement. |
| BONNARD Abel – L’Amitié, Hachette, . |
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| Les vrais amis sont solitaires ensemble. |
| BONNARD Abel – L’Amitié (Hachette) |
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| L’art, c’est le temps arrêté. |
| BONNARD Pierre |
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| Il y a des yeux grands ouverts au secret des yeux fermés. |
| BONNEFOY Yves – L’Improbable (Mercure de France) |
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| L’invisible, ce n’est pas la disparition, mais la délivrance du visible. |
| BONNEFOY Yves – Un rêve fait à Mantoue, La poésie française et le principe d’identité, 5 |
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| Le feu qui nous réchauffe dit qu’il n’est pas le vrai feu. |
| BONNEFOY Yves – L’Improbable |
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| Le silence est comme l’ébauche de mille métamorphoses. |
| BONNEFOY Yves – Rimbaud par lui-même |
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| Rien n’est vrai qui ne se prouve par la mort. |
| BONNEFOY Yves – L’Improbable (Mercure de France) |
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| Personne ne lit plus, aujourd’hui, sauf ceux qui écrivent. |
| BORDE Henry – Histoires littéraires |
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| Personne ne lit plus aujourd’hui, sauf ceux qui écrivent. |
| BORDEAUX Henry |
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| À elle seule, la vie est une citation. |
| BORGÈS Jorge Luis |
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| Ce qui importe ce n’est pas de lire mais de relire. |
| BORGÈS Jorge Luis – Le livre de Sable |
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| Expliquer un fait, c’est l’unir à un autre. |
| BORGÈS Jorge Luis – Tlon uqbar orbis tertius, in Fictions, Folio n° 614, trad. P. Verdevoye, p.43 |
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| Il existe une heure de la soirée où la prairie va dire quelque chose. Elle ne le dit jamais. Peut-être le dit-elle infiniment et nous ne l’entendons plus, ou nous l’entendons, mais ce quelque chose est intraduisible comme une musique… |
| BORGÈS Jorge Luis – L’auteur et autres textes |
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| Le langage est un ensemble de citations. |
| BORGÈS Jorge Luis – Le livre de Sable, trad. Françoise-Marie Rosset, p.106, Éd. Gallimard |
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| Le temps est un fleuve qui m’entraîne, mais je suis le fleuve. |
| BORGÈS Jorge Luis |
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| On finit toujours par ressembler à ses ennemis. |
| BORGÈS Jorge Luis – Le livre de Sable, trad. Françoise-Marie Rosset, p.90, Éd. Gallimard |
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| Philosophiquement parlant, la mémoire n’est pas un prodige moindre que la divination du futur. |
| BORGÈS Jorge Luis – Le rapport de Brodie |
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| Que voulez-vous que je dise de moi ? Je ne sais rien de moi ! Je ne sais même pas la date de ma mort. |
| BORGÈS Jorge Luis – Répondant à un journaliste |
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| Un homme s’identifie peu à peu avec la forme de son destin ; un homme devient à la longue ses propres circonstances. |
| BORGÈS Jorge Luis – L’écriture de Dieu |
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| Il arrive que les grandes décisions ne se prennent pas, mais se forment d’elles-mêmes. |
| BOSCO Henri – Malicroix. Un sortilège (Gallimard) |
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| Il n’y a pas deux temps pareils de solitude, car on n’est jamais seul de la même façon. |
| BOSCO Henri – Malicroix. Mégremut. |
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| On n’atteint à la paix du cœur, si elle est de ce monde, que par le travail inlassable, la déception fréquente, et le sentiment d’une juste humilité. |
| BOSCO Henri – Le Mas Théotime, Journal de Pascal Dérivat, 30 octobre |
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| Dieu se réserve à lui seul les choses d’en haut ; il partage avec vous les choses d’en bas. |
| BOSSUET Jacques Bénigne – Oraison funèbre de Marie-Thérèse d’Autriche |
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| Il faut laisser le passé dans l’oubli et l’avenir à la Providence. |
| BOSSUET Jacques Bénigne |
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| La femme est le produit d’un os surnuméraire. |
| BOSSUET Jacques Bénigne – Élévations sur les mystères |
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| Le bonheur humain est composé de tant de pièces qu’il en manque toujours. |
| BOSSUET Jacques Bénigne |
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| Le plus grand dérèglement de l’esprit, c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient, non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. |
| BOSSUET Jacques Bénigne – De la connaissance de Dieu et de soi-même, 1 |
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| Le propre de l’hérétique, c’est-à-dire de celui qui a une opinion particulière, est de s’attacher à ses propres pensées. |
| BOSSUET Jacques Bénigne – Histoire des variations des Églises protestantes |
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| Nous sommes des créatures qui nous affligeons des conséquences dont nous continuons à adorer les causes. |
| BOSSUET Jacques Bénigne |
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| Ô nuit désastreuse ! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt, Madame est morte ! |
| BOSSUET Jacques Bénigne – Oraison funèbre de la duchesse d’Orléans |
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| Qu’il y ait un seul moment où rien ne soit, éternellement rien ne sera. |
| BOSSUET Jacques Bénigne – Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même |
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| À ne regarder que l’extérieur, je parle, et vous écoutez ; mais au dedans, dans le fond du cœur, et vous et moi écoutons la vérité qui nous parle et nous enseigne. |
| BOSSUET Jacques-Bénigne – Panégyrique pour la fête de tous les saints |
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| La mortification est un essai, un apprentissage, un commencement de la mort. |
| BOSSUET Jacques-Bénigne – Oraison funèbre de Marie-Thérèse d’Autriche |
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| Les mystères de Jésus-Christ sont une chute continuelle ; et tant qu’il avait devant soi quelque nouvelle bassesse, il n’a jamais cessé de descendre. |
| BOSSUET Jacques-Bénigne – Panégyrique de saint Thomas de Cantorbéry |
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| Les vérités éternelles que tout entendement aperçoit toujours les mêmes, par lesquelles tout entendement est réglé, sont quelque chose de Dieu, ou plutôt sont Dieu même. |
| BOSSUET Jacques-Bénigne – De la Connaissance de Dieu et de soi-même, chapitre 4 |
|
| Tout est vain en nous, excepté le sincère aveu que nous faisons devant Dieu de nos vanités, et le jugement arrêté qui nous fait mépriser tout ce que nous sommes. |
| BOSSUET Jacques-Bénigne – Oraison funèbre d’Henriette-Anne d’Angleterre |
|
| Absent pour cause de décès. |
| BOTT François – Épitaphes |
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| Je me regrette. |
| BOTT François – Épitaphes |
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| J’ai d’la fuite dans les idées. |
| BOUBLIL Daniel |
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| Être beau, c’est donner de la fierté à sa grimace. |
| BOUCHARD Serge – La calvitie, in Quinze lieux communs, éd. Boréal, p.30 |
|
| Le savant le plus grand est celui qui connaît les limites de son savoir, c’est-à-dire l’infini de son ignorance. |
| BOUCHARD Serge – Les experts, p.17, De la fin du mâle, de l’emballage et autres lieux communs, Éd. Boréal |
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| Considère celui qui te fait voir tes défauts comme s’il te montrait un trésor. |
| BOUDDHA – Le Dhammapada |
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| Lorsque tu es arrivé au sommet de la montagne, continue de monter. |
| BOUDDHA |
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| Il poussa son dernier soupir. Mais comme il n’était pas très sûr, il en poussa un autre. |
| BOUDET Robert – Distraction |
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| Qu’importe ton sein maigre, ô mon objet aimé ! / On est plus près du cœur quand la poitrine est plate ! / Et je vois, comme un merle en sa cage enfermé, / L’amour entre tes os rêvant sur une patte. |
| BOUILHET Louis – Dernières Poésies |
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| – Vous vivez dans la pénombre ? – On ne voit les étoiles que la nuit. |
| BOULANGER Daniel – La dame de cœur, p.33, Folio n°2108 |
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| C’est merveilleux un mur. Quand on le regarde bien, on finit par l’aimer. Il se laisse traverser. |
| BOULANGER Daniel – La dame de cœur, p.34, Folio n°2108 |
|
| La publicité, c’est l’organisation du mensonge. |
| BOULANGER Daniel – La dame de cœur |
|
| Il faut reconnaître que, parmi les intellectuels, on rencontre parfois, à titre exceptionnel, des gens intelligents. |
| BOULGAKOV Mikhaïl Afanassievitch – Le Maître et Marguerite |
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| Qui prend son temps n’en manque jamais. |
| BOULGAKOV Mikhaïl Afanassievitch – Cœur de chien |
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| Il faut concevoir pour effectuer. Nos premiers pères n’ont bâti leur cabane qu’après en avoir conçu l’image. |
| BOULLÉE Étienne-Louis – Considérations sur l’importance et l’utilité de l’architecture |
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| Je croyais être indécis mais je n’en suis plus certain. |
| BOURASSA Robert |
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| L’amour, c’est quand la différence ne sépare plus. |
| BOURBON-BUSSET Jacques, comte de – Les Choses simples. Gallimard |
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| La célébration est l’attitude vers laquelle tend toute l’activité humaine. Le plus grand art est de savoir remercier. |
| BOURBON-BUSSET Jacques, comte de – Tu ne mourras pas, Gallimard |
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| La femme est complice de l’absolu. |
| BOURBON-BUSSET Jacques, comte de – Tu ne mourras pas. Gallimard |
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| La femme est complice de la vie, de la nature, de l’essentiel. |
| BOURBON-BUSSET Jacques, comte de – Tu ne mourras pas, Gallimard |
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| Le secret du bonheur crève les yeux. C’est pourquoi nul n’ose le regarder en face : il faut aimer quelqu’un. |
| BOURBON-BUSSET Jacques, comte de – Tu ne mourras pas, Gallimard |
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| Pendant des siècles les femmes aimantes ont été le trésor de l’humanité. Une femme qui aime transforme le monde. |
| BOURBON-BUSSET Jacques, comte de – Tu ne mourras pas, Gallimard |
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| Ce jour présent est le seul point de l’éternité auquel vous ayez droit. |
| BOURDALOUE Louis – Pensées sur divers sujets de morale et de religion, Du salut |
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| Ce qui est grave dans un ménage, c’est quand l’un aime et l’autre pas. Mais s’ils ne s’aiment ni l’un ni l’autre, ils peuvent être très heureux. |
| BOURDET Édouard |
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| Il faut choisir dans la vie entre gagner de l’argent et le dépenser : on n’a pas de le temps de faire les deux. |
| BOURDET Édouard – Les Temps difficiles (1934), IV |
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| Il est presque normal d’être raciste, mais il est criminel de le demeurer. |
| BOURGAULT Pierre – La Culture. Écrits polémiques t.2, trad. Patricia Godbout , p.297, PCL, 1996 |
|
| Pour une année où il y a des pommes, n’y a pas de pommes ; mais pour une année où n’y a pas de pommes, y a des pommes. |
| BOURGEOIS Anicet – La Fille du paysan |
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| Les partis sont toujours en retard sur les idées. |
| BOURGEOIS Léon – Solidarité (Armand Colin) |
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| L’homme, en se civilisant, n’a-t-il fait vraiment que compliquer sa barbarie et raffiner sa misère ? |
| BOURGET Paul – Essais de psychologie contemporaine |
|
| Le flirt, c’est l’aquarelle de l’amour. |
| BOURGET Paul – Physiologie de l’amour moderne |
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| Les souffrances extrêmes ont les intuitions infaillibles de l’instinct. |
| BOURGET Paul – Le disciple, Simple douleur. |
|
| Se découvrir un style, c’est tout simplement avoir le courage de noter les mouvements de son moi. |
| BOURGET Paul – Essais de psychologie contemporaine, tome II, Edmond et Jules de Goncourt |
|
| Dans le nombre de quarante, ne faut-il pas un zéro ? |
| BOURSAULT Edme – Épigramme contre La Bruyère, candidat à l’Académie française |
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| Les doctrines ne s’élèvent pas vers la vérité, elles procèdent d’elle. |
| BOUSQUET Joë – Correspondance |
|
| Si tu ne trouves pas Dieu en toi, laisse-le où il se trouve. |
| BOUSQUET Joë – Langage entier (Rougerie) |
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| La tendance naturelle de l’esprit humain et de croire avant de savoir. |
| BOUTHOUL Gaston – La Guerre |
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| Aujourd’hui, un ministre est réputé courageux quand il a décidé de faire le bonheur des gens contre leur volonté. |
| BOUVARD Philippe – Journal 1997-2000 |
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| Dieu n’existe pas, mais il faut faire semblant d’y croire. Ça Lui fait tellement plaisir… |
| BOUVARD Philippe |
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| En politique, il est plus rentable de se contredire que de se répéter. |
| BOUVARD Philippe |
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| Il faut choisir ses ennemis parmi les gens beaucoup plus âgés que soi : ils disparaissent plus vite. |
| BOUVARD Philippe |
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| Il n’existe pas de bonheur complet sans amnésie partielle. |
| BOUVARD Philippe – Journal 1997-2000, Le cherche midi éditeur 2000, p.13 |
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| La femme idéale : celle qui laisse à l’homme le dernier mot en sachant qu’elle pourrait en ajouter encore un autre. |
| BOUVARD Philippe – Journal 1997-2000 |
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| La météo est une science qui permet de connaître le temps qu’il aurait dû faire. |
| BOUVARD Philippe |
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| La modestie est l’art de faire dire par d’autres tout le bien que l’on pense de soi-même. |
| BOUVARD Philippe – Maximes au minimum, Robert Laffont 1984, p.107 |
|
| Sadique : personnage tellement cruel qu’il refuserait de frapper un masochiste. |
| BOUVARD Philippe |
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| Ce n’est pas l’oiseau que je sculpte, mais le vol. |
| BRANCUSI Constantin |
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| Il n’est en art qu’une chose qui vaille : celle qu’on ne peut expliquer. |
| BRAQUE Georges – Le Jour et la Nuit, Gallimard |
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| Il n’y a que celui qui sait ce qu’il veut qui se trompe. |
| BRAQUE Georges |
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| J’aime la règle qui corrige l’émotion. J’aime l’émotion qui corrige la règle. |
| BRAQUE Georges |
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| L’Art est fait pour troubler, la Science rassure |
| BRAQUE Georges – Le Jour et la Nuit, Gallimard |
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| L’art survole, la science donne des béquilles. |
| BRAQUE Georges |
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| Le progrès en art ne consiste pas à étendre ses limites, mais à les mieux connaître. |
| BRAQUE Georges – Le Jour et la Nuit, Gallimard |
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| Le tableau est fini quand il a effacé l’idée. |
| BRAQUE Georges |
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| Le vase donne une forme au vide, et la musique au silence. |
| BRAQUE Georges – Le Jour et la Nuit, Gallimard |
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| Les démocraties ont remplacé le faste par le luxe. |
| BRAQUE Georges – Le Jour et la Nuit, Gallimard |
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| Les preuves fatiguent la vérité. |
| BRAQUE Georges |
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| L’histoire est écrite par les vainqueurs. |
| BRASILLACH Robert – Les Frères ennemis |
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| La justice, c’est six mille ans d’erreurs judiciaires. |
| BRASILLACH Robert – Lettre à un soldat de la classe 60 (Les Sept Couleurs) |
|
| Ne jetez pas la pierre à la femme adultère, je suis derrière. |
| BRASSENS Georges |
|
| La Bible ne fait pas le moine. |
| BREFFORT Alexandre |
|
| La femme a peur de l’avenir. L’homme redoute le présent. |
| BREL Jacques |
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| Malheur aux vaincus (Vae victis) ! |
| BRENNUS – Chef des hordes gauloises |
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| Je cherche l’or du temps. |
| BRETON André – Introduction au « Discours sur le peu de réalité » |
|
| Je crois en la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité si l’on peut ainsi dire. |
| BRETON André – Le Surréalisme et la Peinture |
|
| Je demande, pour ma part, à être conduit au cimetière dans une voiture de déménagement. |
| BRETON André – Manifeste du surréalisme |
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| Je vous souhaite d’être follement aimée. |
| BRETON André – L’Amour fou, VII |
|
| L’acte surréaliste le plus simple consiste, revolvers aux poings, à descendre dans la rue et à tirer au hasard, tant qu’on peut, dans la foule. |
| BRETON André – Second manifeste du surréalisme (1929), éd. Pauvert |
|
| L’histoire tombe au-dehors comme la neige. |
| BRETON André – Avis aux lecteurs pour ‘La Femme 100 têtes’de Max Ernst (Éditions du Carrefour) |
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| L’homme, ce rêveur définitif. |
| BRETON André – Manifeste du surréalisme (Pauvert) |
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| L’imaginaire est ce qui tend à devenir réel. |
| BRETON André – Le Revolver à cheveux blancs (Gallimard) |
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| L’œil existe à l’état sauvage. |
| BRETON André – Le Surréalisme et la Peinture |
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| La beauté sera CONVULSIVE ne sera pas. |
| BRETON André – Nadja, Gallimard |
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| Poésie : les mots font l’amour. |
| BRETON André – Les Pas perdus (Gallimard) |
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| Privez-vous. La révélation est fille du refus. |
| BRETON André – Le Surréalisme et la Peinture (Gallimard) |
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| Rien de ce qui nous entoure ne nous est objet, tout nous est sujet. |
| BRETON André – Le Surréalisme et la Peinture (Gallimard) |
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| Tout doit pouvoir être libéré de sa coque. Ne vous croyez pas à l’intérieur d’une caverne, mais à la surface d’un œuf. |
| BRETON André – Le Surréalisme et la Peinture (Gallimard). |
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| Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement. |
| BRETON André – Second manifeste du surréalisme (Pauvert) |
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| Tranchons-en : le merveilleux est toujours beau, il n’y a même que le merveilleux qui soit beau. |
| BRETON André – Manifeste du surréalisme |
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| Un mot et tout est sauvé. Un mot et tout est perdu. |
| BRETON André – Le Revolver à cheveux blancs |
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| Ci-gît / Hélas / Moi. |
| BREYTENBACH Breyten – Épitaphe |
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| La France se dresse et dit à la face du monde : « Je vous déclare la Paix ! »… |
| BRIAND Aristide – Paroles de paix |
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| C’est parfois la faute du vase si la goutte le fait déborder. |
| BRIE Albert – Le mot du silencieux, p.29, Fides, 1978 |
|
| Colloque : Débat entre penseurs distingués sur un sujet controversé, à propos duquel tous sont unanimes pour ne pas s’accorder. |
| BRIE Albert – Le mot du silencieux, Dictionnaire du marginal |
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| L’amour est aveugle par éblouissement. |
| BRIE Albert – Le mot du silencieux, Les relations équivoques |
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| L’histoire, c’est la légende sans le merveilleux. |
| BRIE Albert – Le mot du silencieux (Leurres de l’heure actuelle), Le Devoir |
|
| La plupart des hommes sentent ceci : que les femmes leur seront supérieures quand elles seront leurs égales. |
| BRIE Albert – Le mot du silencieux (Chère est la liberté, chérie !), Le Devoir |
|
| La réponse est l’avortement de la question. |
| BRIE Albert – Le mot du silencieux (Les relations équivoques), Le Devoir |
|
| Le dernier mot dans une affaire est toujours un chiffre. |
| BRIE Albert – Le mot du silencieux, Affaire de perspective |
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| Rien n’égale le zèle d’un converti. On dirait qu’il ne peut pas accepter que vous résistiez là où il a succombé. |
| BRIE Albert – Le mot du silencieux, Seuil de l’intolérance |
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| Un bourreau de travail finit ordinairement par tomber sous son couperet. |
| BRIE Albert – Le mot du silencieux, p.103, Fides, 1978 |
|
| Une fois qu’on a donné son opinion, il serait logique qu’on ne l’ait plus. |
| BRIE Albert – Le mot du silencieux, Les voies pénétrables |
|
| Une personne entre deux âges se trouve ordinairement bien installée dans le deuxième. |
| BRIE Albert – Le mot du silencieux, p.201, Fides, 1978 |
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| Parfois, la chose la plus urgente à faire, c’est de s’arrêter complètement. |
| BRILLIANT Ashleigh |
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| Le principe de Carnot est un décret de mort ; il s’applique brutalement dans le monde inanimé, monde déjà mort par avance. La vie fait, pour un temps limité, échec à ce décret. Elle joue sur le fait que le décret de mort est issu sans préciser le délai d’application. |
| BRILLOUIN Léon – Vie, matière et observation, chap. 3, 8 |
|
| Un système vivant est un système ouvert et pourtant stable. On peut le comparer à une flamme. |
| BRILLOUIN Léon – Vie, matière et observation, chap. 3, 7 |
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| L’homme n’est pas le seul animal qui pense, mais il est le seul à penser qu’il n’est pas un animal. |
| BROCA Paul – chirurgien et anthropologue (1824-1880) |
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| Dès qu’un peuple aspire à la sainteté en raison de ses souffrances, dès qu’il exhibe ses plaies, convoque ses morts, méfions-nous. C’est qu’il mijote un mauvais coup. |
| BRUCKNER Pascal – La Tentation de l’innocence, p.221, Livre de Poche n°13927 |
|
| L’économie était censée nous affranchir de la nécessité. Qui nous affranchira de l’économie ? |
| BRUCKNER Pascal – Misère de la prospérité, p.15, Livre de Poche, n°30025 |
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| L’individu contemporain : un vieux poupon geignard flanqué d’un avocat qui l’assiste. |
| BRUCKNER Pascal – La Tentation de l’innocence, p.125, Livre de Poche n°13927 |
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| Quand le marché se met au service de la morale […] c’est qu’elle est devenue rentable. |
| BRUCKNER Pascal – La Tentation de l’innocence, p.254, Livre de Poche n°13927 |
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| Raffinement suprême du Salaud : imputer à sa victime le mal qu’il lui a infligé. |
| BRUCKNER Pascal – La Tentation de l’innocence, p.217, Livre de Poche n°13927 |
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| Dogmatisme et inconscience s’impliquent. |
| BRUNSCHVICG Léon – De la vraie et de la fausse conversion, chap. 2 |
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| La bibliothèque de la vie brûle et nous ne connaissons même pas les titres des livres. |
| BRUNTLAND Gro Harlem – femme politique norvégienne |
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| La Révolution, comme Saturne, dévore ses propres enfants. |
| BÜCHNER Georg – La Mort de Danton |
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| Ceux qui écrivent comme ils parlent, quoiqu’ils parlent très bien, écrivent mal. |
| BUFFON Georges Louis Leclerc, comte de – Discours sur le style prononcé à l’Académie française le jour de sa réception (1753) |
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| Le style n’est que l’ordre et le mouvement qu’on met dans ses pensées. |
| BUFFON Georges Louis Leclerc, comte de – Discours sur le style |
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| Le superflu devient avec le temps chose très nécessaire. |
| BUFFON Georges Louis Leclerc, comte de – Essai d’arithmétique morale |
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| La plus noble conquête que l’homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal, qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats, |
| BUFFON Georges-Louis Leclerc, Comte de – Histoire naturelle |
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| Le génie n’est qu’une plus grande aptitude à la patience. |
| BUFFON Georges-Louis Leclerc, Comte de – Parole attribuée à Buffon par Hérault de Séchelles |
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| Le style est l’homme même. |
| BUFFON Georges-Louis Leclerc, comte de – Discours sur le style, Paris, J.Lecoffre 1872 [BnF], Discours prononcé à l’Académie française le 25 août 1753, p.23 |
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| Le style n’est que l’ordre et le mouvement qu’on met dans ses pensées. |
| BUFFON Georges-Louis Leclerc, Comte de – Discours sur le style à l’Académie française, 25 août 1753 |
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| Les ouvrages bien écrits seront les seuls qui passeront à la postérité |
| BUFFON Georges-Louis Leclerc, Comte de – Discours sur le style à l’Académie française, 25 août 1753 |
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| Bad laws are the worst sort of tyranny (De mauvaises lois sont la pire sorte de tyrannie). |
| BURKE Edmund – Speech in Bristol |
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| Là où Dieu a un temple, le diable aura une chapelle. |
| Burton Robert – The Anatomy of Mel ancholy |
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| Dieu est d’ordinaire pour les gros bataillons contre les petits. |
| BUSSY-RABUTIN Roger de Rabutin, comte de Bussy, dit – Lettre au comte de Limoges (1677 ) |
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| L’absence est à l’amour ce qu’est au feu le vent ; / Il éteint le petit, il allume le grand. |
| BUSSY-RABUTIN Roger de Rabutin, comte de Bussy, dit – Histoire amoureuse des Gaules (1665) |
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| Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a. |
| BUSSY-RABUTIN Roger de Rabutin, comte de Bussy, dit – Lettres, à Madame de Sévigné, 23 mai 1667 |
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| À une juste guerre, préférons une injuste paix. |
| BUTLER Samuel – Remains, Two Speeches made in the Rump Parliament |
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| Celui qui veut faire le bien doit procéder à tous petits pas ; le bien général est l’argument des filous, des politiciens et des patriotes. |
| BUTLER Samuel |
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| Définir, c’est entourer d’un mur de mots un terrain vague d’idées. |
| BUTLER Samuel – Carnets |
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| Je ne connais aucune exception à cette règle, qu’il est moins coûteux d’acheter son lait que d’avoir une vache. |
| BUTLER Samuel – Ainsi va toute chair, chap. LXXXVI |
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| L’orateur le plus doué est celui qui peut dire le moins de choses avec le plus de mots. |
| BUTLER Samuel |
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| N’importe quel imbécile peut peindre un tableau, mais il faut être malin pour le vendre. |
| BUTLER Samuel |
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| Peu importe la chose que nous haïssons, pourvu que nous haïssions quelque chose. |
| BUTLER Samuel – Carnets |
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| Si Dieu ne peut pas modifier le passé, les historiens le peuvent. |
| BUTLER Samuel |
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| Une poule est seulement la façon, pour un œuf, de faire un autre œuf. |
| BUTLER Samuel – Vie et Habitude |
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| Chaque mot écrit est une victoire contre la mort. |
| BUTOR Michel – Entretiens avec Georges Charbonnier, Gallimard |
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| Il ne peut y avoir de réalisme véritable que si l’on fait sa part à l’imagination, si l’on comprend que l’imaginaire est dans le réel, et que nous voyons le réel par lui. |
| BUTOR Michel – Répertoires II, Réponses à « Tel Quel » |
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| Italie, ô Italie, tu as le don fatal de la beauté. |
| BYRON George Gordon, Lord – Le pèlerinage de Childe Harold, chant IV, strophe 42 |
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| Le souvenir du bonheur n’est plus du bonheur, le souvenir de la douleur est de la douleur encore. |
| BYRON George Gordon, Lord – Marino Falieri, II, 1 |
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| Les communistes actuels sont les disciples, les imitateurs et les continuateurs de Jésus-Christ. |
| CABET Étienne – Voyage en Icarie, troisième partie |
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| Quand un bruit vous ennuie, écoutez-le. |
| CAGE John Milton |
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| Est sacré l’être, la chose ou l’idée à quoi l’homme suspend toute sa conduite, ce qu’il n’accepte pas de mettre en discussion, de voir bafouer ou plaisanter, ce qu’il ne renierait ni ne trahirait à aucun prix. |
| CAILLOIS Roger – L’homme et le sacré, chapitre V, Paris, Gallimard, 1950 |
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| Il n’y a pas d’efforts inutiles. Sisyphe se faisait les muscles. |
| CAILLOIS Roger – Circonstancielles (Gallimard) |
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| Je ne crois pas que quoi que ce soit d’important puisse s’exprimer en mots de plus de quatre syllabes. |
| CAILLOIS Roger – Approches de l’imaginaire |
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| L’artiste qui abdique le privilège de la création délibérée pour favoriser et capter de divines surprises ne parvient qu’à produire de l’accidentel. |
| CAILLOIS Roger – Cases d’un échiquier |
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| La liberté n’existe que là où l’intelligence et le courage parviennent à mordre sur la fatalité. |
| CAILLOIS Roger – L’Incertitude qui vient des rêves |
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| Le fantastique suppose la solidité du monde réel, mais pour mieux la ravager. |
| CAILLOIS Roger – Images, images… |
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| Nommer est toujours appeler, c’est déjà ordonner. |
| CAILLOIS Roger – L’Homme et le sacré (Gallimard) |
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| Tout pouvoir vient d’une discipline et se corrompt dès qu’on en néglige les contraintes. |
| CAILLOIS Roger – Art poétique |
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| Mobile en haut / Stabile en bas / Telle est la Tour Eiffel / Calder est comme elle / Oiseleur du fer / Horloger du vent / Dresseur de fauves noirs / Ingénieur hilare / Architecte inquiétant / Sculpteur du temps / Tel est Calder. |
| CALDER Alexander |
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| Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes. |
| CALET Henri – Peau d’ours (dernière ligne écrite de sa main) |
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| Serments d’amour n’entrent pas dans l’oreille des dieux. |
| CALLIMAQUE – Épigrammes, XXV, 3-4 |
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| Madame, si c’est possible, c’est fait ; impossible, cela se fera. |
| CALONNE Charles-Alexandre de – Réponse du ministre des Finances à une demande de la reine Marie-Antoinette |
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| Ainsi en est-il des reliques : tout y est si brouillé et confus, qu’on ne saurait adorer les os d’un martyr qu’on ne soit en danger d’adorer les os de quelque brigand ou larron, ou bien d’un âne, ou d’un chien, ou d’un cheval. |
| CALVIN Jean (Jean Cauvin, dit) – Traité des reliques |
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| Ma messe, la voici : c’est la Bible, et je n’en veux pas d’autre ! |
| CALVIN Jean (Jean Cauvin, dit) – Au cours d’une réunion en 1534. |
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| Si on nous apporte sous le titre de l’esprit quelque chose qui ne soit contenue en l’Évangile, ne le croyons pas. |
| CALVIN Jean (Jean Cauvin, dit) – Institution de la religion chrétienne |
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| La garde meurt, mais ne se rend pas. |
| CAMBRONNE – Attribué à lui |
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| De quoi est-il mort ? – Il ne l’a pas dit. |
| CAMPION Léo |
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| Enfant : fruit qu’on fit. |
| CAMPION Léo |
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| Il y a une statue de la Liberté à l’entrée du port de New York, qui mesure 46 mètres de hauteur. Dès qu’il l’aperçut à l’horizon, Christophe Colomb sut qu’il allait découvrir l’Amérique. |
| CAMPION Léo |
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| La minorité a ceci de supérieur à la majorité qu’elle comprend un nombre inférieur d’imbéciles. |
| CAMPION Léo |
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| Aimer un être, c’est accepter de vieillir avec lui. |
| CAMUS Albert – Caligula, p.151, Livre de Poche n°1491 |
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| Après tout, la meilleure façon de parler de ce qu’on aime est d’en parler légèrement. |
| CAMUS Albert – L’Été, Petit guide pour des villes sans passé |
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| Après un certain âge, tout homme est responsable de son visage. |
| CAMUS Albert – La chute, p.62, Folio n°10 |
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| Au bout du compte, s’il faut choisir entre la justice et ma mère, je choisis ma mère. |
| CAMUS Albert |
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| C’est au moment du malheur qu’on s’habitue à la vérité, c’est-à-dire au silence. |
| CAMUS Albert – La Peste |
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| Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde. |
| CAMUS Albert – Caligula |
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| Ce qu’on appelle une raison de vivre est en même temps une excellente raison de mourir. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe, p.16, Idées n°1 |
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| Ceux qui aiment vraiment la justice n’ont pas droit à l’amour. |
| CAMUS Albert – Les Justes |
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| Combien de crimes commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d’être en faute ! |
| CAMUS Albert – La Chute |
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| Comprendre, c’est avant tout unifier. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe, p.32, Idées n°1 |
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| Dieu nie le monde, et moi je nie Dieu ! Vive rien puisque c’est la seule chose qui existe ! |
| CAMUS Albert – L’État de siège, p.99, Folio/théâtre n°52 |
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| En art, tout vient simultanément ou rien ne vient ; pas de lumières sans flammes. |
| CAMUS Albert – L’envers et l’endroit ,Préface, p.30, Folio-essais n°41 |
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| Grande mer, toujours labourée, toujours vierge, ma religion avec la nuit ! |
| CAMUS Albert – La Mer au plus près, in L’Été |
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| Il est toujours aisé d’être logique. Il est presque impossible d’être logique jusqu’au bout. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe, p.22, Idées n°1 |
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| Il faut mettre ses principes dans les grandes choses, aux petites la miséricorde suffit. |
| CAMUS Albert – L’envers et l’endroit, Préface, p.18, Folio-essais n°41 |
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| Il n’est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe (1942) |
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| Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre. |
| CAMUS Albert – L’envers et l’endroit, p.107, Folio-essais n°41 |
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| Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe (1942), Essais, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1965, p.99 |
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| Il peut y avoir de la honte à être heureux tout seul. |
| CAMUS Albert – La peste, p.190, Folio n°42 |
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| Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe, p.117, Idées n°1 |
|
| Il vient toujours une heure dans l’histoire où celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort. |
| CAMUS Albert – La peste, p.125, Folio n°42 |
|
| Il y a toujours des raisons au meurtre d’un homme. Il est, au contraire, impossible de justifier qu’il vive. |
| CAMUS Albert – La Chute |
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| J’ai compris qu’il ne suffisait pas de dénoncer l’injustice. Il fallait donner sa vie pour la combattre. |
| CAMUS Albert – Les Justes |
|
| J’ai toujours eu l’impression de vivre en haute mer, menacé, au cœur d’un bonheur royal. |
| CAMUS Albert – L’Été, La mer au plus près |
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| Je continue à croire que ce monde n’a pas de sens supérieur. Mais je sais que quelque chose en lui a du sens et c’est l’homme, parce qu’il est le seul être à exiger d’en avoir. |
| CAMUS Albert – Lettres à un ami allemand, p.71, Folio n°2226 |
|
| Je me révolte, donc je suis. |
| CAMUS Albert – L’Été (Gallimard) |
|
| Je vais vous dire un grand secret, mon cher. N’attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours. |
| CAMUS Albert – La Chute, p.118, Folio n°10 |
|
| L’absurde est essentiellement un divorce. Il n’est ni dans l’un ni dans l’autre des éléments comparés. Il naît de leur confrontation. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe |
|
| L’absurde n’est pas dans l’homme (si une pareille métaphore pouvait avoir un sens), ni dans le monde, mais dans leur présence commune. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe, p.48, Idées n°1 |
|
| L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites. |
| CAMUS Albert – Le Mythe de Sisyphe (Gallimard). |
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| L’absurdité, c’est le divorce de l’homme et du monde. |
| CAMUS Albert – L’étranger |
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| L’élève aimerait, comme la rivière, suivre son cours tout en restant dans son lit… |
| CAMUS Albert |
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| L’habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même. |
| CAMUS Albert – La peste, p.167, Folio n°42 |
|
| L’homme est du bois dont on fait les bûchers. |
| CAMUS Albert – L’État de siège (Gallimard) |
|
| L’homme n’est pas entièrement coupable : il n’a pas commencé l’histoire ; ni tout à fait innocent, puisqu’il la continue. |
| CAMUS Albert – L’Été (Gallimard) |
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| La bêtise insiste toujours. |
| CAMUS Albert – La Peste (Gallimard) |
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| La fin justifie les moyens. Mais qu’est-ce qui justifiera la fin ? |
| CAMUS Albert |
|
| La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe, p.166, Idées n°1 |
|
| La meilleure façon de parler de ce qu’on aime est d’en parler légèrement. |
| CAMUS Albert – L’été, p.130, Folio n°16 |
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| La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. |
| CAMUS Albert – L’Homme révolté, Au-delà du nihilisme. |
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| Le fascisme, c’est le mépris. […] Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme. |
| CAMUS Albert – L’Homme révolté, Le terrorisme d’État et la terreur irrationnelle |
|
| Le marxisme est une doctrine d’accusation dont la dialectique ne triomphe que dans l’univers des procès. |
| CAMUS Albert – Actuelles, Trois interviews |
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| Le mieux qu’un homme puisse faire de sa vie, c’est de transformer en conscience une expérience aussi vaste que possible. |
| CAMUS Albert |
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| Le plus haut des tourments humains est d’être jugé sans loi. |
| CAMUS Albert – La Chute, p.123, Folio n°10 |
|
| Le seul problème moral vraiment sérieux, c’est le meurtre. Le reste vient après. Mais de savoir si je puis tuer cet autre devant moi, ou consentir à ce qu’il soit tué, savoir que je ne sais rien avant de savoir si je puis donner la mort, voilà ce qu’il faut apprendre. |
| CAMUS Albert – Carnets II |
|
| Les bons gouvernements sont les gouvernements où rien ne se passe. |
| CAMUS Albert – L’État de siège, p.42, Folio/théâtre n°52 |
|
| Les jeunes ne savent pas que l’expérience est une défaite et qu’il faut tout perdre pour savoir un peu. |
| CAMUS Albert – L’Envers et l’endroit |
|
| Les jeunes ne savent pas que l’expérience est une défaite et qu’il faut tout perdre pour savoir un peu. |
| CAMUS Albert – L’envers et l’endroit, p.42, Folio-essais n°41 |
|
| Les martyrs … doivent choisir d’être oubliés, raillés ou utilisés. Quant à être compris, jamais. |
| CAMUS Albert – La Chute |
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| Mourir pour l’idée, c’est la seule façon d’être à la hauteur de l’idée. C’est sa justification. |
| CAMUS Albert – Les Justes, 1, 1 |
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| Ni peur ni haine, c’est là notre victoire ! |
| CAMUS Albert – L’État de siège, p.164, Folio/théâtre n°52 |
|
| On appelle vérités premières celles qu’on découvre après toutes les autres, voilà tout. |
| CAMUS Albert – La chute, p.89, Folio n°10 |
|
| On connaît l’alternative : ou nous ne sommes pas libres et Dieu tout-puissant est responsable du mal. Ou nous sommes libres et responsables, mais Dieu n’est pas tout-puissant. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe (1942) |
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| On me disait que quelques morts étaient nécessaires pour amener un monde où on ne tuerait plus. |
| CAMUS Albert – La Peste |
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| On n’est jamais tout à fait malheureux. |
| CAMUS Albert – L’Étranger, p.165, Livre de Poche n°406 |
|
| Parler de ce qu’on ignore finit par vous l’apprendre. |
| CAMUS Albert |
|
| Peut-on être un saint sans Dieu, c’est le seul problème concret que je connaisse aujourd’hui. |
| CAMUS Albert – La peste, p.230, Folio n°42 |
|
| Qu’est-ce que le bonheur sinon le simple accord entre un être et l’existence qu’il mène ? |
| CAMUS Albert – Noces, p.65, Folio n°16 |
|
| Quand nous serons tous coupables, ce sera la démocratie. |
| CAMUS Albert – La Chute, p.142, Folio n°10 |
|
| S’il y a un péché contre la vie, ce n’est peut-être pas tant d’en désespérer que d’espérer une autre vie, et se dérober à l’implacable grandeur de celle-ci. |
| CAMUS Albert – Noces |
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| Si le monde était clair, l’art ne serait pas. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe, p.133, Idées n°1 |
|
| Tout le malheur des hommes vient de l’espérance. |
| CAMUS Albert – L’Homme révolté |
|
| Tout refus de communication est une tentative de communication ; tout geste d’indifférence est un appel déguisé. |
| CAMUS Albert |
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| Toutes les révolutions modernes ont abouti à un renforcement de l’État. |
| CAMUS Albert – L’Homme révolté, Gallimard |
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| Une certaine continuité dans le désespoir peut engendrer la joie. |
| CAMUS Albert – Noces, Gallimard |
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| Une littérature désespérée est une contradiction dans les termes. |
| CAMUS Albert – L’Été, l’énigme |
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| Une œuvre d’homme n’est rien d’autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l’art les deux ou trois images simples et grandes sur lesquelles le cœur, une première fois, s’est ouvert. |
| CAMUS Albert – L’envers et l’endroit ,Préface,, p.31, Folio-essais n°41 |
|
| Une seule certitude suffit à celui qui cherche. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe, p.48, Idées n°1 |
|
| Vieillir, c’est passer de la passion à la compassion. |
| CAMUS Albert – Carnets |
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| Vivre, c’est faire vivre l’absurde. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe, p.76, Idées n°1 |
|
| Vouloir, c’est susciter les paradoxes. |
| CAMUS Albert – Le mythe de Sisyphe, p.36, Idées n°1 |
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| C’est en voyant décerner des distinctions à d’autres qu’on mesure le ridicule de celles qu’on reçoit. |
| CANETTI Élias – Le cœur secret de l’horloge |
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| Chacun ne devrait-il pas réussir une phrase ? Collectionner les phrases de ceux à qui rien d’autre ne réussit. |
| CANETTI Élias – Le cœur secret de l’horloge |
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| Comme Solon pleurait la mort de son fils et que quelqu’un lui disait : « Tes larmes n’y changeront rien », il répondit : « C’est justement parce que je ne peux rien y changer que je pleure. » |
| CANETTI Élias – Le cœur secret de l’horloge, trad. Walter Weideli, p.19, Éd. Livre de Poche – Biblio n°3287 |
|
| Comment pourrais-je m’ennuyer tant que je connais des mots ? |
| CANETTI Élias – Le cœur secret de l’horloge |
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| Écrire jusqu’au moment où le bonheur d’écrire vous fait douter de votre propre malheur. |
| CANETTI Élias – Le cœur secret de l’horloge |
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| Il est embarrassant d’expliquer des réflexions : c’est comme si l’on se rétractait. |
| CANETTI Élias – Le cœur secret de l’horloge |
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| Peu importe qu’une idée soit plus ou moins neuve : ce qui importe, c’est qu’elle le devienne. |
| CANETTI Élias – Le cœur secret de l’horloge |
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| Pourquoi supportes-tu chacun ? – Parce qu’il dure si peu. |
| CANETTI Élias – Le cœur secret de l’horloge |
|
| S’étonner de chaque vie : est-ce cela, la compassion ? |
| CANETTI Élias – Le cœur secret de l’horloge, trad. Walter Weideli, p.37, Éd. Livre de Poche – Biblio n°3287 |
|
| Un ennemi peut devenir très désagréable, mais il ne sera jamais aussi ennuyeux qu’un adepte. |
| CANETTI Élias – Le cœur secret de l’horloge, trad. Walter Weideli, p.117, Éd. Livre de Poche – Biblio n°3287 |
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| La fumée est la vieillesse du feu. |
| CAP DEVILA Arturo – Épigraphe à Melpomène |
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| À Paris, ce qu’on appelait autrefois l’âge mûr tend à disparaître. On reste très jeune très longtemps, puis on devient gâteux. |
| CAPUS Alfred |
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| Ah ! on parle des liens du mariage ! Mais les liens du divorce sont encore plus indissolubles !… |
| CAPUS Alfred – Les Maris de Léontine, acte III, scène 9 |
|
| Certains hommes parlent pendant leur sommeil. Les conférenciers parlent pendant le sommeil des autres. |
| CAPUS Alfred |
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| Dans le pardon de la femme, il y a de la vertu, mais dans celui de l’homme, il y a du vice. |
| CAPUS Alfred – La Traversée, acte II, sc. XIV |
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| Idylle : ça commence comme idiot et ça finit comme imbécile. |
| CAPUS Alfred |
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| Il y a des femmes qui n’aiment pas faire souffrir plusieurs hommes à la fois, qui préfèrent s’appliquer à un seul : ce sont les femmes fidèles. |
| CAPUS Alfred |
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| L’autre jour, nous nous rendions au restaurant, un ami et moi, quand nous vîmes un malheureux étendu sur le bord de la route. Personne n’avait songé à lui porter secours. Eh bien, quand nous sommes sortis du restaurant, il était toujours là. |
| CAPUS Alfred |
|
| La chaîne du mariage est si lourde qu’il faut être deux pour la porter, quelquefois trois. |
| CAPUS Alfred |
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| Le monde est mal fait parce que Dieu l’a créé tout seul. Il aurait consulté deux ou trois amis, le monde serait parfait. |
| CAPUS Alfred – Notes et Pensées |
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| Les femmes ne seront vraiment les égales des hommes que lorsqu’elles accepteront d’être chauves et trouveront cela distingué. |
| CAPUS Alfred |
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| Ma conviction est que, dès qu’on meurt, il se passe quelque chose de très curieux, excessivement curieux, qui vaut peut-être la peine de mourir. |
| CAPUS Alfred – Faux départ |
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| On ne sait pas de quoi il est mort. On ne savait déjà pas de quoi il vivait. |
| CAPUS Alfred |
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| Ah ! Qu’il est doux de ne rien faire / Quand tout s’agite autour de nous ! |
| CARRÉ Michel – Livret de Galatée (opéra-comique de Victor Massé) |
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| En général, ce n’est pas celui qui prie pour lui-même qui est guéri. C’est celui qui prie pour les autres. |
| CARREL Alexis – L’homme cet inconnu, p.213, Livre de Poche n° 445-6 |
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| Individualiste : prisonnier de sa liberté. |
| CARVEL Paul – Sel d’esprit (685), Laetoli, 2005 |
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| L’horreur est humaine. |
| CARVEL Paul – Jets d’encre, 77 |
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| La superstition porte malheur. |
| CARVEL Paul – Jets d’encre (46), Éd. Laetoli, 2000 |
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| Le livre t’inspire, la télévision t’aspire. |
| CARVEL Paul – Mots de tête |
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| Moins on a de vrais problèmes, plus on en a de faux. |
| CARVEL Paul – Mots de tête (373), Éd. Laetoli, 2002 |
|
| Vivre inspiré avant d’expirer. |
| CARVEL Paul – Jets d’encre (164), Éd. Laetoli, 2000 |
|
| Vivre intensément ne signifie pas vivre chaque jour comme si c’était le dernier mais comme si c’était le premier. |
| CARVEL Paul – Jets d’encre (55), Éd. Laetoli, 2000 |
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| Dépêchez-vous de succomber à la tentation avant qu’elle ne s’éloigne. |
| CASANOVA Giacomo Giovanni Girolamo – Mémoires |
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| La modestie n’est une vertu que quand elle est naturelle. |
| CASANOVA Giacomo Giovanni Girolamo |
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| Les seuls espions avoués sont les ambassadeurs. |
| CASANOVA Giacomo Giovanni Girolamo – Mémoires |
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| Il existe, dans l’étendue illimitée de l’avenir, des réponses qui ne répondent à aucune question. |
| CASSOU Jean – Dernières Pensées d’un amoureux (Albin Michel) |
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| Il suffisait de lire six lignes de Staline pour comprendre que la révolution ne pouvait pas être ça. |
| CASTORIADIS Cornélius – La montée de l’insignifiance. Les carrefours du labyrinthe IV, Le Seuil, 1996 |
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| On ne juge pas un vainqueur. |
| CATHERINE II la Grande – Phrase attribuée à Catherine II, à propos du général Souvorov. |
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| Il faut détruire Carthage (Delenda est Carthago). |
| CATON l’Ancien – Mots par lesquels Caton l’Ancien terminait tous ces discours |
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| La victoire aime l’effort. |
| CATULLE – Poésies, 62 |
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| Une théorie de la Science ne peut être que théorie de l’unité de la Science. |
| CAVAILLÈS Jean – Sur la logique et la théorie de la science (P.U.F.) |
|
| Des décennies de recherches et d’expériences sur le bonheur le montrent, c’est quand on entretien de bons rapports avec soi-même qu’on réussit à être heureux. |
| CAVALLI-SFORZA Francesco et Luca |
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| 30 % des cas de décès par cancer sont imputables au cancer des fumeurs. Les 70 % qui restent sont imputables au cancer des non-fumeurs. |
| CAVANNA François – L’almanach-agenda (Belfond, 1984) |
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| Beethoven était tellement sourd que, toute sa vie, il a cru qu’il faisait de la peinture. |
| CAVANNA François |
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| La liberté consiste à faire tout ce que permet la longueur de la chaîne. |
| CAVANNA François |
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| Les maçons du Moyen Âge savaient parfaitement que Dieu n’existe pas, mais ils espéraient qu’à force de lui bâtir des cathédrales, il finirait par exister. |
| CAVANNA François |
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| Quand la tour de Pise penche vers la droite, c’est qu’il va pleuvoir. Quand elle penche vers la gauche, c’est que vous arrivez par l’autre bout de la rue. |
| CAVANNA François |
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| Si Dieu n’apparaît pas aux athées, c’est parce qu’il a peur qu’ils ne le convertissent à l’athéisme. |
| CAVANNA François |
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| Une enquête récente a démontré que 90% des enterrés vivants reprennent conscience dans le corbillard qui les emporte vers le cimetière, mais ils n’osent rien dire de peur d’avoir l’air ridicule. |
| CAVANNA François |
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| Le tout est d’approfondir ; même un murmure. |
| CAYROL Jean – Je l’entends encore |
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| Celui qui parle de l’avenir est un coquin. C’est l’actuel qui compte. Invoquer sa postérité, c’est faire un discours aux asticots. |
| CÉLINE Louis-Ferdinand (L.-F. Destouches, dit) – Voyage au bout de la nuit |
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| Entre le pénis et les mathématiques, il n’existe rien. Rien ! C’est le vide ! |
| CÉLINE Louis-Ferdinand (L.-F. Destouches, dit) – Voyage au bout de la nuit |
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| Être seul c’est s’entraîner à la mort. |
| CÉLINE Louis-Ferdinand (L.-F. Destouches, dit) – Voyage au bout de la nuit |
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| Il y a trop de choses à comprendre en même temps. |
| CÉLINE Louis-Ferdinand (L.-F. Destouches, dit) – Voyage au bout de la nuit (1932) |
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| L’amour c’est l’infini à la portée des caniches. |
| CÉLINE Louis-Ferdinand (L.-F. Destouches, dit) – Voyage au bout de la nuit |
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| L’histoire ne repasse pas les plats. |
| CÉLINE Louis-Ferdinand (L.-F. Destouches, dit) – In l’hebdomadaire l’Express, n° 312 |
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| La peine de mort est le prix Nobel des assassins. |
| CÉLINE Louis-Ferdinand (L.-F. Destouches, dit) |
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| On est puceau de l’horreur comme on l’est de la volupté. |
| CÉLINE Louis-Ferdinand (L.-F. Destouches, dit) – Voyage au bout de la nuit (Gallimard) |
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| La société est divisée en deux classes : ceux qui ont plus de dîners que d’appétit et ceux qui ont plus d’appétit que de dîners. |
| CELMAS |
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| À l’origine n’est pas le mot, mais la phrase, une modulation. Écoutez le chant des oiseaux ! |
| CENDRARS Blaise (Frédéric Sauser, dit) – Blaise Cendrars vous parle (Denoël) |
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| La critique d’art est aussi imbécile que l’espéranto. |
| CENDRARS Blaise (Frédéric Sauser, dit) – Dix-neuf poèmes élastiques |
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| La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré. |
| CENDRARS Blaise (Frédéric Sauser, dit) – Une nuit dans la forêt (Le Verseau) |
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| Personnellement, comme je n’ai pas la foi, je n’assisterai pas à la parousie. |
| CENDRARS Blaise (Frédéric Sauser, dit) – Le Lotissement du ciel, Le jugement dernier |
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| Un contemplatif… oui, c’est une autre forme de l’aventure ! |
| CENDRARS Blaise (Frédéric Sauser, dit) – Blaise Cendrars vous parle (De noël) |
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| Entre le Oui et le Non d’une femme, il n’y a guère de place pour une épingle. |
| CERVANTÈS Miguel de – Don Quichotte |
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| Il ne faut point parler de corde dans la maison d’un pendu. |
| CERVANTÈS Miguel de – Don Quichotte |
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| Méfie-toi du bœuf par devant, de la mule par derrière, et du moine de tous les côtés. |
| CERVANTÈS Miguel de – Les Nouvelles exemplaires. Le petit-fils de Sancho Panza |
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| J’aimerais mieux être le premier dans ce village que le second à Rome. |
| CÉSAR Jules |
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| Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu (Veni, vidi, vici). |
| CÉSAR Jules |
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| Le sort en est jeté (Alea jacta est) ! |
| CÉSAR Jules – S’apprêtant à franchir le Rubicon |
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| Les hommes croient ce qu’ils désirent. |
| CÉSAR Jules – La Guerre civile, III, 18, 6 |
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| Toi aussi, mon fils (Tuquoque, fili mi) ! |
| CÉSAR Jules – reconnaissant Brutus, son fils adoptif, parmi les conjurés chargés de l’assassiner. |
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| Baudelaire : un diamant au doigt d’un cadavre. |
| CESBRON Gilbert – Journal sans date, Laffont |
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| Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous avons peur ; mais elles sont difficiles parce que nous avons peur. |
| CESBRON Gilbert |
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| L’ennui porte conseil. |
| CESBRON Gilbert |
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| Le bonheur, c’est quand le temps s’arrête. |
| CESBRON Gilbert – Don Juan en automne |
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| Les hommes sans aucune angoisse m’angoissent. |
| CESBRON Gilbert – Journal sans date, Laffont |
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| Les riches ne connaîtront jamais ce qui n’a pas de prix. |
| CESBRON Gilbert – Journal sans date (1963) |
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| Nous leur demandons seulement d’aimer leur prochain autant que leur voiture. |
| CESBRON Gilbert |
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| Nous pouvons vivre seuls, pourvu que ce soit dans l’attente de quelqu’un. |
| CESBRON Gilbert – Journal sans date, Laffont |
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| On n’est jamais si bien asservi que par soi-même. |
| CESBRON Gilbert |
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| On parle des femmes au pluriel pour en dire du mal, au singulier pour en dire du bien |
| CESBRON Gilbert – Journal sans date, Laffont |
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| On s’aperçoit qu’on est devenu un spécialiste quand les choses dont on parle avec plaisir ennuient les autres. |
| CESBRON Gilbert |
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| Pour beaucoup, Dieu est une sorte d’oncle d’Amérique dont on espère vaguement qu’il se manifestera au moment même où on ne l’espérait plus. |
| CESBRON Gilbert – Tant qu’il fait jour (1967) |
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| Pour moi, le monde est une blessure ouverte. |
| CESBRON Gilbert – Journal sans date (1963) |
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| Vivre pour les autres n’est pas vivre à demi mais deux fois. |
| CESBRON Gilbert – Journal sans date, Laffont |
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| Je suis le primitif d’un nouvel art. |
| CÉZANNE Paul |
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| Tout dans la nature se modèle sur la sphère, le cône et le cylindre, il faut apprendre à peindre sur ces figures simples, on pourra ensuite faire tout ce qu’on voudra. |
| CÉZANNE Paul – Lettre à Émile Bernard, 1904 |
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| Un bon archer atteint la cible avant même d’avoir tiré. |
| CH’AO POU TCHÉ |
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| Amour, folie aimable ; ambition, sottise sérieuse. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées |
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| Apprendre à mourir ! Pourquoi donc ? On y réussit très bien la première fois. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) |
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| Ce que j’ai appris, je ne le sais plus. Le peu que je sais encore, je l’ai deviné. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées, IV |
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| Célébrité : l’avantage d’être connu de ceux qui ne vous connaissent pas. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.53, Livre de Poche n°2782 |
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| Donner est un plaisir plus durable que recevoir ; car celui des deux qui donne est celui qui se souvient le plus longtemps. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) |
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| En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées |
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| Guerre aux châteaux. Paix aux chaumières. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) |
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| Il est plus facile de légaliser certaines choses que de les légitimer. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.53, Livre de Poche n°2782 |
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| Il faut convenir que, pour être heureux en vivant dans le monde, il y a des côtés de son âme qu’il faut entièrement paralyser. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées |
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| Il faut être juste avant d’être généreux, comme on a des chemises avant d’avoir des dentelles. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.58, Livre de Poche n°2782 |
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| Il faut savoir faire les sottises que nous demande notre caractère. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes, 59 |
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| Il vaut mieux être moins et être ce qu’on est. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées |
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| Il y a à parier que toute idée publique, toute convention reçue, est une sottise, car elle a convenu au plus grand nombre. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes, 130 |
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| Il y a des femmes qui trouvent à se vendre et qui ne trouveraient pas à se donner. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) |
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| Il y a une mélancolie qui tient à la grandeur de l’esprit. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées |
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| Il y a une sorte de reconnaissance basse. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées |
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| Je conseillerais à quelqu’un qui veut obtenir une grâce d’un ministre de l’aborder d’un air triste, plutôt que d’un air riant. On n’aime pas à voir plus heureux que soi. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.70, Livre de Poche n°2782 |
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| Je m’ennuie tellement que ça m’occupe. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) |
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| Je ne conçois pas de sagesse sans défiance. L’Écriture a dit que le commencement de la sagesse était la crainte de Dieu ; moi, je crois que c’est la crainte des hommes. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées |
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| Je ne sais quel homme disait : « Je voudrais voir le dernier des rois étranglé avec le boyau du dernier des prêtres ». |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Caractères et anecdotes (citant Diderot, peut-être) |
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| L’amour, tel qu’il existe dans la société, n’est que l’échange de deux fantaisies et le contact de deux épidermes. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.110, Livre de Poche n°2782 |
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| L’art de la parenthèse est un des grands secrets de l’éloquence dans la société. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.81, Livre de Poche n°2782 |
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| L’opinion est la reine du monde parce que la sottise est la reine des sots. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées |
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| La calomnie est comme la guêpe qui vous importune, et contre laquelle il ne faut faire aucun mouvement, à moins qu’on ne soit sûr de la tuer, sans quoi elle revient à la charge, plus furieuse que jamais. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes, Garnier-Flammarion 1968, 302 p.121 |
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| La célébrité, c’est l’avantage d’être connu de ceux qui ne vous connaissent pas. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées |
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| La fausse modestie est le plus décent de tous les mensonges. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées |
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| La pensée console de tout et remédie à tout. Si quelquefois elle vous a fait du mal, demandez-lui le remède du mal qu’elle vous a fait, elle vous le donnera. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées |
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| La plupart des faiseurs de recueils de vers ou de bons mots ressemblent à ceux qui mangent des cerises ou des huîtres, choisissant d’abord les meilleures et finissant par tout manger. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.23, Livre de Poche n°2782 |
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| La société est composée de deux grandes classes : ceux qui ont plus de dîners que d’appétit, et ce qui ont plus d’appétit que de dîners. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées |
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| La vie contemplative est souvent misérable. Il faut agir davantage, penser moins, et ne pas se regarder vivre. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes, Garnier-Flammarion 1968, 341 p.127 |
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| Le bonheur n’est pas chose aisée. Il est très difficile de le trouver en nous, et impossible de le trouver ailleurs. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Caractères et Anecdotes |
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| Le public, le public … Combien faut-il de sots pour faire un public ? |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Caractères et Anecdotes |
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| Le sentiment qu’on a pour la plupart des bienfaiteurs, ressemble à la reconnaissance qu’on a pour les arracheurs de dents. On se dit qu’ils vous ont fait du bien, qu’ils vous ont délivré d’un mal, mais on se rappelle la douleur qu’ils ont causée, et on ne les aime guère avec tendresse. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.96, Livre de Poche n°2782 |
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| Les passions font vivre l’homme, la sagesse le fait seulement durer. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes, Garnier-Flammarion 1968, 118 p.76 |
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| Ne tenir dans la main de personne, être l’homme de son cœur, de ses principes, de ses sentiments, c’est ce que j’ai vu de plus rare. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.36, Livre de Poche n°2782 |
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| On gouverne les hommes avec la tête. On ne joue pas aux échecs avec un bon cœur. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées |
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| On n’est point un homme d’esprit pour avoir beaucoup d’idées comme on n’est pas un bon général pour avoir beaucoup de soldats. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.129, Livre de Poche n°2782 |
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| Peu de philosophie mène à mépriser l’érudition ; beaucoup de philosophie mène à l’estimer. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes, Garnier-Flammarion 1968, 434 p.149 |
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| Quand les gens l’applaudissaient trop fort, il se tournait vers ses amis et leur demandait : « J’ai dit quelque chose d’idiot ? » |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) |
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| Quand on veut plaire dans le monde, il faut se résoudre à se laisser apprendre beaucoup de choses qu’on sait par des gens qui les ignorent. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.85, Livre de Poche n°2782 |
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| Que1qu’un disait d’un homme très personnel : il brûlerait votre maison pour se faire cuire deux œufs. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Caractères et Anecdotes |
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| Quelqu’un disait que la Providence était le nom de baptême du Hasard ; quelque dévot dira que le Hasard est le sobriquet de la Providence. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées |
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| Quiconque n’a pas de caractère n’est pas un homme, c’est une chose. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes, 285 |
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| Savoir prononcer ce mot (non) et savoir vivre seul sont les deux seuls moyens de conserver sa liberté et son caractère. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées |
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| Un homme d’esprit est perdu s’il ne joint pas à l’esprit l’énergie de son caractère. Quand on a la lanterne de Diogène, il faut aussi avoir son bâton. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées, p.90, Livre de Poche n°2782 |
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| Un misanthrope me disait : Il n’y a que l’inutilité du premier déluge qui empêche Dieu d’en envoyer un second. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et pensées |
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| Voltaire disait, à propos de l’Anti-Machiavel du roi de Prusse : Il crache au plat pour en dégoûter les autres. |
| CHAMFORT Nicolas de (Sébastien Roch Nicolas, dit) – Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes, Garnier-Flammarion 1968, 712 p.211 |
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| On entre, on crie / Et c’est la vie ! / On bâille, on sort / Et c’est la mort. |
| CHANCEL Ausone de |
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| Quand un homme a deux choses à vous dire, c’est toujours la seconde qui lui tient le plus à cœur. |
| CHANCEL Jacques |
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| Avec de grands gestes, il s’éloigna dans la nuit. Il avait l’air de cueillir des étoiles. |
| CHANG-WOenU-KIEN – Poèmes |
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| Dans le centre caché d’une clarté profonde, Dieu repose en lui-même… |
| CHAPELAIN Jean – La Pucelle |
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| Ceux qui ne pleurent jamais sont pleins de larmes. |
| CHAPELAN Maurice – Amoralités familières, Grasset |
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| Chaque âge a ses problèmes. On les résout à l’âge suivant. |
| CHAPELAN Maurice – Main courante, Grasset |
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| La mort est une compétition où chacun espère arriver le dernier. |
| CHAPELAN Maurice |
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| La prise de position d’un homme devant la peine de mort est pour moi un test absolu de son niveau de civilisation. |
| CHAPELAN Maurice – Amour Amours, Grasset |
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| Le mensonge est l’oxygène de la respiration sociale. |
| CHAPELAN Maurice – Main courante, Grasset |
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| Un pessimiste n’est jamais déçu. |
| CHAPELAN Maurice – Amoralités familières, Grasset |
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| La célébrité vous donne l’impression que tout le monde vous connaît, mais en réalité, vous ne connaissez personne. |
| CHAPLIN Charlie |
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| Le public aime souffrir par procuration. |
| CHAPLIN Charlie |
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| Lorsqu’on tue à l’unité, on est un criminel ; quand on tue les gens par milliers, on est militaire et on reçoit des médailles. |
| CHAPLIN Charlie – Monsieur Verdoux |
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| Tous les écrivains sont des exilés, volontaires ou non. |
| CHAPSAL Madeleine – Oser écrire |
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| Un écrivain, un poète en particulier, est quelqu’un qui travaille toute sa vie à faire de soi un être sans défense. |
| CHAPSAL Madeleine – Oser écrire |
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| À chaque effondrement des preuves, le poète répond par une salve d’avenir. |
| CHAR René – Fureur et Mystère |
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| Agir en primitif et prévoir en stratège. |
| CHAR René – Feuillets d’Hypnos (Gallimard). |
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| Au plus fort de l’orage, il y a toujours un oiseau pour nous rassurer. C’est l’oiseau inconnu. Il chante avant de s’envoler. |
| CHAR René – Les Matinaux (Gallimard) |
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| C’est drôle, les saints, on ne les rencontre jamais de leur vivant. |
| CHAR René – Le soleil des eaux in Trois coups sous les arbres, p.112, Gallimard/nrf, 1967 |
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| Écoute, mais n’entends pas. |
| CHAR René – La Parole en archipel |
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| Être / Le premier venu. |
| CHAR René – Arsenal. L’Amour |
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| Il faut être l’homme de la pluie et l’enfant du beau temps. |
| CHAR René – Le Marteau sans maître (José Corti) |
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| Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière. |
| CHAR René – Les Matinaux (Gallimard) |
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| Il faut trembler pour grandir. |
| CHAR René |
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| Imite le moins possible les hommes dans leur énigmatique maladie de faire des nœuds. |
| CHAR René – Les Matinaux (Gallimard) |
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| L’éternité n’est guère plus longue que la vie. |
| CHAR René – Feuillets d’Hypnos |
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| La dignité d’un homme seul, ça ne s’aperçoit pas. La dignité de mille hommes, ça prend une allure de combat. |
| CHAR René – Le soleil des eaux in Trois coups sous les arbres, p.198, Gallimard/nrf, 1967 |
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| La sagesse aux yeux pleins de larmes. |
| CHAR René – La Parole en archipel, I |
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| Obéissez à vos porcs qui existent. Je me soumets à mes dieux qui n’existent pas. |
| CHAR René – La Parole en archipel, I |
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| Si l’homme parfois ne fermait pas souverainement les yeux, il finirait par ne plus voir ce qui vaut d’être regardé. |
| CHAR René – Tests |
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| Si nous habitons un éclair, il est le cœur de l’éternel. |
| CHAR René – Fureur et Mystère |
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| Tiens vis-à-vis des autres ce que tu t’es promis à toi seul. |
| CHAR René – Feuillets d’Hypnos |
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| Toute respiration propose un règne. |
| CHAR René – Seuls demeurent |
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| Un chant d’oiseau surprend la branche du matin. |
| CHAR René – Le Poème pulvérisé |
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| Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver. |
| CHAR René |
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| Vivre, c’est s’obstiner à achever un souvenir. |
| CHAR René |
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| Ce sont les critiques qui font la littérature. |
| CHARDONNE Jacques – Lettres à Roger Nimier |
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| Il faut beaucoup d’années pour apprendre certains mots d’amour. |
| CHARDONNE Jacques |
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| La paresse est nécessaire. Il faut la mêler à sa vie pour prendre conscience de la vie. |
| CHARDONNE Jacques – L’Amour, c’est beaucoup plus que l’amour (Albin Michel) |
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| Le style qui résonne avec trop de charme s’éteint. Le temps conserve de préférence ce qui est un peu sec. |
| CHARDONNE Jacques – L’Amour, c’est beaucoup plus que l’amour |
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| On croit agir, et l’on est entraîné. |
| CHARDONNE Jacques |
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| Pas d’adjectifs, ils affaiblissent le style. L’adjectif, c’est comme les bijoux. Une femme élégante ne porte pas de bijoux. |
| CHARDONNE Jacques – Ce que je voulais vous dire aujourd’hui |
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| Pour agir il faut une forte dose de défauts. Un homme sans défauts n’est bon à rien. |
| CHARDONNE Jacques – Propos comme ça (Grasset) |
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| Rien de précieux n’est transmissible. Une vie heureuse est un secret perdu. |
| CHARDONNE Jacques – Claire, chap. 3 (Grasset) |
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| Sauf la souffrance physique, tout est imaginaire. |
| CHARDONNE Jacques – Propos comme ça |
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| Ne touchez pas à la hache ! |
| CHARLES Ier d’Angleterre – Avant de mourir, voulant terminer son discours, il fit plusieurs fois cette injonction au bourreau. |
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| Remember ! |
| CHARLES Ier d’Angleterre – Au pied de l’échafaud, à l’évêque Juxon, le 9 février 1649 |
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| Le soleil ne se couche pas sur mon empire. |
| CHARLES-QUINT |
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| Fuge. Tasce. Quiesce. |
| Chartreux – Devise écrite sur les murs de la Grande Chartreuse |
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| Aimer, c’est bien, savoir aimer, c’est tout. |
| CHATEAUBRIAND François-René de |
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| Ce n’est pas la religion qui découle de la morale, c’est la morale qui n’est de la religion. |
| CHATEAUBRIAND François-René de – Génie du christianisme |
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| Il a fallu que le christianisme vînt chasser ce peuple de faunes, de satyres et de nymphes, pour rendre aux grottes leur silence et aux bois leur rêverie. |
| CHATEAUBRIAND François-René de – Le Génie du christianisme |
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| J’ai en moi une impossibilité d’obéir. |
| CHATEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, I, II, 8 |
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| Je ne connais rien de plus servile, de plus méprisable, de plus lâche, de plus borné qu’un terroriste. |
| CHATEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, II, IV, 13 |
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| La forêt précède les peuples ; le désert les suit. |
| CHATEAUBRIAND François-René de |
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| La Révolution m’aurait entraîné, si elle n’eût débuté par des crimes ; je vis la première tête plantée au bout d’une pique, et je reculai. |
| CHATEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, II, IV, 13 |
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| Le vrai bonheur coûte peu ; s’il est cher, il n’est pas d’une bonne espèce. |
| CHATEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe (1848) |
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| Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines … Les ruines jettent une grande moralité au milieu des scènes de la nature. |
| CHATEAUBRIAND François-René de – Le Génie du christianisme |
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| C’est le devoir qui crée le droit et non le droit qui crée le devoir. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, troisième partie, livre XXXIV, chapitre 9 |
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| C’est une méchante manière de raisonner que de rejeter ce qu’on ne peut comprendre. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Le Génie du christianisme |
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| C’était dans le sang que Bonaparte était accoutumé à laver le linge des Français. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, troisième partie, livre XXII, chapitre 7 |
|
| Il est des paroles qui ne devraient servir qu’une fois. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe |
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| Il est un âge où quelques mois ajoutés à la vie suffisent pour développer des facultés jusqu’alors ensevelies dans un cœur à demi fermé : on se couche enfant ; on se réveille homme. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe |
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| Je pense que l’âge politique du christianisme finit ; que son âge philosophique commence. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Études historiques, préface |
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| Je suis devenu chrétien. Je n’ai point cédé, j’en conviens, à de grandes lumières surnaturelles, ma conviction est sortie du cœur : j’ai pleuré et j’ai cru. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Le génie du christianisme, première préface |
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| Je vois les reflets d’une aurore dont je ne verrai pas se lever le soleil. Il ne me reste qu’à m’asseoir au bord de ma fosse ; après quoi, je descendrai hardiment, le crucifix à la main, dans l’éternité. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe |
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| L’âme supérieure n’est pas celle qui pardonne, c’est celle qui n’a pas besoin de pardon. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, troisième partie, livre XXIII, chapitre 6 |
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| L’écrivain original n’est pas celui qui n’imite personne, mais celui que personne ne peut imiter. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Le Génie du christianisme |
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| La mémoire est souvent la qualité de la sottise. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, première partie, livre II, chapitre 1 |
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| La morale va au-devant de l’action ; la loi l’attend. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Histoire de France |
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| La plus dure des afflictions : survivre. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – La vie de Rancé, livre I |
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| La presse … c’est la parole à l’état de foudre ; c’est l’électricité sociale. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, troisième partie, livre XXXII, chapitre 8 |
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| Le goût est le bon sens du génie. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Essai sur la littérature anglaise |
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| Le vrai bonheur coûte peu ; s’il est cher, il n’est pas d’une bonne espèce. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, première partie, livre I, chapitre 7 |
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| Les ruines jettent une grande moralité au milieu des scènes de la nature. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Le Génie du christianisme |
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| On n’apprend pas à mourir en tuant les autres. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe. |
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| On se livre d’autant plus vivement aux plaisirs qu’on se sent prêt de les perdre. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe |
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| Plus le visage est sérieux, plus le sourire est beau. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, troisième partie, livre XXIV, chapitre 10 |
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| Si l’homme est ingrat, l’humanité est reconnaissante. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, deuxième partie, livre XVII, chapitre 3 |
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| Sois semblable à Dieu est le commandement de l’humilité. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – La Réponse du Seigneur (la Mappemonde) |
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| Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines … Les ruines jettent une grande moralité au milieu des scènes de la nature. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Le Génie du christianisme |
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| Tout arrive par les idées ; elles produisent les faits, qui ne leur servent que d’enveloppe. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Analyse raisonnée de l’histoire de France, première partie |
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| Tout ce que produit l’esprit est impérissable comme l’esprit même. Toutes les idées ne sont pas encore engendrées, mais, quand elles naissent, c’est pour vivre sans fin. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Analyse raisonnée de l’histoire de France, troisième partie |
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| Un mystérieux nuage couvre toujours les affaires des jésuites. |
| CHÂTEAUBRIAND François-René de – Mémoires d’outre-tombe, troisième partie, livre XXVIII, chapitre 11 |
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| Je crois qu’une des choses qui contribuent le plus au bonheur, c’est de se contenter de son état, et de songer plutôt à le rendre heureux qu’à en changer. |
| CHÂTELET Mme du – Discours sur le bonheur |
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| Le plus heureux des hommes est celui qui désire le moins le changement de son état. |
| CHÂTELET Mme du – Discours sur le bonheur |
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| Les nobles sont comme les livres : il en est beaucoup qui ne brillent que par leurs titres. |
| CHAUVOT DE BEAUCHÊNE – Maximes |
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| Je suis un peu inquiet de votre totale absence d’inquiétude. |
| CHAVÉE Achille – Décoctions |
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| Apprendre, c’est se retrouver. |
| CHAZAL Malcolm de – Sens plastique (Gallimard) |
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| C’est toujours l’âne qui brait le plus fort qui est le plus racé ; la bêtise est tonitruante. |
| CHAZAL Malcolm de – Sens plastique (Gallimard) |
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| Dormir à deux rend la nuit moins opaque. |
| CHAZAL Malcolm de |
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| L’Art, c’est la nature accélérée et Dieu au ralenti. |
| CHAZAL Malcolm de – Sens plastique (Gallimard) |
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| L’homme est prêt à croire à tout, pourvu qu’on le lui dise avec mystère. Qui veut être cru, doit parler bas. |
| CHAZAL Malcolm de – Sens plastique |
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| L’homme est, de tous les êtres vivants, le seul à courir deux plaisirs à la fois. |
| CHAZAL Malcolm de – Sens plastique (Gallimard) |
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| L’idéaliste a la marche des orteils ; et le matérialiste a la marche des talons. |
| CHAZAL Malcolm de – Sens plastique (Gallimard) |
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| La liberté d’être soi est la plus haute forme de justice envers les autres. |
| CHAZAL Malcolm de – Sens plastique (Gallimard) |
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| Le ridicule est comme la mauvaise haleine : on ne le remarque toujours que chez le voisin. |
| CHAZAL Malcolm de – Penser par étapes |
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| Nous n’accordons une âme aux gens que lorsqu’ils n’ont plus de corps. |
| CHAZAL Malcolm de – Sens plastique (Gallimard) |
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| Qui vole un bœuf est vachement musclé ! |
| CHAZAL Malcolm de |
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| Rien de grand ne se fait sans l’idée fixe, ce clou à transpercer l’invisible. |
| CHAZAL Malcolm de – Sens plastique (Gallimard) |
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| L’art ne fait que des vers ; le cœur seul est poète. |
| CHÉNIER André – Élégies, XXI |
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| Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques. |
| CHÉNIER André – Poèmes, I |
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| Travaille. Un grand exemple est un puissant témoin. Montre ce qu’on peut faire en le faisant toi-même. |
| CHÉNIER André – Poèmes, I |
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| Hélas ! je n’ai rien fait pour la postérité. Et pourtant j’avais quelque chose là. |
| CHÉNIER André de – En se frappant le front, le 25 juillet 1794, au moment d’être guillotiné |
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| La République nous appelle / Sachons vaincre ou sachons périr ! / Un Français doit vivre pour elle ; / Pour elle un Français doit mourir. |
| CHÉNIER Marie-Joseph de – Chant du départ |
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| Une injustice agrandit une âme libre et fière |
| CHÉNIER Marie-Joseph de – Discours sur la calomnie |
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| Sois plus sage que les autres si tu peux, mais ne le leur dis point. |
| CHESTERFIELD Lord – Lettre à son fils |
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| Tout ce qui vaut la peine d’être fait vaut la peine d’être bien fait. |
| CHESTERFIELD Philip Dormer Stanhope, 4ème comte de – Lettres, 10 mars 1746 |
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| Le journalisme consiste pour une large part à dire : « Lord Jones est mort », à des gens qui n’ont jamais su que Lord Jones existait. |
| CHESTERTON Gilbert Keith |
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| Depuis que les hommes ne croient plus en Dieu, ils croient en n’importe quoi. |
| Chesterton Gilbert-Keith |
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| Être bon représente une aventure autrement violente et osée que de faire le tour du monde à la voile. |
| Chesterton Gilbert-Keith – Le club des métiers bizarres, L’effondrement d’une grande réputation |
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| La psychanalyse est une confession sans absolution. |
| Chesterton Gilbert-Keith |
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| La vérité absolument exacte paraît toujours fantastique. |
| Chesterton Gilbert-Keith – Curieuse affaire de l’agent de location, trad. K. St Clair Gray, p.134 in Le club des métiers bizarres, Gallimard |
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| La vie est une chose trop importante pour être prise au sérieux. |
| Chesterton Gilbert-Keith |
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| Le fou n’est pas l’homme qui a perdu la raison. Le fou est celui qui a tout perdu, excepté la raison. |
| Chesterton Gilbert-Keith – Pensées |
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| Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. |
| Chesterton Gilbert-Keith – Orthodoxie, ch. 3 |
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| Le sérieux est un vice. Il y a réellement une tendance naturelle et un mal à se prendre au sérieux, parce que c’est la chose]a plus facile à faire. Il est facile d’être lourd, difficile d’être léger. Satan est tombé par la force de gravité. |
| Chesterton Gilbert-Keith – Orthodoxie, chap. VII |
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| Nous faisons nos amis, nous faisons nos ennemis ; mais Dieu fait notre voisin. |
| Chesterton Gilbert-Keith – Hérétiques, chap. XIV |
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| Si les anges volent, c’est parce qu’ils se prennent eux-mêmes à la légère. |
| Chesterton Gilbert-Keith |
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| Si les anges volent, c’est parce qu’ils se prennent eux-mêmes à la légère. |
| Chesterton Gilbert-Keith |
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| Un optimiste est un homme qui regarde vos yeux, un pessimiste un homme qui regarde vos pieds. |
| Chesterton Gilbert-Keith – Orthodoxie, chap. V |
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| La politique des États-Unis, c’est l’extension de leur commerce. |
| CHEVALIER Michel – Lettres sur l’Amérique du Nord, tome premier, VI |
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| Luttons contre les États-Unis, moins en dénonçant leur péchés au monde, qu’en nous efforçant de nous approprier leurs vertus et leurs facultés. |
| CHEVALIER Michel – Lettres sur l’Amérique du Nord, tome II, XXXIV |
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| Pourquoi Dieu a-t-il créé ses créatures ? Pour pouvoir converser avec elles en secret. |
| CHIHABADIN Soheawerdi – A’ourif al Mourif |
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| Connais-toi toi-même. |
| CHILON le Lacédémonien – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.26, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| Il ne faut se permettre d’excès qu’avec les gens qu’on veut quitter bientôt. |
| CHODERLOS DE LACLOS Pierre – Les Liaisons dangereuses, Lettre X |
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| Je l’aime trop pour en être jaloux. J’ai pris le parti d’en être fier. |
| CHODERLOS DE LACLOS Pierre |
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| L’homme jouit du bonheur qu’il ressent, et la femme de celui qu’elle procure. |
| CHODERLOS DE LACLOS Pierre – Les Liaisons dangereuses, Lettre CXXX |
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| La haine est toujours plus clairvoyante et plus ingénieuse que l’amitié. |
| CHODERLOS DE LACLOS Pierre – Les Liaisons dangereuses, Lettre CXIII |
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| On acquiert rarement les qualités dont on peut se passer |
| CHODERLOS DE LACLOS Pierre – Les Liaisons dangereuses |
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| La bonne santé, c’est d’avoir mal tous les jours à un endroit différent. |
| CHRESTIEN Michel |
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| Les crocodiles vivent cent ans ; les roses trois jours. Et pourtant, on offre des roses. |
| CHRESTIEN Michel |
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| Il est aussi dangereux de faire du bien aux hommes que de caresser les bêtes sauvages. |
| CHRISTINE de Suède – Maximes |
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| Il faut savoir jouir de tout ce qui est permis sans scrupules, et s’en passer aussi sans douleur. |
| CHRISTINE de Suède – Maximes |
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| Être homme politique, c’est être capable de dire à l’avance ce qui va arriver demain, la semaine prochaine, le mois prochain et l’année prochaine. Et d’être capable, après, d’expliquer pourquoi rien de tout cela ne s’est produit. |
| CHURCHILL sir Winston Leonard Spencer |
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| Je n’ai rien à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur. |
| CHURCHILL sir Winston Leonard Spencer – Allocution à la Chambre des Communes, 13 mai 1940 |
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| La démocratie est le pire des régimes… si on fait abstraction de tous les autres. |
| CHURCHILL sir Winston Leonard Spencer |
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| Le meilleur argument contre la démocratie est une conversation de cinq minutes avec l’électeur moyen. |
| CHURCHILL sir Winston Leonard Spencer |
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| Tout le monde savait que ce truc-là était impossible à faire. Jusqu’au jour où est arrivé quelqu’un qui ne le savait pas, et qui l’a fait. |
| CHURCHILL sir Winston Leonard Spencer |
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| Un bon diplomate est quelqu’un qui peut égorger son voisin sans qu’il s’en aperçoive. |
| CHURCHILL sir Winston Leonard Spencer |
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| Comble du droit, comble de l’injustice (Summum jus, summa injuria). |
| CICÉRON – De Officiis, I, 10, 83 |
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| Partout où l’on est bien, là est la patrie. |
| CICÉRON – Tusculanes, V, 37 |
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| Philosopher, c’est apprendre à mourir. |
| CICÉRON – 1ère Tusculane, Devant la mort |
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| Quelle époque ! Quelles mœurs ! (O tempora ! O mores !) |
| CICÉRON – Catilinaires, I, 1 |
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| Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu’il vous faut. |
| CICÉRON |
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| Tu perds ta peine, douleur ; si importune que tu sois, je n’avouerai jamais que tu sois un mal. |
| CICÉRON – Tusculanes, II, 25 |
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| À la moindre contrariété et, à plus forte raison, au moindre chagrin, il faut se précipiter au cimetière le plus proche, dispensateur soudain d’un calme qu’on chercherait vainement ailleurs. Un remède-miracle, pour une fois. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 69 |
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| À quoi bon fréquenter Platon, quand un saxophone peut aussi bien nous faire entrevoir un autre monde ? |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.797, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| Aimer son prochain est chose inconcevable. Est-ce qu’on demande à un virus d’aimer un autre virus ? |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 47 |
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| Après minuit commence la griserie des vérités pernicieuses. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1281 |
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| Après quinze ans de solitude absolue, saint Séraphin de Sarov s’exclamait devant le moindre visiteur : « Ô ma joie ! » Qui, n’ayant jamais cessé de côtoyer ses semblables, serait assez extravagant pour les saluer de la sorte ? |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 42 |
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| Avec quelle quantité d’illusions ai-je dû naître pour pouvoir en perdre une chaque jour ! |
| CIORAN Emil Michel |
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| Avoir inventé le sourire meurtrier. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 144 |
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| Ayant ouvert une anthologie de textes religieux, je tombe d’emblée sur ce mot du Bouddha : « Aucun objet ne vaut qu’on le désire. » – J’ai fermé aussitôt le livre, car, après, que lire encore ? |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 67 |
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| C’est à coup d’excitants (café, tabac) que j’ai écrit tous mes livres. Depuis qu’il m’est impossible d’en prendre, ma « production » est tombée à zéro. À quoi tient l’activité de l’esprit ! |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, p.152 |
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| C’est le propre de la douleur de n’avoir pas honte de se répéter. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 118 |
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| Ce n’est pas la peine de se tuer, puisqu’on se tue toujours trop tard. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né (1973) |
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| Ce n’est pas la peur d’entreprendre, c’est la peur de réussir qui explique plus d’un échec. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né (1973), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.1317 |
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| Ce n’est pas le malheur, c’est le bonheur, le bonheur insolent, il est vrai, qui conduit à l’aigreur et au sarcasme. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1319 |
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| Ce n’est pas par le génie, c’est par la souffrance, par elle seule, qu’on cesse d’être une marionnette. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 77 |
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| Ce penseur s’est réfugié dans la prolixité comme d’autres dans la stupeur. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 55 |
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| Ce que je sais démolit ce que je veux. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 137 |
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| Ce qui est fâcheux dans les malheurs publics, c’est que n’importe qui s’estime assez compétent pour en parler. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1348 |
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| Ce qui fait durer une œuvre, ce qui l’empêche de dater, c’est sa férocité. Affirmation gratuite ? Considérez le prestige de l’Évangile, livre agressif, livre venimeux s’il en faut. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.749, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| Ce qui n’est pas déchirant est superflu, en musique tout au moins. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 43 |
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| Ce qui nous distingue de nos prédécesseurs, c’est notre sans-gêne à l’égard du Mystère. Nous l’avons même débaptisé ; ainsi est né l’Absurde. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume (1952) |
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| Chacun engendre son propre ennemi. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1331 |
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| Chaque fois que le futur me semble concevable, j’ai j’impression d’avoir été visité par la Grâce. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 27 |
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| Comment expliquer que le fait de n’avoir pas été, que l’absence colossale qui précède la naissance ne semble déranger personne, et que celui-là même qui en est troublé ne l’est pas outre mesure ? |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 82 |
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| Dans cet univers provisoire, nos axiomes n’ont qu’une valeur de faits divers. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.757, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| Dans les tourments de l’intellect, il y a une tenue que l’on chercherait vainement dans ceux du cœur. Le scepticisme est l’élégance de l’anxiété. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume |
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| De tout ce qui nous fait souffrir, rien, autant que la déception, ne nous donne la sensation de toucher enfin au Vrai. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 71 |
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| Des opinions, oui ; des convictions, non. Tel est le point de départ de la fierté intellectuelle. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes (1987), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.1709 |
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| Dès que je sors du « je », je m’endors. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 107 |
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| Deux ennemis, c’est un même homme divisé. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1316 |
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| Disserter sur la sexualité, c’est la saboter. L’érotisme, fléau des sociétés déliquescentes, est un attentat contre l’instinct, est l’impuissance organisée. On ne réfléchit pas sans danger sur des exploits qui se passent de réflexion. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 60 |
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| En fin de compte nous ne sommes là que pour nous moquer de l’univers. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, 19 mai 1969 p.727 |
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| En matière de condoléances, tout ce qui n’est pas cliché frise l’inconvenance ou l’aberration. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 13 |
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| En vieillissant, on apprend à troquer ses terreurs contre ses ricanements. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume (Gallimard) |
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| Espérer, c’est démentir 1’avenir. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume (Gallimard) |
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| Est-il concevable d’adhérer à une religion fondée par un autre ? |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 138 |
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| Être moderne, c’est bricoler dans l’Incurable. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.753, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| Être objectif, c’est traiter l’autre comme on traite un objet, un macchabée, c’est se comporter à son égard en croque-mort. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1294 |
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| Être ou ne pas être… Ni l’un ni l’autre. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 110 |
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| Eût-il tous les mérites, un ambitieux ne peut être honnête qu’à la surface. N’ayez confiance que dans les indifférents. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, 20 octobre 1963, p.187 |
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| Faire autre chose que de l’extraordinaire est vraiment inutile. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, 1 juillet 1968 |
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| Guérir de l’ennui par la stupeur. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1307 |
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| Il arrive un moment où la négation elle-même perd son lustre et, détériorée, rejoint, comme les évidences, le tout-à-l’égout. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 102 |
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| Il arrive un moment où on n’imite plus que soi. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 139 |
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| Il est plus facile d’imiter Jupiter que Lao-tseu. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 28 |
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| Il faut avoir de fortes dispositions religieuses pour pouvoir proférer avec conviction le mot être, il faut croire pour dire simplement d’un objet ou de quelqu’un qu’il est. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 93 |
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| Il faut qu’une sensation soit tombée bien bas pour qu’elle daigne se muer en idée. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 29 |
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| Il faut que nous soyons dans un état de réceptivité, c’est-à-dire de faiblesse physique, pour que les mots nous touchent, s’insinuent en nous et y commencent une espèce de carrière. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 42 |
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| Il faut une immense humilité pour mourir. L’étrange est que tout le monde en fasse preuve. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 88 |
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| Il n’est pas d’art vrai sans une forte dose de banalité. Celui qui use de l’insolite d’une manière constante lasse vite, rien n’étant plus insupportable que l’uniformité de l’exceptionnel. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1293 |
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| Il n’est qu’un esprit lézardé pour avoir des ouvertures sur l’au-delà. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.806, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| Il tombe sous le sens que Dieu était une solution, et qu’on n’en trouvera jamais une aussi satisfaisante. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1340 |
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| Il y a du charlatan dans quiconque triomphe en quelque domaine que ce soit. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 21 |
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| Impossible de dialoguer avec la douleur physique. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 56 |
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| Je décèle immanquablement une faille chez tous ceux qui s’intéressent aux mêmes choses que moi… |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 23 |
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| Je n’ai pas la foi, heureusement. L’aurais-je, que je vivrais avec la peur constante de la perdre. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1372 |
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| Je passe mon temps à conseiller le suicide par écrit et à le déconseiller par la parole. C’est que dans le premier cas il s’agit d’une issue philosophique ; dans le second, d’un être, d’une voix, d’une plainte… |
| CIORAN Emil Michel – Écartèlement (1979) |
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| Je sens que je suis libre mais je sais que je ne le suis pas. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né (1973), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.1327 |
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| Je suis distinct de toutes mes sensations. Je n’arrive pas à comprendre comment. Je n’arrive même pas à comprendre qui les éprouve. Et d’ailleurs qui est ce je au début des trois propositions ? |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 12 |
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| L’anxiété, loin de dériver d’un déséquilibre nerveux, s’appuie sur la constitution même de ce monde. On ne voit pas pourquoi on ne serait pas anxieux à chaque instant, vu que le temps lui-même n’est que de l’anxiété en pleine expansion, une anxiété dont on ne distingue le commencement ni la fin, une anxiété éternellement conquérante. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 78 |
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| L’art d’aimer ? C’est savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d’une anémone. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.793, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| L’aversion pour tout ce qui est humain est compatible avec la pitié, je dirais même que ces réactions sont solidaires mais non simultanées. Celui-là seul qui connaît la première est capable d’éprouver intensément la seconde. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 117 |
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| L’échec, toujours essentiel, nous dévoile à nous-mêmes, il nous permet de nous voir comme Dieu nous voit, alors que le succès nous éloigne de ce qu’il y a de plus intime en nous et en tout. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1281 |
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| L’essentiel surgit souvent au bout d’une longue conversation. Les grandes vérités se disent sur le pas de la porte. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 38 |
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| L’expérience du vide est la tentation mystique de l’incroyant, sa possibilité de prière, son moment de plénitude. |
| CIORAN Emil Michel – La tentation d’exister, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 890 |
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| L’idée du suicide est l’idée la plus tonique qui soit. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, juillet 1960 |
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| L’interminable est la spécialité des indécis. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1311 |
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| L’ironie est la mort de la métaphysique. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, 5 novembre 1960 p.759 |
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| L’ironie, cette impertinence nuancée, légèrement fielleuse, est l’art de savoir s’arrêter. Le moindre approfondissement l’anéantit. Si vous avez tendance à insister, vous courez le risque de sombrer avec elle. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 126 |
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| L’utopie, presbytie des vieux peuples. |
| CIORAN Emil Michel – La tentation d’exister, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 833 |
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| La lâcheté rend subtil. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, 1 juin 1968 p.577 |
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| La lucidité : avoir des sensations à la troisième personne. |
| CIORAN Emil Michel – Le crépuscule des pensées (1940), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.418 |
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| La lucidité : un martyre permanent, un inimaginable tour de force. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 40 |
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| La mélancolie rachète cet univers, et cependant c’est elle qui nous en sépare. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 82 |
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| La musique, système d’adieux, évoque une physique dont le point de départ ne serait pas les atomes, mais les larmes. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.798, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| La paresse est un scepticisme de la chair. |
| CIORAN Emil Michel – Le crépuscule des pensées (1940), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.425 |
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| La plante seule approche de la « sagesse » ; l’animal y est impropre. Quant à l’homme… la Nature aurait dû s’en tenir au végétal, au lieu de se disqualifier par goût de l’insolite. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 119 |
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| La seule manière de nous acheminer vers l’universel est de nous occuper uniquement de ce qui nous regarde. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1337 |
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| La solitude est l’aphrodisiaque de l’esprit, comme la conversation celui de l’intelligence. |
| CIORAN Emil Michel – Le crépuscule des pensées (1940), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.469 |
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| La tolérance est une coquetterie d’agonisant. |
| CIORAN Emil Michel |
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| La vertu éminente de la calomnie est de faire le vide autour de vous, sans que vous ayez à lever le petit doigt. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 130 |
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| La vieillesse, en définitive, n’est que la punition d’avoir vécu. |
| CIORAN Emil Michel |
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| Le désir de paraître subtil ne nuit pas à la subtilité. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1312 |
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| Le grand art est de savoir parler de soi sur un ton impersonnel. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, p.131 |
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| Le meilleur moyen de consoler un malheureux est de l’assurer qu’une malédiction certaine pèse sur lui. Ce genre de flatterie l’aide à mieux supporter ses épreuves, l’idée de malédiction supposant élection, misère de choix. |
| CIORAN Emil Michel – Écartèlement (1979), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.1472 |
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| Le meilleur moyen de se débarrasser d’un ennemi est d’en dire partout du bien. On le lui répétera, et il n’aura plus la force de vous nuire : vous avez brisé son ressort…Il mènera toujours campagne contre vous mais sans vigueur ni suite, car inconsciemment il aura cessé de vous haïr. Il est vaincu, tout en ignorant sa défaite. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 14 |
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| Le mépris est la première victoire sur le monde ; le détachement, la dernière, la suprême. L’intervalle qui les sépare se confond avec le chemin qui mène de la liberté à la libération. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 114 |
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| Le monothéisme judéo-chrétien est le stalinisme de l’Antiquité. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, 4 juin 1969 p.736 |
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| Le problème de la responsabilité n’aurait de sens que si on nous avait consulté avant notre naissance et que nous eussions consenti à être celui que nous sommes précisément. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, mai 1968 p.571 |
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| Le Réel me donne de l’asthme. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.760, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| Le renoncement est la seule variété d’action qui ne soit pas avilissante. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 44 |
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| Le sage est celui qui consent à tout, parce qu’il ne s’identifie avec rien. Un opportuniste sans désir. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1300 |
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| Le scepticisme est l’ivresse de l’impasse. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né (1973) |
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| Le seul argument contre l’immortalité est l’ennui. |
| CIORAN Emil Michel – Des larmes et des saints (1937), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.319 |
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| Le spermatozoïde est le bandit à l’état pur. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.812, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| Le temps, complice des exterminateurs, fiche la morale par terre. Qui, aujourd’hui, en veut à Nabuchodonosor ? |
| CIORAN Emil Michel – Écartèlement (1979) |
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| Le vrai contact entre les êtres ne s’établit que par la présence muette, par l’apparente non-communication, par l’échange mystérieux et sans parole qui ressemble à la prière intérieure. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né (1973) |
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| Les bien-portants ne sont pas réels. Ils ont tout, sauf l’être – que confère uniquement une santé improbable. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 31 |
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| Les humains se partagent en dormeurs et en veilleurs, deux spécimens d’êtres, à jamais hétérogènes, qui n’ont en commun que leur aspect physique. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 92 |
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| Les obsessions sont les démons d’un monde sans foi. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1345 |
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| Les religions, comme les idéologies qui en ont hérité les vices, se réduisent à des croisades contre l’humour. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 22 |
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| Lire, c’est laisser un autre peiner pour vous. La forme la plus délicate d’exploitation. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 106 |
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| Malheur au livre qu’on peut lire sans s’interroger tout le temps sur l’auteur ! |
| CIORAN Emil Michel – Écartèlement (1979), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.1791 |
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| Méfiez-vous de ceux qui tournent le dos à l’amour, à l’ambition, à la société. Ils se vengeront d’y avoir renoncé. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume (1952), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.746 |
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| N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1353 |
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| N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né (1973) |
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| N’aimer que la pensée indéfinie qui n’arrive pas au mot et la pensée instantanée qui ne vit que par le mot, La divagation et la boutade. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 45 |
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| N’avoir rien de commun avec le Tout, et se demander en vertu de quel dérèglement on en fait partie. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 144 |
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| Ne désespère pas : si tout le monde t’abandonne, tu pourras toujours compter sur tes douleurs. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, mars 1965 p.273 |
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| Ne dure que ce qui a été conçu dans la solitude, face à Dieu, que l’on soit croyant ou non. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1305 |
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| Ne se suicident que les optimistes, les optimistes qui ne peuvent plus l’être. Les autres, n’ayant aucune raison de vivre, pourquoi en auraient-ils de mourir ? |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume (1952), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.783 |
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| Nous ne devrions parler que de sensations et de visions : jamais d’idées – car elles n’émanent pas de nos entrailles et ne sont jamais véritablement nôtres. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 51 |
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| Nous obtenons à peu près tout, sauf ce que nous souhaitons en secret. Sans doute est-il juste que ce à quoi nous tenons le plus soit inatteignable, que l’essentiel de nous-même et de notre parcours demeure caché et irréalisé. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 72 |
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| Nous respirerions enfin mieux si un beau matin on nous apprenait que la quasi-totalité de nos semblables se sont volatilisés comme par enchantement. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 92 |
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| Nul ne peut veiller sur sa solitude, s’il ne sait se rendre odieux. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume (Gallimard) |
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| Objection contre la science : ce monde ne mérite pas d’être connu. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.757, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| On a d’autant plus de prise sur ce monde qu’on s’en éloigne, qu’on n’y adhère pas. Le renoncement confère un pouvoir infini. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1290 |
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| On a toujours quelqu’un au-dessus de soi : par-delà Dieu même s’élève le Néant. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 105 |
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| On dirait que la matière, jalouse de la vie, s’emploie à l’épier pour trouver ses points faibles et pour la punir de ses initiatives et de ses trahisons. C’est que la vie n’est vie que par infidélité à la matière. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 12 |
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| On meurt depuis toujours et cependant la mort n’a rien perdu de sa fraîcheur. C’est là que gît le secret des secrets. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 106 |
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| On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire mais parce qu’on a envie de dire quelque chose. |
| CIORAN Emil Michel – Écartèlement (1979), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.1448 |
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| On n’habite pas un pays, on habite une langue. Une patrie, c’est cela et rien d’autre. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 21 |
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| On ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu’on n’oserait confier à personne. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né (1973) |
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| On ne peut être normal et vivant à la fois. |
| CIORAN Emil Michel – La tentation d’exister, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 842 |
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| On ne peut expliquer un paradoxe, non plus qu’un éternuement. D’ailleurs, le paradoxe n’est-il pas un éternuement de l’esprit ? |
| CIORAN Emil Michel – Le crépuscule des pensées (1940), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.415 |
|
| On ne peut traduire que les auteurs sans style. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, 11 octobre 1967 p.525 |
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| On peut aimer n’importe qui, sauf son voisin. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, 24 janvier 1967 p.467 |
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| On peut être fier de ce qu’on a fait mais on devrait l’être beaucoup plus de ce qu’on n’a pas fait. Cette fierté est à inventer. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 37 |
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| On saisit incomparablement plus de choses en s’ennuyant qu’en travaillant, l’effort étant l’ennemi mortel de la méditation. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 114 |
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| On vit dans le faux aussi longtemps qu’on n’a pas souffert. Mais quand on commence à souffrir, on n’entre dans le vrai que pour regretter le faux. |
| CIORAN Emil Michel – Écartèlement (1979), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.1498 |
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| Parménide. Je n’aperçois nulle part l’être qu’il exalte, et me vois mal dans sa sphère qui ne comporte aucune cassure, aucun lieu pour moi. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 21 |
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| Pascal était né pour dissoudre des vérités ; il s’employa à les consolider. Il n’intéresse plus que par ses contradictions, et par l’insoluble qui est au fond de sa foi, une foi qu’il s’est épuisé, tué à sauver. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, 5 janvier 1971, p.8 |
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| Périr ! – ce mot que j’aime entre tous et qui, assez curieusement, ne me suggère rien d’irréparable. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 105 |
|
| Peut-on parler honnêtement autre chose que de Dieu ou de soi ? |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, Gallimard |
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| Plus d’un déséquilibre – peut-être même tout déséquilibre – provient d’une vengeance qu’on a différée trop longtemps. Sachons exploser ! |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1309 |
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| Plus les hommes s’éloignent de Dieu, plus ils avancent dans la connaissance des religions. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1287 |
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| Plus on a souffert, moins on revendique. Protester est signe qu’on n’a traversé aucun enfer. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 79 |
|
| Plus on déteste les hommes, plus on est mûr pour Dieu, pour un dialogue avec personne. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 44 |
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| Plus on vieillit, plus on manque de caractère. Toutes les fois qu’on réussit à en avoir, on est gêné, on a j’air emprunté. D’où le malaise devant ceux qui sentent la conviction. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 67 |
|
| Plus on vit, moins il semble utile d’avoir vécu. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1333 |
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| Plus quelqu’un est comblé de dons, moins il avance sur le plan spirituel. Le talent est un obstacle à la vie intérieure. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1320 |
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| Plus un esprit est revenu de tout, plus il risque, si l’amour le frappe, de réagir en midinette. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume (1952) |
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| Point de musique véritable qui ne nous fasse palper le temps. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.798, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| Pour désarmer les envieux, nous devrions sortir dans la rue avec des béquilles. Il n’est guère que le spectacle de notre déchéance qui humanise quelque peu nos amis et nos ennemis. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 11 |
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| Pour entrevoir l’essentiel, il ne faut exercer aucun métier. Rester toute la journée allongé, et gémir… |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 35 |
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| Pour s’affirmer, la vie a fait preuve d’une rare ingéniosité ; pour se nier, non moins. Ce qu’elle a pu inventer comme moyens pour se défaire d’elle-même ! La mort est de loin sa trouvaille, sa prodigieuse réussite. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 83 |
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| Pratiquer les Pères du Désert et cependant se laisser émouvoir par les dernières nouvelles ! |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 84 |
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| Quand on doit prendre une décision capitale, la chose la plus dangereuse est de consulter autrui, vu que, à l’exception de quelques égarés, il n’est personne qui veuille sincèrement notre bien. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 15 |
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| Quand on rencontre quelqu’un de vrai, la surprise est telle qu’on se demande si on n’est pas victime d’un éblouissement. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 134 |
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| Que nous puissions être blessés par ceux-là mêmes que nous méprisons discrédite l’orgueil. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 128 |
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| Que nul n’entre ici s’il a passé un seul jour à l’abri de la stupeur ! |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 84 |
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| Quel dommage que, pour aller à Dieu, il faille passer par la foi ! |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.783, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| Quelle incitation à l’hilarité que d’entendre le mot but en suivant un convoi funèbre ! |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 106 |
|
| Quelques générations encore, et le rire, réservé aux initiés, sera aussi impraticable que l’extase. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume (1952), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.801 |
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| Qui croit en la vérité est naïf ; qui n’y croit pas est stupide. La seule bonne route passe sur le fil du rasoir. |
| CIORAN Emil Michel – Le livre des leurres (1936), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.256 |
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| Quiconque nous cite de mémoire est un saboteur qu’il faudrait traduire en justice. Une citation estropiée équivaut à une trahison, une injure, un préjudice d’autant plus grave qu’on a voulu nous rendre service. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes (1987), Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.1701 |
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| Regarder sans comprendre, c’est le paradis. L’enfer serait donc le lieu où l’on comprend, où l’on comprend trop… |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né (1973) |
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| Ressembler à un coureur qui s’arrêterait au plus fort de la course pour essayer de comprendre à quoi elle rime. Méditer est un aveu d’essoufflement. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 87 |
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| S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.797, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
|
| Sans Dieu tout est néant ; et Dieu ? Néant suprême. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.777, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| Sans rival dans le culte de l’Impassibilité, j’y ai aspiré frénétiquement, en sorte que plus je voulais y atteindre, plus je m’en écartais. Juste déroute pour celui qui poursuit un but contraire à sa nature. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 78 |
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| Se débarrasser de la vie, c’est se priver du bonheur de s’en moquer. Unique réponse possible à quelqu’un qui vous annonce son intention d’en finir. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 54 |
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| Se méfier des penseurs dont l’esprit ne fonctionne qu’à partir d’une citation. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes (1987) |
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| Seul est porté à œuvrer celui qui se trompe sur soi, qui ignore les motifs secrets de ses actes. Le créateur devenu transparent à lui-même, ne crée plus. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 128 |
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| Seul s’affranchit l’esprit qui, pur de toute accointance avec êtres ou objets, s’exerce à sa vacuité. |
| CIORAN Emil Michel – La tentation d’exister, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 825 |
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| Si je n’ai pas de goût pour le Mystère, c’est parce que tout me paraît inexplicable, que dis-je ? parce que je vis d’inexplicable et que j’en suis repu. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 41 |
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| Si je préfère les femmes aux hommes, c’est parce qu’elles ont sur eux l’avantage d’être plus déséquilibrées, donc plus compliquées, plus perspicaces et plus cyniques, sans compter cette supériorité mystérieuse que confère un esclavage millénaire. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 65 |
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| Si l’on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1296 |
|
| Si la mort n’avait que des côtés négatifs, mourir serait un acte impraticable. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1275 |
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| Si on me demandait de résumer le plus brièvement possible ma vision des choses, de la réduire à son expression la plus succincte, je mettrais à la place des mots un point d’exclamation, un ! définitif. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 112 ; Œuvres, Quarto Gallimard 1995, p.1704 |
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| Sur le plan spirituel, toute douleur est une chance ; sur le plan spirituel seulement. |
| CIORAN Emil Michel |
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| Tel livre de piété assure que l’incapacité de prendre parti est signe qu’on n’est pas « éclairé de la lumière divine ». En d’autres termes, l’irrésolution, cette objectivité totale, serait chemin de perdition. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 23 |
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| Tout ce qu’on peut classer est périssable. Ne dure que ce qui est susceptible de plusieurs interprétations. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 129 |
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| Tout ce qui nous gêne nous permet de nous définir. Sans infirmités, point de conscience de soi. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, p.134 |
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| Tout désespoir est un ultimatum à Dieu. |
| CIORAN Emil Michel – Le crépuscule des pensées (1940) |
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| Tout n’est pas perdu, tant qu’on est mécontent de soi. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, p.107 |
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| Tout problème profane un mystère ; à son tour, le problème est profané par sa solution. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.759, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
|
| Tout projet est une forme camouflée d’esclavage. |
| CIORAN Emil Michel – Écartèlement, Gallimard |
|
| Toute forme de hâte, même vers le bien, trahit quelque dérangement mental. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1302 |
|
| Toute forme de progrès est une perversion, dans le sens où l’être est une perversion du non-être. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 89 |
|
| Toute idée est une exagération. Penser, c’est exagérer. |
| CIORAN Emil Michel – Carnets 1957-1972, nrf Gallimard 1997, 1 octobre 1963, p.181 |
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| Toute pensée dérive d’une sensation contrariée. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1318 |
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| Un homme politique qui ne donne pas quelque signe de gâtisme me fait peur. |
| CIORAN Emil Michel – Syllogismes de l’amertume, p.803, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, 1995 |
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| Un patrimoine bien à nous : les heures où nous n’avons rien fait… Ce sont elles qui nous forment, qui nous individualisent, qui nous rendent dissemblables. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 25 |
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| Une lettre digne de ce nom s’écrit sous le coup de l’admiration ou de l’indignation, de l’exagération en somme. On saisit pourquoi une lettre sensée est une lettre mort-née. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 39 |
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| Une seule chose importe : apprendre à être perdant. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1346 |
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| Virus de la prose, le style poétique la désarticule et la ruine : une prose poétique est une prose malade. |
| CIORAN Emil Michel – La tentation d’exister |
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| Vivre, c’est perdre du terrain. |
| CIORAN Emil Michel – De l’inconvénient d’être né, in Œuvres, coll. Quarto, éd. Gallimard, p. 1330 |
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| X., qui a tout raté, se plaignait devant moi de n’avoir pas de destin. – Mais si, mais si. La suite de vos échecs est si remarquable qu’elle paraît trahir un dessein providentiel. |
| CIORAN Emil Michel – Aveux et anathèmes, Gallimard, 1986, p. 47 |
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| Écris ! En plus net, plus visible, plus sonore, c’est la clé de l’autre musique ! Prends des notes destinées à toi seule. Écris. Comme à une autre personne, pour qui tu n’existes pas. Pour qui tu vis. Pour ne pas mourir. |
| CIXOUS Hélène – Dedans |
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| Tout homme qui dirige, qui fait quelque chose, a contre lui ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui font précisément le contraire, et surtout la grande armée des gens d’autant plus sévères qu’ils ne font rien du tout. |
| CLARETIE Jules |
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| Vous aimez les livres ? Vous voici heureux pour la vie. |
| CLARETIE Jules |
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| Chacun son métier, / Les vaches seront bien gardées. |
| CLARIS DE FLORIAN Jean-Pierre – Fables (1792), le Vacher et le Garde-Chasse |
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| Il en coûte trop cher pour briller dans le monde, / Combien je vais aimer ma retraite profonde ! / Pour vivre heureux vivons caché. |
| CLARIS DE FLORIAN Jean-Pierre – Fables (1792), Le Grillon |
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| L’asile le plus sûr est le sein d’une mère. |
| CLARIS DE FLORIAN Jean-Pierre – Fables, la Mère, l’Enfant et les Sarigues, II, 1 |
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| Ne jouons point avec les grands, le plus doux a toujours des griffes à la patte. |
| CLARIS DE FLORIAN Jean-Pierre – Fables, Les singes et le léopard |
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| Plaisir d’amour ne dure qu’un moment. Chagrin d’amour dure toute la vie. |
| CLARIS DE FLORIAN Jean-Pierre – Romance extraite de Célestine (musique de J.-P. Martini). |
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| Quiconque jouit trop est bientôt dégoûté ; il faut au bonheur du régime. |
| CLARIS DE FLORIAN Jean-Pierre – Fables, Le cheval et le poulain |
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| Rira bien qui rira le dernier. |
| CLARIS DE FLORIAN Jean-Pierre – Fables (1792), Les deux paysans et le nuage |
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| Ah, que le monde est grand et que nous y sommes seuls ! |
| CLAUDEL Paul – L’Annonce faite à Marie, p.88, Livre de Poche no980 |
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| Avec le rond d’un simple Oui nous achetons la vie éternelle. |
| CLAUDEL Paul – Conversation dans le Loir-et-Cher, Mardi |
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| Ce n’est pas l’esprit qui est dans le corps, c’est l’esprit qui contient le corps, et qui l’enveloppe tout entier. |
| CLAUDEL Paul – Le Soulier de satin, , Gallimard, Première journée, scène 6 |
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| Ce n’est point le temps qui manque, c’est nous qui lui manquons. |
| CLAUDEL Paul – Partage de midi, I |
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| De tous les plaisirs, quand il n’en reste plus, il reste toujours celui de se lever de table après un repas ennuyeux. |
| CLAUDEL Paul |
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| En vieillissant, on perd pas mal de ses défauts, ils ne nous servent plus à rien. |
| CLAUDEL Paul – Journal, Gallimard |
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| Heureuse la femme qui trouve à qui se donner ! Celle-là ne demande point à se reprendre ! |
| CLAUDEL Paul – Partage de midi, I |
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| Il est sorti premier d’un concours de circonstances. |
| CLAUDEL Paul |
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| Il n’y a pour les choses et pour les poèmes qu’une seule manière d’être nouveaux, c’est d’être vrais, et qu’une seule manière d’être jeunes, c’est d’être éternels. |
| CLAUDEL Paul – Réflexions sur la poésie, Paris, Gallimard, « Idées », 1963 |
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| Il ne faut pas comprendre … Il faut perdre connaissance. |
| CLAUDEL Paul – Partage de midi, I, Ysé |
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| Il y a des yeux qui reçoivent la lumière et il y a des yeux qui la donnent. |
| CLAUDEL Paul |
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| Il ya des gens qui ne sont point persuasifs mais contagieux. |
| CLAUDEL Paul – Journal (Gallimard) |
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| Je me réserve avec fermeté le droit de me contredire. |
| CLAUDEL Paul – Conversations dans le Loir-et-Cher (Gallimard) |
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| L’arbre mort fait encore une bonne charpente. |
| CLAUDEL Paul – L’Otage, II, 1, Sygne (Gallimard) |
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| L’homme connaît le monde, non point par ce qu’il y dérobe, mais par ce qu’il y ajoute. |
| CLAUDEL Paul – Connaissance du temps, L’Art poétique |
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| L’Occident regarde la mer et l’Orient regarde la montagne. |
| CLAUDEL Paul – L’Oiseau noir dans le soleil levant (Gallimard) |
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| L’ordre est le plaisir de la raison : mais le désordre est le délice de l’imagination. |
| CLAUDEL Paul – Le soulier de satin. |
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| La crainte de l’adjectif est le commencement du style. |
| CLAUDEL Paul – Journal |
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| Le bien est plus intéressant que le mal parce qu’il est plus difficile. |
| CLAUDEL Paul – Journal, Cahier V, 1924, Gallimard |
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| Le bonheur n’est pas le but mais le moyen de la vie. |
| CLAUDEL Paul – Journal, Gallimard |
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| Le but de la poésie n’est pas, comme dit Baudelaire, de plonger « au fond de l’Infini pour trouver du nouveau », mais au fond du défini pour y trouver de l’inépuisable. |
| CLAUDEL Paul – Accompagnements, Introduction à un poème sur Dante |
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| Le génie est comme un miroir dont un côté reçoit la lumière et dont l’autre est tout rugueux et rouillé. |
| CLAUDEL Paul – Livre de Christophe Colomb |
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| Le mariage n’est point le plaisir, c’est le sacrifice du plaisir, c’est l’étude de deux âmes qui pour toujours désormais, et pour une fin hors d’elles-mêmes, auront à se contenter l’une de l’autre. |
| CLAUDEL Paul – Le Père humilié, acte II, scène 2 |
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| Le pire n’est pas toujours sûr. |
| CLAUDEL Paul – Le Soulier de satin, titre |
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| Les gens ne sont des héros que quand ils ne peuvent pas faire autrement. |
| CLAUDEL Paul – Journal (Gallimard) |
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| Les mots ne sont que les fragments découpés d’un ensemble qui leur est antérieur. |
| CLAUDEL Paul – Positions et Propositions |
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| Les mots que j’emploie, ce sont les mots de tous les jours, et ce ne sont point les mêmes ! |
| CLAUDEL Paul – La muse qui est la grâce, in Cinq Grandes Odes |
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| Même pour le simple envol d’un papillon, tout le ciel est nécessaire. |
| CLAUDEL Paul |
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| Notre résurrection n’est pas tout entière dans le futur, elle est aussi en nous, elle commence, elle a déjà commencé. |
| CLAUDEL Paul – correspondance avec André Gide |
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| Ô credo entier des choses visibles et invisibles, je vous accepte avec un cœur catholique ! Où que je tourne la tête, j’envisage l’immense octave de la Création ! |
| CLAUDEL Paul – L’Esprit et l’Eau, in Cinq Grandes Odes |
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| Ô ma fiancée à travers les branches en fleurs, salut ! |
| CLAUDEL Paul – L’Annonce faite à Marie, II, 3 |
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| On croit que tout est fini, mais alors il y a toujours un rouge-gorge qui se met à chanter. |
| CLAUDEL Paul |
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| On ne se prépare pas à la mort. On se détache la vie. |
| CLAUDEL Paul – Journal, Gallimard |
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| Pour célébrer la mémoire de tous les écrivains passés je propose un siècle de silence. |
| CLAUDEL Paul |
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| Quand il existe quelque chose d’éternel, comment ferais-je pour n’en pas être éternellement le témoin ? |
| CLAUDEL Paul – Journal (Gallimard) |
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| Quelqu’un qui admire a toujours raison. |
| CLAUDEL Paul – Correspondance avec André Suarès, Gallimard |
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| Quelqu’un qui soit en moi plus moi-même que moi. |
| CLAUDEL Paul – Vers d’exil |
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| Votre esprit est sans pente. |
| CLAUDEL Paul – Correspondance avec André Gide (Gallimard) |
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| La guerre est une simple continuation de la politique par d’autres moyens. |
| CLAUSEWITZ – De la Guerre |
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| C’est plutôt la conscience de ce qui lui manque que la sensation de ce qu’il possède, qui place l’homme au-dessus des reptations de l’animalité. |
| CLEMENCEAU Georges – Au soir de la pensée, tome I, chapitre 3 |
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| En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| Il suffit d’ajouter « militaire » à un mot pour lui faire perdre sa signification. Ainsi la justice militaire n’est pas la justice, la musique militaire n’est pas la musique. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| L’administration est un lieu où les gens qui arrivent en retard croisent dans l’escalier ceux qui partent en avance. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| La France est un pays extrêmement fertile. On y plante des fonctionnaires, il y pousse des impôts. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| Le plus beau moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| Les femmes vivent plus longtemps que les hommes, surtout quand elles sont veuves. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d’une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| On ne ment jamais autant qu’avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| On reconnaît un discours de Jaurès parce que tous les verbes sont au futur. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| Un traître est un homme politique qui quitte son parti pour s’inscrire à un autre. Par contre, un converti est un homme politique qui quitte son parti pour s’inscrire au vôtre. |
| CLEMENCEAU Georges |
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| Aimer, c’est doubler son regard. |
| CLIFFORD-BARNEY Natalie |
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| Les amis de nos amies sont nos amants. |
| CLIFFORD-BARNEY Natalie |
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| Lisez les pensées des autres et il vous en viendra. |
| CLUNY Claude Michel – Le silence de Delphes – journal littéraire 1948-1962, SNELA La Différence 2002, 1957 p.78 |
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| À l’impossible je suis tenu. |
| COCTEAU Jean – Orphée (Stock) |
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| À une dame qui me demandait une explication j’ai répondu : « Expliquez-moi votre chapeau. » |
| COCTEAU Jean – Journal (1942-1945), Gallimard 1989, 7 avril 1945, p.643 |
|
| C’est cette manière d’épauler, de viser, de tirer vite et juste, que je nomme le style. |
| COCTEAU Jean – Le Secret professionnel (Stock) |
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| Ce que le lecteur veut, c’est se lire. En lisant ce qu’il approuve, il pense qu’il pourrait l’avoir écrit. |
| COCTEAU Jean – La Difficulté d’être |
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| Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi. |
| COCTEAU Jean – Après coup, in Le Potomak |
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| Écrire est un acte d’amour. S’il ne l’est pas il n’est qu’écriture. |
| COCTEAU Jean – La Difficulté d’être, Des mœurs |
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| Écrire, surtout des poèmes, égale transpirer. L’œuvre est une sueur. |
| COCTEAU Jean – Lettre à Jacques Maritain |
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| Finalement, je crois que j’ai vécu très au-dessus des moyens de mon époque. |
| COCTEAU Jean – Inédit |
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| Il est aussi difficile à un poète de parler poésie qu’à une plante de parler horticulture. |
| COCTEAU Jean – à François Mauriac |
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| Il faut être un homme vivant et un artiste posthume. |
| COCTEAU Jean – Le Rappel à l’ordre |
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| Il n’existe que deux manières de gagner la partie : jouer cœur ou tricher. Jouer cœur est simple. Il faut en avoir, voilà tout. |
| COCTEAU Jean – Lettre à Jacques Maritain |
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| Il y a trente-cinq ans qu’on me répète à propos de tout : vous verrez… vous verrez. Je n’ai rien vu. |
| COCTEAU Jean – Les monstres sacrés, p.53, in Théâtre 2, Gallimard nrf |
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| J’ai fait fleur ton portrait en nouant un seul fil / De sorte que ta face est aussi ton profil. |
| COCTEAU Jean – Faire-part, Secrets |
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| J’aime vieillir. Je déteste la conception wildienne de la « jeunesse ». Les boucles blondes, etc. L’âge apporte un calme, un équilibre, une altitude. L’amitié, le travail tiennent toute la place. |
| COCTEAU Jean – Journal (1942-1945), Gallimard 1989, 6 février 1943, p.262 |
|
| Je préfère les chats aux chiens, parce qu’il n’y a pas de chats policiers. |
| COCTEAU Jean |
|
| Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi. |
| COCTEAU Jean – Discours de réception à l’académie française |
|
| L’art pour l’art, l’art pour la foule sont également absurdes. Je propose l’art pour Dieu. |
| COCTEAU Jean – Lettre à Jacques Maritain |
|
| L’enfance sait ce qu’elle veut. Elle veut sortir de l’enfance. |
| COCTEAU Jean – La Difficulté d’être, De la jeunesse |
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| L’esthétique de l’échec est la seule durable. Qui ne comprend pas l’échec est perdu. |
| COCTEAU Jean – Opium, Stock |
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| L’homme n’est pas fait pour travailler. La preuve, c’est que ça le fatigue. |
| COCTEAU Jean |
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| L’instinct demande à être dressé par la méthode, mais l’instinct seul nous aide à découvrir une méthode qui nous soit propre et grâce à laquelle nous pouvons dresser notre instinct. |
| COCTEAU Jean – Le Rappel à l’ordre |
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| L’œuvre est une sueur. |
| COCTEAU Jean – Le Secret professionnel |
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| L’opium dégage l’esprit. Jamais il ne rend spirituel. Il éploie l’esprit. Il ne le met pas en pointe. |
| COCTEAU Jean – Opium, Romans, Poésies, Œuvres diverses, La Pochothèque LdP 1995, p.648 |
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| La beauté est asymétrique. Un visage, un poème asymétriques. C’est ce que j’appelle boiter… Les anges boitent. La beauté boite. |
| COCTEAU Jean – Essai de Critique indirecte |
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| La France a toujours cru que l’égalité consistait à trancher ce qui dépasse. |
| COCTEAU Jean – Discours de réception à l’Académie française |
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| La sagesse est d’être fou lorsque les circonstances en valent la peine. |
| COCTEAU Jean – Opium |
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| La source désapprouve presque toujours l’itinéraire du fleuve. |
| COCTEAU Jean – Le Rappel à l’ordre, Romans, Poésies, Œuvres diverses, La Pochothèque LdP 1995, p.430 |
|
| La vie est la première partie de la mort. |
| COCTEAU Jean – Jean l’oiseleur |
|
| Le bonheur exige du talent. Le malheur pas. On se laisse aller. On s’enfonce. C’est pourquoi le malheur plaît et le bonheur effraye la foule. |
| COCTEAU Jean – Journal (1942-1945), Gallimard 1989, 9 décembre 1944, p.586 |
|
| Le génie est l’extrême pointe du sens pratique. |
| COCTEAU Jean – Opium, Romans, Poésies, Œuvres diverses, La Pochothèque LdP 1995, p.658 |
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| Le mouvement dort au milieu d’une roue qui tourne. |
| COCTEAU Jean – Poésie critique |
|
| Le poète se souvient de l’avenir. |
| COCTEAU Jean – Journal d’un inconnu |
|
| Le style est une façon très simple de dire des choses compliquées. |
| COCTEAU Jean – Le Secret professionnel (Stock) |
|
| Le tact dans l’audace, c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin. |
| COCTEAU Jean – Le Rappel à l’ordre, Romans, Poésies, Œuvres diverses, La Pochothèque LdP 1995, p.429 |
|
| Le talent, c’est le relief donné à la platitude. |
| COCTEAU Jean |
|
| Le temps des hommes est de l’éternité pliée. |
| COCTEAU Jean – La machine infernale, p.107, Livre de Poche n°854 |
|
| Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif et son futur est toujours conditionnel. |
| COCTEAU Jean |
|
| Le zéro, collier du néant. |
| COCTEAU Jean |
|
| Les critiques jugent les œuvres et ne savent pas qu’ils sont jugés par elles. |
| COCTEAU Jean – La Difficulté d’être |
|
| Les critiques jugent les œuvres et ne savent pas qu’ils sont jugés par elle. |
| COCTEAU Jean – La Difficulté d’être, éditions du Rocher |
|
| Les Italiens sont des Français de bonne humeur. |
| COCTEAU Jean |
|
| Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu plus avant de renvoyer les images. |
| COCTEAU Jean – Essai de critique indirecte |
|
| Les privilèges de la beauté sont immenses. Elle agit même sur ceux qui ne la constatent pas. |
| COCTEAU Jean – Les Enfants terribles |
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| Marbre n’écrase pas ce mort / Dont un nuage est la statue. |
| COCTEAU Jean – Faire-part, A la mémoire de Claude Debussy |
|
| Ne haïr que la haine. |
| COCTEAU Jean – Poésie critique, Gallimard |
|
| Ne ressembler à rien. Ne ressembler à personne. Il n’existe pas d’éloge qui puisse me toucher davantage. |
| COCTEAU Jean – L’Aigle à deux têtes |
|
| Nous abritons un ange que nous choquons sans cesse. Nous devons être gardiens de cet ange. |
| COCTEAU Jean – Le Rappel à l’ordre, Romans, Poésies, Œuvres diverses, La Pochothèque LdP 1995, p.447 |
|
| On ferme les yeux des morts avec douceur ; c’est aussi avec douceur qu’il faut ouvrir les yeux des vivants. |
| COCTEAU Jean – Le Coq et l’Arlequin, Stock |
|
| On ne se consacre pas à la poésie ; on s’y sacrifie. |
| COCTEAU Jean |
|
| Pour exprimer son âme, on n’a que son visage. |
| COCTEAU Jean – Renaud et Armide |
|
| Puisque ces mystères me dépassent, feignons d’en être l’organisateur. |
| COCTEAU Jean – Les mariés de la Tour Eiffel, p.87, Folio n°908 |
|
| Qu’est-ce que la France, je vous le demande ? Un coq sur un fumier. Ôtez le fumier, le coq meurt. |
| COCTEAU Jean – La difficulté d’être, Romans, Poésies, Œuvres diverses, La Pochothèque LdP 1995, p.882 |
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| Qu’il est laid le bonheur qu’on veut, qu’il est beau le malheur qu’on a ! |
| COCTEAU Jean – Opéra (L’ange Heurtebise ), XIV |
|
| Que pense la toile sur laquelle on est en train de peindre un chef-d’œuvre ? « On me salit. On me brutalise. On me tache. » Ainsi l’homme boude son beau destin. |
| COCTEAU Jean – Le Rappel à l’ordre |
|
| Que pense le marbre dans lequel un sculpteur taille un chef-d’œuvre ? Il pense : on me frappe, on m’abîme, on m’insulte, on me brise, je suis perdu. Ce marbre est idiot. La vie me taille : Elle fait un chef-d’œuvre. |
| COCTEAU Jean – Orphée, scène 9. |
|
| Qui s’affecte d’une insulte, s’infecte. |
| COCTEAU Jean – Journal d’un inconnu. Grasset |
|
| Tout ce qui se classe empeste la mort. Il faut se déclasser, Tirésias, sortir du rang. C’est le signe des chefs-d’œuvre et des héros. |
| COCTEAU Jean – La Machine infernale |
|
| Tout ce qui se prouve est vulgaire, agir sans preuves exige un acte de foi. |
| COCTEAU Jean – Le discours d’Oxford |
|
| Trouver d’abord. Chercher après. |
| COCTEAU Jean – La Difficulté d’être, D’une conduite |
|
| Un beau livre, c’est celui qui sème à foison les points d’interrogation. |
| COCTEAU Jean |
|
| Un enfant prodige, c’est un enfant dont les parents ont beaucoup d’imagination. |
| COCTEAU Jean |
|
| Un homme pur doit être libre et suspect. |
| COCTEAU Jean – Essai de critique indirecte. Des beaux-arts considérés comme un assassinat. |
|
| Un livre ne donne jamais ce qu’on en peut attendre. Il ne saurait être une réponse à votre attente. Il doit vous hérisser de points d’interrogation. |
| COCTEAU Jean – Le Rappel à l’ordre |
|
| Un secret a toujours la forme d’une oreille. |
| COCTEAU Jean – Le Rappel à l’ordre (Stock) |
|
| Un texte traduit est un clair de lune empaillé. |
| COCTEAU Jean |
|
| Une trop grande liberté, un fais ce que tu veux commode, met la jeunesse dans l’impossibilité de désobéir, alors que rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance à des règles. |
| COCTEAU Jean – Poésie critique (Gallimard) |
|
| Il n’y a qu’une façon d’apprendre, […]. C’est par l’action. |
| COELHO Paolo – L’Alchimiste, trad. Jean Orecchioni, p. 170, Éd. J’ai Lu no 4120 |
|
| Le futur a été créé pour être changé. |
| COELHO Paul |
|
| Personne ne peut fuir son cœur. C’est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu’il dit. |
| COELHO Paul – L’Alchimiste |
|
| Quoi qu’elle fasse, toute personne sur terre joue toujours le rôle principal de l’Histoire du monde. Et normalement elle n’en sait rien. |
| COELHO Paul – L’Alchimiste |
|
| Seule l’explosion intérieure permet de briller. |
| COELHO Paul – Manuel du guerrier de la lumière |
|
| Une fois résolu, un problème est d’une simplicité atterrante. |
| COELHO Paul |
|
| Aimer, c’est perdre le contrôle. |
| COELHO Paulo – Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré |
|
| À cœur vaillant, rien d’impossible. |
| CŒUR Jacques – sa devise |
|
| La République n’a pas besoin de savants ! |
| COFFINHAL-DUBAIL Jean-Baptiste – Président du Tribunal Révolutionnaire qui, le 8 mai 1794, condamna Lavoisier |
|
| Le malheur est père du bonheur de demain. |
| COHEN Albert – Solal |
|
| Le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient. |
| COHEN Albert – Le livre de ma mère |
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| Ô curieuses pâleurs de mes amours défuntes. |
| COHEN Albert – Le livre de ma mère |
|
| Pour le Roi, souvent. Pour la Patrie, toujours. |
| COLBERT Jean-Baptiste – Devise de Colbert. |
|
| Faites des bêtises, mais faites-les avec enthousiasme. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle |
|
| Il est impossible de vivre avec des gens qui n’ont pas le moindre sens de l’humour. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle |
|
| Il est sage de verser, sur le rouage de l’amitié, l’huile de la politesse délicate. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle – Le pur et l’impur, Œuvres complètes, t. IX, p.127 |
|
| Il y a deux sortes d’amour : l’amour insatisfait, qui vous rend odieux, et l’amour satisfait, qui vous rend idiot. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle |
|
| L’authentique méchant, le vrai, le pur, l’artiste, il est rare qu’on le rencontre même une fois dans sa vie. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle – La Naissance du jour |
|
| Le cœur n’a pas de rides ; il n’a que des cicatrices. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle |
|
| Le vice, c’est le mal qu’on fait sans plaisir. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle – Claudine en ménage (Mercure de France) |
|
| Le visage humain fut toujours mon grand paysage. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle – En pays connu |
|
| Les femmes libres ne sont pas des femmes. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle – Claudine à Paris |
|
| Qu’il s’agisse d’une bête ou d’un enfant, convaincre, c’est affaiblir. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle – Le Pur et l’impur (Calmann-Lévy) |
|
| Suis le chemin et ne t’y couche que pour mourir. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle – Les Vrilles de la vigne (Flammarion) |
|
| Surtout j’ai la douleur, cette douleur toujours jeune, active, inspiratrice d’étonnement, de colère, de rythme, de défi, la douleur qui espère la trêve mais qui ne prévoit pas la fin de la vie, heureusement j’ai la douleur. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle – Le Fanal bleu, Œuvres complètes, t. XIV, p. 11 |
|
| Une femme qui se croit intelligente réclame les mêmes droits que l’homme. Une femme intelligente y renonce. |
| COLETTE Sidonie Gabrielle |
|
| À la sécurité sociale, tout est assuré. Sauf la pendule. Ça, on ne risque pas de la voler, le personnel a les yeux constamment fixés dessus. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| À quoi ça sert, le pouvoir, si c’est pour ne pas en abuser ? |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) – Pensées et anecdotes |
|
| À vingt heures, à la télé, quand tous les pauvres sortent du travail, on ne peut pas dire toute la vérité. Sinon, la majorité n’irait pas travailler le lendemain. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| Avec les maisons en préfabriqué, pendant le crédit tu répares ce qui s’écroule, et au bout de quinze ans les ruines sont à toi. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| Ce serait raciste de penser que les étrangers n’ont pas le droit d’être cons. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) – Pensées et anecdotes, Le cherche midi éditeur 1995, p.113 |
|
| Cinq millions et demi de conducteurs français ont une mauvaise vue. Heureusement leur nombre diminue de jour en jour. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| Combien il y a de gens qui travaillent à la Sécurité Sociale ? Un sur quatre. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| Des fois, on a plus de contact avec un chien pauvre qu’avec un homme riche. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| Dieu a dit : « Il faut partager ». Les riches auront la nourriture, les pauvres de l’appétit. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| Honni soit qui manigance. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| Il lit des bouquins, je comprends même pas le titre. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| Il y a deux genres d’avocats : ceux qui connaissent bien la loi, et ceux qui connaissent bien le juge. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| Je ferais remarquer aux hommes politiques qui me prennent pour un rigolo que ce n’est pas moi qui ai commencé. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| Je voulais vous raconter une histoire de boomerang mais je ne m’en rappelle plus. Enfin, c’est pas grave, ça va me revenir. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
|
| L’avenir appartient à ceux qui ont le véto ! |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| L’horreur est humaine. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| La franchise ne consiste pas à dire ce qu’on pense, mais à penser ce qu’on dit. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| La guerre de 14-18 a fait un civil tué pour dix militaires. La guerre de 39-40, un civil pour un militaire. Le Viêt Nam, cent civils pour un militaire. Pour la prochaine, les militaires seront les seuls survivants. Engagez-vous ! |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| La moitié des hommes politiques sont des bons à rien. Les autres sont prêts à tout. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| La musique adoucit les mœurs, par exemple : la Marseillaise. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| La victoire est brillante, l’échec est mat ! |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| La vie est finie quand tu ne surprends plus personne. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| Le pape ? La colombe de la paix dans une cage blindée. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| Le suicide, c’est une vengeance personnelle, et moi, personnellement, je ne m’en veux pas. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) – Pensées et anecdotes, Le cherche midi éditeur 1995, p.217 |
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| Les catholiques existent pour acheter au détail ce que les juifs n’achètent qu’en gros. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| On est en droit de se poser la question : « Y a-t-il une vie avant la mort ? » |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| On ne m’enlèvera pas de l’idée que la connerie est une forme d’intelligence. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| Parfois, il suffit de relire ou de redire à haute voix ce qu’a dit un type sans rien changer et on fait rire toute une salle. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| Pour être politicien, cinq ans de Droit, tout le reste de travers. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| Pour rétablir nos finances, il faut déclarer la guerre à la Suisse, puis la perdre pour être envahis et avoir une monnaie forte. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| Quand on se penche sur son passé, on risque fort de tomber dans l’oubli. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| Technocrates, c’est les mecs que, quand tu leur poses une question, une fois qu’ils ont fini de répondre, tu comprends plus la question que t’as posée. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| Tu vas t’en mordre les dents ! |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| Un Noir et un Blanc, c’est la même chose, sauf qu’il y en a un qui court plus vite. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| Une malencontreuse erreur s’est glissée dans notre tableau des champignons vénéneux (voir p. 12 du numéro 477). Les survivants auront rectifié d’eux-mêmes. |
| COLUCHE (Michel Colucci, dit) |
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| Dieu disait à Moïse : je suis celui qui est. Le capitaliste dit aujourd’hui : je suis celui qui a. |
| COMMERSON Jean Louis-Auguste – Pensées d’un emballeur |
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| La philosophie a cela d’utile qu’elle sert à nous consoler de son inutilité. |
| COMMERSON Jean Louis-Auguste – Pensées d’un emballeur |
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| Les femmes ne savent bien que ce qu’elles n’ont pas appris. |
| COMMERSON Jean Louis-Auguste – Pensées d’un emballeur |
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| Il n’y a qu’une maxime absolue, c’est qu’il n’y a rien d’absolu. |
| COMTE Auguste – Cours de philosophie positive |
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| Il y a plus de morts que de vivants et ce sont les morts qui dirigent les vivants. |
| COMTE Auguste – Catéchisme positiviste |
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| L’Amour pour principe, l’Ordre pour base, et le Progrès pour but ; tel est, d’après ce long discours préliminaire, le caractère fondamental du régime définitif que le positivisme vient inaugurer. |
| COMTE Auguste – Système de politique positive |
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| La révolution féminine doit maintenant compléter la révolution prolétaire, comme celle-ci consolida la révolution bourgeoise, émanée d’abord de la révolution politique. |
| COMTE Auguste – Catéchisme positiviste, Préface |
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| Les vivants sont toujours, et de plus en plus, dominés par les morts. |
| COMTE Auguste – Système de Politique positive, II |
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| Nul n’est moins disposé qu’un égoïste à tolérer égoïsme, qui partout lui suscite d’intraitables concurrents. |
| COMTE Auguste – Catéchisme positiviste, Troisième partie, huitième entretien |
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| Nul ne possède d’autre droit que celui de toujours faire son devoir. |
| COMTE Auguste – Système de politique positive |
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| On ne connaît pas complètement une science tant qu’on n’en sait pas l’histoire. |
| COMTE Auguste – Cours de Philosophie positive, Deuxième leçon |
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| Supérieures par l’amour, mieux disposées à toujours subordonner au sentiment l’intelligence et l’activité, les femmes constituent spontanément des êtres intermédiaires entre l’Humanité et les hommes. |
| COMTE Auguste – Système de politique positive |
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| Toute l’histoire de l’Humanité se condense nécessairement dans celle de la religion. La loi générale du mouvement humain consiste, sous un aspect quelconque, en ce que l’homme devient de plus en plus religieux. |
| COMTE Auguste – Catéchisme positiviste, Conclusion, 11e entretien |
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| Tu sais que par régime philosophique je m’abstiens soigneusement de lecture, afin de mieux préserver de toute altération mon originalité caractéristique. |
| COMTE Auguste – Lettre à Valat, 10 mai 1840 |
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| Aimer une personne pour son apparence, c’est comme aimer un livre pour sa reliure. |
| CONAN Félicité Angers, dite Laure |
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| On sait rarement ce qu’on veut et jamais ce qu’on voudra. |
| CONAN Félicité Angers, dite Laure |
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| Quand elle est là, tout disparaît à mes yeux, et je ne sais plus au juste s’il est nuit ou s’il est jour. |
| CONAN Félicité Angers, dite Laure – Angéline de Montbrun |
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| Je regarde la grammaire comme la première partie de l’art de penser. |
| CONDILLAC Étienne Bonnot de – Cours d’étude pour l’instruction du prince de Parme |
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| Nous n’avons point d’idée générale qui n’ait été particulière. |
| CONDILLAC Étienne Bonnot, Abbé de – Extrait raisonné du Traité des sensations, 1 |
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| Voulez-vous apprendre les sciences avec facilité ? Commencez par apprendre votre langue. |
| CONDILLAC Étienne Bonnot, Abbé de – Traité des systèmes |
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| C’est une erreur de croire que le salut public puisse commander une injustice. |
| CONDORCET Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de |
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| Conservons par la sagesse ce que nous avons acquis par l’enthousiasme. |
| CONDORCET Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de |
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| La vérité appartient à ceux qui la cherchent et non point à ceux qui prétendent la détenir. |
| CONDORCET Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, marquis de |
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| Appliquez-vous à garder en toute chose le juste milieu. |
| CONFUCIUS – Entretiens, X, 20 |
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| Ce qu’on sait, savoir qu’on le sait ; ce qu’on se sait pas, savoir qu’on ne le sait pas : voilà le véritable savoir. |
| CONFUCIUS – Entretiens du Maître avec ses disciples, p.15, Éd. Mille et une nuits n°156 |
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| Celui qui déplace la montagne, c’est celui qui commence à enlever les petites pierres. |
| CONFUCIUS |
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| Celui qui gouverne un peuple en lui donnant de bons exemples est comme l’étoile polaire, qui demeure immobile pendant que toutes les autres se meuvent autour d’elle. |
| CONFUCIUS – Entretiens, I, 2 |
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| Celui qui repasse dans son esprit ce qu’il sait déjà, et par ce moyen acquiert de nouvelles connaissances, pourra bientôt enseigner les autres. |
| CONFUCIUS – Entretiens du Maître avec ses disciples, p.15 , Éd. Mille et une nuits n°156 |
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| Commettre une faute et ne pas s’en corriger, c’est là la vraie faute ! |
| CONFUCIUS |
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| Étudier sans réfléchir est une occupation vaine ; réfléchir sans étudier est dangereux. |
| CONFUCIUS – Entretiens du Maître avec ses disciples, p.15 , Éd. Mille et une nuits n°156 |
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| Il n’est pas nécessaire d’aller vite, le tout est de ne pas s’arrêter. |
| CONFUCIUS |
|
| J’entends et j’oublie. Je vois et je me souviens. Je fais et je comprends. |
| CONFUCIUS |
|
| Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions. |
| CONFUCIUS |
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| Je ne veux ni ne rejette rien absolument, mais je consulte toujours les circonstances. |
| CONFUCIUS – Entretiens, IX, 18 |
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| Ki houen Sseu réfléchissait à plusieurs reprises avant de faire une chose. Le Maître, l’ayant appris, dit : «Il suffit de réfléchir deux fois ». |
| CONFUCIUS – Entretiens, III, 5 |
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| L’archer a un point commun avec l’homme de bien : quand sa flèche n’atteint pas le centre de la cible, il en cherche la cause en lui-même. |
| CONFUCIUS |
|
| L’expérience est une lanterne que l’on porte sur le dos et qui n’éclaire jamais que le chemin parcouru. |
| CONFUCIUS |
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| L’homme honorable commence par appliquer ce qu’il veut enseigner ; ensuite il enseigne. |
| CONFUCIUS – Entretiens du Maître avec ses disciples, p.15 , Éd. Mille et une nuits n°156 |
|
| L’homme supérieur demande tout à lui-même ; l’homme vulgaire demande tout aux autres. |
| CONFUCIUS |
|
| L’homme supérieur est amical sans être familier ; l’homme vulgaire est familier sans être amical. |
| CONFUCIUS |
|
| La conduite du sage est sans saveur, comme l’eau. |
| CONFUCIUS |
|
| La joie est en tout ; il faut savoir l’extraire. |
| CONFUCIUS |
|
| La sagesse parfaite est-elle si éloignée ? Quand je désire la trouver, elle est à portée de ma main. |
| CONFUCIUS |
|
| Le sage a honte de ses défauts, mais il n’a pas honte de s’en corriger. |
| CONFUCIUS |
|
| Lorsque l’on se cogne la tête contre un pot et que cela sonne creux, ce n’est pas forcément le pot qui est vide. |
| CONFUCIUS |
|
| Ne choisis tes amis que parmi tes égaux. |
| CONFUCIUS |
|
| Ne prenez pas vos cadets à la légère : qui vous dit, en effet, qu’un jour ils ne vous égaleront pas ? |
| CONFUCIUS – Entretiens |
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| Ne vous affligez pas de ce que les hommes ne vous connaissent pas ; affligez-vous de ne pas connaître les hommes. |
| CONFUCIUS – Entretiens du Maître avec ses disciples, p.12 , Éd. Mille et une nuits n°156 |
|
| Ne vous souciez pas d’être remarqué : cherchez plutôt à faire quelque chose de remarquable. |
| CONFUCIUS – Entretiens |
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| On s’égare rarement en s’imposant soi-même des règles sévères. |
| CONFUCIUS – Entretiens du Maître avec ses disciples, p.36 , Éd. Mille et une nuits n°156 |
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| Pas trop d’isolement ; pas trop de relations ; le juste milieu, voilà la sagesse. |
| CONFUCIUS |
|
| Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle. |
| CONFUCIUS |
|
| Quand on lui montre la lune du doigt, l’imbécile regarde le doigt. |
| CONFUCIUS |
|
| Qui ne se préoccupe pas de l’avenir lointain, se condamne aux soucis immédiats. |
| CONFUCIUS – Entretiens |
|
| Se regarder scrupuleusement soi-même, ne regarder que discrètement les autres. |
| CONFUCIUS |
|
| Si l’homme a deux oreilles et une bouche, c’est pour écouter deux fois plus qu’il ne parle. |
| CONFUCIUS |
|
| Si tu veux juger des mœurs d’un peuple, écoute sa musique. |
| CONFUCIUS |
|
| Tuer un homme pour sauver le monde, ce n’est pas agir pour le bien du monde. S’immoler soi-même pour le bien du monde, voilà qui est bien agir. |
| CONFUCIUS |
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| Une image vaut mille mots. |
| CONFUCIUS |
|
| Une injustice n’est rien, si on parvient à l’oublier. |
| CONFUCIUS – |
|
| Une petite impatience ruine un grand projet. |
| CONFUCIUS |
|
| La jeunesse est une belle chose, une force puissante – aussi longtemps qu’on n’y pense pas. |
| CONRAD Joseph – La Ligne d’Ombre |
|
| C’est un grand avantage dans les affaires de la vie que de savoir prendre l’offensive : l’homme attaqué transige toujours. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – Journal intime |
|
| Cette police dont les coupables sont le prétexte, et les innocents le but. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – Le Cahier rouge |
|
| Du sein de l’obscurité qui l’enveloppe, le doute voit s’échapper des rayons lumineux … Loin de repousser, il invoque. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – De la religion considérée dans sa source…, tome V |
|
| J’ai appris à me regarder comme une machine souffrante, mais qui, en souffrant, se remonte. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – Lettres à Prosper de Barante, 21 juillet 1812 |
|
| J’ai remarqué qu’il fallait remercier les hommes le moins possible, parce que la reconnaissance qu’on leur témoigne les persuade aisément qu’ils en font trop. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – Journal intime |
|
| La douleur réveille en nous, tantôt ce qu’il y a de plus noble dans notre nature, le courage, tantôt ce qu’il y a de plus tendre, la sympathie et la pitié. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – De la religion considérée dans sa source…, tome IV |
|
| La grande question dans la vie, c’est la douleur que l’on cause, et la métaphysique la plus ingénieuse ne justifie pas l’homme qui a déchiré le cœur qui l’aimait. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – Adolphe, Réponse de l’éditeur |
|
| Le monde ressemble à un chat qu’on a voulu noyer dans une rivière. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – Lettre à Mme de Nassau, 31 décembre 1813 |
|
| Les précautions qu’il prit pour que ce pressentiment ne se réalisât point furent précisément ce qui le fit se réaliser. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – Cécile |
|
| N’est-il pas égal qu’il arrive ce que vous voulez, ou que vous vouliez ce qui arrive ? Ce qu’il vous faut c’est que votre volonté et les événements soient d’accord. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – Cécile, dixième époque |
|
| Nous sommes des créatures tellement mobiles que les sentiments que nous feignons, nous finissons par les éprouver. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – Adolphe |
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| Soyez justes envers les justes. Vous le leur devez. Mais soyez justes encore envers ceux qui sont injustes ; c’est le meilleur moyen de leur faire porter la peine de leur injustice, tout en leur laissant la faculté de la réparer. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – Principes de politique |
|
| Toutes les idées, tous les faits, je les accueille et leur laisse produire la modification qu’il est dans leur nature de produire en moi. |
| CONSTANT Benjamin (Henri-B. de Rebecque, dit) – Lettre à Cl. Hochet, 2 décembre 1812 |
|
| Dieu voulut résumer les charmes de la femme / En un seul, mais qui fût le plus essentiel, / Et mit dans son regard tout l’infini du ciel. |
| COPPÉE François – Les Récits et les Élégies |
|
| Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ? |
| COPPÉE François – Promenades et Intérieurs (Lemerre) |
|
| Songe aux têtes de mort qui se ressemblent toutes. |
| COPPÉE François – Les Récits et les Élégies |
|
| Redoute l’imprécation de l’opprimé, car entre elle et Dieu ne s’interpose aucun voile. |
| CORAN – Koran, II, 139 |
|
| Fais de toi ton œuvre posthume. |
| CORBIÈRE Tristan (Édouard Joachim Corbière, dit) – Ça |
|
| Fais de toi ton œuvre posthume. |
| CORBIÈRE Tristan (Édouard Joachim, dit) – Ça |
|
| À force d’être juste, on est souvent coupable. |
| CORNEILLE Pierre – La Mort de Pompée |
|
| À moi, Comte, deux mots ! |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid, II, 2 (Rodrigue) |
|
| À quatre pas d’ici je te le fais savoir. |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid, II, 2 (Rodrigue) |
|
| À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid |
|
| Allons où je n’aurai que vous pour souveraine, / Où vos bras amoureux seront ma seule chaîne. |
| CORNEILLE Pierre – Tite et Bérénice |
|
| Cette obscure clarté qui tombe des étoiles… |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid, acte IV, scène 3 |
|
| Et je dirais que je vous aime, / Seigneur, si je savais ce que c’est que d’aimer. |
| CORNEILLE Pierre – Psyché, III, 3 (Psyché) |
|
| Et le combat cessa, faute de combattants. |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid |
|
| Il faut bonne mémoire après qu’on a menti. |
| CORNEILLE Pierre – Le Menteur, acte IV, scène 5 |
|
| Je me défendrai mal : j’innocence étonnée / Ne peut s’imaginer qu’elle soit soupçonnée. |
| CORNEILLE Pierre – Rodogune, acte V, sc. IV |
|
| Je suis jeune il est vrai, mais aux âmes bien nées / La valeur n’attend pas le nombre des années. |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid |
|
| Je suis maître de moi comme de l’univers ! / Je le suis, je veux l’être. |
| CORNEILLE Pierre – Cinna |
|
| Je vous aime / Beaucoup moins que mon Dieu, mais bien plus que moi-même. |
| CORNEILLE Pierre – Polyeucte, IV, 3 (Polyeucte) |
|
| La façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne. |
| CORNEILLE Pierre – Le Menteur |
|
| La raison et l’amour sont ennemis jurés. |
| CORNEILLE Pierre – La Veuve, II, 3 (la nourrice) |
|
| Le pire des États, c’est l’État populaire. |
| CORNEILLE Pierre – Cinna, acte II, scène 1 |
|
| Mes pareils à deux fois ne se font point connaître, / Et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître. |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid, II, 2 (Rodrigue) |
|
| Nous mourrons à toute heure ; et dans le plus doux sort, / Chaque instant de la vie est un pas vers la mort. |
| CORNEILLE Pierre – Tite et Bérénice, V, 1 |
|
| Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort / Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port. |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid, IV, 3 (Rodrigue) |
|
| Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid |
|
| On a peine à haïr ce qu’on a bien aimé / Et le feu mal éteint est bientôt rallumé. |
| CORNEILLE Pierre |
|
| Qui cache sa colère assure sa vengeance. |
| CORNEILLE Pierre – L’Illusion |
|
| Qui veut tout retenir laisse tout échapper. |
| CORNEILLE Pierre – La Place Royale |
|
| Rodrigue, as-tu du cœur ? |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid, I, 5 (Don Diègue) |
|
| Rome, l’unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant ! / Rome, qui t’a vu naître, et que ton cœur adore ! / Rome, enfin, que je hais parce qu’elle t’honore ! |
| CORNEILLE Pierre – Horace, IV, 5 |
|
| Tel donne à pleines mains qui n’oblige personne / La façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne. |
| CORNEILLE Pierre – Le Menteur, I, l (Cliton) |
|
| Un cœur né pour servir sait mal comme on commande. |
| CORNEILLE Pierre – La Mort de Pompée |
|
| Va, cours, vole et nous venge ! |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid, I, 5 (Don Diègue) |
|
| Va, je ne te hais point. |
| CORNEILLE Pierre – Le Cid, acte III, scène IV (Chimène) |
|
| Voir le dernier Romain à son dernier soupir, / Moi seule en être cause, et mourir de plaisir ! |
| CORNEILLE Pierre – Héraclius, IV, 5 (Camille) |
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| Il y a point de héros pour son valet de chambre |
| CORNUEL C. – cité par Mlle Aïssé et souvent attribué à George Sand |
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| Et moi aussi, je suis peintre ! |
| CORRÈGE Le – Devant une peinture de Raphaël |
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| Voir loin, parler franc, agir ferme. |
| COUBERTIN Pierre baron de |
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| Soyons vrais même si nous sommes laids ! |
| COURBET Gustave – Cri de guerre des réalistes |
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| Aux yeux de la Loi, un gredin qui la tourne est moins à craindre en son action qu’un homme de bien qui la discute avec sagesse et clairvoyance. |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) – La Philosophie de Georges Courteline (Flammarion) |
|
| C’est à une dame que l’on doit ce pittoresque raccourci du paysage hivernal : « L’hiver, les arbres sont en bois. » |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) |
|
| C’est étrange que certains commettent des délits quand il y a tellement de façons parfaitement légales d’être malhonnête. |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) |
|
| Il est évidemment bien dur de ne plus être aimé quand on aime, mais cela n’est pas comparable à l’être encore quand on n’aime plus. |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) – La Philosophie de Georges Courteline (Flammarion) |
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| Il pleut des Vérités Premières : / Tendons nos rouges tabliers. |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) – Godefroy |
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| L’administration est un lieu ou les gens qui arrivent en retard croisent dans l’escalier ceux qui partent en avance. |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) |
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| Le Christ a pardonné à la femme adultère. Parbleu : ce n’était pas la sienne. |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) |
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| Le dédain de l’argent est fréquent surtout chez ceux qui n’en ont pas. |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) – Philosophie, Œuvres, Robert Laffont – Bouquins 1990, p.810-811 |
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| Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet. |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) – Philosophie, Œuvres, Robert Laffont – Bouquins 1990, p.831 |
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| Quelles fibres me lient donc à toi, que toutes mes énergies d’homme ne puissent suffire à les briser ? |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) – Bourbouroche |
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| Remède : agent thérapeutique qui guérit rarement le mal que l’on a mais qui donne à chaque instant un mal qu’on n’avait pas. |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) – La Philosophie de Georges Courteline (Flammarion) |
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| S’il fallait tolérer aux autres tout ce qu’on se permet à soi-même, la vie ne serait plus tenable. |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) – La Philosophie de Georges Courteline (Flammarion) |
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| Un des plus clairs effets de la présence d’un enfant dans le ménage est de rendre complètement idiots de braves parents qui, sans lui, n’eussent peut-être été que de simples imbéciles. |
| COURTELINE Georges (Georges Moinaux, dit) – Philosophie, Œuvres, Robert Laffont – Bouquins 1990, p.805 |
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| C’est avouer que nous croyons qu’un homme nous est supérieur, que d’être timide devant lui. |
| CRÉBILLON Fils (Claude-Prosper Jolyot de Crébillon, dit) – Les Égarements du cœur et de l’esprit, III |
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| De toutes les vertus, celle qui, dans le monde, m’a toujours paru réussir le moins à celui qui la pratique, c’est la modestie. |
| CRÉBILLON Fils (Claude-Prosper Jolyot de Crébillon, dit) – Les Égarements du cœur et de l’esprit |
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| Tout homme qui vous blâme de trop parler de vous, ne le fait que parce que vous ne lui laissez pas toujours le temps de parler de lui. |
| CRÉBILLON Fils (Claude-Prosper Jolyot de Crébillon, dit) – Les Égarements du cœur et de l’esprit, troisième partie |
|
| Tout paraît passion à qui n’en a point éprouvé. |
| CRÉBILLON Fils (Claude-Prosper Jolyot de Crébillon, dit) – Les Égarements du cœur et de l’esprit, I |
|
| Le succès fut toujours un enfant de l’audace. |
| CRÉBILLON Père (Prosper Jolyot de Crébillon, dit) – Catilina (1749), Œuvres (tome 3), Didot Paris 1812, Acte III scène vi p.149 |
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| La Sorbonne, ce musée Dupuytren de toutes les sénilités. |
| CREVEL René – Le Clavecin de Diderot, Linguistique |
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| Comment savoir tout sans vieillir ? |
| CROMMELYNCK Fernand – Le Cocu magnifique, acte 1 |
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| Divine diversité de la symétrie : Dès qu’il y a symétrie, il y a échange, circulation, – ou inversement. |
| CROMMELYNCK Fernand – Une femme qui a le cœur trop petit, acte 1 |
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| Il y a plus d’héroïsme à souffrir longtemps qu’à mourir vite. |
| CROMMELYNCK Fernand – Le Cocu magnifique (Gallimard) |
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| Les hommes lèvent les yeux et disent « Le ciel est pur », alors qu’ils regardent sans le voir un grand peuple d’anges bleus. |
| CROMMELYNCK Fernand – Une femme qui a le cœur trop petit (Le Seuil) |
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| Mettez votre confiance en Dieu, mes enfants, et gardez votre poudre bien sèche. |
| CROMWELL Oliver – à la bataille de Dunbar (3 septembre 1650) |
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| L’enfer, c’est d’avoir perdu l’espoir. |
| CRONIN A. J. – Les Clés du Royaume |
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| L’art est long et le temps est court. |
| CROS Charles – Le Collier de griffes, Insoumission |
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| Le temps veut fuir, je le soumets. |
| CROS Charles – Le Collier de griffe, Inscription |
|
| La forme même des pyramides d’Égypte nous apprend que, dès la plus haute Antiquité, les ouvriers avaient tendance à en faire de moins en moins. |
| CUPPY Willy |
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| Je ne crois pas en Dieu mais je meurs comme si je croyais en lui… L’intelligence a sa logique, et l’âme, ce je ne sais quoi qui dépasse ma compréhension. |
| CUREL François de – La Nouvelle Idole, dernière scène, Stock |
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| Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre. |
| CURIE Marie |
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| On dit que l’égoïste ne sait pas aimer, mais il ne sait pas mieux se laisser aimer. |
| CUSTINE Astolphe de – AIoys ou le Religieux du mont Saint-Bernard |
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| Le plus sûr moyen d’assassiner une idée, c’est de la vénérer. |
| CYRULNIK Boris – Dialogue sur la nature humaine, avec E. Morin, p.36, Éd. de l’Aube, 2000 |
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| Tout créateur sort de la norme. Toute innovation est anormale. |
| CYRULNIK Boris – L’Ensorcellement du monde, p.113, Odile Jacob n°67 |
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| Tout organisme invente le milieu qu’il habite. |
| CYRULNIK Boris – L’Ensorcellement du monde, p.13, Odile Jacob n°67 |
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| Cet épineux fardeau qu’on nomme vérité. |
| D’AUBIGNÉ Théodore Agrippa – Les Tragiques |
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| De l’enfer il ne sort / Que l’éternelle soif de l’impossible mort. |
| D’AUBIGNÉ Théodore Agrippa – Les Tragiques |
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| Quand la vérité met le poignard à la gorge, il faut baiser sa main blanche, quoique tachée de notre sang. |
| D’AUBIGNÉ Théodore Agrippa – Histoire universelle |
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| Retire-toi dans toi, parais moins, et sois plus. |
| D’AUBIGNÉ Théodore Agrippa – Les Tragiques |
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| Une rose d’automne est plus qu’une autre exquise. |
| D’AUBIGNÉ Théodore Agrippa – Les Tragiques, Livre quatrième, des Feux, v. 1233. |
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| Dites à ce prince qu’il ne doit compte de ses actions qu’à Dieu seul, et bientôt il agira comme s’il n’en devait compte à personne. |
| D’HOLBACH Baron (Paul THIRY) – Remarques sur le bon sens |
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| L’Évangile n’est qu’un roman oriental, dégoûtant pour tout homme de bon sens. |
| D’HOLBACH Baron (Paul THIRY) – Histoire christique de Jésus-Christ, préface |
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| La religion est l’art d’enivrer les hommes de l’enthousiasme, pour les empêcher de s’occuper des maux dont ceux qui les gouvernent les accablent ici-bas. |
| D’HOLBACH Baron (Paul THIRY) – Le christianisme dévoilé, conclusion |
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| La religion, par son essence, est l’ennemie de la joie et du bien-être des hommes. |
| D’HOLBACH Baron (Paul THIRY) – Le Bon sens, chapitre 161 |
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| Nous respecterons les prêtres quand ils deviendront citoyens. |
| D’HOLBACH Baron (Paul THIRY) – Le Bon sens, chapitre 189 |
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| Je suis celui au cœur vêtu de noir. |
| D’ORLÉANS Charles – Ballades |
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| Le temps a laissé son manteau / De vent, de froidure et de pluie. / Et s’est vêtu de broderie, / De soleil luisant, clair et beau. |
| D’ORLÉANS Charles – Rondeaux LXIII |
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| Savez-vous bien que c’est qu’aimer ? C’est mourir en soi pour revivre en autrui, c’est ne se point aimer que d’autant que l’on est agréable à la chose aimée, et bref c’est une volonté de se transformer, s’il se peut, entièrement en elle. |
| D’URFÉ Honoré – L’Astrée, tome 1 |
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| À vendre : lot de passoires non percées pouvant servir de casseroles et lot de casseroles percées pouvant servir de passoires. |
| DAC Pierre |
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| Dame cherche nourrice aveugle pour enfant qui braille. |
| DAC Pierre |
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| Donner avec ostentation, ce n’est pas très joli, mais ne rien donner avec discrétion, ça ne vaut guère mieux. |
| DAC Pierre – Arrière-pensées – Maximes inédites, Le cherche midi éditeur 1998, p.34 |
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| Idiot cherche village. |
| DAC Pierre |
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| Il est souvent trop tôt pour savoir s’il n’est pas trop tard. |
| DAC Pierre – Arrière-pensées – Maximes inédites, Le cherche midi éditeur 1998, p.58 |
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| Je suis pour la peine de mort avec sursis. |
| DAC Pierre |
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| Le chaînon manquant entre le singe et l’homme, c’est nous. |
| DAC Pierre |
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| Le chemin le plus court d’un point à un autre est la ligne droite, à condition que les deux points soient bien en face l’un de l’autre. |
| DAC Pierre – Almanach de l’Os à moelle |
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| Les rêves ont été créés pour qu’on ne s’ennuie pas pendant le sommeil. |
| DAC Pierre |
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| On croit souvent qu’un appartement est bas de plafond, alors qu’il est tout simplement haut de plancher. |
| DAC Pierre |
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| On dit d’un accusé qu’il est cuit quand son avocat n’est pas cru. |
| DAC Pierre |
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| Quand on voit ce qu’on voit, qu’on entend ce qu’on entend et qu’on sait ce que qu’on sait, on a raison de penser ce qu’on pense. |
| DAC Pierre |
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| Sans l’invention de la roue, les coureurs du Tour de France seraient condamnés à porter leur bicyclette sur le dos. |
| DAC Pierre |
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| Si on portait ses chaussures à la main plutôt qu’aux pieds, elles s’useraient moins vite. |
| DAC Pierre |
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| Donner avec ostentation ce n’est pas très joli, mais ne rien donner avec discrétion ça ne vaut guère mieux. |
| DAC Pierre (André Isaac, dit) – L’Os à moelle (Julliard) |
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| Rien ne sert de penser, faut réfléchir avant. |
| DAC Pierre (André Isaac, dit) – L’Os à moelle (Julliard) |
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| La différence entre les surréalistes et moi, c’est que je suis surréaliste. |
| DALI Salvador |
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| La seule différence entre moi et un fou, c’est que je ne suis pas fou. |
| DALI Salvador |
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| Le moins que l’on puisse demander à une sculpture, c’est qu’elle ne bouge pas. |
| DALI Salvador – Les Cocus du vieil art moderne (Fasquelle) |
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| J’étais tellement laid quand j’étais bébé, que quand je jouais dans le bac à sable, le chat m’envoyait du sable sur la tête pour me recouvrir. |
| DANGERFIELD Rodney |
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| J’étais tellement laid que ma mère avait encore des nausées, même après ma naissance. |
| DANGERFIELD Rodney |
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| Lorsque j’ai avoué à ma femme que je voyais un psychiatre, elle m’avoua tout également : elle voyait un psychiatre, deux plombiers et un barman. |
| DANGERFIELD Rodney |
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| Il y a trois temps qui déplaisent souverainement aux jardiniers : le temps sec, le temps pluvieux et le temps en général. |
| DANINOS Pierre |
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| Un confrère est un personnage sans aucun talent qui fait, inexplicablement, le même métier que vous. |
| DANINOS Pierre |
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| Comment pourrait-on vivre sans le parfum de l’amour ? |
| DANNEMARK Francis – Qu’il pleuve |
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| …l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles. |
| DANTE ALIGHIERI – La Divine Comédie,le Paradis, XXXIII |
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| Vous qui entrez, laissez toute espérance ! |
| DANTE ALIGHIERI – La Divine Comédie, l’Enfer, III |
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| Vous qui passez par les chemins d’amour, arrêtez-vous, et regardez s’il est douleur plus lourde que la mienne. |
| DANTE ALIGHIERI – Vita Nova VII |
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| De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France est sauvée. |
| DANTON Georges Jacques – Discours civiques de Danton, Fasquelle 1920 [BnF], 2 septembre 1792, à 1’Assemblée législative, p.14 |
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| Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut bien la peine. |
| DANTON Georges Jacques – À son bourreau |
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| Il est préférable d’avoir de très gros défauts que de toutes petites qualités. |
| DARD Frédéric |
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| Si tu es athée, c’est que tu es de mauvaise foi. |
| DARD Frédéric |
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| L’imbécillité et l’infamie du sacerdoce sont de plus en plus apparents. Nietzsche n’exagérait pas quand il disait que le temps approche vite où le prêtre sera regardé partout comme le type le plus bas, le plus faux, le plus répugnant de toutes les variétés de l’espèce humaine. |
| DARIEN Georges (Georges Adrien, dit) – La Belle France (1900), Voleurs !, Omnibus Presses de la Cité, 1994, p.1274 |
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| Le récit émouvant d’un bon crime apaise maintes colères, et tue dans l’œuf bien des actions que la société redoute. |
| DARIEN Georges (Georges Adrien, dit) – Le Voleur |
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| Les yeux d’un écrivain, pour être clairs, doivent être secs. |
| DARIEN Georges (Georges Adrien, dit) – L’En-dehors |
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| À quinze ans, vingt ans tout au plus, on est achevé d’imprimer. Le reste n’est que des tirages de la première impression. |
| DAUDET Alphonse – Notes sur la vie |
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| Cet homme-là ! méfiez-vous, il est comme la mule du pape, qui garde sept ans son coup de pied. |
| DAUDET Alphonse – La Mule du pape, m Lettres de mon moulin |
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| En France, tout le monde est un peu de Tarascon. |
| DAUDET Alphonse – Tartarin de Tarascon, épigraphe |
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| L’air glorieux et le regard distrait des hommes que les reines ont aimés… |
| DAUDET Alphonse – Lettres de mon moulin |
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| La haine c’est la colère des faibles. |
| DAUDET Alphonse – Lettres de mon moulin ;La Diligence de Beaucaire (Fasquelle) |
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| La meilleure façon d’imposer une idée aux autres, c’est de leur faire croire qu’elle vient d’eux. |
| DAUDET Alphonse |
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| Le jour, c’est la vie des êtres, mais la nuit, c’est la vie des choses. |
| DAUDET Alphonse – Lettres de mon moulin (Fasquelle) |
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| Le roman est l’histoire des hommes, et l’Histoire le roman des rois. |
| DAUDET Alphonse – Les Rois en exil, in Souvenirs d’un homme de lettres |
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| Les larmes entretiennent les plaies, elles ne les cicatrisent pas. |
| DAUDET Alphonse – La dernière idole, p.15, in Théâtre 1, Éd. Librairie de France, 1930 |
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| Mr. Seguin n’avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres. Il les perdait toutes de la même façon : un beau matin, elles cassaient leur corde, s’en allaient dans la montagne, et là-haut le loup les mangeait. |
| DAUDET Alphonse – Lettres de mon moulin |
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| Où serait le mérite, si les héros n’avaient jamais peur ? |
| DAUDET Alphonse – Tartarin de Tarascon, III, 5 |
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| Que de gens sur la bibliothèque desquels on pourrait écrire « usage externe » comme sur les fioles de pharmacie. |
| DAUDET Alphonse |
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| Que voulez-vous, monsieur, tout a une fin en ce monde, et il faut croire que le temps des moulins à vent était passé, comme celui des coches sur le Rhône, des parlements et des jaquettes à grandes fleurs. |
| DAUDET Alphonse – Le Secret de maître Cornille, in Lettres de mon moulin. |
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| Atteindre le doute du doute, c’est le commencement de la certitude, et de la certitude religieuse. |
| DAUDET Léon – Le Courrier des Pays-Bas, tome III, Montaigne et l’ambiance |
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| Je crois sincèrement que les seules ententes internationales possibles sont des ententes gastronomiques. |
| DAUDET Léon – Paris vécu, 1re série |
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| Ceux qui croient avoir trouvé la paix, ce n’est souvent que par défaut d’amour. |
| DAUMAL René – Lettres à ses amis (Gallimard) |
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| Chaque fois que l’aube paraît, le mystère est là tout entier. |
| DAUMAL René – Poésie noire et poésie blanche (Gallimard) |
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| La porte de l’invisible doit être visible. |
| DAUMAL René – Le Mont Analogue, I (Gallimard) |
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| Je vais jouer d’abord, je vous dirai après ce que c’est. |
| DAVIS Miles |
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| Si vos parents n’ont pas eu d’enfant, il y a de bonnes chances que vous n’en ayez pas non plus. |
| DAY Clarence |
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| Si vous n’allez pas aux obsèques des autres, ils ne viendront pas aux vôtres. |
| DAY Clarence |
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| Et puis comment voulez-vous que les Français s’entendent dans un pays où il y a 270 sortes de fromage ? |
| DE GAULLE Charles – Traits d’esprit, le cherche midi éditeur 2000, p.20 |
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| L’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans l’éloignement. |
| DE GAULLE Charles – Le Fil de l’épée, Du caractère, 1 |
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| La difficulté attire l’homme de caractère, car c’est en l’étreignant qu’il se réalise lui-même. |
| DE GAULLE Charles – Mémoires de guerre |
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| La France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre. |
| DE GAULLE Charles |
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| La grandeur est un chemin vers quelque chose qu’on ne connaît pas. |
| DE GAULLE Charles – cité par André Malraux |
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| La guerre commence infiniment mal. Il faut donc qu’elle continue. |
| DE GAULLE Charles – Mémoires de guerre, L’Appel, La pente |
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| La véritable école du Commandement, c’est la culture générale. |
| DE GAULLE Charles – Vers l’armée de métier, Comment ? Commandement, II |
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| Le Caractère, vertu des temps difficiles. |
| DE GAULLE Charles – Le Fil de l’épée, Du caractère, 1 |
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| Mon drame s’écrit en peu de mots : je n’ai d’estime que pour ceux qui me résistent, mais je ne peux pas les supporter. |
| DE GAULLE Charles – À P. H. Teitgen |
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| Toujours, le Chef est seul en face du mauvais du mauvais destin. |
| DE GAULLE Charles – Mémoires de guerre, La chute |
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| Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples. |
| DE GAULLE Charles – Mémoires de guerre, L’Orient |
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| Les tombeaux débordent de bonnes intentions. |
| DE PIETRELCINA Pio – Une pensée, Médiaspaul, 1991, p.14 |
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| Les meilleurs penseurs sont ceux qui pensent contre eux-mêmes. |
| DEBRAY Régis – Le Scribe |
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| De tout temps la beauté a été ressentie par certains comme une secrète insulte. |
| DEBUSSY Claude |
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| L’art est le plus beau des mensonges. |
| DEBUSSY Claude – Monsieur Croche, Antidilettante, Gallimard |
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| Wagner : un beau coucher de soleil que l’on a pris pour une aurore. |
| DEBUSSY Claude |
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| La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. |
| Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 1789 – Article IV |
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| Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ; les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. |
| Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 1789 – Article premier |
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| Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. |
| Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 1789 – Article X |
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| La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. |
| Déclaration universelle des Droits de l’Homme – Article IV |
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| Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ; les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. |
| Déclaration universelle des Droits de l’Homme – Article premier |
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| Le bonheur : un hôte discret dont on ne constate souvent l’existence que par son acte de décès. |
| DECOURCELLE Adrien – Le Livre de chevet |
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| Une fée est une femme qui mène un homme à la baguette |
| DECOURCELLE Adrien |
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| Voulez-vous avoir de l’importance ? Commencez d’abord par vous en donner. |
| DECOURCELLE Adrien |
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| Je voudrais être illustre et inconnu. |
| DEGAS Edgar |
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| La vérité que cherche l’œuvre d’art, c’est la vérité universelle de ce qui est singulier. |
| DEGUY Michel – Fragment du cadastre, Quatrième partie, A Marcel Proust |
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| Le phénomène, ça n’est pas si simple ; avant le poème, il n’y a pas encore de phénomène. |
| DEGUY Michel – Poèmes de la presqu’île, 4, Poésie quotidienne |
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| C’est une grande ambition que de n’en plus avoir. |
| DEHAYE P. – Un même mystère, Albin Michel |
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| C’est l’instable qui est le fixe. C’est sur l’incertain qu’il faut baser. |
| DELACROIX Eugène – Lettre à J.-B. Pierret, 19 août 1846 |
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| Il faut être écrivain de profession pour écrire sur ce qu’on ne sait qu’à moitié, ou sur ce qu’on ne sait pas du tout. |
| DELACROIX Eugène – Œuvres littéraires, Questions sur le Beau |
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| Il faut toujours gâter un peu un tableau pour le finir. |
| DELACROIX Eugène – Journal, 13 avril 1853 |
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| Il y a deux choses que l’expérience doit apprendre la première, c’est qu’il faut beaucoup corriger ; la seconde c’est qu’il ne faut pas trop corriger. |
| DELACROIX Eugène – Journal, 8 mars 1860 |
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| L’exécution, dans la peinture, doit toujours tenir de l’improvisation, et c’est en ceci qu’est la différence capitale avec celle du comédien. |
| DELACROIX Eugène – Journal, 27 janvier 1847 |
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| L’homme est un animal sociable qui déteste ses semblables. |
| DELACROIX Eugène – Journal, 17 novembre 1852 |
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| Le livre d’un grand homme est un compromis entre le lecteur et lui. |
| DELACROIX Eugène – Lettre à Balzac,1832 |
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| Le secret de n’avoir pas d’ennuis, pour moi du moins, c’est d’avoir des idées. |
| DELACROIX Eugène – Journal, 14 juillet 1850 |
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| Point de règles pour les grandes âmes. |
| DELACROIX Eugène – Journal, 27 avril 1824 |
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| Aimez qui vous résiste et croyez qui vous blâme. |
| DELAVIGNE Casimir – Louis XI, acte IV, scène 15 |
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| On se plaît aux récits des mots qu’on ne sent plus. |
| DELAVIGNE Casimir – Le Paria |
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| J’apprends comme il est simple et fort d’aimer tout seul. |
| DELERM Philippe – Le Cinquième Saison, p.69, Éd. du Rocher |
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| J’attends un fleuve salutaire / Pour nettoyer toute la Terre. |
| DELÈVE Paul – poète belge (1907-1969) |
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| C’est magnanimité que de supporter avec calme le manque de tact. |
| DÉMOCRITE – Fragments |
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| L’amitié d’un seul homme sensé vaut autant que celle de tous les insensés. |
| DÉMOCRITE |
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| Le monde est un théâtre, la vie une comédie : tu rentres, tu vois, tu sors. |
| DÉMOCRITE |
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| Tu supportes des injustices ; console-toi, le vrai malheur est d’en faire. |
| DÉMOCRITE – |
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| Et si tu avais parfaitement raison ? |
| DESBIENS Daniel |
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| L’entêtement peut rendre sot, ou génial. |
| DESBIENS Daniel |
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| C’est proprement avoir les yeux fermés, sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher. |
| DESCARTES René – Principes de la philosophie |
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| C’est proprement ne valoir rien que de n’être utile à personne. |
| DESCARTES René – Discours de la méthode |
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| Ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. |
| DESCARTES René – Discours de la méthode |
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| Il n’y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir sinon nos pensées. |
| DESCARTES René |
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| J’ai en quelque façon premièrement en moi la notion de l’infini que du fini, c’est-à-dire de Dieu que de moi-même. |
| DESCARTES René – Méditation troisième |
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| J’ose croire que la joie intérieure a quelque secrète force pour se rendre la fortune plus favorable. |
| DESCARTES René – Lettre à Élisabeth, octobre ou novembre 1646 |
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| Je crains plus la réputation que je ne la désire, estimant qu’elle diminue toujours en quelque façon la liberté et le loisir de ceux qui l’acquièrent. |
| DESCARTES René – Correspondance, à Mersenne, 15 avril 1630 |
|
| Je réputai presque pour faux tout ce qui n’était que vraisemblable. |
| DESCARTES René – Discours de la méthode |
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| Je suis comme un milieu entre Dieu et le néant. |
| DESCARTES René – Méditations métaphysiques, IV |
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| La lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés. |
| DESCARTES René – Discours de la Méthode |
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| La philosophie que je cultive n’est pas si barbare ni si farouche qu’elle rejette l’usage des passions, au contraire, c’est en lui seul que je mets toute la douceur et la félicité de cette vie. |
| DESCARTES René – Lettre à l’abbé Picot, 28 février 1648 |
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| La puissance de bien juger, de distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens, ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes. |
| DESCARTES René – Discours de la méthode |
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| Larvatus prodeo (J’avance masqué). |
| DESCARTES René – Cogitationes privatae |
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| Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. |
| DESCARTES René – Discours de la méthode, Œuvres philosophiques Tome I, Garnier 1963, p.568 |
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| Les hommes que les passions peuvent le plus émouvoir sont capables de goûter le plus de douceur en cette vie. |
| DESCARTES René – Les Passions de l’âme |
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| Les passions sont toutes bonnes de leur nature et nous n’avons rien à éviter que leurs mauvais usages ou leur excès. |
| DESCARTES René – Les Passions de l’âme |
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| Lorsqu’on emploie trop de temps à voyager on devient enfin étranger en son pays. |
| DESCARTES René – Discours de la méthode |
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| Pour examiner la vérité il est besoin, une fois en sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu’il se peut. |
| DESCARTES René – Principes de la philosophie |
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| Souvent une fausse joie vaut mieux qu’une tristesse dont la cause est vraie. |
| DESCARTES René – Les Passions de l’Âme |
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| Toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique ; le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale ; j’entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui présupposant une entière connaissance des autres sciences est le dernier degré de la sagesse. |
| DESCARTES René |
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| Combien faut-il de sots pour faire un public ? |
| DESCHAMPS Émile – Le Tour de faveur |
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| Nul n’est content de sa fortune Ni mécontent de son esprit. |
| DESHOULIÈRES Antoinette – Réflexions diverses |
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| J’ai l’âge du sans-culotte Jésus ; c’est-à-dire 33 ans, âge fatal aux révolutionnaires. |
| DESMOULINS Camille – 1794 |
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| Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête, / Quatre à qui l’on avait coupé le cou, / On les appelait les quatre sans cou. |
| DESNOS Robert – Les Quatre sans cou |
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| J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité. |
| DESNOS Robert – Corps et Biens |
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| Plus que poli pour être honnête / Plus que poète pour être honni. |
| DESNOS Robert – Rrose Selavy, in Corps et Biens |
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| Une fourmi parlant français, / Parlant latin et javanais, / Ça n’existe pas, ça n’existe pas. / Eh ! Pourquoi pas ? |
| DESNOS Robert – La Fourmi, in Chantefables et Chantefleurs. |
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| Il est des morts qu’il faut qu’on tue. |
| DESNOYERS Fernand – Écrit en 1858 contre Casimir Delavigne mort en 1843 |
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| Archimède fut le premier à démontrer que, lorsqu’on plonge un corps dans une baignoire, le téléphone sonne. |
| DESPROGES Pierre – Vivons heureux en attendant la mort |
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| Et puis quoi, qu’importe la culture ? Quand il a écrit Hamlet, Molière avait-il lu Rostand ? Non. |
| DESPROGES Pierre – Vivons heureux en attendant la mort, Ed. du Seuil 1983, p.170 |
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| J’ai envie de suggérer une hypothèse, selon laquelle la faible participation des femmes sur la scène politique serait le simple mépris qu’elles en ont. |
| DESPROGES Pierre |
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| Je pense, donc tu suis. |
| DESPROGES Pierre |
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| La culture, c’est comme les parachutes. Quand on n’en a pas, on s’écrase. |
| DESPROGES Pierre – Vivons heureux en attendant la mort |
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| Mozart était tellement précoce qu’à 35 ans il était déjà mort. |
| DESPROGES Pierre |
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| Noël au scanner, Pâques au cimetière. |
| DESPROGES Pierre |
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| Je ne vous dirai pas : « changez de caractère », car on n’en change point, je ne le sais que trop.Chassez le naturel, il revient au galop. |
| DESTOUCHES (Philippe Néricault dit) – Le Glorieux, acte III, scène 5 |
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| La critique est aisée et l’art est difficile. / C’est là ce qui produit ce peuple de censeurs, /et ce qui rétrécit les talents des auteurs. |
| DESTOUCHES (Philippe Néricault dit) – Le Glorieux (1732), II, 5 (Philinte) |
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| La critique est aisée, et l’art est difficile. |
| DESTOUCHES (Philippe Néricault dit) – Le Glorieux |
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| Les absents ont toujours tort. |
| DESTOUCHES (Philippe Néricault dit) – L’Obstacle imprévu, I, 6 (Nérine) |
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| Un peu de mépris épargne beaucoup de haine. |
| DEVAL Jacques |
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| À la caserne on ne fait rien, mais on le fait tôt et ensemble. |
| DEVAL Jacques (J. Boularan de Combajoux, dit) |
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| L’amitié vit de silence, l’amour en meurt. |
| DEVAL Jacques (J. Boularan de Combajoux, dit) – Afin de vivre bel et bien, Albin Michel |
|
| Le bonheur qu’on veut avoir gâte celui qu’on a. |
| DEVAL Jacques (J. Boularan de Combajoux, dit) |
|
| Le bonheur qu’on veut avoir gâte celui qu’on a. |
| DEVAL Jacques (J. Boularan de Combajoux, dit) – Afin de vivre bel et bien, Albin Michel |
|
| Mieux on fait une chose, et plus il faut cacher le soin qu’on apporte à la faire, afin que chacun croie que tout y est naturel. |
| DEVAL Jacques (J. Boularan de Combajoux, dit) – Afin de vivre bel et bien, Albin Michel |
|
| Se convertir ou se divertir, seule alternative pour une âme. |
| DEVAL Jacques (J. Boularan de Combajoux, dit) – Afin de vivre bel et bien, Albin Michel |
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| J’adore être pris en flagrant délire. |
| DEVOS Raymond |
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| J’ai toujours réussi à rater tous mes examens. |
| DEVOS Raymond |
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| Je sens que ma dernière heure est arrivée, je voudrais la passer avec vous. |
| DEVOS Raymond |
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| L’autre jour au café, je commande un demi. J’en bois la moitié. Il ne m’en restait plus. |
| DEVOS Raymond |
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| Un doyen qui n’avait plus toutes ses facultés. |
| DEVOS Raymond |
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| On appelle cultivé un esprit dans lequel on a semé l’esprit des autres. |
| DIANE Comtesse – Le Pour et le Contre |
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| La détestation des grands est une louange involontaire des petits. |
| DICKENS charles – A Tale of Two Cities |
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| Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander les autres. |
| DIDEROT Denis – Encyclopédie |
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| Ce qu’on n’a jamais mis en question n’a point été prouvé. Ce qu’on n’a point examiné sans prévention n’a jamais été bien examiné. Le scepticisme est donc le premier pas vers la vérité. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques, XXXI. |
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| Damner un homme pour de mauvais raisonnements, c’est oublier qu’il est un sot pour le traiter comme un méchant. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques, XXIX |
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| Dans les émeutes populaires on dirait que chacun est souverain, et s’arroge le droit de vie de mort. |
| DIDEROT Denis – Principes de politique des souverains, LXXX |
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| Écouter les hommes, et s’entretenir souvent avec soi : voilà les moyens de se former au dialogue. |
| DIDEROT Denis – Discours sur la poésie dramatique |
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| Égaré dans une forêt immense pendant la nuit, je n’ai qu’une petite lumière pour me conduire. Survient un inconnu qui me dit : Mon ami, souffle la chandelle pour mieux trouver ton chemin. Cet inconnu est un théologien. |
| DIDEROT Denis – Addition aux Pensées philosophiques, VIII |
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| Hâtons-nous de rendre la philosophie populaire. |
| DIDEROT Denis – De l’interprétation de la nature, 40 |
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| Il n’est pas nécessaire d’entendre une langue pour la traduire, puisqu’on ne la traduit que pour des gens qui ne l’entendent point. |
| DIDEROT Denis – Les Bijoux indiscrets, chapitre 42 |
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| Il n’y a qu’un devoir, c’est d’être heureux. |
| DIDEROT Denis – Entretiens |
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| Il n’y a que le méchant qui soit seul. |
| DIDEROT Denis – Le Ris naturel, IV, 3 (Constance) (cette phrase en 1758 brouilla Diderot avec Rousseau qui se crut visé) |
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| Il n’y a que les passions, les grandes passions qui puissent élever l’âme aux grandes choses. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques |
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| Il vaut mieux écrire de grandes choses que d’en exécuter de petites. |
| DIDEROT Denis – Le Neveu de Rameau |
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| Il y a dans les communautés des têtes faibles ; c’est même le grand nombre. |
| DIDEROT Denis – La Religieuse |
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| Il y a des gens dont il ne faut pas dire qu’ils craignent Dieu, mais bien qu’ils en ont peur. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques, Œuvres, t.I Philosophie, Robert Laffont – Bouquins 1994, 8 p.20 |
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| Il y a des hommes dont il est glorieux d’être haï. |
| DIDEROT Denis – Essais sur les règnes de Claude et de Néron |
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| Je crois en Dieu, quoique je vive très bien avec les athées. |
| DIDEROT Denis – Correspondance, Œuvres t.V, Robert Laffont – Bouquins 1997, Lettre à Voltaire du 11 juin 1749 – p.15 |
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| Je le soutiens, la superstition est plus injurieuse à Dieu que l’athéisme. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques, XII |
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| Je prétends que c’est la sensibilité qui fait les comédiens médiocres ; l’extrême sensibilité les comédiens bornés ; le sens froid et la tête, les comédiens sublimes. |
| DIDEROT Denis – Lettre à Grimm, 14 novembre 1769 |
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| Je suis plus sûr de mon jugement que de mes yeux. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques |
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| L’étendue de l’esprit, la force de l’imagination et l’activité de l’âme, voilà le génie. |
| DIDEROT Denis – Encyclopédie, article Génie |
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| L’homme le plus heureux est celui qui fait le bonheur d’un plus grand nombre d’autres. |
| DIDEROT Denis – Entretiens sur le fils naturel, second entretien |
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| L’idée qu’il n’y a pas de Dieu ne fait trembler personne ; on tremble plutôt qu’il y en ait un. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques |
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| La bonne religieuse est celle qui apporte dans le cloître quelque grande faute à expier. |
| DIDEROT Denis – La Religieuse |
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| La parole est l’ombre de l’action. |
| DIDEROT Denis – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.176, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| La religion de Jésus-Christ, annoncée par des ignorants, a fait les premiers chrétiens. La même religion, prêchée par des savants et par des docteurs, ne fait aujourd’hui que des incrédules. |
| DIDEROT Denis – Addition aux Pensées philosophiques |
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| Le Dieu des chrétiens est un père qui fait grand cas de ses pommes, et fort peu de ses enfants. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques, Œuvres, t.I Philosophie, Robert Laffont – Bouquins 1994, 16 p.42 |
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| Le génie se sent ; mais il ne s’imite point. |
| DIDEROT Denis – Discours sur la poésie dramatique |
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| Les hommes ont banni la Divinité d’entre eux ; ils l’ont reléguée dans un sanctuaire … Détruisez ces enceintes qui rétrécissent vos idées ; élargissez Dieu ; voyez-le partout où il est, ou dites qu’il n’est point. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques, XXV |
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| Les larmes du comédien descendent de son cerveau ; celles de l’homme sensible montent de son cœur. |
| DIDEROT Denis – Paradoxe sur le comédien |
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| Les lumières des ministres ne sont point une preuve de la vérité d’une religion. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques, LVI |
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| Les passions détruisent plus de préjugés que la philosophie. |
| DIDEROT Denis – Discours sur la poésie dramatique |
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| Lorsque le prêtre favorise une innovation, elle est mauvaise ; lorsqu’il s’y oppose, elle est bonne. J’en appelle à l’histoire. C’est le contraire du peuple. |
| DIDEROT Denis – Principes de politique des souverains, CXXXIX |
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| Nous ne serions pas embarrassé de citer des exemples de guerre où la justice n’était d’aucun côté. |
| DIDEROT Denis – Pages contre un tyran |
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| Ô combien l’homme qui pense le plus est encore automate ! |
| DIDEROT Denis – Discours sur la poésie dramatique |
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| On a dit que l’amour qui ôtait l’esprit à ceux qui en avaient en donnait à ceux qui n’en avaient pas. |
| DIDEROT Denis – Paradoxe sur le comédien |
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| On doit exiger que je cherche la vérité, mais non que je la trouve. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques |
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| On est dédommagé de la perte de son innocence par celle de ses préjugés. |
| DIDEROT Denis – Le Neveu de Rameau |
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| On ne sait jamais ce que le ciel veut ou ne veut pas, et il n’en sait peut-être rien lui-même. |
| DIDEROT Denis – Jacques le fataliste |
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| Ôtez la crainte de l’enfer à un chrétien, et vous lui ôterez sa croyance. |
| DIDEROT Denis – Addition aux Pensées philosophiques, XVII |
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| Plaignons beaucoup les hommes, blâmons-les sobrement. |
| DIDEROT Denis – Ceci n’est pas un conte |
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| Qu’est-ce que la vertu ? C’est, sous quelque face qu’on la considère, un sacrifice de soi-même. |
| DIDEROT Denis – Éloge de Richardson |
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| Quand on écrit, faut-il tout écrire ? Quand on peint, faut-il tout peindre ? De grâce, laissez quelque chose à suppléer par mon imagination. |
| DIDEROT Denis – Les Salons, salon de 1763, Boucher |
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| Quand on sert les grands, toujours avoir moins d’esprit qu’eux. |
| DIDEROT Denis – Principes de politique des souverains, CXXV |
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| Que le peuple ne voie jamais couler le sang royal pour quelque cause que ce soit. Le supplice public d’un roi change l’esprit d’une nation pour jamais. |
| DIDEROT Denis – Principes de politique des souverains, CXLVI |
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| S’il y a cent mille damnés pour un sauvé, le diable a toujours l’avantage sans avoir abandonné son fils à la mort. |
| DIDEROT Denis – Addition aux Pensées philosophiques |
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| Si l’on m’assure qu’un homme est avare, j’aurai peine à croire qu’il produise quelque chose de grand. Ce vice rapetisse l’esprit et rétrécit le cœur. |
| DIDEROT Denis – Discours sur la poésie dramatique |
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| Si la raison est un don du ciel, et que l’on en puisse dire autant de la foi, le ciel nous a fait deux présents incompatibles et contradictoires. |
| DIDEROT Denis – Pensées philosophiques, Œuvres, t.I Philosophie, Robert Laffont – Bouquins 1994, 5 p.41 |
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| Si vous voulez que je croie en Dieu, il faut que vous me le fassiez toucher. |
| DIDEROT Denis – Lettre sur les aveugles |
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| Une danse est un poème. |
| DIDEROT Denis – Entretiens sur le fils naturel, troisième entretien |
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| Une expression bizarre m’en n’a quelquefois plus appris que dix belles phrases. |
| DIDEROT Denis – Pensées détachées sur la peinture, la sculpture et la poésie. Du goût |
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| Une révolution différée d’un jour ne se fait peut-être jamais. |
| DIDEROT Denis – Entretiens avec Catherine II |
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| L’homme est né pour souffrir, oublier et se taire. |
| DIERX Léon – Poèmes et poésies (Sausset) |
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| Ôte-toi de mon soleil. |
| DIOGÈNE – À Alexandre |
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| Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les fieffés mensonges, et les statistiques. |
| DISRAELI B. – cité par Mark Twain dans son Autobiographie |
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| Les colonies ne cessent pas d’être des colonies parce qu’elles sont indépendantes. |
| DISRAELI Benjamin – Speech in House of Commons, 17 mars 1845 |
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| Parlez à un homme de lui-même, il vous écoutera pendant des heures. |
| DISRAELI Benjamin |
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| Sacrifier la conviction à la situation, ce n’est pas trahir, c’est simplement vieillir. |
| DOMENACH Jean-Marie – Ce que je crois, Grasset |
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| On appelle réflexes les mouvements que l’on fait sans réflexion. |
| DONNAY Maurice – Le Retour de Jérusalem |
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| Un orateur : un monsieur qui dit des choses vagues avec la dernière violence. |
| DONNAY Maurice – Léon Treich, L’Esprit de Maurice Donnay) |
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| Une idylle : Idylle, mon vieux, ça commence comme idiot et ça finit comme imbécile. |
| DONNAY Maurice – Le Geste |
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| Un soldat est un esclave en uniforme. |
| DONOSO CORTÉS Juan – Discurso en las Cortes, 1849 |
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| Tout homme qui se tient debout est le plus beau des monuments. |
| DOR Georges |
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| L’expérience ressemble aux cure-dents. Personne ne veut s’en servir après vous. |
| DORGELÈS Roland |
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| Pourquoi, pauvres idiots, commettre des coquineries en dehors de la loi ? Il y a tellement de place pour en commettre en dedans. |
| DOSSI Carlo – Note Azzurre, 1977 |
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| Dans tout malheur du prochain, il y a toujours quelque chose qui réjouit l’œil d’un tiers. |
| DOSTOÏEVSKI Fiodor Mikhaïlovitch – Les Démons, p.427, in Les œuvres littéraires de Dostoïevsky, vol. X, Éd. Rencontre |
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| Il y a des choses […] dont non seulement on ne peut pas parler intelligemment, mais dont il n’est même pas intelligent de commencer à parler. |
| DOSTOÏEVSKI Fiodor Mikhaïlovitch – Les Démons, p.256, in Les œuvres littéraires de Dostoïevsky, vol. X, Éd. Rencontre |
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| Je ne comprends décidément pas pourquoi il est plus glorieux de bombarder de projectiles une ville assiégée que d’assassiner quelqu’un à coups de hache. |
| DOSTOÏEVSKI Fiodor Mikhaïlovitch – Crime et Châtiment |
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| Je préfère être avec le Christ plutôt qu’avec la vérité. |
| DOSTOÏEVSKI Fiodor Mikhaïlovitch – Les Démons |
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| L’homme n’a inventé Dieu qu’afin de pouvoir vivre sans se tuer. |
| DOSTOÏEVSKI Fiodor Mikhaïlovitch – Les Possédés |
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| Mettre à mort un meurtrier est une punition sans commune mesure avec le crime qu’il a commis. |
| DOSTOÏEVSKI Fiodor Mikhaïlovitch – L’Idiot |
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| Quand il croit, il ne croit pas qu’il croit – et quand il ne croit pas, il ne croit pas qu’il ne croit pas. |
| DOSTOÏEVSKI Fiodor Mikhaïlovitch – Les Frères Karamazov |
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| Si Dieu n’existe pas, tout est permis ? |
| DOSTOÏEVSKI Fiodor Mikhaïlovitch – Les frères Karamazov, XI, VIII |
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| Si le juge était juste, peut-être le criminel ne serait-il pas coupable. |
| DOSTOÏEVSKI Fiodor Mikhaïlovitch – Les Frères Karamazov |
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| Toute la seconde moitié de la vie humaine n’est faite d’ordinaire que des habitudes contractées pendant la première. |
| DOSTOÏEVSKI Fiodor Mikhaïlovitch – Les Démons |
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| Un être qui s’habitue à tout, voilà, je pense, la meilleure définition qu’on puisse donner de l’homme. |
| DOSTOÏEVSKI Fiodor Mikhaïlovitch – Souvenirs de la maison des morts |
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| Quand le malheur fait une voie d’eau, la boucher avec une vertu. |
| DOUDAN Ximénès – Pensées et fragments, Pensées diverses de |
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| Tout, au-dehors, dit à l’individu qu’il n’est rien. Tout, au-dedans, lui persuade qu’il est tout. |
| DOUDAN Ximénès – Pensées et fragments, Philosophie, morale, religion |
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| Je n’ai pas lu Soljenitsyne parce que j’ai pour principe de ne lire que les auteurs morts. |
| DOUMENG Jean-Baptiste – Cité in Le Quotidien de Paris (7 avril 1987) |
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| L’horreur ne va pas sans l’imagination. |
| DOYLE sir Arthur Conan – Sherlock Holmes, Une étude en rouge. |
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| Deux regards qui se croisent, c’est un peu d’éternité reconnue. |
| DREYSSÉ Henri |
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| Nous saurons qui nous sommes quand nous verrons ce que nous avons fait. |
| DRIEU LA ROCHELLE Pierre – Le Chef (Gallimard) (en effet !) |
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| L’homme possède un grand avantage sur l’ordinateur : il peut le débrancher. |
| DROUIN Guy |
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| La maladie qui nous frappe n’est jamais celle de tout le monde. |
| DROZ François – Nouveaux Cahiers |
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| Il est toujours plus facile d’être un révolté que d’être un chef. |
| DRUON Maurice – Le pouvoir, p.87, Hachette, Notes et maximes, 1964 |
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| Le képi déforme la tête. |
| DRUON Maurice |
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| Le pouvoir fait l’Histoire ; la loi fait la Civilisation. |
| DRUON Maurice – Le pouvoir, p.44, Hachette, Notes et maximes, 1964 |
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| Les hommes perdent en pureté ce qu’ils gagnent en puissance. Une source, si transparente soit-elle, ne peut éviter, lorsqu’elle devient fleuve, de charrier des boues et des limons. |
| DRUON Maurice – Le pouvoir, p.78, Hachette, Notes et maximes, 1964 |
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| Les institutions d’une démocratie sont, comme une œuvre d’art, faites d’autant de repentirs que d’invention. |
| DRUON Maurice – Le pouvoir, p.29, Hachette, Notes et maximes, 1964 |
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| Qui dit équilibre dit menace qu’il se rompe. Aucune stabilité n’est jamais qu’équilibre. |
| DRUON Maurice – Le pouvoir, p.12, Hachette, Notes et maximes, 1964 |
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| Souvent les gens qui accèdent au pouvoir déclarent qu’ils ne le voulaient point, qu’on leur en a fait une obligation, qu’ils ne pouvaient se dérober à ce devoir… C’est merveille, vraiment, qu’ils se croient doués d’assez de force d’âme pour exercer la puissance, alors qu’ils n’en ont pas suffisamment pour la refuser. |
| DRUON Maurice – Le pouvoir, p.49, Hachette, Notes et maximes, 1964 |
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| Tout privilège qui cesse d’être la contrepartie d’un service rendu à la collectivité finit par détruire ceux qui le détiennent. |
| DRUON Maurice – Le pouvoir, p.43, Hachette, Notes et maximes, 1964 |
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| Veiller constamment à nous faire aimer de ceux qui nous servent est une des formes les plus subtiles du combat pour la puissance. |
| DRUON Maurice – Le pouvoir, p.74, Hachette, Notes et maximes, 1964 |
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| À vous, troupe légère, / Qui d’aile passagère / Par le monde volez… |
| DU BELLAY Joachim du – D’un vanneur de blé, aux vents |
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| Déjà la nuit en son parc amassait / Un grand troupeau d’étoiles vagabondes… |
| DU BELLAY Joachim du – L’Olive |
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| France, mère des arts, des armes et des lois, / Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle ! / Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, / Je remplis de ton nom les antres et les bois. |
| DU BELLAY Joachim du – Les Regrets |
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| Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage, / Ou comme celui-là qui conquit la Toison / Et puis s’en est retourné, plein d’usage et raison, / Vivre entre ses parents le reste de son âge ! |
| DU BELLAY Joachim du – Les Regrets |
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| Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village / Fumer la cheminée, et en quelle saison / Reverrai-je le clos de ma pauvre maison, / Qui m’est une province et beaucoup davantage ? |
| DU BELLAY Joachim du – Les Regrets |
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| Il ne s’agit jamais de s’aimer, mais pas davantage il ne suffit de ne s’aimer point : il s’agit seulement d’aimer en soi ce dont on a la charge, comme avant qu’il ne soit né, la mère aime l’enfant dès qu’elle a surpris son premier tressaillement vital. |
| DU BOS Charles – Approximations, II |
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| Il s’agit à tout moment de sacrifier ce que nous sommes à ce que nous pouvons devenir. |
| DU BOS Charles – Approximations |
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| La littérature, c’est la pensée accédant à la beauté dans la lumière. |
| DU BOS Charles – Approximations, Sixième série, La notion de littérature et la beauté du langage. |
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| Ne pourrait-on même soutenir que c’est parce que les hommes sont inégaux qu’ils ont d’autant plus besoin d’être frères ? |
| DU BOS Charles – Journal |
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| La modestie est le seul éclat qu’il soit permis d’ajouter à la gloire. |
| DUCLOS Charles Pinot – Considérations sur les mœurs |
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| Les parcours sinueux sont ceux qui atteignent les sommets. |
| DUCOULOMBIER Jean-Charles |
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| Les jeunes gens disent ce qu’ils font, les vieillards ce qu’ils ont fait, et les sots ce qu’ils ont envie de faire. |
| DUFRESNY Charles – Amusements sérieux et comiques (1698), Moralistes du XVIIe siècle, Robert Laffont – Bouquins 1992, p.1028 |
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| L’ambitieux parle contre la paresse, le paresseux contre l’ambition. |
| DUFRESNY Charles, sieur de La Rivière – Amusements sérieux et comiques (1698) |
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| Ainsi que tous les gens sérieux, je ne crois pas à la vérité historique, mais je crois à la vérité légendaire. |
| DUHAMEL Georges – Remarques sur les Mémoires imaginaires, XV |
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| C’est la faute qui fait la vertu. |
| DUHAMEL Georges – Tel qu’en lui-même |
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| Celui qui parvient à se représenter la souffrance des autres a déjà parcouru la première étape sur le difficile chemin de son devoir. |
| DUHAMEL Georges – Paroles de Médecin, Les travaux et les jours, VI |
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| Construire un pont, discerner une loi de la nature, composer un livre, ordonner une symphonie, voilà de grands et difficultueux travaux. Faire une famille, la réchauffer sans cesse, l’étreindre jusqu’aux suprêmes démembrements, c’est une œuvre d’art aussi, la plus fuyante, la plus décevante de toutes. |
| DUHAMEL Georges – Chronique des Pasquier, Le Jardin des Bêtes sauvages, chap. 12 |
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| Dans un monde aussi incohérent, l’existence de Dieu ne serait pas une chose plus folle que la non-existence de Dieu. |
| DUHAMEL Georges – Le Désert de Bièvres |
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| Encore un peu de temps et les profanes eux-mêmes sauront qu’un inventeur, pour faire jaillir l’étincelle et changer la face de la terre, doit rêver à l’aise, perdre du temps, bégayer du génie. Tout le monde commence à comprendre que la songerie féconde a parfois le visage et la démarche hésitante de l’oisiveté. |
| DUHAMEL Georges – Le Temps de la recherche |
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| II arrive que l’erreur se trompe. |
| DUHAMEL Georges – Défense des lettres (Mercure de France) |
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| Il y a une folie organisatrice qui est l’ennemie jurée de l’ordre. |
| DUHAMEL Georges – Vie des martyrs |
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| Je ne me défie pas de la machine que je regarde avec curiosité sur son socle ou sous sa verrière. Je me défie de la machine qui est en moi. |
| DUHAMEL Georges – Paroles de Médecin, L’Humaniste et l’Automate. |
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| L’homme est incapable de vivre seul et il est incapable aussi de vivre en société. |
| DUHAMEL Georges – Le Désert de Bièvres (Mercure de France) |
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| La sympathie est une passion animale et même une passion égoïste ; mais c’est notre meilleure chance de nous évader de l’égoïsme. |
| DUHAMEL Georges – Paroles de Médecin, L’Humaniste et l’Automate. |
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| Le Christ a parlé comme si le monde n’était composé que de bons et de méchants ; il a oublié les imbéciles. |
| DUHAMEL Georges |
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| Le monde est créé pour être recréé. |
| DUHAMEL Georges – Deux Hommes (Mercure de France) |
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| Le passant qui vous arrête et qui vous demande du feu, laissez-le seulement parler, au bout de dix minutes. il vous demandera Dieu. |
| DUHAMEL Georges – Défense des lettres (Mercure de France) |
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| Le romancier est l’historien du présent, alors que l’historien est le romancier du passé. |
| DUHAMEL Georges – Le Notaire du Havre |
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| Les morts n’ont pas de voix, heureusement. Si les morts pouvaient se plaindre, quel cri ! Quelle clameur ! On ne s’entendrait plus vivre. |
| DUHAMEL Georges – Chronique des Pasquier, Le Jardin des Bêtes sauvages, chap. 5. |
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| Nul doute : l’erreur est la règle ; la vérité est l’accident de l’erreur. |
| DUHAMEL Georges – Chronique des Pasquier, Le Notaire du Havre, Préface |
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| Si j’étais Dieu, je ne souffrirais pas les arrivistes du Ciel. |
| DUHAMEL Georges – Cécile parmi nous (Mercure de France) |
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| On a le droit de dire du mal des femmes ; on n’a pas le droit de dire le mal d’une femme. |
| DUMAS Alexandre |
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| En général, on ne demande de conseils que pour ne pas les suivre, ou, si on les a suivis, reprocher à quelqu’un de les avoir donnés. |
| DUMAS Alexandre ( |
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| Les Russes, il faut les fendre jusqu’à la ceinture pour qu’ils tombent. |
| DUMAS Alexandre ( – Napoléon Bonaparte, acte III, scène 3 |
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| On n’a pas été élevé dans un couvent sans être doué d’une certaine dose de rancune. |
| DUMAS Alexandre ( – Mes mémoires, chapitre 4 |
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| C’est souvent la femme qui nous inspire les grandes choses qu’elles nous empêchent d’accomplir. |
| DUMAS Alexandre (fils) |
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| Comment se fait-il que les petit enfants étant si intelligents, la plupart des hommes soient si bêtes ? |
| DUMAS Alexandre (fils) – L’Esprit d’Alexandre Dumas |
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| Le devoir, savez-vous ce que c’est ? C’est ce qu’on exige des autres. |
| DUMAS Alexandre (fils) – Denise |
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| Les affaires ? C’est bien simple : c’est l’argent des autres. |
| DUMAS Alexandre (fils) – La Question d’Argent |
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| Les chaînes du mariage sont si lourdes qu’il faut être deux pour les porter. Quelquefois trois. |
| DUMAS Alexandre (fils) |
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| N’estime l’argent ni plus ni moins qu’il ne vaut : c’est un bon serviteur, et un mauvais maître. |
| DUMAS Alexandre (fils) – La Dame aux camélias |
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| Il y a des services si grands qu’on ne peut les payer que par l’ingratitude. |
| DUMAS Alexandre (père) – Mes Mémoires |
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| On ne vit pas de ce que l’on mange, mais de ce que l’on digère. |
| DUMAS Alexandre (père) – Petit Dictionnaire de Cuisine (1870) |
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| Tous pour un, un pour tous. |
| DUMAS Alexandre (père) – Les Trois Mousquetaires |
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| Un pays sans police est un grand navire sans boussole et sans gouvernail. |
| DUMAS Alexandre (père) – Les Mohicans de Paris |
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| Les dieux qui rassurent occupent moins les hommes que les dieux qui inquiètent. |
| DUMÉZIL Georges – Les Dieux des Germains, chap. 2 |
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| Étranges philosophes, qui, parce qu’ils s’arrêtent, se croient arrivés. |
| DUPANLOUP Félix-Antoine – Défense de la religion |
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| Je comprends, mais je ne vois pas pourquoi je comprends. Je comprends ce que vous dites, mais ce que vous voulez dire en disant ce que vous dites, ça je ne le comprends pas. |
| DURAS Marguerite – Le Shaga, p.228, in Théâtre II, Gallimard nrf 1968 |
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| Les erreurs de langage sont des crimes. |
| DURAS Marguerite – Les Petits Chevaux de Tarquinia, chap. 2 |
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| Pour que vous vous intéressiez à moi, il faut que je vous parle de vous. |
| DURAS Marguerite – Un barrage contre le Pacifique |
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| Il n’y a pas de souffrance plus atroce que celle d’aimer une femme qui vous donne son corps et qui pourtant est incapable de livrer son être véritable – parce qu’elle ne sait pas où le trouver. |
| DURRELL Lawrence – Justine |
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| La haine n’est que de l’amour inaccompli. |
| DURRELL Lawrence – Justine, trad. Roger Giroux, p.353, Livre de Poche n°5618 |
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| La pauvreté exclut, disait un jour Justine, et la richesse isole. |
| DURRELL Lawrence – Justine, trad. Roger Giroux, p.283, Livre de Poche n°5618 |
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| C’est une langue belle à qui sait la défendre / Elle offre des trésors de richesse infinie / Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre / Et la force qu’il faut pour vivre en harmonie. |
| DUTEIL Yves – La langue de chez-nous |
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| Aux yeux d’un artiste le fond et la forme sont indissolubles |
| DUTOURD Jean – Le Fond et la Forme, Gallimard |
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| En art, il faut que la mathématique se mette aux ordres des fantômes. |
| DUTOURD Jean – Le Fond et la Forme, Gallimard |
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| Les impatients arrivent toujours trop tard. |
| DUTOURD Jean – Le Fond et la forme (Gallimard) |
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| Où finit la paresse, où commence la contemplation ? |
| DUTOURD Jean – Doucin |
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| Quand on est jeune, on est « mal dans sa peau », mais on n’a mal nulle part. Quand on est vieux, on est bien dans sa peau, mais on a mal partout. |
| DUTOURD Jean – Dutouriana, Plon 2002, p.98 |
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| Je devais être bourré le jour où j’ai décidé d’arrêter de boire ! |
| DUTRONC jacques |
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| Le bonheur c’est peut-être ça : l’imagination. Quand on en manque, il ne reste que les platitudes de la vie. |
| DUVERNOIS Henri – Un gentleman-farmer, IX |
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| Plusieurs maladies sont une excellente assurance contre la mort. Pendant qu’elles se font des politesses devant la porte, la vie suit son cours. |
| DYSSORD Jacques – La Paroisse du Moulin Rouge |
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| La curiosité est un instinct qui mène à tout : parfois à écouter aux portes, parfois à découvrir l’Amérique. |
| EÇA DE QUEIRÓS José Maria |
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| Un aéroport n’existe pas en soi. Ce n’est qu’un lieu de passage, un sas, une fragile façade au milieu d’une plaine, un belvédère ceint de pistes où bondissent des lapins à l’haleine chargée de kérosène, une plaque tournante infestée de courants d’air qui charrient une grande variété de corpuscules aux innombrables origines – grains de sable de tous les déserts, paillettes d’or et de mica de tous les fleuves, poussières volcaniques ou radioactives, pollens et virus, cendre de cigare et poudre de riz. |
| ECHENOZ Jean – Je m’en vais, p.10, Les Éditions de Minuit, n°17, 1999 |
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| Ce ne sont pas nos actes qui nous sanctifient, c’est nous qui sanctifions nos actes. |
| ECKHART Maître – Œuvres, sermons et traités |
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| Dans l’Un on trouve Dieu, et il faut que devienne Un celui qui doit trouver Dieu. |
| ECKHART Maître – De l’homme noble |
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| En tant que l’homme se renonce lui-même pour l’amour de Dieu et devient un avec Dieu, il est plus Dieu que créature. |
| ECKHART Maître – Du serviteur fidèle |
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| Il m’importe peu que l’homme soit dans le temple, pourvu que le temple soit dans l’homme. |
| ECKHART Maître |
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| Autrefois, j’étais indécis, mais à présent, je n’en suis plus très sûr. |
| ECO Humberto – Kant et l’ornithorynque |
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| Ce sont les inquisiteurs qui créent les hérétiques. |
| ECO Umberto – Le nom de la Rose, trad. Jean-Noël Schifano, p.58 Éd. France Loisirs |
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| C’est avoir déjà tort que d’avoir trop raison. |
| ÉCOUCHARD-LEBRUN – à M de Brancas |
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| Je vais rendre l’électricité si bon marché que seuls les riches pourront se payer le luxe d’utiliser des bougies. |
| EDISON Thomas Alva |
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| Le génie représente 1% d’inspiration et 99 % de transpiration. |
| EDISON Thomas Alva – Interview (1931) |
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| Honni soit qui mal y pense ! |
| ÉDOUARD III – Devise de l’Ordre anglais de la Jarretière, institué en 1340 |
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| Avec la gloire, je deviens de plus en plus stupide, ce qui, je le reconnais, est un phénomène très courant. |
| EINSTEIN Albert – Pensées intimes, Lettre à H. Zangger, décembre 1919 ; Archives Einstein 39-726 |
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| Celui qui ne peut plus éprouver ni étonnement ni surprise est pour ainsi dire mort ; ses yeux sont éteints. |
| EINSTEIN Albert – Comment je vois le monde |
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| Dieu ne joue pas aux dés ! |
| EINSTEIN Albert – À Niels Bohr |
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| Il est plus facile de briser un atome qu’un préjugé. |
| EINSTEIN Albert |
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| J’affirme que le sentiment religieux cosmique est le motif le plus puissant et le plus noble de la recherche scientifique. |
| EINSTEIN Albert |
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| Je détermine l’authentique valeur d’un homme d’après une seule règle : à quel degré et dans quel but s’est-il libéré de son Moi ? |
| EINSTEIN Albert – Comment je vois le monde, trad. Régis Hanrion, p.11, Champs-Flammarion 1979 |
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| Je méprise profondément celui qui peut, avec plaisir, marcher en rang et formation derrière une musique : ce ne peut être que par erreur qu’il a reçu un cerveau ; une moelle épinière lui suffirait amplement. |
| EINSTEIN Albert – Comment je vois le monde |
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| Je ne crois pas en un Dieu personnel et je ne l’ai jamais caché. Bien au contraire, je l’ai exprimé clairement. S’il y a quelque chose en moi qui peut être qualifié de religieux, c’est l’admiration sans limites pour la structure du monde, pour autant que la science soit en mesure de la révéler. |
| EINSTEIN Albert – Pensées intimes, Éditions du Rocher 2000, Lettre à un admirateur, 22 mars 1954, Archives Einstein 39-525. p.144 |
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| Je veux connaître les pensées de Dieu ; tout le reste n’est que détail. |
| EINSTEIN Albert |
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| L’escalier de la science est l’échelle de Jacob, il ne s’achève qu’aux pieds de Dieu. |
| EINSTEIN Albert |
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| L’éternel mystère du monde est son intelligibilité. |
| EINSTEIN Albert – Pensées intimes, Éditions du Rocher 2000, Physics and Reality, Franklin Institute Journal 221, n°3, mars 1936, p.349 |
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| La plus belle chose que nous puissions éprouver, c’est le côté mystérieux de la vie. Ce sentiment profond se trouve au berceau de l’art et de la science véritable. |
| EINSTEIN Albert – Comment je vois le monde |
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| La vraie valeur d’un homme se détermine en examinant dans quelle mesure et dans quel sens il est parvenu à se libérer du Moi. |
| EINSTEIN Albert – Comment je vois le monde, p.16 |
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| Le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito. |
| EINSTEIN Albert |
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| Le nationalisme est une maladie infantile. C’est la rougeole de l’humanité. |
| EINSTEIN Albert |
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| Les Etats-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans jamais avoir connu la civilisation. |
| EINSTEIN Albert – physicien allemand, naturalisé américain (1879-1955). |
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| Les machines un jour pourront résoudre tous les problèmes, mais jamais aucune d’entre elles ne pourra en poser un ! |
| EINSTEIN Albert |
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| Ne faites rien contre votre conscience, même si l’État vous le demande. |
| EINSTEIN Albert |
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| Passé un certain âge, lire détourne trop l’esprit de ces activités créatrices. |
| EINSTEIN Albert |
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| Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre. |
| EINSTEIN Albert |
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| Si vous ne pouvez pas expliquer un concept à un enfant de six ans, c’est que vous ne le comprenez pas complètement. |
| EINSTEIN Albert |
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| Un problème sans solution est un problème mal posé. |
| EINSTEIN Albert |
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| Un intellectuel est un homme qui utilise plus de mots que nécessaire pour raconter plus qu’il ne sait. |
| EISENHOWER Dwight David |
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| En politique, grimper, c’est ramper verticalement. |
| ELGOZY Georges – L’Esprit des mots |
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| La tempérance est l’art de renoncer aux plaisirs qu’on n’éprouve plus. |
| ELGOZY Georges |
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| Un problème politique est un problème économique sans solution. |
| ELGOZY Georges |
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| Examinez bien vos paroles et vous trouverez que lors même que vous n’avez aucun motif d’être faux, il est difficile de dire l’exacte vérité. |
| ELIOT George – Adam Bede, II, chap. 17 |
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| L’homme qui agit ne souffre pas. |
| ELIOT Thomas Stearns – Meurtre dans la cathédrale |
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| On ne construit du solide que sur le passé. |
| ELIOT Thomas Stearns |
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| Qu’est-ce que l’enfer ? L’enfer, c’est soi-même. L’enfer est solitude, et les autres ne sont que des ombres. Il n’y a rien à fuir, et rien pour fuir. On est toujours seul. |
| ELIOT Thomas Stearns – La cocktail-party [Edouard, Acte I, scène 3], trad. Henri Fluchère , p.131, Livre de Poche n°2846 |
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| Tous mes biens pour un peu de temps ! |
| ÉLISABETH Ière – Dernières paroles |
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| Dire que j’ai tenté d’imposer un même moule à la raison et à la conscience de milliers de gens, et que je ne puis même pas mettre d’accord deux pendules ! |
| ELLIS Havelock – Le rôle de l’hygiène sociale, chap. V (Charles-Quint, retiré dans la solitude du monastère de Yuste) |
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| C’est à partir de toi que j’ai dit oui au monde. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) |
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| Ce qui a été compris n’existe plus. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) – Capitale de la douleur (1926), Le Miroir d’un moment |
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| Il faut prendre à César tout ce qui ne lui appartient pas. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) – Notes sur la poésie, Exergue, en collaboration avec André Breton |
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| Il n’y a qu’une vie, c’est donc qu’elle est parfaite. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) – Une leçon de morale, les Souvenirs et le présent (Gallimard) |
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| Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d’autre. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) – Poésie ininterrompue, le Château des pauvres |
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| Il y a un autre monde mais il est dans celui-ci. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) |
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| Il y a un autre monde, et il est dans celui-ci. |
| ÉLUARD Paul (Eugène GRINDEL, dit) |
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| J’entends ta voix dans tous les bruits du monde. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) |
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| La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur… |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) – Capitale de la douleur (1926) |
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| La terre est bleue comme une orange. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) – Premièrement, in L’Amour la Poésie. |
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| Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) – Ralentir Travaux, Préface – En collaboration avec André Breton et René Char (Éditions surréalistes) |
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| Nous n’irons pas au but un par un mais par deux / Nous connaissant par deux nous nous connaîtrons tous / Nous nous aimerons tous et nos enfants riront / De la légende noire où pleure un solitaire. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) – Le temps déborde. En vertu de l’amour |
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| Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) – Le Dur Désir de durer |
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| Pleure : les larmes sont les pétales du cœur. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) |
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| Sur mes cahiers d’écolier / Sur mon pupitre et les arbres /Sur le sable sur la neige / J’écris ton nom … Je suis né pour te connaître / Pour te nommer / Liberté. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) – Poésie et Vérité |
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| Une rose écorchée bleuit. |
| ÉLUARD Paul (Eugène Grindel, dit) – Du dedans, in Poésie et Vérité |
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| Il vaut mieux être un homme mécontent qu’un pourceau satisfait, être Socrate malheureux plutôt qu’un imbécile content. |
| EMERSON Ralp Waldo – De l’utilitarisme, chap. II |
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| L’air est plein de sons ; le ciel, de signes ; la terre n’est que mémorandum et signatures ; et chaque objet est tout couvert d’allusions qui parlent aux intelligents. |
| EMERSON Ralp Waldo – Hommes représenfatifs, Gœthe ou l’écrivain |
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| Les trois règles pratiques que j’ai à offrir sont : 1. Ne jamais lire un livre qui date de moins d’un an. 2. Ne lire que des livres réputés. 3. Ne lire que des livres que vous aimez. |
| EMERSON Ralp Waldo – Société et Solitude : Livres (1870) |
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| La plus sublime révélation, c’est que Dieu est en chaque homme. |
| Emerson Ralph Waldo – Journal, 8 septembre 1833 |
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| La seule façon d’avoir un ami est d’en être un. |
| EMERSON Ralph Waldo – Société et Solitude (1870) |
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| Le bonheur est un parfum que l’on ne peut répandre sur autrui sans en faire rejaillir quelques gouttes sur soi-même. |
| EMERSON Ralph Waldo |
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| N’allez pas là où le chemin peut mener. Allez là où il n’y a pas de chemin et laissez une trace. |
| EMERSON Ralph Waldo |
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| Croire au mystère c’est croire que tout est signe, et que tout n’est que signe. Toute chose, y compris moi, est une figure toujours prête à signifier. |
| EMMANUEL Pierre – Le Goût de l’Un, Le désert et le puits |
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| Il reste dans le fruit les dents de l’origine… |
| EMMANUEL Pierre – Tombeau d’Orphée |
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| L’honneur de l’homme est d’atteindre à ce centre où la certitude se fait vertige et le vertige certitude. |
| EMMANUEL Pierre – Versant de l’âge |
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| Laissez-moi croire à la vertu et au salut hors de la communion avec l’Église, sans que cette croyance blesse la vôtre. Vous communiez avec les catholiques seuls ; je me sens en communion avec tous les hommes, avec le monde entier qui m’environne ; je sens Dieu en moi, et hors de moi, en NOUS. |
| ENFANTIN Barthélemy-Prosper – Correspondance philosophique et religieuse, VIe lettre, à un catholique, 23 mai 1843 |
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| Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu’ils portent sur ces choses. |
| ÉPICTÈTE – Manuel, trad. Mario Meunier, p.209 Éd. Garnier-Flammarion n°16 |
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| Il n’y a qu’une façon d’atteindre le bonheur : il faut cesser de se tourmenter au sujet des choses sur lesquels notre volonté n’a aucune influence. |
| ÉPICTÈTE |
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| Je suis une partie de tout, comme l’heure est une partie du jour. |
| ÉPICTÈTE – Entretiens, II, 5 |
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| Ne demande pas que ce qui arrive arrive comme veux. Mais veuille que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux. |
| ÉPICTÈTE – Manuel, VIII |
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| Ne désire rien de plus que ce que Dieu désire. |
| ÉpictÈte – Entretiens |
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| Nul ne peut te léser, si tu ne le veux point, car tu ne seras lésé que si tu juges qu’on te lèse. |
| ÉPICTÈTE – Manuel, trad. Mario Meunier, p.220 Éd. Garnier-Flammarion n°16 |
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| Qu’est-ce qui est à toi ? L’usage des idées. |
| ÉPICTÈTE – Manuel, trad. Mario Meunier, p.210 Éd. Garnier-Flammarion n°16 |
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| Quand Dieu ne te procure plus œ qui t’est nécessaire, il t’ouvre la porte et te donne le signal de la retraite. |
| ÉPICTÈTE – Entretiens, III, 13 |
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| Quand un homme te fait du tort ou parle mal de toi, souviens-toi qu’il juge qu’il est de son devoir d’agir ou de parler ainsi. |
| ÉPICTÈTE – Manuel |
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| Quelqu’un se baigne de bonne heure : ne dis pas que c’est mal, dis que c’est de bonne heure. Quelqu’un boit beaucoup de vin : ne dis pas que c’est mal, dis qu’il boit beaucoup de vin. Car avant d’avoir reconnu comment il en juge, d’où peux-tu savoir si c’est mal ? |
| ÉPICTÈTE – Manuel, XLV |
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| Si j’étais rossignol, j’accomplirais l’œuvre du rossignol ; si j’étais un cygne, celle du cygne. Mais je suis un être raisonnable, je dois chanter Dieu. |
| ÉpictÈte – Entretiens I, 6, 20-21 |
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| Si l’on te rapporte qu’un tel dit du mal de toi, ne te défends pas contre ses propos, mais réponds : « C’est qu’il ignorait mes autres défauts ; sans quoi il ne se serait pas borné à ceux-là. » |
| ÉPICTÈTE – Manuel, Les Stoïciens, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1962, XXXIII (9) p.1124 |
|
| Si quelqu’un livrait ton corps au premier venu, tu en serais indigné. Et toi, quand tu livres ton âme au premier rencontré pour qu’il la trouble et la bouleverse, s’il t’injurie, tu n’as pas honte pour cela ? |
| ÉPICTÈTE – Manuel, XXVIII |
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| Souviens-toi que si tu restes fidèle à tes principes, ceux qui se moquaient d’abord de toi, t’admireront plus tard : mais si tu es vaincu par leurs propos, tu te rendras doublement ridicule. |
| ÉPICTÈTE – Manuel, XXII |
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| Ton affaire, c’est de jouer correctement le personnage qui t’a été confié ; quant à le choisir, c’est celle d’un autre. |
| ÉPICTÈTE – Manuel, XVII |
|
| Toute chose a deux anses : l’une par où on peut la porter, l’autre par où on ne le peut pas. |
| ÉPICTÈTE – Manuel, XLIII |
|
| Tu ne peux à la fois prendre soin de ton âme et des choses extérieures. |
| ÉPICTÈTE – Entretiens, IV, 10 |
|
| Tu voudras être libre. Il n’y a pour cette liberté qu’un chemin : le mépris des choses qui ne dépendent point de nous. |
| ÉPICTÈTE – Manuel |
|
| À propos de chaque désir, il faut se poser cette question : quel avantage résultera-t-il si je ne le satisfais pas ? |
| ÉPICURE |
|
| De tous les biens que la sagesse procure à l’homme pour le rendre heureux, il n’en est point de plus grand que l’amitié. |
| ÉPICURE – Maximes fondamentales, XXVII, trad. Octave Hamelin et Jean Salem, p.83, Librio n°363 |
|
| La mort n’a aucun rapport avec nous ; car ce qui est dissous est insensible, et ce qui est insensible n’a aucun rapport avec nous. |
| ÉPICURE – Sentences vaticanes, Lettres, maximes, sentences, Livre de Poche (4628) 1994, 2 p.209 |
|
| Le plus terrifiant des maux, la mort, n’est rien pour nous, puisque tant que nous existons, la mort n’est pas là, et que lorsque la mort est là, alors nous ne sommes plus. La mort n’existe donc ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu’elle n’a rien à faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus. |
| ÉPICURE – Lettre à Ménécée |
|
| Le sage ne souffre pas plus quand il est mis à la torture que lorsque son ami la subit. |
| ÉPICURE – Sentences vaticanes, 56 |
|
| On ne peut pas être sans crainte quand on inspire la crainte. |
| ÉPICURE |
|
| Que personne, parce qu’il est jeune, ne tarde à philosopher, ni, parce qu’il est vieux, ne se lasse de philosopher ; car personne n’entreprend ni trop tôt ni trop tard de garantir la santé de l’âme. |
| ÉPICURE – Lettre à Ménécée |
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| Toute amitié doit être recherchée pour elle-même ; elle a cependant l’utilité pour origine. |
| ÉPICURE – Sentences vaticanes, 23 |
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| La femme est toujours femme, c’est-à-dire folle, quelque masque qu’elle prenne d’ailleurs. |
| ÉRASME – Éloge de la Folie |
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| Peu de gens comprennent l’immense avantage qu’il y a à ne jamais hésiter et à tout oser. |
| ÉRASME – Éloge de la folie p.36 Éd. Garnier-Flammarion #36 |
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| Recevoir une pierre sur la tête, c’est un mal qui existe ; la honte, l’infamie, l’opprobre, l’insulte, ne sont des maux qu’autant qu’on les sent. Il n’y a point de mal quand on ne sent rien. |
| ÉRASME – Éloge de la folie p.40 Éd. Garnier-Flammarion #36 |
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| Rien n’est plus sot que de traiter avec sérieux de choses frivoles ; mais rien n’est plus spirituel que de faire servir les frivolités à des choses sérieuses. |
| ÉRASME – Éloge de la folie p.14 Éd. Garnier-Flammarion #36 |
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| Je reconnais un honnête homme à ce qu’il se contredit. |
| ESCARPIT Robert – Lettre ouverte au diable, p.155 Éd. Albin Michel 1972 |
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| La discipline est mère du succès. |
| ESCHYLE – Les Sept contre Thèbes, 224 |
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| La mesure est le bien suprême. |
| ESCHYLE – Agamemnon, 378 |
|
| La mort est plus douce que la tyrannie. |
| ESCHYLE – Agamemnon, 1365, trad. Émile Chambry, p. 164 Éd. Garnier-Flammarion n°8 |
|
| La violence a coutume d’engendrer la violence. |
| ESCHYLE – Agamemnon, 764 |
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| Quand un mortel s’emploie à sa perte, les dieux viennent l’y aider. |
| Eschyle – Les Perses, 742 |
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| À brebis tondue Dieu mesure le vent. |
| ESTIENNE Henri – Les Prémices, I |
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| Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, rien ne se perdrait. |
| ESTIENNE Henri – Les Prémices, Épigramme CXCL |
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| Il n’est miracles que de vieux saints. |
| ESTIENNE Henri II – Apologie pour Hérodote |
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| Quant au génie, c’est affaire de biologie. |
| ÉTIEMBLE – |
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| – Qu’est-ce donc qu’on appelle aimer chez les mortels ? – Ô mon enfant, c’est la plus grande douceur, c’est aussi la plus grande douleur. |
| EURIPIDE – Hippolyte, in Théâtre 4, Garnier-Flammarion n°122, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.182 |
|
| Aux vrais amis tout est commun. |
| EURIPIDE – Andromaque |
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| C’est déjà un malheur d’être le premier à annoncer un malheur. |
| EURIPIDE – Les Perses, trad. Émile Chambry, p.50, Éd. Garnier-Flammarion n°8 |
|
| C’est l’homme, non la femme, qui doit délibérer sur les affaires du dehors. |
| EURIPIDE – Les Sept contre Thèbes, trad. Émile Chambry, p.77, Éd. Garnier-Flammarion n°8 |
|
| C’est une vraie tyrannie souvent que l’éloquence. |
| EURIPIDE – Fragments, in Théâtre 4, Garnier-Flammarion n°122, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.317 |
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| Ce qui commence mal finit mal. |
| EURIPIDE – Éole (tragédie perdue) |
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| De toute chose on peut faire naître une controverse, si on est habile à parler. |
| EURIPIDE – Fragments, in Théâtre 4, Garnier-Flammarion n°122, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.334 |
|
| Il ne faut jamais déclarer heureux aucun mortel avant sa mort, avant d’avoir vu comment il franchira son dernier jour pour descendre aux Enfers. |
| EURIPIDE – Andromaque, in Théâtre 2, Classiques Garnier, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.164 |
|
| L’attente du malheur est plus dure à supporter que le malheur lui-même. |
| EURIPIDE – Fragments, in Théâtre 4, Garnier-Flammarion n°122, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.320 |
|
| La franchise est la meilleure arme du juste. |
| EURIPIDE – Fragments, in Théâtre 4, Garnier-Flammarion n°122, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.337 |
|
| La souveraineté, cette injustice heureuse… |
| EURIPIDE – Les Phéniciennes, 549 |
|
| La violence est véritablement fille de l’impiété. |
| EURIPIDE – Les Euménides, trad. Émile Chambry, p. 223 Éd. Garnier-Flammarion n°8 |
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| La violence, en s’épanouissant, produit un épi de malheur, qui ne fournit qu’une moisson de larmes. |
| EURIPIDE – Les Perses, trad. Émile Chambry, p.63, Éd. Garnier-Flammarion n°8 |
|
| Le malheur lui-même finit par se lasser. |
| EURIPIDE – Hercule furieux |
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| Le silence est la réponse des sages. |
| EURIPIDE – Fragments, in Théâtre 4, Garnier-Flammarion n°122, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.400 |
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| Les hommages rendus aux morts sont la parure des vivants. |
| EURIPIDE – Les Suppliantes |
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| Nous avons la notion et le discernement de l’honnête, mais ne le mettons pas en pratique. |
| EURIPIDE – Hippolyte, 380 |
|
| Nous sommes tous plus habiles à discerner les malheurs du voisin que nos infortunes domestiques. |
| EURIPIDE – Fragments, in Théâtre 4, Garnier-Flammarion n°122, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.337 |
|
| Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence. |
| EURIPIDE – Pensées |
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| Parmi les heureux de la terre, ne considérez personne comme favorisé du sort avant qu’il ne soit mort. |
| EURIPIDE – Les Troyennes, in Théâtre 2, Classiques Garnier, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.73 |
|
| Quand deux difficultés se présentent, applique ton attention à une, réserve l’autre. |
| EURIPIDE – Fragments, in Théâtre 4, Garnier-Flammarion n°122, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.359 |
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| Quand deux hommes se parlent et que l’un se met en colère, celui qui ne répond pas est le plus sage. |
| EURIPIDE – Fragments, in Théâtre 4, Garnier-Flammarion n°122, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.323 |
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| Quand on aime, on éprouve je ne sais quel désir d’apprendre les souffrances de ceux qu’on aime. |
| EURIPIDE – Hélène, in Théâtre 2, Classiques Garnier, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.244 |
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| Quand on court de soi-même à sa perte, les dieux y mettent la main aussi. |
| EURIPIDE – Les Perses, trad. Émile Chambry, p.61, Éd. Garnier-Flammarion n°8 |
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| Qui sait si notre vie n’est pas la mort, et si mourir n’est pas vivre aux Enfers ? |
| EURIPIDE – Fragments, in Théâtre 4, Garnier-Flammarion n°122, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.383 |
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| Un service auquel on répugne n’est plus un service. |
| EURIPIDE – Les Troyennes, in Théâtre 2, Classiques Garnier, trad. Henri Berguin et Georges Duclos, p.72 |
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| C’est peu d’aimer, il faut aimer toujours : on n’est heureux qu’à force de constance. |
| FABRE D’ÉGLANTINE Philippe – Romance |
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| Il pleut, il pleut, bergère… |
| FABRE D’ÉGLANTINE Philippe – L’Hospitalité, romance |
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| L’homme est une plante qui porte des pensées comme un rosier porte des roses, et un pommier des pommes. |
| FABRE D’OLIVET Antoine – L’Histoire philosophique du genre humain |
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| Le règne animal existait tout entier avant que l’Homme existât. Lorsque l’homme parut sur la scène de l’Univers, il forma à lui seul un quatrième règne, le Règne hominal. |
| FABRE D’OLIVET Antoine – La langue hébraique restituée |
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| Ils craignent qu’une page qui se lit sans fatigue ne soit pas toujours l’expression de la vérité. |
| FABRE Jean Henri – Souvenirs entomologiques, Deuxième série, I, L’Harnas |
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| L’égalité, la seule égalité en ce monde, l’égalité devant l’asticot. |
| FABRE Jean Henri – Souvenirs entomologiques (Delagrave) |
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| La guerre est l’art de tuer en grand et de faire avec gloire ce qui, fait en petit, conduit à la potence. |
| FABRE Jean Henri – Souvenirs entomologiques |
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| Le savoir humain sera rayé des archives du monde avant que nous ayons le dernier mot d’un moucheron. |
| FABRE Jean Henri – Souvenirs entomologiques (Delagrave), t. X, 125 |
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| Les ruines elles-mêmes doivent périr. |
| FABRE Jean Henri – Souvenirs entomologiques (Delagrave) |
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| Voulez-vous réussir dans les choses de l’intelligence ? L’infaillible moyen est d’y penser toujours. |
| FABRE Jean Henri – Souvenirs entomologiques, t. IX, 187 |
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| C’est le merveilleux qui a fait tort au surnaturel. |
| FAGUET Émile – Études littéraires, XVIe siècle, Rabelais |
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| L’art de lire, c’est l’art de penser avec un peu d’aide. |
| FAGUET Émile – L’Art de lire (Hachette) |
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| L’invention du christianisme, c’est l’infini. Au point de vue moral, il a apporté d’autres choses au monde ; au point de vue philosophique, il a apporté cette idée-là. |
| FAGUET Émile – Études littéraires, XVIe siècle, Calvin |
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| La lecture est une victoire de l’ennui sur l’amour-propre. |
| FAGUET Émile – L’art de lire, éd Armand Colin, p. 107 |
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| La première lecture est au lecteur ce que l’improvisation est à l’orateur. |
| FAGUET Émile – L’art de lire, éd Armand Colin, p. 140 |
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| La Renaissance était la renaissance de l’antiquité ; la Réforme était la renaissance du christianisme primitif. |
| FAGUET Émile – XVIe siècle, Avant-propos |
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| Les philosophes du XVIe siècle ont été tous et trop orgueilleux et trop affairés pour être très sérieux. |
| FAGUET Émile – XVIIIe siècle, Avant-propos |
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| Lire lentement, c’est le premier principe et qui s’applique absolument à toute lecture. C’est l’art de lire comme en essence. |
| FAGUET Émile – L’art de lire, éd Armand Colin, p. 12 |
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| Pour apprendre à lire, il faut d’abord lire très lentement et ensuite il faut lire très lentement et, toujours, jusqu’au dernier livre qui aura l’honneur d’être lu par vous, il faudra lire très lentement. |
| FAGUET Émile – L’Art de lire |
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| En art, il faut que la mathématique se mette aux ordres des fantômes. |
| FARGUE Léon-Paul – Sous la lampe (1929) |
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| II n’y a pas de simplicité véritable. Il n’y a que des simplifications. |
| FARGUE Léon-Paul – Sous la lampe (Gallimard) |
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| J’adore les huîtres : on a l’impression d’embrasser la mer sur la bouche. |
| FARGUE Léon-Paul |
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| L’amabilité provient d’une bonne santé, d’une bonne conscience, ou de beaucoup d’épreuves. Quand on a suffisamment souffert, on devient méchant ou excellent. |
| FARGUE Léon-Paul – Déjeuners de soleil, Soyons polis pour être honnêtes |
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| L’artiste contient l’intellectuel. La réciproque est rarement vraie. |
| FARGUE Léon-Paul – Sous la lampe (Gallimard) |
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| L’intelligence est un capitaine qui est toujours en retard d’une bataille. Et qui discute après la bataille. |
| FARGUE Léon-Paul – Sous la lampe (1929) |
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| La qualité, c’est de la quantité assimilée. |
| FARGUE Léon-Paul – Sous la lampe (1929) |
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| Le génie est une question de muqueuses. L’art est une question de virgules. |
| FARGUE Léon-Paul – Sous la lampe, Suite familière |
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| Un pas en divin, deux pas en humain … |
| FARGUE Léon-Paul – Sous la lampe (1929) |
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| Une phrase parfaite est au point culminant de la plus grande expérience vitale. |
| FARGUES Léon-Paul – Sous la lampe, « Suite familière », Gallimard |
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| L’homme est incapable d’abjuration. En lui, les croyances se superposent les unes aux autres comme des couches de peinture, sans se mêler, sans s’annuler. |
| FAUCONNIER Henri – Malaisie |
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| Ce qu’il y a de triste dans l’amour, c’est que non seulement l’amour ne peut pas durer toujours, mais que les désespoirs qu’il cause sont vite oubliés. |
| FAULKNER William |
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| Chez moi, quand on tue le cochon, tout le monde rit ! Sauf le cochon. |
| FAURE Edgar |
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| Dieu est un enfant qui s’amuse. |
| FAURE Élie – L’Esprit des formes |
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| L’esprit des formes est un. Il circule au-dedans d’elles comme le feu qui roule au centre des planètes et détermine la hauteur et le profil de leurs montagnes selon le degré de résistance et la constitution du sol. |
| FAURE Élie – L’Esprit des formes, tome l, Introduction |
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| Sur leurs écrits à peine un jour de gloire a lui ! / Le temps n’épargne point ce qu’on a fait sans lui. |
| FAYOLLE François – Discours sur la littérature et les littérateurs |
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| Comprendre, c’est compliquer. C’est enrichir en profondeur. C’est élargir de proche en proche. C’est mêler à la vie. |
| FEBVRE Lucien – Combats pour l’histoire (Armand Colin), Sur l’esprit politique de la Réforme |
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| Pénétrer de présent la tradition elle-même : premier moyen de lui résister. |
| FEBVRE Lucien – Combats pour l’histoire |
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| Avant que de se jeter dans le péril, il faut le prévoir et le craindre ; mais, quand on y est, il ne reste plus qu’à le mépriser. |
| FÉNELON (François de Salignac de Lamothe-) – Les Aventures de Télémaque, I |
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| Tout ce qui est plus d’un est infiniment moins qu’un. |
| FÉNELON (François de Salignac de Lamothe-) – Traité de l’existence de Dieu |
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| Antisthène disait que la science la plus difficile était de désapprendre le mal. |
| FÉNELON François de Salignac de la Mothe – Antisthène |
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| Dieu ne donne aux passions humaines, lors même qu’elles semblent décider de tout, que ce qu’il leur faut pour être des instruments de ses desseins. Ainsi l’homme s’agite, mais Dieu le mène. |
| FÉNELON François de Salignac de la Mothe – Sermon sur la vocation des Gentils, 6 janvier 1685 |
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| Il ne suffit point de montrer la vérité, il faut la peindre aimable. |
| FÉNELON François de Salignac de La Mothe – Les Aventures de Télémaque |
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| L’ordre est ce qu’il y a de plus rare dans les opérations de l’esprit. |
| FÉNELON François de Salignac de la Mothe – Lettre à l’Académie, IV |
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| Le bon historien n’est d’aucun temps ni d’aucun pays : quoiqu’il aime sa patrie, il ne la flatte jamais en rien. |
| FÉNELON François de Salignac de la Mothe – Lettre à l’Académie |
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| Le plus libre de tous les hommes est celui qui peut être libre dans l’esclavage même. |
| FÉNELON François de Salignac de la Mothe – Les aventures de Télémaque, cinquième livre |
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| Notre langue n’est qu’un mélange de grec, de latin et de tudesque, avec quelques restes confus de gaulois. |
| FÉNELON François de Salignac de la Mothe – Lettre à l’Académie, III |
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| On ne peut vaincre l’amour qu’en fuyant. Contre un tel ennemi, le vrai courage consiste à craindre et à fuir, sans délibérer et sans se donner à soi-même le temps de regarder derrière soi. |
| FÉNELON François de Salignac de la Mothe – Les aventures de Télémaque, sixième livre |
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| Rendons l’étude agréable, cachons-la sous l’apparence de la liberté et du plaisir. |
| FÉNELON François de Salignac de la Mothe – De l’éducation des filles, chapitre 5 |
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| Souvent c’est faire un grand gain que de savoir perdre à propos. |
| FÉNELON François de Salignac de la Mothe – De l’éducation des filles, chapitre 11 |
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| Le cœur donne la direction ; le cerveau la solution et le corps la concrétisation. |
| FERNANDEZ Luis |
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| Pour gagner, il faut accepter de perdre. |
| FERNANDEZ Luis |
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| La manière la plus efficace de vaincre la maladie est encore de se débarrasser des médecins. |
| FERRON Jacques – L’Ogre |
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| La liberté de pensée est absolue ou elle n’est rien. |
| FERRY Luc – L’Homme-Dieu |
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| Principe des principes, constitutifs de l’humanisme moderne : le rejet des arguments d’autorité. |
| FERRY Luc – L’Homme-Dieu |
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| Si les hommes n’étaient pas en quelque façon des dieux, ils ne seraient pas non plus des hommes. Il faut supposer en eux quelque chose de sacré ou bien accepter de les réduire à l’animalité. |
| FERRY Luc – L’Homme-Dieu, p.177, Livre de Poche n°14621 |
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| Ce sont justement les vérités les plus simples que l’homme découvre en dernier. |
| FEUERBACH Ludwig |
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| Seul celui qui aime existe. |
| FEUERBACH Ludwig – Critiques philosophiques, 2 |
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| La bonté est le seul charme qui est permis aux vieillards, c’est la coquetterie des cheveux blancs. |
| FEUILLET Octave |
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| Emplissez le monde de votre amour, et votre amour de tout le charme infini du monde. |
| FÉVAL Paul – Nouvelles Asiatiques, La guerre des Turcomans |
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| Où que tu sois, ta main gardera ma marque. Je te reconnaîtrai. Et si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi. |
| FÉVAL Paul – Le Bossu |
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| Mariage : Le mariage est l’art difficile, pour deux personnes, de vivre ensemble aussi heureuses qu’elles auraient vécu, seules, chacune de leur côté. |
| FEYDEAU Georges |
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| Ce qu’ils appellent Dieu, je l’appelle une idole. |
| FICHTE Johann Gottlieb – Appel au public contre l’accusation d’athéisme |
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| L’amour est cette religion du visage qui en interdit la représentation. (…) Le visage aimé échappe à tout, même à cette beauté en lui qui a rendu possible la cristallisation de l’amour. Il est infigurable. |
| FINKIELKRAUT Alain – La sagesse de l’amour, Paris, Gallimard, 1984 |
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| Personne, pas même les poètes, ne sait tout ce qu’un cœur peut contenir. |
| FITZGERALD Zelda |
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| À moins d’être un crétin, on meurt toujours dans l’incertitude de sa propre valeur et de celle de ses œuvres. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Louise Colet, 1852 |
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| Avez-vous jamais cru à l’existence des choses ? Est-ce que tout n’est pas une illusion ? II n’y a de vrai que les « rapports », c’est-à-dire la façon dont nous percevons les objets. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Guy de Maupassant, 15 août 1878 |
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| Ce qui m’indigne, ce sont ceux qui ont le bon Dieu dans leur poche et qui vous expliquent l’incompréhensible par l’absurde. Quel orgueil que celui d’un dogme quelconque ! |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Mme Roger des Genettes, 1879 |
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| Elle touchait au mois d’août des femmes, époque tout à la fois de réflexion et de tendresse, où la maturité qui commence colore le regard d’une flamme plus profonde, quand la force du cœur se mêle à l’expérience de la vie, et que, sur la fin de ces épanouissements, l’être complet déborde de richesse dans l’harmonie de sa beauté. |
| FLAUBERT Gustave – L’Éducation sentimentale, deuxième partie, chapitre 6 |
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| Il faut écrire pour soi, avant tout. C’est la seule chance de faire beau. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Mlle Leroyer de Chantepie, 11 juillet 1858 |
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| Il faut que les endroits faibles d’un livre soient mieux écrits que les autres. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Ernest Feydeau, 1er mai 1858 |
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| Il tournait dans son désir comme un prisonnier dans son cachot. |
| FLAUBERT Gustave – L’Éducation sentimentale, première partie, chapitre 5 |
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| Je ne vois rien de plus bête que le Droit, si ce n’est l’étude du Droit. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, « Lettre à E. Chevalier » |
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| Je suis convaincu que nous entrons dans un monde hideux où les gens comme nous n’aurons plus leur raison d’être. On sera utilitaire et militaire, économe, petit, pauvre, abjecte. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Claudius Popelin, 1870 |
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| Je suis un homme-plume. Je sens par elle, à cause d’elle, par rapport à elle et beaucoup plus avec elle. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Louise Colet, 31 janvier 1852 |
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| L’Art n’est grand que parce qu’il grandit. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, À Louise Colet, 30 janvier 1847 p.434 |
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| L’artiste doit s’arranger de façon à faire croire à la postérité qu’il n’a pas vécu. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, 1842 |
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| L’auteur dans son œuvre doit être comme Dieu dans l’univers, présent partout et visible nulle part. |
| FLAUBERT Gustave |
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| L’avenir nous tourmente, le passé nous retient, c’est pour ça que le présent nous échappe. |
| FLAUBERT Gustave – Lettre à Louise Colet |
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| La bêtise consiste à vouloir conclure. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Louis Bouilhet, 4 septembre 1850 |
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| La manière dont parlent de Dieu toutes les religions me révolte, tant elles le traitent avec certitude, légèreté et familiarité. Les prêtres surtout, qui ont toujours ce nom-là à la bouche, m’agacent. C’est une espèce d’éternuement qui leur est habituel : la bonté de Dieu, la colère de Dieu, offenser Dieu, voilà leurs mots. C’est le considérer comme un homme, qui pis est, comme un bourgeois. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Mlle Leroyer de Chantepie, 1er mars 1858 |
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| La manière la plus profonde de sentir quelque chose est d’en souffrir. |
| FLAUBERT Gustave – Carnets |
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| La musique adoucit les mœurs. Exemple : la Marseillaise. |
| FLAUBERT Gustave – Dictionnaire des idées reçues |
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| La passion ne fait pas les vers ; plus vous serez personnels, plus vous serez faibles. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Louise Colet, 1852 |
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| La race des gladiateurs n’est pas morte, tout artiste en est un. Il amuse le public avec ses agonies. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Ernest Feydeau, 1859 |
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| La vie doit être une éducation incessante ; il faut tout apprendre, depuis parler jusqu’à mourir. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, « À George Sand » |
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| Le comble de l’orgueil, c’est de se mépriser soi-même. |
| FLAUBERT Gustave – Carnets |
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| Le mauvais goût du temps de Ronsard, c’était Marot ; du temps de Boileau, c’était Ronsard ; du temps de Voltaire, c’était Corneille, et c’était Voltaire du temps de Chateaubriand que beaucoup de gens, à cette heure, commencent à trouver un peu faible. |
| FLAUBERT Gustave – Par les champs et par les grèves |
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| Le mot ne manque jamais quand on possède l’idée. |
| FLAUBERT Gustave |
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| Le style est autant sous les mots que dans les mots. C’est autant l’âme que la chair d’une œuvre. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Ernest Feydeau, 1860 |
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| Les héros ne sentent pas bon ! |
| FLAUBERT Gustave – L’Éducation sentimentale |
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| Les illusions tombent, mais les âmes-cyprès sont toujours vertes. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Louis Bouilhet,1854 |
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| Madame Bovary, c’est moi. |
| FLAUBERT Gustave |
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| On n’arrive au style qu’avec un labeur atroce, avec une opiniâtreté fanatique et dévouée. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, À Louise Colet, 15 août 1846 p.303 |
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| Paganisme, christianisme, muflisme. Telles sont les trois grandes évolutions de l’humanité. Il est désagréable de se trouver dans la dernière. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Mme Régnier, 11 mars 1871 |
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| Par cela même que je connais les choses, les choses n’existent plus. |
| FLAUBERT Gustave – L’Éducation sentimentale |
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| Plus une idée est belle, plus la phrase est sonore. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, 1842 |
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| Prenez garde à la tristesse. C’est un vice. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Guy de Maupassant, 1878 |
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| Qu’est-ce donc que le mauvais goût ? C’est invariablement le goût de l’époque qui nous a précédés. |
| FLAUBERT Gustave |
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| Quand la terre sera usée, l’humanité déménagera dans les étoiles. |
| FLAUBERT Gustave |
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| Quelle chose grandement niaise et cruellement bouffonne que ce mot qu’on appelle Dieu ! |
| FLAUBERT Gustave – Agonies |
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| Rien de plus sot que la prétention du corps à la vie éternelle. |
| FLAUBERT Gustave – Hérodias |
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| Rien n’apaise plus qu’un long travail. L’érudition est chose rafraîchissante. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, « À Mlle Leroyer de Chantepie », 1858 |
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| Tout bourgeois, dans l’échauffement de sa jeunesse, ne fût-ce qu’un jour, une minute, s’est cru capable d’immenses passions, de hautes entreprises. Le plus médiocre libertin a rêvé des sultanes. Chaque notaire porte en soi les débris d’un poète. |
| FLAUBERT Gustave – Madame Bovary, III, 6 |
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| Tout le rêve de la démocratie est d’élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. Le rêve est en partie accompli. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à George Sand, 1871 |
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| Un romancier, selon moi, n’a pas le droit de dire son avis sur les choses de ce monde. Il doit, dans sa vocation, imiter Dieu dans la sienne, c’est-à-dire faire et se taire. |
| FLAUBERT Gustave – Correspondance, à Mlle Bosquet, 1866. |
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| Démocratie est le nom que nous donnons au peuple chaque fois que nous avons besoin de lui. |
| FLERS Robert de – L’Habit vert, acte l, sc. 2 |
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| Une couronne d’épines, ce n’est qu’une couronne de roses d’où les roses sont tombées. |
| FLERS Robert de et alii – Primerose, II, 12 (Primerose) |
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| Un sourire ne coûte rien, mais il rapporte beaucoup ; il enrichit celui qui le reçoit sans appauvrir celui qui le donne. |
| FLETCHER Frank Irving |
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| De par le Roi, défense à Dieu / De faire miracle en ce lieu. |
| FLEURY Cardinal – Porte du cimetière Saint-Médard, fermé en 1732 |
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| Il n’y a pas d’homme cultivé, il n’y a que des hommes qui se cultivent. |
| FOCH Ferdinand (Maréchal) |
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| Ne me dites pas que ce problème est difficile. S’il n’était pas difficile, ce ne serait pas un problème. |
| FOCH Ferdinand (Maréchal) |
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| Le signe signifie, alors que la forme se signifie. |
| FOCILLON Henri – Vie des formes, I, Le monde des formes (P.U.F.) |
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| La robe est parfois plus humaine que le corps. |
| FOLLAIN Jean – Usage du temps (Gallimard) |
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| Les armes sont les bijoux des hommes. |
| FOLLAIN Jean – Appareil de la terre (Gallimard) |
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| Le trésor que je vous laisse, c’est le bien que je n’ai pas fait, que j’aurais voulu faire, et que vous ferez après moi. |
| FOLLEREAU Raoul |
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| Celui qui veut être heureux se réduit et se resserre autant qu’il est possible. Il a ces deux caractères : il change peu de place et en tient peu. Le plus grand secret pour le bonheur c’est d’être bien avec soi. |
| FONTENELLE Bernard Le Bovier de – Du bonheur |
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| Il est vrai qu’on ne peut trouver la pierre philosophale, mais il est bon qu’on la cherche : en la cherchant, on trouve de fort beaux secrets qu’on ne cherchait pas. |
| FONTENELLE Bernard Le Bovier de – Dialogues des morts anciens avec les modernes, II |
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| J’éprouve une difficulté d’être. |
| FONTENELLE Bernard Le Bovier de – Ses derniers mots |
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| Le plus grand secret du bonheur, c’est d’être bien avec soi. |
| FONTENELLE Bernard Le Bovier de – Du bonheur |
|
| Ne disons pas du mal du diable : c’est peut-être l’homme d’affaires du bon Dieu. |
| FONTENELLE Bernard Le Bovier de |
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| Sommes-nous trente-neuf, on est à nos genoux, / Et sommes-nous quarante, on se moque de nous. |
| FONTENELLE Bernard Le Bovier de – Épigramme sur l’Académie française |
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| Un grand obstacle au bonheur, c’est de s’attendre à un trop grand bonheur. |
| FONTENELLE Bernard Le Bovier de – Du bonheur |
|
| C’est le miroir qui se mire dans la Femme. |
| FORNERET Xavier – Encore un an de sans titre |
|
| Dieu punit l’homme de ses fautes en le laissant vivre. |
| FORNERET Xavier – Sans titre, par un homme noir, blanc de visage. |
|
| L’Église est vraiment bien charitable ; elle donne des indulgences, dont elle a tant besoin. |
| FORNERET Xavier – Broussailles de la pensée de la famille de sans titre |
|
| L’homme a dans le corps un habit d’Arlequin : son âme. |
| FORNERET Xavier – Sans titre. Février |
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| Si toutes les filles du monde voulaient s’donner la main, tout autour de la mer elles pourraient faire une ronde. Si tous les gars du monde… |
| FORT Paul – Ballades françaises (Flammarion) |
|
| Faites la conquête de votre ennemi par la force, et vous augmenterez son hostilité. Faites sa conquête par l’amour, et vous ne moissonnerez aucune peine ultérieure. |
| FO-SHO-HING-TSAN-KING |
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| L’homme est une invention dont l’archéologie de notre pensée montre aisément la date récente. Et peut-être la fin prochaine. |
| FOUCAULT Michel – Les Mots et les Choses, Gallimard, 1966 |
|
| Le châtiment est passé d’un art des sensations insupportables à une économie des droits suspendus. |
| FOUCAULT Michel – Surveiller et punir, 1 |
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| « Dieu ! », soupire à part soi la plaintive Chimène / « Qu’il est joli garçon, l’assassin de Papa ! » |
| FOUREST Georges – La Négresse blonde, Le Cid (José Corti) |
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| Ma théorie se borne à utiliser les passions réprouvées telles que la nature les donne, et sans y rien changer. |
| FOURIER Charles – Théorie de l’unité universelle |
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| « Sainte Mère de Dieu, vous qui avez conçu sans pécher, accordez-moi la grâce de pécher sans concevoir ». |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Sur la pierre blanche, I |
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| À mesure qu’on avance dans la vie, on s’aperçoit que le courage le plus rare est celui de penser. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – La Vie littéraire |
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| Caressez longuement votre phrase, et elle finira par sourire. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) |
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| Ce que les hommes appellent civilisation, c’est l’état actuel des mœurs et ce qu’ils appellent barbarie, ce sont les états antérieurs. Les mœurs présentes, on les appellera barbares quand elles seront des mœurs passées. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Sur la pierre blanche |
|
| Ce qui est admirable, ce n’est pas que le champ des étoiles soit si vaste, c’est que l’homme l’ait mesuré. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure (1894), Calmann Lévy, Paris 1895 [BnF], p.10 |
|
| Ceux-là seuls vous font de belles confessions qui aiment encore leurs fautes. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – La Vie littéraire |
|
| Doutons même du doute. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Discours |
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| Elle était toute petite, ma vie ; mais c’était une vie, c’est-à-dire le centre des choses, le milieu du monde. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le Livre de mon ami |
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| En art, comme en amour, l’instinct suffit. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure, p. 76. |
|
| Il est beau qu’un soldat désobéisse à des ordres criminels. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – L’Humanité, 30 novembre 1922 |
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| Il est difficile d’être insensible quand on pense vivement. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – La Vie littéraire, tome II, Sur le scepticisme |
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| Il y a des héros ; il n’y a pas de peuples de héros ; il n’y a pas d’armées de héros. Les soldats n’ont jamais marché que sous peine de mort. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le Mannequin d’osier (1897), Au tournant du siècle, Omnibus 2000, 1, p.129 |
|
| Il y a toujours un moment où la curiosité devient un péché, et le diable s’est toujours mis du côté des savants. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure, p. 68. |
|
| Ils tomberont de si bas que leur chute même ne leur fera pas de mal. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Les opinions de M. Jérôme Coignard, chap. VI, Le nouveau ministère |
|
| J’apporte ma pierre au monument de la véritable histoire, qui est celle des maximes et des opinions, plutôt que des guerres et des traités. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) |
|
| J’oserai dire qu’il n’y a de vrai au monde que le beau. Le beau nous apporte la plus haute révélation du divin qu’il soit permis de connaître. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – La vie littéraire, t. II, Les torts de l’histoire |
|
| Je ne sens pas en moi l’étoffe d’un dieu si petit qu’il soit. Ma faiblesse m’est chère. Je tiens à mon imperfection comme à ma raison d’être. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure, p. 57 |
|
| L’artiste doit aimer la vie et nous montrer qu’elle est belle. Sans lui, nous en douterions. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure, p. 33 |
|
| L’attrait du danger est au fond de toutes les grandes passions. Il n’y a pas de volupté sans vertige. Le plaisir mêlé de peur enivre. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure (1894), Calmann Lévy, Paris 1895 [BnF], p.23 |
|
| L’État est comme le corps humain. Toutes les fonctions qu’il accomplit ne sont pas nobles. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Les Opinions de M. Jérôme Coignard, 4 |
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| L’histoire n’est pas une science, c’est un art. On n’y réussit que par l’imagination. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure |
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| L’homme ne croit pas ce qui est, il croit ce qu’il désire qui soit. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Dernières Pages inédites |
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| La forme simple est la seule faite pour traverser paisiblement, non pas les siècles, ce qui est trop dire, mais les années. La seule difficulté est de définir la forme simple. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure, p. 106 |
|
| La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, si touchante, si voluptueuse, si chaste, si noble, si familière, si folle, si sage, qu’on l’aime de toute son âme, et qu’on n’est jamais tenté de lui être infidèle. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Propos (1921) |
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| La pensée est une maladie particulière à quelques individus et qui ne se propagerait pas sans amener promptement la fin de l’espèce. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Les opinions de M. Jérôme Coignard, chap. X, L’armée |
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| La première politesse de l’écrivain, n’est-ce point d’être bref ? |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – La Vie littéraire (Calmann-Lévy) |
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| La raison est ce qui effraie le plus chez un fou. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Monsieur Bergeret à Paris (1901), Au tournant du siècle, Omnibus 2000, 4, p.414 |
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| La souffrance : Quelle divine méconnue ! Nous lui devons tout ce qu’il y a de bon en nous, tout ce qui donne du prix à la vie, nous lui devons la pitié, nous lui devons le courage, nous lui devons toutes les vertus. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure, pp. 55-56 |
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| Le christianisme a beaucoup fait pour l’amour en en faisant un péché. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure |
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| Le poireau, c’est l’asperge du pauvre. Tout le monde sait ça. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Crainquebille, 1er tableau, sc. III |
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| Le style simple est semblable à la clarté blanche. Il est complexe mais il n’y paraît pas. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le Jardin d’Épicure |
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| Les gouvernements impopulaires durent autant que les autres. D’abord il n’y a pas de gouvernements populaires. Gouverner, c’est mécontenter. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Monsieur Bergeret à Paris (1901), Au tournant du siècle, Omnibus 00, 11, p.446 |
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| Les poètes nous aident à aimer : ils ne servent qu’à cela. Et c’est un assez bel emploi de leur vanité délicieuse. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure, p. 96 |
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| Les vérités découvertes par l’intelligence deviennent stériles. Le cœur est seul capable de féconder ses rêves. Il verse la vie dans tout ce qu’il aime. C’est par le sentiment que les semences du bien sont jetées sur le monde. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Les opinions de M. Jérôme Coignard, chap. XXII, La justice |
|
| Mourir, c’est accomplir un acte d’une portée incalculable. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le Jardin d’Épicure |
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| On appelle gens de bien ceux qui font comme les autres. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Crainquebille, in Crainquebille, Putois, Riquet et plusieurs autres récits profitables. |
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| On croit mourir pour la patrie : on meurt pour des industriels. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – L’Humanité, 18 juillet 1922 |
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| On n’est pas tout à fait sincère sans être peu ennuyeux. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) |
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| On ne s’ennuie pas quand on a des ennuis. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) |
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| On ne sait jamais si on a bien agi envers les hommes. Il faut les adorer sans chercher à les comprendre. Leur sagesse est mystérieuse. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – CrainquebiIle, Putois, Riquet. Pensées de Riquet |
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| Plus je songe à la vie humaine, plus je crois qu’il faut lui donner pour témoins et pour juges l’Ironie et la Pitié. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure, pp. l21-122 |
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| Sans l’ironie, le monde serait comme une forêt sans oiseaux. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) |
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| Un bon style, enfin, est comme ce rayon de lumière qui entre par ma fenêtre au moment où j’écris et qui doit sa clarté pure à l’union intime des sept couleurs dont il est composé. Le style simple est semblable à la clarté blanche. |
| FRANCE Anatole (Anatole François Thibault, dit) – Le jardin d’Épicure, p. 107 |
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| Souvent femme varie : bien fol est qui s’y fie . |
| FRANÇOIS 1er |
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| Tout est perdu, fors l’honneur. |
| FRANÇOIS 1er – après la défaite de Pavie le 25/2/1525 |
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| C’est chose indécente, bien que non pas grand péché, de solliciter le paiement du devoir nuptial le jour que l’on s’est communié, mais ce n’est pas chose malséante, c’est chose plutôt méritoire de le payer. |
| FRANÇOIS de Sales – Introduction à la vie dévote, Seconde partie, Chap. XXX |
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| Mais prenez garde que l’amour-propre ne vous trompe, car quelquefois il contrefait si bien l’amour de Dieu qu’on dirait que c’est lui … |
| FRANÇOIS de Sales – Introduction à la vie dévote |
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| Ô mon âme, tu es capable de Dieu, malheur à toi si tu te contentes de moins que de Dieu ! |
| FRANÇOIS de Sales – Introduction à la vie dévote |
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| Il n’y a jamais de bonnes guerres, ni de mauvaises paix. |
| FRANKLIN Benjamin |
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| Souviens-toi que le temps est de l’argent. (Time is money). |
| FRANKLIN Benjamin – Mélanges de Morale, d’Économie et de Politique (t.1), Paris, J.Renouard 1826 [BnF], Avis à un jeune ouvrier, (Conseils à un jeune négociant), 1748 p.111 |
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| Chez les peuples primitifs, on ne réveille jamais un dormeur, car son âme est alors absente et peut ne pas avoir le temps de réintégrer son enveloppe. |
| FRAZER Jame George – Le rameau d’or, chap. 18 |
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| Il est beau de faire des ingrats ; il est infâme de l’être. |
| FRÉDÉRIC II – Dialogue de morale à l’usage de la jeune noblesse |
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| Il n’est pas important que je vive, mais il est important que je fasse mon devoir. |
| FRÉDÉRIC II – Lettre au marquis d’Argens, 1760 |
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| La guerre fraîche et joyeuse. |
| FRÉDÉRIC-GUILLAUME – Préface à L’Allemagne en Armes |
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| L’acteur est un sculpteur de neige. |
| FRESNAY Pierre |
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| Après trente ans passés à étudier la psychologie féminine, je n’ai toujours pas trouvé de réponse à la grande question : que veut la femme ? |
| FREUD Sigmund |
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| L’inconscient s’exprime à l’infinitif. |
| FREUD Sigmund |
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| Nous ne savons renoncer à rien. Nous ne savons qu’échanger une chose contre une autre. |
| FREUD Sigmund |
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| Quelquefois, un cigare est juste un cigare. |
| FREUD Sigmund |
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| C’est le temps passé dans les salles d’attente qui fait des malades des patients. |
| FRISONI Claude |
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| C’est leur ego qui empêche les hommes d’être égaux. |
| FRISONI Claude |
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| L’art de peindre n’est que l’art d’exprimer l’invisible par le visible. |
| FROMENTIN Eugène – Les Maîtres d’autrefois |
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| Ce serait une erreur de croire que les abstentionnistes ne votent pas : ils font simplement baisser le niveau de la majorité, donc ils favorisent le plus fort et votent tout de même à leur façon. |
| FROSSARD André – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1994, p.76 |
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| Dans certaines situations, il n’y a qu’une chose à faire : rien. Mais il faut le faire tout de suite, sans attendre une minute de plus. |
| FROSSARD André – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1994, p.157 |
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| En politique, l’union fait la force, mais c’est souvent le malentendu qui fait l’union. |
| FROSSARD André – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1994, p.68 |
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| Il n’y a de joie qu’éternelle. |
| FROSSARD André – L’Art de croire, Grasset |
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| Les cimetières sont les vestiaires de la résurrection. |
| FROSSARD André |
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| Les dictateurs sont tous les mêmes : ils s’imaginent qu’il suffit de pousser le cynisme assez loin pour donner l’impression de l’innocence. |
| FROSSARD André – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1994, p.71 |
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| Méfions-nous des entraînements de la sensibilité ! On commence par plaindre les assassins et par un enchaînement fatal on finit par s’apitoyer sur les victimes… |
| FROSSARD André – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1994, p.142 |
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| Nous avons généralement en France un gouvernement d’hommes qui savent ce qu’ils veulent. Ils veulent y rester. |
| FROSSARD André – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1994, p.51 |
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| Prier, c’est exaucer Dieu. |
| FROSSARD André |
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| Qu’est-ce qu’un penseur ? Un homme qui se pose encore des questions quand les autres ne s’en posent plus. |
| FROSSARD André – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1994, p.154 |
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| Qu’est-ce que la foi ?… Ce qui permet à l’intelligence de vivre au-dessus de ses moyens. |
| FROSSARD André – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1994, p.126 |
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| S’il fallait l’étoile jaune pour reconnaître les Juifs sous l’Occupation, c’est donc qu’ils n’étaient pas si différents que le prétendait la propagande nazie. |
| FROSSARD André – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1994, p.107 |
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| Si la création par Dieu ne demande qu’un miracle initial, l’explication du monde à partir d’un nuage de gaz résolument évolutionniste exige un miracle par microseconde. |
| FROSSARD André – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1994, p.131 |
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| Un riche ne l’est jamais assez pour consentir à l’être un peu moins. |
| FROSSARD André – Les Pensées, Le cherche midi éditeur 1994, p.161 |
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| L’Amérique n’a pas d’idéologie puisqu’elle en est une. |
| FURET François – Bicentenaire des USA |
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| La mort fut le premier mystère ; elle mit l’homme sur la voie des autres mystères. Elle éleva sa pensée du visible à l’invisible, du passager à l’éternel, de l’humain au divin. |
| FUSTEL DE COULANGES Denis – La Cité antique, I, 2 |
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| On se trompe gravement sur la nature humaine si l’on suppose qu’une religion puisse s’établir par convention et se soutenir par imposture. |
| FUSTEL DE COULANGES Denis – La Cité antique, III, 17 |
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| Tous les êtres humains sont plus ou moins bizarres. Je suis un être humain, donc je suis plus ou moins bizarre. |
| GAARDER Jostein – Le monde de Sophie |
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| Un jour j’ai rêvé que j’étais un papillon, et à présent je ne sais plus si je suis Tchouang-tseu qui a rêvé qu’il était un papillon ou bien si je suis un papillon qui rêve que je suis Tchouang-tseu. |
| GAARDER Jostein – Le monde de Sophie |
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| Quoi ? Pas d’alibi ? Alors il doit être innocent ! |
| GABORIAU Émile – Monsieur Lecoq |
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| Le mari idéal, c’est celui qui rentre tôt, fait les courses, la vaisselle et s’occupe des enfants… On en conclut que le mari idéal, c’est la femme ! |
| GACCIO Bruno |
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| Dieu n’existe pas, je ne l’ai pas rencontré. |
| GAGARINE Iouri Alekseïevitch |
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| J’ai retourné ma veste le jour où je me suis aperçu qu’elle était doublée de vison. |
| GAINSBOURG Serge |
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| Je composerai jusqu’à la décomposition. |
| GAINSBOURG Serge |
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| Je connais mes limites. C’est pourquoi je vais au-delà. |
| GAINSBOURG Serge |
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| L’amour physique est sans issue. |
| GAINSBOURG Serge |
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| La différence entre la beauté et la laideur, c’est que la laideur, au moins, elle dure ! |
| GAINSBOURG Serge |
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| Qui a coulé le Titanic ? Iceberg, encore un Juif. |
| GAINSBOURG Serge |
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| Rendre l’âme ? D’accord, mais à qui ? |
| GAINSBOURG Serge |
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| Vous serez fusillé avec des balles rouillées et vous mourrez du tétanos ! |
| GAINSBOURG Serge |
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| Si le monde était vraiment gouverné par le hasard, il n’y aurait pas autant d’injustices. Car le hasard est juste. Et, même, c’est précisément là sa nature : d’être juste par excellence. |
| GALIANI abbé – Lettre, 27 août 1774 |
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| Et pourtant, elle tourne ! |
| GALILÉE Galileo – Après l’abjuration de ses doctrines astronomiques, devant le tribunal de l’Inquisition, en 1633 |
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| Il est certainement nocif pour les âmes de transformer en hérésie le fait de croire ce qui est prouvé. |
| GALILÉE Galileo |
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| L’autorité d’un seul homme compétent, qui donne de bonnes raisons et des preuves certaines, vaut mieux que le consentement unanime de ceux qui n’y comprennent rien. |
| GALILÉE Galileo |
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| L’intention du Saint Esprit est de nous enseigner comment on va au ciel et non comment va le ciel. |
| GALILÉE Galileo |
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| La philosophie est écrite dans cet immense livre qui se tient toujours ouvert devant nos yeux, je veux dire l’univers, mais on ne peut le comprendre si l’on ne s’applique d’abord à en comprendre la langue et à connaître les caractères avec lesquels il est écrit. Il est écrit dans la langue mathématique et ses caractères sont des triangles, des cercles et autres figures géométriques, sans le moyen desquels il est humainement impossible d’en comprendre un mot. Sans eux, c’est une errance dans un labyrinthe obscur. |
| GALILÉE Galileo – L’Essayeur, p.141, Société d’Édition «Les Belles Lettres», trad. C. Chauviré, 1979 |
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| Et je ne fais que traduire les sentiments intimes du peuple de France en disant du cléricalisme ce qu’en disait un jour mon ami Peyrat : Le cléricalisme ? voilà l’ennemi ! |
| GAMBETTA Léon – Discours et plaidoyers politiques, tome 6, Discours prononcé le 4 mai 1877 à la Chambre des députés |
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| N’en parlons jamais, pensons-y toujours. |
| GAMBETTA Léon – Discours, novembre 1871 |
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| Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre. |
| GAMBETTA Léon – Discours et plaidoyers politiques (t.7), Paris, G.Charpentier 1882, Discours prononcé le 15 août 1877 à Lille, p.230. Le maréchal de Mac-Mahon venait de faire dissoudre la Chambre (22 juin) à la suite d’un vote contre son gouvernement. |
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| Soyez vous-même le changement que vous voudriez voir dans le monde. |
| GANDHI Mahatma |
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| Ayez de la haine pour le péché et de l’amour pour le pécheur. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| C’est dans l’effort que l’on trouve la satisfaction et non dans la réussite. Un plein effort est une pleine victoire. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – Lettres à l’Ashram |
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| Ce que tu gagneras par la violence, une violence plus grande te le fera perdre. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| Chacun a raison de son propre point de vue, mais il n’est pas impossible que tout le monde ait tort. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – Lettres à l’Ashram |
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| Cultiver l’humilité revient à cultiver l’hypocrisie. L’humble n’a pas conscience de son humilité. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – Lettres à l’Ashram |
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| En opposant la haine à la haine, on ne fait que la répandre, en surface comme en profondeur. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – Tous les hommes sont frères |
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| Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir, mais aucune pour laquelle je suis prêt à tuer. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – Mon expérience avec la vérité, 1927 |
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| L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – La jeune Inde |
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| La fibre la plus coriace doit s’amollir dans le feu de l’amour. Si elle ne fond pas, c’est que le feu n’est pas assez fort. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| La fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la semence. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| La liberté n’est pas au commencement mais à la fin. La liberté est le fruit du bon ordre. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – Thèmes et variations |
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| La plus grande force dont puisse disposer d’humanité est la non-violence. Elle est plus puissante que la plus puissante des armes de destruction élaborée par l’intelligence de l’homme. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – Tous les hommes sont frères |
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| La prière est la clef du matin et le verrou du soir. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| La vie sans religion est une vie sans principe, et une vie sans principe est un bateau sans gouvernail. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| Le monde est fatigué de la haine. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| Mon exigence pour la vérité m’a elle-même enseigné la beauté du compromis. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| Œil pour œil, et le monde entier devient aveugle. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – Mon expérience avec la vérité, 1927 |
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| On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| Prier n’est pas demander ; c’est une aspiration de l’âme. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| Puisque j’ai rejeté l’épée, il n’est plus rien d’autre que la coupe de l’amour que je puisse offrir à ceux qui se dressent contre moi. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| Sans doute serais-je chrétien, si les chrétiens l’étaient vingt-quatre heures par jour. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – |
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| Si Dieu devait apparaître aux affamés, il n’oserait leur apparaître que sous forme de nourriture. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
|
| Si l’on appelle force la force brutale, alors la femme est moins brutale que l’homme. Mais si l’on parle de la force morale, la femme est bien supérieure à l’homme. Si la non-violence est la loi de l’humanité, l’avenir appartient aux femmes. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – Tous les hommes sont frères |
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| Si un homme atteint le cœur de sa propre religion, il atteint également le cœur des autres religions. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – Tous les hommes sont frères |
|
| Une vie de sacrifice est le sommet suprême de l’art. Elle est pleine d’une véritable joie. |
| GANDHI Mohandas Karamchand – Lettres à l’Ashram |
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| Vivre simplement pour que simplement d’autres puissent vivre. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
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| Vivre simplement, pour que simplement d’autres puissent vivre. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
|
| Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde. |
| GANDHI Mohandas Karamchand |
|
| Ne pas avoir de but est aussi un but. |
| GAO XINGJIAN |
|
| Le pays est partout où l’on se trouve bien, / La terre est aux mortels une maison commune. |
| GARNIER Robert – Bradamante |
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| Rides : Offensive sur le front présageant la retraite. |
| GARRAUD C. |
|
| Dans la vie, toutes les réussites sont des échecs qui ont raté… |
| GARY Romain – Clair de femme, p.136, Folio n°1367 |
|
| Il ne faut pas avoir peur du bonheur. C’est seulement un bon moment à passer. |
| GARY Romain |
|
| Le patriotisme, c’est l’amour des siens ; le nationalisme, c’est la haine des autres. |
| GARY Romain |
|
| Sans imagination, l’amour n’a aucune chance. |
| GARY Romain |
|
| Si les animaux se mettaient à parler, on s’apercevrait qu’ils sont nus. |
| GASCAR Pierre (Pierre Fournier, dit) – L’Arche (Gallimard) (1971) |
|
| La couleur pure : Il faut tout lui sacrifier. |
| GAUGUIN Paul |
|
| Le métier vient tout seul, malgré soi, avec l’exercice, et d’autant plus facilement qu’on pense à autre chose que le métier. |
| GAUGUIN Paul – Lettre à Daniel de Monfreid |
|
| Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 258 variétés de fromage ? |
| GAULLE Charles de |
|
| Des chercheurs qui cherchent, on en trouve. Mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche. |
| GAULLE Charles de |
|
| Face à l’événement, c’est à lui-même que recourt l’homme de caractère. |
| GAULLE Charles de – Mémoires de guerre |
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| Je n’aime que les gens qui me résistent mais je ne les supporte pas. |
| GAULLE Charles de |
|
| L’Afrique ? c’est tout simple, je vais vous l’expliquer : c’est noir et ça grouille. |
| GAULLE Charles de |
|
| L’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans éloignement. |
| GAULLE Charles de – Le Fil de l’épée (Plon) (1932) |
|
| L’intendance suivra. |
| GAULLE Charles de |
|
| La France a perdu une bataille, mais la France n’a pas perdu la guerre. |
| GAULLE Charles de – Appel du 18 juin 1940 |
|
| La France ne peut être la France sans la grandeur. |
| GAULLE Charles de – Mémoires de guerre, l’Appel (Plon) |
|
| La véritable école du Commandement est la culture générale. |
| GAULLE Charles de |
|
| Le caractère, c’est d’abord de négliger d’être outragé ou abandonné par les siens. |
| GAULLE Charles de – Propos recueillis par Malraux dans Les chênes qu’on abat (Gallimard) |
|
| Le Caractère, vertu des temps difficiles. |
| GAULLE Charles de – Le Fil de l’épée (Plon) |
|
| Le désir du privilège et le goût de l’égalité, passions dominantes et contradictoires des Français de toute époque. |
| GAULLE Charles de – La France et son armée, (Plon) Origines, I |
|
| Les choses capitales qui ont été dites à l’humanité ont toujours été des choses simples. |
| GAULLE Charles de – Propos recueillis par Malraux dans Les chênes qu’on abat (Gallimard) |
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| Oui, c’est l’Europe, depuis l’Atlantique jusqu’à l’Oural, c’est l’Europe, c’est toute l’Europe, qui décidera du destin du monde ! |
| GAULLE Charles de |
|
| Toujours le chef est seul en face du mauvais destin. |
| GAULLE Charles de – Mémoires de guerre |
|
| Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la France. |
| GAULLE Charles de – Mémoires de guerre, l’Appel (Plon) |
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| En général dès qu’une chose devient utile, elle cesse d’être belle. |
| GAUTIER Théophile – Poésies complètes, Préface |
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| Il n’y a rien de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid. |
| GAUTIER Théophile – Mademoiselle de Maupin (1835), Œuvres, Robert Laffont – Bouquins 1995, Préface, p.193 |
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| Je suis un homme pour qui le monde extérieur existe. |
| GAUTIER Théophile – Histoire du romantisme |
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| Le hasard, c’est peut-être le pseudonyme de Dieu, quand il ne veut pas signer. |
| GAUTIER Théophile – La Croix de Berny, « Edgard de Meilhan » |
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| Les dieux eux-mêmes meurent / Mais les vers souverains / Demeurent / Plus forts que les airains. |
| GAUTIER Théophile – Émaux et Camées |
|
| Les mouettes volent et jouent, / Et les blancs coursiers de la mer, / Cabrés sur les vagues, secouent / Leurs crins échevelés dans l’air. |
| GAUTIER Théophile – Émaux et Camées |
|
| Oui, l’œuvre sort plus belle / D’une forme au travail / Rebelle, /Vers, marbre, onyx, émail. |
| GAUTIER Théophile – L’Art, in Émaux et Camées |
|
| Tout ce qui est utile est laid. |
| GAUTIER Théophile – Récits fantastiques |
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| Tout passe. L’art robuste / Seul a l’éternité, / Le buste / Survit à la cité. |
| GAUTIER Théophile – Émaux et Camées |
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| La liberté n’est pas au commencement mais à la fin. La liberté est le fruit du bon ordre. |
| GAXOTTE Pierre – Thèmes et variations, Propos sur la liberté (Fayard) |
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| Celui-là se croit Kant parce qu’il l’a traduit. |
| GAY DE GIRARDIN Delphine – L’École des Journalistes, acte I, scène 5 |
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| Il y déjà eu l’an 2000, en 2000 avant Jésus-Christ, mais à l’époque personne ne s’en est rendu compte. |
| GELUCK Philippe – Le chat |
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| Ils sont dans l’infamie comme un poisson dans l’eau. |
| GENET Jean – Pompes funèbres |
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| Il faut se ressembler un peu pour se comprendre, mais il faut être un peu différents pour s’aimer. |
| GÉRALDY Paul – L’Homme et l’Amour |
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| Le souvenir est un poète, n’en fais pas un historien. |
| GÉRALDY Paul – Toi et moi |
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| Quand elles nous aiment, ce n’est pas vraiment nous qu’elles aiment. Mais c’est bien nous, un beau matin, qu’elles n’aiment plus. |
| GÉRALDY Paul (Paul LE FÈVRE, dit) – L’Homme et l’Amour (Hachette) |
|
| Chaque jour je t’aime davantage, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain. |
| GÉRARD Rosemonde – Les pipeaux |
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| Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille, / Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs, / Au mois de mai, dans le jardin qui s’ensoleille / Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants. |
| GÉRARD Rosemonde (Louise Rose Étiennette GÉRARD, dite) – Les Pipeaux |
|
| Ce n’est qu’en pardonnant qu’on ne se trompe pas. |
| GÉRARD Rosemonde et ROSTAND Maurice – Un bon petit diable, acte II, sc. 6 |
|
| En fait, il n’y a plus que la réalité qui m’intéresse et je sais que je pourrais passer je restant de ma vie à copier une chaise. |
| GIACOMETTI Alberto – « Notes sur les copies », II, L’Éphémère, n° 1, hiver 1966 |
|
| L’histoire n’est guère plus, en vérité, que le registre des crimes, des folies et des malheurs de l’humanité. |
| GIBBON Edward – Decline and Fall of the Roman Empire |
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| Combien noble est celui qui ne veut être ni maître ni esclave. |
| GIBRAN Khalil – Le sable et l’écume (1926) |
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| L’amour est le voile entre aimé et amant. |
| GIBRAN Khalil – Le sable et l’écume (1926) |
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| L’art est un pas de la nature vers l’Infini. |
| GIBRAN Khalil – Le sable et l’écume, Albin-Michel, trad. Jean-Pierre Dahdah, p. 144 |
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| L’inspiration chante toujours. L’inspiration n’explique jamais. |
| GIBRAN Khalil – Le sable et l’écume (1926) |
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| La moitié de ce que je te dis est dénué de sens, mais je le dis afin que l’autre moitié puisse t’atteindre. |
| GIBRAN Khalil – Le sable et l’écume (1926) |
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| La perplexité est le début de la connaissance. |
| GIBRAN Khalil |
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| La racine est une fleur qui dédaigne la gloire. |
| GIBRAN Khalil – Le sable et l’écume, Albin-Michel, trad. Jean-Pierre Dahdah, p. 108 |
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| Lorsque la main d’un homme effleure la main d’une femme, tous deux touchent à l’éternité. |
| GIBRAN Khalil |
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| Nous ne vivons que pour découvrir la beauté. Tout le reste n’est qu’attente. |
| GIBRAN Khalil – Le sable et l’écume (1926) |
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| Ouvre l’œil et regarde, tu verras ton visage dans tous les visages. Tends l’oreille et écoute, tu entendras ta propre voix dans toutes les voix. |
| GIBRAN Khalil – Le sable et l’écume (1926), Albin-Michel, trad. Jean-Pierre Dahdah, p. 57 |
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| Seule une grande peine ou une grande joie peuvent révéler ta vérité. Si tu désires être révélé, tu dois danser nu au soleil ou porter ta croix. |
| GIBRAN Khalil – Le sable et l’écume (1926) |
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| Si tu chantes la beauté, même dans la solitude du désert, tu trouveras une oreille attentive. |
| GIBRAN Khalil – Le sable et l’écume (1926) |
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| Tu ne vois que ton ombre lorsque tu tournes le dos au soleil. |
| GIBRAN Khalil – Le sable et l’écume (1926), Albin-Michel, trad. Jean-Pierre Dahdah, p. 77 |
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| Familles, je vous hais ! foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur. |
| GIDE – Les Nourritures terrestres I, 1,, Gallimard |
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| Il faut déjà passablement d’intelligence pour souffrir de n’en avoir pas davantage. |
| GIDE – Journal, 1889-1939, Gallimard |
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| « Connais-toi toi-même ». Maxime aussi pernicieuse que laide. Quiconque s’observe arrête son développement La chenille qui chercherait à « bien se connaître » ne deviendrait jamais papillon. |
| GIDE André – Les Nouvelles Nourritures, III |
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| À lire Valéry on acquiert cette sagesse de se sentir un peu plus sot qu’avant. |
| GIDE André – Journal 1939-1949 Souvenirs, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, 17 juillet 1941 p.86 |
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| Attendre Dieu, c’est ne comprendre pas que tu le possèdes déjà. Ne distingue pas Dieu du bonheur et place tout ton bonheur dans l’instant. |
| GIDE André – Les Nourritures terrestres |
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| Attends tout ce qui vient à toi ; mais ne désire que ce qui vient à toi. Ne désire que ce que tu as. Comprends qu’à chaque instant du jour tu peux posséder Dieu dans sa totalité. Que ton désir soit de l’amour, et que ta possession soit amoureuse. |
| GIDE André – Les Nourritures terrestres |
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| C’est avec les beaux sentiments qu’on fait de la mauvaise littérature. |
| GIDE André – Journal, 2 septembre 1940 |
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| C’est dans l’abnégation que chaque affirmation s’achève. Tout ce que tu résignes en toi prendra vie. Tout ce qui cherche à s’affirmer se nie ; tout ce qui se renonce s’affirme. |
| GIDE André – Les Nouvelles Nourritures, Livre 1 |
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| C’est en renonçant à sa divinité que le Christ vraiment devient Dieu. Et, réciproquement, en se renonçant dans le Christ Dieu se crée. |
| GIDE André – Les nouvelles nourritures, p.182, Folio n° 117 |
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| C’est le propre d’un chef-d’œuvre d’être exclusif ; faire croire inférieure toute autre forme de beauté. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, 15 décembre 1895 |
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| C’est le propre de l’amour … d’être forcé de croître, sous peine de diminuer. |
| GIDE André – Les Faux-Monnayeurs |
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| C’est quand on se dit : « plus un jour à perdre ! » qu’on emploie le plus stupidement son temps. Rien d’excellent ne se fait qu’à loisir. |
| GIDE André – Journal 1939-1949 Souvenirs, 19 janvier 1946 |
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| C’est souvent lorsqu’elle est le plus désagréable à entendre qu’une vérité est le plus utile à dire, et lorsqu’elle risque de rencontrer l’opposition la plus vive. Mais il y a souvent péril à ne point souffler dans le sens du vent. |
| GIDE André – Journal 1939-1949 Souvenirs, 5 juillet 1944 |
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| C’est un devoir que de se faire heureux. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, Avril 1893 |
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| Chaque progrès dans l’art d’écrire ne s’achète que par l’abandon d’une complaisance. |
| GIDE André – Journal, 1889-1949, Gallimard |
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| Commandements de Dieu, vous avez rendu malade mon âme ; vous avez entouré de murs les seules eaux pour me désaltérer. |
| GIDE André – Les Nourritures terrestres, Livre VI |
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| Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de j’imaginaire |
| GIDE André – Les Faux-Monnayeurs (Gallimard) |
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| Dès l’instant que j’eus compris que Dieu n’était pas encore mais qu’il devenait, et qu’il dépendait de chacun de nous qu’il devînt, la morale en moi fut restaurée. |
| GIDE André – Journal |
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| Et nunc… C’est dans l’éternité que, dès à présent, il faut vivre. Et c’est dès à présent qu’il faut vivre dans l’éternité. |
| GIDE André – Dostoïevsky |
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| Il est bon de suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant. |
| GIDE André – Les Faux-Monnayeurs, Gallimard |
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| Il n’a plus rien, tout est à lui ! |
| GIDE André – Les Faux-Monnayeurs (Gallimard) |
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| J’appelle « journalisme » tout ce qui sera moins intéressant demain qu’aujourd’hui. |
| GIDE André – Journal |
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| J’appelle un livre manqué celui qui laisse intact le lecteur. |
| GIDE André – Cahiers d’André Walter, préface |
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| Je crois à la vertu du petit nombre ; le monde sera sauvé par quelques-uns. |
| GIDE André – Quelques mois avant sa mort. |
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| Je hais la foule. |
| GIDE André – Prétextes |
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| Je méprise cette sorte de sagesse à laquelle on ne parvient que par refroidissement ou lassitude. |
| GIDE André |
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| Je ne crois nullement que le dernier mot de la sagesse soit de s’abandonner à la nature, et de laisser libre cours aux instincts ; mais je crois qu’avant de chercher à les réduire et domestiquer, il importe de les bien comprendre – car nombre des disharmonies dont nous avons à souffrir ne sont qu’apparentes et dues uniquement à des erreurs d’interprétation. |
| GIDE André – Corydon (Préface) |
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| Je suis un incroyant. Je ne serai jamais un impie. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, 6 novembre 1927 |
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| L’amour de la vérité n’est pas le besoin de la certitude, et il est bien imprudent de confondre l’un avec l’autre. |
| GIDE André |
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| L’appétit de savoir naît du doute. Cesse de croire et instruis-toi. |
| GIDE André – Les Nouvelles Nourritures |
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| L’art commence à la résistance ; à la résistance vaincue. Aucun chef-d’œuvre humain qui ne soit laborieusement obtenu. |
| GIDE André – Poétique, p. 68 (Ides et Calendes) |
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| L’art est toujours le résultat d’une contrainte. Croire qu’il s’élève d’autant plus haut qu’il est plus libre, c’est croire que ce qui retient le cerf-volant de monter, c’est sa corde. |
| GIDE André – Nouveaux Prétextes |
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| L’art serait, malgré la plus parfaite explication, de réserver encore de la surprise. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, p.196 |
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| L’homme est plus intéressant que les hommes ; c’est lui et non pas eux que Dieu a fait à son image. Chacun est plus précieux que tous. |
| GIDE André – Littérature et Morale, in Journal |
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| L’homme sage vit sans morale, selon sa sagesse. Nous devons essayer d’arriver à l’immoralité supérieure. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, 13 octobre 1894 |
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| L’œuvre d’art, c’est une idée qu’on exagère. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, Novembre 1892 |
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| L’originalité consiste à se priver de certaines choses. La personnalité s’affirme par ses limites. |
| GIDE André – 13 septembre 1893, p.42, Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade |
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| La bonne foi est une vertu essentiellement laïque, qui remplace la foi tout court. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, 13 décembre 1927 |
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| La chose la plus difficile, quand on a commencé d’écrire, c’est d’être sincère. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, 30 décembre 1891 |
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| La difficulté vient de ceci, que le christianisme (l’orthodoxie chrétienne) est exclusif et que la croyance à sa vérité exclut la croyance à toute autre vérité. Il n’absorbe pas, il repousse. Et l’humanisme, au contraire, ou de quelque autre nom qu’on l’appelle, tend à comprendre et à absorber toutes les formes de la vie, à s’expliquer, sinon à s’assimiler, toutes croyances, même celles qui le repoussent, même celles qui le nient, même la croyance chrétienne. |
| GIDE André – Journal, 14 juin 1926 |
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| La fleur ne vaut pour moi que comme une promesse de fruit. |
| GIDE André – Les Nourritures terrestres |
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| La Foi soulève des montagnes ; oui : des montagnes d’absurdités. |
| GIDE André – Journal 1939-1949 Souvenirs, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, 1947 p.309 |
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| La sagesse commence où finit la crainte de Dieu. Il n’est pas un progrès de la pensée qui n’ait paru d’abord attentatoire, impie. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, 15 janvier 1929 |
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| La tristesse est une complication. |
| GIDE André – La Porte étroite, Journal d’Alissa, 27 mai |
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| Le catholicisme est inadmissible. Le protestantisme est intolérable. Et je me sens profondément chrétien. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, 10 février 1912 p.367 |
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| Le christianisme, avant tout, console ; mais il y a des âmes naturellement heureuses et qui n’ont pas besoin d’être consolées. Alors, celles-ci, le christianisme commence par les rendre malheureuses, n’ayant sinon pas d’action sur elles. |
| GIDE André – Journal 1889-1939 |
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| Le meilleur moyen pour amener autrui à « partager » votre conviction, n’est pas toujours de proclamer celle-ci. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, 2 octobre 1927 p.850 |
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| Le meilleur moyen pour apprendre à se connaître, c’est de chercher à comprendre autrui. |
| GIDE André – Journal, 10 février 1922 |
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| Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis. |
| GIDE André – Journal, 24 février 1946 |
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| Le sage est celui qui s’étonne de tout. |
| GIDE André – Les Nourritures terrestres (Gallimard) |
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| Le seul mot de passe pour n’être pas dévoré par le sphinx, c’est – l’Homme. |
| GIDE André – Œdipe |
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| Le vieux lierre soutient le mur, qui l’avait longtemps soutenu. |
| GIDE André – Journal 1939-1949 Souvenirs, octobre 1943 |
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| Les hommes, lorsqu’ils s’adressent aux dieux, ne savent pas que c’est pour leur malheur, le plus souvent, que les dieux les exaucent. |
| GIDE André – Thésée, XII |
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| Les plus détestables mensonges sont ceux qui se rapprochent le plus de la vérité. |
| GIDE André – Si le grain ne meurt (Gallimard) |
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| Les plus douteux égarements de la chair m’ont laissé l’âme plus tranquille que la moindre incorrection de mon esprit. |
| GIDE André – Journal des Faux-Monnayeurs |
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| Les plus importantes découvertes ne sont dues le plus souvent qu’à la prise en considération de tout petits phénomènes |
| GIDE André – Journal, Feuillets, 1, p. 662 |
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| Moins le blanc est intelligent, plus le noir lui paraît bête. |
| GIDE André – Voyage au Congo (1926), Journal 1939-1949 Souvenirs, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, p.692 |
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| Nathanaël, je t’enseignerai la ferveur. |
| GIDE André – Les Nourritures terrestres, Livre 1, 1 |
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| Ne distingue pas Dieu du bonheur et place tout ton bonheur dans l’instant. |
| GIDE André – Les Nourritures terrestres, Livre III |
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| Ne pas se forcer à penser ; mais noter aussitôt chaque pensée qui se propose. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, 5 novembre 1928 p.892 |
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| Non s’efforcer vers le plaisir mais trouver son plaisir dans l’effort même, c’est le secret de mon bonheur. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, p.902 |
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| On appelle « bonheur » un concours de circonstances qui permette la joie. Mais on appelle joie cet état de l’être qui n’a besoin de rien pour se sentir heureux. |
| GIDE André – Divers (Gallimard) |
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| On ne peut à la fois être sincère et le paraître. |
| GIDE André – L’Immoraliste, deuxième partie, II |
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| On souffre davantage des accusations justifiées que de celles qu’on ne mérite pas. |
| GIDE André – Journal, Gallimard |
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| Plus un humoriste est intelligent, moins il a besoin de déformer la réalité pour la rendre significative. |
| GIDE André – Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, p.290 |
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| Pour moi, être aimé n’est rien, c’est être préféré que je désire. |
| GIDE André – Lettre à Paul Valéry |
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| Quand je cesserai de m’indigner, j’aurai commencé ma vieillesse |
| GIDE André – Nouveaux Prétextes (Mercure de France) |
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| Quand un philosophe vous répond, on finit par oublier ce qu’on lui avait demandé. |
| GIDE André |
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| Que l’importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée. |
| GIDE André – Les Nourritures terrestres, p.21, Folio n° 117 |
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| Que la société capitaliste ait pu chercher appui dans le christianisme, c’est une monstruosité dont le Christ n’est pas responsable ; mais le clergé. Celui-ci a si bien annexé le Christ qu’il semble que l’on ne puisse aujourd’hui se débarrasser du clergé qu’en rejetant le Christ avec lui. |
| GIDE André – Journal, 27 février 1932 |
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| Quel évolutionniste irait supposer quelque rapport que ce soit entre chenille et papillon ? |
| GIDE André – Les nouvelles nourritures, p.223, Folio n° 117 |
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| Sa raison de commettre le crime, c’est précisément de le commettre sans raison. |
| GIDE André – Les Caves du Vatican, V, 3 |
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| Se passer de Dieu… Je veux dire : se passer de l’idée de Dieu, de la croyance en une Providence attentive, tutélaire et rémunératrice… n’y parvient pas qui veut. |
| GIDE André – Journal 1939-1949 Souvenirs, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, 1947 p.312 |
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| Si je n’affirme pas davantage, c’est que je crois l’insinuation plus efficace. |
| GIDE André |
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| Son chapelet fait un bruit d’enfer. |
| GIDE André – En parlant de Julien Green. |
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| Tout ce que tu ne sais pas donner te possède. |
| GIDE André – Les nouvelles nourritures, p.181, Folio n° 117 |
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| Toutes choses sont dites déjà ; mais comme personne n’écoute, il faut toujours recommencer. |
| GIDE André – Traité du Narcisse (Gallimard) |
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| Une des grandes règles de l’art : ne pas s’attarder. |
| GIDE André – Journal, 1889-1939, Gallimard |
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| Sur les mondes détruits le temps dort immobile. |
| GILBERT Nicolas Joseph Laurent – Le Jugement dernier |
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| Il était de ces hommes qui ont vingt-cinq ans pendant cinquante ans. |
| GIONO Jean – Le Hussard sur le toit, chap. 6 |
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| Je paierais pour écrire. |
| GIONO Jean |
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| L’amour c’est toujours emporter quelqu’un sur un cheval. |
| GIONO Jean – Le chant du monde |
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| La jeunesse, c’est la passion pour l’inutile. |
| GIONO Jean – Triomphe de la vie, Grasset |
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| La mort attrape d’abord ceux qui courent. |
| GIONO Jean – L’Iris de Suse (1970) |
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| La première vertu révolutionnaire, c’est l’art de faire foutre les autres au garde-à-vous. |
| GIONO Jean – Le Hussard sur le toit, 6 |
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| Les jours sont des fruits et notre rôle est de les manger. |
| GIONO Jean – Rondeur des jours (Charlot) |
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| Moi, je me suis suicidé en état de légitime défense. |
| GIONO Jean – La femme du boulanger, p.259, Folio n° 1079 |
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| On nous veut avec les stigmates des grandes écoles, je le veux avec les stigmates de la vie. Savoir s’il est agrégé en soleil. S’il a ses grades en désespoir. |
| GIONO Jean – Virgile |
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| Pour bien mentir il faut beaucoup de sincérité ! |
| GIONO Jean – La femme du boulanger, p.230, Folio n° 1079 |
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| Quand le malheur poursuit un homme, il se noierait dans un crachat. |
| GIRARD DE SAINT-AMANT Marc-Antoine – Épigrammes, XXIX, de Martin noyé. |
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| Un diadème posé sur une tête n’y a jamais fait entrer une idée de plus que ce qu’elle en pouvait contenir. |
| GIRARDIN Émile de – Les 52, V, Respect de la Constitution |
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| Un soupir est un reproche au présent, au sourire au passé. |
| GIRARDIN Mme E. de |
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| Adam croit dur comme fer qu’il a été chassé du paradis terrestre. Ève n’en est pas sûre du tout, et agit, en tout cas, comme si elle y restait. |
| GIRAUDOUX Jean – Pour Lucrèce, I, 8, Paola |
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| Aucune mâchoire de bouledogue n’est plus tenace que les doigts d’une femme qui hait. |
| GIRAUDOUX Jean – Pour Lucrèce, p.287, in Théâtre complet 3, Grasset, 1971 |
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| Aux approches de la guerre, tous les êtres sécrètent une nouvelle sueur, tous les événements revêtent un nouveau vernis, qui est le mensonge. Tous mentent. |
| GIRAUDOUX Jean – La guerre de Troie n’aura pas lieu, p.132 Livre de Poche n°945 |
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| C’est une mauvaise action d’accélérer la vie : vous en supprimez les deux éléments sauveurs, la distraction et la paresse. |
| GIRAUDOUX Jean – Ondine |
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| Chaque homme, même le plus laid, nourrit en soi une amorce et un secret par lequel il se relie directement à la beauté même. |
| GIRAUDOUX Jean – L’Apollon de Bellac, p.158, in Théâtre complet 3, Grasset, 1971 |
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| Depuis que je t’aime, ma solitude commence à deux pas de toi. |
| GIRAUDOUX Jean – Ondine, p.64 Livre de Poche n°1657 |
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| Dieu ne parvient que par sa pitié à distinguer le sacrifice du suicide. |
| GIRAUDOUX Jean – Sodome et Gomorrhe, I, Prélude, l’archange, Grasset, p.20 |
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| Ferme les yeux, tout ce que tu vois t’appartient. |
| GIRAUDOUX Jean – Provinciales, p.48, Livre de Poche n°2811 |
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| Il était un pauvre serpent qui collectionnait toutes ses peaux. C’était l’homme. |
| GIRAUDOUX Jean – Sodome et Gomorrhe, acte l, scène 3 |
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| Il suffit de chanter un chant de paix avec grimace et gesticulation pour qu’il devienne un chant de guerre… |
| GIRAUDOUX Jean – La guerre de Troie n’aura pas lieu, p.98 Livre de Poche n°945 |
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| Je suis toujours furieux contre moi, quand les autres ont tort ! |
| GIRAUDOUX Jean – Ondine, p.27 Livre de Poche n°1657 |
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| L’amour est le désir d’être aimé. |
| GIRAUDOUX Jean – La Folle de Chaillot |
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| Le bonheur est une petite chose que l’on grignote, assis par terre, au soleil. |
| GIRAUDOUX Jean |
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| Le destin est simplement la forme accélérée du temps. |
| GIRAUDOUX Jean – La guerre de Troie n’aura pas lieu, I, 1, p.10, Livre de Poche n°945 |
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| Le destin, c’est simplement la forme accélérée du temps. |
| GIRAUDOUX Jean – La guerre de Troie n’aura pas lieu |
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| Le droit est la plus puissante des écoles de l’imagination. Jamais poète n’a interprété la nature aussi librement qu’un juriste la réalité. |
| GIRAUDOUX Jean – La guerre de Troie n’aura pas lieu |
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| Le plagiat est la base de toutes les littératures, excepté de la première, qui d’ailleurs est inconnue. |
| GIRAUDOUX Jean – Siegfried, acte l, scène 6, p.43, Grasset |
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| Le privilège des grands, c’est de voir les catastrophes d’une terrasse. |
| GIRAUDOUX Jean – La guerre de Troie n’aura pas lieu, acte II, sc. 13, p.170 Livre de Poche n°945 |
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| On appelle miracle quand Dieu bat ses records. |
| GIRAUDOUX Jean – Le Sport, p.31, Librairie Hachette coll. Notes et maximes, 1928 |
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| Servir ! C’est la devise de ceux qui aiment commander. |
| GIRAUDOUX Jean – Siegfried, acte II, scène 3 (Waldorf) |
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| La femme sera vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente. |
| GIROUD Françoise – Le Monde (11 mars 1983) |
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| S’il est vrai qu’il existe une oppression collective de l’homme sur la femme, il n’en est pas moins vrai qu’il existe une oppression individuelle de la femme sur l’homme. |
| GIROUD Françoise |
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| L’Occident, qui avait dominé le monde, ne s’y était pas, hormis le gain palpable et l’avantage de l’esprit, intéressé. |
| GLISSANT Édouard – L’Intention poétique |
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| La guerre, c’est simple : c’est faire entrer un morceau de fer dans un morceau de chair. |
| GODARD Jean-Luc – For ever Mozart |
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| De même que le vrai infini, selon Hegel, est relationnel et non pas substantiel, on pourrait établir que la vraie totalité est non pas substantielle (le tout, tout) mais relationnelle. |
| GODIN Christian – La Totalité, p. 63 |
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| Dès que l’on n’envisage pas le tout, il n’y a pas de philosophie. |
| GODIN Christian – La Totalité |
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| L’idée de totalité est le postulat implicite de toute philosophie. |
| GODIN Christian – La Totalité, p. 54 |
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| Un rationalisme de la totalité, fondé sur la connaissance et non plus sur la rêverie, est possible, plus que possible même : nécessaire. |
| GODIN Christian – La Totalité, p. 43 |
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| À y regarder de plus près, toute philosophie n’est que le sens commun traduit en langage amphigourique. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von – Maximes et Réflexions |
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| C’est dans ma nature. J’aime mieux commettre une justice que de souffrir un désordre. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Le siège de Mayence, Œuvres complètes, t. XXXIII, p. 35 |
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| Ce n’est pas assez de faire des pas qui doivent un jour conduire au but. Chaque pas doit être lui-même un but. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von – Conversations (1823) |
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| Certains livres semblent avoir été écrits, non pour nous instruire, mais pour qu’on sache que l’auteur savait quelque chose. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von – Maximes et Réflexions |
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| Chaque pas vers un but doit être lui-même un but. |
| GOETHE Johann Wolfgang von |
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| J’appelle classique ce qui est sain, romantique ce qui est malade. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von – Conversation avec Eckermann, 2 avril 1829 |
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| Je n’ai tant de chance que parce que tu m’aimes. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von |
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| Je préfère une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu’elle a pu causer. |
| GOETHE Johann Wolfgang von |
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| L’éternel féminin nous attire vers le haut. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Le Second Faust |
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| La clarté, c’est une juste répartition d’ombres et de lumières. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von – Maximes et Réflexions |
|
| La culture intellectuelle peut toujours se développer, les sciences naturelles peuvent gagner toujours en étendue, en profondeur, l’esprit de l’homme peut s’élargir autant qu’il le voudra, on ne trouvera rien au-dessus de la haute doctrine morale qui brille et resplendit dans les Évangiles. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von – (1832) |
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| La superstition est la poésie de la vie ; c’est pourquoi il n’est pas mal que le poète soit superstitieux. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Maximes et réflexions |
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| Le classique est la santé, le romantique la maladie. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Maximes et réflexions, Paris, Brokhauss et Avenarius 1842 [BnF], p.158 |
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| Le talent se développe dans la retraite ; le caractère se forme dans le tumulte du monde. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Tasso |
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| Les braves gens ne savent pas ce qu’il en coûte de temps et de peine pour apprendre à lire. J’ai travaillé à cela quatre-vingts ans, et je ne peux pas dire encore que j’y sois arrivé. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Conversations |
|
| Les hommes extraordinaires, comme Napoléon, se placent en dehors de la moralité. Ils finissent par agir comme des phénomènes physiques primitifs, comme le feu et l’eau. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von – Conversation avec Riemer, 3 février 1807 |
|
| Les poèmes sont des vitraux : si, de la place, on regarde dans l’église, tout est sombre et ténébreux. Mais pénétrez à l’intérieur… |
| GOETHE Johann Wolfgang Von – Les poèmes |
|
| Penser est facile. Agir est difficile. Agir selon sa pensée est ce qu’il y a de plus difficile. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von |
|
| Persévérez, et tenez-vous toujours ferme à l’heure présente. Chaque moment, chaque seconde est d’une valeur infinie, car elle est le représentant d’une éternité tout entière. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Conversations, 1823 |
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| Plus de lumière ! |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Dernières paroles de Goethe sur son lit de mort, et dont le sens est controversé |
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| Pour moi, le plus grand supplice serait d’être seul en paradis. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Pensées |
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| Qui ne connaît pas de langues étrangères ne connaît pas la sienne. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von |
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| Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. |
| GOETHE Johann Wolfgang von |
|
| Rien ne trahit autant le caractère des gens que les choses dont ils se moquent. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von – Maximes et Réflexions |
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| S’il fallait étudier toutes les lois, on n’aurait pas le temps de les transgresser. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von – Maximes et Réflexions |
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| Si les singes savaient s’ennuyer, ils pourraient devenir des hommes. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von |
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| Tout ce qui affranchit notre esprit sans nous donner les moyens de maîtriser nos passions est pernicieux. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Maximes et réflexions |
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| Toute œuvre d’opposition est une œuvre négative et la négation, c’est le néant. Il ne faut pas renverser, il faut bâtir. |
| GOETHE Johann Wolfgang Von – Conversations (1815) |
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| Toutes les spéculations sont grises, mon ami, mais éternellement vert est l’Arbre de la vie. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Faust |
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| Traitez les gens comme s’ils étaient ce qu’ils pourraient être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils sont capables d’être. |
| GOETHE Johann Wolfgang von |
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| Un noble philosophe a dit de l’architecture qu’elle est une musique pétrifiée, et ce mot a dû exciter plus d’un sourire d’incrédulité. Nous ne croyons pouvoir mieux reproduire cette belle pensée qu’en appelant l’architecture une musique muette. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Maximes et réflexions, Paris, Brokhauss et Avenarius 1842 [BnF], Pensées diverses sur l’art, p.172 Friedrich, baron von Hardenberg, dit Novalis (1772-1801) Poète allemand. |
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| Une collection d’anecdotes et de maximes est pour l’homme du monde le plus grand trésor, lorsqu’il sait semer les premières avec habileté dans la conversation et se rappeler les dernières à propos. |
| GOETHE Johann Wolfgang von – Maximes et réflexions, Paris, Brokhauss et Avenarius 1842 [BnF], p.60 |
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| Si ta gueule est de travers, ne t’en prends pas au miroir. |
| GOGOL Nicolas – Le Revizor (dicton populaire posé en épigraphe), trad. Arthur Adamov, p.5, L’Arche, 1958 |
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| Quand une femme est en colère, quatre petits baisers suffisent pour la consoler. |
| GOLDONI – Le Café |
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| Il y a des plaisirs pour tous les états ; bornez vos désirs, mesurez vos forces, vous serez bien ici ou vous serez mal partout. |
| GOLDONI Carlo – Mémoires, chapitre 19 |
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| Personne ne le remarque, mais ces nuages-là sont à l’envers. |
| GÓMEZ DE LA SERNA Ramón – Greguerias |
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| Ce qui entend le plus de bêtises dans le monde est peut-être un tableau de musée. |
| GONCOURT Edmond et Jules de |
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| Dans l’art, il y a mille moyens d’encourager les fausses vocations, aucun moyen de décourager les vraies. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal, 1866, Flammarion |
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| Dans une société, on reconnaît les gens élevés à une chose assez simple : ils vous parlent de ce qui vous intéresse. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal (t.2), Robert Laffont – Bouquins 1989, 13 mai 1884 p.1073 |
|
| Il en coûte encore plus de trouver du talent à ses amis qu’à ses ennemis. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal (t.2), Robert Laffont – Bouquins 1989, 14 novembre 1867 p.119 |
|
| Il faut avoir une âme de prêtre pour écrire contre la religion. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal, tome 1, 22 juin 1864 |
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| L’art de plaire semble bien simple. Il consiste simplement en deux choses : ne point parler de soi aux autres et leur parler toujours d’eux-mêmes. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal (t.1), Robert Laffont – Bouquins 1989, 4 mars 1860 p.540 |
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| L’histoire est un roman qui a été, le roman est de l’histoire qui aurait pu être. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal |
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| La statistique est la première des sciences inexactes. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal (t.1), Robert Laffont – Bouquins 1989, 14 janvier 1861, p.663 |
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| Le livre n’est jamais un chef-d’œuvre. Il le devient. Le génie est le talent d’un homme mort. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal (t.1), Robert Laffont – Bouquins 1989, 25 décembre 1865 p.1216 |
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| Les livres qu’on vend le plus sont les livres qu’on lit le moins. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal (Fasquelle) |
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| Les masques à la longue collent à la peau. L’hypocrisie finit par être de bonne foi. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Idées et sensations |
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| On mesure les monuments à leur ombre, les livres à leurs critiques, les hommes à leurs ennemis. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal (t.1), Robert Laffont – Bouquins 1989, 15 février 1865 p.1139 |
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| On pourrait définir l’orgueil : cette vanité qui empêche de faire des choses basses. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal (t.1), Robert Laffont – Bouquins 1989, 25 octobre 1858 p.414 |
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| S’il y a un Dieu, l’athéisme doit lui sembler une moindre injure que la religion. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal (t.2), Robert Laffont – Bouquins 1989, 24 janvier 1868 p.129 |
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| Se soigner ? À quoi bon ? Je durerai peut-être moins que mes maladies. |
| GONCOURT Edmond et Jules de |
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| Tout homme qui ne se croit pas du génie n’a pas de talent. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal tome 1, 14 septembre 1864 |
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| Un auteur doit être dans son livre comme la police dans une ville : partout et nulle part. |
| GONCOURT Edmond et Jules de – Journal (t.1), Robert Laffont – Bouquins 1989, 27 mai 1864 p.1074 |
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| « Mais j’entends dire que votre mari fait des affaires ; M. Un Tel fait des affaires : qu’est-ce que des affaires ? – Les affaires ? C’est… c’est l’argent des autres !» |
| GONCOURT Jules et Edmond de – Journal tome 1, août 1853 |
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| Un livre n’est jamais un chef-d’œuvre : il le devient. Le génie est le talent d’un homme mort. |
| GONCOURT Jules et Edmond de – Journal, Mémoires de la vie littéraire, 23 juillet 1864 |
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| Parfois le mensonge explique mieux que la vérité ce qui se passe dans l’âme. |
| GORKI Maxime – Les Vagabonds, Konovalo |
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| À force de croire en Dieu, si l’on s’acharne assez, on finit un jour par l’inventer. Alors Il naît. |
| GOUGAUD Henri – Bélibaste, p.280, coll. Points P306 |
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| Apprendre sans repos à voir clair dans le jeu de ceux qui veulent nous tenir en bride afin d’en être libres, dans le jeu de Dieu afin qu’il soit servi, et dans nos cœurs afin qu’ils soient en paix, voilà, assurément, le seul travail qui vaille. |
| GOUGAUD Henri – L’Expédition, p.160, Seuil, 1991 |
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| Cet homme est comme une forêt, il se croit tout obscur, il est partout troué de rayons de soleil. |
| GOUGAUD Henri – L’Expédition, p.190, Seuil, 1991 |
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| Dieu est le rêve des pauvres, et le diable la folie des puissants. |
| GOUGAUD Henri – L’Inquisiteur, p.115, coll. Points R206 |
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| Il est parfois de purs instants de transparence où semble s’effacer toute frontière entre le dehors et le dedans, où l’âme et le jardin se regardent, se découvrent accordés et s’accueillent dans la paisible évidence d’une amitié plus ancienne et fidèle que la mémoire des jours. |
| GOUGAUD Henri – Paramour, p.113, Seuil |
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| Il faut tout faire comme si rien ne devait nous être donné en échange et en même temps cheminer comme si Dieu nous menait sans cesse à des miracles. |
| GOUGAUD Henri – L’Expédition, p.31, Seuil, 1991 |
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| Il n’est nulle part deux mots semblables, pas plus qu’il n’est deux gestes identiques. |
| GOUGAUD Henri – Le trouveur de feu, p.10, coll. Points R695 |
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| Je veux savoir, user mon esprit à le frotter jusqu’à la transparence contre tous les mystères du monde […]. |
| GOUGAUD Henri – Le trouveur de feu, p.131, coll. Points R695 |
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| L’âme de celui qui met un fils au monde ne peut pas croire au silence du néant. |
| GOUGAUD Henri – Par amour, p.158, Seuil |
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| La mort n’est rien, elle est sans cesse derrière vous, elle est la poussière de vos semelles. La vie est devant, toujours devant, allez à elle, ne vous retournez jamais. |
| GOUGAUD Henri – L’homme à la vie inexplicable, p.223, coll. Points P305 |
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| La vérité tombe de l’esprit quand elle est mûre, comme le fruit de l’arbre. Elle n’est pas plus exprimable que la saveur d’une pomme. Il faut être bien extravagant pour s’escrimer à dire aux gens la saveur d’une pomme. |
| GOUGAUD Henri – L’Inquisiteur, p.168, coll. Points R206 |
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| Le plus grand péché est sans doute de refuser l’amour quand il vient dans une vie, malgré le mal qu’il fait. |
| GOUGAUD Henri – Bélibaste, p.121, coll. Points P306 |
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| Les larmes sont la pluie de l’âme. Elles lavent toutes les crasses. |
| GOUGAUD Henri – Bélibaste, p.160, coll. Points P306 |
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| Les vrais chemins sont ceux du cœur, pas ceux du monde. |
| GOUGAUD Henri – L’Inquisiteur, p.209, coll. Points R206 |
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| Les vrais outils de Dieu sont les plus faibles des êtres, parce qu’eux seuls savent faire germer l’amour sans méfiance dans l’âme de ceux qui les contemplent. |
| GOUGAUD Henri – L’Expédition, p.214, Seuil, 1991 |
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| Ne rien attendre, […] ne rien vouloir, être accueillant à tout ce qui peut advenir, savoir Dieu indifférent et lui faire pourtant confiance. |
| GOUGAUD Henri – L’Inquisiteur, p.128, coll. Points R206 |
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| On n’oublie jamais ce qu’on aime. |
| GOUGAUD Henri – Paramour, p.199, Seuil |
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| Où est le pouvoir de contraindre, l’amour n’est pas. |
| GOUGAUD Henri – L’Inquisiteur, p.216, coll. Points R206 |
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| Par malheur, les plus vrais, les plus bienfaisants des sentiments ne peuvent vivre que dans un grand silence solitaire, au plus obscur de nos chairs, de nos sangs, de nos brumes. |
| GOUGAUD Henri – L’Inquisiteur, p.234, coll. Points R206 |
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| Peut-être chacun de nous vient-il sur cette terre accomplir quelque obscur ou lumineux ouvrage. Quel est-il ? Dieu seul sait. Peut-être ne sommes-nous que son regard et sa bouche, ses mains et son ouïe, rien d’autre que son désir de découvrir sa Création. Il m’arrive d’imaginer que je suis venu respirer pour lui le parfum de telle rose, tel jour, dans tel jardin, et que ma vie n’est qu’une brève ou longue attente de cet instant. |
| GOUGAUD Henri – Paramour, p.110, Seuil |
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| Peut-être Dieu est-il cela : l’âme des mots. |
| GOUGAUD Henri – L’Inquisiteur, p.120, coll. Points R206 |
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| Plus un homme a de pouvoir, plus il fait froid auprès de lui. |
| GOUGAUD Henri – Bélibaste, p.286, coll. Points P306 |
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| Quand on veut perdre un homme […], il n’est pas nécessaire de lui mentir. Il suffit de lui opposer une vérité assez lumineuse pour l’aveugler, et assez forte pour qu’il se casse la tête contre elle. |
| GOUGAUD Henri – L’Inquisiteur, p.216, coll. Points R206 |
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| Qui peut pénétrer l’intimité des êtres ? Seigneur, la distance est moins longue du regard à l’étoile que de l’œil du dehors à la vie du dedans ! |
| GOUGAUD Henri – Paramour, p.64, Seuil |
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| Seul le souffle de l’amour peut porter sans dommage d’un être à l’autre les nourritures de l’âme. |
| GOUGAUD Henri – Paramour, p.16, Seuil |
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| Souviens-toi de ne jamais appeler Dieu à ton aide, car ce sont les enfants qui demandent secours. Les hommes véritables servent Celui qui brûle en eux et en Son nom agissent, sans rien vouloir pour leur propre bien-être. Là est la liberté la plus digne que je connaisse. |
| GOUGAUD Henri – L’homme à la vie inexplicable, p.137, coll. Points P305 |
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| Un conseil, pour moins souffrir : ôte-toi de la cervelle que tu as le pouvoir de gouverner ta vie. Laisse aux autres cette illusion. |
| GOUGAUD Henri – Bélibaste, p.284, coll. Points P306 |
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| À l’intérieur du cerveau tu vois pas d’intelligence, comme à l’intérieur du réveil, t’as pas l’heure… |
| GOURIO Jean-Marie – L’intégrale des brèves de comptoir 1992-1993, p.41, J’ai Lu/Humour, n°5908 |
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| C’est pas le tabac qui donne le cancer, c’est l’énervement d’avant que tu fumes. |
| GOURIO Jean-Marie – L’intégrale des brèves de comptoir 1992-1993, p.281, J’ai Lu/Humour, n°5908 |
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| J’ai la vue qui baisse. – T’as qu’à relever la tête ! |
| GOURIO Jean-Marie – L’intégrale des brèves de comptoir 1992-1993, p.202, J’ai Lu/Humour, n°5908 |
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| J’ai toujours dit ce que je pensais… là par exemple je pense à rien, je le dis. |
| GOURIO Jean-Marie – L’intégrale des brèves de comptoir 1992-1993, p.376, J’ai Lu/Humour, n°5908 |
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| Le saumon fumé, c’est bourré de nicotine. |
| GOURIO Jean-Marie – Brèves de comptoir, 1988 |
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| Même le jour de ma mort, je croirai pas en Dieu. J’attendrai le lendemain, pour être sûr. |
| GOURIO Jean-Marie – Brèves de comptoir, 1988 |
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| On a guéri la peste, bravo, mais maintenant on a le cancer ! On aurait mieux fait de rester avec la peste, vu qu’on savait la soigner. |
| GOURIO Jean-Marie – Brèves de comptoir, 1988 |
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| T’as pas l’air dans ton assiette ? – J’suis sur le bord… |
| GOURIO Jean-Marie – L’intégrale des brèves de comptoir 1992-1993, p.39, J’ai Lu/Humour, n°5908 |
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| Bien définir est bon pour se faire comprendre ; ne pas définir est indispensable pour discourir en paix. |
| GOURMONT Remy de – Épilogues (2), septembre 1901 |
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| Ce qui est immoral, c’est la bêtise. |
| GOURMONT Remy de – Dialogues des amateurs sur les choses du temps (Mercure de France). |
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| Il est à peu près évident que ceux qui soutiennent la peine de mort ont plus d’affinités avec les assassins que ceux qui la combattent. |
| GOURMONT Remy de – Pensées inédites |
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| Il faut que les meilleurs soient méconnus. Les meilleurs appartiennent aux meilleurs. |
| GOURMONT Remy de – Épilogues (6), mars 1911 |
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| Il n’y a pas de liberté là où le public n’est pas assez intelligent pour aimer les opinions contradictoires. |
| GOURMONT Remy de – Épilogues (1), mars 1898 |
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| Il y a des écrivains chez lesquels la pensée semble une moisissure du cerveau. |
| GOURMONT Remy de – Des pas sur le sable (Société littéraire de France) |
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| L’humilité de Pascal est orgueilleuse. N’avoir point d’orgueil, quand on a du génie, ce serait manquer de jugement, c’est-à-dire n’avoir pas de génie, ce qui est impossible. |
| GOURMONT Remy de – Promenades philosophiques |
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| L’indulgence, c’est la forme aristocratique du dédain. |
| GOURMONT Remy de – Les Chevaux de Diomède (Mercure de France) |
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| L’ironie est une clairvoyance. |
| GOURMONT Remy de – Promenades littéraires (1904-1928) |
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| La pudeur sexuelle est un progrès sur l’exhibitionnisme des singes. |
| GOURMONT Remy de – Promenades philosophiques |
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| Le peuple, c’est tous ceux qui ne comprennent pas. |
| GOURMONT Remy de – Promenades philosophiques |
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| Pour expliquer un brin de paille, il faut démonter tout l’univers. |
| GOURMONT Remy de – Le Chemin de velours (Mercure de France) |
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| Une opinion n’est choquante que lorsqu’elle est une conviction. |
| GOURMONT Remy de – Promenades philosophiques |
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| L’homme commence par aimer l’amour et finit par aimer une femme. La femme commence par aimer un homme et finit par aimer l’amour. |
| GOURMONT Rémy de – Physique de l’Amour |
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| Le sommeil de la raison engendre des monstres. |
| GOYA Francisco – Gravure en frontispice des Caprices |
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| Le remède au mal consiste parfois à oublier le mal et à oublier le remède. |
| GRACIAN Baltaear |
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| À l’égard de tes ennemis, laisse toujours une porte ouverte à la réconciliation, c’est-à-dire celle de la galanterie, qui est la plus sûre. |
| GRACIÁN Balthasar – L’Homme de cour |
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| Dissimuler est le principal moyen de gouverner. |
| GRACIÁN Balthasar – L’Homme de cour |
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| Il faut bien aviser à ne pas se noyer en voulant secourir ceux qui se noient. |
| GRACIÁN Balthasar – L’Homme de cour |
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| Il y a des occasions où le meilleur savoir consiste à feindre de ne pas savoir. |
| GRACIÁN Balthasar – L’Homme de cour |
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| La maturité du jugement se connaît par la difficulté de croire. |
| GRACIÁN Balthasar – L’Homme de cour |
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| Le sage se fait de la haine de ses envieux un miroir où il se voit bien mieux que dans celui de la bienveillance. |
| GRACIÁN Balthasar – L’Homme de cour |
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| Le sage tire plus de profits de ses ennemis que le fou n’en tire de ses amis. |
| GRACIÁN Balthasar – L’Homme de cour |
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| Le silence est le sanctuaire de la prudence. |
| GRACIÁN Balthasar – L’Homme de cour |
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| Si l’on entre par la porte du plaisir dans la maison de la fortune, l’on n’en sort d’ordinaire par la porte du chagrin. |
| GRACIÁN Balthasar – L’Homme de cour |
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| Tous les sots sont opiniâtres, tous les opiniâtres sont des sots. |
| GRACIÁN Balthasar – L’Homme de cour |
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| Il faut laisser les choses avant qu’elles nous laissent. |
| GRACIAN Balthazar – L’Homme de Cour |
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| La plus grande prévoyance est d’avoir des heures destinées à prévoir les choses. |
| GRACIAN Balthazar – Maximes, Maxime, CLI, Penser d’avance |
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| Pour vivre, laisser vivre. |
| GRACIAN Balthazar – Orácula manual y arte de prudencia |
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| Quelque grand que soit le poste, celui qui le tient doit se montrer encore plus grand. |
| GRACIAN Balthazar |
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| La vérité flâne derrière le mensonge. |
| GRACQ Julien |
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| Tant de mains pour transformer ce monde, et si peu de regards pour le contempler ! |
| GRACQ Julien (Louis Poirier, dit) – Lettrines (José Gorti) |
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| Le pessimisme de la connaissance n’empêche pas l’optimisme de la volonté. |
| GRAMSCI |
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| L’Inde, l’horreur et l’absolu, réunis dans un baiser d’ombre. |
| GRANGÉ Jean-Christophe – Le Vol des cigognes, p.362, Livre de poche n°17057 |
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| Accepter les dépendances que nous impose la nature, c’est la sagesse ; les aimer, c’est le bonheur. |
| GRASSET Bernard – Remarques sur le bonheur, Grasset |
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| Aimer, c’est ne plus comparer. |
| GRASSET Bernard – Remarques sur l’action |
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| Dans les affaires, comme en amour, il est un moment où l’on doit s’abandonner. |
| GRASSET Bernard – Remarques sur l’action (Gallimard) |
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| Être véritablement modeste, c’est comprendre que le sentiment que nous avons de notre propre supériorité ne vaut que pour nous. |
| GRASSET Bernard – Remarques sur l’Action |
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| Il soigne son style, mais il ne le guérit pas. |
| GRASSET Bernard |
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| La civilisation crée plus de besoins qu’elle n’en comble. |
| GRASSET Bernard |
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| La solution du bon sens est la dernière à laquelle songent les spécialistes. |
| GRASSET Bernard – Remarques sur l’action, Gallimard |
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| Un homme parfaitement heureux, quelque doué qu’il soit, ne créerait pas. |
| GRASSET Bernard – Rilke et la vie créatrice |
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| Shakespeare est vraiment bon, malgré le nombre de personnes qui disent qu’il est bon. |
| GRAVES Robert Ranke |
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| C’est bien pire que mauvais, c’est quelconque. |
| GREEN Julien |
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| Il faut aller au-delà de notre conception de Dieu, car Dieu est éternellement au-delà de tout. |
| GREEN Julien – Journal, 6 novembre 1938 |
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| Il faut quelquefois se promener au fond de l’abîme. Même si je descends jusqu’en enfer, le bras de Dieu est assez long pour m’en retirer. |
| GREEN Julien – Journal, 31 mars 1950 |
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| Il me paraît certain que l’aboutissement normal de l’érotisme est l’assassinat. |
| GREEN Julien – Journal (Plon), 27 octobre 1958 |
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| Il n’y a qu’à voir la tête de ceux à qui Dieu a accordé de l’argent pour savoir le cas qu’il fait des richesses. |
| GREEN Julien – Journal, 1950 [citant Swift], Plon |
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| Il y a autant de générosité à recevoir qu’à donner. |
| GREEN Julien – Moïra (Plon) |
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| Il y a une étrange satisfaction à toucher le fond du désespoir. |
| GREEN Julien – Léviathan, 2e partie |
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| L’âme humaine est comme un gouffre qui attire Dieu, et Dieu s’y jette. |
| GREEN Julien – Journal, 26 mars 1961 |
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| L’anticléricalisme et l’incroyance ont leurs bigots tout comme l’orthodoxie. |
| GREEN Julien – Journal, 23 juillet 1945 |
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| L’oubli est une grâce. |
| GREEN Julien – Journal (Plon) |
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| La pensée vole et les mots vont à pied. Voilà tout le drame de l’écrivain. |
| GREEN Julien – Journal, 4 mai 1943 |
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| La piété que n’accompagne pas une vive affection ressemble à une forme ennoblie du mensonge. |
| GREEN Julien – L’autre sommeil, p.43, Livre de Poche n° 3216 |
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| La voix suprême de notre temps, celle qui fait taire tout amour, tout génie, toute conscience, c’est l’horrible aboiement du canon. |
| GREEN Julien – Journal, 18 février 1931 |
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| Le grand péché du monde moderne, c’est le refus de l’invisible. Le clergé ne prêche plus les fins dernières. Il nous parle de problèmes sociaux, ce qui est fort bien, mais presque jamais du paradis, du purgatoire, ni de l’enfer. On n’y croit plus. Je me demande ce que l’on croit. |
| GREEN Julien – Journal (Plon), 21 décembre 1954. |
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| Le poète est essentiellement un homme qui a gardé au fond de lui-même le sens du mystère et la faculté de s’étonner. |
| GREEN Julien – Mon premier livre en anglais |
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| Les livres font ceci, ils propagent le silence. |
| GREEN Julien – Journal |
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| Les questions auxquelles on répond par oui ou par non sont rarement intéressantes. |
| GREEN Julien – Minuit, Plon |
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| Tout ce qui est triste me paraît suspect. |
| GREEN Julien – Journal (Plon) |
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| Tout homme, à un moment ou l’autre, est un évangéliste sans le savoir. |
| GREEN Julien – Journal (Plon) |
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| Une langue est un commentaire humain sur la création. |
| GREEN Julien – Mon premier livre en anglais, p.62, in L’apprenti psychiatre, Livre de Poche n° 5006 |
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| Croire que parce que ses yeux n’expriment rien, un être ne souffre pas, est une erreur facile à commettre. |
| GREENE Graham – La puissance et la gloire, 2e partie, II |
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| Il n’y a pas de littérature sans péché. |
| GREENE Graham |
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| Il y a des gens qu’on reconnaît immédiatement comme des amis. Vous vous sentez à l’aise avec eux parce que vous savez que vous ne serez jamais, jamais en danger. |
| GREENE Graham – Le troisième homme, chap. V |
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| Il y a toujours, dans notre enfance, un moment où la porte s’ouvre et laisse entrer l’avenir. |
| GREENE Graham – La puissance et la gloire |
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| La femme est un papier buvard : elle retient parfaitement les choses, mais toujours à l’envers. |
| GREENE Graham |
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| La haine n’est qu’une défaite de l’imagination. |
| GREENE Graham – La puissance et la gloire, 2e partie, II |
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| La vérité est un symbole que poursuivent les mathématiciens et les philosophes. Dans les rapports humains, la bonté et les mensonges valent mieux que mille vérités. |
| GREENE Graham – Le fond du problème |
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| Le mal ressemble à Peter Pan … Il possède le privilège horrible et horrifiant de l’éternelle jeunesse. |
| GREENE Graham – Le troisième homme, chap. XIV |
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| Personne ne sait combien de temps peut durer une seconde de souffrance. |
| GREENE Graham |
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| Toute passion meurt, tout amour s’épuise, mais la pitié survit à tout. |
| GREENE Graham – Le fond du problème |
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| Un homme a toujours le droit de se venger, si peu que ce soit ; la vengeance est bonne pour le caractère ; d’elle naît le pardon. |
| GREENE Graham – Le fond du problème |
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| Si quelqu’un a compris quoi que ce soit à ce que je viens de dire, c’est que je me suis mal exprimé. |
| GREENSPAN Alan – Président de la Banque centrale des USA, Le Monde, 9 juillet 1998 |
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| Ainsi celui qui monte ne s’arrête jamais d’aller de commencement en commencement par des commencements qui n’ont jamais de fin. |
| GRÉGOIRE de Nysse – Homélies sur le Cantique des cantiques |
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| Chercher n’est pas une chose et trouver une autre, mais le gain de la recherche, c’est la recherche même. |
| GRÉGOIRE de Nysse – Homélies sur l’Ecclésiaste |
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| Écrire, c’est mettre en ordre ses obsessions. |
| GRENIER Jean – Albert Camus |
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| Il est aussi noble de tendre à l’équilibre qu’à la perfection ; car c’est une perfection que de garder l’équilibre. |
| GRENIER Jean – Nouveau Lexique |
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| Il existe une exigence de vérité en nous qui est précisément la première vérité à laquelle nous puissions accéder. |
| GRENIER Jean – Nouveau Lexique |
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| Il faut renoncer au monde pour le comprendre. |
| GRENIER Jean – Lexique (Gallimard) |
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| Il y a quelque chose par quoi les hommes ont su s’égaler aux dieux, et c’est le sens de la proportion. |
| GRENIER Jean – A propos de l’humain |
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| L’important n’est pas d’aimer mais de donner quelque chose à aimer. |
| GRENIER Jean – Lexique |
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| La liberté d’être ce que nous sommes ne nous suffit pas ; nous voulons encore celle d’être ce que nous ne sommes pas. |
| GRENIER Jean – Entretiens sur le bon usage de la liberté (Gallimard) |
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| Toujours et partout existe une ascension. |
| GRENIER Jean – L’Escalier (Gallimard) |
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| Une chose m’excède maintenant après m’avoir ébloui : ce sont les citations et les références. |
| GRENIER Jean – La Vie quotidienne (Gallimard) |
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| L’esprit qu’on veut avoir gâte celui qu’on a. |
| GRESSET Jean-Louis Baptiste – Le Méchant, acte 4, scène 7 |
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| La douleur est un siècle, et la mort un moment. |
| GRESSET Jean-Louis Baptiste – Épître VI, à ma sœur, Sur ma convalescence |
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| On dit que le roi d’Angleterre a demandé la tête de l’évêque de Montauban. On a répondu qu’il n’en avait point ; au moyen de quoi le roi ne demande plus rien. |
| GRIMM Frédéric-Melchior – Gazette littéraire, novembre 1753 |
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| Ne pense pas avoir fait le moindre progrès, si tu ne te sens pas inférieur à tous. |
| GROOTE Gérard de – L’Imitation de Jésus-Christ, livre II, chap. 12 |
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| Qui livre un plus rude combat que celui qui s’efforce de se vaincre soi-même ? |
| GROOTE Gérard de – L’imitation de Jésus-Christ, II, 18 |
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| Quitte tout et tu retrouveras tout, renonce à tes désirs et tu trouveras le repos. |
| GROOTE Gérard de – L’imitation de Jésus-Christ, III, 32, 4 |
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| Tout ce qui n’est pas Dieu n’est rien, et doit n’être compté pour rien. |
| GROOTE Gérard de – L’imitation de Jésus-Christ, III, 31, 11 |
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| Dieu n’est pas si désert, l’inhabitable n’est pas inhabité, il y a langage chez le dieu. |
| GROSJEAN Jean – La Gloire, 1 |
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| Dans la nuit, un homme cherchait sa pipe au pied d’un réverbère. Un passant lui demande : «Vous avez perdu votre pipe au pied de ce réverbère ?» «Non ! Mais il n’y a que là que je pourrais la voir si elle y était.» |
| GUEDJ Denis – Le théorème du perroquet |
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| Quelle que soit la petitesse d’un objet, il existe toujours un éclairage qui le fait grand. |
| GUEDJ Denis – Le théorème du perroquet, p.50, Coll. Points P785 |
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| L’amour est cette merveilleuse chance qu’un autre vous aime encore quand vous ne pouvez plus vous aimer vous-même. |
| GUÉHENNO Jean – Aventures de l’esprit (Gallimard) |
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| La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver. |
| GUÉHENNO Jean – Carnets du vieil écrivain, Grasset |
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| Les philosophies ne sont jamais plus belles que quand elles sont encore poésie, découverte et conquête du monde. |
| GUÉHENNO Jean – Changer la vie, Histoires de souliers |
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| Nous vivons une vie, nous en rêvons une autre, mais celle que nous rêvons est la vraie. |
| GUÉHENNO Jean – La Foi difficile (Grasset) |
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| Tout est sauvé si l’on demeure capable d’étonnement. |
| GUÉHENNO Jean – La Foi difficile (Grasset) |
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| Il y a un mot de Vinci : « Passé quarante ans, un homme est responsable de son visage. » Ce n’est pas gai. |
| GUÉHÉNNO Jean – Changer la vie, Flammarion |
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| L’avis de la majorité ne peut être que l’expression de l’incompétence. |
| GUÉNON René – La crise du monde moderne, chap. VI |
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| Tout ce qu’il peut y avoir de valable dans le monde moderne lui est venu du christianisme, ou tout au moins à travers le christianisme qui a apporté avec lui tout l’héritage des traditions antérieures. |
| GUÉNON René – La crise du monde moderne, chap. 7 |
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| La forme, c’est le bonheur de la matière, l’éternel embrassement de ses atomes ivres d’amour. |
| GUÉRIN Maurice de – Le Cahier vert |
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| La forme, c’est le bonheur de la matière. |
| GUÉRIN Maurice de – Le Cahier vert |
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| Je ne veux pas savoir quand je mourrai, mais je veux savoir où : car là, je n’y foutrai jamais les pieds. |
| GUERNON L. |
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| Toutes les pages de l’histoire le crient : les premiers possesseurs du sol n’ont pas été des cultivateurs, mais des conquérants. |
| GUESDE Jules – Çà et là, Paris, M. Rivière 1914, De la propriété, p.14 |
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| Il y a eu de la lâcheté partout où il y a eu de la tyrannie. |
| GUEZ DE BALZAC Jean Louis – Le Prince |
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| Les hommes font les lois, les femmes font les mœurs. |
| GUIBERT Jacques Comte de (François APOLLINI) – Le Connétable de Bourbon |
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| Le divorce est le sacrement de l’adultère. |
| GUICHARD Jean-François – Journal de Paris, février 1797 |
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| C’est ici le Roman de la rose, où tout l’art d’Amour est enclos. |
| GUILLAUME DE LORRIS – Le Roman de la Rose |
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| Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. |
| GUILLAUME Ier, comte d’Orange-Nassau |
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| Je ne suis pas seul. Il y a les mots ! |
| GUILLÉN ALVAREZ Jorge – Clamor |
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| J’ai éprouvé que vous m’étiez moins cher que ma passion. |
| GUILLERAGUES sieur de (Gabriel de LAVERGNE) – Lettres d’une Religieuse portugaise |
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| J’aime bien mieux être malheureuse en vous aimant, que de ne vous avoir jamais vu. |
| GUILLERAGUES sieur de (Gabriel de LAVERGNE) – Lettres de la religieuse portugaise |
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| Vous trouverez, peut-être, plus de beauté…, mais vous ne trouverez jamais tant d’amour, et tout le reste n’est rien. |
| GUILLERAGUES sieur de (Gabriel de LAVERGNE) – Lettres d’une Religieuse portugaise |
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| Avoue toujours. / Plus tu en diras, / Plus tu en garderas. |
| GUILLEVIC Eugène – Du domaine, p.112, Poésie/Gallimard |
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| Courte est la journée, / Courts sont tous les jours. / Courte encore est l’heure. / Mais l’instant s’allonge / Qui a profondeur. |
| GUILLEVIC Eugène – Sphère, p.72, Poésie/Gallimard |
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| De soi aussi / On a besoin. |
| GUILLEVIC Eugène – Du domaine, p.86, Poésie/Gallimard |
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| Il faudrait accepter / Pas la mort, / Mais la mienne. |
| GUILLEVIC Eugène – Sphère, p.20, Poésie/Gallimard |
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| Il y a des jours où les plaies / Te reprochent de les accepter. |
| GUILLEVIC Eugène – Du domaine, p.99, Poésie/Gallimard |
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| L’eau que tu bois / A connu la mer. |
| GUILLEVIC Eugène – Du domaine, p.105, Poésie/Gallimard |
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| La distance / Grappille le temps. |
| GUILLEVIC Eugène – Du domaine, p.32, Poésie/Gallimard |
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| Le soleil ne parle pas / Du mal qu’il a eu / À être là. |
| GUILLEVIC Eugène – Du domaine, p.108, Poésie/Gallimard |
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| Méfiez-vous. / Les apparences / Peuvent être vraies. |
| GUILLEVIC Eugène – Du domaine, p.141, Poésie/Gallimard |
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| Nous sommes tous d’ici. / Nous semblons tous / Venir d’ailleurs. |
| GUILLEVIC Eugène – Du domaine, p.107, Poésie/Gallimard |
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| On ne possède rien, jamais, qu’un peu de temps. |
| GUILLEVIC Eugène – Exécutoire |
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| Qu’elle soit longue, au moins, / Cette vie qu’il faut vivre. / Car difficile / Est la leçon. |
| GUILLEVIC Eugène – Sphère, p.25, Poésie/Gallimard |
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| La vérité de cette vie, ce n’est pas qu’on meurt, c’est qu’on meurt volé. |
| GUILLOUX Louis – Journal |
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| L’égoïste est celui qui n’emploie pas toutes les minutes de sa vie à assurer le bonheur de tous les autres égoïstes. |
| GUITRY Lucien |
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| On ne frappe pas un ennemi à terre. Mais alors quand ? |
| GUITRY Lucien |
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| À l’égard de celui qui vous prend votre femme, il n’est de pire vengeance que de la lui laisser. |
| GUITRY Sacha – Elles et toi |
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| Abstenez-vous de raconter à votre femme les infamies que vous ont faites celles qui l’ont précédée. Ce n’est pas la peine de lui donner des idées. |
| GUITRY Sacha – Elles et toi |
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| Acceptez-vous d’être ma première femme ? |
| GUITRY Sacha |
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| Ah ! docteurs, j’ai bien failli vous perdre ! |
| GUITRY Sacha – reprenant conscience après une très grave opération |
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| Aussitôt qu’on connaît tout le monde, tout le monde vous connaît. |
| GUITRY Sacha – Mémoires d’un tricheur, p.49, Livre de Poche no 1141 |
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| Avant le mariage, c’est les petits mots. Pendant le mariage, c’est les grands mots. Après le mariage, c’est les gros mots. |
| GUITRY Sacha |
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| Avec tout ce que je sais, on pourrait faire un livre… Il est vrai qu’avec tout ce que je ne sais pas, on pourrait faire une bibliothèque. |
| GUITRY Sacha – Le KWTZ |
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| Avez-vous remarqué que, lorsqu’on fait rétablir une conversation téléphonique coupée, on s’aperçoit qu’on s’était tout dit ? |
| GUITRY Sacha |
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| Certains hommes n’ont que ce qu’ils méritent ; les autres sont célibataires. |
| GUITRY Sacha |
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| Dès longtemps j’avais décelé chez mes amis les plus intimes comme un secret espoir de me voir malheureux dans mon propre intérêt. |
| GUITRY Sacha – Jusqu’à nouvel ordre, Cinquante ans d’occupations, Omnibus Presses de la Cité 1993, p.69 |
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| Dieu a créé la femme en dernier ; on sent la fatigue… |
| GUITRY Sacha |
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| Dieu, que tu étais jolie ce soir au téléphone ! |
| GUITRY Sacha – Elles et toi |
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| Elle est partie – enfin ! Enfin, me voilà seul. C’était, depuis bien des années, mon rêve. Je vais donc enfin vivre seul ! Et déjà je me demande avec qui. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites, III |
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| En cherchant bien, l’on trouverait à la plupart des bonnes actions des circonstances atténuantes. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites |
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| Être riche, ce n’est pas avoir de l’argent – c’est en dépenser. |
| GUITRY Sacha – Mémoires d’un tricheur, p.40, Livre de Poche no 1141 |
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| Il n’y a d’outrageant pour une femme qu’une chose – n’être pas désirée ! |
| GUITRY Sacha – L’Illusionniste |
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| Il ne faut jamais regarder quelqu’un qui dort. C’est comme si on ouvrait une lettre qui ne vous est pas adressée. |
| GUITRY Sacha – à Marcel Achard |
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| Il y a des femmes dont l’infidélité est le seul lien qui les attache encore à leur mari. |
| GUITRY Sacha – Elles et toi |
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| Il y a des gens qui parlent, qui parlent, jusqu’à ce qu’ils aient enfin trouvé quelque chose à dire. |
| GUITRY Sacha – cité par F. Choisel dans Sacha Guitry intime |
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| Je conviendrais bien volontiers que les femmes nous sont supérieures – si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites, VI |
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| Je me suis rendu compte qu’aussitôt qu’on connaît tout le monde, tout le monde vous connaît. |
| GUITRY Sacha – Mémoires d’un tricheur |
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| Je n’ai vraiment l’impression que je suis libre que lorsque je suis enfermé. Lorsque je tais tourner la clef, ce n’est pas moi qui suis bouclé, ce sont les autres que j’enferme. |
| GUITRY Sacha – Un soir quand on est seul (Plon) |
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| Je suis contre les femmes : tout contre. |
| GUITRY Sacha – |
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| Je vous adore comme on adore une édition originale, avec ses fautes. |
| GUITRY Sacha – Elles et Toi |
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| L’homme qui ne tient pas compte du scepticisme éventuel de son interlocuteur ne me semble pas être un homme complètement intelligent. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites, p.123, in Les femmes et l’amour. Presses Pocket n°2377 |
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| L’un des mensonges les plus fructueux, les plus intéressants qui soient, et l’un des plus faciles en outre, est celui qui consiste à faire croire à quelqu’un qui vous ment qu’on le croit. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites, Cinquante ans d’occupations, Omnibus Presses de la Cité 1993, p.75 |
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| La réussite, pour un homme, c’est d’être parvenu à gagner plus d’argent que sa femme n’a pu en dépenser. |
| GUITRY Sacha |
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| La vanité, c’est l’orgueil des autres. |
| GUITRY Sacha – Jusqu’à nouvel ordre |
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| Le meilleur moyen de faire tourner la tête à une femme, c’est de lui dire qu’elle a un joli profil. |
| GUITRY Sacha |
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| Le peu que je sais, c’est à mon ignorance que je dois. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites |
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| Le théâtre est né de l’Église. Elle ne lui pardonnera jamais. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites |
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| Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui. |
| GUITRY Sacha |
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| Lorsque votre moral se trouve être au plus bas, remontez le moral d’un moins heureux que vous. Vous trouverez pour lui des arguments auxquels vous n’aviez pas songé pour vous – et dont vous ferez votre profit. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites, Cinquante ans d’occupations, Omnibus Presses de la Cité 1993, p.87 |
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| Ma femme et moi avons été heureux vingt-cinq ans ; et puis, nous nous sommes rencontrés. |
| GUITRY Sacha |
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| Non, non, n’être jamais parmi ceux qui haïssent. Tâcher d’être plutôt parmi ceux que l’on hait – on y est en meilleure compagnie. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites, p.148, in Les femmes et l’amour. Presses Pocket n°2377 |
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| Nous sommes loin de nous douter des services que pourraient nous rendre nos défauts – si nous savions les mettre en œuvre. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites, Cinquante ans d’occupations, Omnibus Presses de la Cité 1993, p.82 |
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| On les a dans ses bras – puis un jour sur les bras – et bientôt sur le dos. |
| GUITRY Sacha – Elles et Toi |
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| On peut faire semblant d’être grave ; on ne peut pas faire semblant d’avoir de l’esprit |
| GUITRY Sacha – In L’Esprit de Guitry (Gallimard) |
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| Quand on aime une femme laide, il n’y a pas de raison que cela cesse. Au contraire, on l’aimera de plus en plus puisque, si la beauté s’altère avec le temps, la laideur, elle, s’accentue. |
| GUITRY Sacha |
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| Quand on donne un baiser à quelqu’un, c’est qu’on avait envie d’être embrassé soi-même. |
| GUITRY Sacha – Les Femmes et l’Amour |
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| Quand on me parle d’une femme cultivée, je l’imagine avec des carottes dans les oreilles et du cerfeuil entre les doigts de pied. |
| GUITRY Sacha |
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| Quand on ment à une femme, on à l’impression qu’on se rembourse. |
| GUITRY Sacha |
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| Que de lettres on n’écrit que pour leurs post-scriptum ! |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites |
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| Redouter l’ironie, c’est craindre la raison. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites |
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| Rien n’est plus réfrigérant que de dire « vous » à quelqu’un qui vous tutoie. |
| GUITRY Sacha – Le nouveau testament |
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| Rien, vraiment, n’est plus odieux que d’être accusé d’une chose à laquelle on n’avait jamais songé. |
| GUITRY Sacha – La jalousie |
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| Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d’eux, ils en diraient bien davantage. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites, éditions de l’Élan |
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| Si le plus grand plaisir des hommes est de se payer les corps des femmes, le plus grand plaisir des femmes est de se payer la tête des hommes. |
| GUITRY Sacha |
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| Si vous croyez que ce n’est pas parler de soi que de donner son opinion sur autrui ! |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites, p.128, in Les femmes et l’amour. Presses Pocket n°2377 |
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| Tu me plais tellement que, quand il t’arrive de n’être pas jolie, je te trouve belle. |
| GUITRY Sacha |
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| Un acteur est un menteur autorisé. |
| GUITRY Sacha – L’École des philosophes, p.216, in Théâtre IV, Éd. Le Livre Contemporain |
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| Un homme qui ne demande jamais de service à personne finit par se faire la réputation d’un homme qui n’en rend pas. |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites |
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| Vous me jugez sur mes réponses ? Si vous croyez que je ne vous juge pas sur vos questions ! |
| GUITRY Sacha – Toutes réflexions faites, p.147, in Les femmes et l’amour. Presses Pocket n°2377 |
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| Ceux qui nient Dieu le signalent par leurs silences obstinés ou par la révolte. Les négations, comme jadis les blasphèmes, dessinent son Visage. |
| GUITTON Jean – Dialogues avec M. Pouget (1er dialogue) |
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| Créer, c’est renoncer à la capacité infinie des possibles pour n’en retenir qu’un seul. |
| GUITTON Jean – Le Travail intellectuel, p.156, Aubier, 1951 |
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| Être dans le vent, c’est avoir le destin des feuilles mortes. |
| GUITTON Jean |
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| L’art de ponctuer est]plus précieux à mon sens que l’orthographe : car l’orthographe relève, au fond, de la mémoire, mais le sens de la différence entre le « point et virgule » et les « deux points » manifeste la pensée. Et penser vaut mieux que se souvenir. |
| GUITTON Jean – Le Travail intellectuel, p.138, Aubier, 1951 |
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| L’esprit est fugitif ; il ne se répète pas : si l’on ne retient pas l’oracle au moment où il souffle, à jamais il est perdu. |
| GUITTON Jean – Le Travail intellectuel, p.131, Aubier, 1951 |
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| La couleur est la gloire de la lumière. |
| GUITTON Jean – Mon testament philosophique |
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| La culture est le souvenir d’un parfum dans un flacon vide. |
| GUITTON Jean – Mon testament philosophique, p.121, Éd. Pocket, n°10494 |
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| Le plus beau livre est peut-être celui qui n’a pas été écrit pour être lu, qui n’est publié qu’après la mort de son auteur, qui n’est ombré par aucun désir de plaire, qui a la qualité d’un testament. |
| GUITTON Jean – Le Travail intellectuel, p.102, Aubier, 1951 |
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| Le secret de tout art d’exprimer consiste à dire la même chose trois fois. On dit qu’on va la dire, on la dit, on dit qu’on l’a dite. |
| GUITTON Jean |
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| Les seuls anciens que nous lisons encore ne sont pas ceux qui ont dit les choses les plus vraies mais ceux dont le langage a gardé la trace de leur moi. |
| GUITTON Jean – Le Travail intellectuel, p.150, Aubier, 1951 |
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| N’aurions-nous fait que corriger une de nos phrases pour la rendre moins inexacte, n’aurions-nous dit qu’une seule parole pouvant porter un autre esprit à mieux penser puis à mieux faire, n’aurions-nous fait avancer la connaissance que d’un degré infiniment petit, cela serait suffisant, si sur chacune de ces parcelles nous avions frappé notre âme. |
| GUITTON Jean – Le Travail intellectuel, p.178, Aubier, 1951 |
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| Ne lis jamais une prose encore fraîche. Ne lis pas un livre qui vient de paraître. Mais laisse au temps qui est le grand trieur, le soin de faire sa tâche silencieuse qui est d’éliminer … Ne lis que ce qui t’émeut. |
| GUITTON Jean – Le nouvel Art de Penser |
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| La chance est dans l’oxygène. Pour avoir de la chance, respirez à fond. |
| GUTH Paul – La chance, p.40, Hachette (Coll. Notes et maximes), 1963 |
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| La chance est la forme laïque du miracle. |
| GUTH Paul – La chance, p.33, Hachette (Coll. Notes et maximes), 1963 |
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| L’amour se résigne à ne pas savoir. |
| GUY Michel de – Biefs (Gallimard) |
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| Heureux qui, dépouillé de tout, se quitte aussi soi-même. S’il se hait, il en vient à bout, et c’est alors qu’il aime. |
| GUYON Madame de la Motte – Poésies et Cantiques spirituels, 1ère partie, cantique XIII |
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| Découvrir consiste à voir comme tout le monde et à réfléchir comme personne. |
| GYÖRGYI Albert Szent |
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| Pour inventer, il faut penser à côté. |
| HADAMARD Jacques – cité par P. Souriau dans Essai sur la psychologie de l’invention en mathématique |
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| Comment trouver le chemin qui mène au pays où vit ton désir ? En renonçant à tes désirs. |
| HAFIZ Chams al-Din Muhammad – Les Ghazels |
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| En pleine angoisse, ne perds jamais l’espoir, car la moelle la plus exquise est dans l’os le plus dur. |
| HAFIZ Chams al-Din Muhammad – Les Ghazels |
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| J’ai bien peur que les saints qu’on voit se moquer des ivrognes n’aillent porter un jour leurs prières au cabaret. |
| HAFIZ Chams al-Din Muhammad – Odes |
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| Lumière de mes yeux, tu es mon regard même. Pourtant mes yeux sont noirs des larmes de la nuit. |
| HAFIZ Chams al-Din Muhammad – Odes. |
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| Prends la vie comme tu prends cette coupe, le sourire aux lèvres, même si ton cœur saigne. Ne gémis pas comme un luth et cache tes blessures ! |
| HAFIZ Chams al-Din Muhammad – Les Ghazels |
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| Le sport ne forge pas le caractère. Il le révèle. |
| HALE BROUN Heywood |
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| La violence commence où la parole s’arrête |
| HALTER Marek |
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| Il n’y a pas de savoir qui ne soit systématique. |
| HAMELIN Octave – Essai sur les éléments principaux de la représentation |
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| Son visage étaient des plus mignons ; c’était toujours le même visage ; on eût dit qu’elle le tirait le matin d’un étui pour l’y remettre en se couchant, sans s’en être servi durant la journée. |
| HAMILTON Antoine – Mémoires de la vie du comte de Gramont, ch. 10 |
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| Qui s’assied au fond d’un puits pour contempler le ciel le trouvera petit. |
| HAN YU |
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| En Amérique, il n’y a pas de chemins, il n’y a que des routes… |
| HANDKE Peter – La courte lettre pour un long adieu, trad. Georges-Arthur Goldschmidt, p.175, Éd. Folio n°1716 |
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| Si tout le monde savait ce que tout le monde dit de tout le monde, personne ne parlerait à personne. |
| HANOTAUX Gabriel |
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| Les apôtres qui réussissent sont ceux qui répandent une doctrine que les foules sentent depuis quelque temps sans savoir la formuler. |
| HARDY Thomas – Le retour au pays natal, 3e partie, chap. 2 |
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| Compte tenu du nombre de bouchons, Paris a bel et bien été mis en bouteille. |
| HAUSER Régis |
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| Bien des hommes pourraient voir, s’ils enlevaient leurs lunettes. |
| HEBBEL Friedrich – Aphorismes et Réflexions |
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| L’Art est ce qui révèle à la conscience la vérité sous forme sensible. |
| HEGEL Georg Wilhelm Friedrich |
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| L’art, la religion et la philosophie ne diffèrent que par la forme ; leur objet est le même. |
| HEGEL Georg Wilhelm Friedrich – Esthétique (1832) |
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| L’homme n’est rien d’autre que la série de ses actes. |
| HEGEL Georg Wilhelm Friedrich – Encyclopédie des sciences philosophiques, par. 140 |
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| La chouette de Minerve ne prend son envol qu’à la tombée de la nuit. |
| HEGEL Georg Wilhelm Friedrich |
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| La contradiction est la racine de tout mouvement et de toute manifestation vitale. |
| HEGEL Georg Wilhelm Friedrich – Science de la logique |
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| Le vrai est le tout. |
| HEGEL Georg Wilhelm Friedrich |
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| On peut caractériser la poésie d’une façon plus précise en disant qu’elle constitue, après la peinture et la musique, le troisième art romantique. |
| HEGEL Georg Wilhelm Friedrich – Esthétique (1832) |
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| Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion. |
| HEGEL Georg Wilhelm Friedrich – Introduction à la Philosophie de l’Histoire |
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| Toute chose est contradictoire en soi. |
| HEGEL Georg Wilhelm Friedrich – Science de la logique |
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| L’angoisse est la disposition fondamentale qui nous place face au néant. |
| HEIDEGGER Martin – Kant et le problème de la métaphysique, 4e section, C, par. 43 |
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| La science ne pense pas. |
| HEIDEGGER Martin |
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| Ceux qui brûlent des livres finissent tôt ou tard par brûler des hommes. |
| HEINE Heinrich |
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| L’historien est un prophète qui regarde en arrière |
| HEINE Heinrich – L’Esprit d’Henri Heine |
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| Oui, il faut pardonner à ces ennemis, mais pas avant qu’ils soient pendus. |
| HEINE Heinrich – Pensées |
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| On peut vaincre avec une épée et être vaincu par un baiser. |
| HEINSIUS Daniel |
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| Il n’est pas interdit de paraître plus qu’on est, dès l’instant qu’on a décidé de faire ce qu’il faut pour devenir ce que l’on paraît être. |
| HÉLIAS Pierre Jakez – Le cheval d’orgueil |
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| Ceux qui vivaient au VIIe siècle avant Jésus-Christ n’avaient pas la moindre idée qu’ils vivaient au VIIe siècle avant Jésus-Christ. |
| HELLER Joseph |
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| Rien n’est plus dangereux que les passions dont la raison conduit l’emportement. |
| HELVÉTIUS – Notes, Maximes et Pensées |
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| Il y a des gens que l’on mène par la crainte même où ils se sont d’être menés. |
| HELVÉTIUS Claude Adrien – Notes, maximes et pensées |
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| L’art du politique est de faire en sorte qu’il soit de l’intérêt de chacun d’être vertueux. |
| HELVÉTIUS Claude Adrien – Notes, maximes et pensées |
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| La conversation devient plate à proportion que ceux avec qui on la tient sont plus élevés en dignité. |
| HELVÉTIUS Claude Adrien – Notes, maximes et pensées |
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| C’est quand on est vaincu qu’on devient chrétien. |
| HEMINGWAY Ernest – L’adieu aux armes, livre III, chap. 26. |
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| Ce qui est moral et ce que vous trouvez bon après, et ce qui est immoral et ce que vous trouvez mauvais après… |
| HEMINGWAY Ernest – La mort dans l’après-midi |
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| La sagesse des vieillards, c’est une grande erreur. Ce n’est pas plus sages qu’ils deviennent, c’est plus prudents. |
| HEMINGWAY Ernest – L’adieu aux armes, livre IV, chap. 35 |
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| Ne jamais confondre mouvement et action. |
| HEMINGWAY Ernest |
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| Nous devons nous y habituer : aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n’y a pas de signalisation. |
| HEMINGWAY Ernest |
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| Toutes les fresques paraissent belles quand elles commencent à peler et à s’écailler. |
| HEMINGWAY Ernest – L’adieu aux armes, livre I, chap. 6 |
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| Si on ôtait à de certaines gens leur ridicule, il ne leur resterait plus rien. |
| HÉNAULT Charles-Jean-François – Réflexions |
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| Il existe des guerres justes. Mais le propre des guerres justes est de ne pas le demeurer longtemps. |
| HENEIN Georges – L’Esprit frappeur, « Carnets de notes 1940-1973 », Encre |
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| Qu’il est grand ! plus grand encore mort que vivant ! |
| HENRI III (de France) – Phrase prononcée devant le corps du duc de Guise, que le roi venait de faire assassiner à Blois le 23/12/1588 |
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| Je veux que chaque laboureur de mon royaume puisse mettre la poule au pot le dimanche. |
| HENRI IV |
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| Paris vaut bien une messe. |
| HENRI IV |
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| Ralliez-vous à mon panache blanc ! |
| HENRI IV – avant la bataille d’Ivry le 14/3/1590 |
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| Si toutes choses devenaient fumée, on connaîtrait avec les narines. |
| HÉRACLITE d’Éphèse |
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| Ce monde-ci, le même pour tous les êtres, aucun des dieux ni des hommes ne l’a créé ; mais il a toujours été et il est, et il sera un feu toujours vivant, s’allumant avec mesure et s’éteignant avec mesure. |
| HÉRACLITE d’Éphèse – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.76, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| Ce qui attend les hommes après la mort, ce n’est ni ce qu’ils espèrent, ni ce qu’ils croient. |
| HÉRACLITE d’Éphèse – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.75, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| Ce qui est contraire est utile et c’est de ce qui est en lutte que naît la plus belle harmonie ; tout se fait par discorde. |
| HÉRACLITE d’Éphèse – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.74, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| Je me suis cherché moi-même. |
| HÉRACLITE d’Éphèse – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.79, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| La nature aime à se dérober à nos yeux. |
| HÉRACLITE d’Éphèse – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.81, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| La route qui monte et descend est une et la même. |
| HÉRACLITE d’Éphèse – Fragment, 60 |
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| La sagesse consiste en une seule chose, à connaître la pensée qui gouverne tout et partout. |
| HÉRACLITE d’Éphèse – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.76, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| Le plus bel arrangement est semblable à un tas d’ordures rassemblées au hasard. |
| HÉRACLITE d’Éphèse – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.81, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| S’il n’y avait pas d’injustice, on ignorerait jusqu’au nom de la justice. |
| HÉRACLITE d’Éphèse – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.75, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| Sans l’espérance, on ne trouvera pas l’inespéré, qui est introuvable et inaccessible. |
| HÉRACLITE d’Éphèse – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.75, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| Si toutes choses devenaient fumée, on connaîtrait avec les narines. |
| HÉRACLITE d’Éphèse – Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.74, Garnier-Flammarion n° 31 |
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| Citer peu et fondre toujours la citation dans le discours, de peur d’en couper le fil et de le refroidir. |
| HÉRAULT DE SÉCHELLES Marie-Jean – Théorie de l’ambition |
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| Pour agacer les facultés et les tenir éveillées, il faut sans cesse chercher des ennemis et courir au combat. |
| HÉRAULT DE SÉCHELLES Marie-Jean – Théorie de l’ambition |
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| Quel est le père de la gloire ? Le génie. Quelle est la mère du génie ? La solitude. |
| HÉRAULT DE SÉCHELLES Marie-Jean – Pensées et anecdotes |
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| Qui veut la gloire passionnément finit par l’obtenir, ou du moins en approche de bien près. Mais il faut vouloir, et non pas une fois ; il faut vouloir à tous les instants. |
| HÉRAULT DE SÉCHELLES Marie-Jean – Voyage à Montbard (1785) |
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| Supposer aux autres verbalement et avec un air de confiance, les vertus dont on a besoin en eux, afin qu’ils se les donnent au moins en apparence et pour le moment. |
| HÉRAULT DE SÉCHELLES Marie-Jean – Théorie de l’ambition |
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| Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal / Fatigués de porter leurs misères hautaines … / Ils regardaient monter en un ciel ignoré / Du fond de l’océan des étoiles nouvelles. |
| HEREDIA José Maria de – Les Trophées, les Conquérants (Lemerre) |
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| Je ne sais pas ce que peut être la conscience d’une canaille, mais je sais ce qu’est la conscience d’un honnête homme : c’est effrayant. |
| HERMANT Abel – Le Bourgeois, chap. IV, Hachette |
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| L’héroïsme n’exige aucune maturité d’esprit. |
| HERMANT Abel – Xavier ou les entretiens sur la grammaire française, chap. V |
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| Le mensonge tue l’amour, a-t-on dit. Eh bien, et la franchise, donc ! |
| HERMANT Abel – Éloge du mensonge |
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| La divinité aime rabaisser tout ce qui s’élève. |
| HÉRODOTE – Histoires, VII, 10 |
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| On ne guérit pas le mal par le mal. |
| HÉRODOTE – Histoires, III, 53 |
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| Je ne t’aime pas… je t’adore… Et même je te hais un peu. |
| HERRERA Y REISSIG Julio – Les lunes d’or |
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| C’est une des magnifiques supériorités de l’art qu’il est contraint d’avoir une patrie. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes, p.96, Hachette, 1961 |
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| En art comme en tout, la vraie perfection ne s’atteint que par l’extrême simplicité. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes, p.88, Hachette, 1961 |
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| Être jaloux, c’est aimer comme si l’on haïssait. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes, p.61, Hachette, 1961 |
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| Il faut être quelqu’un, non quelque chose. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes |
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| J’ai cette conviction profonde : les morts vivent tant qu’il y a des vivants pour penser à eux. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes |
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| Je trouve spirituel de la part de l’Église d’avoir donné à la crosse des évêques la forme d’un point d’interrogation. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes, p.55, Hachette, 1961 |
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| L’homme intelligent se mesure à ce qu’il sait ne pas comprendre. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes, p.135, Hachette, 1961 |
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| La culture, c’est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes |
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| La culture, c’est ce qui demeure dans un homme lorsqu’il a tout oublié. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes |
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| La musique est la prière des païens. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes, p.78, Hachette, 1961 |
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| La musique est une mathématique sonore ; la mathématique, une musique silencieuse. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes, p.78, Hachette, 1961 |
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| Le on est haïssable. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes, p.138, Hachette, 1961 |
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| Les cadeaux sont comme les conseils : ils font plaisir surtout à ceux qui les donnent |
| HERRIOT Édouard |
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| Les doctrines ont cet avantage qu’elles dispensent d’avoir des idées. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes, p.27, Hachette, 1961 |
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| Regarde le ciel : Dieu n’est pas un peintre, c’est un pastelliste. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes, p.77, Hachette, 1961 |
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| Si je voulais punir une de mes provinces, écrit Frédéric II, je la ferais administrer par un philosophe. |
| HERRIOT Édouard – Notes et Maximes, p.103, Hachette, 1961 |
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| La sagesse qu’un sage cherche à communiquer a toujours un air de folie. |
| HESSE Hermann |
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| La vie est courte, l’art difficile, précis le bon moment, l’expérience trompeuse, le dénouement difficile. |
| HIPPOCRATE – Aphorismes, I, 1 |
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| Le Führer est le Parti et le Parti est le Führer. Comme je me sens moi-même une partie seulement du Parti, le Parti se sent lui-même seulement comme une partie de moi. |
| HITLER Adolf – Congrès Nazi (1935) |
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| Si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues. |
| HITLER Adolf – Mein Kampf |
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| Le bonheur consiste à ne désirer que ce qu’on peut obtenir. |
| HOLBACH Paul Henri Dietrich baron d’ – La Morale universelle (I), I, 5 |
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| Il n’existe au monde qu’un seul litige, celui de savoir si c’est le tout ou le particulier qui prédomine. |
| HÖLDERLIN Friedrich |
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| J’aurai un jour vécu de la vie des dieux, et que faut-il de plus ? |
| Hölderlin Friedrich – Aux Parques |
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| Par instants seulement l’homme supporte le poids de la plénitude divine. |
| HÖLDERLIN Friedrich – Le Pain et le Vin |
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| Que sont toutes les actions et les pensées des hommes durant des siècles contre un seul instant de l’amour ? |
| HÖLDERLIN Friedrich – Hyperion |
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| Tout proche / Et difficile à saisir, Dieu ! |
| Hölderlin Friedrich – Patmos |
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| Le grand acte de foi, c’est lorsque l’homme décide qu’il n’est pas dieu. |
| HOLMES Oliver Wendell |
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| Quand vous avez des ennuis, les gens qui vous appellent par sympathie le font surtout pour avoir des détails. |
| HOME Edgar Watson |
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| Quand parut Aurore aux doigts de rose … |
| HOMÈRE – Iliade et Odyssée |
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| Quelle parole a franchi la barrière de tes dents ? |
| HOMÈRE – Odyssée |
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| Les gens qui envoient des baisers sont de sacrés paresseux. |
| HOPE Bob |
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| Cueille le jour présent, en te fiant le moins possible au lendemain. |
| HORACE – Odes, I, XI, 8 |
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| L’avare est toujours pauvre. |
| HORACE – Epîtres, I, II, 55 |
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| La colère est une courte folie. |
| HORACE – Epîtres, I, II, 62 |
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| La Grèce conquise conquit son farouche vainqueur et porta les arts au sein du Latium rustique. |
| HORACE – Epîtres, II, I, 156 |
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| La vertu est le milieu entre deux vices et à mi-chemin les deux. |
| HORACE – Épîtres, livre I, XVIII, 9 |
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| Le mot une fois parti ne revient plus. |
| HORACE – Art Poétique p. 269 in Œuvres, Garnier-Flammarion n° 159 |
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| Ne s’étonner de rien, Numicius, est presque la seule, l’unique chose qui puisse donner et conserver le bonheur. |
| HORACE – Épîtres, livre I, VI, 1 |
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| Tandis que nous parlons, le temps jaloux aura fui ; cueille le jour (carpe diem), sans te fier le moins du monde au lendemain. |
| HORACE – Ode XI, 7 |
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| Tu pourrais venir voir en moi un homme bien gras, luisant, bien soigné, quand tu voudras rire : un vrai porc du troupeau d’Epicure. |
| HORACE – Épîtres, livre I, IV,15 |
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| Une parole une fois lancée ne peut revenir. |
| HORACE – Art poétique, 390 |
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| Un homme doit souvent sa carrière à sa première femme, et sa deuxième femme à sa carrière. |
| HORGUES Maurice |
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| Mieux vaut posséder la joie que l’empire. |
| HUAINAN ZI – Du Commencement du réel |
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| L’enseignant est celui qui suscite deux idées là où auparavant il n’y en avait qu’une seule. |
| HUBBARD Elbert |
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| À mon sens, le style de Racine a beaucoup plus vieilli que le style de Corneille. Corneille est ridé ; Racine est fané. Corneille reste magnifique, vénérable et puissant. Corneille a vieilli comme un vieil homme, Racine comme une vieille femme. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| À partir de la découverte de l’imprimerie, l’architecture se dessèche peu à peu, s’atrophie et se dénude. |
| HUGO Victor – Notre-Dame de Paris, V, 2, Ceci tuera cela |
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| À voir tant de misère partout, je soupçonne que Dieu n’est pas riche. Il a des apparences, c’est vrai, mais je sens la gêne. |
| HUGO Victor – Les Misérables, IV, XII, 2 |
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| Abdiquer pour régner semble être la devise du monachisme. |
| HUGO Victor – Les Misérables, Première partie, IV, 7 |
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| Ad augusta per angusta (Vers des résultats suprêmes par des voies étroites). |
| HUGO Victor – Hernani, acte IV (mot de passe des conjurés contre le futur Charles-Quint) |
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| Ah ! Insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! |
| HUGO Victor – Les Contemplations, Préface |
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| Aimer un être, c’est le rendre transparent. |
| HUGO Victor – Les Misérables |
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| Aimer, c’est donner à autrui, par une sorte de pouvoir créateur, une existence supérieure ; être aimé, c’est la recevoir. |
| HUGO Victor – Océan prose, p.6, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
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| Aimer, c’est la moitié de croire. |
| HUGO Victor – Les Chants du crépuscule, 38, Que nous avons le doute en nous |
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| Aimer, c’est savourer, au bras d’un être cher, / La quantité de ciel que Dieu mit dans la chair… |
| HUGO Victor |
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| Ami, cache ta vie et répands ton esprit. |
| HUGO Victor – Les Rayons et les Ombres, XXI |
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| Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus, / Je veux de la poudre et des balles. |
| HUGO Victor – Les Orientales, XVIII, L’Enfant |
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| Aucune grâce extérieure n’est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l’âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps. |
| HUGO Victor – Post-scriptum de ma vie |
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| Avant l’imprimerie, la Réforme n’eût été qu’un schisme, l’imprimerie la fait révolution … Gutenberg est le précurseur de Luther. |
| HUGO Victor – Notre-Dame de Paris, V, 2, Ceci tuera cela |
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| Ayez pitié. Voyez des âmes dans les choses. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, VI, 26 |
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| C’est ici le combat du jour et de la nuit. |
| HUGO Victor – Vers prononcé lors de son agonie |
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| C’est pour ou contre un saint que tout combat se livre. |
| HUGO Victor – La Légende des siècles, XVII |
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| C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas. |
| HUGO Victor |
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| Car la poésie est l’étoile / Qui mène à Dieu rois et pasteurs. |
| HUGO Victor – Les Rayons et les Ombres |
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| Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand. |
| HUGO Victor – La Légende des siècles |
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| Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant. |
| HUGO Victor – Les Contemplations |
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| Ce siècle avait deux ans, Rome remplaçait Sparte / Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte. |
| HUGO Victor – Les Feuilles d’automne |
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| Celui-là seul sait écrire qui écrit de telle sorte qu’une fois la chose faite, on n’y peut changer un mot. |
| HUGO Victor – Faits et croyances, p.159, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
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| Ces deux moitiés de Dieu, le pape et l’empereur. |
| Hugo Victor – Hernani |
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| Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques / Vêtu de probité candide et de lin blanc. |
| HUGO Victor – La Légende des siècles |
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| Chexpire, quel vilain nom ! On croirait entendre mourir un Auvergnat. |
| HUGO Victor – A propos de Shakespeare. |
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| D’ordinaire les empires conquérants meurent d’indigestion. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| Dans tout fanfaron il y a un fuyard. |
| HUGO Victor – Philosophie prose |
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| De l’enfer des pauvres est fait le paradis des riches. |
| HUGO Victor – L’homme qui rit |
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| De quelque mot profond tout homme est le disciple. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, I, 8 |
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| Défiez-vous de ceux qui vous disent en vous parlant d’une personne qui vous est chère : – Je crains que un tel, ou une telle, ne soit bien malade. On n’est pas oiseau de mauvais augure sans s’y plaire un peu. |
| HUGO Victor – Faits et croyances |
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| Dieu bénit l’homme / Non pour avoir trouvé, mais pour avoir cherché. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, I, 6 |
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| Dis-moi qui tu aimes, je te dirai qui tu hais. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, p.87, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
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| Donc, je marche vivant dans mon rêve étoilé ! |
| HUGO Victor – Ruy Blas, III, 4 |
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| Donnez, riches ! L’aumône est sœur de la prière. |
| HUGO Victor – Les Feuilles d’automne, Pour les pauvres |
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| Du coquillage on peut conclure le mollusque, de la maison on peut conclure l’habitant. |
| HUGO Victor – Les Burgraves |
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| Élevez-vous. Élargissez votre horizon. Quittez l’argile, la fange, le ventre, l’intérêt, l’appétit, la passion, l’égoïsme, la pesanteur. Allez à la lumière. Devenez une grande âme. Passez du géocentrique à l’héliocentrique. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1854-55 p.64 |
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| En littérature, le plus sûr moyen d’avoir raison, c’est d’être mort. |
| HUGO Victor – Littérature et philosophie mêlées, Critique, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1985, p.173 |
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| Et ce songe était tel, que Booz vit un chêne / Qui, sorti de son ventre, allait jusqu’au ciel bleu, / Une race y montait comme une longue chaîne ; / Un roi chantait en bas, en haut mourait un dieu. |
| HUGO Victor – La légende des siècles |
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| Et je médite, obscur témoin, / Pendant que, déployant ses voiles, / L’ombre, où se mêle une rumeur, / Semble élargir jusqu’aux étoiles / Le geste auguste du semeur. |
| HUGO Victor – Les Chansons des rues et des bois |
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| Et Ruth se demandait, / Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles, / Quel Dieu, quel moissonneur de l’éternel été / Avait, en s’en allant, négligemment jeté / Cette faucille d’or dans le champ des étoiles. |
| HUGO Victor – La Lég ende des siècles |
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| Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là. |
| HUGO Victor – Les Châtiments, XVII |
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| Être contesté, c’est être constaté. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| Flattez ; vous entrerez. |
| HUGO Victor – Réflexions et Maximes |
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| Grattez le juge, vous trouverez le bourreau. |
| HUGO Victor – Littérature et philosophie mêlées |
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| Guerre à la rhétorique et paix à la syntaxe ! |
| HUGO Victor – Les Contemplations, I, 7 |
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| Huile : ce que les sages versent sur les roues et les fous sur le feu. |
| HUGO Victor – Philosophie prose |
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| Il n’y a d’incontesté que le silence. |
| HUGO Victor – Faits et croyances, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1860 p.223 |
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| Il ne suffit pas d’être le premier, il faut encore être le meilleur. |
| HUGO Victor – Philosophie prose |
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| Il y a des gens qui observent les règles de l’honneur comme on observe les étoiles, de très loin. |
| HUGO Victor |
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| Il y a des gens qui ont une bibliothèque comme les eunuques ont un harem. |
| HUGO Victor – Fragments |
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| Il y a des gens qui vous laissent tomber un pot de fleurs sur la tête d’un cinquième étage et qui vous disent : Je vous offre des roses. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| Il y a des hommes qui sont sources. |
| HUGO Victor – Faits et croyance |
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| Il y a suicide quand la crainte de la vie l’emporte sur la crainte de la mort. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, p.80, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
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| Il y a toujours dans le bonheur, même des meilleurs gens, un peu d’insolence aimable qui défie les autres d’en faire autant. |
| HUGO Victor |
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| J’ai des rêves de guerre en mon âme inquiète ; / J’aurais été soldat si je n’étais poète. |
| HUGO Victor – Odes et Ballades, livre V, ode 9, Mon enfance |
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| J’ai fait dans ma jeunesse quatre ans de mathématiques. Mon professeur, M. Lefebvre de Courcy, me demandait un jour : « Eh bien, Monsieur, que pensez-vous des x et des y ? » – Je lui ai répondu : « C’est bas de plafond ». |
| HUGO Victor – Moi, l’amour, la femme, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, p.274 |
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| J’aime mieux tout de quelque chose que quelque chose de tout. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, p.76, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
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| J’aurais été soldat, si je n’étais poète. |
| HUGO Victor |
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| Je n’ai plus d’ennemis quand ils sont malheureux. |
| HUGO Victor – Chansons des rues et des bois |
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| Je n’ai plus d’ennemis quand ils sont malheureux. |
| HUGO Victor – L’Année terrible, juin 1871, XIII : À ceux qu’on foule aux pieds |
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| Je refuse l’oraison de toutes les églises ; je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu. |
| HUGO Victor – Testament, 2 août 1883 |
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| Je sauverai Judas si j’étais Jésus-Christ. |
| HUGO Victor – L’année terrible, avril 1871, 5 |
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| Je suis de mon siècle et je l’aime ! |
| HUGO Victor – Les Quatre Vents de l’esprit |
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| Je suis l’homme qui fait attention à sa vie nocturne. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| Je suis un homme qui pense à autre chose. |
| HUGO Victor – Pierres, 1863 |
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| Je suis une force qui va ! … Une âme de malheur faite avec des ténèbres ! |
| HUGO Victor – Hernani, acte III, scène 4 |
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| Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe, / Et je courbe, ô mon Dieu ! mon âme vers la tombe, / Comme un bœuf ayant soif penche son front vers l’eau. |
| HUGO Victor – La Légende des siècles |
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| Je tâte dans la nuit ce mur, l’éternité. |
| HUGO Victor – La Fin de Satan |
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| Je veux être Chateaubriand ou rien. |
| HUGO Victor – Sur un cahier d’écolier. 10.7.1816 |
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| L’Académie est le chef-d’œuvre de la puérilité sénile. |
| HUGO Victor |
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| L’adjectif, c’est la graisse du style. |
| HUGO Victor |
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| L’âme a des illusions comme l’oiseau a des ailes. C’est ce qui la soutient. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| L’amour est une mer dont la femme est la rive. |
| HUGO Victor – La Légende des siècles, XXXVI |
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| L’amour fait songer, vivre et croire. / Il a pour réchauffer le cœur / Un rayon de plus que la gloire, / Et ce rayon, c’est le bonheur. |
| HUGO Victor |
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| L’art n’est pas perfectible car il est né parfait. La science est perfectible, car elle est née incomplète. L’art est né parfait parce qu’il est un et simple ; la science est née incomplète, parce qu’elle est variée et multiple. Le progrès est possible sur Aristote, il ne l’est pas sur Homère. Le progrès est possible sur Newton, il ne l’est pas sur Molière. |
| HUGO Victor – Faits et croyances, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1840-42 p.190 |
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| L’enfer est tout entier dans ce mot : solitude. |
| HUGO Victor – La Judée, in La Fin de Satan |
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| L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme. |
| HUGO Victor – Les Châtiments, « L’Expiation » |
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| L’histoire a pour égout des temps comme les nôtres. |
| HUGO Victor – Les Châtiments, À l’obéissance passive, III,13 |
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| L’homme injuste est celui qui fait des contresens. |
| HUGO Victor – Les Châtiments, III, 8 |
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| L’idée, trempée dans le vers, prend soudain quelque chose de plus incisif et le plus éclatant. C’est le fer qui devient acier. |
| HUGO Victor – Cromwell, Préface |
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| L’œil était dans la tombe et regardait Caïn. |
| HUGO Victor – La Conscience, in La Légende des siècles, II |
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| L’ombre était nuptiale, auguste et solennelle ; / Les anges y volaient sans doute obscurément, / Car on voyait passer dans la nuit, par moment, / Quelque chose de bleu qui paraissait une aile. |
| HUGO Victor – La légende des siècles |
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| L’orgueil a cela de bon qu’il préserve de l’envie. |
| HUGO Victor – Moi, l’amour, la femme, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1868 p.286 |
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| La conscience de l’homme c’est la pensée de Dieu. |
| HUGO Victor – Les Châtiments, « Préface » |
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| La dernière raison des rois, le boulet. La dernière raison des peuples, le pavé. |
| HUGO Victor – Littérature et philosophie mêlées, Critique, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1985, Journal, août 1830 p.120 |
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| La gloire, astre tardif, lune sereine et sombre / Qui se lève sur les tombeaux. |
| HUGO Victor – Toute la lyre |
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| La guérilla ne conclut pas ou conclut mal. |
| HUGO Victor – Quatre-vingt-treize, Troisième partie, II, 2 |
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| La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l’égoïsme et la conscience, qui est l’esclavage de Dieu. Celui qui choisit cet esclavage-là, c’est l’homme libre. |
| HUGO Victor |
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| La lune était sereine et jouait sur les flots. |
| HUGO Victor – Les Orientales |
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| La mélancolie, c’est le bonheur d’être triste. |
| HUGO Victor – Les Travailleurs de la mer |
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| La modestie argente l’or. |
| HUGO Victor – Carnets 1836-1840 |
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| La musique est dans tout. Un hymne sort du monde. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, III, 21 |
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| La musique, c’est du bruit qui pense. |
| HUGO Victor – Fragments |
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| Là où le prêtre manque, que le philosophe vienne … Le philosophe n’est autre que le prêtre en liberté |
| HUGO Victor – Philosophie, Commencement d’un livre |
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| La popularité ? C’est la gloire en gros sous. |
| HUGO Victor – Ruy Blas, acte III, scène 5 |
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| La presse a succédé au catéchisme dans le gouvernement du monde. Après le Pape, le papier. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| La prière est la sœur tremblante de l’amour. |
| HUGO Victor – La Légende des siècles, XXXIX |
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| La raison du meilleur est toujours la plus forte. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| La raison, c’est l’intelligence en exercice ; l’imagination c’est l’intelligence en érection. |
| HUGO Victor – Faits et croyances, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1845-50 p.158 |
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| La Révolution française est le plus puissant pas du genre humain depuis l’avènement du Christ. |
| HUGO Victor – Les Misérables, Première partie, I, 9 |
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| La science est obscure – peut-être parce que la vérité est sombre. |
| HUGO Victor – Faits et croyances, p.129, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
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| La solitude est bonne aux grands esprits et mauvaise aux petits. La solitude trouble les cerveaux qu’elle n’illumine pas. |
| HUGO Victor – Choses vues, Histoire, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1987, p.889 |
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| La suggestion consiste à faire dans l’esprit des autres une petite incision ou l’on met une idée à soi. |
| HUGO Victor |
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| La tangente a plus de puissance que la sécante. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| La taquinerie est la méchanceté des bons. |
| HUGO Victor – Choses vues |
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| La vie est une phrase interrompue. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| La vieillesse bien comprise est l’âge de l’espérance. |
| HUGO Victor – Philosophie prose |
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| Le bonheur est vide, le malheur est plein. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| Le calembour est la fiente de l’esprit qui vole. |
| HUGO Victor – Les Misérables (I), Œuvres complètes – Roman t.5, Paris, E.Testard 1890 [BnF], Première partie, Livre III, ch.7, Sagesse de Tholomyès p.253 |
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| Le chien, c’est la vertu qui, ne pouvant se faire homme, s’est faite bête. |
| HUGO Victor |
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| Le destin est sévère. Soyons-lui indulgents. Ce qui est noir n’est peut-être qu’obscur. |
| HUGO Victor |
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| Le devoir a une grande ressemblance avec le bonheur d’autrui. |
| HUGO Victor |
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| Le drame noue l’action, la comédie l’embrouille, la tragédie la tranche. |
| HUGO Victor – Ruy Blas (préface), p.240, Livre de Poche n° 2434 |
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| Le livre de pierre, si solide et si durable, allait faire place au livre de papier, plus solide et plus durable encore. L’imprimerie tuera l’architecture |
| HUGO Victor – Notre-Dame de Paris, V, 2, Ceci tuera cela |
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| Le mal est un mulet ; il est opiniâtre et stérile. |
| HUGO Victor – Fragments |
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| Le mariage est une greffe ; cela prend bien ou mal. |
| HUGO Victor – Les Misérables, Première partie, III, 7 |
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| Le parfum de l’aubépine n’est pas inutile aux étoiles. |
| HUGO Victor |
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| Le philosophe n’est autre que le prêtre en liberté. |
| HUGO Victor – Philosophie, Commencement d’un livre |
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| Le prêtre éclipse Dieu. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, p.101, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
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| Le progrès rapetisse la terre et grandit l’homme. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1855-56 p.64 |
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| Le rhumatisme antique appelé royauté. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, V, 3 |
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| Le style sur l’idée, c’est l’émail sur la dent. |
| HUGO Victor – Littérature et philosophie mêlées, Critique, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1985, mars 1834 p.56 |
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| Le suicide n’est pas une lâcheté comme le disent les prêcheurs qui exagèrent. Ce n’est pas non plus un acte de courage. C’est une lutte entre deux craintes. Il y a suicide quand la crainte de la vie l’emporte sur la crainte de la mort. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, 1846-47 |
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| Les brèches que l’athéisme fait à l’infini, ressemblent aux blessures qu’une bombe ferait à la mer. Tout se referme et continue. |
| HUGO Victor – Philosophie, Commencement d’un livre |
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| Les diplomates trahissent tout, excepté leurs émotions. |
| HUGO Victor |
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| Les empires conquérants meurent d’indigestion. |
| HUGO Victor – Choses vues, Histoire, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1987, p.936 |
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| Les femmes regardaient Booz plus qu’un jeune homme, / Car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand. |
| HUGO Victor – La Légende des siècles |
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| Les grands artistes ont du hasard dans leur talent et du talent dans leur hasard. |
| HUGO Victor – Faits et croyances, p.189, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
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| Les hommes comme moi sont impossibles jusqu’à ce qu’ils soient nécessaires. |
| HUGO Victor – Moi, l’amour, la femme, 1870 |
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| Les hommes sont des anges stagiaires. |
| HUGO Victor – Faits et croyances, p.242, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
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| Les maîtres d’école sont des jardiniers en intelligences humaines. |
| HUGO Victor – Faits et croyances, 1840 |
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| Les malheureux sont ingrats ; cela fait partie de leur malheur. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| Les mots justes sont des domestiques. On sonne, et ils viennent. |
| HUGO Victor – Cité par Édouard LOCKROY, Au hasard de la vie, Paris Grasset, p.290 |
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| Les mots sont les passants mystérieux de l’âme. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, 1, 8 |
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| Les plus petits animaux ont les plus grosses vermines, et les plus petits esprits ont les plus gros préjugés. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| Les vieillards croient gémir sur leur temps ; ils se trompent ; ils ne gémissent que sur leur âge. |
| HUGO Victor – Carnets |
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| Les vrais grands écrivains sont ceux dont la pensée occupe tous les recoins de leur style. |
| HUGO Victor – Pierres, 4 mars 1869 ; Faits et croyances, p.183, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
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| L’idée, trempée dans le vers, prend soudain quelque chose de plus incisif et de plus éclatant. C’est le fer qui devient acier. |
| HUGO Victor – Cromwell, Préface |
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| Limiter la pauvreté sans limiter la richesse. |
| HUGO Victor – Les Misérables, Quatrième partie, VII, 4 |
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| L’œil ne voit bien Dieu qu’à travers les larmes. |
| HUGO Victor – Philosophie prose |
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| L’orgueil a cela de bon qu’il préserve de l’envie. |
| HUGO Victor – Moi, l’amour, la femme, 1868 |
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| Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris. |
| HUGO Victor – Les Feuilles d’Automne |
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| Lorsqu’on jette un regard sur la création, une sorte de musique mystérieuse apparaît sous cette géométrie splendide ; la nature est une symphonie ; tout y est cadence et mesure ; et l’on pourrait presque dire que Dieu a fait le monde en vers. |
| HUGO Victor – Faits et croyances |
|
| Madame, sous vos pieds, dans l’ombre, un homme est là / Qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile ; / Qui souffre, ver de terre amoureux d’une étoile ; / Qui pour vous donnera son âme, s’il le faut ; / Et qui se meurt en bas quand vous brillez en haut. |
| HUGO Victor – Ruy Blas, p.298, Livre de Poche n° 2434 |
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| Mêlez toute votre âme à la création ! |
| HUGO Victor – Les Feuilles d’automne, 38, Pan. |
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| Mon père, ce héros au sourire si doux… |
| HUGO Victor – La Légende des siècles, Après la bataille |
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| Mourir n’est pas finir, c’est le matin suprême. |
| HUGO Victor – La Légende des siècles, « Les Grandes Lois » |
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| Mourir, c’est mûrir. |
| HUGO Victor – Philosophie prose |
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| Mûrir, mourir ; c’est presque le même mot. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
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| N’applaudissez pas sur les joues d’autrui. |
| HUGO Victor |
|
| N’imitez rien ni personne. Un lion qui copie un lion devient un singe. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1853 p.75 |
|
| Ne dites pas : mourir. Dites : naître. Croyez. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, VI, 22 |
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| Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. Soyons européens. Ne soyons plus européens, soyons hommes. – Soyons l’humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie. |
| HUGO Victor – Choses vues, Histoire, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1987, p.1313 |
|
| Nous sommes pour la religion contre les religions. |
| HUGO Victor – Les Misérables, Première partie, IV, 8 |
|
| Nous sommes tous les deux voisins du ciel, Madame, / Puisque vous êtes belle, et puisque je suis vieux. |
| HUGO Victor – Toule la lyre, À Mme Judith Gautier |
|
| Nous voulons le progrès en pente douce. |
| HUGO Victor – Les Misérables, Quatrième partie, I, 5 |
|
| Nul n’ira jusqu’au fond du rire d’un enfant. |
| HUGO Victor – Les Petits, in La Légende des siècles, LVII |
|
| Nul ne brave mieux le danger que celui qui le dédaigne ; nul ne le dédaigne mieux que celui qui l’ignore. |
| HUGO Victor – Choses vues, Histoire, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1987, p.992 |
|
| Oh ! l’amour d’une mère ! amour que nul n’oublie ! / Pain merveilleux qu’un dieu partage et multiplie ! |
| HUGO Victor – Les Feuilles d’automne |
|
| Oh ! N’insultez jamais une femme qui tombe ! / Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe ! |
| HUGO Victor – Les Chants du crépuscule, 14 |
|
| On a beau tout rêver, tu dépasses le rêve. / Ton œil promet l’amour, ton cœur donne le ciel. |
| HUGO Victor – La Légende des siècles |
|
| On est stupéfait de la quantité de critique que peut contenir un imbécile. |
| HUGO Victor – Faits et croyances, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1864 p.171 |
|
| On ne se compose pas plus une sagesse en introduisant dans sa pensée les divers résidus de toutes les philosophies humaines, qu’on ne se ferait une santé en avalant tous les fonds de bouteille d’une vieille pharmacie. |
| HUGO Victor – Tas de pierres |
|
| Par le mal qu’ils ont fait les hommes sont vaincus. |
| HUGO Victor – La Fin de Satan |
|
| Par un sentier d’angoisse aux bleus sommets j’irai. |
| HUGO Victor – L’année terrible, juin 1871, 16 |
|
| Pardonnez tout, n’oubliez rien. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1840 p.81 |
|
| Qu’est-ce que l’impossible ? C’est le fœtus du possible. La nature fait la gestation, les génies font l’accouchement. |
| HUGO Victor |
|
| Qu’est-ce que ton baiser ? – Un lèchement de flamme. |
| HUGO Victor – La légende des siècles |
|
| Quand je suis triste, je pense à vous, comme l’hiver on pense au soleil, et quand je suis gai, je pense à vous, comme en plein soleil on pense à l’ombre. |
| HUGO Victor – J. Huas, Juliette Drouet. Le bel amour de Victor Hugo |
|
| Quand on n’est pas intelligible, c’est qu’on n’est pas intelligent. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1840-45 p.92 |
|
| Quant à flatter la foule, ô mon esprit non pas ! / Car le peuple est en haut, mais la foule est en bas. |
| HUGO Victor – L’Année terrible |
|
| Quelques peuples seulement ont une littérature, tous ont une poésie. |
| HUGO Victor – Océan prose, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1838-40 p.3 |
|
| Qui a bu, boira. Qui a lu, lira. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, p.102, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
|
| Qui a été prêtre l’est. |
| HUGO Victor – Quatre-vingt-treize, Deuxième partie, I, 2 |
|
| Qui donne au pauvre prête à Dieu. |
| HUGO Victor – Les Voix intérieures |
|
| Rabelais, c’est la Gaule ; et qui dit la Gaule dit aussi la Grèce, car le sel attique et la bouffonnerie gauloise ont au fond la même saveur… Son éclat de rire énorme est un des gouffres de l’esprit. |
| HUGO Victor |
|
| Rien ne dompte la conscience de l’homme, car la conscience de l’homme c’est la pensée de Dieu. |
| HUGO Victor – Préface à l’édition de 1853 des Chdtiments. |
|
| S’il en demeure dix, je serai le dixième ; / Et s’il n’en reste qu’un, je serais celui-là ! |
| HUGO Victor – Les châtiments, Œuvres complètes t.4 /Paris, Hetzel & Quantin 1882, livre VII poésie xvii – Ultima verba (Jersey, 2 décembre 1852) – p.429 |
|
| Sa barbe était d’argent comme un ruisseau d’avril. |
| HUGO Victor – La légende des siècles |
|
| Sans cesse le progrès, roue au double engrenage, / Fait marcher quelque chose en écrasant quelqu’un. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, VI, 19 |
|
| Satan est mort ; renais, ô Lucifer céleste ! |
| HUGO Victor – La Fin de Satan, Hors de la terre, IV : Satan pardonné |
|
| Seigneur, je reconnais que l’homme est en délire / S’il ose murmurer ; / Je cesse d’accuser, je cesse de maudire, / Mais laissez-moi pleurer ! |
| HUGO Victor – Les Contemplations |
|
| Si l’on n’est plus que mille, eh bien, j’en suis ! Si même / Ils ne sont plus que cent, je brave encore Sylla ; / S’il en demeure dix, je serai le dixième ; / Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là. |
| HUGO Victor – Les Châtiments, Ultima Verba, VII, 16 |
|
| Si vous avez la force, il nous reste le droit. |
| HUGO Victor – Cromwell |
|
| Si vous ne sentez pas que la chose donnée par vous vous manque, vous n’avez rien donné. On ne donne que ce dont on se prive. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1858-60 p.66 |
|
| Souhaiter, c’est rêver ; vouloir, c’est penser. |
| HUGO Victor – Choses vues, Histoire, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1987, p.1155 |
|
| Soyons l’immense oui. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, VI, 6 |
|
| Tout bruit écouté longtemps devient une voix. |
| HUGO Victor – Faits et croyances, p.123, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
|
| Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité. |
| HUGO Victor – Actes et Paroles, « Paris et Rome » |
|
| Tout crépuscule est double, aurore et soir. Cette formidable chrysalide qu’on appelle l’univers tressaille éternellement de sentir à la fois agoniser la chenille et s’éveiller le papillon. |
| HUGO Victor – Philosophie, Commencement d’un livre |
|
| Tout est plein d’âmes. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, VI, 26 |
|
| Tranquille, souriant à la mitraille anglaise, / La garde impériale entra dans la fournaise. |
| HUGO Victor – Les Châtiments, L’Expiation, V, 13 |
|
| Un mariage doit être royal et chimérique. |
| HUGO Victor – Les Misérables, Cinquième partie, V, 6 |
|
| Un poète est un monde enfermé dans un lomme. |
| HUGO Victor – Un poète…, in La Légende des siècles, XLVII |
|
| Un seul instant d’amour rouvre l’Eden fermé. |
| HUGO Victor – La Légende des siècles, XVI, Les Trônes d’Orient, Sultan Mourad |
|
| Une âme est plus grande qu’un monde. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, III, 30 |
|
| Une immense bonté tombait du firmament. |
| HUGO Victor – La Légende des siècles, II, VI, Booz endormi |
|
| Une mauvaise action n’est pas plus tôt faite qu’elle devient une bonne action, et voici comment : elle punit celui qui l’a faite. Elle se retourne contre lui, et le mord. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, Océan, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1989, 1870-75 p.76 |
|
| Vous n’êtes pas jolie, vous êtes pire. |
| HUGO Victor – à une actrice (Marie Dorval) |
|
| Vous qui pleurez, venez à ce Dieu, car il pleure. / Vous qui souffrez, venez à lui, car il guérit. Vous qui tremblez, venez à lui, car il sourit. / Vous qui passez, venez à lui, car il demeure. |
| HUGO Victor – Les Contemplations, II, III, Écrit au bas d’un crucifix |
|
| Vous qui vivez, donnez une pensée aux morts. |
| HUGO Victor – Les Rayons et les Ombres, XXIV |
|
| Vu du dehors, tout système paraît la prison de l’esprit ; vu au dedans, c’est un monde. |
| HUGO Victor – Philosophie prose, p.92, in Océan, Éd.Robert Laffont coll. Bouquins |
|
| Quiconque veut vraiment devenir philosophe devra « une fois dans sa vie » se replier sur soi-même et, au-dedans de soi, tenter de renverser toutes les sciences admises jusqu’ici et tenter de les reconstruire. |
| HUSSERL Edmund – Méditations Cartésiennes, Introduction |
|
| Le monde m’est égal. C’est une cause perdue, dépourvue de sens. Le sens, c’est moi qui le fabrique. |
| HUSTON Nancy – Instruments des ténèbres |
|
| Happiness is never grand. (Le bonheur n’est jamais grandiose). |
| HUXLEY Aldous – Brave New World |
|
| Je défie un ermite de jeûner sans donner un goût exquis à son eau claire et à ses légumes. |
| HUXLEY Aldous |
|
| L’art de trouver de mauvaises raisons à ce que l’on croit en vertu d’autres mauvaises raisons, c’est cela la philosophie. |
| HUXLEY Aldous – Le meilleur des mondes, chap. 17 |
|
| Tous les hommes désirent la paix, mais il y en a peu, en vérité, qui désirent les choses qui conduisent à la paix. |
| HUXLEY Aldous – Les portes de la perception |
|
| Quand j’étudie la manière dont Freud psychanalyse Léonard de Vinci, ce n’est pas Léonard de Vinci que je rencontre, mais Freud lui-même. |
| HUYGHE René |
|
| Le bréviaire est une sorte de géologie ecclésiale. |
| HUYSMANS Joris-Karl – L’Oblat, chap. 13 |
|
| Le démon ne peut rien sur la volonté, très peu sur l’intelligence, et tout sur l’imagination. |
| HUYSMANS Joris-Karl – L’Oblat, chap. 1 |
|
| Les ordres contemplatifs sont les paratonnerres de la société. |
| HUYSMANS Joris-Karl – En route, 1, 3 |
|
| Profitons du temps qui nous reste avant la définitive invasion de la grande muflerie du Nouveau Monde ! |
| HUYSMANS Joris-Karl – A vau-l’eau |
|
| Toute partie d’église, tout objet matériel servant au culte est la traduction d’une vérité théologique. Dans l’architecture scripturale, tout est souvenir, tout est écho et reflet, et tout se tient. |
| HUYSMANS Joris-Karl – En route, Première partie, chap. 6 |
|
| Dans la nature innée des hommes, se trouve le penchant vers la tyrannie et l’oppression mutuelle. |
| IBN KHALDÜN – Prolégomènes |
|
| À deux, nul versant n’est trop raide. |
| IBSEN Henrik – Brand |
|
| Devoir ! Ah, je ne puis souffrir ce vilain mot, cet odieux mot ! Il est si pointu, si aigre, si froid. Devoir, devoir, devoir ! On dirait des coups d’épingles. |
| IBSEN Henrik – Solness le Constructeur |
|
| La vocation est un torrent qu’on ne peut refouler, ni barrer, ni contraindre. Il s’ouvrira toujours un passage vers l’océan. |
| IBSEN Henrik – Brand |
|
| La vocation est un torrent qu’on ne peut refouler, ni barrer, ni contraindre. Il s’ouvrira toujours un passage vers l’océan. |
| IBSEN Henrik – Brand |
|
| Ad majorem Dei gloriam. |
| IGNACE de Loyola – Exercices spirituels, par. 89 |
|
| Dans le monde entier, l’école nuit à l’éducation parce qu’on la considère comme seule capable de s’en charger. |
| ILLICH Ivan – Une société sans école, trad. Gérard Durand, p. 22, Éd. du Seuil, coll. Points n° 117 |
|
| Avoir une idée originale, c’est se souvenir de quelque chose qu’on a entendu quelque part et avoir oublié où. |
| INGE William |
|
| Ce que la lumière est aux yeux, ce que l’air est aux poumons, ce que l’amour est au cœur, la liberté est à l’âme humaine. |
| INGERSOLL R. G. – Progrès |
|
| C’est presque toujours le solitaire qui a raison. |
| IONESCO Eugène – Antidotes |
|
| Ce sont les ennemis de l’Histoire qui, finalement, la font. |
| IONESCO Eugène – Notes et Contre-notes (Gallimard) |
|
| En dehors de l’enfance et de l’oubli, il n’y a que la grâce qui puisse vous consoler d’exister. |
| IONESCO Eugène – Journal en miettes, « Images d’enfance en mille morceaux », Mercure de France |
|
| L’expérience profonde n’a pas de mots. Plus je m’explique, moins je me comprends. Tout n’est pas incommunicable par les mots, bien sûr, mais la vérité vivante l’est. |
| IONESCO Eugène – Journal en miettes, Chocs |
|
| La Raison c’est la folie du plus fort. La raison du moins fort c’est de la folie. |
| IONESCO Eugène – Journal en miettes, Chocs |
|
| La vérité n’a que deux faces, mais son troisième côté vaut mieux ! |
| IONESCO Eugène – Jacques ou la soumission |
|
| Le comique étant l’intuition de l’absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. |
| IONESCO Eugène – Expérience du théâtre, in Notes et Contre-Notes |
|
| L’élève : Les racines des mots sont-elles carrées ? Le professeur : Carrées ou cubiques. C’est selon. |
| IONESCO Eugène – La leçon |
|
| Les paroles seules comptent. Le reste est bavardage. |
| IONESCO Eugène |
|
| Ne pas penser comme les autres, cela veut dire simplement que l’on pense. |
| IONESCO Eugène – Antidotes |
|
| On ne peut prévoir les choses qu’après qu’elles soient arrivées. |
| IONESCO Eugène |
|
| Où il n’y a pas d’humour, il n’y a pas d’humanité ; où il n’y a pas d’humour (cette liberté prise, ce détachement vis-à-vis de soi-même), il y a le camp de concentration |
| IONESCO Eugène – Notes et contre-notes, dans Entretiens |
|
| Oublie que tu existes. Souviens-toi que tu es. |
| IONESCO Eugène – Macbett, p.110, Folio n°694 |
|
| Plus je m’explique, moins je me comprends. |
| IONESCO Eugène – Journal en miettes |
|
| Pourquoi suis-je né si ce n’était pas pour toujours ? |
| IONESCO Eugène – Le Roi se meurt, p.66, Folio n°361 |
|
| Prenez un cercle, caressez-le, il deviendra vicieux ! |
| IONESCO Eugène – la Cantatrice chauve |
|
| Quand je dis oui, c’est une façon de parler. |
| IONESCO Eugène – La cantatrice chauve, p. 72 Folio n°236 |
|
| Toujours, on s’empêtre entre les pattes du prêtre. |
| IONESCO Eugène – La cantatrice chauve, p. 63 Folio n°236 |
|
| Tout vrai créateur est classique. |
| IONESCO Eugène – Notes et Contre-Notes, Gallimard |
|
| Vouloir être de son temps, c’est déjà être dépassé. |
| IONESCO Eugène – Notes et Contre-Notes, Gallimard |
|
| Mon être était semblable à une statue inachevée. L’amour m’a ciselé : je suis devenu un homme. |
| IQBAL Muhammad – Maître |
|
| Étudiez comme si vous deviez vivre toujours ; vivez comme si vous deviez mourir demain. |
| ISIDORE de Séville (Saint) – |
|
| Grimpe en douceur / petit escargot / tu es sur le Fuji ! |
| ISSA Kobayachi – Haiku, trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu, p.104, nrf, Poésie/Gallimard, 2002 |
|
| Tuant une mouche / j’ai blessé / une fleur. |
| ISSA Kobayachi – Haiku, trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu, p.94, nrf, Poésie/Gallimard, 2002 |
|
| Et si nous devions revivre tout ce que nous avons fait du point de vue de ceux à qui nous l’avons fait ? |
| JACCARD Roland – La tentation nihiliste, p.57, Quadrige/PUF,n°126 |
|
| On n’écrit vraiment que sur la planche de son cercueil. |
| JACCARD Roland – La tentation nihiliste, p.64, Quadrige/PUF,n°126 |
|
| Quoique que vous fassiez, vous le regretterez […]. Mais si vous ne le faites pas, vous le regretterez plus encore. |
| JACCARD Roland – Une fille pour l’été, p.17, Éd. Zulma, 2000 |
|
| Seules les promesses non tenues ont un avenir. |
| JACCARD Roland – Une fille pour l’été, p.56, Éd. Zulma, 2000 |
|
| L’homme est l’idée qu’un chien se fait de Dieu. |
| JACKSON Holbrook |
|
| Certaines femmes ne deviennent spirituelles qu’en vieillissant ; on dirait alors qu’elles travaillent à se faire écouter pour empêcher qu’on les regarde |
| JACOB Max |
|
| Écoutez bien le ciel, vous entendrez les anges. / Écoutez-moi penser, vous entendrez mon Dieu. / Docteur, auscultez-moi et convertissez-vous. |
| JACOB Max – La Défense de Tartuffe, Deuxième partie, Ascension |
|
| Le propre du lyrisme est l’inconscience, mais une inconscience surveillée. |
| JACOB Max – Conseils à un leune poète (Gallimard) |
|
| Tout ce qui existe est situé. |
| JACOB Max – Le Cornet à dés, Préface de 1916 |
|
| La drogue est au bonheur ce que la masturbation est à l’amour. |
| JACQUARD Albert – Petite philosophie à l’usage des non-philosophes |
|
| La liberté n’est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices ; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s’imposeront à tous. |
| JACQUARD Albert – Petite philosophie à l’usage des non-philosophes |
|
| La vérité ne se possède pas, elle se cherche. |
| JACQUARD Albert – Petite philosophie à l’usage des non-philosophes |
|
| La vie, ce concept mystérieux, est ramenée à la présence d’ADN. Il n’y a plus de frontière entre matière animée et inanimée. Tout n’est qu’une question de degré de complexité. |
| JACQUARD Albert |
|
| Les religions devraient solennellement proclamer que toute guerre en leur nom constitue véritablement un blasphème. |
| JACQUARD Albert – Petite philosophie à l’usage des non-philosophes |
|
| Manifester son bonheur est un devoir ; être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible. |
| JACQUARD Albert – Petite philosophie à l’usage des non-philosophes |
|
| Nous n’avons pas la liberté de ne pas être libres. |
| JACQUARD Albert – Petite philosophie à l’usage des non-philosophes |
|
| Plus nous sentons le besoin d’agir, plus nous devons nous efforcer à la réflexion. Plus nous sommes tentés par le confort de la méditation, plus nous devons nous lancer dans l’action. |
| JACQUARD Albert – Petite philosophie à l’usage des non-philosophes |
|
| Il n’est pas interdit de paraître plus qu’on est, dès l’instant qu’on a décidé de faire ce qu’il faut pour devenir effectivement ce qu’on paraît être. |
| JAKEZ HELIAS Pierre – Le Cheval d’orgue |
|
| Les traductions sont comme les femmes : quand elles sont belles, elles ne sont pas fidèles ; et quand elles sont fidèles, elles ne sont pas belles. |
| JALOUX Edmond |
|
| L’œuvre d’art a une mission mystique qui est de racheter le réel. |
| JALOUX Edmond – Essences |
|
| Pour un lecteur, aucune journée n’est perdue ; chacune lui apporte une connaissance ou une sympathie de plus. |
| JALOUX Edmond – extrait de ses papiers |
|
| On est orgueilleux quand on a quelque chose à perdre, et humble quand on a quelque chose à gagner. |
| JAMES Henry |
|
| D’abord continuer, ensuite commencer. |
| JAMES William |
|
| Il n’y a pas d’homme plus malheureux que celui chez qui l’indécision est une habitude. |
| JAMES William – Précis de psychologie, chap. X |
|
| L’expérience immédiate de la vie résout les problèmes qui déconcertent le plus l’intelligence pure. |
| JAMES William – La volonté de croire |
|
| Le génie, en définitive, n’est guère plus que la faculté de percevoir sur un mode inhabituel. |
| JAMES William – Précis de psychologie, chap. XX |
|
| L’expérience immédiate de la vie résout les problèmes qui déconcertent le plus l’intelligence pure. |
| JAMES William – La volonté de croire |
|
| Maintenez vivante en vous la faculté de l’effort en la soumettant chaque jour à un petit exercice sans profit. |
| JAMES William – Précis de Psychologie, X, chap. X |
|
| Nous avons le cœur étrangement léger quand, de bonne foi, nous acceptons notre nullité dans un domaine quelconque. |
| JAMES William – Précis de Psychologie, XII |
|
| Et moi, je ne sais pas ce que mes pensées pensent. |
| JAMMES Francis – Le Deuil des primevères |
|
| Il arrive parfois lorsqu’on se met en croix, que les clous vont blesser quelqu’un derrière soi. |
| JAMMES Francis – Géorgiques chrétiennes (Mercure de France). |
|
| Par la mère apprenant que son fils est guéri / Par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid / Par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée / Par le baiser perdu, par l’amour redonné / Et par le mendiant retrouvant sa monnaie / Je vous salue Marie. |
| JAMMES Francis – La prière, Dernier couplet |
|
| C’est en plein tintamarre qu’il faut prêter l’oreille au chuchotement imperceptible de Dieu. |
| JANKÉLÉVITCH Vladimir |
|
| Celui qui a été ne peut plus désormais ne pas avoir été. Désormais ce fait mystérieux et profondément obscur d’avoir été est son viatique pour l’éternité. |
| JANKÉLÉVITCH Vladimir – La Mort |
|
| Comment des années si courtes se fabriquent-elles avec des journées si longues ? |
| JANKÉLÉVITCH Vladimir |
|
| Dieu n’est-il pas le poète suprême en tant qu’il improvise les mondes ? |
| JANKÉLÉVITCH Vladimir – La mort |
|
| Il faut penser tout ce qu’il y a de pensable dans l’impensable. |
| JANKÉLÉVITCH Vladimir |
|
| L’amour, c’est un problème résolu à l’infini. |
| JANKÉLÉVITCH Vladimir – Conférence à Bourges, décembre 1981 |
|
| La philosophie est toute entière préliminaire. À moins que ce ne soient les préliminaires qui soient déjà philosophie. |
| JANKÉLÉVITCH Vladimir |
|
| On ne ment jamais sans le vouloir. De là la gravité du premier mensonge chez un enfant. |
| JANKÉLÉVITCH Vladimir – Philosophie morale, Mille&UnePages Flammarion 1998, Du mensonge, p.217 |
|
| Philosopher, c’est se comporter vis-à-vis de l’univers comme si rien n’allait de soi. |
| JANKÉLÉVITCH Vladimir |
|
| L’arbre généalogique est une bonne chose à condition de ne pas y rester perché. |
| JANSSEN A. E. |
|
| L’oubli est la condition indispensable de la mémoire. |
| JARRY Alfred – La Chandelle verte |
|
| La pataphysique est la science des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité. |
| JARRY Alfred – Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, II, 8 |
|
| Nous ne croyons qu’à l’applaudissement du silence. |
| JARRY Alfred – Douze Arguments sur le théâtre, in Dossiers acénonètes du Collège de Pataphysique, n° 10 |
|
| L’égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions. |
| JAUBERT Ernest |
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| C’est en se jetant dans la mer que le fleuve est fidèle à sa source. |
| JAURÈS Jean |
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| Donner la liberté au monde par la force est une étrange entreprise … En la donnant, on la retire. |
| JAURÈS Jean – L’Armée nouvelle, chap. 4 |
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| On n’enseigne pas ce que l’on veut ; je dirai même que l’on n’enseigne pas ce que l’on sait ou ce que l’on croit savoir : on n’enseigne et on ne peut enseigner que ce que l’on est. |
| JAURÈS Jean – L’Esprit du socialisme, Pour la laïque |
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| Parce que le milliardaire n’a pas récolté sans peine, il s’imagine qu’il a semé. |
| JAURÈS Jean – L’Armée nouvelle, chap. 10 |
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| Métis : enfant de noirs qui ont mangé des blancs. |
| JEAN-CHARLES |
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| Dieu premier servi. |
| JEANNE D’ARC – Sa devise |
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| La pitié qui était au royaume de France. |
| JEANNE D’ARC – Procès de Jeanne d’Arc, 7ème interrogatoire, 15 mars 1431 |
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| Le timide a peur avant le danger, le lâche au milieu du danger, le courageux après le danger. |
| JEAN-PAUL – Pensées de Jean-Paul, Paris, Firmin Didot 1829 [BnF], p.25 |
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| L’erreur est humaine… peut-être… sauf en matière de justice. En matière de justice, l’erreur est inhumaine. |
| JEANSON Henri – Jeanson par Jeanson, Ed. René Chateau 2000, Les Bonnes Causes, p.42 |
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| Retenez bien ce nom, vous n’en entendrez plus jamais parler… |
| JEANSON Henri |
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| Un livre posthume est presque toujours une œuvre que l’on a eu le tort de ne pas enterrer avec son auteur. |
| JEANSON Henri |
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| L’arbre de la liberté devrait, de temps en temps, être arrosé du sang des tyrans, car c’est un engrais naturel. |
| JEFFERSON Thomas – Lettre à William Smith, Paris, 13 novembre 1787 |
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| Pour tout homme, le premier pays et sa patrie, et le second, c’est la France. |
| JEFFERSON Thomas – 3ème prés des USA |
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| Ne rien faire n’est vraiment agréable que si l’on a beaucoup de travail en retard. |
| JÉRÔME Jérôme K., (Jérôme KLAPKA, dit) |
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| L’amour est comme la rougeole ; plus on l’attrape tard, plus le mal est sérieux. |
| JERROLD Douglas |
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| Quand je veux stimuler mon cerveau, j’allume mon ordinateur. Quand je veux le mettre au repos, j’allume mon téléviseur. |
| JOBS Steve – co-fondateur d’Apple |
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| Plus de Dieu l’on dispute, et moins l’on en fait croire. |
| JODELLE Étienne – Contre les ministres de la nouvelle opinion |
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| Les chaînes de l’habitude sont trop peu solides pour être senties, jusqu’à ce qu’elles deviennent trop fortes pour être brisées. |
| JOHNSON Samuel |
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| Remariage : Triomphe de l’espérance sur l’expérience. |
| JOHNSON Samuel |
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| Wenn ich Kultur höre … entsichere ich meinen Browning ! [Quand j’entends le mot « culture » … je sors mon révolver !] |
| JOHST Hanns – Schlageter, Er starb für Deutschland, Berlin 1933, Acte I scène 1 ; ctation préférée d’Hermann Goering. |
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| Agis de façon à ce que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre, et de façon à ce que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie. |
| JONAS Hans |
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| L’expérience est cette chose merveilleuse qui vous permet de reconnaître une erreur quand vous la faites à nouveau. |
| JONES Franklin P. |
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| L’enfer, c’est d’avoir perdu l’espoir. |
| JOSEPH Archibald Cronin – Les Clés du Royaume, IVe partie, 5 |
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| Il y a des livres plus utiles par l’idée qu’on s’en fait que par la connaissance qu’on en prend. |
| JOUBERT – Pensées |
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| Appelons donc hommes de génie ceux qui font vite ce que nous faisons lentement. |
| JOUBERT Joseph – Carnets |
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| Au lieu de se plaindre de ce que la rose a des épines il faut se féliciter de ce que l’épine est surmontée de roses et de ce que le buisson porte des fleurs. |
| JOUBERT Joseph – Carnets t.1, p.183, nrf/Gallimard, 1994 |
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| Ce n’est guère que par le visage qu’on est soi … La personne est proprement dans le visage ; l’espèce seule est dans le reste. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| Ce n’est qu’en cherchant les mots qu’on trouve les pensées. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 28 février 1799, t.1 p.282 |
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| Ce ne serait peut-être pas un conseil peu important à donner aux écrivains que celui-ci : N’écrivez jamais rien qui ne vous fasse un grand plaisir. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 4 juillet 1823, t.2 p.607 |
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| Ce sont toujours nos impuissances qui nous irritent. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 20 février 1807, t.2 p.179 |
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| Chacun ne peut voir qu’à sa lampe ; mais il peut marcher ou agir à la lumière d’autrui. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 2 |
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| Chercher la sagesse plutôt que la vérité. Elle est plus à notre portée. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 1 |
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| Combien de gens ne sont abstraits que pour paraître profonds. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| Conservons un peu d’ignorance, pour conserver un peu de modestie et de déférence à autrui. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 15 juillet 1810 t.2 p.315 |
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| En politique, il faut toujours laisser un os à ronger aux frondeurs. |
| JOUBERT Joseph – Carnets |
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| Enseigner, c’est apprendre deux fois. |
| JOUBERT Joseph – Carnets t.1, p.143, nrf/Gallimard, 1994 |
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| Ferme les yeux et tu verras. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| Il entre inévitablement dans la composition de tout bonheur parfait l’idée de l’avoir mérité. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 24 février 1803 t.1 p.517 |
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| Il faut dire ce qu’on pense pour être content de soi et de ce qu’on dit. Mais pour être éloquent, fécond, varié, abondant, et en un mot un orateur, il suffit et peut-être il est nécessaire de n’avoir à dire que ce qu’on pense à demi, vaguement, depuis peu et à l’instant même où l’on parle. |
| JOUBERT Joseph – Carnets t.1, p.278, nrf/Gallimard, 1994 |
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| Il faut mourir aimable (si on le peut). |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| Il faut pour être un grand écrivain une perspicacité d’esprit, une finesse de tact plus grande que pour être un grand philosophe. |
| JOUBERT Joseph – Carnets t.1, p.89, nrf/Gallimard, 1994 |
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| Il faut qu’il y ait plusieurs voix ensemble dans une voix pour qu’elle soit belle. Et plusieurs significations dans un mot pour qu’il soit beau. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| Il faut, quand on agit, se conformer aux règles, et quand on juge avoir égard aux exceptions. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 6 mai 1799 t.1 p.295 |
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| Il n’a fallu qu’un grain de matière pour créer le monde. Mais il fallait un monde entier pour créer une âme. |
| JOUBERT Joseph – Carnets t.1, p.344, nrf/Gallimard, 1994 |
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| Il n’y a de bon dans l’homme que ses jeunes sentiments et ses vieilles pensées. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| Il n’a fallu qu’un grain de matière pour créer le monde. Mais il fallait un monde entier pour créer une âme. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 1 |
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| Il ne faut choisir pour épouse que la femme qu’on choisirait pour amie, si elle était homme. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| L’âme du diamant est la lumière. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| L’art est de cacher l’art. |
| JOUBERT Joseph – Correspondance, à Mme de Beaumont, 12 sept 1801 |
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| L’erreur agite, la vérité repose. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 11 janvier 1808 t.2 p.239 |
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| L’espace est la stature de Dieu. |
| JOUBERT Joseph – Carnets |
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| L’espérance est un emprunt fait au bonheur. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| L’esprit éminemment faux est celui qui ne sent jamais qu’il s’égare. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 11 octobre 1815 t.2 p.517 |
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| L’haleine de l’esprit, c’est l’attention. |
| JOUBERT Joseph – Carnets |
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| L’indifférence donne un faux air de supériorité. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 2 juillet 1812 t.2 p.357 |
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| La justice est le droit du plus faible. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| La logique a aussi ses illusions, mais elles sont plus fermes. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 20 juillet 1805 t.2 p.58 |
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| La lumière : un feu qui ne brûle pas. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 1 |
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| La musique a sept lettres, l’écriture a vingt-six notes. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| La peur nourrit l’imagination. |
| JOUBERT Joseph – Carnets t.1, p.482, nrf/Gallimard, 1994 |
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| La terre est un point dans l’espace, et l’espace est un point dans l’esprit. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| La transparence, le diaphane, le peu de pâte, le magique ; l’imitation du divin qui a fait toute chose avec peu et, pour ainsi dire, avec rien : voilà un des caractères essentiels de la poésie. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| La volonté est une main avec laquelle on plie au dedans de soi tout ce qu’on veut. |
| JOUBERT Joseph – Carnets t.1, p.326, nrf/Gallimard, 1994 |
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| Le papier est patient, mais le lecteur ne l’est pas. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 2, 25 mai 1808 |
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| Le pédantisme consiste à parler aux autres de ce qu’on sait et de ce qu’ils ne savent pas, pour leur imposer par là et en faire parade. |
| JOUBERT Joseph – Carnets t.1, p.316, nrf/Gallimard, 1994 |
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| Le seul moyen d’avoir des amis, c’est de tout jeter par les fenêtres, de n’enfermer rien et de ne jamais savoir où l’on couchera le soir. Il y a, me direz-vous, peu de gens assez fous pour prendre ce parti. Eh qu’ils ne se plaignent donc pas s’ils n’ont pas d’amis, ils n’en veulent pas. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, t.1 p.75 |
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| Le soir de la vie apporte avec soi sa lampe. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| L’erreur agite, la vérité repose. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 2, 11 janvier 1808 |
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| Les êtres viennent de peu, et il s’en faut de peu qu’ils ne viennent de rien. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| Les Français sont des jeunes gens toute leur vie. |
| JOUBERT Joseph |
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| Les idées claires servent à parler ; mais c’est presque toujours pour quelque idée confuse que nous agissons. C’est elles qui mènent la vie. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 1 |
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| Les théories ont causé plus d’expériences que les expériences n’ont causé de théories. On voit par là de quelle utilité est au progrès des arts ce qui est purement rationnel dans chaque science. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 4 avril 1800 t.1 p.349 |
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| L’espace est la stature de Dieu. |
| JOUBERT Joseph – Carnets |
|
| L’espérance est un emprunt fait au bonheur. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| L’indifférence donne un faux air de supériorité. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 2, 2 juillet 1812 |
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| N’écris pas, si tu n’excelles et, pour exceller, écris peu. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 1 |
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| On apprend plus à être roi dans une page du Prince que dans les quatre volumes de l’Esprit des Lois. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 3 mai 1805 t.2 p.51 |
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| On peut à force de confiance mettre quelqu’un dans l’impossibilité de nous tromper. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, t.I p.64 |
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| Peut-être on ne parle jamais si bien que lorsqu’on ne sait pas parfaitement ce qu’on va dire. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 1 |
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| Pour bien écrire, il faut une facilité naturelle et une difficulté acquise. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
|
| Quand mes amis sont borgnes, je les regarde de profil. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 2, 19 mai 1805 |
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| Quand on a trop craint ce qui arrive, on finit par éprouver quelque soulagement lorsque cela est arrivé. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| Qui ne sait pas se taire n’obtient point d’ascendant. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, nrf Gallimard 1938-1994, 14 mai 1799 t.1 p.297 |
|
| Si la prière ne change pas notre destin, elle change nos sentiments, utilité qui n’est pas moindre. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 1, 26 novembre 1800 |
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| Si vous voulez donner aux hommes une vertu, donnez-leur d’abord une passion… |
| JOUBERT Joseph – Carnets t.1, p.227, nrf/Gallimard, 1994 |
|
| Si vous voulez donner de l’homme et du monde une idée exacte et claire, rendez-les transparents, mais ne les disséquez pas. |
| JOUBERT Joseph – Carnets t.1, p.336, nrf/Gallimard, 1994 |
|
| Souviens-toi de cuver ton encre. |
| JOUBERT Joseph – Carnets, 22 août 1797, t.1, p.226, nrf/Gallimard, 1994 |
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| Tout ce qui est beau est indéterminé. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 1 |
|
| Tout ce qui est exact est court. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 1 |
|
| Tout ce qu’on peut mesurer paraît petit. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 2 |
|
| Tout ouvrage de génie, épique ou didactique, est trop long, s’il ne peut pas être lu dans un jour. |
| JOUBERT Joseph – Carnets t.1, p.110, nrf/Gallimard, 1994 |
|
| Tout talent a pour cause, pour principe, pour substance et pour essence la capacité d’être plus ou moins attentif. |
| JOUBERT Joseph – Carnets tome 1 |
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| Un roi sans religion paraît toujours un tyran. |
| JOUBERT Joseph – Pensées |
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| De deux choses l’une : ou souffrir pour se développer, ou ne pas se développer, pour ne pas souffrir. Voilà l’alternative de la vie, voilà le dilemme de la condition humaine. |
| JOUFFROY Théodore – Cours d’esthétique, huitième leçon |
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| Il n’y a que l’invisible qui nous émeuve. |
| JOUFFROY Théodore – Cours d’esthétique, vingt-huitième leçon |
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| L’idée fondamentale du sublime, c’est la lutte, c’est l’idée de la force libre et intelligente luttant contre les obstacles qui gênent son développement. |
| JOUFFROY Théodore – Cours d’esthétique, quarantième leçon |
|
| Si la poésie comprenait, elle deviendrait la philosophie et disparaîtrait. |
| JOUFFROY Théodore – Mélanges philosophiques, philosophie de l’histoire, II |
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| Aimer, c’est n’avoir plus droit au soleil de tout le monde. On a le sien. |
| JOUHANDEAU Marcel – Algèbre des valeurs morales |
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| Aimer, la meilleure préparation à la mort. |
| JOUHANDEAU Marcel |
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| Bien connaître quelqu’un, c’est l’avoir tour à tour aimé et haï. |
| JOUHANDEAU Marcel – Défense de l’Enfer. Érotologie |
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| C’est parce qu’on imagine simultanément tous les pas qu’on devra faire qu’on se décourage, alors qu’il s’agit de les aligner un à un. |
| JOUHANDEAU Marcel – De la grandeur (Grasset) |
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| C’est quand on a tout donné, quand on ne tient plus à rien qu’on possède tout. |
| JOUHANDEAU Marcel – Réflexions sur la vieillesse sur la mort, Grasset |
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| Comme rien n’est plus précieux que le temps, il n’y a pas de plus grande générosité qu’à le perdre sans compter. |
| JOUHANDEAU Marcel – Journaliers |
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| Du moment que le bonheur, c’est de vivre, on doit le trouver aussi bien dans la douleur que dans le plaisir ; et parfois jusque dans l’ennui. |
| JOUHANDEAU Marcel – Réflexions sur la vie et le bonheur |
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| Éternellement, si à Dieu je me refuse et si Dieu m’aime, ce n’est plus Dieu qui me condamne et me damne et me torture, mais moi Dieu ; c’est Dieu qui est en enfer. |
| JOUHANDEAU Marcel – Essai sur moi-même, III |
|
| Il me semble que rien n’est plus urgent et essentiel que de rester dans sa ligne. Un chef-d’œuvre qui vous en ferait sortir est tout près de ressembler à une faute. |
| JOUHANDEAU Marcel – Carnets de l’écrivain, Deuxième carnet, IX |
|
| Il y a un Arbre, le même en toi et en moi. |
| JOUHANDEAU Marcel – Algèbre des valeurs morales, 2e livre, VII |
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| La cruauté n’est peut-être qu’une impossibilité absolue d’éprouver de la pitié et une tentative désespérée pour l’amour à naître, en se faisant soi-même bourreau et le spectateur d’une douleur que l’on crée. |
| JOUHANDEAU Marcel – Éléments pour une éthique, chap. 14 |
|
| La douceur envers soi est la source de toute politesse. |
| JOUHANDEAU Marcel – Réflexions sur la vieillesse et la mort, 2 |
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| La modestie n’est qu’une sorte de pudeur de l’orgueil. |
| JOUHANDEAU Marcel – De la Grandeur, Deuxième partie, Grasset |
|
| La sainteté n’est peut-être que le comble de la politesse. |
| JOUHANDEAU Marcel – De l’Abjection, C, Sixième partie |
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| Le bonheur, c’est tout de suite ou jamais |
| JOUHANDEAU Marcel – Éléments pour une éthique (Grasset) |
|
| Le cœur a ses prisons que l’intelligence n’ouvre pas. |
| JOUHANDEAU Marcel – De la Grandeur, Première partie , Grasset |
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| Le génie a des nonchalances, mais une prestesse de grand fauve. Le génie est une paresse attentive. On guette sans cesse et l’on trouve une fois par surprise. |
| JOUHANDEAU Marcel – Essai sur moi-même, Gallimard |
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| Le sacrilège, la seule manière que les impies ont encore d’être dévots. |
| JOUHANDEAU Marcel – Algèbre des valeurs morales |
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| Le vrai blason de chacun, c’est son visage. |
| JOUHANDEAU Marcel – De l’Abjection, C, Sixième partie |
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| On perd en soi toute la place que l’on tient en ce monde. |
| JOUHANDEAU Marcel – De la Grandeur, Deuxième partie |
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| Pas de plus ample chant que le chant qui finit. Pas de plus douce main que la main qui s’enfuit. |
| JOUHANDEAU Marcel – Commentaires |
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| R. me demande ce que j’ai contre lui. Je ne peux lui pardonner les confidences que je lui ai faites. |
| JOUHANDEAU Marcel – Algèbre des valeurs morales |
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| Rien ne s’accomplira sinon dans une absence. |
| JOUHANDEAU Marcel – Matière céleste |
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| Savoir aimer, c’est ne pas aimer. Aimer, c’est ne pas savoir. |
| JOUHANDEAU Marcel – Algèbre des valeurs morales, 2e livre, VII |
|
| Un athée est un homme châtré du côté de l’âme. |
| JOUHANDEAU Marcel – Monsieur Godeau intime (Gallimard) |
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| Un jour vient où vous manque une seule chose, et ce n’est pas l’objet de votre désir : c’est le désir. |
| JOUHANDEAU Marcel – Réflexions sur la vieillesse et la mort (Grasset). |
|
| Vivre, c’est naître sans cesse. La mort n’est qu’une ultime naissance, le linceul, notre dernier lange. |
| JOUHANDEAU Marcel – Réflexion sur la vieillesse et la mort |
|
| Les crachats sur l’asphalte m’ont toujours fait penser / À la face imprimée au voile des saintes femmes. |
| JOUVE Pierre Jean – Sueur de sang, Crachats |
|
| Pas de plus ample chant que le chant qui finit. Pas de plus douce main que la main qui s’enfuit. |
| JOUVE Pierre Jean – Diadème (Mercure de France) |
|
| Une vocation est un miracle qu’il faut faire avec soi-même. |
| JOUVET Louis – Ecoute mon ami |
|
| L’histoire est un cauchemar dont je cherche à m’éveiller. |
| JOYCE James – Ulysse (1922) (Stephen) |
|
| Le rire, c’est comme les essuie-glaces : ça n’arrête pas la pluie, mais ça permet d’avancer. |
| JUGNOT Gérard |
|
| Tu as vaincu, Galiléen ! |
| JULIEN L’APOSTAT – Tué d’un javelot perse au cours de la campagne de Mésopotamie (363) |
|
| Dieu est le symbole des symboles. |
| JUNG Carl Gustav |
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| Je chéris l’espoir que la vie ait un sens. |
| JUNG CARL Gustav |
|
| Je suis schizophrène, et moi aussi. |
| JUNG Carl Gustav |
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| À défaut de génie, c’est l’indignation qui fait les vers. |
| JUVÉNAL – Satires, I, 79 |
|
| Consacrer sa vie à la vérité. |
| JUVÉNAL – Satires, IV, 91 |
|
| Du pain et des jeux ! (Panem et circenses) |
| JUVÉNAL – Satires, X, 71 |
|
| Mais les gardiens, eux, qui les gardera ? |
| JUVÉNAL – Satires, VI, 347 |
|
| Que ferais-je à Rome ? Je ne sais pas mentir. |
| JUVÉNAL – Satires, III, 41 |
|
| Sacrifier sa vie à la vérité (Vitam impendere vero). |
| JUVÉNAL – Satires, IV, 91 |
|
| Une âme saine dans un corps sain (Mens sana in corpore sano). |
| JUVÉNAL – Satires, X, 356 |
|
| Les nuages nagent comme des enveloppes géantes, comme des lettres que s’enverraient les saisons. |
| KADARÉ Ismaïl – Poème d’automne |
|
| Il y a un but, mais pas de chemin ; ce que nous nommons chemin est hésitation. |
| KAFKA Franz – Préparatifs de Noce à la Campagne |
|
| L’oisiveté est le début de tous les vices, le couronnement de toutes les vertus. |
| KAFKA Franz – Journal intime, Méditations |
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| Tout ce qui n’est pas littérature m’ennuie. |
| KAFKA Franz – Journal, 21 août 1913 |
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| Ceux qui sont incapables de sentir en eux-mêmes la petitesse des grandes choses sont mal préparés à discerner la grandeur des petites choses chez les autres. |
| KAKUZO Okakura – Le Livre du Thé |
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| L’art aujourd’hui est notre propre reflet. Le condamner, c’est nous condamner nous-mêmes. |
| KAKUZO Okakura – Le Livre du Thé |
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| Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature. |
| KANT Emmanuel – Fondements de la métaphysique des mœurs, 2ème section |
|
| Agis de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. |
| KANT Emmanuel – Fondements de la métaphysique des mœurs, 2ème section |
|
| De tout ce qu’il est possible de concevoir dans le monde, et même en général hors du monde, il n’est rien qui puisse sans restriction être tenu pour bon, si ce n’est seulement une bonne volonté. |
| KANT Emmanuel – Fondements de la métaphysique des mœurs, début |
|
| Deux choses remplissent l’esprit d’admiration et de crainte : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi. |
KANT Emmanuel – Critique de la raison pratique |
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| Est beau ce qui plaît universellement et sans concept. |
| KANT Emmanuel – Critique de la faculté de juger (1790) |
|
| La morale n’est pas la doctrine qui nous enseigne comment nous devons nous rendre heureux, mais comment nous devons nous rendre dignes du bonheur. |
| KANT Emmanuel – Critique de la raison pratique, Première partie, Livre deuxième, Chapitre II, V |
|
| La nature agit, l’homme fait. |
| KANT Emmanuel |
|
| La raison pure est pratique par elle seule et donne à l’homme une loi universelle que nous nommons la loi morale. |
| KANT Emmanuel – Critique de la raison pratique, livre I, chap. 1, introduction ; Fondements de la métaphysique des mœurs |
|
| Le beau est le symbole du bien moral. |
| KANT Emmanuel – La critique du jugement, 1ère partie, livre II, section II, par. 59 |
|
| Le devoir est la nécessité d’accomplir une action par respect pour la loi. |
| KANT Emmanuel – Fondements de la métaphysique des mœurs, 1ère section |
|
| Le goût est la faculté de juger un objet ou un mode de représentation par la satisfaction ou le déplaisir d’une façon toute désintéressée. On appelle beau l’objet de cette satisfaction. |
| KANT Emmanuel – La critique du jugement, section I, livre l, par. 5 |
|
| Notre siècle est le siècle propre de la critique, à laquelle tout doit se soumettre … avec le respect sincère que la raison accorde seulement à ce qui a pu soutenir son libre et public examen. |
| KANT Emmanuel – Critique de la raison pure, Préface de la 1ère édition. |
|
| Nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes. |
| KANT Emmanuel – Critique de la raison pure, Préface de la seconde édition |
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| Personne ne peut me contraindre à être heureuse à sa manière. |
| KANT Emmanuel – Sur le lieu commun |
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| Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que m’est-il permis d’espérer ? |
| KANT Emmanuel – Critique de la Raison pure |
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| Ressort de la vie humaine : cette insociable sociabilité qui pousse les individus à entrer en concurrence, qui les empêche de s’endormir dans le calme d’une existence bornée. |
| KANT Emmanuel |
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| Une volonté libre et une volonté soumise à des lois morales sont une seule et même chose. |
| KANT Emmanuel – Fondements de la métaphysique des mœurs, 3ème section |
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| Des malheurs évités le bonheur se compose ! |
| KARR Alphonse – Les Guêpes (troisième série), Calmann Lévy 1888, Janvier 1842, p.188 |
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| En amour, quand deux yeux se rencontrent, ils se tutoient. |
| KARR Alphonse |
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| L’opposé de la débauche, ce n’est pas la pruderie, ce n’est pas l’austérité, ce n’est pas l’abstinence : c’est l’amour. |
| KARR Alphonse – Encore les femmes, M. Lévy frères 1858, p.60 |
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| La botanique est l’art de dessécher les plantes entre des feuilles de papier buvard et de les injurier en grec et en latin. |
| KARR Alphonse |
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| La première moitié de la vie se passe à désirer la seconde. La seconde à regretter la première. |
| KARR Alphonse |
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| La propriété est un piège : ce que nous croyons posséder nous possède. |
| KARR Alphonse |
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| La Providence qui est le nom chrétien, le nom de baptême, du hasard. |
| KARR Alphonse – Les Guêpes, décembre 1840 |
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| Le dédain est un masque qu’on met sur la tristesse. |
| KARR Alphonse – Encore les femmes, M. Lévy frères 1858, p.101 |
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| Le malheur veille et cherche ; cachez votre bonheur, soyez heureux tout bas. |
| KARR Alphonse – Les Guêpes (quatrième série), Calmann Lévy 1885, Juillet 1842, p.53 |
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| Le nombre des écrivains est déjà innombrable et ira toujours croissant, parce que c’est le seul métier, avec l’art de gouverner, qu’on ose faire sans l’avoir appris. |
| KARR Alphonse |
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| Le roman est l’histoire éternelle du cœur humain. L’histoire vous parle des autres, le roman vous parle de vous. |
| KARR Alphonse |
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| Les injures sont bien humiliantes pour celui qui les dit, quand elles ne réussissent pas à humilier celui qui les reçoit. |
| KARR Alphonse – Les Guêpes (deuxième série), Calmann Lévy 1898, Septembre 1840, p.46 |
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| On lit dans un journal : « On a trouvé dans la rivière le corps d’un soldat coupé en morceaux et cousu dans un sac… ce qui exclut toute idée de suicide. » |
| KARR Alphonse |
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| Plus ça change, plus c’est la même chose. |
| KARR Alphonse |
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| Si l’on veut abolir la peine de mort, en ce cas, que Messieurs les assassins commencent. |
| KARR Alphonse – Les Guêpes |
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| Tout le monde veut avoir un ami. Personne ne s’occupe d’en être un. |
| KARR Alphonse – Les Guêpes |
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| Trois jocrissades que je ne suis pas honteux d’avoir trouvées : – N’ayez pas de voisins, si vous voulez vivre en paix avec eux. – J’aime mieux ne pas avoir de meubles et qu’ils soient à moi. – En politique, plus ça change, plus c’est la même chose. |
| KARR Alphonse – En fumant |
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| Vous vous plaignez de voir les rosiers épineux. Moi, je rends grâce aux dieux que les épines aient des roses. |
| KARR Alphonse |
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| Que Dieu vous protège parce que moi j’ai pas le temps. |
| KAVANAGH Anthony |
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| Le vrai politique, c’est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions. |
| KENNEDY John Fitzgerald |
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| Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays. |
| KENNEDY John Fitzgerald – Extrait du discours d’investiture – 20 Janvier 1961 |
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| J’avais mesuré les cieux, maintenant je mesure les ombres de la terre ; mon esprit venait du ciel, ici gît l’ombre de mon corps. |
| KEPLER Jean – Épitaphe destinée à être gravée sur sa tombe. |
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| L’abbé Mugnier, un des rares Français que j’ai connus qui incarnent encore l’esprit le plus délié du XVIIIe siècle, se vit un jour demander par une dévote dont la vie, je le crains, n’avait pas été sans reproche, s’il était sûr qu’existât une chose telle que l’enfer : « Ma chère enfant, répondit-il, évidemment il y a un enfer puisque la très sainte Église l’enseigne ; mais la miséricorde de Dieu étant infinie, je suis à peu près sûr qu’il n’y a personne dedans ». |
| KEYSERLING Hermann von – Psychanalyse de l’Amérique, IIe partie, 2 |
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| La philosophie est moins une science qu’un art. Or l’art est l’expression la plus haute, la plus vivante de la vie. |
| KEYSERLING Hermann von – Sur l’art de la vie, I |
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| La nuit n’est peut-être que la paupière du jour. |
| KHAYYAM Omar |
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| Il arriva que le feu prit dans les coulisses d’un théâtre. Le bouffon vint en avertir le public. On pensa qu’il faisait de l’esprit et on applaudit ; il insista ; on rit de plus belle. C’est ainsi, je pense, que périra le monde . |
| KIERKEGAARD Søren Aabye – Ou bien… Ou bien… (1843), Tel 85 Gallimard 1943, Diapsalmata, p.27 |
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| Je suis si peu compris qu’on ne comprend même pas mes plaintes de ne pas l’être. |
| KIERKEGAARD Søren Aabye – Journal |
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| L’idée que Dieu est amour, dans le sens qu’il est toujours le même, est si abstraite qu’au fond elle équivaut au scepticisme. |
| KIERKEGAARD Søren Aabye – Journal |
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| La haine est l’amour qui a sombré. |
| KIERKEGAARD Søren Aabye – Ou bien, ou bien… |
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| L’angoisse en soi n’est pas belle, elle ne l’est qu’à l’instant où l’on s’aperçoit de l’énergie qui la surmonte. |
| KIERKEGAARD Søren Aabye – Le Journal du séducteur |
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| Le bonheur n’est que lorsqu’il fut… Il faut qu’il soit passé pour qu’on ait le droit de dire qu’il a existé. |
| KIERKEGAARD Søren Aabye – Ou bien, ou bien… |
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| Plus on pense de façon objective, moins on existe. |
| KIERKEGAARD Søren Aabye |
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| Qu’aime l’amour ? L’infinité. Que craint l’amour ? Des bornes. |
| KIERKEGAARD Søren Aabye – Le journal du séducteur |
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| Très tôt dans ma jeunesse, je ne pouvais comprendre comment on s’y prenait pour écrire un livre, ce que je saisis très bien à présent ; par contre, je ne conçois pas maintenant qu’on puisse en avoir envie. |
| KIERKEGAARD Søren Aabye – Journal |
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| Une condition capitale pour toute jouissance, c’est de se limiter. |
| KIERKEGAARD Søren Aabye – Le Journal du séducteur |
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| La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l’homme qui la manie. C’est une épée qui guérit. |
| KING Martin Luther |
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| Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. |
| KING Martin Luther – Sermon du 31 mars 1968 à la National Cathedral (Episcopal), Washington |
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| Ne perds pas l’occasion de voir quelque chose de beau. La beauté, c’est la signature de Dieu. |
| Kingsley Charles |
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| Dès que tu vois que tu sais faire une chose, mets-toi à quelque chose que tu ne sais pas faire. |
| KIPLING Rudyard – Souvenirs, chap. VII |
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| La première victime d’une guerre, c’est la vérité. |
| KIPLING Rudyard |
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| Nul athée, autant que je sache, n’a réfuté de façon probante l’existence du diable. |
| KLEIST Heinrich von – La Cruche cassée |
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| Selon ce que je connais de l’histoire, je vois que l’humanité ne saurait se passer de boucs émissaires. Je crois qu’ils ont été de tout temps une institution indispensable. |
| KOESTLER Arthur – Le Zéro et l’Infini, III, 4 |
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| Ce n’est que d’une métaphysique nouvelle que la nouvelle physique peut sortir. |
| KOYRÉ Alexandre – Études galiléennes, Galilée et la loi d’inertie |
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| L’aphorisme ne coïncide jamais avec la vérité : il est soit une demi-vérité, soit une vérité et demie. |
| KRAUS Karl – Aphorismes |
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| La langue est la mère, non la fille, de la pensée. |
| KRAUS Karl – Aphorismes |
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| Le moraliste doit toujours faire comme s’il venait au monde pour la première fois ; l’artiste, comme si c’était une fois pour toutes. |
| KRAUS Karl – Aphorismes |
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| Un aphorisme n’a pas besoin d’être vrai, mais il doit survoler la vérité. Il doit la dépasser d’un trait. |
| KRAUS Karl – Aphorismes |
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| « Je pense, donc je suis » est un propos d’intellectuel qui sous-estime les maux de dents. |
| KUNDERA Milan – L’immortalité |
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| Avant de disparaître totalement du monde, la beauté existera encore quelques instants, mais par erreur. La beauté par erreur, c’est le dernier stade de l’histoire de la beauté. |
| KUNDERA Milan – L’insoutenable légèreté de l’être |
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| Celui qui regarde vers le haut ne peut jamais avoir le vertige. |
| KUNDERA Milan – Jacques et son maître |
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| Comme on est sans défense devant la flatterie ! |
| KUNDERA Milan – L’insoutenable légèreté de l’être |
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| La source de la peur est dans l’avenir, et qui est libéré de l’avenir n’a rien à craindre. |
| KUNDERA Milan – La lenteur |
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| La vitesse est la forme d’extase dont la révolution technique a fait cadeau à l’homme. |
| KUNDERA Milan – La lenteur |
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| La vocation de la poésie n’est pas de nous éblouir par une idée surprenante, mais de faire qu’un instant de l’être devienne inoubliable et digne d’une insoutenable nostalgie. |
| KUNDERA Milan – L’immortalité |
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| L’humour ne peut exister que là où les gens discernent encore la frontière entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Aujourd’hui, cette frontière est indiscernable. |
| KUNDERA Milan – L’immortalité |
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| Nous croyons tous qu’il est impensable que l’amour de notre vie puisse être quelque chose de léger, quelque chose qui ne pèse rien. |
| KUNDERA Milan – L’insoutenable légèreté de l’être |
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| Qui cherche l’infini n’a qu’à fermer les yeux ! |
| KUNDERA Milan – L’insoutenable légèreté de l’être |
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| Rien ne me répugne comme lorsque les gens fraternisent parce que chacun voit dans l’autre sa propre bassesse. |
| KUNDERA Milan – La Plaisanterie (1981) |
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| Seule une très grande intelligence est capable d’insuffler un sens logique aux idées insensées. |
| KUNDERA Milan – L’identité |
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| Si tout homme avait la possibilité d’assassiner clandestinement et à distance, l’humanité disparaîtrait en quelques minutes. |
| KUNDERA Milan – La valse aux adieux |
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| Je ne sais si c’est un goût particulier ; mais on ne me paraît jamais grand, quand on me fait sentir que je suis petit. |
| LA BEAUMELLE Laurent Angliviel de – Mes pensées ou Le qu’en dira-t-on (1752), Droz 1997, LXXVIII p.60 |
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| Je ne vois partout que des gens qui font le bien et qui le font mal. |
| LA BEAUMELLE Laurent Angliviel de – Mes pensées ou Le qu’en dira-t-on (1752) |
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| Machiavel vivra toujours ; on le détestera tout haut ; on le suivra tout bas. |
| LA BEAUMELLE Laurent Angliviel de – Mes pensées ou Le qu’en dira-t-on (1752), Droz 1997, CVIII p.76 |
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| Qu’un ministre veille sur ses paroles. Il lui vaut mieux faire vingt sottises qu’en dire une. |
| LA BEAUMELLE Laurent Angliviel de – Mes pensées ou Le qu’en dira-t-on (1752), CCCLIX |
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| La première raison de la servitude, c’est la coutume. |
| LA BOÉTIE Étienne de – De la servitude volontaire |
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| Soyez résolus de ne servir plus, et vous serez libres. |
| LA BOÉTIE Étienne de – Discours de la servitude volontaire |
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| À force de faire de nouveaux contrats, ou de sentir son argent grossir dans ses coffres, on se croit enfin une bonne tête, et presque capable de gouverner. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des biens de fortune, 37 |
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| C’est abréger et s’épargner mille discussions que de penser de certaines gens qu’ils sont incapables de parler juste, et de condamner ce qu’ils disent, ce qu’ils ont dit, ce qu’ils diront. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
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| C’est ignorer le goût du peuple que de ne pas hasarder quelquefois de grandes fadaises. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des ouvrages de l’esprit, 46 |
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| C’est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique. Celui qui ne sait rien croit enseigner aux autres ce qu’il vient d’apprendre lui-même ; celui qui sait beaucoup pense à peine que ce qu’il dit puisse être ignoré, et parle plus indifféremment. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères (1696), De la société et de la conversation, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, p.173 V (76) |
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| C’est un métier que de faire un livre, comme de faire une pendule : il faut plus que de l’esprit pour être auteur. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des ouvrages de l’esprit, 3 |
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| Ceux qui emploient mal leur temps sont les premiers à se plaindre de sa brièveté. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
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| Ceux qui, sans nous connaître assez, pensent mal de nous, ne nous font pas de tort : ce n’est pas nous qu’ils attaquent, c’est le fantôme de leur imagination. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
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| Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. On ne rencontre pas toujours Il est vrai néanmoins qu’il existe. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
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| Il arrive quelquefois qu’une femme cache à un homme toute la passion qu’elle sent pour lui, pendant que de son coté il feint pour elle toute celle qu’il ne sent pas. |
| LA BRUYÈRE Jean de |
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| Il est souvent plus utile de quitter les grands que de s’en plaindre. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des grands, 9 |
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| Il faut rire avant d’être heureux, de peur de mourir sans avoir ri. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
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| Il faut savoir aujourd’hui très peu de chose pour bien prêcher. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De la Chaire, 6 |
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| Il n’y a au monde que deux manières de s’élever, ou par sa propre industrie, ou par l’imbécillité des autres. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Des biens de fortune, 52, in Les Caractères, VI |
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| Il n’y a guère au monde un plus bel excès que celui de la reconnaissance. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Du cœur, 80, in Les Caractères, IV |
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| Il n’y a pour l’homme que trois événements : naître, vivre et mourir. Il ne se sent pas naître, il souffre à mourir, et il oublie de vivre. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, p.307 XII (48) |
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| Il n’y a rien de si délié, de si simple et de si imperceptible, où il n’entre des manières qui nous décèlent. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Du mérite personnel, 37 |
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| Il n’y a rien qui rafraîchisse le sang comme d’avoir su éviter de faire une sottise. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De l’homme, 48 |
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| Il semble qu’il entre dans les plaisirs des princes un peu de celui d’incommoder les autres. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des grands, 29 |
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| Il y a dans quelques hommes une certaine médiocrité d’esprit qui contribue à les rendre sages. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De l’homme, 153 |
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| Il y a une espèce de honte d’être heureux à la vue de certaines misères. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De l’homme, 82 |
|
| Je crois pouvoir dire d’un poste éminent et délicat qu’on y monte plus aisément qu’on ne s’y conserve. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
|
| Je ne mets au-dessus d’un grand politique que celui qui néglige le devenir, et qui se persuade de plus en plus que le monde ne mérite point qu’on s’en occupe. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des jugements, 75 |
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| Je rends au public ce qu’il m’a prêté. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Préface |
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| L’amour qui naît subitement est le plus long à guérir. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Du cœur |
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| L’esprit de la conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu’à en faire trouver aux autres. Celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit l’est de vous parfaitement. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
|
| L’esprit de la conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu’à en faire trouver aux autres. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
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| L’impossibilité où je suis de prouver que Dieu n’est pas me découvre son existence. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, , Des esprits forts, 13 ; Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, p.452 XVII (13) |
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| L’on n’aime bien qu’une seule fois : c’est la première. Les amours qui suivent sont moins involontaires. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Du cœur, 11 |
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| La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu’à donner à propos. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Du cœur, 47 |
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| La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elles lui donnent de la force et du relief. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Du mérite personnel, 17 |
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| La moquerie est souvent indigence d’esprit. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De la Société et de la Conversation, 57 |
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| La vraie grandeur se courbe par bonté vers ses inférieurs et revient sans effort dans son naturel. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, « Du mérite personnel » |
|
| Le caractère des Français demande du sérieux dans le souverain. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Du Souverain ou de la République, 13 |
|
| Le commencement et le déclin de l’amour se font sentir par l’embarras où l’on est de se trouver seuls. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Du cœur, 33 |
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| Le devoir des juges est de rendre la justice ; leur métier, de la différer. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De quelques usages, 43 |
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| Le peuple n’a guère d’esprit et les grands n’ont point d’âme … Faut-il opter ? Je ne balance pas, Je veux être peuple. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des Grands, 25 |
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| Le plaisir de la critique nous ôte celui d’être vivement touché de très belles choses. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
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| Le plaisir le plus délicat est de faire celui d’autrui. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De la société et de la conversation, 16 |
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| Le regret qu’ont les hommes du mauvais emploi du temps qu’ils ont déjà vécu, ne les conduit pas toujours à faire de celui qui leur reste un meilleur usage. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
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| Le sage guérit de l’ambition par l’ambition même. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, « Du mérite personnel » |
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| Les esprits justes, et qui aiment à faire des images qui soient précises, donnent naturellement dans la comparaison et la métaphore. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des ouvrages de l’esprit, 55 |
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| Les femmes vont plus loin en amour que la plupart des hommes ; mais les hommes l’emportent sur elles en amitié. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des Femmes, 155 |
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| Les haines sont si longues et si opiniâtres, que le plus grand signe de mort dans un homme malade, c’est la réconciliation. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De l’homme, 108 |
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| Les hommes veulent être esclaves quelque part, et puiser là de quoi dominer ailleurs. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères (1696) |
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| Les plus grandes choses n’ont besoin que d’être dites simplement : elles se gâtent par l’emphase. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De la société et de la conversation, 77 |
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| Ne nous emportons point contre les hommes en voyant leur dureté, leur ingratitude, leur injustice, leur fierté, l’amour d’eux-mêmes, et l’oubli des autres : ils sont ainsi faits, c’est leur nature, c’est ne pouvoir supporter que la pierre tombe ou que le feu s’élève. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De l’homme, 1 |
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| Ne vouloir être ni conseillé ni corrigé sur son ouvrage est un pédantisme. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des ouvrages de l’esprit, 16 |
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| On craint la vieillesse que l’on n’est pas sûr de pouvoir atteindre. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, L’homme |
|
| Quand le peuple est en mouvement, on ne comprend pas par où le calme peut y rentrer ; et quand il est paisible, on ne voit pas par où le calme peut en sortir. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, « Du Souverain ou de la République » |
|
| Quand une lecture vous élève l’esprit, et vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre règle pour juger l’ouvrage ; il est bon, et fait de main d’ouvrier. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des ouvrages de l’esprit, 31 |
|
| Si la vie est misérable, elle est pénible à supporter ; si elle est heureuse, il est horrible de la perdre. L’un revient à l’autre. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, p.304 XII (33) |
|
| Si une laide se fait aimer, ce ne peut être qu’éperdument. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Du cœur, 36 |
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| Tout est dit, et l’on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes, et qui pensent. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des ouvrages de l’esprit, 1, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, p.65 |
|
| Tout est tentation à qui la craint. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères (1696) |
|
| Tout notre mal vient de ne pouvoir être seuls : de là le jeu, le luxe, la dissipation, le vin, les femmes, l’ignorance, la médisance, l’envie, l’oubli de soi-même et de Dieu. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De l’homme, 99 |
|
| Toute révélation d’un secret est la faute de celui qui l’a confié. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
|
| Toute révélation d’un secret est la faute de celui qui l’a confié. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, p.174 V (81) |
|
| Un dévot est celui qui sous un roi athée serait athée. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des jugements, 21 |
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| Un esprit médiocre croit écrire divinement ; un bon esprit croit écrire raisonnablement. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Des ouvrages de l’esprit, 18 |
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| Un philosophe se laisse habiller par son tailleur. Il y a autant de faiblesse à fuir la mode qu’à l’affecter. |
| LA BRUYÈRE Jean de – De la mode, 11, in Les Caractères, XIII |
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| Une grande âme est au-dessus de l’injure, de l’injustice, de la douleur, de la moquerie ; et elle serait invulnérable si elle ne souffrait par la compassion. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, De l’homme, 81 |
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| Vivre avec ses ennemis comme s’ils devaient un jour être nos amis, et vivre avec nos amis comme s’ils pouvaient devenir nos ennemis … Ce n’est point une maxime morale, mais politique. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, p.141 IV (55) |
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| Vouloir oublier quelqu’un, c’est y penser. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères |
|
| Vouloir oublier quelqu’un, c’est y penser. … Il faut, s’il se peut, ne point songer à sa passion pour l’affaiblir. |
| LA BRUYÈRE Jean de – Les Caractères, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1951, <p.138 IV (38)> |
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| La jalousie seule m’a fait sentir que j’étais amoureux. |
| LA FAYETTE Madame de – Zaïde, première partie |
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| Il n’y a de passions que celles qui nous frappent d’abord et nous surprennent. |
| LA FAYETTE Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, comtesse de – Zaïde |
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| Les passions peuvent me conduire, mais elles ne sauraient m’aveugler. |
| LA FAYETTE Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, comtesse de – La Princesse de Clèves |
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| À ces mots, on cria haro sur le baudet. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, les Animaux malades de la peste |
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| Adieu veau, vache, cochon, couvée. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, la Laitière et le Pot au lait |
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| Aide-toi, le Ciel t’aidera. |
| LA FONTAINE Jean de – Le Charretier embourbé |
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| Aimez, aimez, tout le reste n’est rien. |
| LA FONTAINE Jean de – Les amours de Psyché et de Cupidon. |
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| Ainsi dit le renard ; et flatteurs d’aplaudir. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, les Animaux malades de la peste |
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| Amour, amour, quand tu nous tiens, on peut bien dire : Adieu prudence. |
| LA FONTAINE Jean de – Le lion amoureux |
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| Apprenez que tout flatteur / Vit aux dépens de celui qui l’écoute. /Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Livre premier, II, le Corbeau et le Renard |
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| Attaché ? dit le loup ; vous ne courez donc pas / Où vous voulez ? |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, le Loup et le Chien |
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| Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Les deux aventuriers et le talisman |
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| Bergers, bergers, le loup n’a tort / Que quand il n’est pas le plus fort ! |
| LA FONTAINE Jean de – Fables,le Loup et les Bergers |
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| Car c’est double plaisir de tromper le trompeur. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, le Coq et le Renard |
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| Car que faire en un gîte, à moins que l’on ne songe ? |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Le lièvre et les grenouilles |
|
| D’argent, point caché, mais le père fut sage / De leur montrer avant sa mort / Que le travail est un trésor. |
| LA FONTAINE Jean de – Le Laboureur et ses Enfants |
|
| Diversité, c’est ma devise. |
| LA FONTAINE Jean de – Contes, le Pâté d’anguilles |
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| Entre nos ennemis / Les plus à craindre sont souvent les plus petits. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, le Lion et le Moucheron |
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| Fi du plaisir / Que la crainte peut corrompre. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, le Rat de ville et le Rat des champs |
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| Honteux comme un renard qu’une poule aurait pris. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Le renard et la cigogne |
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| Il accusait toujours les miroirs d’être faux. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, L’homme et son image |
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| Il connaît l’univers, et ne se connaît pas. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Démocrite et les Abdéritains |
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| Il est bon d’être charitable : mais envers qui ? C’est là le point. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Le villageois et le serpent |
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| Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde : / On a souvent besoin d’un plus petit que soi. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Livre deuxième, XI, le Lion et le Rat |
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| Il fit pour nos défauts la poche de derrière / Et celle de devant pour les défauts d’autrui. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, La Besace |
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| Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. |
| LA FONTAINE Jean de – Les Animaux malades de la peste |
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| Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, le Renard et les Raisins |
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| Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Dédicace au Dauphin |
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| Je plie, et ne romps pas. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Le Chêne et le Roseau |
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| L’homme est de glace aux vérités, il est de feu pour les mensonges. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Le Statuaire et la statue de Jupiter. |
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| L’univers leur sait gré du mal qu’ils ne font pas. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Le milan, le roi, et le chasseur |
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| La jeunesse se flatte, et croit tout obtenir ; la vieillesse est impitoyable. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Le vieux chat et la jeune souris |
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| La raison du plus fort est toujours la meilleure. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, le Loup et l’Agneau |
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| Le trop d’attention qu’on a pour le danger fait le plus souvent qu’on y tombe. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Le renard et les poulets d’Inde |
|
| Ne forçons point notre talent ; / Nous ne ferions rien avec grâce. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, l’Ane et le Petit Chien |
|
| On rencontre sa destinée / Souvent par des chemins qu’on prend pour l’éviter. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, VIII, 16, l’Horoscope |
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| Patience et longueur de temps / Font plus que force ni que rage. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, La Pochothèque LdP 2000, Livre deuxième XI Le lion et le rat p.115 |
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| Plus fait douceur que violence. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Phébus et Borée |
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| Plutôt souffrir que mourir, / C’est la devise des hommes. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Livre premier, XVI, la mort et le bûcheron |
|
| Propos, conseil, enseignement, rien ne change un tempérament. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, L’horoscope |
|
| Quand l’eau courbe un bâton, ma raison le redresse : la raison décide en maîtresse. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Un animal dans la lune |
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| Rien ne sert de courir, il faut partir à point. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, VI, le Lièvre et la Tortue |
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| Selon que vous serez puissant ou misérable, / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, les Animaux malades de la peste |
|
| Si ce n’est toi, c’est donc ton frère. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, le Loup et l’Agneau |
|
| Si Peau d’âne m’était conté / J’y prendrais un plaisir extrême. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Livre huitième, IV, le pouvoir des fables |
|
| Sur les ailes du Temps, la tristesse s’envole. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, la Jeune Veuve |
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| Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs. / Tout petit prince a des ambassadeurs, / Tout marquis veut avoir des pages. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf |
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| Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr. |
| LA FONTAINE Jean de – Le Chêne et le Roseau, in Fables, 1, 22 |
|
| Travaillez, prenez de la peine : / C’est le fonds qui manque le moins. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Livre cinquième, IX, le laboureur et ses enfants |
|
| Trompeurs, c’est pour vous que j’écris : attendez-vous à la pareille. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, Le renard et la cigogne |
|
| Un auteur gâte tout quand il veut trop bien faire. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, le Bûcheron et Mercure |
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| Va-t-en, chétif insecte, excrément de la terre ! |
| LA FONTAINE Jean de – Fables |
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| Ventre affamé n’a point d’oreilles. |
| LA FONTAINE Jean de – Le Milan et le Rossignol |
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| Vous chantiez ? j’en suis fort aise : / Eh bien ! dansez maintenant. |
| LA FONTAINE Jean de – Fables, la Cigale et la Fourmi |
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| En France, le premier jour est pour l’engouement, le second pour la critique et le troisième pour l’indifférence. |
| LA HARPE Jean-François Delaharpe, dit de – Mélanges |
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| Et des boyaux du dernier prêtre / Serrons le cou du dernier roi. |
| LA HARPE Jean-François Delaharpe, dit de – Cours de littérature ancienne et moderne, troisième partie, livre IV, chapitrre III |
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| On affaiblit toujours ce qu’on exagère. |
| LA HARPE Jean-François Delaharpe, dit de – Mélanie, acte I, scène 1 |
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| L’Homme est une machine, et il n’y a dans l’Univers qu’une seule substance diversement modifiée. |
| LA METTRIE Julien Offray de – L’Homme machine |
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| Un quart d’heure avant sa mort, il était encore en vie. |
| LA MONNOYE – Chanson populaire rajeunie au XVIIIe s. par lui |
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| Méfiez-vous de tout le monde, et en particulier de ceux qui vous conseillent de vous méfier. |
| LA ROBERTIE |
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| C’est une ennuyeuse maladie que de conserver sa santé par un trop grand régime. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
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| C’est une grande habileté que de savoir cacher son habileté. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 245 |
|
| Ce qui nous empêche souvent de nous abandonner à un seul vice est que nous en avons plusieurs. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (195) |
|
| Ce qui nous rend la vanité des autres insupportable, c’est qu’elle blesse la nôtre. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (389) |
|
| Ceux qui s’appliquent trop aux petites choses deviennent ordinairement incapables des grandes. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 41, Garnier 1967, M 41 p.15 |
|
| Comment prétendrons-nous qu’un autre garde notre secret, si nous n’avons pu garder nous-mêmes ? |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Pensées |
|
| Dans l’adversité de nos meilleurs amis, nous trouvons toujours quelque chose qui ne nous déplaît pas. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, 241, Garnier 1967, MS 18 p.139 |
|
| Dans toutes les existences, on note une date ou bifurque la destinée, soit vers une catastrophe, soit vers le succès. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Marie Leczinska |
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| En amour, celui qui est guéri le premier est toujours le mieux guéri. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| Il est du véritable amour comme de l’apparition des esprits : tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vu. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Garnier 1967, M 76 p.24 |
|
| Il est plus difficile de s’empêcher d’être gouverné que de gouverner les autres. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (151) |
|
| Il est plus facile de paraître digne des emplois qu’on n’a pas que de ceux que l’on exerce. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| Il est plus facile de paraître digne des emplois qu’on n’a pas que de ceux que l’on exerce. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (164) |
|
| Il est plus nécessaire d’étudier les hommes que les livres. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes posthumes |
|
| Il faut gouverner la fortune comme la bonne santé : en jouir quand elle est bonne, prendre patience quand elle est mauvaise, et ne faire jamais de grands remèdes sans un extrême besoin. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| Il n’appartient qu’aux grands hommes d’avoir de grands défauts. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 190 |
|
| Il n’y a que ceux qui sont méprisables qui craignent d’être méprisés. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (322) |
|
| Il n’y a que les personnes qui ont de la fermeté qui puissent avoir une véritable douceur ; celles qui paraissent douces n’ont d’ordinaire que de la faiblesse, qui se convertit aisément en aigreur. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (479) |
|
| Il y a dans la jalousie plus d’amour-propre que d’amour. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, 324 |
|
| Il y a de bons mariages, il n’yen a point de délicieux. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, 113 |
|
| Il y a des gens dégoûtants avec du mérite, et d’autres qui plaisent avec des défauts. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (155) |
|
| Il y a des gens qui n’auraient jamais été amoureux s’ils n’avaient jamais entendu parler de l’amour. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| Il y a des reproches qui louent, et des louanges qui médisent. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (148) |
|
| L’absence diminue les médiocres passions et augmente les grandes, comme le vent éteint les bougies et allume le feu. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| L’amour de la justice n’est en la plupart des hommes que la crainte de souffrir l’injustice. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 78 |
|
| L’esprit est toujours la dupe du cœur. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| L’extrême plaisir que nous prenons à parler de nous-mêmes nous doit faire craindre de n’en donner guère à ceux qui nous écoutent. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| L’honnêteté des femmes est souvent l’amour de leur réputation ou de leur repos. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de |
|
| L’hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 218, Garnier 1967, M 218 p. 56 |
|
| L’intérêt parle toutes sortes de langues, et joue toutes sortes de personnages, même celui de désintéressé. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 39 |
|
| L’orgueil se dédommage toujours et ne perd rien lors même qu’il renonce à la vanité. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (33) |
|
| La fortune et l’humeur gouvernent le monde. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (435) |
|
| La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| La philosophie triomphe aisément des maux passés et des maux à venir. Mais les maux présents triomphent d’elle. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions |
|
| La plupart des hommes ont, comme les plantes, des propriétés cachées que le hasard fait découvrir. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (344) |
|
| La simplicité affectée est une imposture délicate. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (289) |
|
| La timidité est un défaut dont il est dangereux de reprendre les personnes qu’on en veut corriger. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 480 |
|
| Le découragement est la mort morale. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de |
|
| Le refus des louanges est un désir d’être loué deux fois. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 149 |
|
| Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Garnier 1967, M 26 p.13 |
|
| Le travail du corps délivre les peines de l’esprit et c’est ce qui rend les pauvres heureux. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| Le trop grand empressement qu’on a de s’acquitter d’une obligation est une espèce d’ingratitude. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 226 |
|
| Les biens et les maux qui nous arrivent ne nous touchent pas selon leur grandeur, mais selon notre sensibilité. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| Les défauts de l’esprit augmentent en vieillissant, comme ceux du visage. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (112) |
|
| Les hommes âgés adorent donner des conseils. Cela les console de ne plus être en mesure de donner le mauvais exemple. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de |
|
| Les hommes et les affaires ont leur point de perspective. Il y en a qu’il faut voir de près pour en bien juger, et d’autres dont on ne juge jamais si bien que quand on en est éloigné. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (104) |
|
| Les querelles ne dureraient pas longtemps, si le tort n’était que d’un côté. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| Les vertus se perdent dans l’intérêt comme les fleuves se perdent dans la mer. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 171 |
|
| Lorsque notre haine est trop vive, elle nous met au-dessous de ceux que nous haïssons. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Épigraphe au début de la 4e édition |
|
| Notre défiance justifie la tromperie d’autrui. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 86 |
|
| Nous aimons toujours ceux qui nous admirent, et nous n’aimons pas toujours ceux que nous admirons. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, 302 |
|
| Nous avons tous assez de force pour supporter les maux d’autrui. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 19 |
|
| Nous pardonnons souvent à ceux qui nous ennuient, mais nous ne pouvons pardonner à ceux que nous ennuyons. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| On aime mieux dire du mal de soi-même que de n’en point parler. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Garnier 1967, M 138 p.36 |
|
| On ne loue d’ordinaire que pour être loué. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes,146 |
|
| On ne trouve guère d’ingrats tant qu’on est en mesure de faire du bien. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| On se console souvent d’être malheureux par un certain plaisir qu’on trouve à le paraître. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales |
|
| On trouve des moyens pour guérir de la folie, mais on n’en trouve point pour redresser un esprit de travers. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (318) |
|
| Peu de gens savent être vieux. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, 423 |
|
| Quand les vices nous quittent, nous nous flattons de la croyance que c’est nous qui les quittons. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (192) (ou 197 ?) |
|
| Quand on ne trouve pas son repos en soi-même, il est inutile de chercher ailleurs. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes posthumes |
|
| Quand on ne trouve pas son repos en soi-même, il est inutile de le chercher ailleurs. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes |
|
| Quand on ne trouve pas son repos en soi-même, il est inutile de le chercher ailleurs. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales |
|
| Quelque bien qu’on dise de nous, on ne nous apprend rien de nouveau. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 303 |
|
| Rien n’empêche tant d’être naturel que l’envie de le paraître. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 431 |
|
| Si nous n’avions point d’orgueil, nous ne nous plaindrions pas de celui des autres. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Réflexions morales, 34 |
|
| Si nous résistons à nos passions, c’est plus par leur faiblesse que par notre force. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, 122 |
|
| Tout le monde se plaint de sa mémoire, et personne ne se plaint de son jugement. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Maximes, Garnier 1967, M 89 p.27 |
|
| Toutes les passions nous font faire des fautes, mais l’amour nous en fait faire de plus ridicules. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de |
|
| Un esprit droit a moins de peine de se soumettre aux esprits de travers que de les conduire. |
| LA ROCHEFOUCAULD François, duc de – Réflexions ou Sentences et Maximes morales (448) |
|
| Si j’avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ; si je recule, tuez-moi. |
| LA ROCHEJAQUELEIN Henri de – En mars 1793 |
|
| Il est difficile de vaincre ses passions, et impossible de les satisfaire. |
| LA SABLIÈRE Marguerite Hessein, Dame de – Pensées chrétiennes |
|
| La tranquillité du pécheur au milieu de ses crimes est une léthargie spirituelle. |
| LA SABLIÈRE Marguerite Hessein, Madame de – Maximes chrétiennes, 59 |
|
| Et je me dis : Je suis enfant de septembre, / Moi-même, par le cœur, la fièvre et l’esprit. |
| LA TOUR DU PIN Patrice de – Une somme de poésie |
|
| Il faut aller si peu, mais si peu, au-delà… |
| LA TOUR DU PIN Patrice de – Une somme de poésie |
|
| N’aborde pas le mal de front, mais dévie-le, aie de l’ironie pour combattre certaines gravités, de la gravité pour remettre en place certaines voluptés, de la sensualité pour recouvrir l’intellect trop froid. |
| LA TOUR DU PIN Patrice de – Une somme de poésie, Sixième livre, Correspondance de Laurent de Cayeux, Lettre à un novice. |
|
| Si Dieu a fait un monde d’amour, / Vous êtes faits pour le retrouver. |
| LA TOUR DU PIN Patrice de – Une somme de poésie |
|
| Tous les pays qui n’ont plus de légende / Seront condamnés à mourir du froid. |
| LA TOUR DU PIN Patrice de – Une somme de poésie, Cinquième livre, La Quête de joie, Prélude. |
|
| Tout homme est une histoire sacrée. |
| LA TOUR DU PIN Patrice de – Une somme de Poésie, 3e livre, 3e Interlude |
|
| Ce n’est pas pour me vanter, mais il fait rudement chaud. |
| LABICHE Eugène |
|
| Il y a des circonstances où le mensonge et le plus saint des devoirs. |
| LABICHE Eugène – Les Vivacités du capitaine Tic, acte II, scène 7 |
|
| Les hommes ne s’attachent point à nous en raison des services que nous leur rendons, mais en raison de ceux qu’ils nous rendent. |
| LABICHE Eugène – Le Voyage de M Perrichon |
|
| Un égoïste : un homme qui ne pense pas à moi. |
| LABICHE Eugène |
|
| Le flambeau de la critique s’allume plus souvent pour détruire que pour éclairer. |
| LABORDE Jean-Benjamin de – Pensées et Maximes (1791), 55 |
|
| On est vengé dès qu’on est maître de l’être. |
| LABORDE Jean-Benjamin de – Pensées et Maximes (1791), Paris, Lamy 1802 [BnF], 24, p.5 |
|
| On n’est jamais si ridicule par les défauts que l’on a, que par les qualités que l’on affecte d’avoir. |
| LABORDE Jean-Benjamin de – Pensées et Maximes (1791), Paris, Lamy 1802 [BnF], 67, p.12 |
|
| Aimer, c’est donner ce que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. |
| LACAN Jacques |
|
| Aimer, c’est essentiellement vouloir être aimé. |
| LACAN Jacques |
|
| L’homme ne peut rester lui-même qu’en travaillant sans cesse à s’élever au-dessus de lui-même. |
| LACHELIER Jules – Lettre à Espinas du 1er février 1872 |
|
| Le monde est une pensée qui ne se pense point, suspendu à une pensée qui se pense. |
| LACHELIER Jules – Psychologie et métaphysique |
|
| L’homme jouit du bonheur qu’il ressent, et la femme de celui qu’elle procure. |
| LACLOS Pierre Choderlos de – Les Liaisons dangereuses (1782) |
|
| Entre le fort et le faible, le riche et le pauvre, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. |
| LACORDAIRE Henri – Conférences de Notre Dame, 1835-1836 |
|
| Il n’y a que le cœur qui aille aussi vite que les hirondelles. |
| LACORDAIRE Henri – Lettre à Madame Swetchine – 4 Septembre 1835 |
|
| La vie, cette goutte de lait et d’absinthe. |
| LACORDAIRE Henri – Pensées |
|
| Laisser faire le bien et aider à le faire est chose plus plus difficile encore que de le faire soi-même. |
| LACORDAIRE Henri |
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| Retournez, retournez à l’infini ! Lui seul est assez grand pour l’homme. |
| LACORDAIRE Henri – XXXIIIe Conférence à Notre-Dame |
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| En art, la malchance a bien souvent forcé l’éclosion du génie. |
| LACRETELLE Jacques de – Journal de Bord |
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| La grande faute des éducateurs est qu’ils ne se rappellent jamais assez bien qu’ils furent eux-mêmes des enfants. |
| LACRETELLE Jacques de – Idées dans un chapeau. Propos sur l’éducation |
|
| La radio marque les minutes de la vie ; le journal, les heures ; le livre, les jours. |
| LACRETELLE Jacques de – Idées dans un chapeau. Influence du livre. |
|
| Une démocratie ne vaut et ne dure que si elle sait refondre constamment dans la communauté nationale l’individualisme qu’elle fait naître. |
| LACRETELLE Jacques de – Idées dans un chapeau. Londres en 1945. |
|
| Une vocation littéraire, c’est, chez un être, un rapt secret et continu d’émotions. Rapt si violent, si obsédant qu’un beau jour le voleur n’en peut plus et avoue. Je veux dire qu’il se met à écrire. |
| LACRETELLE Jacques de – Idées dans un chapeau. Le roman, transposition de la vie. |
|
| Une loi de Solon, l’un des sept sages de la Grèce antique : Si quelqu’un crève l’œil d’un borgne, qu’on lui crève les deux yeux. |
| LAËRCE Diogène – Vies et doctrines des philosophes illustres, La Pochothèque LdP 1999, I 57 Solon p.103 |
|
| Les paroles les plus obscures d’un homme qui plaît donnent plus d’agitation que des déclarations ouvertes d’un homme qui ne plaît pas. |
| LAFAYETTE Madame de – La Princesse de Clèves, t. II |
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| Ah ! tout est bien qui n’a pas de fin. |
| LAFORGUE Jules – Moralités légendaires |
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| L’âme, cet infini qu’ont lassé tous ses dieux… |
| LAFORGUE Jules – Poèmes posthumes, les Têtes de morts |
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| Quel aspect présenterait la vie si elle n’était pas dénuée de sens ? L’insignifiance absolue est la base sur quoi elle repose. |
| LAGERKVIST Pär – Le Nain |
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| La culture est ce qui subsiste quand on a oublié tout ce qu’on avait appris. |
| LAGERLOF Selma – |
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| L’athée croit plus qu’il ne pense. Nier, est au fond, une forme irritée de l’affirmation. |
| LAGET Paul |
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| Comment la pensée comprendrait-elle le déterminisme si elle n’y échappait pas ? Ce qui pense doit être d’une autre nature que ce qui est pensé. |
| LAGNEAU Jules – Célèbres leçons de Jules Lagneau, III |
|
| L’étendue est la marque de ma puissance. Le temps est la marque de mon impuissance. |
| LAGNEAU Jules – Célèbres Leçons de Jules Lagneau |
|
| La philosophie n’est autre chose que l’effort de l’esprit pour se rendre compte de l’évidence. |
| LAGNEAU Jules – Revue philosophique, février 1880 |
|
| Le corps est dans l’esprit. |
| LAGNEAU Jules – Fragments |
|
| On dirait que l’homme est destiné à s’exterminer lui-même après avoir rendu le globe inhabitable. |
| LAMARCK Jean-Baptiste de |
|
| J’espère prouver que la nature possède les moyens et les facultés qui lui sont nécessaires pour produire elle-même ce que nous admirons en elle. |
| LAMARCK Jean-Baptiste de Monet, chevalier de – Philosophie zoologique |
|
| Aimer, prier, chanter, voilà toute ma vie. |
| LAMARTINE Alphonse de – Nouvelles Méditations poétiques, XIII, Le poète mourant |
|
| Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive, / Hâtons-nous jouissons ! / L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ; / Il coule, et nous passons ! |
| LAMARTINE Alphonse de – Premières Méditations poétiques, le Lac |
|
| Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages, / Dans la nuit éternelle emportés sans retour, / / Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges / Jeter l’ancre un seul jour ? |
| LAMARTINE Alphonse de – Premières Méditations poétiques, le Lac |
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| Aux regards de Celui qui fit l’immensité, / L’insecte vaut un monde : ils ont autant coûté. |
| LAMARTINE Alphonse de – Méditations poétiques, II, « L’Homme » |
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| Borné dans sa nature, infini dans ses vœux, / L’homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux. |
| LAMARTINE Alphonse de – Premières Méditations poétiques (1820), Œuvres poétiques complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1963, L’homme, p.6 |
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| C’est la cendre des morts qui créa la patrie. |
| LAMARTINE Alphonse de – La chute d’un ange, 3e vision |
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| Celui qui sait attendrir sait tout. |
| LAMARTINE Alphonse de – Graziella |
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| Être seul, c’est régner ; être libre, c’est vivre. |
| LAMARTINE Alphonse de – Poèmes du Cours familier de littérature, IV |
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| Il n’y a d’homme complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie. |
| LAMARTINE Alphonse de – Voyage en Orient, VIII |
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| J’ai vu partout un Dieu sans jamais le comprendre. |
| Lamartine Alphonse de – Premières Méditations poétiques |
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| Je suis de la couleur de ceux qu’on persécute. |
| LAMARTINE Alphonse de |
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| Je suis las des musées, cimetières des arts. |
| LAMARTINE Alphonse de – Voyage en Orient |
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| La France est une nation qui s’ennuie. |
| LAMARTINE Alphonse de – Discours à la Chambre des députés, 10 janvier 1839 |
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| La vie est un mystère, et non pas un délire. |
| LAMARTINE Alphonse de – Nouvelles Méditations, A M. de Musset |
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| Le Christianisme avait proclamé les trois mots que répétait à deux mille ans de distance la philosophie française : liberté, égalité, fraternité des hommes. |
| LAMARTINE Alphonse de – Histoire des Girondins, I, 1 |
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| Le pathétique seul est infaillible dans l’art. |
| LAMARTINE Alphonse de – Graziella |
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| Le plaisir est une prière, / Et l’aumône une volupté. |
| LAMARTINE Alphonse de – Harmonies poétiques et religieuses, Pour une quête |
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| Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts. |
| LAMARTINE Alphonse de – Premières Méditations poétiques |
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| Les Fables de La Fontaine sont plutôt la philosophie dure, froide et égoïste de vieillards que la philosophie clémente, généreuse, naïveté bonne d’un enfant. C’est du fiel. |
| LAMARTINE Alphonse de – Méditations poétiques, première préface |
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| Nature et miracle, n’est-ce pas tout un ? Et l’univers est-il autre chose que miracle éternel de tous les moments ? |
| LAMARTINE Alphonse de – Voyage en Orient, VI |
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| Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! / Suspendez votre cours : / Laissez-nous savourer les rapides délices / Des plus beaux de nos jours ! |
| LAMARTINE Alphonse de – Méditations poétiques, Œuvres poétiques complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1963, Le Lac, p.39 |
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| Objets inanimés, avez-vous donc une âme / Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? |
| LAMARTINE Alphonse de – Nouvelles Méditations poétiques, livre III, 2, Œuvres poétiques complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1963 |
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| On voudrait revenir à la page où l’on aime / Et la page où l’on meurt est déjà sous nos doigts. |
| LAMARTINE Alphonse de – Poésies diverses, Vers un album |
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| Plus nous ouvrons les yeux, plus la nuit est profonde ; / Dieu n’est qu’un mot rêvé pour expliquer le monde, / Un plus obscur abîme où l’esprit s’est lancé. |
| Lamartine Alphonse de – Harmonies poétiques et religieuses |
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| Que Dieu serait cruel s’il n’était pas si grand ! |
| LAMARTINE Alphonse de – Premières Méditations poétiques, les Oiseaux |
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| Toutes les grandes lectures sont une date dans l’existence. |
| LAMARTINE Alphonse de – Cours familier de littérature |
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| Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. |
| LAMARTINE Alphonse de – Méditations poétiques (1820), Œuvres poétiques complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1963, L’isolement, p.3 |
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| Voilà le sacrifice immense, universel ! / L’univers est le temple, et la terre est l’autel. |
| LAMARTINE Alphonse de – Méditations poétiques, XVI, La prière |
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| La plus nécessaire disposition pour goûter les plaisirs, c’est de savoir s’en passer. |
| LAMBERT Anne Thérèse de Marguenat de Courcelles, marquise de – Avis d’une mère à son fils |
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| Nous vivons avec nos défauts comme avec les odeurs que nous portons : nous ne les sentons plus ; elles n’incommodent que les autres. |
| LAMBERT Anne Thérèse de Marguenat de Courcelles, marquise de – Avis d’une mère à sa fille et à son fils |
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| S’il ne faut pas toujours dire ce que l’on pense, il faut toujours penser ce que l’on dit. |
| LAMBERT Anne Thérèse de Marguenat de Courcelles, marquise de – Avis d’une mère à son fils |
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| Croire est pour le catholique un acte d’obéissance ; pour le protestant, un acte d’indépendance. |
| LAMENNAIS Félicité de |
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| Le cri du pauvre monte jusqu’à Dieu, mais il n’arrive pas à l’oreille de l’homme. |
| LAMMENAIS Félicité – Paroles d’un croyant, XII |
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| Je parle peu, mais je dis bien. C’est le caractère du sage. |
| LAMOTTE Antoine Houdar de – Fables : La montre et le cadre scolaire |
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| L’ennui naquit un jour de l’uniformité. |
| LAMOTTE Antoine Houdar de – Fables : Les amis trop d’accord |
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| La culture générale, c’est ce qui permet à l’individu de se sentir pleinement sa solidarité avec les autres hommes, dans l’espace et dans le temps, avec ceux de sa génération dans l’espace, et dans le temps, avec ceux de sa génération qui le suivront. |
| LANGEVIN Paul – La Pensée et l’Action, Contribution de l’enseignement des sciences physiques à la culture générale |
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| Bien que trente rayons convergent au milieu, / C’est le vide médian qui fait marcher le char. |
| LAO-TSEU |
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| Celui qui excelle ne discute pas, / Il maîtrise sa science et se tait. |
| LAO-TSEU – Tao te King, LXXXI |
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| Celui qui sait ne parle pas, celui qui parle ne sait pas. |
| LAO-TSEU – Tao te King |
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| Celui qui se conduit vraiment en chef ne prend pas part à l’action. |
| LAO-TSEU – Tao te King, LXVIII |
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| Connaître les autres, c’est sagesse. Se connaître soi-même, c’est sagesse supérieure. Imposer sa volonté aux autres, c’est force. Se l’imposer à soi-même, c’est force supérieure. |
| LAO-TSEU |
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| Connaître par non-connaissance est très élevé. |
| LAO-TSEU – Tao te King, LXXI |
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| Créer, non posséder ; œuvrer, non retenir ; accroître, non dominer. |
| LAO-TSEU |
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| Gouverne le mieux qui gouverne le moins. |
| LAO-TSEU – Tao te King, LVIII |
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| L’humilité sert à agir avec puissance. |
| LAO-TSEU – Tao te King, LXI |
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| La voie qui peut s’énoncer n’est pas la voie pour toujours. Le nom qui peut la nommer n’est pas le nom pour toujours. |
| LAO-TSEU – Tao te King |
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| Le faible vainc le fort, le souple vainc le dur, / Voie et vertu de l’eau. |
| LAO-TSEU – Tao te King, LXXVIII |
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| Le filet du ciel est immense et ses mailles sont écartées, mais il n’y a pas un méchant qui puisse l’éviter. |
| LAO-TSEU |
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| Le sage gouverne par le non-faire / Il enseigne par le non-dire / Il ne refuse rien à la foule des êtres / Mais il nourrit chacun sans se l’approprier. |
| LAO-TSEU |
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| On gouverne un grand État comme on fait frire un petit poisson. |
| LAO-TSEU – Tao-Te-King |
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| Paie le mal avec la justice, et la bonté avec la bonté. |
| LAO-TSEU |
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| Parole parée n’est pas sincère. |
| LAO-TSEU – Tao tö King, LXXXI |
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| Percevoir le minuscule, voilà la clairvoyance. Garder la douceur, voilà l’énergie. |
| LAO-TSEU – Tao-te-king |
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| Plus il y a de lois, et plus il y a de voleurs. |
| LAO-TSEU |
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| Tout le monde sait que la beauté est belle ; voilà ce qui fait sa laideur. Tout le monde sait que le bien et bien ; voilà ce qui fait son imperfection. |
| LAO-TSEU – Tao-te-king |
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| Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’Univers et ceux du plus léger atome ; rien ne serait incertain pour elle et l’avenir, comme le passé, serait présent à ses yeux. |
| LAPLACE Pierre-Simon |
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| Faisons en sorte de n’offrir au public, sous le plus petit volume possible, que ce à quoi nous tenons le plus. |
| LARBAUD Valéry – Sous l’invocation de saint Jérôme (Gallimard) |
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| J’aimais le goût des larmes retenues, de celles qui semblent tomber des yeux dans le cœur, derrière le masque du visage. Je les amassais comme un trésor. |
| LARBAUD Valéry – Enfantines. Rose Lourdin |
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| Je n’ai jamais pu voir les épaules d’une jeune femme sans songer à fonder une famille. |
| LARBAUD Valéry – A. O. Barnabooth, Journal intime |
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| Le mot Homme dépasse le mot Surhomme d’une immense hauteur. |
| LARBAUD Valéry – A. O. Barnabooth, Journal intime |
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| Les liaisons commencent dans le champagne et finissent dans la camomille. |
| LARBAUD Valéry – Les Poésies de A. O. Barnabooth, Journal intime |
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| Ne rien trouver ridicule est le signe de l’intelligence complète. |
| LARBAUD Valéry – A. O. Barnabooth, Gallimard |
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| Toute grande œuvre d’art est le fruit d’une humilité profonde. |
| LARBAUD Valéry – Le Cœur de l’Angleterre (Gallimard) |
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| Va, aime quand même. Et tu sais, c’est de ceci : aimer quand même, qu’est fait l’amour. |
| LARBAUD Valéry – Enfantines, La grande époque |
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| Je déteste les bêtes, disait-il, mais j’adore les animaux. |
| LARCHEY Lorédan – L’Esprit de tout le monde – Joueurs de mots (1891), Berger-Levrault 1892, p.220 |
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| À long terme, la réalisation d’un évènement improbable tend vers la certitude. |
| LARGAULT Jean |
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| L’erreur est humaine ; admettre la sienne est surhumain. |
| LARSON Doug |
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| L’amour c’est la présence, le face-à-face ; le reste est désir. |
| LASNIER Rina |
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| Les calculs de mes ingénieurs sont formels : le projet est irréalisable. Il ne nous reste donc plus qu’à le réaliser. |
| LATÉCOÈRE Pierre |
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| Il n’y a jamais eu qu’un moyen de se hisser au pouvoir, c’est de crier : « Peuple, on te trompe ! » |
| LATZARUS Louis – Éloge de la bêtise |
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| Toute révolution est commencée par des idéalistes, poursuivie par des démolisseurs et achevée par un tyran. |
| LATZARUS Louis |
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| La télévision nous prouve qu’on préfère regarder n’importe quoi que de se regarder les uns les autres. |
| LAUDERS Ann |
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| Arithmétique ! algèbre ! géométrie ! trinité grandiose ! triangle lumineux ! |
| LAUTRÉAMONT (Isidore Ducasse) Comte de – Les Chants de Maldoror, Chant deuxième |
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| Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. |
| LAUTRÉAMONT (Isidore Ducasse) Comte de – Les Chants de Maldoror |
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| La poésie doit avoir pour but la vérité pratique. |
| LAUTRÉAMONT (Isidore Ducasse) Comte de – Poésies, exergue |
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| Les jugements sur la poésie ont plus de valeur que la poésie. Ils sont la philosophie de la poésie. La philosophie, ainsi comprise, englobe la poésie. La poésie ne pourra pas se passer de la philosophie. La philosophie pourra se passer de la poésie. |
| LAUTRÉAMONT (Isidore Ducasse) Comte de – Les Chants de Maldoror, chap. I |
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| Rien n’est dit. L’on vient trop tôt depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes. |
| LAUTRÉAMONT (Isidore Ducasse) Comte de – Poésies, II |
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| Le doute est un hommage rendu à l’espoir. |
| LAUTRÉAMONT Isidore Ducasse, dit Comte de – Poésies, exergue |
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| Les trois points terminateurs me font hausser les épaules de pitié. A-t-on besoin de cela pour prouver que l’on est un homme d’esprit, c’est-à-dire un imbécile ? Comme si la clarté ne valait pas le vague, à propos de points ! |
| LAUTRÉAMONT Isidore Ducasse, dit Comte de – Poésies (1870), GF 528 – Flammarion 1990, II p.364 |
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| Il y a une façon d’embrasser qui veut dire « je t’aime » et une façon d’embrasser qui veut dire « aime-moi ». |
| LAVALLÉE François |
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| Le plus grand bien que nous faisons aux autres hommes n’est pas de leurs communiquer notre richesse, mais de leur découvrir la leur. |
| LAVELLE Louis – L’Erreur de Narcisse, chap. 9, 9 |
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| Dieu n’est pas spectateur. Le seul Dieu qui soit est sans cesse impliqué dans le drame miraculeux et contradictoire de la création. Dieu est en quelque sorte noyé dans la création, et ne peut en être ni séparé ni distingué. |
| LAWRENCE David Herbert |
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| Ce n’est pas à la raison, mais au bon sens, qu’il eût fallu jadis élever un temple. Beaucoup d’hommes sont doués de raison, très peu de bon sens. |
| LE BON Gustave – Hier et Demain |
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| Ce qu’on fait par orgueil est souvent supérieur à ce qu’on accomplit par devoir. |
| LE BON Gustave – Aphorismes du temps présent (1913), Paris, Les amis de G. Le Bon 1978 [BnF], p.161 |
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| Des hommes d’intelligence supérieure ont parfois, au point de vue sentimental, une mentalité voisine de celle d’un sauvage. |
| LE BON Gustave – Hier et Demain |
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| Incalculables sont les personnes n’ayant jamais eu d’autres opinions que celles de leur journal. |
| LE BON Gustave – Les Opinions et les Croyances |
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| Incapable de vivre sans certitude, l’homme préférera toujours les croyances les moins défendables aux négations les plus justifiées. |
| LE BON Gustave – Aphorismes du Temps présent |
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| L’intuition est souvent supérieure à la raison. Elle fait deviner à des femmes raisonnant mal des choses incomprises d’hommes raisonnant très bien. |
| LE BON Gustave – Aphorismes du Temps présent |
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| La libre pensée ne constitue souvent qu’une croyance, qui dispense de la fatigue de penser. |
| LE BON Gustave – Aphorismes du Temps présent |
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| La soif d’égalité n’est souvent qu’une forme avouable du désir d’avoir des inférieurs et pas de supérieur. |
| LE BON Gustave – Aphorismes du temps présent, Flammarion |
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| Le besoin de certitude a toujours été plus fort que le besoin de vérité. |
| LE BON Gustave – Aphorismes du temps présent (1913), Paris, Les amis de G. Le Bon 1978 [BnF], p.235 |
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| Les révolutions n’ont généralement pour résultat immédiat qu’un déplacement de servitude. |
| LE BON Gustave – Aphorismes du temps présent, Flammarion |
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| On domine plus facilement les peuples en excitant leur passion qu’on s’occupant de leurs intérêts. |
| LE BON Gustave – Aphorismes du temps présent |
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| On ne discute pas plus avec les croyances qu’avec les cyclones. |
| LE BON Gustave |
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| Un délit généralisé devient bientôt un droit. |
| LE BON Gustave – Aphorismes du temps présent (Flammarion) |
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| Une des sources les plus fréquentes d’erreur est de prétendre expliquer avec la raison des actes dictés par des influences affectives ou mystiques. |
| LE BON Gustave – Hier et Demain |
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| Et moi aussi, je suis peintre ! |
| LE CORRÈGE – devant une peinture de Raphaël. |
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| Agnosticisme : le fait que le pourquoi se pose en moi, n’implique pas l’existence d’un parce que qui me soit accessible. |
| LE DANTEC Félix – L’athéisme, Flammarion 1907, p.45 |
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| Ce qu’il y a de terrible, quand on cherche la vérité, c’est qu’on la trouve. |
| LE DANTEC Félix |
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| J’ai perdu tout le temps que j’ai passé sans t’aimer… |
| LE TASSE |
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| Il vous vient quelquefois un dégoût d’écrire en songeant à la quantité d’ânes par lesquels on risque d’être lu. |
| LÉAUTAUD Paul – Passe-temps, Œuvres, Mercure de France 1988, p.253 |
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| La parole est d’argent mais le silence endort. |
| LÉAUTAUD Paul |
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| Le ressentiment est une grande consolation. |
| LÉAUTAUD Paul – Journal littéraire, 29 janvier 1949, II |
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| Les gens couverts de croix me font irrésistiblement penser à un cimetière. |
| LÉAUTAUD Paul |
|
| Les journaux, ce matin, annoncent que Gandhi a été assassiné par un indou [sic]. C’est bien fait. Cela lui apprendra à s’occuper du bonheur des autres. |
| LÉAUTAUD Paul – Journal littéraire, Mercure de France 1986, 31 janvier 1948 III p.1672 |
|
| Ne conseiller personne, ne rien révéler, indiquer à personne. Pourquoi hâter et favoriser le développement d’autrui ? |
| LÉAUTAUD Paul – Journal littéraire, Mercure de France 1986, 14 mars 1897 I p.15 |
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| Quand on n’a plus de cheveux, on trouve les cheveux longs ridicules. |
| LÉAUTAUD Paul – Journal littéraire |
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| Un écrivain qui reçoit un prix littéraire est déshonoré. |
| LÉAUTAUD Paul – EntreIien avec Robert Mallet |
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| Aimer, c’est préférer un autre à soi-même. Dans ce sens-là, je n’ai jamais aimé. |
| LÉAUTAUD Paul – Propos d’un jour |
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| Nous sommes archiprêts ; il ne manque pas un bouton de guêtre. |
| LEBŒUF Edmond – Alors ministre de la Guerre, au moment où se déclarait la guerre de 1870. |
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| Je pense : ma pensée atteste plus un dieu / Que tout le firmament et ses globes de feu. |
| LEBRUN Ponce Denis Ecouchard – Epoques de la nature |
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| C’est déjà avoir tort que d’avoir trop raison. |
| LEBRUN-PINDARE – À M. de Brancas |
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| Même les masochistes font des aveux complets sous les tortures. Par gratitude. |
| LEC Stanislas Jerzy |
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| Qu’est-ce qui nous retient à ce globe en dehors de la pesanteur ? |
| LEC Stanislas Jerzy |
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| Adresse-toi toujours aux dieux étrangers. Ils t’écouteront en priorité. |
| Lec Stanislaw Jerzy – Pensées hirsutes |
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| Dans une avalanche, aucun flocon ne se sent jamais responsable. |
| LEC Stanislaw Jerzy |
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| Hésiter, c’est déjà prendre une décision. |
| LEC Stanislaw Jerzy – Nouvelles pensées échevelées |
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| Il faut avoir beaucoup de patience pour apprendre à être patient. |
| LEC Stanislaw Jerzy – Nouvelles pensées échevelées |
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| L’instinct de conservation est parfois le moteur du suicide. |
| LEC Stanislaw Jerzy – Nouvelles pensées échevelées |
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| Parfois, ce n’est qu’en quittant la scène qu’on peut savoir quel rôle on a joué. |
| LEC Stanislaw Jerzy – Nouvelles pensées échevelées |
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| Quand on déboulonne une statue, il faut garder le piédestal ; ça peut toujours servir. |
| LEC Stanislaw Jerzy |
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| Qui sait combien de mots Dieu essaya avant de trouver celui qui créa le monde ? |
| LEC Stanislaw Jerzy – Nouvelles pensées échevelées |
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| Je voudrais bien être la lettre que j’envoie ce matin à celle que j’aime. |
| LECLERC Félix – Le calepin d’un flâneur |
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| Lis dans tes yeux que je t’aime. |
| LECLERC Félix – Le calepin d’un flâneur |
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| Quand vous êtes heureux, vous ne vous défendez pas. |
| LECLERC Félix – Le calepin d’un flâneur |
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| Tu parles fort, tu as tort. |
| LECLERC Félix – Le calepin d’un flâneur |
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| Les sillons de l’espace où fermentent des mondes. |
| LECONTE DE LISLE – Les Chants de Maldoror |
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| Il est dans le grand ordre qu’il y ait un petit désordre. |
| LEIBNIZ Gottfried Wilhelm – Théodicée, III, 248 |
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| J’entends par raison non pas la faculté de raisonner, qui peut être bien ou mal employée, mais l’enchaînement des vérités, qui ne peut produire que des vérités car une vérité ne saurait être contraire à une autre. |
| LEIBNIZ Gottfried Wilhelm |
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| Je suis persuadé que la Religion ne doit rien avoir qui soit contraire à la Raison. |
| LEIBNIZ Gottfried Wilhelm – Œuvres historiques et politiques, t. IX, p. 300 |
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| La nature ne fait pas de sauts. |
| LEIBNIZ Gottfried Wilhelm – Nouveaux Essais, IV, 16 |
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| Pourquoi y a t il quelque chose plutôt que rien ? |
| LEIBNIZ Gottfried Wilhelm |
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| Je dois mon premier contact précis avec la notion d’infini à une boîte de cacao de marque hollandaise, matière première de mes petits déjeuners. |
| LEIRIS Michel – L’Âge d’homme, L’infini |
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| L’essence de la poésie, c’est peut-être le sentiment continu de correspondances secrètes, soit entre les objets de nos divers sens, formes, couleurs, sons et parfums, soit entre les phénomènes de l’univers physique et ceux du monde moral, ou encore entre les aspects de la nature et les fonctions de l’humanité. |
| LEMAÎTRE Jules – Les contemporains, 2e série, Le symbolisme et Paul Verlaine |
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| La tolérance est la charité de l’intelligence. |
| LEMAÎTRE Jules |
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| Les pensées et maximes sont un genre épuisé et un genre futile. |
| LEMAÎTRE Jules – Les contemporains, 2e série, Comtesse Diane |
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| L’État – c’est nous. |
| LÉNINE Vladimir Ilitch Oulianov, dit – Compte rendu du XIe Congrès du parti communiste, 27 mars 1922 |
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| Tant que l’État existe, pas de liberté; quand régnera la liberté, il n’y aura plus d’État. |
| LÉNINE Vladimir Ilitch Oulianov, dit – L’État et la Révolution |
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| Là où il cesse de se connaître, le plus pur d’entre nous devient un monstre. |
| LENORMAND Henri-René – L’Amour magicien |
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| Jamais le soleil ne voit l’ombre. |
| LÉONARD de Vinci |
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| La peinture est poésie muette, la poésie peinture aveugle. |
| LÉONARD de Vinci – Traité de la peinture |
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| La science de la peinture est tellement divine qu’elle transforme l’esprit du peintre en une espèce d’esprit de Dieu. |
| LÉONARD de Vinci |
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| Piètre disciple, celui qui ne dépasse pas son maître. |
| LÉONARD de Vinci – Carnets |
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| Être aimable, dans la conversation, c’est se sacrifier à l’amour-propre d’autrui. |
| LEOPARDI Giacomo, comte – Pensées |
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| Il n’est au monde rien de plus rare qu’une personne que l’on peut supporter tous les jours. |
| LEOPARDI Giacomo, comte – Pensées |
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| La patience est la plus héroïque des vertus, précisément parce qu’elle n’a pas la moindre apparence d’héroïsme. |
| LEOPARDI Giacomo, comte – Zibaldone, I, 223 |
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| La vie est ainsi faite que, pour la supporter, il faut chaque jour la déposer pour reprendre haleine, et se restaurer par un avant-goût et comme une petite part de mort. |
| LEOPARDI Giacomo, comte – Dix petites pièces philosophiques |
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| Le moyen le plus direct de gagner la renommée est d’affirmer avec une ferme assurance et le plus souvent possible qu’on la possède déjà. |
| LEOPARDI Giacomo, comte – Pensées |
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| Celui qui trouve ce qu’il cherche fait en général un bon travail d’écolier … Le vrai chercheur doit savoir faire attention aux signes qui révéleront l’existence d’un phénomène auquel il ne s’attend pas. |
| LEPRINCE-RINGUET Louis – Des atomes et des hommes, II, Psychologie nouvelle du chercheur |
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| L’homme n’est ni qu’une âme, ni un animal. L’homme est un animal transformé par la raison et uni à l’humanité. |
| LEROUX Pierre – De l’Humanité, Introduction |
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| L’homme ne supportera-t-il donc jamais deux vérités à la fois ? |
| LEROUX Pierre – De l’Humanité, Introduction |
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| Les vrais poètes sont toujours prophètes. |
| LEROUX Pierre – De l’Humanité, de son principe et de son avenir |
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| Voulez vous aimer : aimez-vous donc dans les autres ; car votre vie est dans les autres, et sans les autres votre vie n’est rien. |
| LEROUX Pierre – De l’Humanité, Doctrine, livre III, chapitre 3 |
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| Vouloir vivre, c’est accepter le mal. |
| LEROUX Pierre – De l’Humanité, Introduction |
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| Ne jamais prendre les gens pour des cons, mais ne jamais oublier qu’ils le sont. |
| LES INCONNUS |
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| Je dis que le but de la tragédie est le suivant : elle doit élargir notre capacité de ressentir la pitié. |
| LESSING Gotthold Ephraïm – Lettre à Nicolaï, nov. 1756 |
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| On a peu de besoins quand on est vivement touché de ceux des autres. |
| LESSING Gotthold Ephraïm – Manuel de morale, 7 |
|
| Une simple pensée de gratitude dirigée vers le ciel est la plus parfaite des prières. |
| LESSING Gotthold Ephraïm – Minna von Barnhelm, II, 7 |
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| La religion est raisonnable. Voilà ce qu’il faut dire à la philosophie … La raison est sainte. Voilà ce qu’il faut dire à l’Église. |
| LÉVI Éliphas (Alphonse Louis CONSTANT) – Dogme et Rituel de haute magie, Discours préliminaire. |
|
| Se créer soi-même, telle est la sublime vocation de l’homme, rétabli dans tous ses droits par le baptême de l’esprit. |
| LÉVI Éliphas (Alphonse Louis CONSTANT) – Dogme et Rituel de haute magie, Discours préliminaire. |
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| Achetez à bas prix, vendez cher, encaissez vite et payez tard. |
| LEVIN Dick |
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| C’est certainement une grande gloire pour le créateur que d’avoir mis sur pied un être capable d’athéisme. |
| LÉVINAS Emmanuel – Totalité et infini, La Hague, Martinus Nijhoff, 1961 |
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| L’espace intersubjectif est initialement asymétrique. |
| LÉVINAS Emmanuel – De l’existence à l’existant, Hypostase |
|
| La violence ne porte que sur un être à la fois saisissable et échappant à toute prise. |
| LÉVINAS Emmanuel – Totalité et infini, La Hague, Martinus Nijhoff, 1961 |
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| Le désir métaphysique n’aspire pas au retour, car il est désir d’un pays où nous ne naquîmes point. |
| LÉVINAS Emmanuel – Totalité et infini, La Hague, Martinus Nijhoff, 1961 |
|
| Gouverner, c’est choisir. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes politiques, XXIV |
|
| Il est encore plus facile de juger de l’esprit d’un homme par ses questions que par ses réponses. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes, préceptes et réflexions, XVIII |
|
| L’attention est le burin de la mémoire. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes et Réflexions |
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| L’ennui est une maladie dont le travail est le remède ; le plaisir n’est qu’un palliatif. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes, préceptes et réflexions, XXVII |
|
| L’homme s’ennuie du bien, cherche le mieux, trouve le mal, et s’y soumet, par crainte du pire. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes et Réflexions |
|
| L’oisiveté est la rouille de l’âme. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes, préceptes et réflexions, XXV |
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| Le génie crée, l’esprit arrange. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes, préceptes et réflexions, XXXIII |
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| Le passé est soldé, le présent vous échappe, soyez à l’avenir. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes, préceptes et réflexions, XXII |
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| Le prince habile dans l’art de gouverner les hommes se sert de leurs défauts pour réprimer leurs vices. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes politiques, LVI |
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| Le temps use l’erreur et polit la vérité. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes, préceptes et réflexions, X |
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| Les grands travailleurs ne valent rien pour les grandes places ; mais ils sont bons pour les emplois subalternes. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes politiques, XXII |
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| Noblesse oblige. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes et Réflexions |
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| Rien n’assure mieux le repos du cœur que le travail de l’esprit. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Pensées détachées, 57 |
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| Si vous étiez grand, vous ne monteriez pas sur des échasses. |
| LÉVIS Gaston, Duc de – Maximes, préceptes et réflexions, LXXVII |
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| Ce que d’abord vous montrez, voyages, c’est notre ordure lancée au visage de l’humanité. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – Tristes tropiques |
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| J’ai l’intelligence néolithique. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – Tristes Tropiques (Plon) |
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| La ressemblance n’est qu’un cas particulier de la différence, celui où la différence tend vers zéro. |
| LÉVI-STRAUSS Claude |
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| Le barbare, c’est d’abord l’homme qui croit à la barbarie. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – Race et Histoire |
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| Le jour où l’on parviendra à comprendre la vie comme une fonction de la matière inerte, ce sera pour découvrir que celle-ci possède des propriétés bien différentes de celles qu’on lui attribuait. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – La Pensée sauvage |
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| Le monde a commencé sans l’homme, et il s’achèvera sans lui. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – Tristes Tropiques (Plon) |
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| Le propre de la pensée sauvage est d’être intemporelle. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – La Pensée sauvage |
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| Les blancs proclamaient que les Indiens étaient des bêtes, les seconds se contentaient de soupçonner les premiers d’être des dieux. À ignorance égale, le dernier procédé était certes plus digne d’hommes. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – Tristes Tropiques |
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| Les mythes signifient l’esprit qui les élabore au moyen du monde dont il fait lui-même partie. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – Le Cru et le cuit |
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| Nous ne prétendons pas montrer comment les hommes pensent dans les mythes, mais comment les mythes se pensent dans les hommes, et à leur insu. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – Le Cru et le cuit |
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| Peut-être découvrirons-nous un jour que la même logique est à l’œuvre dans la pensée mythique et dans la pensée scientifique, et que l’homme a toujours pensé aussi bien. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – Anthropologie structurale (Plon) |
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| Qui dit homme dit langage, et qui dit langage dit société. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – Tristes Tropiques (Plon) |
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| Villes du Nouveau Monde: elles vont de la fraîcheur à la décrépitude sans s’arrêter à l’ancienneté. |
| LÉVI-STRAUSS Claude – Tristes Tropiques |
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| Il y a menace de totalitarisme chaque fois qu’une société nous fait devoir de tout dire. |
| LÉVY Bernard-Henri – La Barbarie à visage humain |
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| Aujourd’hui, j’ai permis au soleil de se lever plus tôt que moi. |
| LICHTENBERG Georg Christoph |
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| Avant de blâmer, il faudrait toujours chercher à voir si l’on ne peut d’abord excuser. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| C’est dommage, disait un Italien, que ce ne soit pas un péché de boire de l’eau. Comme elle semblerait bonne ! |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes |
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| Cherche à voir en toute chose quelque chose que personne n’a encore vu et auquel nul n’a jamais songé. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| Chez la plupart des hommes, l’incroyance en une chose est fondée sur la croyance aveugle en une autre. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes |
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| Donne à ton esprit l’habitude du doute et à ton cœur celle de la tolérance. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes |
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| En matière de prophétie, l’interprète est souvent un homme plus important que le prophète. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| Exerce, exerce tes forces, et ce qui aujourd’hui te coûte des efforts deviendra demain machinal. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| Faire exactement le contraire s’appelle aussi imiter, c’est même expressément imiter le contraire. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes |
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| Il est tout aussi agréable d’écouter la musique qu’il est déplaisant d’en entendre parler. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme, N 38 |
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| Il était tellement bavard qu’il se coupait lui-même la parole. |
| LICHTENBERG Georg Christoph |
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| Il faut, selon moi, compter au nombre des plus grandes découvertes faites tout récemment par la raison humaine l’art de juger les livres sans les avoir lus. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes |
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| Il se livrait au trafic d’opinions : il était professeur de philosophie. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes |
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| Il y a très peu de choses que nous puissions connaître par les cinq sens à la fois. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Pensées |
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| Je dois absolument écrire pour apprendre à estimer l’ampleur du chaos qui m’habite. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| L’Américain qui découvrit le premier Christophe Colomb fit une méchante découverte. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| La surface la plus passionnante de la terre, c’est, pour nous, celle du visage humain. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes, 3e cahier |
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| Le monde n’existe pas pour que nous le connaissions, mais pour que nous nous construisions en lui. C’est une idée kantienne. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| Le premier pas de la sagesse est de tout accuser ; le dernier, de tout concilier. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| Le trait d’esprit invente, l’entendement constate. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes |
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| Les arguments ne sont souvent, et la plupart du temps, que des expositions de prétentions colorant de légitimité et de rationalité ce que l’on aurait fait de toute façon. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| Les sabliers ne nous rappellent pas seulement le rapide cours du temps, mais la poussière où nous tomberons un jour. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| Les saints sculptés ont eu beaucoup plus d’influence dans le monde que les saints vivants. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes |
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| Notre conception de Dieu est-elle autre chose que la personnification de l’inconcevable ? |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes |
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| Nous ne voyons jamais de mots dans la nature, mais seulement des initiales de mots, et lorsqu’ensuite nous voulons lire, nous nous apercevons que les prétendus nouveaux mots ne sont à leur tour que les initiales d’autres mots. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes |
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| On peut se demander si lorsqu’on roue un assassin, on ne tombe pas dans l’erreur des enfants qui battent la chaise à laquelle ils se sont cognés. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes |
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| Pour que la religion soit appréciée de la masse, il faut nécessairement qu’elle garde quelque chose du haut goût de la superstition. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorismes, 1er cahier |
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| Quand tu lis l’histoire d’un grand criminel, avant de le maudire, remercie toujours le ciel bienveillant de ne t’avoir pas mis, avec ton visage honnête, au début d’un tel enchaînement de circonstances. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Aphorisme |
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| Quel est le plus utile, le soleil ou la lune ? La lune, bien entendu, elle brille quand il fait noir alors que le soleil brille quand il fait clair. |
| LICHTENBERG Georg Christoph |
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| Rien ne concourt davantage à la paix de l’âme que de n’avoir point d’opinion. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme, E 63 |
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| Un homme d’esprit dit souvent d’abord avec un sourire ce qu’il répétera sérieusement par la suite. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| Une grande voie lactée d’idées. |
| LICHTENBERG Georg Christoph – Le miroir de l’âme |
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| Les hommes font les lois ; les femmes font les mœurs. |
| LIGNE Charles Joseph, prince de – Mémoire pour mon cœur accusé |
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| J’aime les gens distraits ; c’est une marque qu’ils ont des idées et qu’ils sont bons. Car les méchants et les sots ont toujours de la présence d’esprit. |
| LIGNE Prince Charles de – Mes écarts |
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| Des mesures non constitutionnelles peuvent devenir légitimes quand elles sont indispensables. |
| LINCOLN Abraham |
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| Dieu doit aimer les gens ordinaires, il en a fait tellement. |
| LINCOLN Abraham |
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| En donnant la liberté aux esclaves, nous assurons celle des hommes libres. |
| LINCOLN Abraham – Second message annuel au Congrès (décembre 1862) |
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| Que l’on me donne six heures pour couper un arbre, j’en passerai quatre à préparer ma hache. |
| LINCOLN Abraham |
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| Si l’esclavage n’est pas mauvais, rien n’est mauvais. |
| LINCOLN Abraham – Lettre à A. G. Hodges, 1864 |
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| On vit de ce que à quoi l’on renonce. |
| LISPECTOR Clarice – Le bâtisseur de ruines |
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| Quel est le suprême bonheur, ici-bas ? C’est d’écouter la chanson d’une petite fille qui s’éloigne après vous avoir demandé son chemin. |
| LI-TAI-PO – Poèmes |
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| Celui qui veut faire un emploi sérieux de la vie doit toujours agir comme s’il avait à vivre longuement et se régler comme s’il lui fallait mourir prochainement. |
| LITTRÉ Émile – Dictionnaire de la langue française |
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| La franchise ne consiste pas à dire tout ce que l’on pense, mais à penser tout ce que l’on dit. |
| LIVRY H. de |
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| La politesse est la première et la plus engageante de toutes les vertus sociales. |
| LOCKE John – Quelques pensées sur l’éducation |
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| La vertu est généralement approuvée, non parce qu’elle est innée, mais parce qu’elle est utile. |
| LOCKE John – Essai sur l’entendement humain |
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| Jésus annonçait le Royaume et c’est l’Église qui est venue. |
| LOISY Alfred |
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| La vérité oblige à dire qu’il n’y a vraisemblablement pas de flammes en enfer. Car les damnés ne pourraient pas rester en vie jour l’éternité dans une telle chaleur. Il nous apparaît plus vraisemblable que l’enfer soit semblable à un gigantesque four dont la température devrait se situer précisément entre 64 et 73 degrés. Les expériences répétées auxquelles nous nous sommes livrés démontrent en effet que c’est entre ces deux températures que l’homme ressent d’infinies souffrances sans encourir toutefois le risque d’en mourir. En dessous de cette chaleur, l’homme serait certes incommodé, mais il ne souffrirait pas assez. Au-delà, par contre, son sang se mettrait à bouillir et l’homme, en mourant une seconde fois, échapperait à la damnation éternelle. |
| LOMBESCO Julius et T. – Contributions à 1’étude de la Bible et autres textes sacrés, Rome (1826). |
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| Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie. |
| LONDRES Albert |
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| Le pouls des amants bat sur leur visage. |
| LOPE DE VEGA Félix – Le cavalier d’Olmedo |
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| Je n’en veux point aux sots, j’en veux à la sottise. |
| LORENS Jacques du – Les satires du sieur de Lorens, VII |
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| On peut, à la rigueur, parvenir à la jouissance sans acquitter le prix d’un travail rude et pénible, mais non pas à la joie, cette « merveilleuse étincelle divine ». |
| LORENTZ Konrad – Les huit péchés capitaux de notre civilisation |
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| Car tel est notre plaisir. |
| LOUIS XI – Cette formule terminait tous les édits royaux depuis une ordonnance de Louis XI en 1472 |
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| En politique, il faut donner ce qu’on n’a pas, et promettre ce qu’on ne peut pas donner. |
| LOUIS XI |
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| C’est toujours l’impatience de gagner qui fait perdre. |
| LOUIS XIV |
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| J’ai failli attendre ! |
| LOUIS XIV – Attendant son carrosse |
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| L’État, c’est moi ! |
| LOUIS XIV – en 1655 |
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| Le travail n’épouvante que les âmes faibles. |
| LOUIS XIV |
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| Les princes dans tous les conseils doivent avoir pour première vue d’examiner ce qui peut leur donner ou leur ôter l’applaudissement du public. |
| LOUIS XIV – (Instructions au Dauphin) |
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| Mon enfant, vous allez être un grand roi. Ne m’imitez pas dans le goût que j’ai eu pour les bâtiments, ni dans celui que j’ai eu pour la guerre ; tâchez, au contraire, d’avoir la paix avec vos voisins. Rendez à Dieu ce que vous lui devez … Tâchez de soulager vos peuples, ce que je suis assez malheureux pour n’avoir pu faire. |
| LOUIS XIV – Dernières paroles au Dauphin (d.uc de Saint-Simon, Mémoires) |
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| Quand je donne une place, je fais un ingrat et cent mécontents. |
| LOUIS XIV |
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| Tout l’art de la politique est de se servir des conjonctures. |
| LOUIS XIV – Mémoires |
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| Ultima ratio regum (le dernier argument des rois). |
| LOUIS XIV – Maxime qu’il fit graver sur les canons de ses armées. |
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| – C’est une révolte ? – Non, Sire, c’est une révolution. |
| LOUIS XVI – Dialogue entre Louis XVI et le duc de La Rochefoucauld le 15 juillet 1789 |
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| Le peuple français est incapable d’un régicide. |
| LOUIS XVI |
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| Les Français sont inquiets et murmurateurs, les rênes du gouvernement ne sont jamais conduites à leur gré. Ils crient, ils se plaignent, il murmurent éternellement. |
| LOUIS XVI – Réflexions sur les entretiens avec le duc de la Vauguyon |
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| L’exactitude est la politesse des rois. |
| LOUIS XVIII |
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| Il n’y a point de naturel sans négligences, principalement dans le dialogue. |
| LOUVET Jean-Baptiste – Les Amours du chevalier de Faublas |
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| L’amour humain ne se distingue du rut stupide des animaux que par deux fonctions divines : la caresse et le baiser. |
| LOUYS Pierre |
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| Une page bien écrite est celle dont on ne saurait enlever une syllabe sans fausser la mesure de la phrase. |
| LOUYS Pierre – Poétique, VI |
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| Il ne s’agit pas d’adapter le christianisme aux hommes, mais d’adapter les hommes au Christ. |
| LUBAC Henri de – Paradoxes, II |
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| La souffrance est le fil dont l’étoffe de la joie est tissée. |
| LUBAC Henri de – Paradoxes, II |
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| Si les civilisations industrielles sont naturellement athées, les civilisations agricoles sont aussi naturellement païennes. La foi au vrai Dieu est toujours une victoire. |
| LUBAC Henri de – De la connaissance de Dieu, VI |
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| Toute époque a toujours été la pire. Et s’il y en a qui furent vraiment pires, ce sont elles qui enfantèrent les plus grandes choses. |
| LUBAC Henri de – Nouveaux Paradoxes, III |
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| Les grandeurs s’effondrent sur elles-mêmes. |
| LUCAIN – Pharsale, I, 81 |
|
| J’ai remarqué que les gens qui sont en retard sont d’habitude de bien meilleure humeur que ceux qui ont dû les attendre. |
| LUCAS E.V. |
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| Le commencement est la moitié du tout. |
| LUCIEN – Le songe, 3 |
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| Il est doux, quand sur la vaste mer les vents soulèvent les flots, d’apercevoir du rivage les périls d’autrui. |
| LUCRÈCE – De la nature, II, 1, 2 |
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| Tant la religion fut l’instigatrice de crimes ! |
| LUCRÈCE – De la nature, I, 102 |
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| Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. |
| LUTHER KING Martin |
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| Quand les talons claquent, l’esprit se vide. |
| LYAUTEY Louis Hubert Gonzalve, Maréchal |
|
| Le dialogue véritable consiste à s’appuyer sur l’idée de son interlocuteur, non à la démolir. |
| LYTTON Edward George Bulwer Lytton, Ier baron |
|
| Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif. Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini. |
| MAC ARTHUR Douglas |
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| Ce qui compte dans la sauvegarde des condors et de leurs congénères, ce n’est pas tant que nous avons besoin des condors, mais que nous avons besoin des qualités humaines nécessaires pour les sauver. Car ce sont précisément celles-là mêmes qu’il nous faut pour nous sauver nous-mêmes. |
| MAC MILLAN Ian – écologiste américain |
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| Les mots sont plus mystérieux que les faits. |
| MAC ORLAN (Pierre Dumarchey, dit) – La Petite Cloche de Sorbonne |
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| Il est très difficile d’imaginer quelque chose de simple. |
| MAC ORLAN Pierre Dumarchais, dit – Villes (Gallimard) |
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| Quand on possède le monde des gens exceptionnels, on finit toujours par en rencontrer partout. |
| MAC ORLAN Pierre Dumarchais, dit – Le Bal du pont du Nord |
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| Nous tuons le temps, mais c’est lui qui nous enterre. |
| MACHADO DE ASSIS Joachim Maria |
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| Dans chaque grain de blé se cache une étoile. |
| MACHEN Arthur – Le grand dieu Pan |
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| Il y a si loin de la manière dont on vit à celle donc on devrait vivre, que celui qui tient pour réel et pour vrai ce qui devrait l’être sans doute, mais qui malheureusement ne l’est pas, court à une ruine inévitable. |
| MACHIAVEL Nicolas – Le Prince |
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| Le hasard gouverne un peu plus de la moitié de nos actions, et nous dirigeons le reste. |
| MACHIAVEL Nicolas |
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| Les hommes sages savent se faire toujours un mérite de ce que la nécessité les contraint de faire. |
| MACHIAVEL Nicolas – Discours sur la première Décade de Tite-Live, I, 51 |
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| N’importe qui peut voir ce que tu sembles être ; quelques rares seulement peuvent tâter ce que tu es. |
| MACHIAVEL Nicolas – Le Prince |
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| Que d’eau, que d’eau ! |
| MAC-MAHON Marie Edme Patrice Maurice, comte de – Mac-Mahon aurait eu ce mot devant le spectacle de graves inondations à Toulouse en 1875 |
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| Allez où vos yeux vous mènent, / Dieu les fermera demain. |
| MAETERLINCK Maurice – Treize chansons de l’âge mûr (Fasquelle) |
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| II n’arrive jamais de grands événements intérieurs à ceux qui n’ont rien fait pour les appeler à eux. |
| MAETERLINCK Maurice – La Sagesse et la destinée (Fasquelle) |
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| Il n’y a, en amour, de bonheur durable et complet que dans l’atmosphère translucide de la sincérité parfaite. Jusqu’à cette sincérité, l’amour n’est qu’une épreuve. |
| MAETERLINCK Maurice – Le double jardin |
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| L’intelligence est la faculté à l’aide de laquelle nous comprenons finalement que tout est incompréhensible. |
| MAETERLINCK Maurice – La Vie des termites (Fasquelle) |
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| Le silence est l’élément dans lequel se forment les grandes choses. |
| MAETERLINCK Maurice – Le Trésor des humbles (Fasquelle) |
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| Les années apprennent peu à peu, à tout homme, que la vérité seule est merveilleuse. |
| MAETERLINCK Maurice – La Vie des termites, Introduction |
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| On se trompe toujours lorsqu’on ne ferme pas les yeux pour pardonner ou pour mieux regarder en soi-même. |
| MAETERLINCK Maurice – Pelléas et Mélisande |
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| S’il est incertain que la vérité que vous allez dire soit comprise, taisez-la. |
| MAETERLINCK Maurice – Le Double Jardin, Fasquelle |
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| Si j’étais Dieu, j’aurais pitié du cœur des hommes. |
| MAETERLINCK Maurice – Pelléas el Mélisande |
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| Une vertu n’est qu’un vice qui s’élève au lieu de s’abaisser ; et une qualité n’est qu’un défaut qui sait se rendre utile. |
| MAETERLINCK Maurice – Le double jardin, Portrait de femme |
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| Si les genoux se pliaient dans l’autre sens, à quoi ressembleraient les chaises ? |
| MAGDANE Roland |
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| L’Église dit que la terre est plate, mais j’ai vu l’ombre sur la lune et j’ai plus foi en l’ombre qu’en l’Église. |
| MAGELLAN Fernand de |
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| La vie est sage de nous tromper, car si elle nous disait dès le début ce qu’elle nous réserve, nous refuserions de naître. |
| MAHFOUZ Naguib |
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| Il faut opter entre ce monde et le monde intérieur. |
| MAINE DE BIRAN – Essai sur les fondements de la psychologie |
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| J’assiste à ma mort avec les forces entières de ma vie. |
| MAINE DE BIRAN – Journal, 21 avril 1815 |
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| Le centre-droit représente la vraie opinion de la France. |
| MAINE DE BIRAN – Journal, 18 décembre 1821 |
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| L’abnégation résout bien des problèmes de l’existence féminine. |
| MAINTENON Françoise d’Aubigné, marquise de |
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| Mesdames, souriez afin que plus tard vos rides soient bien placées. |
| MAINTENON Françoise d’Aubigné, marquise de |
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| Ce ne sont point les hommes qui mènent la révolution, c’est la révolution qui emploie les hommes. |
| MAISTRE Joseph de – Considérations sur la France |
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| C’est l’imagination qui perd les batailles. |
| MAISTRE Joseph de – Les Soirées de Saint-Pétersbourg |
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| Il y a dans la révolution française un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra. |
| MAISTRE Joseph de – Considérations sur la France |
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| L’effet principal du jeu, qui le met au rang des institutions les plus précieuses, c’est qu’il force les hommes à se regarder. |
| MAISTRE Joseph de – Cinq paradoxes à Mme la Marquise Nav… |
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| Le christianisme a été prêché par des ignorants et cru par des savants, et c’est en quoi il ne ressemble à rien de connu. |
| MAISTRE Joseph de – Considérations sur la France |
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| Le glaive de la justice n’a pas de fourreau. |
| MAISTRE Joseph de – Les Soirées de Saint-Pétersbourg |
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| Les deux productions les plus informes de l’esprit humain sont l’Encyclopédie et la Constitution française. |
| MAISTRE Joseph de – Fragment sur la France |
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| Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite. |
| MAISTRE Joseph de – Lettres et Opuscules Inédits |
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| Ce qu’il y a de bon dans le Coran ne fait pas que le Coran soit un bon livre. |
| MALEBRANCHE Nicolas de – De la recherche de la vérité, Livre II, 3e partie, 4 |
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| Dieu connaît les choses sensibles, mais il ne les sent pas. |
| MALEBRANCHE Nicolas de – De la recherche de la vérité, Livre III, 2e partie, 6 |
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| Il faut toujours rendre justice avant que d’exercer la charité. |
| MALEBRANCHE Nicolas de – Traité de morale |
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| Il n’est pas au pouvoir de notre volonté de ne pas souhaiter d’être heureux. |
| MALEBRANCHE Nicolas de – De la recherche de la vérité |
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| L’attention de l’esprit est une prière naturelle, par laquelle nous obtenons que la raison nous éclaire. |
| MALEBRANCHE Nicolas de – Traité de morale, première partie, chapitre 5 |
|
| L’imagination est la folle du logis. |
| MALEBRANCHE Nicolas de – Recherche de la vérité, II |
|
| Les préjugés occupent une partie de l’esprit et en infectent tout le reste. |
| MALEBRANCHE Nicolas de – De la recherche de la vérité, Livre II, 2e partie, 7 |
|
| Nous serons semblables à Dieu, si nous sommes semblables à l’Homme-Dieu. |
| MALEBRANCHE Nicolas de – De la recherche de la vérité, Livre III, 2e partie, 6 |
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| Nous voyons toutes choses en Dieu. |
| MALEBRANCHE Nicolas de – De la recherche de la vérité, Livre III, 2e partie, 6 |
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| Je ne trouve la paix qu’à me faire la guerre. |
| MALHERBE François de – Stances |
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| La moisson de nos champs lassera les faucilles, / Et les fruits passeront la promesse des fleurs. |
| MALHERBE François de – Poésies |
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| La Mort a des rigueurs à nulle autre pareille. / On a beau la prier, / La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles, / Et nous laisse crier. |
| MALHERBE François de – Poésies |
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| La nuit est déjà proche à qui passe midi. |
| MALHERBE François de – Stances |
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| Mais elle était du monde où les plus belles choses / Ont le pire destin / Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, / L’espace d’un matin. |
| MALHERBE François de – Poésies, XVIII, Consolation à Monsieur Du Périer |
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| Au fond, voyez-vous, le monde est fait pour aboutir à un beau livre. |
| MALLARMÉ Stéphane – Proses diverses, Réponses à des enquêtes, Sur l’évolution littéraire |
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| Donner un sens plus pur aux mots de la tribu. |
| MALLARMÉ Stéphane – Poésies, Hommages et tombeaux, Le Tombeau d’Edgar Poe |
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| Je goûterai le fard pleuré par tes paupières, / Pour voir s’il sait donner au cœur que tu frappas / L’insensibilité de l’azur et des pierres. |
| MALLARMÉ Stéphane – Poésies |
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| Je me figure, sans doute par un indéracinable préjugé d’écrivain, que rien ne demeurera sans être proféré. |
| MALLARMÉ Stéphane – Crayonné au théâtre, Variations sur un sujet, Crise de vers |
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| La chair est triste, hélas ! Et j’ai lu tous les livres. / Fuir ! Là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres / D’être parmi l’écume inconnue et les cieux ! |
| MALLARMÉ Stéphane – Poésies, « Brise marine », Gallimard |
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| Le monde est fait pour aboutir à un beau livre. |
| MALLARMÉ Stéphane – Réponse à des enquêtes, « Sur l’évolution littéraire » |
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| Le Néant parti, reste le château de la pureté. |
| MALLARMÉ Stéphane – Igitur, V |
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| Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui… |
| MALLARMÉ Stéphane – Poésies, Plusieurs sonnets, I |
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| Mais, ô mon cœur, entend le chant des matelots ! |
| MALLARMÉ Stéphane – Poésies, Brise marine |
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| Nommer un objet, c’est supprimer trois quarts de la jouissance du poème qui est faite du bonheur de deviner peu à peu ; le suggérer, voilà le rêve. |
| MALLARMÉ Stéphane – Réponse à des enquêtes, Sur l’évolution littéraire, 1891 |
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| Nous sommes / La triste opacité de nos spectres futurs. |
| MALLARMÉ Stéphane – Poèmes en prose, Toast funèbre |
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| Ô mort, le seul baiser aux bouches taciturnes ! |
| MALLARMÉ Stéphane – Poésies, le Guignon |
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| Où fuir dans la révolte inutile et perverse ? Je suis hanté. L’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! |
| MALLARMÉ Stéphane – Poèmes en prose, l’Azur |
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| Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change, / Le poète suscite avec un glaive nu / Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu / Que la mort triomphait dans cette voix étrange ! |
| MALLARMÉ Stéphane – Poésies, Hommages et tombeaux, Le Tombeau d’Edgar Poe |
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| Tout poème composé autrement qu’en vue d’obéir au vieux génie du vers, n’en est pas un. |
| MALLARMÉ Stéphane – Crayonné au théâtre, Solennité |
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| Toute pensée émet un coup de dés. |
| MALLARMÉ Stéphane – Un coup de dés jamais n’abolira le hasard |
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| Un coup de dé jamais / Quand bien même lancé dans des circonstances éternelles / Du fonds d’un naufrage / n’abolira le hasard. |
| MALLARMÉ Stéphane |
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| Un grand écrivain se remarque au nombre de pages qu’il ne publie pas. |
| MALLARMÉ Stéphane |
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| Un peu profond ruisseau calomnié : la mort. |
| MALLARMÉ Stéphane – Poésies, Hommages et tombeaux, Anniversaire, janvier 1897 |
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| Ce n’est pas l’impossible qui désespère, mais le possible non atteint. |
| MALLET Robert – Apostilles (1972) |
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| Combien d’esprits pessimistes finissent par désirer ce qu’ils craignent, pour avoir raison. |
| MALLET Robert – Apostilles (Gallimard, 1972) |
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| L’art est un cheminement studieux vers une école buissonnière. |
| MALLET Robert – Apostilles (Gallimard) |
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| L’astrologue Cardan se suicida à la date qu’il avait calculée comme devant être celle de son décès. On ne saurait mieux se donner raison. |
| MALLET Robert – Apostilles (1972) |
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| On s’humilie par orgueil. On accepte d’être humilié par humilité. |
| MALLET Robert – Apostilles (Gallimard) |
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| Celui qui se tue court après une image qu’il s’est formée de lui-même. On ne se tue jamais que pour exister. |
| MALRAUX André – La Voie royale (Grasset) |
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| D’une façon générale, le courage personnel d’un chef est d’autant plus grand qu’il a une plus mauvaise conscience de chef. |
| MALRAUX André – L’Espoir, Première partie, II, Exercice de l’Apocalypse II, 1 |
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| Dans la Résistance, la France reconnaissait ce qu’elle aurait voulu être, plus que ce qu’elle avait été. |
| MALRAUX André – Antimémoires |
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| Dans un univers passablement absurde, il y a quelque chose qui n’est pas absurde, c’est ce que l’on peut faire pour les autres. |
| MALRAUX André |
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| Et le Christ ? – C’est un anarchiste qui a réussi. C’est le seul. |
| MALRAUX André – L’Espoir |
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| Être aimé sans séduire est un des beaux destins de l’homme. |
| MALRAUX André – L’Espoir, Gallimard |
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| Il y a des guerres justes, il n’y a pas d’armées justes. |
| MALRAUX André – L’Espoir (Gallimard) |
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| J’ai appris qu’une vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut une vie. |
| MALRAUX André – Les Conquérants (Gallimard) |
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| Je vois dans l’Europe une barbarie attentivement ordonnée, où l’idée de la civilisation et celle de l’ordre sont chaque jour confondues. |
| MALRAUX André – La Tentation de l’Occident |
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| L’art est un anti-destin. |
| MALRAUX André – Les Voix du silence |
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| L’œuvre surgit dans son temps et de son temps, mais elle devient œuvre d’art par ce qui lui échappe. |
| MALRAUX André – La Métamorphose des dieux, Première partie, Introduction |
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| La culture nous apparaît d’abord comme la connaissance de ce qui a fait de l’homme autre chose qu’un accident de l’univers. |
| MALRAUX André |
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| La Joconde sourit parce que tous ceux qui lui ont dessiné des moustaches sont morts. |
| MALRAUX André |
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| La musique seule peut parler de la mort. |
| MALRAUX André – La Condition humaine, Gallimard |
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| La tragédie de la mort est en ceci qu’elle transforme la vie en destin. |
| MALRAUX André – L’Espoir, Gallimard |
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| La vie est une matière, il s’agit de savoir ce que l’on en fait. |
| MALRAUX André |
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| L’artiste crée moins pour s’exprimer qu’il ne s’exprime pour créer. |
| MALRAUX André |
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| Le chef-d’oeuvre est garant du génie, le génie n’est pas garant du chef-d’oeuvre. |
| MALRAUX André – Antimémoires |
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| Le génie du vitrail finit quand le sourire commence. |
| MALRAUX André – Les Voix du silence |
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| Le grand intellectuel est l’homme de la nuance, du degré, de la qualité, de la vérité en soi, de la complexité. II est par définition, par essence, antimanichéen. Or, les moyens de l’action sont manichéens parce que toute action est manichéenne. |
| MALRAUX André – L’Espoir, Deuxième partie, Le Manzanares, l , II, « Sang de gauche », 12 |
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| Le monde de l’art n’est pas celui de l’immortalité, c’est celui de la métamorphose. |
| MALRAUX André – Antimémoires, Gallimard |
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| Le plus difficile n’est pas d’être avec ses amis quand ils ont raison, mais quand ils ont tort. |
| MALRAUX André |
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| Le seul domaine où le divin soit visible est l’art, quelque nom qu’on lui donne. |
| MALRAUX André – La Métamorphose des Dieux |
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| Les grands artistes ne sont pas les transcripteurs du monde, ils en sont les rivaux. |
| MALRAUX André – Les Voix du silence, Troisième partie, La création artistique, III |
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| Les hommes ne meurent que pour ce qui n’existe pas |
| MALRAUX André – L’Espoir, Première partie, II, Exercice de l’Apocalypse II, 54 |
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| L’homme est né lorsque pour la première fois, devant un cadavre, il a chuchoté : Pourquoi ? |
| MALRAUX André |
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| Notre relation avec l’art, depuis plus d’un siècle, n’a cessé de s’intellectualiser. |
| MALRAUX André – Les voix du Silence, 1ère partie : le Musée Imaginaire |
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| On ne connaît jamais un être, mais on cesse parfois de sentir qu’on l’ignore. |
| MALRAUX André – La Condition humaine (Gallimard) |
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| On ne fait pas de politique avec la morale ; mais on n’en fait pas davantage sans. |
| MALRAUX André |
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| Qu’est-ce que l’art ? Nous sommes portés à répondre : ce par quoi les formes deviennent style. |
| MALRAUX André – Les Voix du silence, Première partie, Le musée imaginaire, V |
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| Que m’importe ce qui n’importe qu’à moi ? |
| MALRAUX André – Antimémoires |
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| Quel génie ne sauva ses enfances ? |
| MALRAUX André – Le Triangle noir |
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| Reconnaître la liberté d’un autre c’est lui donner raison contre sa propre souffrance. |
| MALRAUX André – La Condition humaine (Gallimard) |
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| S’il existe une solitude où le solitaire est un abandonné, il en existe une où il n’est solitaire que parce que les hommes ne l’ont pas encore rejoint. |
| MALRAUX André – Le Triangle noir |
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| Tout sadisme semble la volonté délirante d’une impossible possession. |
| MALRAUX André – Le Triangle noir (Gallimard) |
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| Toute action est manichéenne. |
| MALRAUX André – L’Espoir (Gallimard) |
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| Toute douleur qui n’aide personne est absurde. |
| MALRAUX André – La Condition humaine |
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| Toute œuvre d’art survivante est amputée, et d’abord de son temps. |
| MALRAUX André – Les Voix du silence |
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| Une Vérité existe au-delà de l’apparence, elle existe pour tout art sacré, quelle que soit la foi sur laquelle il se fonde. |
| MALRAUX André – La métamorphose des dieux, t. l, 1ère partie. |
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| La difficulté n’est pas de faire des enfants, mais de les nourrir. |
| MALTHUS Thomas Robert |
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| La lecture est l’apothéose de l’écriture. |
| MANGUEL Alberto – Une histoire de la lecture |
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| Nous sommes ce que nous lisons. |
| MANGUEL Alberto – Une histoire de la lecture |
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| Chaque instant de la vie est un pas vers la mort. |
| MANILIUS – Astronomica, IV, 16 |
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| Est vrai ce qui convient à l’homme. En lui, toute la nature est concentrée, lui seul a été créé dans toute la nature, et toute la nature n’est faite que pour lui. Il est la mesure des choses, et son salut est le critère de la vérité. |
| MANN Thomas – La Montagne magique, t. II, p.87 |
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| La décision est une belle chose, mais le vrai principe fécond, par conséquent le vrai principe artistique, c’est la réserve. |
| MANN Thomas – Goethe et Tolstoï |
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| La politique est une guerre sans effusion de sang, et la guerre une politique avec effusion de sang. |
| MAO ZEDONG ou Mao Tsé-Toung – Citations du président Mao Tsé-Toung, V |
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| Les réactionnaires sont des tigres en papier. |
| MAO ZEDONG ou Mao Tsé-Toung – Citations du président Mao Tsé-Toung, VI |
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| On ne peut abolir la guerre que par la guerre. Pour qu’il n’y ait plus de fusils, il faut prendre le fusil. |
| MAO ZEDONG ou Mao Tsé-Toung – Citations du président Mao Tsé-Toung, V |
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| Les absurdités d’hier sont les vérités d’aujourd’hui et les banalités de demain. |
| MARANDOTTI A. |
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| C’est par la violence qu’on doit établir la liberté, et le moment est venu d’organiser momentanément le despotisme de la liberté pour écraser le despotisme des rois |
| MARAT Jean-Paul – L’Ami du peuple, 1792 |
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| Toujours une aveugle obéissance suppose une ignorance extrême. |
| MARAT Jean-Paul – Plan de législation criminelle |
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| Dire du mal de soi est le seul moyen de parler de soi sans ennuyer les autres. |
| MARBEAU Eugène – Remarques et pensées, Paris Ollendorf 1901 [BnF], p.139 |
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| La calomnie, comme la foudre, menace les sommets. |
| MARBEAU Eugène – Remarques et pensées, Paris Ollendorf 1901 [BnF], p.73 |
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| Pessimisme, signe d’impuissance. |
| MARBEAU Eugène – Pensées. |
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| Accoutume-toi à être intérieurement attentif aux paroles : entre le plus possible dans l’âme de celui qui te parle. |
| MARC-AURÈLE – Pensées, VI, 53 |
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| Ce qui n’est pas utile à l’essaim n’est pas non plus utile à l’abeille. |
| MARC-AURÈLE – Pensées, Les Stoïciens, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1962, VI (54) p.1188 |
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| Ce qui n’est pas nuisible à la cité ne l’est pas non plus au citoyen. Applique cette règle à tout ce qui te paraît être nuisible : Si cela ne nuit pas à la cité, cela ne me nuit pas non plus. |
| MARC-AURÈLE – Pensées, 5, 22 |
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| Dès l’aurore, dis-toi d’avance : je rencontrerai un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, un envieux, un égoïste. |
| MARC-AURÈLE – Pensées, II, 1 |
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| Développe en toi l’indépendance à tout moment, avec bienveillance, simplicité et modestie. |
| MARC-AURÈLE – Pensées pour moi-même |
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| Fouille en dedans. C’est en dedans qu’est la source du bien et elle peut jaillir sans cesse si tu fouilles toujours. |
| MARC-AURÈLE – Pensées, VII, 59 |
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| La faute d’un autre, il faut la laisser là où elle est. |
| MARC-AURÈLE – Pensées, IX, 20 |
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| La meilleure façon de se défendre est de ne pas imiter l’offenseur. |
| MARC-AURÈLE – Pensées pour moi-même |
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| La philosophie consiste à veiller sur le dieu intérieur. |
| MARC-AURÈLE – Pensées, II, 17 |
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| Les conséquences de la colère sont beaucoup plus graves que ses causes. |
| MARC-AURÈLE |
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| Lorsqu’un homme a commis une faute contre toi, imagine aussitôt quelle opinion il peut avoir du bien ou du mal pour avoir commis une telle faute. |
| MARC-AURÈLE – Pensées |
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| Prends garde de ne pas avoir, à l’égard des misanthropes, les sentiments que les misanthropes ont à l’égard des hommes. |
| MARC-AURÈLE – Pensées, VII, 65 ; Les Stoïciens, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1962, VII (65) p.1198 |
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| Tu peux, à l’heure que tu veux, te retirer en toi-même. Nulle retraite n’est plus tranquille ni moins troublée pour l’homme que celle qu’il trouve en son âme. |
| MARC-AURÈLE |
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| Voici la morale parfaite : vivre chaque jour comme si c’était le dernier ; ne pas s’agiter, ne pas sommeiller, ne pas faire semblant. |
| MARC-AURÈLE – Pensées, Les Stoïciens, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1962, VII (69) p.1199 |
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| Ce dont l’existence pourrait être démontrée ne serait pas et ne pourrait pas être Dieu. |
| MARCEL Gabriel – Journal métaphysique (Gallimard) |
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| Exister, c’est coexister. |
| MARCEL Gabriel – Présence et immortalité (Flammarion) |
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| L’essence de l’homme ne serait-elle pas d’être un être qui peut témoigner ? |
| MARCEL Gabriel – Être et Avoir, Aubier |
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| La fidélité ne s’affirme vraiment que là où elle défie l’absence. |
| MARCEL Gabriel – Du refus à l’invocation (Gallimard) |
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| La réalité ne peut pas être inférieure à nos plus hautes pensées. |
| MARCEL Gabriel – La chapelle ardente |
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| Le plus amusant des mensonges c’est de faire semblant de croire un menteur. |
| MARCHAND Léopold |
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| Adoptez la devise du cadran solaire : je ne marque que les heures ensoleillées. |
| MARDEN Orison Sweet |
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| L’application stricte et universelle de la loi serait le plus abominable des despotismes et la plus grande des iniquités. |
| MARET Henry – Pensées et opinions, Paris, Flammarion 1903 [BnF], p.210 |
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| La loi ne doit pas être de fer, comme le pensent les niais, mais de caoutchouc. Elle doit toujours être interprétée libéralement. |
| MARET Henry – Pensées et opinions, Paris, Flammarion 1903 [BnF], p.210 |
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| On ne peut pas être neutre. Le silence est une opinion. |
| MARET Henry – Pensées et opinions, Paris, Flammarion 1903 [BnF], p.253 |
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| Elle pensait que l’occasion faisait le péché, et ne savait pas que le péché forge l’occasion. |
| MARGUERITE de Navarre – Heptaméron, 30ème nouvelle |
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| Jamais homme n’aimera parfaitement Dieu qu’il n’ait parfaitement aimé quelque créature en ce monde. |
| MARGUERITE de Navarre – Heptaméron, 19ème nouvelle |
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| L’habit est si loin de faire le moine, que bien souvent, par orgueil, il le défait. |
| MARGUERITE de Navarre – Heptaméron, 48e nouvelle |
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| L’angoisse ne vaut rien comme catégorie philosophique. Elle n’est pas la matière dont on fait la philosophie, non plus que l’eau celle dont on fait les scaphandres. |
| MARITAIN Jacques – Court traité de l’existence et de l’existant |
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| Le christianisme n’a plus à compter sur l’aide et la protection des structures sociales. C’est à lui, au contraire, d’aider et protéger ces structures en s’appliquant à les imprégner de son esprit. |
| MARITAIN Jacques – Le Paysan de la Garonne, chap. 3, 2 |
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| Non seulement l’état d’esprit démocratique vient de l’inspiration évangélique, mais il ne peut pas subsister sans elle. |
| MARITAIN Jacques – Christianisme et démocratie. La vraie essence de la démocratie. |
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| Si vous voulez faire une œuvre chrétienne, soyez chrétien et cherchez à faire œuvre belle, où passera votre cœur ; ne cherchez pas à « faire chrétien ». |
| MARITAIN Jacques – Art et scolastique, VII |
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| En général, personne ne marque tant de zèle pour adoucir vos peines, que les fourbes qui les ont causées et qui y gagnent. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – La Vie de Marianne, première partie |
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| Faire oraison pour se dire : je la fais ; porter à l’église des livres de dévotion pour les manier, les ouvrir et les lire ; se retirer dans un coin, s’y tapir pour y jouir superbement d’une posture de méditatifs, s’exciter à des transports pieux, afin de croire qu’on a une âme bien distinguée … Revenir de là tout gonflé de respect pour soi-même, et d’une orgueilleuse pitié pour les âmes ordinaires. S’imaginer ensuite qu’on a acquis le droit de se délasser de ses saints exercices par mille petites mollesses qui soutiennent une santé délicate. Tels sont ceux que j’appelle des dévots. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Paysan parvenu, première partie |
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| Il faut se redresser pour être grand : il n’y a qu’à rester comme on est pour être petit. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – La Vie de Marianne, troisième partie |
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| Il n’y a point de plaisir qui ne perde à être connu. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Paysan parvenu, quatrième partie |
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| Il ne me le dit plus : il ne fait que me répéter. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Jeu de l’amour et du hasard, acte III, scène 3 |
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| J’appelai vainement la raison à mon aide : / Elle irrite l’amour, loin d’y porter remède. / Quand sur ma folle ardeur elle m’ouvrit les yeux, / En rougissant d’aimer, je n’en aimais que mieux. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Annibal, acte I, scène 1 |
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| Jamais on ne prie mieux que quand l’esprit et la chair sont contents, et prient ensemble. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Paysan parvenu, cinquième partie |
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| Je crois que ceux qui font des livres les feraient bien meilleurs, s’ils ne voulaient pas les faire si bons ; mais, d’un autre côté, le moyen de ne pas vouloir les faire bons ? Ainsi, nous ne les aurons jamais meilleurs. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Cabinet du philosophe (1734), Journaux et Œuvres diverses, Classiques Garnier 1988, p.351 |
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| La gloire de pardonner à ses ennemis vaut bien l’honneur de les haïr toujours. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Triomphe de l’amour, III, 3 |
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| Les dévots prennent leur haine contre vous pour une preuve que vous ne valez rien. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Paysan parvenu, troisième partie |
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| Les domestiques sont haïssables : il n’y a pas jusqu’à leur zèle qui ne vous désoblige. C’est toujours de travers qu’ils vous servent. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Legs, scène 7 |
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| Les reproches durs ne réussissent point ; ce sont des affronts qui ne corrigent personne, et nos torts disparaissent dès qu’on nous offense. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – La Vie de Marianne, neuvième partie |
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| Nous marier ? Des gens qui s’aiment ! Y songez-vous ? Que vous a fait l’amour pour le pousser à bout ? |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Petit Maître corrigé, acte Il, scène 6 |
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| On aime tant Dieu, quand on a besoin de lui ! |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Paysan parvenu |
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| On ne s’aperçoit presque pas qu’un homme ne dit mot, quand il écoute attentivement ; du moins s’imagine-t-on toujours qu’il va parler : et bien écouter, c’est presque répondre. |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Paysan parvenu, quatrième partie |
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| Toutes les dévotes se dédommagent des péchés qu’elles ne font pas par le plaisir de savoir les péchés des autres ; c’est toujours autant de pris… |
| MARIVAUX Pierre de Chamblain de – Le Paysan parvenu, deuxième partie |
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| Les hommes compatissent avec plaisir : mais ils n’admirent qu’à regret. |
| MARMONTEL Jean-François – Réflexions sur la tragédie |
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| Pour être aimé, aime. |
| MARTIAL – Livre VI, Épigramme 1, 10 |
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| Il est des moments où il ne vous resterait plus aucun droit si l’on ne pouvait mépriser. |
| MARTIN DU GARD Maurice – Petite Suite de maximes et de caractères (Flammarion) |
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| Il y a des hommes si intelligents qu’on se demande si quelque chose peut encore les intéresser. |
| MARTIN DU GARD Maurice – Petite suite de maximes et de caractères |
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| La vie serait impossible si l’on se souvenait. Le tout est le choisir ce que l’on doit oublier. |
| MARTIN DU GARD Maurice – Petite suite de maximes et de caractères |
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| Il y a deux façons d’être spirituel : par l’esprit qu’on met dans ce qu’on dit, et par celui qu’on met dans sa manière de le dire. |
| MARTIN DU GARD Roger – Les Thibault, Épilogue |
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| La pensée ne commence qu’avec le doute. |
| MARTIN DU GARD Roger – Correspondance avec A. Gide (Gallimard) |
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| La vie, c’est la victoire qui dure. |
| MARTIN DU GARD Roger – Jean Barois (Gallimard) |
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| Les vainqueurs prennent immédiatement les vices des vaincus. |
| MARTIN DU GARD Roger – Jean Barais, Troisième partie, La Fêlure, chap. 2 |
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| Si l’on ne fait pas le bien par goût naturel, que ce soit par désespoir ; ou du moins pour ne pas faire le mal. |
| MARTIN DU GARD Roger – Les Thibault. La mort du Père, X |
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| Tout écrit doit avoir les caractères et les qualités d’une construction. |
| MARTIN DU GARD Roger – Souvenirs |
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| Une conviction qui commence par admettre la légitimité d’une conviction adverse se condamne à n’être pas agissante. |
| MARTIN DU GARD Roger – Jean Barais, Deuxième partie, Le Semeur, chap. 2 |
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| La discrétion est ma devise. Je ne dis jamais rien. Même sur ma carte de visite, il n’y a rien d’écrit. |
| MARX Brothers |
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| Elle était belle comme la femme d’un autre. |
| MARX Groucho (Julius Marks, dit) |
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| Faites porter deux douzaines de roses à la chambre 424 et mettez « Émilie, je t’aime » au dos de la facture. |
| MARX Groucho (Julius Marks, dit) |
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| Il vaut mieux parfois ne rien dire et passer pour un imbécile, que de l’ouvrir et de confirmer qu’on en est un. |
| MARX Groucho (Julius Marks, dit) |
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| Il y a tellement de choses plus importantes que l’argent, mais il faut tellement d’argent pour les acquérir. |
| MARX Groucho (Julius Marks, dit) |
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| J’ai passé une excellente soirée. Mais ce n’était pas celle-ci. |
| MARX Groucho (Julius Marks, dit) – À une maîtresse de maison |
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| Je désire être incinéré et je veux que 10 % de mes cendres soient versées à mon impresario. |
| MARX Groucho (Julius Marks, dit) |
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| Je n’oublie jamais un visage… mais dans votre cas, je ferai une exception ! |
| MARX Groucho (Julius Marks, dit) – À une dame très laide |
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| Je vous donnerais bien ma place, mais elle est occupée. |
| MARX Groucho (Julius Marks, dit) – À une dame debout dans le métro |
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| Un homme est aussi jeune que la femme qu’il aime. |
| MARX Groucho (Julius Marks, dit) |
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| De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins. |
| MARX Karl – L’Idéologie allemande |
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| La production du capitalisme engendre, avec l’inexorabilité d’une loi de la nature, sa propre négation. |
| MARX Karl – Le Capital |
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| La religion est le soupir de la créature accablée, le cœur d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit d’une époque sans esprit. Elle est l’opium du peuple. |
| MARX Karl – Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel |
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| Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer. |
| MARX Karl – Thèses sur Feuerbach, XI |
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| Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! |
| MARX Karl – Manifeste du Parti Communiste |
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| La vraie, la seule histoire d’une personne humaine, c’est l’émergence graduelle de son voeu secret à travers sa vie publique. |
| MASSIGNON Louis – Un voeu et un destin : Marie-Antoinette, reine de France, dans Lettres nouvelles n° 30-31 |
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| Pour comprendre l’autre, il ne faut pas se l’annexer mais devenir son hôte. |
| MASSIGNON Louis – Opera minora |
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| Toute la révolte de l’Asie contre l’Europe provient de notre méconnaissance du droit sacré d’asile et d’hospitalité. |
| MASSIGNON Louis – Opera minora |
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| La source de nos chagrins est d’ordinaire dans nos erreurs. |
| MASSILLON Jean-Baptiste – Sermons, Sur le bonheur des justes |
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| Quiconque flatte ses maîtres les trahit. |
| MASSILLON Jean-Baptiste – Sermons, Sur la mort |
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| Tout ce que vous employez au-delà des besoins et des bienséances de votre état est une inhumanité et un vol que vous faites aux pauvres. |
| MASSILLON Jean-Baptiste – Sermons, Sur le petit nombre des élus |
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| Les fonctionnaires sont comme les livres d’une bibliothèque ; les moins utiles sont les plus haut placés. |
| MASSON Paul – Voici l’Homme |
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| Qui suis-je ? Dans quel état j’erre ? Où cours-je ? |
| MASURE Bruno – Comment se fait-ce (2004) |
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| C’est bien la première fois qu’on m’aura pour douze balles. |
| MATA HARI (Margaretha Gertruda Zelle, dite) – Avant de mourir fusillée. |
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| Pourquoi les femmes charmantes épousent-elles toujours des hommes insignifiants ? Parce que les hommes intelligents n’épousent pas les femmes charmantes. |
| MAUGHAM Somerset – L’envoûte, chap. II |
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| Il y a trois règles à respecter pour écrire un roman. Malheureusement, personne ne les connaît. |
| MAUGHAM William Somerset |
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| Je me place au premier rang des écrivains de second ordre. |
| MAUGHAM William Somerset |
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| L’amour platonique est un revolver dont on fait semblant d’ignorer qu’il est chargé. |
| MAUGHAM William Somerset |
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| J’ai la vérole, enfin, la vraie …. Et j’en suis fier, malheur, et je méprise par-dessus tout les bourgeois. Alléluia, j’ai la vérole, par conséquent je n’ai plus peur de l’attraper. |
| MAUPASSANT Guy de – Correspondance |
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| La moindre chose contient un peu d’inconnu. Trouvons-le. |
| MAUPASSANT Guy de – Pierre et Jean, Préface |
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| Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit « Amuse-toi. » Il s’amuse. On lui dit « Va te battre avec le voisin. » Il va se battre. On lui dit « Vote pour l’empereur. » Il vote pour l’empereur. Puis, on lui dit « Vote pour la République. » Et il vote pour la République. |
| MAUPASSANT Guy de |
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| Les grands artistes sont ceux qui imposent à l’humanité leur illusion particulière. |
| MAUPASSANT Guy de – Pierre et Jean |
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| Nous sommes si infirmes, si désarmés, si ignorants, si petits, nous autres, sur ce grain de boue qui tourne délayé dans une goutte d’eau. |
| MAUPASSANT Guy de – Nouvelles fantastiques II |
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| On aime sa mère presque sans le savoir, et on ne s’aperçoit de toute la profondeur des racines de cet amour qu’au moment de la séparation dernière. |
| MAUPASSANT Guy de – Fort comme la mort |
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| On finirait par devenir fou, ou par mourir, si on ne pouvait pas pleurer. |
| MAUPASSANT Guy de – Fort comme la mort, II, 1 |
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| Quand on a le physique d’un emploi, on en a l’âme. |
| MAUPASSANT Guy de – Mont-Oriol |
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| Quelle que soit la chose qu’on veut dire, il n’y a qu’un mot pour l’exprimer, qu’un verbe pour l’animer et qu’un adjectif pour la qualifier. |
| MAUPASSANT Guy de – Préface à Pierre et Jean |
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| Une œuvre d’art n’est supérieure que si elle est, en même temps, un symbole et l’expression exacte d’une réalité. |
| MAUPASSANT Guy de – La vie errante, dans l’Écho de Paris, janvier 1890 |
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| Une vie ! Quelques jours, et puis plus rien ! |
| MAUPASSANT Guy de |
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| Un philosophe est quelqu’un qui répond à des questions que personne ne lui a posées. |
| MAÛR Jean |
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| « Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es », il est vrai, mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis. |
| MAURIAC François – Mémoires intérieures |
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| Ce n’est pas parce qu’on a un pied dans la tombe qu’on doit se laisser marcher sur l’autre. |
| MAURIAC François |
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| Ce qu’il y a de plus horrible au monde, c’est la justice séparée de la charité. |
| MAURIAC François – L’affaire Favre-Bulle |
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| Croire, c’est aimer. |
| MAURIAC François – Ce que je crois |
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| Dans le doute, il faut choisir d’être fidèle. |
| MAURIAC François – Bloc-notes, III |
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| Désormais, dans le destin de tout homme, il y aura ce Dieu à l’affût. |
| MAURIAC François – Vie de Jésus, XXVI |
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| Et si la vérité était enfantine ? |
| MAURIAC François – Ce que je crois, chap. 7, Le Démon. |
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| Il faut que la vieillesse soit sainte, sinon elle est obsédée. |
| MAURIAC François – Ce que je crois |
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| Il ne faut surtout pas juger Dieu sur les balbutiements de ses serviteurs. |
| MAURIAC François |
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| Il ne sert de rien à l’homme de gagner la Lune, s’il vient à perdre la Terre. |
| MAURIAC François |
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| Il ne sert de rien à l’homme de gagner la Lune s’il vient à perdre la Terre. |
| MAURIAC François |
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| Il y a souvent un vice jugulé, dominé, à la source de vies admirables. |
| MAURIAC François – Dieu et Mammon, ch. 5 |
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| Judas aurait pu devenir un saint, le patron de nous tous qui ne cessons de trahir. |
| MAURIAC François – La Vie de Jésus (Flammarion) |
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| L’artiste est menteur, mais l’art est vérité ! |
| MAURIAC François – Bloc-notes, I (Flammarion) |
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| L’épreuve ne tourne jamais vers nous le visage que nous attendions. |
| MAURIAC François – Journal, Grasset |
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| Là où il n’y a pas de gendarmes, une certaine race d’« honnêtes gens » est capable de tout. |
| MAURIAC François – Bloc-notes, V |
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| L’amour conjugal, qui persiste à travers mille vicissitudes, me paraît être le plus beau des miracles, quoi qu’il en soit le plus commun. |
| MAURIAC François – Journal, Tome 1, Voyage |
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| L’artiste est menteur, mais l’art est vérité ! |
| MAURIAC François – Bloc-notes, I |
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| L’épreuve ne tourne jamais vers nous le visage que nous attendions. |
| MAURIAC François – Journal |
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| Notre vie vaut ce qu’elle nous a coûté d’efforts. |
| MAURIAC François – Le jeune homme |
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| Nous croyons que le monde est finalement sauvé par un petit nombre d’hommes et de femmes qui ne lui ressemblent pas. |
| MAURIAC François – Bloc-notes, IV |
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| Nous ne connaissons bien que ce dont nous sommes dépouillés. |
| MAURIAC François – Trois grands hommes devant Dieu. Flaubert |
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| Nous possédons à tout jamais la créature à laquelle nous avons renoncé. |
| MAURIAC François – Ce que je crois, chap. 4, L’exigence de pureté. |
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| Plus j’y songe et plus je crois que le Christ m’est apparu comme celui qui départage entre deux impossibilités. |
| MAURIAC François – Ce que je crois |
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| Pour beaucoup de femmes, le plus court chemin vers la perfection, c’est la tendresse. |
| MAURIAC François – Asmodée (Grasset). |
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| Quel arbre humain n’est, par quelques-uns de ses fruits, un mauvais arbre ? |
| MAURIAC François – Jésus, X |
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| Sous la couche épaisse de nos actes, notre âme d’enfant demeure inchangée ; l’âme échappe au temps. |
| MAURIAC François – La fin de la nuit |
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| Un miracle que nous ne voyons même plus tellement il est commun, c’est qu’aucun visage humain, autant qu’il en existe et qu’il en ait existé, n’en reproduit un autre. |
| MAURIAC François – Ce que je crois |
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| Une certaine qualité de gentillesse est toujours signe de trahison. |
| MAURIAC François – Le Nœud de Vipères, chap. XVI |
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| Aucune vertu n’est naturelle. Toutes supposent la volonté de l’homme qui entreprend de se faire lui-même. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Ce que je crois |
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| Ce que les hommes vous pardonnent le moins, c’est le mal qu’ils ont dit de vous. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – De la conversation |
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| Commencer par exposer solidement le point de vue de l’adversaire, c’est lui enlever déjà beaucoup de forces. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – De la conversation |
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| Dans toute bataille, dans toute affaire, il existe une occasion, parfois très fugitive, d’être vainqueur. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Dialogues sur le commandement |
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| Dans une discussion, le difficile, ce n’est pas de défendre son opinion, c’est de la connaître. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – De la conversation |
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| Il me regarda longtemps, comme un architecte qui mesure du regard la force d’une poutre ou d’un mur. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Le peseur d’âmes |
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| Il ne suffit pas d’avoir de l’esprit. Il faut en avoir encore assez pour s’abstenir d’en avoir trop. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – De la conversation |
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| Il y a un art de contredire qui est la plus adroite des flatteries. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – De la conversation |
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| Je crois apercevoir dans la nature les traces d’un ordre, d’un plan, et si vous voulez le reflet du divin… Mais le plan lui-même me paraît inintelligible pour un esprit humain. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Le peseur d’âmes |
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| Je crois en l’existence d’une réalité unique, qui peut être considérée sous l’aspect de la pensée et sous l’aspect de la matière. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Ce que je crois |
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| L’homme d’action est avant tout un poète. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Le Cercle de famille, Troisième partie, chap. 8 |
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| La sincérité est de verre ; la discrétion est de diamant. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Conseils à une jeune fille qui dit tout ce qu’elle pense |
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| La véritable originalité s’exerce à l’intérieur de la règle. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Lettres à l’Inconnue |
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| L’art est un effort pour créer, à côté du monde réel, un monde plus humain. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Ce que je crois |
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| Le bonheur est une fleur qu’il ne faut pas cueillir. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Mémoires (Flammarion) |
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| Le retard est la politesse des artistes… |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Les roses de septembre |
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| Ne cherchez pas à faire, de l’éducation, une suite de plaisirs. Seul l’effort donne à l’esprit de la vigueur. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Lettres à l’Inconnue |
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| On n’aime pas une femme pour ce qu’elle dit ; on aime ce qu’elle dit parce qu’on l’aime |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – De la conversation |
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| On ne fait pas de grandes choses sans être une brute. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Le Cercle de famille (Grasset) |
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| Rien de plus propre à former le goût et le jugement que de copier un passage sublime, de noter une pensée profonde. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Lettres à l’Inconnue |
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| Unir l’extrême audace à l’extrême pudeur, c’est une question de style. |
| MAUROIS André (Émile Herzog, dit) – Le Roman,VII |
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| On se donne en donnant. |
| MAUSS Marcel – Essai sur le don, Deuxième partie, chap. 2, 3 |
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| Qu’on adopte donc comme principe de notre vie ce qui a toujours été un principe et le sera toujours : sortir de soi, donner, librement et obligatoirement ; on ne risque pas de se tromper. |
| MAUSS Marcel – Le Don |
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| Ce que l’intérêt a uni, l’intérêt peut le désunir. |
| MAZARIN Jules |
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| Est-il heureux ? |
| MAZARIN Jules – Question que posait immédiatement le Cardinal quand on lui proposait quelqu’un pour entrer à son service |
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| La spiritualité, ce n’est pas de savoir ce que vous voulez, mais de comprendre ce dont vous n’avez pas besoin. |
| MELLO, Père Anthony de |
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| L’honnêteté est au-dessus des lois mêmes. |
| MÉNANDRE – Le Carthaginois |
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| Les dix mille êtres sont présents dans leur totalité en moi. |
| MENCIUS |
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| Les paroles dont la simplicité est à la portée de tout le monde et dont le sens est profond sont les meilleures. |
| MENCIUS |
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| Il est maintenant presque autorisé pour une catholique de recourir aux mathématiques pour éviter d’être enceinte, mais il lui est encore interdit de se servir de la physique et de la chimie. |
| MENCKEN Henry Louis – Notebooks |
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| Le puritanisme : la peur incessante que quelqu’un, quelque part, puisse être heureux. |
| MENCKEN Henry Louis – A Book of Burlesques, Sententiae (1920) |
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| Quand un homme et une femme sont mariés, ils ne deviennent plus qu’un. La difficulté est de savoir lequel. |
| MENCKEN Henry Louis |
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| Le propre de la vieillesse est de plaindre le présent, de vanter le passé, et de craindre l’avenir. |
| MÉRÉ Chevalier de – Maximes, sentences et réflexions morales et politiques, Paris, E. du Castin 1687 [BnF], 528 p.233 |
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| Qui commence à aimer doit se préparer à souffrir. |
| MÉRÉ Chevalier de – Maximes, sentences et réflexions morales et politiques, Paris, E. du Castin 1687 [BnF], 138 p.61 |
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| Le manque de courage n’est qu’un manque de bon sens. |
| MEREDITH George – Les comédiens tragiques, XI |
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| Le sens suprême de l’amour n’est pas la naissance des mortels, mais la résurrection des morts. |
| MEREJKOVSKY Dimitri – Les mystères de l’Orient |
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| Je n’aime dans l’histoire que les anecdotes. |
| MÉRIMÉE Prosper – Chronique du temps de Charles IX |
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| Le plus sceptique a ses moments de croyance superstitieuse, et sous quelque forme qu’il se présente, le merveilleux trouve toujours une fibre qui tressaille dans le cœur humain. |
| MÉRIMÉE Prosper – Alexandre Pouchkine, in Portraits historiques et littéraires. |
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| Les historiens arrivent à tirer plusieurs volumes d’un personnage dont on ne sait pas grand-chose. C’est une manière de contempler l’univers dans une bulle de savon. |
| MÉRIMÉE Prosper |
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| Quand une passion nous emporte, nous éprouvons quelque consolation d’amour-propre à contempler notre faiblesse du haut de notre orgueil. « Il est vrai que je suis faible, se dit-on, mais si je voulais ! » |
| MÉRIMÉE Prosper – Le Vase étrusque, in Mosaïque. |
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| Souviens-toi de te méfier. |
| MÉRIMÉE Prosper – Devise gravée en grec à l’intérieur du chaton d’une bague qu’il portait habituellement. |
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| Tout gros mensonge a besoin d’un détail bien circonstancié, moyennant quoi il passe. |
| MÉRIMÉE Prosper – Portraits historiques et littéraires : Alexandre Pouchkine |
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| Douter, ce n’est pas, comme je croyais, s’installer dans l’incertitude; c’est nourrir, l’une après l’autre, deux certitudes contradictoires. |
| MERLE Robert – Madrapour |
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| Chaque objet est le miroir de tous les autres. |
| MERLEAU-PONTY Maurice – Phénoménologie de la perception, Gallimard |
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| La méditation de la mort est hypocrite, puisque c’est une manière morose de vivre. |
| MERLEAU-PONTY Maurice – Éloge de la philosophie, « Lecture de Montaigne», Gallimard |
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| La phénoménologie, c’est d’abord le désaveu de la science. |
| MERLEAU-PONTY Maurice – Phénoménologie de la perception |
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| La philosophie n’est pas un certain savoir, elle est la vigilance qui ne nous laisse pas oublier la source de tout savoir. |
| MERLEAU-PONTY Maurice – Signes, Gallimard |
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| La vérité n’« habite » pas seulement 1’« homme intérieur », ou plutôt il n’y a pas d’homme intérieur, l’homme est au monde, c’est dans le monde qu’il se connaît. |
| MERLEAU-PONTY Maurice – Phénoménologie de la perception, Avant-propos |
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| Le langage réalise en brisant le silence ce que le silence voulait et n’obtenait pas. |
| MERLEAU-PONTY Maurice – Le Visible et l’Invisible (1964) |
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| Le philosophe se reconnaît à ce qu’il a inséparablement le goût de l’évidence et le sens de l’ambiguïté. |
| MERLEAU-PONTY Maurice – Éloge de la philosophie, Gallimard |
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| Pour être tout à fait homme, il faut être un peu plus et un peu moins qu’homme. |
| MERLEAU-PONTY Maurice – Éloge de la philosophie, Gallimard |
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| Tout organisme est une mélodie qui se chante elle-même. |
| MERLEAU-PONTY Maurice – La Structure du comportement |
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| Je voudrais que le dernier des rois fût étranglé avec les boyaux du dernier prêtre. |
| MESLIER le Curé – Testament, deuxième partie |
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| L’humanité a peut-être eu tort d’aller au-delà du néolithique … Si le néolithique avait connu l’art dentaire, je m’en serais fort bien contenté. |
| MÉTRAUX Alfred – Entretiens avec Alfred Métraux, Comment et pourquoi devient-on ethnologue ? |
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| Dire que ce sont des professionnels qui ont construit le Titanic, et des amateurs l’arche de Noé ! |
| MEYER Philippe |
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| La raison n’a qu’un seul moyen d’expliquer ce qui ne vient pas d’elle, c’est de le réduire au néant. |
| MEYERSON Émile – La déduction relativiste, art. 186. |
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| La joie qui a besoin d’une cause n’est pas de la joie, mais du plaisir. |
| MEYRINK Gustav – La nuit de Walpurgis |
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| Avec tes défauts, pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu’irais-tu mettre à la place ? |
| MICHAUX Henri – Poteaux d’angle |
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| La seule ambition de faire un poème suffit à le tuer. |
| MICHAUX Henri – Cité par Raymond Bellour |
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| Lecteur, tu tiens donc ici, comme il arrive souvent, un livre que n’a pas fait l’auteur quoiqu’un monde y ait participé. Et qu’importe ? Signes, symboles, élans, chutes, départs, rapports, discordances, tout y est pour rebondir, pour chercher, pour plus loin, pour autre chose. Entre eux, sans s’y fixer, l’auteur poussa sa vie. Tu pourrais essayer, peut-être, toi aussi ? |
| MICHAUX Henri – Plume, Postface |
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| Les drogues nous ennuient avec leur paradis. / Qu’elles nous donnent plutôt un peu de savoir. |
| MICHAUX Henri – Comment agissent les drogues, III Connaissance par les gouffres, 1 |
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| Malheur à ceux qui se contentent de peu. |
| MICHAUX Henri – Ecuador (Gallimard) |
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| Mendiant, mais gouverneur d’une gamelle. |
| MICHAUX Henri – Tranches de savoir (Cercle des Arts) |
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| Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage. |
| MICHAUX Henri – Tranches de savoir (Cercle des Arts) |
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| On crie pour taire ce qui crie. |
| MICHAUX Henri – Tranches de savoir (Cercle des Arts) |
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| On n’en finit pas d’être un homme. |
| MICHAUX Henri – Entretiens avec René Bertelé, Seghers |
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| On n’est pas seul dans sa peau. |
| MICHAUX Henri – Qui je fus |
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| Qui a rejeté son démon nous importune avec ses anges. |
| MICHAUX Henri – Tranches de savoir (Cercle des Arts) |
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| Qui s’est abaissé devant une fourmi, n’a plus à s’abaisser devant un lion. |
| MICHAUX Henri – Tranches de savoir (Cercle des Arts) |
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| Si un contemplatif se jette à l’eau, il n’essaiera pas de nager, il essaiera d’abord de comprendre l’eau. Et il se noiera. |
| MICHAUX Henri – Le Portrait de A. |
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| Soirs ! Soirs ! Que de soirs pour un seul matin ! |
| MICHAUX Henri – Plume, Vieillesse |
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| Tu peux être tranquille. Il reste du limpide en toi. En une seule vie tu n’as pas pu tout souiller. |
| MICHAUX Henri – Poteaux d’angle (L’Herne) |
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| Chaque homme est une humanité, une histoire universelle |
| MICHELET Jules – Histoire de France |
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| Combien l’éducation durera-t-elle ? Juste autant que la vie. Quelle est la première partie de la politique ? L’éducation. La seconde ? L’éducation. Et la troisième ? L’éducation. |
| MICHELET Jules – Le Peuple |
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| Elles [les femmes] sont très responsables et elles ne sont pas punissables. |
| MICHELET Jules – Histoire de la Révolution française, livre XX, chapitre 2 |
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| L’Angleterre est un empire, l’Allemagne un pays, une race, la France est une personne. |
| MICHELET Jules – Histoire de France, Tableau de la France |
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| L’Église s’occupe du monde, elle nous enseigne nos affaires, à la bonne heure. Nous lui enseignerons Dieu ! |
| MICHELET Jules – Histoire de France, Des Jésuites, introduction |
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| L’Italie avait encore une grande force au XVIe siècle. Le pays de Michel-Ange et de Christophe Colomb ne manquait pas d’énergie. Mais lorsqu’elle se fut proclamée misérable, infâme, par la voix de Machiavel, le monde la prit au mot et lui marcha dessus. |
| MICHELET Jules – Le Peuple |
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| La condamnation tout le Moyen Âge, de tous ses grands mystiques, est celle-ci : pas un n’a eu la Joie. |
| MICHELET Jules – Histoire de France, Réforme, chapitre 5 |
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| La liberté, c’est l’homme. Même pour se soumettre, il faut être libre ; pour se donner, il faut être à soi. |
| MICHELET Jules – Histoire de France, Des Jésuites, quatrième leçon |
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| La vraie grandeur de l’artiste, c’est de dépasser son objet, et de faire plus qu’il ne veut, et tout autre chose, de passer par-dessus le but, de traverser le possible, et de voir encore au-delà. |
| MICHELET Jules – L’Oiseau, deuxième partie, chapitre 11 |
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| Le difficile n’est pas de monter, mais, en montant, de rester soi. |
| MICHELET Jules – Le Peuple, à M. Edgar Quinet |
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| Louis XIV enterre un monde. Comme son palais de Versailles, il regarde le couchant. |
| MICHELET Jules – Histoire de France, Richelieu et la Fronde, préface |
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| Même pour se soumettre, il faut être libre ; pour se donner, il faut être à soi. |
| MICHELET Jules – Les Jésuites |
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| Mon livre m’a créé. C’est moi qui fus son œuvre. Ce fils a fait son père. |
| MICHELET Jules – Histoire de France |
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| Ne crains pas de t’ennuyer, car elle [la femme] changera sans cesse. Ne crains pas de te confier, car elle ne changera pas. |
| MICHELET Jules – L’Amour, introduction |
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| Oser une langue nouvelle ; non celle de l’innocence barbare, qui disait tout sans rougir, n’en sentant pas les profondeurs, non celle de la fière Antiquité, qui usait et abusait, méprisait l’humanité – mais celle de la tendresse moderne qui, dans les choses du corps, sent et aime l’âme, ou plutôt ni l’âme ni le corps, mais partout l’esprit. |
| MICHELET Jules – Journal, 27 juillet 1857 |
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| Quand le christianisme ne sera plus à l’état de l’empire (ni mort ni vivant), mais comme un honnête homme, paisible et couché, comme sont l’Inde, l’Égypte et Rome, alors, alors seulement, nous en défendrons tout ce qui est défendable. Jusque-là non. C’est l’ennemi. |
| MICHELET Jules – Lettre à Victor Hugo, 4 mai 1856 |
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| Il en est des hommes de lettres comme des politiciens : il est de leur intérêt que l’on parle d’eux, même en mal. |
| MILLE Pierre – L’écrivain, X |
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| La science cherche encore, l’amour a trouvé. |
| MILLER Henry |
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| Le vrai leader n’a pas besoin de diriger ; il se contente d’indiquer le chemin. |
| MILLER Henry |
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| Tout homme qui aurait conscience de ses actes ne pourrait pour rien au monde presser du doigt la détente d’un fusil. |
| MILLER Henry |
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| Taisez-vous ! Méfiez-vous ! Les oreilles ennemies vous écoutent. |
| MILLERAND Alexandre – Ministre de la Guerre, il faisait placarder des affiches qui portaient ces exhortations en 1914 |
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| Il n’y a que les oiseaux, les enfants et les saints qui soient intéressants. |
| MILOSZ Oscar Venceslas de Lubicz – Propos rapporté par Armand Godoy dans Milosz, poète de l’amour |
|
| L’éternité, qu’est-elle donc, sinon le premier instant sans fin d’un premier amour ? |
| MILOSZ Oscar Venceslas de Lubicz – Les Arcanes, la Relation du Beth à l’Aleph (Teillon) |
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| Ce n’est pas ce qui vient à nous, mais bien ce qui vient de nous qui est la vie véritable. Vivre, c’est créer et non recevoir sa vie. |
| MILOSZ Oscar Vladislas de Lubicz – L’amoureuse initiation |
|
| La plus humble chose a sa vérité silencieuse. |
| MILOSZ Oscar Vladislas de Lubicz – Poèmes, la Confession de Lemuel |
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| Solitude, ma mère, redites-moi ma vie. |
| MILOSZ Oscar Vladislas de Lubicz – Poèmes, Symphonie de septembre |
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| Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. |
| MIRABEAU Gabriel Honoré Riqueti, Comte de |
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| Le silence des peuples est la leçon des rois. |
| MIRABEAU Gabriel Honoré Riqueti, Comte de – Discours à l’Assemblée Constituante, 15 juillet 1789 |
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| – Je cherche un mari… – Tu ferais mieux de chercher un célibataire. |
| MIRANDE Yves |
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| Le ridicule n’existe pas : ceux qui osèrent le braver en face conquirent le monde. |
| MIRBEAU Octave |
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| Si vous volez un seul auteur, c’est du plagiat ; plusieurs, c’est de la recherche |
| MIZNER Wilson |
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| Ah ! pour être dévot, je n’en suis pas moins homme ! |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Tartuffe |
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| Ah ! qu’en termes galants ces choses-là sont dites ! |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Le Misanthrope, acte I, scène 2 |
|
| Bon droit a besoin d’aide. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – La Comtesse d’Escarbagnas |
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| C’est à vous, s’il vous plaît, que ce discours s’adresse. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Le Misanthrope, acte I, scène 2 |
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| C’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – La Critique de l’École des femmes, scène 6 |
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| C’est nous inspirer presque un désir de pécher, / Que montrer tant de soins de nous en empêcher. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – L’École des maris |
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| Elle est morte de quatre médecins et de deux apothicaires. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – L’Amour médecin, II, 1 |
|
| Excusez-moi, monsieur, je n’entends pas le grec. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Les Femmes Savantes |
|
| Ils commencent ici par pendre un homme, et puis il lui font son procès. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Monsieur de Pourceaugnac, acte III, scène 2 |
|
| Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Dom Juan, acte III, scène 1 |
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| Je te veux donner un louis d’or, et je te le donne pour l’amour de l’humanité. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Don Juan acte III, sc. 2 |
|
| Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n’est pas de plaire. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – La Critique de l’École des femmes, scène 6 |
|
| Je vous apprends votre fille et muette, cela vient de ce qu’elle a perdu la parole. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Le Médecin malgré lui, acte II, scène 4 |
|
| L’absence de ce qu’on aime, quelque peu qu’elle dure, a toujours trop duré. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Amphitryon |
|
| Le bécarre le charme : hors du bécarre, point de salut en harmonie. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Le Sicilien, scène 2 |
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| Le ciel défend, de vrai, certains contentements ; / Mais on trouve avec lui des accommodements. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Le Tartuffe, IV, 5, Tartuffe |
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| Le petit chat est mort. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – L’École des femmes, II, 5, Agnès |
|
| Le temps ne fait rien à l’affaire. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Le Misanthrope, acte I, scène 2 |
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| Oui, mon corps est moi-même, et j’en veux prendre soin : / Guenille, si l’on veut : ma guenille m’est chère. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Les Femmes savantes, acte II, sc. 7 |
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| Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes, et non pas de leurs maladies. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Le Malade imaginaire, acte III, sc. 3 |
|
| Que diable allait-il faire dans cette galère ? |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Les Fourberies de Scapin, acte II, scène 7 |
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| Qui se sent morveux, qu’il se mouche. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – L’Avare, acte I, scène 3 |
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| Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Les Femmes savantes, acte II, scène 5 |
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| Quoi ? Monsieur sait du grec ? Ah ! permettez, de grâce, que pour l’amour du grec, Monsieur, on vous embrasse. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Les Femmes savantes, acte III, scène 3 |
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| Suivant le dire d’un ancien, il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – L’Avare, III, 1, Valère |
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| Sur quelque préférence une estime se fonde, / Et c’est n’estimer rien qu’estimer tout le monde. |
| MOLIÈRE (Jean-Baptiste Poquelin, dit) – Le Misanthrope, I, 1, Alceste |
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| C’est mon opinion, et je la partage. |
| MONNIER Henry – Mémoires de M. Joseph Prudhomme |
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| Ce sont ceux qui auraient le plus besoin d’argent qui en ont le moins. |
| MONNIER Henry |
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| La nature est prévoyante : elle a fait pousser la pomme en Normandie sachant que c’est dans cette région qu’on boit le plus de cidre. |
| MONNIER Henry |
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| On ne va jamais plus loin que lorsqu on ne sait pas où l’on va, a dit un homme politique célèbre. |
| MONNIER Henry – Mémoires de M. Joseph Prudhomme |
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| Qu’est-ce que la bourgeoisie en ce moment ? Tout. Que doit-elle être ? Je l’ignore. |
| MONNIER Henry – Mémoires de de M. Joseph Prudhomme |
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| Il y a des systèmes vivants ; il n’y a pas de « matière » vivante. |
| MONOD Jacques – Leçon inaugurale, Collège de France, Chaire de biologie moléculaire, 3 novembre 1967. |
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| L’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’Univers d’où il a émergé par hasard. Non plus que son destin, son devoir n’est écrit nulle part. |
| MONOD Jacques – Le Hasard et la nécessité, p. 194-195 |
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| La connaissance vraie ignore les valeurs, mais il faut pour la fonder un jugement, ou plutôt un axiome de valeur. |
| MONOD Jacques – Le Hasard et la nécessité, p. 191 |
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| Il y a, pour moi, une pierre de touche des morales, des religions, des moeurs: l’attitude prise devant la souffrance des animaux. |
| MONOD Théodore – Et si l’aventure humaine devait échouer |
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| Si vis pacem, para pacem. |
| MONOD Théodore – Et si l’aventure humaine devait échouer, Grasset & Fasquelle 2000, p.93 |
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| À l’opposé d’un certain autre, j’aimerais mieux, à l’aventure, être le second ou le troisième à Périgueux que le premier à Paris. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 9 |
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| À la vérité, pour s’apprivoiser à la mort, je trouve qu’il n’y a que de s’en avoisiner. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 6 |
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| Au plus élevé trône du monde, nous ne sommes assis que sur notre cul. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 13 |
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| C’est aux paroles à servir et à suivre, et que le gascon y arrive, si le français n’y peut aller. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais I |
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| C’est ici un livre de bonne foi, lecteur. Il t’avertit dès l’entrée que je ne me suis proposé aucune fin, que domestique et privée. Je n’y ai eu aucune considération de ton service ni de ma gloire. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, Au lecteur |
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| C’est une absolue perfection, et comme divine, de savoir loyalement jouir de son être. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, 13. De l’expérience |
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| Ce qui est hors des gonds de la coutume, on le croit hors des gonds de la raison. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de |
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| Certes, c’est un sujet merveilleusement vain, divers et ondoyant, que l’homme. Il est malaisé d’y fonder jugement constant et uniforme. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais,, livre I, chap. 1, Par divers moyens on arrive à pareille fin |
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| C’est la règle des règles, et générale loi des lois, que chacun observe celles du lieu où il est. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 23 |
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| Cette fantaisie est plus sûrement conçue par interrogation : Que sais-je ? comme je la porte à la devise d’une balance. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 12. Apologie de Raimond Sebond |
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| Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 31 |
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| Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais III, 2 |
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| Cicéron dit que philosopher ce n’est autre chose que s’apprêter à la mort. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 20 |
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| II se trouve plus de différence de tel homme à tel homme que de tel animal à tel homme. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 12. Apologie de Raimond Sebond |
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| Il faut se réserver une arrière-boutique toute nôtre, toute franche, en laquelle nous établissons notre vraie liberté et principale retraite et solitude. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais |
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| Il n’est rien si beau et légitime que de faire bien l’homme et dûment, ni science si ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie ; et de nos maladies la plus sauvage, c’est mépriser notre être. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais III, 13 |
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| Il n’y a rien d’inutile en nature ; non pas l’inutilité même. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais III, 1 |
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| Il ne faut pas attacher le savoir à l’âme, il l’y faut incorporer ; il ne l’en faut pas arroser, il l’en faut teindre et, s’il ne la change et améliore son état imparfait, certainement il vaut beaucoup mieux le laisser là. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 25 |
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| Il ne se voit point d’âmes, ou fort rares, qui en vieillissant ne sentent l’aigre et le moisi. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 2 |
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| Il n’est passion contagieuse comme celle de la peur. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 47 |
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| Il n’est rien si dissociable et sociable que l’homme: l’un par son vice, l’autre par sa nature. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 39 |
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| Il se voit par expérience que les mémoires excellentes se joignent volontiers aux jugements débiles. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 9 |
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| Il y a moins de mal souvent à perdre sa vigne qu’à la plaider. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais II, 17 |
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| Il y a plus affaire à interpreter les interpretations qu’à interpreter les choses, et plus de livres sur les livres que sur autre subject: nous ne faisons que nous entregloser. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 13 |
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| J’aime à ne savoir pas le compte de ce que j’ai, pour sentir moins exactement ma perte. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 17 |
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| Je festoie et caresse la vérité en quelque main que je la trouve, et m’y rends allègrement, et lui tends mes armes vaincues, de loin que je la vois approcher. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais III, 8 |
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| Je hais cet accidentel repentir que l’âge apporte. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais III, 2 |
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| Je hais toute sorte de tyrannie, et la parlière et l’effective. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais III, 8 |
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| Je me fais plus d’injure en mentant que je n’en fais à celui à qui je mens. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais II, 17 |
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| Je n’enseigne point, je raconte. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais |
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| Je ne peins pas j’être. Je peins le passage : non un passage d’âge en autre, ou, comme dit le peuple, de sept en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 2 |
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| Je ne vois pas de mariages qui faillent plus tôt et se troublent que ceux qui s’acheminent par la beauté et désirs amoureux |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais III, 5 |
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| Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages, que je sais bien ce que je fuis, mais non pas ce que je cherche. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 9. De la vanité |
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| Je veux que la mort me trouve plantant mes choux, mais nonchalant d’elle, et encore plus de mon jardin imparfait. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 19 |
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| Je voudrais aussi qu’on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine, et qu’on y requit tous les deux, mais plus les mœurs et l’entendement que la science. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 26. De l’institution des enfants |
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| La confiance en la bonté d’autrui est un non léger témoignage de la bonté propre. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 14 |
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| La couardise est mère de cruauté. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais II, 27 |
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| La gloire et le repos sont choses qui ne peuvent loger en même gîte. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 39 |
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| La mort ne vous concerne ni mort ni vif: vif, parce que vous êtes; mort, parce que vous n’êtes plus. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 20 |
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| La plupart des occasions des troubles du monde sont grammairiennes. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 12 |
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| La plus expresse marque de la sagesse, c’est une éjouissance constante ; son état est comme des choses au-dessus de la lune : toujours serein. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 26 |
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| La plus grande chose du monde, c’est de savoir être à soi. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 39 |
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| La plus volontaire mort est la plus belle. La vie dépend de la volonté d’autres, la mort, de la nôtre. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais |
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| La préméditation de la mort est préméditation de la liberté. Qui a appris à mourir, il a désappris à servir. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 20. Que Philosopher c’est apprendre à mourir Garnier 1962, t.1 p.88 livre I chap.XX |
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| La vérité ne se juge point par autorité et témoignage d’autrui. […] Il ne faut pas croire à chacun, dit le précepte, parce que chacun peut dire toutes choses. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, xii, 507, 571. |
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| La vraie liberté est de pouvoir toute chose sur soi. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 12. De la physionomie |
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| La vraie solitude … se peut jouir au milieu de villes et de cours de rois ; mais elle se jouit plus commodément à part. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 39 |
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| L’affirmation et l’opiniâtreté sont signes exprès de bêtise. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – De l’expérience |
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| Le bien public requiert qu’on trahisse et qu’on mente et qu’on massacre. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais III, 1 |
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| Le gain de notre étude, c’est en être devenu meilleur et plus sage. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 26 |
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| Le mariage le plus heureux qu’on puisse imaginer, ce serait l’union d’un sourd avec une aveugle. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de |
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| Le parler que j’aime, c’est un parler simple et naïf, tel sur le papier qu’à la bouche, un parler succulent et nerveux, court et serré, non tant délicat et peigné comme véhément et brusque. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 26 |
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| Le premier jour de votre naissance vous achemine à mourir comme à vivre. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 20 |
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| Les biens de la fortune, tous tels qu’ils sont, encore faut-il avoir du sentiment pour les savourer. C’est le jouir, non le posséder, qui nous rend heureux. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 42 |
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| Les deux voies naturelles pour entrer au cabinet des Dieux et y prévoir le cours des destinées sont la fureur et le sommeil. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 12 |
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| Les jeux des enfants ne sont pas des jeux, et les faut juger en eux comme leurs plus sérieuses actions. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 23 |
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| Les livres sont plaisants ; mais, si de leur fréquentation nous en perdons en fin la gaieté et la santé, nos meilleures pièces, quittons les. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 34 |
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| Les lois de la conscience, que nous disons naître de nature, naissent de la coustume ; chacun ayant en vénération interne les opinions et mœurs approuvées et reçues autour de lui, ne s’en peut déprendre sans remords, ni s’y appliquer sans applaudissement. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, Garnier 1962, t.1 p.121 livre I chap.XXIII |
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| Les lois se maintiennent en crédit non parce qu’elles sont justes, mais parce qu’elles sont lois. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 13 |
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| Les plus belles âmes sont celles qui ont plus de variété et de souplesse. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 3 |
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| Les princes me donnent beaucoup s’ils ne m’ôtent rien, et me font assez de bien quand ils ne me font point de mal ; c’est tout ce que j’en demande. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 9 |
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| L’irrésolution me semble le plus commun et apparent vice de notre nature. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 1 |
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| L’obstination et ardeur d’opinion sont la plus sûre preuve de bêtise. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 8 |
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| Mon dessein est de passer doucement, et non laborieusement, ce qui me reste de vie. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais |
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| Mon métier et mon art, c’est de vivre. Notre grand et glorieux chef-d’œuvre c’est vivre à propos. Toutes autres choses, régner, thésauriser, bâtir, n’en sont qu’appendicules et adminicules pour le plus. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 13 |
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| Mon opinion est qu’il se faut prêter à autrui et ne se donner qu’à soi-même. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 10 |
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| Ne pouvant régler les événements, je me règle moi-même. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais II, 17 |
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| Nous n’avons aucune communication à 1’être, parce que toute humaine nature est toujours au milieu entre le naître et le mourir. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 12 |
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| Nous ne sommes hommes et nous ne tenons les uns aux autres que par la parole. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais |
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| Nous vivons par hasard. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 1 |
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| On a grand tort de peindre (la philosophie) inaccessible aux enfants, et d’un visage renfrogné, sourcilleux et terrible. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 26 |
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| Peu d’hommes ont été admirés par leurs domestiques. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 2 |
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| Quand je pourrais me faire craindre, j’aimerais encore mieux me faire aimer. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 8 |
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| Quelle vérité que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au-delà ? |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 12. Apologie de Raimond Sebond |
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| Quelquefois la fuite de la mort fait que nous y courons. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 3 |
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| Qui a pris de l’entendement en la logique ? où sont ses belles promesses ? |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, Garnier 1962, t.2 p.361 livre III chap.VIII |
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| Qui craint de souffrir, il souffre déjà de ce qu’il craint. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 13 |
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| Qui se connaît, connaît aussi les autres ; car chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, III, 2 |
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| Rien de noble ne se fait sans hasard. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 24 |
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| Savoir par coeur n’est pas savoir: c’est tenir ce qu’on a donné en garde à sa mémoire. Ce qu’on sait droitement, on en dispose, sans regarder au patron, sans tourner les yeux vers son livre. Fâcheuse suffisance, qu’une suffisance pure livresque ! |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 26. De l’institution des enfants |
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| Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne peut s’exprimer qu’en répondant : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi. » |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 28 |
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| Tel a été miraculeux au monde, auquel sa femme et son valet n’ont rien vu seulement de remarquable. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais (tome 2), Garnier 1962, Livre III Ch ii, Du repentir p.227 |
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| Tous les inconvénients ne valent pas qu’on veuille mourir pour les eviter. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, II, 3 |
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| Tous les jours vont à la mort, le dernier y arrive. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 20 |
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| Tout mouvement nous découvre. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 50 |
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| Toute autre science est dommageable à celui qui n’a la science de la bonté. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 25 |
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| Un bon lecteur découvre souvent dans les écrits d’autrui des perfections autres que celles que l’auteur y a mises et aperçues, et leur prête des sens et des visages plus riches. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 24 |
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| Une des plus grandes sagesses en l’art militaire, c’est de ne pas pousser son ennemi au désespoir. |
| MONTAIGNE Michel Eyquem de – Essais, I, 47 |
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| On n’est jamais aussi vainqueur ni aussi vaincu qu’on se l’imagine. |
| MONTALEMBERT Charles Forbes, comte de – Œuvres polémiques et diverses, II |
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| Quand on est réduit à faire de la philosophie religieuse, c’est qu’il n’y a plus de religion ; quand on fait de la philosophie de l’art, c’est qu’il n’y a plus d’art. |
| MONTALEMBERT Charles Forbes, comte de – Mélanges d’art et de littérature |
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| Ah ! Ah ! Monsieur est Persan ? c’est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être Persan ? |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Rica à Ibben, in Lettres persanes, XXX |
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| C’est à un conquérant à réparer une partie des maux qu’il a faits. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois, première partie, livre X, chapitre 4 |
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| C’est par orgueil que nous sommes polis. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois, première partie, livre IV, chapitre 2 |
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| C’est une chose extraordinaire que toute la philosophie consiste dans ces trois mots : « Je m’en fous. » |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes pensées |
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| Ce n’est point le corps des lois que je cherche, mais leur âme. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois (1748) |
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| Ce qui manque aux orateurs en profondeur, ils vous le donnent en longueur. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes Pensées, 828 |
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| Celui qui reste assis dix heures par jour obtient précisément la moitié plus de considération qu’un autre qui n’en reste que cinq. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres Persanes, LXXVIII |
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| C’est un malheur qu’il y a trop peu d’intervalle entre le temps où l’on est trop jeune et le temps où l’on est trop vieux. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes Pensées |
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| Chose admirable ! La religion chrétienne, qui ne semble avoir d’objet que la félicité de l’autre vie, fait encore notre bonheur dans celle-ci. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – L’Esprit des lois, XXIV, 3 |
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| Dans une monarchie bien réglée, les sujets sont comme des poissons dans un grand filet : ils se croient libres, et pourtant ils sont pris. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes pensées |
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| En fait de religion, les plus proches sont les plus grandes ennemies. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres Persanes, LX |
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| Femmes et grands parleurs. Plus une tête est vide, plus elle cherche à se désemplir. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Cahiers |
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| Il est plus facile à un Asiatique de s’instruire des mœurs des Français dans un an, qu’il ne l’est à un Français de s’instruire des mœurs des Asiatiques dans quatre, parce que les uns se livrent autant que les autres se communiquent peu. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres Persanes, Introduction |
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| Il faut d’abord bien savoir le latin. Ensuite il faut l’oublier. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes pensées |
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| Il faut dans les lois une certaine candeur. Faites pour punir la méchanceté des hommes, elles doivent avoir elles-mêmes la plus grande innocence. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois, sixième partie, livre XXIX, chapitre 16 |
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| Il n’y a jamais eu de royaume où il y ait autant de guerres civiles que dans celui du Christ. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres Persanes, XXIV |
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| Il n’y a point d’État qui menace si fort les autres d’une conquête que celui qui est dans les horreurs de la guerre civile. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chapitre 9 |
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| Il ne faut pas beaucoup d’esprit pour montrer ce qu’on sait ; mais il en faut infiniment pour enseigner ce qu’on ignore. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Rica à Rhédi, in Lettres persanes, LVIII |
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| Il ne faut pas mettre du vinaigre dans ses écrits, il faut y mettre du sel. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes pensées |
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| Il ne faut pas toujours épuiser un sujet, qu’on ne laisse rien à faire au lecteur. Il ne s’agit pas de faire lire, mais de faire penser. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois (1748) |
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| Il règne en Asie un esprit de servitude qui ne l’a jamais quittée. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Réflexions sur la monarchie universelle en Europe, 8 |
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| Il y a certains climats où le physique a une telle force que la morale n’y peut presque rien … Dans ces pays, au lieu de préceptes, il faut des verrous. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois, première partie, livre XVI, chapitre 8 |
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| J’ai eu d’abord, en voyant la plupart des grands, une crainte puérile. Dès que j’ai eu fait connaissance, j’ai passé, presque sans milieu, jusqu’au mépris. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de |
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| J’ai la maladie de faire des livres, et d’en être honteux quand je les ai faits. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Pensées diverses |
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| J’aime les paysans, ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes pensées |
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| Je me croirais le plus heureux des mortels, si je pouvais faire que les hommes pussent se guérir de leurs préjugés. J’appelle ici préjugés, non pas ce qui fait qu’on ignore de certaines choses, mais ce qui fait qu’on s’ignore soi-même. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chapitre 11 |
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| Je pardonne aisément, par la raison que je ne sais pas haïr. Il me semble que la haine est douloureuse. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes Pensées |
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| L’effet ordinaire des colonies est d’affaiblir les pays d’où on les tire, sans peupler ceux où on les envoie. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres Persanes, CXXI |
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| L’esprit d’égalité extrême conduit au despotisme d’un seul. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois |
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| L’étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n’ayant jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture ne m’ait ôté. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes pensées, Œuvres complètes I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1949, 4 p.975 |
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| L’ignorance est la mère des traditions. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Essai sur les causes qui peuvent affecter les esprits et les caractères, II |
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| La crainte ajoute à nos peines, comme les désirs ajoutent à nos plaisirs. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes Pensées |
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| La dévotion trouve pour faire une mauvaise action des raisons qu’un simple honnête homme ne saurait trouver. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Cahiers, sur l’homme |
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| La gravité est le bouclier des sots. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Cahiers, sur l’homme |
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| La justice consiste à mesurer la peine et la faute, et l’extrême justice est une injure. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de |
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| La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent ; et si un citoyen pouvait faire ce qu’elles défendent, il n’y aurait plus de liberté, parce que les autres auraient tout de même ce pouvoir. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois, XI, 3 |
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| La plupart des gens vous nuisent sans avoir la moindre intention de vous nuire. Ils ont parlé contre vous parce qu’ils étaient dans l’impuissance de se taire. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes Pensées |
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| La vertu politique est un renoncement à soi-même, qui est toujours une chose très pénible. On peut définir cette vertu : l’amour des lois et de la patrie. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois, première partie, livre IV, chapitre 5 |
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| Le désespoir de l’infamie vient désoler un Français condamné à une peine qui n’ôterait pas un quart d’heure de sommeil à un Turc. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres Persanes, LXXX |
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| Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – L’Esprit des lois, XV, 5 |
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| Le véritable esprit d’égalité ne cherche pas à n’avoir point de maître, mais à n’avoir que ses égaux pour maîtres. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois (1748) |
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| Les conquêtes sont aisées à faire, parce qu’on les fait avec toutes ses forces ; elles sont difficiles à conserver, parce qu’on ne les défend qu’avec une partie de ses forces. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chapitre 4 |
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| Les desseins qui ont besoin de beaucoup de temps pour être exécutés ne réussissent presque jamais. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Réflexions sur la monarchie universelle en Europe |
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| Les Français enferment quelques fous dans une maison, pour se persuader que ceux qui sont dehors ne le sont pas. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Pensées |
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| Les hommes extrêmement heureux et les hommes extrêmement malheureux sont également portés à la dureté ; témoins les moines et les conquérants. Il y a que la médiocrité et le mélange de la bonne et de la mauvaise fortune, qui donnent de la douceur et de la pitié. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois, première partie, livre VI, chapitre 9 |
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| Les livres anciens sont pour les auteurs, les nouveaux pour les lecteurs. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Pensées diverses |
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| Les lois humaines faites pour parler à l’esprit doivent donner des préceptes et point de conseils. La religion, faite pour parler au cœur, doit donner beaucoup de conseils, et peu de préceptes. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois, cinquième partie, livre XXIV, chapitre 7 |
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| Les lois, dans la signification la plus étendue, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois (1748) |
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| Les moeurs font toujours de meilleurs citoyens que les lois. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres persanes |
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| Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois (1748) |
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| L’esprit d’égalité extrême, conduit au despotisme d’un seul. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois (1748) |
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| L’étude a été pour moi le souverain remède contre les dégoûts de la vie, n’ayant jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture ne m’ait ôté. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes Pensées, 4 |
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| L’exactitude est une vertu bien décevante puisqu’il n’y a jamais personne qui soit là pour vous en faire compliment. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de |
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| Lorsqu’on veut changer les mœurs et les manières, il ne faut pas les changer par les lois. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – L’Esprit des lois, XIX, 16. |
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| Ne sentirons-nous jamais que le ridicule des autres ? |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres Persanes, LII |
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| Nous louons les gens à proportion de l’estime qu’ils ont pour nous. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Cahiers, sur l’homme |
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| On ne jugera jamais bien des hommes si on ne leur passe les préjugés de leur temps. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes Pensées, 1449 |
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| On remarque que ceux qui vivent dans des religions tolérées se rendent ordinairement plus utiles à leur patrie que ceux qui vivent dans la religion dominante. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres Persanes, LXXXV |
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| Ordinairement, ceux qui ont un grand esprit l’ont naïf. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Cahiers, sur l’homme |
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| Pour écrire bien, il faut sauter les idées intermédiaires, assez pour n’être pas ennuyeux, pas trop de peur de n’être pas entendu. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes pensées, sur l’homme |
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| Pour faire des grandes choses, ne faut pas être un si grand génie ; il ne faut pas être au-dessus des hommes ; il faut être avec eux. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Cahiers, sur l’homme |
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| Pour qu’un homme vive délicieusement, il faut que cent autres travaillent sans relâche. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres Persanes, CVI |
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| Pourquoi les moines aiment-il tant leur ordre ? C’est justement par l’endroit qui fait qu’il leur est insupportable. Leur règle les prive de toutes les choses sur lesquels les passions ordinaires s’appuient : reste donc cette passion pour la règle même qui les afflige. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois, première partie, livre V, chapitre 2 |
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| Quand je vais dans un pays, je n’examine pas s’il y a de bonnes lois, mais si on exécute celles qui y sont, car il y a de bonnes lois partout. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois |
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| Quand les sauvages de la Louisiane veulent avoir du fruit, ils coupent l’arbre au pied, et cueillent le fruit. Voilà le gouvernement despotique. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – De l’esprit des lois, première partie, livre V, chapitre 13 |
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| Quand on court après l’esprit, on attrape la sottise. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Cahiers, sur l’homme |
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| Quand on veut gouverner les hommes, il ne faut pas les chasser devant soi ; il faut les faire suivre. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Mes pensées |
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| Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fût préjudiciable à l’Europe, ou bien qui fût utile à l’Europe et préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Cahiers, sur lui-même |
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| Si l’on vient à savoir mon nom, dès ce moment je me tais. Je connais une femme qui marche assez bien, mais qui boite dès qu’on la regarde. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres Persanes, Introduction |
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| Si les triangles faisaient un dieu, ils lui donneraient trois côtés. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres persanes |
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| Tous les maris sont laids. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Cahiers, sur l’homme |
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| Un homme d’esprit sent ce que les autres ne font que savoir. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Essai sur les causes qui peuvent affecter les esprits et les caractères, seconde partie |
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| Un homme qui enseigne peut devenir aisément opiniâtre, parce qu’il fait le métier d’un homme qui n’a jamais tort. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Essai sur les causes qui peuvent affecter les esprits et les caractères, seconde partie |
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| Un homme qui n’a pas les qualités d’un général à trente ans ne les aura jamais. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Lettres Persanes, XLVIII |
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| Un homme simple qui n’a que la vérité à dire est regardé comme le perturbateur du plaisir public. |
| MONTESQUIEU Charles de Secondat, baron de – Éloge de la sincérité |
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| À « l’horloge de la vie », la vérité est une question d’heure. La fin prochaine du monde est indifférente à un jeune, bouleversante pour un adulte, agréable pour un vieux. Dieu est parlé quand on a vingt ans, ignoré quand on en a quarante, prié quand on en a quatre-vingt, etc. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 26 |
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| À force d’être anxieuse sans que rien n’arrive, le jour où la foudre tombe on se trouve presque calme. |
| MONTHERLANT Henry de – La Reine Morte |
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| Affaires publiques. Plutôt courber le dos, et tout supporter, que s’en mêler le moins du monde, ou seulement chercher à les comprendre, si on ne les comprend pas par goût. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 77 |
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| C’est sur un acte précis de non-confiance en l’homme que je finirai ma vie d’homme. Je ne puis en dire plus. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 171 |
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| Ce à quoi il faudrait arriver, c’est à mourir avec le sourire sur les lèvres. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 148 |
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| Celui qui n’a pas peur de la mort, au milieu de ceux qui en ont peur, est comme dans une autre atmosphère, – disons « stratosphérique ». Il vit à quelques centimètres au-dessus de la terre. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 67 |
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| Certaines âmes vont à l’absolu comme l’eau va à la mer. |
| MONTHERLANT Henry de – Les Jeunes Filles |
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| Ces hommes affolés de ramasser de l’argent, pour compenser qu’ils sont des ratés, ou affolés de ramasser des honneurs, pour compenser qu’ils meurent. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 60 |
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| Ceux qui ne méprisent pas, c’est qu’ils se sentent semblables à ceux qui méritent d’être méprisés. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 80 |
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| Chez un inculpé, la liberté d’esprit est une provocation. Elle aggrave la peine. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 31 |
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| Churchill a écrit, parlant de la guerre de 1939, guerre qu’il avait déclarée : « Ce fut une guerre inutile. » Et encore : « We killed the wrong pig. » |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 125 |
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| Écrire, et ne pas publier, est un état bien agréable. |
| MONTHERLANT Henry de – Service inutile |
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| En annonçant de bonnes nouvelles, on se rend aimable. En en annonçant de mauvaises, on se rend important. Choisissez. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets |
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| Et si une force dont on use devenait une faiblesse ? |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 77 |
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| Éternité est l’anagramme d’étreinte. |
| MONTHERLANT Henry de – Les jeunes filles |
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| Être heureux ne signifie nullement être un « pourceau d’Épicure ». Cela signifie« accepter sa nature », sequere deum, ce qui peut être très haut si votre nature est haute. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 47 |
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| Être malheureux, c’est se croire malheureux. |
| MONTHERLANT Henry de – Fils de personne |
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| Gloire à la vie quand on a su la mener intelligemment. Gloire à la mort quand on sait l’accueillir raisonnablement. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 171 |
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| Il arrive un âge où nos déceptions elles-mêmes ne nous sont plus qu’un spectacle. |
| MONTHERLANT Henry de – Malatesta |
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| Il faudrait dire un jour à fond ce quelque chose de désolé qu’il y a dans l’espérance. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 75 |
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| Il faut faire un peu le susceptible si on a le malheur de ne pas l’être. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 84 |
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| Il faut faire une paix qui ait la grandeur d’âme de la guerre. |
| MONTHERLANT Henry de – Chant funèbre pour les morts de Verdun, IV |
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| Il faut toujours tout remettre au lendemain. Les trois quarts des choses s’arrangent d’elles-mêmes. |
| MONTHERLANT Henry de – Le Cardinal d’Espagne, II, 2, la reine |
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| Il n’est guère de souffrance dont vous ne puissiez énoncer la pointe, en imaginant combien elle pourrait être pire. |
| MONTHERLANT Henry de – Service inutile |
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| Il n’est nullement nécessaire d’être indemne de turpitudes pour s’indigner de celles des autres. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 75 |
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| Il n’y a qu’un Notre-Seigneur, qui est Notre-Seigneur du Vendredi Saint. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 167 |
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| Il n’y a qu’une préparation à la mort : elle est d’être rassasié. D’âme. De cœur. D’esprit. De chair. À ras bords. |
| MONTHERLANT Henry de – Mors et Vita. Explicit Mysterium. |
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| Il n’y a que la charité qui délivre. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 21 |
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| Il ne faut à aucun prix qu’un être, par sa trahison, nous décourage d’avoir jamais plus confiance en d’autres êtres. Il aurait trop gagné, s’il avait tué en nous la confiance. |
| MONTHERLANT Henry de – Port-Royal |
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| Il ne s’agit pas de dire des choses originales, ni d’être original. Il s’agit de dire ce qui est, et d’être ce qu’on est. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 29 |
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| Il ne s’agit pas seulement de vivre, mais de vivre en étant et en paraissant tout ce qu’on est. |
| MONTHERLANT Henry de – Malatesta, acte l, sc. VIII |
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| Il n’est guère de souffrance dont vous ne puissiez émousser la pointe, en imaginant combien elle pourrait être pire. |
| MONTHERLANT Henry de – Service inutile |
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| Il n’y a de sacrifices valables que ceux sur lesquels on se tait. |
| MONTHERLANT Henry de – Fils de personne |
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| Il n’y a pas de grande destinée sans un peu de mélancolie. |
| MONTHERLANT Henry de – Malatesta |
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| Il n’y a pas de problème plus essentiel pour un homme que celui de décider si ses actes ont un sens ou n’en ont pas. |
| MONTHERLANT Henry de – Le Cardinal d’Espagne (Postface) |
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| Il n’y a rien de plus émouvant au monde que de parler avec gravité à un enfant. |
| MONTHERLANT Henry de – La ville dont le prince est un enfant |
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| Il y a ceux à qui nous pardonnons et ceux à qui nous ne pardonnons pas. Ceux à qui nous ne pardonnons pas sont nos amis. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets (1930-1944), Gallimard |
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| Il y a deux moments de sa vie où tout homme est respectable : son enfance et son agonie. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnet |
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| Il y a le réel et il y a l’irréel. Au-delà du réel et au-delà de l’irréel, il y a le profond. |
| MONTHERLANT Henry de – Le Maître de Santiago, Note liminaire |
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| Il y a plus d’élégance, quand on se retire du monde, à s’en retirer sans le blâmer. |
| MONTHERLANT Henry de – Le Maître de Santiago |
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| Il y a un péché contre l’esprit, il y a aussi un péché contre la chair, qui est de toujours la calomnier. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 29 |
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| J’écris une page étendu, étendu commodément. Cela vient mou. Je me mets à table et reprends la page : en un instant, la voici forte et énergique. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 57 |
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| J’enfonce la plume dans mon cœur pour ramener des mots. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 25 |
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| Je l’ai dit, je le redis : on ne doit pas accorder sa confiance à quelqu’un qui ne sourit jamais |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 75 |
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| Je n’ai jamais vu d’enthousiasme que pour des causes bêtes. |
| MONTHERLANT Henry de – Malatesta, acte III, sc. 3 |
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| Je ne parlerai pas de moi à la troisième personne – « l’auteur de ces pages », etc. – parce que c’est une hypocrisie puérile. Je dirais je, parce que c’est là qu’est la simplicité et le naturel. |
| MONTHERLANT Henry de – Service inutile |
|
| Je ne sais ce qui est le pire, des personnes qui ne s’excusent pas, ou des personnes qui s’excusent pendant cinq minutes. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 53 |
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| Je ne sais pourquoi le mépris a si mauvaise presse, car il réduit la masse de haine : on ne hait pas ce qu’on méprise. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 17 |
|
| Je suis convaincu que les œuvres qui durent ne durent que par des malentendus. |
| MONTHERLANT Henry de – Notes sur mon théâtre |
|
| Jésus et Socrate refusent de répondre à leurs juges. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 80 |
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| L’absence de vanité, qui vous empêche d’avoir la place à laquelle vous avez droit, vous empêche aussi d’en souffrir. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 77 |
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| L’artiste a plus besoin d’être admiré que d’être aimé. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 132 |
|
| L’artiste parle comme s’il parlait au monde, alors qu’il sait qu’il parle pour dix personnes. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 132 |
|
| L’écrivain tourmenté s’apaise dans sa création comme le chrétien tourmenté s’apaise dans la prière. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 21 |
|
| L’Église a plus maintenu ses vérités par ses souffrances, que par les vérités mêmes. |
| MONTHERLANT Henry de – Port-Royal, Gallimard |
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| L’Église n’est l’Église que souffrante. C’est aussi la religion du Lavements des pieds. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 168 |
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| L’hésitation est le propre de l’intelligence. |
| MONTHERLANT Henry de |
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| L’homme agit, la femme vit. |
| MONTHERLANT Henry de – Sur les femmes |
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| La confiance est une des possibilités divines de l’homme. |
| MONTHERLANT Henry de – Service inutile (Gallimard) |
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| La nature va me signifier qu’il est temps que je cesse d’être. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 165 |
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| La plupart des hommes recèlent en eux-mêmes leur propre caricature. Et cette caricature ressort un jour, à l’improviste, sous le coup de l’événement. |
| MONTHERLANT Henry de – Demain il fera jour |
|
| La poésie est un grain de beauté sur la joue de l’intelligence. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets 1930-1944, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1963, Carnet XIX p.975 |
|
| La politique est l’art de se servir des gens. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets |
|
| Le critique ne se rend pas compte que lorsqu’il juge un auteur, c’est lui-même qui passe en jugement, plus que l’autre. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 99 |
|
| Le grand art est un composé d’impudeur et de litote. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 93 |
|
| Le malheur est presque toujours le signe d’une fausse interprétation de la vie. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets 1930-1944, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1963, Carnet XX p.1007 |
|
| Le sacerdoce fait de tout homme qui l’a reçu un séparé. S’il n’est plus un séparé, il n’est rien. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 157 |
|
| Le sens du baiser est : vous êtes pour moi une nourriture. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets, 1930-1944, Gallimard |
|
| Le sourire de la pensée la plus profonde. |
| MONTHERLANT Henry de – Le Solstice de juin, Le sourire et le silence |
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| Le violent est sauvé du désespoir par la colère. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 95 |
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| Les colonies sont faites pour être perdues. |
| MONTHERLANT Henry de – Le Maître de Santiago, acte I, scène 4 |
|
| Les deux moments de la création dramatique. La création par l’émotion, qui donne la matière. Puis la création par l’art, qui juge, choisit, combine, construit. |
| MONTHERLANT Henry de – Notes sur mon théâtre |
|
| Les événements s’usent. J’attends le temps où l’époque présente apparaîtra ridicule. |
| MONTHERLANT Henry de – Malatesta |
|
| Les gens fuient devant le tragique. La profondeur fait rire les non-profonds. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 75 |
|
| Les sociétés actuelles voient dans la hauteur extérieure la lune et elles y vont. Elles ne vont pas à une certaine hauteur intérieure dont elles n’ont même pas notion. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 151 |
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| Les vieillards meurent parce qu’ils ne sont plus aimés. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets (Gallimard) |
|
| L’hiver est un printemps qui s’ignore. |
| MONTHERLANT Henry de – Malatesta |
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| Lisons les journaux, mais dans le même esprit où nous lirions aujourd’hui des journaux d’il y a cinquante ans. |
| MONTHERLANT Henry de – Service inutile |
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| Lorsque, par l’imagination, je me mets du côté de l’Église, ce n’est jamais que du côté de l’Église souffrante. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 76 |
|
| Mourir pour une cause ne fait pas que cette cause soit juste. |
| MONTHERLANT Henry de – Les Lépreuses |
|
| Nous aimons, dans les animaux, de pouvoir les tuer légalement. Dans la guerre aussi, nous aimons d’y pouvoir tuer légalement. Bien entendu, les hommes n’avouent jamais cela. |
| MONTHERLANT Henry de – L’Équinoxe de Septembre |
|
| Nous connaîtrons la lune et nous ne connaissons pas l’homme. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 120 |
|
| Nous mourons quand il n’y a plus personne pour qui nous voulions vivre. |
| MONTHERLANT Henry de – Les Garçons (Gallimard) |
|
| Nous ne connaissons le rire des gens que depuis l’invention de la photo, et encore, de l’instantané : grave lacune. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 81 |
|
| Nous sommes dans la main de la destinée comme un oiseau dans la main d’un homme. Tantôt elle nous oublie, elle regarde ailleurs, nous respirons. Et soudain, elle se souvient de nous et elle serre un peu, elle nous étouffe. |
| MONTHERLANT Henry de – La Reine morte, acte I, sc. 5 |
|
| On blâme comme « scrupuleux » celui qui a une conscience très délicate, dont on devrait le louer. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 29 |
|
| On blesse l’amour-propre ; on ne le tue pas. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets 1930-1944, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1963, Notes non datées, p.1357 |
|
| On ne doit pas accorder sa confiance à quelqu’un qui ne sourit jamais. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets |
|
| On ne peut jamais se flatter d’avoir trouvé le dernier mot d’un symbole. |
| MONTHERLANT Henry de – Pasiphaé (préface) |
|
| On peut éprouver une telle joie à faire plaisir à quelqu’un qu’on ait envie de le remercier. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets |
|
| On reconnaît tout de suite un homme de jugement à l’usage qu’il fait du point virgule. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets 1930-1944, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1963, Carnet XXII p.1066 |
|
| On s’attache à de certaines choses sous prétexte de dévotion, alors que la dévotion consiste en un dénuement de tout: Dieu ne nous emplit qu’autant que nous sommes vides. |
| MONTHERLANT Henry de – Port-Royal, la soeur Angélique |
|
| Ou ils sont renseignés faux, et c’est Paris. Ou ils ne sont pas renseignés du tout, et c’est la province. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 123 |
|
| Plus on s’explique, plus on est incompréhensible. Je parle du moins pour moi |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 132 |
|
| Quand on vieillit, nos colères deviennent des tristesses. |
| MONTHERLANT Henry de – La Reine morte, III, 5 Ferrante |
|
| Que serait-ce qu’être fidèle si on n’était fidèle qu’à ceux qui vous aiment ? |
| MONTHERLANT Henry de – Le Cardinal d’Espagne |
|
| Quelqu’un de bien né efface sa vie de ménage comme il efface ses maladies. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 82 |
|
| Se plaindre est un des moyens d’obtenir. La pitié est d’un magnifique rapport. |
| MONTHERLANT Henry de – La Reine Morte |
|
| Sermon sur la montagne. Indifférence massive au jugement d’autrui : répondre à la calomnie par un acte de bienveillance. Extrême mépris de Jésus, que j’ai déjà noté ici. Rapprocher du stoïcisme. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 65 |
|
| Si j’avais été chrétien croyant, j’aurais était prêtre. Et j’aurais été un saint. Car un croyant est un saint, où il n’est pas croyant. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 27 |
|
| Si les gens s’intéressaient les uns aux autres, la vie ne serait qu’angoisse continuelle. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 158 |
|
| Si pauvre type que soit tel prêtre, il a toujours la supériorité sur la plupart des autres hommes de n’être pas marié. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets |
|
| Si tu ne hurles pas, personne ne croira que tu as mal. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets |
|
| Si vous n’êtes pas prêt à tuer ce que vous prétendez haïr, ne dites pas que vous haïssez : vous prostituez ce mot. |
| MONTHERLANT Henry de – Malatesta, 1, 8 |
|
| Sur notre lit de mort, par notre sagesse, nous serions assez sereins ; mais nous perdons notre sérénité devant l’émotion de nos amis. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 55 |
|
| Tant de choses ne valent pas d’être dites. Et tant de gens ne valent pas que les autres choses leur soient dites. Cela fait beaucoup de silence. |
| MONTHERLANT Henry de – Le Maître de Santiago, acte II, sc. 1 |
|
| Tout ce qui est acquis par la raison est perdu par la sensibilité. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 143 |
|
| Tout grand homme n’agit et n’écrit que pour développer deux ou trois idées. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets, 1930-1944, Gallimard |
|
| Tout terrifié cherche à terrifier celui qui ne l’est pas, pour être deux. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 165 |
|
| Toutes les admirations « culturelles » sont de commande. Mais gare à qui les dénonce. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 65 |
|
| Un âge vient où il vous semble que les hommes n’existent que pour être un objet de charité. |
| MONTHERLANT Henry de – Le Maître de Santiago |
|
| Un grain de gravité. Un grain de désinvolture. Un grain de gravité peinturluré en désinvolture. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 77 |
|
| Un homme que je sais se réconcilia avec son ennemi, quand celui-ci fut proche de mourir, pour avoir ses entrées à son lit de mort et pouvoir jouir de son agonie. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets |
|
| Un journal belge me demande quelles sont les deux vertus que je souhaiterais de préférence à un garçon de quatorze ans. Je réponds : le courage, et la force de se taire. |
| MONTHERLANT Henry de – Tous feux éteints, p. 51 |
|
| Une règle d’or : faire peu de choses. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets (Gallimard) |
|
| Une vie est belle, où l’on commence par se croire quelque chose, et finit par ne se croire rien. |
| MONTHERLANT Henry de – Mors et Vita, Explicit mysterium |
|
| Vive qui m’abandonne ! Il me rend à moi-même. |
| MONTHERLANT Henry de – Carnets 1930-1944, Essais, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1963, Carnet XXI p.1054 |
|
| Vivent mes ennemis ! Eux du moins ne peuvent pas me trahir. |
| MONTHERLANT Henry de – Malatesta, I, 8 |
|
| Elle était belle comme la femme d’un autre. |
| MORAND Paul – Lewis et Irène (Grasset) |
|
| J’ai toujours trouvé les gens fort mécontents de leur sort, mais très satisfait d’eux-mêmes. |
| MORAND Paul – Journal inutile 1973-1976, nrf Gallimard 2001, 1 septembre 1973, p.122 |
|
| La vieillesse est un âge où le ridicule ne tue plus. |
| MORAND Paul – Journal inutile 1968-1972, 17 septembre 1971 |
|
| Le mot Juif, prononcé par quelqu’un qui ne l’est pas, est déjà de l’antisémitisme. |
| MORAND Paul – Journal inutile 1968-1972, nrf Gallimard 2001, 6 octobre 1971, p.601 |
|
| Les citations sont les béquilles des écrivains infirmes. |
| MORAND Paul – Journal inutile 1968-1972, nrf Gallimard 2001, 2 août 1968, p.39 |
|
| Les miroirs sont des glaces qui ne fondent pas ; ce qui fond, c’est qui s’y mire. |
| MORAND Paul – Ouvert la nuit, Préface à l’édition de 1957 |
|
| Pourquoi être puni pour ses péchés, puisque tous, même les plus charmants, portent leur punition en eux-mêmes. |
| MORAND Paul – Journal inutile 1968-1972, nrf Gallimard 2001, 8 septembre 1968, p.50 |
|
| Si difficile de nettoyer la pitié de tout égoïsme, du « quand je pense que ça pourrait m’arriver ». |
| MORAND Paul – Journal inutile 1968-1972, nrf Gallimard 2001, 8 septembre 1968, p.49 |
|
| Si vous n’avez pas mal quelque part, inutile d’écrire. |
| MORAND Paul – Journal inutile 1968-1972, nrf Gallimard 2001, 8 septembre 1968, p.48 |
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| L’amour-propre est une curieuse bête, qui peut dormir même sous les coups les plus cruels et puis s’éveille, blessé à mort par une simple égratignure. |
| MORAVIA Alberto – La Belle Romaine, II, 2 |
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| Le bonheur est d’autant plus grand qu’on y prête moins attention. |
| MORAVIA Alberto – Le mépris, I |
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| On peut tout prévoir, sauf le sentiment que pourra vous inspirer ce qu’on a prévu. |
| MORAVIA Alberto – L’Ennui |
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| Un bonheur passionné ressemble à de l’angoisse. |
| MORÉAS Jean Papadiamantopoulos, dit – Le Voyage de Grèce (la Plume) |
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| Je crois que la médiocrité, si nous la cultivons volontairement, put devenir une forme d’orgueil intellectuel. Et l’humilité aussi. |
| MORGAN Charles – Défi à Vénus, III |
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| Le plus bel hommage que nous puissions rendre à un auteur n’est pas de rester attachés à la lecture de ses pages, mais plutôt de cesser inconsciemment de lire, de reposer le livre, de le méditer et de voir au-delà de ses intentions avec des yeux neufs. |
| MORGAN Charles – Yale Review |
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| Un jour viendra peut-être – qui sait si ce n’est pas aujourd’hui ? – où la science reprendra sa figure normale : source de sagesse non de puissance, à l’égal de la musique et de la poésie : une interprétation de la Nature, et non une exploitation éhontée. |
| MORGAN Charles – Le Cristal ardent |
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| La connaissance progresse en intégrant en elle l’incertitude, non en l’exorcisant. |
| MORIN Edgar – Interview |
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| Un amour naissant inonde le monde de poésie ; un amour qui dure irrigue de poésie la vie quotidienne. |
| MORIN Edgar – Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur |
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| Je ne savais pas que c’était si simple de faire son devoir |
| MOULIN Jean – Premier combat (Journal posthume), Lettre à sa mère et à sa sœur (15 juin 1940) |
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| Nous appelons personnaliste toute doctrine, toute civilisation affirmant le primat de la personne humaine sur les nécessités matérielles et sur les appareils collectifs qui soutiennent son développement. |
| MOUNIER Emmanuel – Manifeste au service du personnalisme |
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| Pour ceux d’entre nous qui sont chrétiens, une voix familière leur répète de l’aube au crépuscule : « Ne faites pas les malins ». |
| MOUNIER Emmanuel – Revue Esprit, mars 1950 |
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| Non, je ne suis jamais seul… avec ma solitude. |
| MOUSTAKI Georges |
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| L’esprit est d’en donner à ceux qui n’en ont pas. |
| MOUSTIER Charles-Albert de – Le Conciliateur, acte II, scène 12 |
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| Je ne connais plus d’énigmes ; les choses arrivent, voilà l’unique sagesse. |
| MUSIL Robert – Les désarrois de l’élève Törless |
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| Les idéaux ont de curieuses qualités, entre autres celle de se transformer brusquement en absurdité quand on essaie de s’y conformer strictement. |
| MUSIL Robert – L’Homme sans qualités (1933), Tome 1 |
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| Les seuls hommes vrais sont ceux qui peuvent pénétrer en eux-mêmes, les esprits cosmiques capables de descendre assez profond pour discerner leurs liens avec le grand rythme universel. |
| MUSIL Robert – Les désarrois de l’élève Törless |
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| À défaut du pardon, laisse venir l’oubli. |
| MUSSET Alfred de – Poésies nouvelles, La Nuit d’octobre |
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| Ah ! celui-là vit mal qui ne vit que pour lui. |
| MUSSET Alfred de – La Coupe et les Lèvres |
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| Ah ! Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. / C’est là qu’est la pitié, la souffrance et l’amour. |
| MUSSET Alfred de – Premières poésies, « à mon ami Édouard B. » |
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| Aimer, c’est se donner corps et âme. |
| MUSSET Alfred de – La confession d’un enfant du siècle |
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| Amour est le grand point, qu’importe la maîtresse ? / Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? |
| MUSSET Alfred de – La Coupe et les Lèvres |
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| Après avoir souffert, il faut souffrir encore ;/ Il faut aimer sans cesse après avoir aimé. |
| MUSSET Alfred de – Poésies, la Nuit d’août |
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| C’était dans la nuit brune, / Sur le clocher jauni, / La lune / Comme un point sur un i. |
| MUSSET Alfred de – Ballade à la lune |
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| Dans tout vers remarquable d’un vrai poète, il y a deux ou trois fois plus que ce qui est dit ; c’est au lecteur à suppléer le reste. |
| MUSSET Alfred de – Le Poète déchu, VIII |
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| Doutez, si vous voulez, de celui qui vous aime, / D’une femme ou d’un chien, mais non de l’amour même. |
| MUSSET Alfred de – La coupe et les lèvres |
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| Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. |
| MUSSET Alfred de – Titre d’une comédie (1848) |
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| J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. |
| MUSSET Alfred de – On ne badine pas avec l’amour, II, 5 |
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| J’ai trop connu ce qu’on est convenu d’appeler la vie, pour n’avoir pas trouvé au fond de cette mer le mépris de ce qu’on aperçoit à la surface. |
| MUSSET Alfred de – La nuit vénitienne |
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| Je ne crois pas, ô Christ, à ta parole sainte : / Je suis venu trop tard dans un siècle trop vieux. / D’un siècle sans espoir naît un siècle sans crainte. |
| MUSSET Alfred de – Poésies, Rolla |
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| L’homme est un apprenti, la douleur est son maître, / Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert. |
| MUSSET Alfred de – Poésies nouvelles, La nuit d’octobre |
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| La poésie est ici essentiellement musicale qu’il n’y a pas de si belle pensée devant laquelle le poète ne recule si la mélodie ne s’y trouve pas. |
| MUSSET Alfred de – Le Poète déchu, VIII |
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| La vie est un sommeil, l’amour en est le rêve, / Et vous aurez vécu, si vous avez aimé. |
| MUSSET Alfred de – Poésies : À quoi rêvent les jeunes filles |
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| Le bien a pour tombeau l’ingratitude humaine. |
| MUSSET Alfred de – La Coupe et les Lèvres |
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| Le seul bien qui me reste au monde / Est d’avoir quelquefois pleuré. |
| MUSSET Alfred de – Poésies nouvelles, Tristesse |
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| Le seul vrai langage au monde est un baiser. |
| MUSSET Alfred de – Poésies nouvelles : Idylle |
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| Les plus désespérés sont les chants les plus beaux / Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots. |
| MUSSET Alfred de – Poésies, « La Nuit de mai » |
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| On ne badine pas avec l’amour. |
| MUSSET Alfred de – Titre d’une comédie (1834) |
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| Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu. |
| MUSSET Alfred de – La nuit de mai |
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| Partout où j’ai touché la terre / Sur ma route est venu s’asseoir / Un malheureux vêtu de noir, / Qui me ressemblait comme un frère. |
| MUSSET Alfred de – Poésies nouvelles, La nuit de décembre |
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| Poète, prends ton luth et me donne un baiser. |
| MUSSET Alfred de – La Nuit de mai, in Poésies nouvelles |
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| Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? |
| MUSSET Alfred de – La Coupe et les Lèvres, dédicace à M. Alfred Tattet |
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| Rien ne nous rend si grands qu’une grande douleur. |
| MUSSET Alfred de – Poésies |
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| Rien n’est beau que le vrai, dit un vers respecté ; / Et moi, je lui réponds, sans crainte d’un blasphème : / Rien n’est vrai que le beau, rien n’est vrai sans beauté. |
| MUSSET Alfred de – Poésies, Après une lecture |
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| Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées, (…) mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. |
| MUSSET Alfred de |
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| Tout vrai regard est un désir. |
| MUSSET Alfred de |
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| Tout dans l’État, rien contre l’État, rien en dehors de l’État. |
| MUSSOLINI Benito – discours à la Chambre des Députés (1927) |
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| La vie est une grande surprise. Pourquoi la mort n’en serait-elle pas une plus grande ? |
| NABOKOV Vladimir |
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| Ce n’est pas possible, m’écrivez-vous ; cela n’est pas français. |
| NAPOLÉON Ier – Correspondance,, Lettre au général Lemarois, 9 juillet 1813. |
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| Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas. |
| NAPOLÉON Ier – Maximes de guerre et pensées, J. Dumaine Ed., Paris 1863, 382 p.297 |
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| En politique, une absurdité n’est pas un obstacle. |
| NAPOLÉON Ier |
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| Il faut mener les hommes avec une main de fer dans un gant de velours. |
| NAPOLÉON Ier – Maximes de guerre et pensées, J. Dumaine Ed, Paris 1863, 222 p.264 |
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| Il n’y a que deux puissances dans le monde : le sabre et l’esprit. J’entends par l’esprit les institutions civiles et religieuses. À la longue, le sabre est toujours battu par l’esprit. |
| NAPOLÉON Ier – Correspondance, « À Fontanes » ; cité par Las Casas dans le Mémorial de Sainte-Hélène |
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| Je n’ai pas succédé à Louis XVI, mais à Charlemagne. |
| NAPOLÉON Ier – À Pie VII, le jour du sacre, 2 décembre 1804 |
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| Je sais, quand il le faut, quitter la peau du lion pour prendre celle du renard. |
| NAPOLÉON Ier – cité par Talleyrand, Mémoires (I) |
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| L’amour est une sottise faite à deux. |
| NAPOLÉON Ier |
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| L’art de la police est de ne pas voir ce qu’il est inutile qu’elle voie. |
| NAPOLÉON Ier – Au citoyen Fouché, 24 mai 1800 |
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| L’homme fait pour les affaires et l’autorité ne voit point les personnes ; il ne voit que les choses, leur poids et leur conséquence. |
| NAPOLÉON Ier – Mémorial de Sainte-Hélène. |
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| L’imagination gouverne le monde ! |
| NAPOLÉON Ier – Cité par Las Casas dans le Mémorial de Sainte-Hélène |
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| Les agresseurs ont tort là-haut ; ils ont raison ici-bas |
| NAPOLÉON Ier – Cité par Las Casas dans le Mémorial de Sainte-Hélène |
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| Plus on est grand, et moins on doit avoir de volontés ; on dépend des événements, et des circonstances. |
| NAPOLÉON Ier – À Joséphine, 3 décembre 1806 |
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| Soldats, songez que, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent ! |
| NAPOLÉON Ier – 21/7/1798 avant la bataille |
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| Tous les détails de la vie doivent être soumis à cette règle : savoir vaincre sa mauvaise humeur. |
| NAPOLÉON Ier – Maximes de guerre et pensées, J. Dumaine Ed, Paris 1863, 241 p.268 |
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| Une société sans religion est comme un navire sans boussole. |
| NAPOLÉON Ier – Allocution aux curés de Milan, 5 juin 7800 |
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| Le Rêve est une seconde vie Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. |
| NERVAL Gérard de – Aurélia ou le Rêve et la Vie, in Autres Chimères |
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| Les premiers instants du sommeil sont l’image de la mort ; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. |
| NERVAL Gérard de – Aurélia |
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| Ma seule étoile est morte et mon luth constellé / Porte le soleil noir de la Mélancolie. |
| NERVAL Gérard de |
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| Puis une dame, à sa haute fenêtre, / Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens, / Que, dans une autre existence peut-être, / J’ai déjà vue… et dont je me souviens ! |
| NERVAL Gérard de |
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| Souvent dans l’être obscur habite un Dieu caché ; / Et, comme un œil naissant couvert par ses paupières, / Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres. |
| NERVAL Gérard de – Les Filles du Feu, Vers dorés |
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| Toute œuvre est un palimpseste – et si l’œuvre est réussie, le texte effacé est toujours un texte magique. |
| NERVAL Gérard de – Journal, in Un beau Ténébreux |
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| Je suis le Ténébreux, le Veuf, l’Inconsolé / Le Prince d’Aquitaine à la tour abolie / Ma seule étoile est morte – et mon luth constellé / Porte le soleil noir de la mélancolie. |
| NERVAL Gérard Labrunie, dit Gérard de – Les Chimères, El Desdichado |
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| La Treizième revient. C’est encor la première / Et c’est toujours la Seule – ou c’est le seul moment. |
| NERVAL Gérard Labrunie, dit Gérard de – Les Chimères, Artémis |
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| Les âmes sont les idées de Dieu. |
| NERVAL Gérard Labrunie, dit Gérard de – Paradoxe et vérité |
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| Dieu n’est pas l’éternité, il n’est pas l’infini, mais il est éternel et infini. Il n’est ni la durée ni l’espace, mais il a existé de tout temps et sa présence est partout. |
| Newton Isaac – Principes mathématiques de la philosophie |
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| Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. |
| NEWTON Isaac |
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| Avec une voix forte dans la gorge on est presque incapable de penser des choses subtiles. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Gai Savoir. (1882-1887), Œuvres II, Robert Laffont – Bouquins 1990, 216 p.155 |
|
| Avoir honte de son immoralité : ce n’est qu’un premier degré ; au dernier on aura honte aussi de sa moralité. |
| NIETZSCHE Friedrich – Par-delà le bien et le mal, n° 95 |
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| Beaucoup de gens attendent toute leur vie l’occasion d’être bon à leur manière. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, n° 558 |
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| Beaucoup parler de soi peut être aussi un moyen de se dissimuler. |
| NIETZSCHE Friedrich – Par-delà le bien et le mal, n° 169 |
|
| Ce n’est pas leur amour de l’humanité, c’est l’impuissance de leur amour qui a empêché les chrétiens d’aujourd’hui de nous faire monter sur le bûcher. |
| NIETZSCHE Friedrich – Par-delà bien et mal |
|
| Ce qu’on fait par amour l’est toujours par-delà le bien et le mal. |
| NIETZSCHE Friedrich – Par-delà le bien et le mal (1886), Œuvres II, Robert Laffont – Bouquins 1990, 153 p.625 |
|
| Certains ne parviennent pas à devenir des penseurs parce que leur mémoire est trop bonne. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 122 p.744 |
|
| Comme une chute d’eau en se précipitant devient plus lente et plus aérienne, ainsi le grand homme accomplit l’action avec plus de calme que ne le faisait attendre son désir impétueux avant l’action. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 488 p.658 |
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| Confession. On oublie sa faute quand on l’a confessée à un autre, mais d’ordinaire l’autre ne l’oublie pas. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 568 p.670 |
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| Croyez-m’en ! Le secret pour moissonner l’existence la plus féconde et la plus grande jouissance de la vie, c’est de vivre dangereusement. Construisez vos villes au pied du Vésuve ! Envoyez vos vaisseaux dans les mers inexplorées ! |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Gai Savoir. (1882-1887), Œuvres II, Robert Laffont – Bouquins 1990, 283 p.169 |
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| Croyez-vous donc que c’est de l’ouvrage décousu parce qu’on vous le présente en morceaux (et qu’il faut vous le présenter ainsi) ? |
| NIETZSCHE Friedrich – Opinions et sentences mêlées, n° 128 |
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| Dans la solitude le solitaire se ronge le cœur ; dans la multitude c’est la foule qui le lui ronge. Choisis donc ! |
| NIETZSCHE Friedrich – Opinions et sentences mêlées, n° 348 |
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| De tous les moyens de consolation, aucun ne fait autant de bien à celui qui en a besoin que l’affirmation que, dans son cas, il n y a pas de consolation. Il y trouve une telle distinction que, sans tarder, il redresse la tête. |
| NIETZSCHE Friedrich – Aurore, Pensées sur les préjugés moraux, n° 380 |
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| Des femmes peuvent très bien lier amitié avec un homme ; mais pour la maintenir – il y faut peut-être le concours d’une petite antipathie physique. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, Aphorisme 390 |
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| Dès que vous voulez agir, il vous faut fermer les portes du doute, disait un homme d’action. –Et ne crains-tu pas, de cette façon, d’être dupe ? rétorqua un contemplatif. |
| NIETZSCHE Friedrich – Aurore, Pensées sur les préjugés moraux, n° 519 |
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| Devenir dur, lentement, lentement, comme une pieITe précieuse – et finalement demeurer là tranquillement, pour la joie de l’éternité. |
| NIETZSCHE Friedrich – Aurore, Pensées sur les préjugés moraux, n° 541 |
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| Dieu aussi a son enfer : c’est son amour des hommes |
| NIETZSCHE Friedrich – Ainsi parlait Zarathoustra |
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| Faites donc ce que vous voulez mais soyez d’abord de ceux qui peuvent vouloir ! |
| NIETZSCHE Friedrich |
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| Il faut faire voler le tout en éclat, désapprendre le respect pour le tout. |
| NIETZSCHE Friedrich |
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| Il faut qu’un maître mette ses disciples en garde contre lui-même : cela fait partie de son humanité. |
| NIETZSCHE Friedrich – Aurore. (1881), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 447 p.1164 |
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| Il faut supprimer les mendiants, car on s’irrite de leur donner, et de ne pas leur donner. |
| NIETZSCHE Friedrich – Aurore, Pensées sur les préjugés moraux, n° 185 |
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| Il peut se permettre le luxe du scepticisme, celui qui possède une foi profonde. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le crépuscule des idoles |
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| Je ne crois qu’à la culture française, et tiens que tout ce qui, en dehors d’elle, se décore en Europe du nom de « culture », commet une méprise. |
| NIETZSCHE Friedrich – Cité par Mme Forster-Nietzsche |
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| Je ne pourrais croire qu’en un Dieu qui saurait danser. |
| Nietzsche Friedrich – Ainsi parlait Zarathoustra |
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| L’absurdité d’une chose n’est pas une raison contre son existence, c’en est plutôt une condition. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, n° 515 |
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| L’amitié naît lorsqu’on a pour l’autre une estime supérieure à celle qu’on a pour soi-même. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain |
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| L’art et rien que l’art, nous avons l’art pour ne pouvait mourir de la vérité. |
| NIETZSCHE Friedrich |
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| L’augmentation de la sagesse se laisse mesurer exactement d’après la diminution de bile. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 348 p.953 |
|
| L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids. Ils ment froidement, et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « Moi, l’État, je suis le peuple. » |
| NIETZSCHE Friedrich – Ainsi parlait Zarathoustra |
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| L’homme est une corde tendue entre l’animal et le Surhomme, une corde au-dessus d’un abîme. |
| NIETZSCHE Friedrich – Ainsi parlait Zarathoustra |
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| L’homme pieux se sent supérieur à celui qui ne l’est pas : je ne croirai à l’humilité chrétienne que quand je verrai un homme pieux s’incliner devant un homme qui n’est pas. |
| NIETZSCHE Friedrich – Œuvres Posthumes |
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| L’Humanité ! Fut-il jamais entre toutes les vieilles, une vieille plus horrible (si ce n’est peut-être la « Vérité »), un problème à l’usage des philosophes ? Non, nous n’aimons pas l’Humanité. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le gai savoir, Aphorisme 377 |
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| La bonne victoire doit réjouir le vaincu, et avoir quelque chose de divin qui épargne l’humiliation. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Voyageur et son ombre, n° 344 |
|
| La charité du sage le pousse parfois à paraître ému, fâché, réjoui, pour ne pas blesser son entourage par la froideur et la lucidité de sa vraie nature. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 246 p.789 |
|
| La colère, comme toutes les passions, est d’abord un état du corps. Celui-ci est interprété ensuite. Plus tard l’interprétation provoque l’état. |
| NIETZSCHE Friedrich – Œuvres posthumes |
|
| La méchanceté est rare. La plupart des hommes sont bien trop occupés d’eux-mêmes pour être méchants. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 85 p.487 |
|
| La presse, la machine, le chemin de fer, le télégraphe sont des prémisses dont personne n’a encore osé tirer la conclusion qui viendra dans mille ans. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Voyageur et son ombre, n° 278 |
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| La prétention alliée à certains mérites offense plus encore que la prétention sans H, n° 332 |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, n° 332 |
|
| Le châtiment a pour but de rendre meilleur celui qui châtie, – c’est là le dernier recours pour les défenseurs du châtiment. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Gai Savoir, n° 219 |
|
| Le châtiment est fait pour améliorer celui qui châtie ; ce mot représente le dernier recours des défenseurs du châtiment. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Gai Savoir |
|
| Le christianisme a fait boire du poison à Éros : il n’en est pas mort, mais il est devenu vicieux. |
| NIETZSCHE Friedrich – Par-delà le bien et le mal, n° 168 |
|
| Le christianisme et l’alcool, les deux plus grands agents de corruption. |
| NIETZSCHE Friedrich – L’Anti-chrétien, p. 304. |
|
| Le dernier chrétien est mort sur la croix. |
| NIETZSCHE Friedrich |
|
| Le meilleur auteur sera celui qui a honte d’être un homme de lettres. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, n° 192 |
|
| Le remords est, comme la morsure d’un chien contre la pierre, une bêtise. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Voyageur et son ombre, n° 38 |
|
| Les auteurs les plus spirituels produisent le plus imperceptible des sourires. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 186 p.542 |
|
| Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, Aphorisme 483 |
|
| Les femmes deviennent par amour tout à fait ce qu’elles sont dans l’idée des hommes dont elles sont aimées. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 400 p.620 |
|
| Les singes sont bien trop bons pour que l’homme puisse descendre d’eux. |
| NIETZSCHE Friedrich – Œuvres posthumes |
|
| Lorsque l’on est mal compris en bloc, il est impossible de supprimer complètement un malentendu de détail. Il faut se rendre compte de cela pour ne pas user inutilement sa force à se défendre. |
| NIETZSCHE Friedrich – Opinions et sentences mêlées, n° 346 |
|
| Lorsque nous aimons, nous voulons que nos défauts restent cachés, – non par vanité, mais parce que l’objet aimé ne doit pas souffrir. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Gai Savoir, n° 263 |
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| Maintenant, reçois en récompense une petite vérité. Je suis assez vieille pour te la dire … Et ainsi parla la petite vieille : « Si tu vas chez les femmes, n’oublie pas le fouet ». |
| NIETZSCHE Friedrich – Ainsi parla Zarathoustra, 1ère partie, Des femmes |
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| Même pour l’homme pieux, le déjeuner quotidien est plus important que la sainte Cène. |
| NIETZSCHE Friedrich – Œuvres posthumes |
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| Mon orgueil est de dire en dix phrases ce que tout autre dit en un volume, – ce qu’un autre ne dit pas en un volume. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Crépuscule des idoles, p. 1023 |
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| Ne pas du tout parler de soi, c’est une très noble hypocrisie. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, n° 504 |
|
| Ne t’enfle pas, sinon la moindre piqûre te fera crever. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Gai Savoir. (1882-1887), Œuvres II, Robert Laffont – Bouquins 1990, p.37 |
|
| Nos défauts sont les yeux par lesquels nous voyons l’idéal. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Voyageur et son Ombre |
|
| Nous pouvons vivre comme les dieux à la vie facile si nous savons-nous laisser vivement ravir par la vérité. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain |
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| Nous sommes fatigués de l’homme… |
| NIETZSCHE Friedrich – G, p. 743 |
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| On aime, à ce qu’il paraît, encore mieux le déplaisir intense que le plaisir terne. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, n° 606 |
|
| On devrait considérer un écrivain comme un malfaiteur qui ne mérite que dans les cas les plus rares son acquittement ou sa grâce : ce serait un remède contre la prolifération des livres. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, n° 193 |
|
| On est le plus en danger d’être écrasé lorsqu’on vient d’esquiver une voiture. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, Aphorisme 564 |
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| On ment bien de la bouche ; mais avec la gueule qu’on fait en même temps, on dit la vérité quand même. |
| NIETZSCHE Friedrich – Par-delà le Bien et Mal |
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| On n’aime, en définitive, que ses penchants et non pas ce vers quoi on penche. |
| NIETZSCHE Friedrich – Par-delà le Bien et le Mal |
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| On oublie sa faute quand on l’a confessée à un autre, mais d’ordinaire l’autre ne l’oublie pas. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, Aphorisme 568 |
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| On se trompera rarement si l’on ramène les actions extrêmes à la vanité, les médiocres à l’habitude et les mesquines à la peur. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 74 p.484 |
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| Pensons-y ! – Celui que l’on punit n’est plus celui qui a commis l’action. Il est toujours le bouc émissaire. |
| NIETZSCHE Friedrich – Aurore. (1881), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 252 p.1112 |
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| Plus nous nous élevons, plus nous paraissons petits aux regards de ceux qui ne savent pas voler. |
| NIETZSCHE Friedrich – Aurore. (1881), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 574 p.1210 |
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| Pour celui qui est très seul, le bruit est déjà une consolation. |
| NIETZSCHE Friedrich – Œuvres posthumes |
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| Pour gagner des gens d’esprit à une proposition, il suffit parfois de la présenter sous la forme d’un paradoxe monstrueux. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 307 p.599 |
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| Qu’importe un livre qui ne sait même pas nous transporter au-delà de tous les livres ? |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Gai Savoir, n° 248 |
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| Quand on a la foi, on peut se passer de la vérité. |
| NIETZSCHE Friedrich – Notes |
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| Quand on est mal compris en entier, il est impossible d’écarter un malentendu de détail. C’est ce qu’il faut bien voir pour ne pas dépenser une énergie superflue à se défendre. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain |
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| Que dit ta conscience ? – Tu dois devenir l’homme que tu es. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le gai savoir, Aphorisme 270 |
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| Qui vit de combattre un ennemi a intérêt à ce qu’il reste en vie. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 531 p.664 |
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| Rire, c’est se réjouir d’un préjudice, mais avec bonne conscience. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Gai Savoir. (1882-1887), Œuvres II, Robert Laffont – Bouquins 1990, 200 p.152 |
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| Si les insectes piquent, ce n’est pas par méchanceté, mais parce qu’eux aussi veulent vivre. Il en est de même des critiques : ils veulent notre sang, non pas notre douleur. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain |
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| Si nous aimons être en pleine na ture , c’est parce que la nature n’a pas d’opinion sur nous. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain, n° SO8 |
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| Si tu plonges longtemps ton regard dans l’abîme, l’abîme te regarde aussi. |
| NIETZSCHE Friedrich |
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| Socrate est supérieur au fondateur du christianisme par sa joyeuse façon d’être sérieux et par cette sagesse pleine d’espièglerie qui est le plus bel état d’âme de l’homme. De plus, il l’emporte sur lui par l’intelligence. |
| NIETZSCHE Friedrich – Le Voyageur et son ombre, n° 86 |
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| Tiré de l’expérience. – L’absurdité d’une chose n’est pas une raison contre son existence, c’en est plutôt une condition. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain. (1878-1879), Œuvres I, Robert Laffont – Bouquins 1990, 515 p.662 |
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| Traiter tous les hommes avec la même bienveillance et prodiguer indistinctement sa bonté peut tout aussi bien témoigner d’un profond mépris des hommes que d’un amour sincère à leur égard. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain |
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| Un peu de santé par-ci, par-là, c’est pour le malade le meilleur remède. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain |
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| Une âme délicate est gênée de savoir quelqu’un son obligé ; une âme grossière, de se savoir l’obligée de quelqu’un. |
| NIETZSCHE Friedrich – Humain, trop humain |
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| Une fois la décision prise, rester sourd aux meilleures objections : preuve de caractère. Donc à l’occasion, vouloir être stupide… |
| NIETZSCHE Friedrich – Par-delà le bien et le mal (1886), Œuvres II, Robert Laffont – Bouquins 1990, 107 p.619 |
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| Il devrait y avoir des terrains de guerre pour ceux qui aiment mourir en plein air. Ailleurs on danserait et on rirait. |
| NIMIER Roger – Le Hussard bleu, Première partie |
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| En bonne arithmétique, un plus un égale tout et deux moins un égale rien. |
| NINON DE LENCLOS |
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| Le vrai courage consiste à vaincre les petits ennemis. |
| NIZAN Paul – Antoine Bloyé, Grasset |
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| J’aurai été inutile mais irremplaçable. |
| NOAILLES Anna de – Sa devise |
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| Je voudrais épuiser sur moi l’éternité. |
| NOAILLES Anna de – Les Éblouissements |
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| Il n’y a que deux choses qui servent au bonheur : c’est de croire et d’aimer. |
| NODIER Charles – La fée aux miettes, chapitre 20 |
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| Il ne faut léser personne. Il ne faut pas léser ceux qui tuent. Il ne faut pas tuer le bourreau ! |
| NODIER Charles – Histoire d’Hélène Gillet |
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| Il y a dans le cœur d’une femme qui commence à aimer un immense besoin de souffrir. |
| NODIER Charles – Smarra, le récit |
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| Le naturel est bien plus sûr : / Le mot doit mûrir sur l’idée / Et puis tomber comme un fruit mûr. |
| NODIER Charles – Le style naturel |
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| On a remarqué que de tous les animaux, les femmes, les mouches et les chats sont ceux qui passent le plus de temps à leur toilette. |
| NODIER Charles |
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| Quiconque est parvenu à discerner le bien et le mal a déjà perdu son Innocence. |
| NODIER Charles – Lydie ou la Résurrection |
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| Tout croire est d’un imbécile, Tout nier est d’un sot. |
| NODIER Charles – Inès de Las Sierras |
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| L’Amour : une source qui a soif. |
| NOËL Marie – Notes intimes, Stock. |
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| Mars, Vénus, Saturne, ce qui m’étonne, ce n’est pas qu’on ait découvert tous ces astres lointains, c’est qu’on connaisse leur nom. |
| NOHAIN, Jean |
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| La danse est une cage où l’on apprend l’oiseau. |
| NOUGARO Claude |
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| La mathématique pure est religion. |
| NOVALIS Friedrich von Hardenberg |
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| La poésie est aux sentiments ce que la philosophie est aux pensées. |
| NOVALIS Friedrich von Hardenberg |
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| Nous sommes liés de plus près à l’invisible qu’au visible. |
| NOVALIS Friedrich von Hardenberg – Fragments inédits, Magie |
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| La vie est comme un miroir. Si tu lui souris, elle te renvoie ton image. |
| NUCERA L. – Avenue des Diables-Bleus, Grasset |
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| Il y a une impartialité qui résulte de l’absence de passion, c’est la mauvaise. Il y en a une autre qui naît de la hauteur et de l’étendue de la passion, c’est la bonne. |
| OLLIVIER Émile – Journal, 20 février 1858 |
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| C’est avec plaisir que l’Académie Française accueille des communistes, surtout quand il ne le sont plus. |
| ORMESSON, Jean d’ |
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| La mobilité excessive empêche la souveraine dignité. Pour présider, d’abord s’asseoir. |
| ORS Eugenio d’ – Au Grand Saint-Christophe |
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| La démocratie, après avoir rendu toutes choses hideuses et insupportables au plus haut degré pour tout le monde, finit toujours par se pendre aux basques d’un général victorieux. |
| OVIDA – Derniers essais de littérature et d’esthétique |
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| Crois-moi, vivre ignoré, c’est vivre heureux, et l’on ne doit pas s’élever au-dessus de sa sphère. |
| OVIDE – Tristes, Élégies, III, 4 |
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| Je vois le bien, je l’approuve et je fais le mal. |
| OVIDE – Métamorphoses, VII, 20 |
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| L’art ne fait qu’imiter le hasard. |
| OVIDE – Conseils aux femmes |
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| Plus l’amour est nu, moins il a froid. |
| OWEN John |
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| De mourir, ça ne me fait rien. Mais ça me fait de la peine de quitter la vie. |
| PAGNOL Marcel – César |
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| Il faut se méfier des ingénieurs ; ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique. |
| PAGNOL Marcel – Critique des critiques (Nagel) |
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| Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique. |
| PAGNOL Marcel – Critique des critiques |
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| La mort, c’est tellement obligatoire que c’est presque une formalité. |
| PAGNOL Marcel – César |
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| Les coupables, il vaut mieux les choisir que les chercher. |
| PAGNOL Marcel – Topaze, acte l, sc. 5 |
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| Marius, l’honneur, c’est comme les allumettes : ça ne sert qu’une rois. |
| PAGNOL Marcel – Marius, acte IV, sc. 5 (César). |
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| Moi, il a fal1u que j’attende l’âge de trente-deux ans pour que mon père me donne son dernier coup de pied au derrière. Voilà ce que c’était que la famille, de mon temps. |
| PAGNOL Marcel – Marius, 1, 3 |
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| Quand le vin est tiré, il faut le boire, même s’il est bon. |
| PAGNOL Marcel – César |
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| Quand on doit diriger des enfants ou des hommes, il faut de temps en temps commettre une belle injustice, bien nette, bien criante : c’est ça qui leur en impose le plus. |
| PAGNOL Marcel – Topaze, acte I, sc. 5 |
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| Si on ne peut plus tricher avec ses amis, ce n’est plus la peine de jouer aux cartes. |
| PAGNOL Marcel – Marius, acte III, scène 2 |
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| Tout le monde savait que c’était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l’a fait. |
| PAGNOL, Marcel |
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| Vieillir, c’est quand on dit Tu à tout le monde, et que tout le monde nous dit Vous. |
| PAGNOL, Marcel |
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| Je le soignay, Dieu le guérit. |
| PARÉ Ambroise |
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| « Ce chien est à moi, disaient ces pauvres enfants ; c’est là ma place au soleil ». Voilà le commencement et l’image de l’usurpation de toute la terre. |
| PASCAL Blaise – Pensées, V, 295 |
|
| « Console-toi, tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais trouvé. » |
| PASCAL Blaise – Pensées, 553 |
|
| « Console-toi, tu ne me chercherais pas, si tu ne m’avais trouvé. » |
| PASCAL Blaise – Pensées, VII, 553. |
|
| « Je pensais à toi dans mon agonie, j’ai versé telles gouttes de sang pour toi. » |
| PASCAL Blaise – Pensées, VII, 553. |
|
| « J’aurais bientôt quitté les plaisirs, disent-ils, si j’avais la foi. » Et moi, je vous dis : « Vous auriez bientôt la foi, si vous aviez quitté les plaisirs. » |
| PASCAL Blaise – Pensées. |
|
| À mesure qu’on a plus d’esprit, on trouve qu’il y a plus d’hommes originaux. Les gens du commun ne trouvent point de différence entre les hommes. |
| PASCAL Blaise – Pensées, I, 7, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, p.1091 |
|
| Athéisme marque de force d’esprit, mais jusqu’à un certain degré seulement. |
| PASCAL Blaise – Pensées, III, 225 |
|
| C’est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Voilà ce que c’est que la foi : Dieu sensible au cœur, non à la raison. |
| PASCAL Blaise – Pensées, IV, 278 |
|
| Car enfin, qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| Ce que Montaigne a de bon ne peut être acquis que difficilement. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 65 |
|
| Cette partie décevante dans l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté, et d’autant plus fourbe qu’elle n’est pas toujours ; car elle serait règle infaillible de vérité, si elle l’était infaillible du mensonge. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 82 |
|
| Ceux qui font des antithèses en forçant les mots sont comme ceux qui font de fausses fenêtres pour la symétrie : leur règle n’est pas de parler juste, mais de faire des figures justes. |
| PASCAL Blaise – Pensées, I, 27 |
|
| Combien de royaumes nous ignorent ! |
| PASCAL Blaise – Pensées, III, 207 |
|
| Connaissez donc, superbe, quel paradoxe vous êtes à vous-même. Humiliez-vous, raison impuissante ; taisez-vous, nature imbécile ; apprenez que l’homme passe infiniment l’homme, et entendez de votre maître votre condition véritable que vous ignorez. Écoutez Dieu. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VII, 434. |
|
| Cromwell aller ravager toute la chrétienté ; la famille royale était perdue, et la sienne à jamais puissante, sans un petit grain de sable qui se mit dans son uretère. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 176 |
|
| D’où vient un boiteux ne nous irrite pas, et un esprit boiteux nous irrite ? À cause qu’un boiteux reconnaît que nous allons droit, et qu’un esprit boiteux dit que c’est nous qui boitons… |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 80 |
|
| Dans une grande âme tout est grand. |
| PASCAL Blaise – Discours sur les passions de l’amour |
|
| Deux excès : exclure la raison, n’admettre que la raison |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| Diseur de bons mots, mauvais caractère. |
| PASCAL Blaise – Pensées, I ; 46 ; Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, 14 p.1091 |
|
| I1 n’est pas certain que tout soit certain. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| Il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d’une chose ; cette universalité est la plus belle. |
| PASCAL Blaise – Pensées, I, 37 |
|
| Il est faux que nous soyons dignes que les autres nous aiment, il est injuste que nous le voulions. |
| PASCAL Blaise – Ibid, VII, 477 |
|
| Il est non seulement impossible, mais inutile de connaître Dieu sans Jésus-Christ. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VII, 549. |
|
| Il faut avoir une pensée de derrière, et juger de tout par là, en parlant cependant comme le peuple. |
| PASCAL Blaise – Pensées, V, 336 |
|
| Il faut n’aimer que Dieu et ne haïr que soi. |
| PASCAL Blaise – Ibid, VII, 476 |
|
| Il faut parier. Cela n’est pas volontaire : vous êtes embarqué. |
| PASCAL Blaise – Pensées, III, 233 |
|
| Il faut se connaître soi-même ; quand cela ne servirait pas à trouver le vrai, cela au moins sert à régler sa vie, et il n’y a rien de plus juste. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| Il n’est pas nécessaire, parce que vous êtes duc, que je vous estime ; mais il est nécessaire que je vous salue. |
| PASCAL Blaise – Deuxième discours sur la condition des grands. |
|
| Il n’est pas nécessaire, parce que vous êtes duc, que je vous estime ; mais il est nécessaire que je vous salue. |
| PASCAL Blaise – Discours sur la condition des grands |
|
| Il n’y a que deux sortes d’hommes : les uns justes, qui se croient pécheurs : les autres pécheurs, qui se croient justes. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VII, 534. |
|
| Il n’y a rien qu’on ne rende naturel ; il n’y a naturel qu’on ne fasse perdre. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 94 |
|
| J’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 139 |
|
| J’aurais bientôt quitté les plaisirs, disent-ils, si j’avais la foi. Et moi je vous dis : Vous auriez bientôt la foi, si vous aviez quitté les plaisirs. |
| PASCAL Blaise – Pensées, III, 240 |
|
| Je blâme également, et ceux qui prennent parti de louer l’homme, et ceux qui le prennent de le blâmer, et ceux qui le prennent de se divertir ; et je ne puis approuver que ceux qui cherchent en gémissant. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 421 |
|
| Je n’ai fait cette lettre plus longue que parce que je n’ai pas eu le loisir de la faire plus courte. |
| PASCAL Blaise – Les Lettres Provinciales |
|
| Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger. |
| PASCAL Blaise – Pensées, IX, 593. |
|
| Je ne puis pardonner à Descartes : il aurait bien voulu, dans toute sa philosophie, pouvoir se passer de Dieu ; mais il n’a pu s’empêcher de lui faire donner une chiquenaude, pour mettre le monde en mouvement ; après cela, il n’a plus que faire de Dieu. |
| PASCAL Blaise – Pensées, 77 ; Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, 194 p.1137 |
|
| Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VII, 553. |
|
| Jésus-Christ a dit les choses grandes si simplement qu’il semble qu’il ne les a pas pensées, et si nettement néanmoins, qu’on voit bien ce qu’il en pensait. Cette clarté jointe à cette naïveté est admirable. |
| PASCAL Blaise – Pensées, XII, 797. |
|
| Jésus-Christ est un dieu dont on s’approche sans orgueil et sous lequel on s’abaisse sans désespoir. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| Joie, joie, pleurs de joie. |
| PASCAL Blaise – Les Pensées. Mémorial |
|
| L’amour n’a point d’âge : il est toujours naissant. |
| PASCAL Blaise – Discours sur les passions de l’amour |
|
| L’éloquence continue ennuie. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 355 |
|
| L’éternuement absorbe toutes les fonctions de l’âme. |
| PASCAL Blaise – Pensées, 160 |
|
| L’histoire de l’Église doit être proprement appelée l’histoire de la vérité. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| L’homme connaît qu’il est misérable : il est donc misérable, puisqu’il est ; mais il est bien grand, puisqu’il le connaît. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 416 |
|
| L’homme est à lui-même le plus prodigieux objet de la nature ; car il ne peut concevoir ce que c’est que corps, et encore moins ce que cet esprit, et moins qu’aucune chose comme un corps peut-être uni avec un esprit. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 72 |
|
| L’homme est visiblement fait pour penser ; c’est toute sa dignité et tout son métier. Et tout son devoir est de penser comme il faut. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 146 |
|
| L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 358 |
|
| L’homme n’est pas digne de Dieu, mais il n’est pas incapable d’en être rendu digne. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VII, 510. |
|
| L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| La chose la plus importante à toute la vie est le choix du métier : le hasard en dispose. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 97 |
|
| La connaissance de Dieu sans celle de sa misère fait l’orgueil. La connaissance de sa misère sans celle de Dieu fait le désespoir. La connaissance de Jésus-Christ fait le milieu parce que nous y trouvons et Dieu et notre misère. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 527. |
|
| La dernière chose qu’on trouve en faisant un ouvrage, est de savoir celle qu’il faut mettre la première. |
| PASCAL Blaise – Pensées, I, 19. Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, 63 p.1101 |
|
| La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu’il y a une infinité de choses qui la surpassent ; elle n’est que faible, si elle ne va jusqu’à connaître cela. Que si les choses naturelles surpassent, que dira-t-on des surnaturelles ? |
| PASCAL Blaise – Pensées, IV, 267 |
|
| La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité, car elle est surnaturelle. |
| PASCAL Blaise – Pensées, XII, 793. |
|
| La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable. Un arbre ne se connaît pas misérable. C’est donc être misérable que de se connaître misérable ; mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 397 |
|
| La justice est ce qui est établi ; et ainsi toutes nos lois établies seront nécessairement tenues pour justes sans être examinées puisqu’elles sont établies. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| La justice est ce qui est établi ; et ainsi toutes nos lois établies seront nécessairement tenues pour justes sans être examinées puisqu’elles sont établies. |
| PASCAL Blaise – Pensées, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, 236 p.1152 |
|
| La justice sans la force est impuissante : la force son injustice est tyrannique … Il faut donc mettre ensemble la justice et la force ; et pour cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste. |
| PASCAL Blaise – Pensées, V, 298 |
|
| La nature a des perfections pour montrer qu’elle est l’image de Dieu, et des défauts pour montrer qu’elle n’en est que l’image. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VIII, 580. |
|
| La plus cruelle guerre que Dieu puisse faire aux hommes en cette vie est de les laisser sans cette guerre qu’il est venu apporter. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VII, 498. |
|
| La plus grande des preuves de Jésus-Christ ce sont les prophéties. C’est aussi à quoi Dieu a le plus pourvu ; car l’événement qui les a remplies est un miracle subsistant depuis la naissance de l’Église jusques à la fin. |
| PASCAL Blaise – Pensées, XI, 706. |
|
| La vraie éloquence se moque de l’éloquence, la vraie morale se moque de la morale. |
| PASCAL Blaise – Pensées, 4 |
|
| La vraie morale se moque de la morale. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| Le bec du perroquet qu’il essuie, quoi qu’il soit net. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 343 |
|
| Le cœur a ses raisons, que la raison ne connaît point ; on le sait en mille choses. |
| PASCAL Blaise – Pensées, IV, 277 |
|
| Le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comédie en tout le reste : on jette enfin de la terre sur la tête, et en voilà pour jamais. |
| PASCAL Blaise – Pensées, III, 210. Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, 227 p.1148 |
|
| Le moi est haïssable : vous, Miton, le couvrez, vous ne l’ôtez pas pour cela ; vous êtes donc toujours haïssable. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VII, 455. |
|
| Le moi est haïssable. |
| PASCAL Blaise – Pensées, 455 |
|
| Le nez de Cléopâtre : s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 162 |
|
| Le plus grand philosophes du monde, sur une planche plus large qu’il ne faut, s’il y a au-dessous un précipice, quoique sa raison le convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra. Plusieurs n’en sauraient soutenir la pensée sans pâlir et suer. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 82 |
|
| Le roi est environné de gens qui ne pensent qu’à divertir le roi, et l’empêcher de penser à lui. Car il est malheureux, tout roi qu’il est, s’il y pense. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 139 |
|
| Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. |
| PASCAL Blaise – Pensées, 206 |
|
| Le temps et mon humeur ont peu de liaison ; j’ai mes brouillards et mon beau temps au dedans de moi. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 107 |
|
| Les athées doivent dire des choses parfaitement claires ; or, il n’est point parfaitement clair que l’âme soit matérielle. |
| PASCAL Blaise – Pensées, III, 221 |
|
| Les choses du monde les plus déraisonnables deviennent les plus raisonnables à cause du dérèglement des hommes. Qu’y a-t-il de moins raisonnable que de choisir, pour gouverner un État, le premier fils d’une reine ? L’on ne choisit pas pour gouverner un bateau celui des voyageurs qui est de meilleure maison. |
| PASCAL Blaise – Pensées, V, 320 |
|
| Les gens universels ne veulent point d’enseigne. |
| PASCAL Blaise – Pensées, I, 34 |
|
| Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n’être pas fou. |
| PASCAL Blaise – Lettres persanes |
|
| Les hommes sont tout ensemble indignes de Dieu, et capables de Dieu : indignes par leur corruption, capables par leur première nature. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VIII, 557. |
|
| Les prophètes ont prédit, et n’ont pas été prédits. Les saint ensuite prédits, non prédisants. Jésus-Christ prédit et prédisant. |
| PASCAL Blaise – Pensées, XII, 739. |
|
| Mes Révérends Pères, mes lettres n’avaient pas accoutumé de se suivre de si près, ni d’être si étendues. Le peu de temps que j’ai eu a été cause de l’un et de l’autre. Je n’ai fait celle-ci plus longue que parce que je n’ai pas eu le loisir de la faire plus courte. |
| PASCAL Blaise – Les Provinciales, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, Seizième lettre, 4 décembre 1656 p.865 |
|
| Ne pouvant fortifier la justice, on a justifié la force. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| Ni la contradiction n’est marque de fausseté, ni l’incontradiction n’est marque de vérité. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 384 |
|
| Notre religion est sage et folle. Sage, parce qu’elle est la plus savante, et la plus fondée en miracles, prophéties, etc. Folle, parce que ce n’est point tout cela qui fait qu’on en est. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VIII, 588. |
|
| Nous brûlons de désir de trouver une assiette ferme, et une dernière base constante pour y édifier une tour qui s’élève jusqu’à l’infini ; mais tout notre fondement craque, et la terre s’ouvre jusqu’aux abîmes. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 72 |
|
| Nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre ; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. |
| PASCAL Blaise – Pensées, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, 168 p.1132 |
|
| Nous sommes pleins de choses qui nous jettent au dehors. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VII, 464 |
|
| On ne montre pas sa grandeur pour être à une extrémité, mais bien en touchant les deux à la fois, et remplissant tout l’entre-deux |
| PASCAL Blaise – Pensées, 353 |
|
| On ne s’imagine Platon et Aristote qu’avec de grandes robes de pédants. C’étaient des gens honnêtes et, comme les autres, riant avec leurs amis ; et, quand ils se sont divertis à faire leurs Lois et leur Politique, ils l’ont fait en se jouant. |
| PASCAL Blaise – Pensées, V, 331 |
|
| On se fait une idole de la vérité même ; car la vérité hors de la charité n’est pas Dieu. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VIII, 582 |
|
| Pensée échappée, je la voudrais écrire ; j’écris, au lieu, qu’elle m’est échappée. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 370 |
|
| Pensée fait la grandeur de l’homme. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 346 |
|
| Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence. L’union qui est entre les hommes n’est fondée que sur cette mutuelle tromperie. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 100 |
|
| Peu d’amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu’il n’y est pas, quoiqu’il en parle alors sincèrement et sans passion. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 100 |
|
| Peu de chose nous console parce que peu de chose nous afflige. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 136 |
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| Plaisante justice qu’une rivière borne ! Vérité au deçà des Pyrénées, erreur au-delà. |
| PASCAL Blaise – Pensées, V, 294 |
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| Plaisante raison qu’un vent manie, et à tous sens ! |
| PASCAL Blaise – Pensées |
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| Pour entendre le sens d’un auteur, il faut accorder tous les passages contraires. |
| PASCAL Blaise – Pensées, 684 |
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| Pourquoi me tuez-vous ? – Eh quoi ? Ne demeurez-vous pas de l’autre côté de l’eau ? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin et cela serait injuste de vous tuer de la sorte ; mais puisque vous demeurez de l’autre côté, je suis un brave, et cela est juste. |
| PASCAL Blaise – Pensées, V, 293 |
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| Puisqu’on ne peut être universel et savoir tout ce qu’on peut savoir sur tout, il faut savoir un peu de tout. Car il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d’une chose ; cette universalité est la plus belle. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
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| Qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout. |
| PASCAL Blaise – Pensées, 72 |
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| Qu’il y a loin de la connaissance de Dieu à l’aimer ! |
| PASCAL Blaise – Pensées |
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| Quand dans un discours se trouve des mots répétés, et qu’essayant de les corriger, on les trouve si propres qu’on gâterait le discours, il les faut laisser, c’en est la marque. |
| PASCAL Blaise – Pensées, I, 48 |
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| Quand on voit le style naturel, on est tout étonné et ravi, car on s’attendait de voir un auteur, et on trouve un homme. |
| PASCAL Blaise – Pensées, I, 29 |
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| Que je hais ces sottises, de ne pas croire l’Eucharistie, etc. Si l’Evangile est vrai, si Jésus-Christ est Dieu, quelle difficulté y a-t-il là ? |
| PASCAL Blaise – Pensées, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, 359 p.1182 |
|
| Que le cœur de l’homme est creux et plein d’ordure ! |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 143 |
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| Quelle chimère est-ce donc que l’homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige ! Juge de toutes choses, imbécile ver de terre ; dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude et d’erreur ; gloire et rebut de l’univers. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VII, 434. |
|
| Quelle vanité que la peinture, qui attire l’admiration par la ressemblance des choses dont on n’admire point les originaux. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 134 |
|
| Qui voudra connaître à plein la vanité de l’homme n’a qu’à considérer les causes les effets de l’amour. |
| PASCAL Blaise – Pensées, II, 162 |
|
| Raison des effets. La concupiscence et la force sont les sources de toutes nos actions : la concupiscence fait les volontaires ; la force, les involontaires. |
| PASCAL Blaise – Pensées, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1954, 247 p.1154 |
|
| S’il se vante, je l’abaisse ; s’il s’abaisse, je le vante ; et le contredit toujours, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il est un monstre incompréhensible. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 420 |
|
| S’il se vante, je l’abaisse ; s’il s’abaisse, je le vante, et le contredis toujours jusqu à ce qu’il comprenne qu’il est un monstre incompréhensible. |
| PASCAL Blaise – Pensées, 420 |
|
| Se moquer de la philosophie, c’est vraiment philosopher. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| Si l’homme n’est fait pour Dieu, pourquoi n’est-il heureux qu’en Dieu ? Si l’homme est fait pour Dieu, pourquoi est-il si contraire à Dieu ? |
| PASCAL Blaise – Ibid, II, 438. |
|
| Si tous les hommes savaient ce qu’ils disent les uns des autres, il n’y aurait pas quatre amis dans le monde. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| Si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter. |
| PASCAL Blaise – Pensées, III, 233 |
|
| Soumission et usage de la raison, en quoi consiste le vrai christianisme. |
| PASCAL Blaise – Pensées, 269 |
|
| Tous les corps, le firmament, les étoiles, la terre et ses royaumes, ne valent pas le moindre des esprits ; car il connaît tout cela, et soi ; et les corps, rien. Tous les corps ensemble, et tous les esprits ensemble, et toutes leurs productions, ne valent pas le moindre mouvement de charité. Cela est d’un ordre infiniment plus élevé. |
| PASCAL Blaise – Pensées, XII, 793. |
|
| Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu’à la relever davantage, toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, ne font que l’irriter encore plus. |
| PASCAL Blaise – Les Provinciales, douzième lettre |
|
| Tout homme peut faire ce qu’a fait Mahomet ; car il n’a point fait de miracles, il n’a point été prédit ; nul ne peut faire ce qu’a fait Jésus-Christ. |
| PASCAL Blaise – Pensées, IX, 600. |
|
| Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos, dans une chambre. |
| PASCAL Blaise – Pensées, 139 |
|
| Tout tourne en bien pour les élus, jusqu’aux obscurités de l’Écriture ; car ils les honorent, à cause des clartés divines. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VIII, 575. |
|
| Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C’est de là qu’il faut nous relever, et non de l’espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale. |
| PASCAL Blaise – Pensées |
|
| Toutes les bonnes maximes sont dans le monde ; on ne manque qu’à les appliquer. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 380 |
|
| Travaillons à bien penser : voilà le principe de la morale. |
| PASCAL Blaise – Pensées, VI, 347 |
|
| Trois degrés d’élévation du pôle renversent toute la jurisprudence ; un méridien décide de la vérité. |
| PASCAL Blaise – Pensées, V, 294 |
|
| Voulez-vous qu’on croie du bien de vous ? N’en dites pas. |
| PASCAL Blaise – Pensées, I, 44 |
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| Vous voulez aller à la foi, et vous n’en savez pas le chemin … Suivez la manière par où ils ont commencé : c’est en faisant tout comme s’ils croyaient, en prenant de l’eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira. |
| PASCAL Blaise – Pensées, III, 233 |
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| Il n’est pas dit : si quelqu’un veut venir après moi, qu’il fasse des ouvrages bien pénibles et qui demandent de grandes forces, mais : qu’il renonce à soi-même. Un malade le peut peut-être mieux faire qu’un homme bien sain. |
| PASCAL Jacqueline – Lettre à Blaise Pascal, 19 janvier 1655 |
|
| Passer de l’appauvrissement à la pauvreté, comme on va de l’humiliation à l’humilité. |
| PASCAL Jacqueline – Lettre à Blaise Pascal, 19 janvier 1655 |
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| Je ne puis me persuader qu’il faille avancer notre religion par les armes. |
| PASQUIER Étienne – Recherche de la France, VI, 5 |
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| Guérir parfois. Soulager souvent. Écouter toujours. |
| PASTEUR Louis |
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| Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène. |
| PASTEUR Louis |
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| Vivez dans la paix sereine des laboratoires et des bibliothèques. Dites-vous d’abord : Qu’ai-je fait pour m’instruire ? Et, à mesure que vous progressez : Qu’ai-je fait pour mon pays ? |
| PASTEUR Louis – Sorbonne (1892) |
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| « Il est défendu d’entrer dans le jardin public sans fleurs à la main» |
| PAULHAN Jean – Les Fleurs de Tarbes |
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| C’est le langage qui a besoin d’être simple, et les opinions un peu compliquées. |
| PAULHAN Jean – De la paille et du grain, l |
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| Il est bien vrai que les gens gagnent être connus. Ils y gagnent en mystère. |
| PAULHAN Jean – Entretien sur des faits divers (Gallimard) |
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| Il est de la nature de l’évidence qu’elle passe inaperçue. |
| PAULHAN Jean – De la paille et du grain (Gallimard) |
|
| L’ennui, c’est que j’ai raison. Il faut avouer que ce n’est pas gai. |
| PAULHAN Jean – De la paille et du grain, III |
|
| On appelle mots les idées dont on ne veut pas. |
| PAULHAN Jean – Les Fleurs de Tarbes, Invention d’une rhétorique |
|
| Qu’est-ce que l’inspiration ? C’est d’avoir une seule chose à dire, que l’on n’est pas fatigué de dire. |
| PAULHAN Jean – Notes, en introduction au tome IV des Œuvres complètes – Le Marquis de Sade et sa complice |
|
| Qui veut se connaître, qu’il ouvre un livre. |
| PAULHAN Jean – Éléments, 1, 1 |
|
| Un bon syllogisme n’a jamais convaincu personne. |
| PAULHAN Jean – Entretien sur des faits divers, 3 |
|
| Les choses gratuites sont celles qui coûtent le plus. Comment cela ? Elles coûtent l’effort de comprendre qu’elles sont gratuites. |
| PAVESE Cesare – Le Métier de vivre |
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| Le mariage peut être un lac orageux, mais le célibat est presque toujours un abreuvoir boueux. |
| PEACOCK T. L. – Mélincourt |
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| « Le Kantisme a les mains pures », mais il n’a pas de mains. |
| PÉGUY Charles – Victor-Marie comte Hugo |
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| Aimer c’est donner raison à l’être aimé qui a tort. |
| PÉGUY Charles – Note conjointe sur Monsieur Descartes |
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| Car le surnaturel est lui-même charnel / Et l’arbre de la grâce est raciné profond. |
| PÉGUY Charles – Les Tapisseries, Ève |
|
| Ce n’est plus la barricade aujourd’hui qui discerne, qui sépare en deux le bon peuple de France… C’est un beaucoup plus petit appareil, mais infiniment plus répandu aujourd’hui, qu’on nomme le guichet. |
| PÉGUY Charles – Les Cahiers de la Quinzaine 1907 |
|
| Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’espérance. / Et je n’en reviens pas. Cette petite espérance qui n’a l’air de rien du tout. / Cette petite fille espérance. / Immortelle. |
| PÉGUY Charles – Le Porche du mystère de la deuxième vertu |
|
| Étoile de la mère voici la lourde nappe / Et la profonde houle et l’océan des blés / Et la mouvante écume et nos greniers comblés, / Voici votre regard sur cette immense chape. |
| PÉGUY Charles – La Tapisserie de Notre-Dame, Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres |
|
| Heureux deux amis qui s’aiment assez pour savoir se taire ensemble. |
| PÉGUY Charles – Victor-Marie comte Hugo |
|
| Homère est nouveau, ce matin, et rien n’est peut-être aussi vieux que le journal d’aujourd’hui. |
| PÉGUY Charles – Note sur M. Bergson et la philosophie bergsonienne (Gallimard) |
|
| J’aime mieux un saint qui a des défauts qu’un pécheur qui n’en a pas. |
| PÉGUY Charles – Le Mystère des saints innocents, Gallimard |
|
| Je n’aime pas celui qui ne dort pas, dit Dieu. Le sommeil est l’ami de l’homme. Le sommeil est l’ami de Dieu. |
| PÉGUY Charles – Le Porche du mystère de la deuxième vertu |
|
| La calomnie est en politique moins gênante que la manifestation de la vérité. |
| PÉGUY Charles – Les Cahiers de la Quinzaine 1903 |
|
| La politique se moque de la mystique, mais c’est encore la mystique qui nourrit la politique même. |
| PÉGUY Charles – Notre jeunesse |
|
| La vertu que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance. |
| PÉGUY Charles – Le Porche du mystère de la deuxième vertu, Gallimard |
|
| Nous ne demandons rien, refuge du pécheur, / Que la dernière place en votre Purgatoire / Pour pleurer longuement notre tragique histoire / Et contempler de loin votre jeune splendeur. |
| PÉGUY Charles – La Tapisserie de Notre-Dame, Prière de demande |
|
| Se cultiver, c’est devenir ce qu’on est. |
| PÉGUY Charles |
|
| Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique. |
| PÉGUY Charles – Notre jeunesse |
|
| Un mot n’est pas le même dans un écrivain et dans un autre. L’un se l’arrache du ventre. L’autre le tire de la poche de son pardessus. |
| PÉGUY Charles – |
|
| Il y autant de façons de croire que de degrés d’intelligence ; il n’y a qu’une façon de nier, celle des sots. |
| PELADAN Joséphin – Les Idées et les Formes |
|
| Le dieu nous parle à voix trop basse : / On ne l’entend jamais. |
| PELLERIN Jean – Le bouquet inutile (Gallimard) |
|
| L’amour rend aveugle. L’amour doit rendre aveugle ! Il a sa propre lumière. Éblouissante. |
| PENNAC Daniel – Aux fruits de la passion |
|
| Il faut être deux pour être trois. |
| PÉRET Benjamin – Le Grand Jeu, Passerelle du commandant |
|
| Tu n’as pas désespéré, / Comment saurais-tu sourire ? |
| PÉRIER Odilon Jean – Poèmes (Gallimard) |
|
| Elle a beaucoup de cordes à son arc… Hélas, elle n’a pas d’arc. |
| PÉRIER, François |
|
| Un ami, c’est quelqu’un sur qui nous pouvons toujours compter pour compter sur nous |
| PÉRIER, François |
|
| Ayant remarqué que la clef du cabinet était tachée de sang, elle l’essuya deux ou trois fois, mais le sang ne s’en allait point. |
| PERRAULT Charles – Barbe-Bleue |
|
| On n’est heureux qu’autant qu’on a souffert. |
| PERRAULT Charles – Compte de ma mère l’Oye, Griselidis |
|
| Quand on est couronnée, on a toujours le nez bien fait. |
| PERRAULT Charles – Les Souhaits ridicules |
|
| Tire la chevillette, la bobinette cherra. |
| PERRAULT Charles – Le Petit Chaperon rouge, in Histoires ou Contes du temps passé avec des moralités |
|
| S’expliquer c’est mentir. |
| PERRET Jacques – La Bête Mahousse, Enfantillages (Gallimard) |
|
| La devise du sage : Rien faire et laisser dire ! |
| PERRET Pierre – Les pensées, Le cherche midi éditeur 1997, p.62 |
|
| Attendre toujours, pour commencer l’ouvrage, que le corps soit bien disposé, que la santé soit parfaite et les forces physiques en bon état, c’est pour beaucoup de se condamner à l’inaction, c’est vouer sa vie à la stérilité. |
| PERREYVE Henri |
|
| L’amour, c’est comme si jamais on n’avait respiré. |
| PERROS Georges |
|
| L’intelligence, c’est de prévoir celle de l’autre. |
| PERROS Georges – Papiers collés, l, Gallimard |
|
| Le désespoir, c’est quand l’intelligence prend la souffrance à son compte. |
| PERROS Georges – En vue d’un éloge de la paresse – Lettre préface, Le Passeur 1995, p.25 |
|
| Rien ne vient de rien (Ex nihilo nihil). |
| PERSE – Satires, III, 24 |
|
| En cessant d’être aimé, on cesse d’être aimable. |
| PETIT Henri – Les Justes Solitudes (Grasset) |
|
| Il n’y a qu’un soleil ; ne divise pas ton cœur. |
| PETIT Henri – Ordonne ton amour (Grasset) |
|
| Les anges révoltés volent en rangs |
| PETIT Henri – Les Justes Solitudes (Grasset) |
|
| Les flammes de notre foi nous donnent l’échelle de la nuit. |
| PETIT Henri – Ordonne ton amour (Grasset) |
|
| Toute pensée efface un rêve. |
| PETIT Henri – Les Justes Solitudes (Grasset) |
|
| Que peuvent les lois, là où ne règne que l’argent ? |
| PÉTRONE – Satiricon |
|
| Le lisme ? Voilà l’ennemi. |
| PEYRAT Alphonse – Mots rapporté par Gambetta |
|
| Le lisme, voilà l’ennemi. |
| PEYRAT Alphonse – popularisé par Gambetta |
|
| S’éloigner de tout rapproche un peu de l’essentiel. |
| PEYRON Loick |
|
| On a toujours l’air de mentir quand on parle à des gendarmes. |
| PHILIPPE Charles-Louis – Les Chroniques du Canard sauvage (Gallimard) |
|
| Père, gardez-vous à droite ; père, gardez-vous à gauche. |
| PHILIPPE II LE HARDI – Bataille de Poitiers (1356) |
|
| Qui m’aime me suive ! |
| PHILIPPE VI – lors d’un départ en campagne |
|
| Tout est grâce de Dieu. |
| Philon d’Alexandrie – De l’immutabilité de Dieu |
|
| Le crime est une chose admirable, mais l’assassin me dégoûte. |
| PICABIA Francis – Écrits |
|
| Peut-être les hommes ne sont séparés les uns des autres que par les degrés de leur misère. |
| PICABIA Francis – Écrits, Belfond |
|
| Notre tête est ronde pour permettre à la pensée de changer de direction. |
| PICABIA, Francis |
|
| Auparavant, un tableau était une somme d’additions Chez moi, un tableau est une somme de destructions. |
| PICASSO Pablo – Conversation avec Christian Zervos, 1935, in Cahiers d’art |
|
| Je ne cherche pas, je trouve. |
| PICASSO Pablo |
|
| Je ne cherche pas, je trouve. |
| PICASSO Pablo – Étude de femme |
|
| Nos morts continuent à vieillir avec nous |
| PICASSO Pablo – Cité par Pierre de Chamnpris dans Ombre et soleil (Gallimard) |
|
| On devrait crever les yeux aux peintres, comme l’on fait aux chardonnerets pour qu’ils chantent mieux. |
| PICASSO Pablo – Conversation avec Christian Zervos, 1935, in Cahiers d’art |
|
| On met longtemps à devenir jeune. |
| PICASSO Pablo |
|
| Pour faire une colombe, il faut d’abord lui tordre le cou |
| PICASSO Pablo – Cité dans Hommage à Picasso (XXe siècle) |
|
| Quand je n’ai pas de bleu, je mets du rouge |
| PICASSO Pablo – Cité par Paul Éluard dans Donner à voir, Je parle de ce qui est bien (Gallimard) |
|
| Si l’on sait exactement ce qu’on va faire, à quoi bon le faire ? |
| PICASSO Pablo – Conversation avec Christian Zervos, 1935, in Cahiers d’art |
|
| Tout l’intérêt de j’art se trouve dans le commencement. Après le commencement, c’est déjà la fin. |
| PICASSO Pablo – Conversation avec E. Tériade, L’Intransigeant, 15 juin 1932. |
|
| Tout l’intérêt de l’art se trouve dans le commencement. Après le commencement c’est déjà la fin. |
| PICASSO Pablo – Conversation avec Térinade, 1932, in l’Intransigeant |
|
| Un tableau était une somme d’additions. Chez moi, un tableau est une somme de destructions. |
| PICASSO Pablo – Conversations avec Christian Zervos, Cahiers d’Art, 1935 |
|
| Écrire n’est rien d’autre qu’avoir le temps de dire : je meurs. |
| PICON Gaétan – L’Œil double (Gallimard) |
|
| Aborigènes : créatures méprisables qui encombrent le sol d’un pays récemment découvert. Elles cessent bientôt de l’encombrer pour le fertiliser. |
| PIERCE Ambrose – Le Dictionnaire du Diable |
|
| Tout ce qui est exagéré est insignifiant. |
| PIGAULT-LEBRUN (Charles Pigault de L’Épinoy, dit) – Attribué aussi à Talleyrand |
|
| La loi, reine du monde, des hommes et des dieux. |
| PINDARE – Fragment |
|
| Mon âme, n’aspire pas à la vie immortelle, / Mais épuise le champ du possible … |
| PINDARE – Placé par Paul Valéry en épigraphe au Cimetière marin (Charmes). |
|
| Le meilleur des gouvernements n’est pas celui qui fait les hommes les plus heureux, mais celui qui fait le plus grand nombre d’heureux. |
| PINOT DUCLOS Charles – Considérations sur les mœurs de ce siècle, Chapitre 15 |
|
| Pour connaître l’homme, il suffit de s’étudier soi-même ; pour connaître les hommes, il faut les pratiquer. |
| PINOT DUCLOS Charles – Considérations sur les mœurs de ce siècle, introduction |
|
| L’art venge la vie. |
| PIRANDELLO Luigi – Ce soir, on improvise |
|
| Quand nous aimons, nous sommes l’univers et l’univers vit en nous. |
| PIRMEZ Octave – Feuillées |
|
| Seulette suis et seulette veux être. / Seulette m’a mon doux ami laissée. / Seulette suis, sans compagnon ni maître, / Seulette suis, dolente et courroucée, / Seulette suis, en langueur malaisée, / Seulette suis plus que nul égarée, / Seulette suis, sans ami demeurée. |
| PISAN Christine de |
|
| Où finissent les lois, la tyrannie commence. |
| PITT William Comte de – Cas de Wilkes,Discours |
|
| On ne peut pas poser une question, car il est dans la nature de celle-ci d’être volatile et volubile et dans son rôle de frapper et de rebondir. |
| PIVOT Bernard – Le métier de lire, folio Gallimard 2001, p.246 |
|
| (Socrate 🙂 Moi, si je ne sais pas, je ne crois pas non plus savoir. Il me semble donc que je suis un peu plus sage que lui par le fait même que ce que je ne sais pas, je ne pense pas non plus le savoir … J’avais conscience de ne connaître presque rien. |
| PLATON – Apologie de Socrate, vi, 21d ; viii, 22d. |
|
| Allons, bienheureux jeune homme ! crois-m’en et aussi l’inscription du temple de Delphes : connais-toi toi-même ! |
| PLATON – Œuvres complètes I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1950, Alcibiade, 124b p.233 |
|
| Donne et tu recevras. |
| PLATON – Axiochos, 336c |
|
| La première espèce [de plaisir] est celle par laquelle l’homme apprend. |
| PLATON – La République, IX, 580d. |
|
| La vertu n’est pas un don de nature. |
| PLATON – Ménon |
|
| La vie que tu juges la plus malheureuse de toutes l’est encore moins que celle du tyran. |
| PLATON – La République, 579d |
|
| Fais ce que tu fais (Age quod agis). |
| PLAUTE – Le soldat fanfaron, 215 |
|
| Trouve-moi un amant raisonnable, et je te donnerai son poids d’or. |
| PLAUTE |
|
| Jamais notre œil ne pourrait regarder le soleil, s’il ne devenait lui-même de la nature du soleil. |
| PLOTIN – Ennéades, I, 6, 9 |
|
| Pour arracher les vices de son âme, il faut les avoir en haine. Et nous commençons à les haïr quand nous éprouvons la honte et le dommage qu’ils causent. |
| PLUTARQUE – Le Bavardage |
|
| Puisqu’il est impossible de ne pas avoir d’ennemis, il faut savoir en tirer profit. |
| PLUTARQUE |
|
| Quand les bougies sont éteintes, toutes les femmes sont jolies. |
| PLUTARQUE – Préceptes conjugaux |
|
| Le mot infini … est, non pas l’expression d’une idée, mais l’expression d’un effort vers cette idée. |
| POE Edgar – Histoires extraordinaires, Eurêka |
|
| Novalis ne se trompe pas en disant que nous sommes près de nous réveiller quand nous rêvons que nous rêvons. |
| POE Edgar – Histoires extraordinaires, Les souvenirs de M. Auguste Bedloe |
|
| Pour être heureux jusqu’à un certain point, il faut que nous ayons souffert jusqu’au même point. |
| POE Edgar – Histoires extraordinaires, Révélation magnétique. |
|
| C’est dans le mépris de l’ambition que doit se trouver l’un des principes essentiels du bonheur sur la terre. |
| POE Edgar Allan – Histoires extraordinaires |
|
| Le mot infini, comme les mots Dieu, esprit et quelques autres expressions, dont les équivalents existent dans toutes les langues, est, non pas l’expression d’une idée, mais l’expression d’un effort vers cette idée. |
| POE, Edgar – Eurêka |
|
| Douter de tout ou tout croire, ce sont deux solutions également commodes qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir. |
| POINCARÉ Henri – La Science et l’Hypothèse |
|
| La pensée n’est qu’un éclair au milieu de la nuit. Mais c’est cet éclair qui est tout. |
| POINCARÉ Henri – La valeur de la science |
|
| Plus la science accroît le cercle de ses connaissances, et plus grandit autour le cercle d’ombre. |
| POINCARÉ Henri |
|
| L’Union Sacrée. |
| POINCARÉ Raymond – Message aux Chambres, lu le 4 août 1914 |
|
| Le secret du bonheur, c’est de vivre juste au-dessous de ses moyens. Le secret de la réussite sociale, c’est de vivre juste au-dessus de ses moyens. |
| POLAC Michel – Journal (1980-1998), PUF 2000, 22 décembre 1992, p.318 |
|
| Il est aussi absurde de regretter le passé que d’organiser l’avenir. |
| POLANSKI Roman |
|
| Règles de style. La première de ces règles c’est avoir quelque chose à dire ; la deuxième, c’est, lorsqu’on a deux choses à dire, les énoncer l’une après l’autre, et non toutes deux en même temps. |
| POLYA Georges – Comment poser et résoudre un problème, Dunod 1965, p.199 |
|
| Il ne faut cesser de s’enfoncer dans sa nuit. C’est alors que brusquement la lumière se fait. Un pas de plus pour se perdre et l’on se trouve. |
| PONGE Francis – Pour un Malherbe |
|
| Je : cette apparition mince et floue, qui figure en tête de la plupart de nos phrases. |
| PONGE Francis – Réflexions sur les statuettes, figures et peintures d’Alberto Giacometti (Gallimard) |
|
| L’art ne nous intéresse que dans la mesure où l’ostentation des mystères conduit infailliblement à une morale. |
| PONGE Francis – Braque lithographe, in Nouveau Recueil |
|
| Le monde entier n’est que l’orchestration des harmoniques variées de la Parole : les articulations du OUI. |
| PONGE Francis – Pour un Malherbe |
|
| Le monde entier n’est que l’orchestration des harmoniques variées de la Parole : les articulations du OUI. |
| PONGE Francis – Pour un Malherbe |
|
| Le poète ne doit jamais proposer une pensée mais un objet, c’est-à-dire que même à la pensée il doit faire prendre une pose d’objet. |
| PONGE Francis – Natare piscem doces, in Poèmes, I |
|
| Radio : tout le flot de purin de la mélodie mondiale. |
| PONGE Francis – Le Grand Recueil, Pièces |
|
| Pour trouver bons des vers qui sont mauvais, il n’est rien de tel que de les avoir faits. |
| PONS DE VERDUN Robert – L’Amour paternel |
|
| Tel mont touche les cieux, qu’un brin d’herbe domine. |
| PONSARD François – Lucrèce, acte I, scène 2 |
|
| Tout conseil est mauvais quand il est imposé. |
| PONSARD François – Agnès de Méranie, acte III, scène 6 |
|
| La raison se perd par le raisonnement. |
| PORCHIA Antonio – Voix |
|
| Le bonheur, c’est la permanence de l’éphémère. |
| PORTALIS Jean-Baptiste |
|
| Le mensonge adoucit les mœurs. |
| PORTO-RICHE Georges de – Le Passé, I, 5, Bracony (Fayard) |
|
| Le temps n’est jamais perdu. Il est là, au-dehors, parmi les choses. |
| POULET Georges – La Distance intérieure, Hugo |
|
| Le temps qu’on perd ne revient jamais. Le temps qu’on gagne non plus d’ailleurs |
| POUPART, Jean-Marie |
|
| Ce qui vaut la peine d’être fait vaut la peine d’être bien fait. |
| POUSSIN Nicolas – Sa devise |
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| La peinture n’est autre chose qu’une idée des choses incorporelles. |
| POUSSIN Nicolas – Observations sur la peinture |
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| Moi aussi, j’ai vécu en Arcadie ! (Et in Arcadia ego !) |
| POUSSIN Nicolas – Exclamation qui sert d’épigraphe au tableau : les Bergers d’Arcadie |
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| Il n’arrive à personne d’entendre pour la première fois un chant étranger, quel qu’il soit, sans avoir envie d’en rire. |
| PRÉSIDENT DE BROSSES (Le) – Lettres Italiennes, 1740 |
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| Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche. |
| PRÉVERT Jacques – Graffiti, in Fatras |
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| De deux choses lune / L’autre c’est le soleil. |
| PRÉVERT Jacques – Le Paysage changeur, in Paroles |
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| Il dit non avec la tête / Mais il dit oui avec le cœur / Il dit oui à ce qu’il aime / Il dit non au professeur il dit non au professeur. |
| PRÉVERT Jacques – Le Cancre, in Paroles |
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| La vie est une cerise / La mort est un noyau / L’amour un cerisier. |
| PRÉVERT Jacques – Chanson du mois de mai, in Histoires |
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| Même si le bonheur t’oublie un peu, ne l’oublie jamais tout à fait. |
| PRÉVERT Jacques – Spectacle (1951), Œuvres complètes I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1992, Intermède, p.378 |
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| Notre Père qui êtes aux Cieux / Restez-y / Et nous nous resterons sur la terre / Qui est quelquefois si jolie. |
| PRÉVERT Jacques – L’Accent grave, in Paroles |
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| Oh ! Raison funèbre ! |
| PRÉVERT Jacques – Spectacle (1951), Œuvres complètes I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1992, Intermède, p.377 |
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| Quand vous citez un texte con, n’oubliez pas le contexte. |
| PRÉVERT Jacques |
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| Tout est perdu sauf le bonheur. |
| PRÉVERT Jacques – Intermède, in Spectacle |
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| Toutes les opinions sont respectables. Bon. C’est vous qui le dites. Moi, je dis le contraire C’est mon opinion : respectez-la donc ! |
| PRÉVERT Jacques – Spectacle |
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| Toutes les opinions sont respectables. Bon. C’est vous qui le dites. Moi je dis le contraire. C’est mon opinion : respectez-la donc ! |
| PRÉVERT Jacques – Spectacle (1951), Œuvres complètes I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1992, Intermède, p.377 |
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| Il faut essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple. |
| PRÉVERT, Jacques |
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| Il suivait son idée et il était surpris de ne pas avancer, oubliant qu’il s’agissait d’une idée fixe. |
| PRÉVERT, Jacques |
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| La religion, c’est Dieu et Dieu font trois. |
| PRÉVERT, Jacques |
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| Le progrès : trop robot pour être vrai. |
| PRÉVERT, Jacques |
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| Martyr, c’est pourrir un peu. |
| PRÉVERT, Jacques |
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| Il n’est pas nécessaire qu’un auteur comprenne ce qu’il écrit. Les critiques se chargeront de le lui expliquer. |
| PRÉVOST André – Réflexions et Dialogues, Subervie |
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| Comment lutter de sincérité avec André Gide ? Nous n’en avons qu’une, et il en a douze. |
| PRÉVOST Jean – Les Caractères (Albin Michel) |
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| Volonté, ordre, temps : tels sont les éléments de l’art d’apprendre. |
| PRÉVOST Marcel – L’Art d’apprendre |
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| Admirer est un moyen commode de faire croire qu’on a compris. |
| PRÉVOT André |
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| On n’est heureux que dans la proportion de ce qu’on donne. |
| PRIESTLEY J.-B. – Mrs. Parkington, XIII |
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| Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle Assemblée nationale pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l’état d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent. |
| PROUDHON Pierre Joseph |
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| L’homme est principalement une puissance d’action, la femme une puissance de fascination. |
| PROUDHON Pierre Joseph – La Pornocratie ou Les Femmes dans les temps modernes |
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| La liberté de chacun rencontrant dans la liberté d’autrui, non plus une limite, mais un auxiliaire, l’homme le plus libre est celui qui a le plus de relations avec ses semblables. |
| PROUDHON Pierre Joseph – De la justice dans la révolution et dans l’Église |
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| La politique est la science de la liberté. |
| PROUDHON Pierre Joseph |
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| La propriété, c’est le vol. |
| PROUDHON Pierre Joseph |
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| Qu’est-ce que l’esclavage ? C’est l’assassinat. |
| PROUDHON Pierre Joseph – Qu’est-ce que la propriété ? |
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| C’est étonnant comme la jalousie, qui passe son temps à faire des petites suppositions dans le faux, a peu d’imagination quand il s’agit de découvrir le vrai. |
| PROUST Marcel |
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| Il en est de la vieillesse comme de la mort. Quelques-uns les affrontent avec indifférence, non pas parce qu’ils ont plus de courage que les autres, mais parce qu’ils ont moins d’imagination. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, Le Temps retrouvé |
|
| Il est vraiment rare qu’on se quitte bien, car si on était bien, on ne se quitterait pas. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, Albertine disparue |
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| Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre, ce soit encore la rêver. |
| PROUST Marcel – Les Plaisirs et les Jours (Gallimard) |
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| Il y a une chose plus difficile encore que de s’astreindre à un régime, c’est de ne pas l’imposer aux autres. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, Sodome et Gomorrhe |
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| L’amour le plus exclusif pour une personne est toujours l’amour d’autre chose |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, À l’ombre des jeunes filles en fleurs (Gallimard) |
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| L’espérance est un acte de foi. |
| PROUST Marcel – Les Plaisirs et les Jours (Gallimard) |
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| L’impression et pour l’écrivain ce que l’expérimentation est pour le savant. |
| PROUST Marcel – Le Temps retrouvé |
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| La constance d’une habitude est d’ordinaire en rapport avec son absurdité. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, « La Prisonnière », Gallimard |
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| La frivolité est un état violent. |
| PROUST Marcel – Du côté de chez Proust |
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| La réalité ne se forme que dans la mémoire. Les fleurs qu’on me montre aujourd’hui pour la première fois ne me semblent pas de vraies fleur. |
| PROUST Marcel – Du côté de chez Swann 1ère partie, II |
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| La souffrance est une sorte de besoin de l’organisme de prendre conscience d’un état nouveau. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, « Du côté de Guermantes » |
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| Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination. |
| PROUST Marcel – Albertine disparue, À la recherche du temps perdu, Quarto Gallimard 1999, Ch 1 p.1935 |
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| Le bonheur est salutaire pour les corps, mais c’est le chagrin qui développe les forces de l’esprit. |
| PROUST Marcel – Le Temps retrouvé, in À la recherche du temps perdu. |
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| Le bonheur seul est salutaire pour le corps, mais c’est le chagrin qui développe les forces de l’esprit. |
| PROUST Marcel – Le Temps retrouvé |
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| Le désir fleurit, la possession flétrit toute chose. |
| PROUST Marcel – Les Plaisirs et les Jours, Gallimard |
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| Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann (Gallimard) |
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| Les grands littérateurs n’ont jamais fait qu’une seule œuvre, ou plutôt n’ont jamais que réfracté à travers des milieux divers une même beauté qu’ils apportent au monde. |
| PROUST Marcel – La Prisonnière, in À la recherche du temps perdu |
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| Les jours sont peut-être égaux pour une horloge, mais pour un homme, il y a des jours montueux et malaisés qu’on met un temps infini à gravir, et des jours en pente qui se laissent descendre à fond de train, en – chantant. |
| PROUST Marcel – Chroniques, Vacances de Pâques |
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| Les paradoxes d’aujourd’hui sont les préjugés de demain. |
| PROUST Marcel – Les Plaisirs et les Jours (Gallimard). |
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| Nous appelons notre avenir l’ombre de lui-même que notre passé projette devant nous. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, À l’ombre des jeunes filles en fleurs (Gallimard) |
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| Nous ne savons jamais si nous ne sommes pas en train de manquer notre vie. |
| PROUST Marcel – Jean Santeuil (Gallimard) |
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| On devient moral dès qu’on est malheureux. |
| PROUST Marcel – A l’ombre des jeunes filles en fleurs, in À la recherche du Temps perdu |
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| On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu |
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| On s’était dit qu’on se quitterait bien. Mais il est infiniment rare qu’on se quitte bien, car, si on était bien, on ne se quitterait pas. |
| PROUST Marcel – Albertine disparue |
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| Rien n’est plus limité que le plaisir et le vice. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, Le Temps retrouvé |
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| Si beau que soit l’ostensoir, ce n’est qu’au moment où on ferme les yeux qu’on sent passer Dieu. |
| PROUST Marcel – Jean Santeuil (Gallimard) |
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| Si notre vie est vagabonde, notre mémoire est sédentaire. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, Le Temps retrouvé |
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| Sous toute douceur charnelle un peu profonde, il y a la permanence d’un danger. |
| PROUST Marcel – La Prisonnière, in À la recherche du temps perdu. |
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| Toutes les âmes intérieures des poètes sont amies, et s’appellent les unes les autres. |
| PROUST Marcel – Contre Sainte-Beuve (Gallimard) |
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| Un homme qui dort tient en cercle autour de lui le fil des heures, l’ordre des années et des mondes. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, À l’ombre des jeunes filles en fleurs (Gallimard) |
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| Une œuvre où il y a des théories est comme un objet sur lequel on laisse la marque du prix. |
| PROUST Marcel – À la recherche du temps perdu, Le Temps retrouvé |
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| Si tu veux qu’on t’entende, crie. Si tu veux qu’on t’écoute, chuchote. |
| Proverbe |
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| Là où on s’aime, il ne fait jamais nuit. |
| Proverbe africain |
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| Jette le chanceux dans la rivière, il en ressortira avec un poisson dans la bouche. |
| Proverbe arabe |
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| Quand tu lances la flèche de la vérité, trempe la pointe dans du miel. |
| Proverbe arabe |
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| Ce n’est pas le puits qui est trop profond, c’est la corde qui est trop courte. |
| Proverbe chinois |
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| Connaître son ignorance est la meilleure part de la connaissance. |
| Proverbe chinois |
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| L’âme n’a pas de secret que la conduite ne révèle. |
| Proverbe chinois – |
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| L’homme courtois évite de poser le pied sur l’ombre de son voisin. |
| Proverbe chinois – Retenu par Hergé |
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| La porte la mieux fermée est celle qu’on peut laisser ouverte. |
| Proverbe chinois |
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| Le fond du cœur est plus loin que le bout du monde. |
| Proverbe chinois |
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| Mieux vaut allumer une seule et minuscule chandelle que de maudire l’obscurité. |
| Proverbe chinois |
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| On ne vous en voudra jamais d’être trop poli. |
| Proverbe chinois |
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| Plus les sentiments sont distants, plus les politesses sont nombreuses. |
| Proverbe chinois |
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| Si tu veux être heureux, sois-le. |
| Proverbe chinois |
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| Toutes les fleurs de l’avenir sont dans les semences d’aujourd’hui. |
| Proverbe chinois – |
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| Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors vous découvrirez que l’argent ne se mange pas. |
| Proverbe des Indiens Cress (Canada) |
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| Il faut se quitter souvent pour s’aimer toujours. |
| Proverbe français |
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| Il est heureux de tomber par terre, si votre main rencontre un diamant. |
| Proverbe indien |
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| Parlez de l’année prochaine, et le démon sourira. |
| Proverbe japonais |
|
| Un seul frôlement de manches fait naître l’amour. |
| Proverbe japonais |
|
| In medio stat virtus. |
| Proverbe latin |
|
| Le chagrin est comme le riz dans le grenier : chaque jour il diminue un peu. |
| Proverbe malgache – |
|
| L’amour sans jalousie est comme un Polonais sans moustache. |
| Proverbe polonais |
|
| Quand tu ne sais plus où tu vas, retourne-toi et regarde d’où tu viens. |
| Proverbe sénégalais |
|
| La foudre ne frappe pas l’ortie. |
| Proverbe serbe |
|
| Le corps est une inscription sur de l’eau. |
| Proverbe tamoul |
|
| Amoureux est celui qui, en courant dans la neige, n’y laisse pas la trace de ses pas. |
| Proverbe turc |
|
| Celui qui mange l’estomac plein, creuse sa tombe avec ses temps. |
| Proverbe turc |
|
| Pour l’amour d’une rose, le jardinier est le serviteur de mille épines. |
| Proverbe turc |
|
| Qui aime la femme est cousin du soleil. |
| Proverbe turc |
|
| Tu dis ton secret à ton ami, mais ton ami a aussi un ami. |
| Proverbe turc |
|
| Le vase où meurt cette verveine / D’un coup d’éventail fut fêlé / … N’y touchez pas, il est brisé. |
| PRUDHOMME Sully – Stances et Poèmes |
|
| Ô volupté calme et profonde / Des amours qui sont nés sans pleurs / Volupté saine comme une onde / Qui chante sur un lit de fleurs. |
| PRUDHOMME Sully – Poésies |
|
| Qui sait mourir n’a plus de maître. |
| PRUDHOMME Sully – Poésies |
|
| Viennent les ans ! J’aspire à cet âge sauveur / Où mon sang coulera plus sage dans mes veines, / Où les plaisirs pour moi n’ayant plus de saveur, / Je vivrai doucement avec mes vieilles peines. |
| PRUDHOMME Sully – Poésies |
|
| Le temps de la réflexion est une économie de temps. |
| PUBLILIUS SYRUS |
|
| Celui qui sait se vaincre dans la victoire est deux fois vainqueur. |
| PUBLIUS SYRUS – Sentences |
|
| Une femme vertueuse commande à son mari en lui obéissant. |
| PUBLIUS SYRUS – Sentences |
|
| – Qu’est-ce que vous avez ? … – Une ontalgie, répondit Thérèse. – Une quoi ? – Une ontalgie. – Qu’est-ce que c’est que ça ? – Une maladie existentielle, répondit Thérèse, ça ressemble à l’asthme mais c’est plus distingué. |
| QUENEAU Raymond – Loin de Rueil, I, 1 |
|
| L’histoire est la science du malheur des hommes. |
| QUENEAU Raymond – Une histoire modèle (Gallimard) |
|
| Toute action est déception, toute pensée implique erreur. |
| QUENEAU Raymond – Le Chiendent (Gallimard) |
|
| Les délinquants font moins de mal qu’un mauvais juge. |
| QUEVEDO Francisco de – La Politique de Dieu et le Gouvernement du Christ |
|
| En leur règle n’était que cette clause : Fais ce que voudras. (Devise de l’abbaye de Thélème) |
| RABELAIS – Gargantua |
|
| Je n’entreprendrai guerre que je n’aie essayé tous les arts et moyens de la paix. |
| RABELAIS – Gargantua |
|
| Alcofribas Nasier |
| RABELAIS François |
|
| Je n’entreprendrai guerre que je n’aie essayé tous les arts et moyens de paix. |
| RABELAIS François – Gargantua, chapitre 27 |
|
| Je suis né et ai été nourri jeune au jardin de France, c’est Touraine. |
| RABELAIS François – Pantagruel, chapitre 9 |
|
| L’appétit vient en mangeant, la soif s’en va en buvant. |
| RABELAIS François – Gargantua, livre 5 |
|
| Les lois sont comme toiles d’araignées : les simples moucherons et petits papillons y sont pris, les gros taons malfaisants les rompent, et passent à travers. |
| RABELAIS François – Le Cinquiesme et Dernier Livre, 12 |
|
| Mieux est de ris que de larmes écrire / Pour ce que rire est le propre de l’homme. |
| RABELAIS François – Gargantua, Aux lecteurs |
|
| Parce que selon le sage Salomon sapience n’entre point en âme malivole et science sans conscience n’est que ruine de l’âme, il te convient servir, aimer et craindre Dieu, et en lui mettre toutes tes pensées et tout ton espoir, et par foi formée de charité, être à lui adjoint en sorte que jamais n’en sois desamparé par péché. |
| RABELAIS François – Pantagruel, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1955, chap.VIII p.206 |
|
| Rompre l’os et sucer la substantifique moelle. |
| RABELAIS François – Gargantua, Prologue de l’auteur. |
|
| Toute leur vie était employée non par lois, statuts et règles mais selon leur vouloir et franc arbitre … Ainsi l’avait établi Gargantua. En leur règle n’était que cette clause : Fais ce que voudras . |
| RABELAIS François – Gargantua, chap. LVII (Devise de l’Abbaye de Thélème) |
|
| Ah ! Je l’ai trop aimé pour ne le point haïr ! |
| RACINE Jean – Andromaque, II, l, Hermione |
|
| C’était pendant l’horreur d’une profonde nuit… |
| RACINE Jean – Athalie |
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| Ce n’est plus une ardeur dans mes veines cachée. / C’est Vénus tout entière à sa proie attachée. |
| RACINE Jean – Phèdre, I, 3, Phèdre |
|
| J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer, |
| RACINE Jean – Britannicus, acte IV, sc. 3 |
|
| Même elle avait encor cet éclat emprunté / Dont elle eut soin de peindre et d’orner son visage, / Pour réparer des ans l’irréparable outrage. |
| RACINE Jean – Athalie, II, 5 |
|
| Même elle avait encore cet éclat emprunté / Dont elle eut soin de peindre et d’orner son visage / Pour réparer des ans l’irréparable outrage. |
| RACINE Jean – Athalie |
|
| Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? |
| RACINE Jean – Andromaque V, 5, Oreste |
|
| Une extrême justice est souvent une injure. |
| RACINE Jean – La Thébaïde, IV, 3, Jocaste |
|
| Ce n’est pas dans la nouveauté, c’est dans l’habitude que nous trouvons les plus grands plaisirs. |
| RADIGUET Raymond – Le Diable au corps |
|
| L’homme très jeune est un animal rebelle à la douleur. |
| RADIGUET Raymond – Le Diable au corps |
|
| C’est à cause que tout doit finir que tout est si beau. |
| RAMUZ Charles Ferdinand – Les Cahiers vaudois, in Adieu à beaucoup de personnages |
|
| Il me semble que je progresse à ceci que je commence à ne rien comprendre à rien. |
| RAMUZ Charles Ferdinand – Journal, Grasset |
|
| Se sentir inutile est pire encore que se sentir coupable. |
| RAMUZ Charles Ferdinand – Journal, 10 décembre 1896 |
|
| Être isolé du reste des hommes, c’est se sentir inutile. Se sentir inutile est pire encore que de se sentir coupable. |
| RAMUZ Charles-Ferdinand – Journal, 10 décembre 1896 |
|
| Il faut pour bien écrire que la nécessité intervienne ; le libre choix paralyse. |
| RAMUZ Charles-Ferdinand – Journal |
|
| Il ne suffit pas de fuir, il faut fuir dans le bon sens ; il ne faut pas fuir excentrique-ment, il faut fuir concentriquement ; fuir le monde, en ce sens-là, c’est le retrouver. |
| RAMUZ Charles-Ferdinand – Questions |
|
| Je déteste un certain socialisme parce qu’il a la haine de l’argent au lieu d’en avoir le mépris. |
| RAMUZ Charles-Ferdinand – Journal, 28 septembre 1905 |
|
| Je ne crois pas à la science. Je ne crois plus qu’à la croyance. Et je ne suis pas croyant. |
| RAMUZ Charles-Ferdinand – Journal, 14 décembre 1903 |
|
| Je sens que je progresse à ceci que je recommence à ne rien comprendre à rien. |
| RAMUZ Charles-Ferdinand – Journal,10 septembre 1917 |
|
| La poésie n’est ni dans la pensée, ni dans les choses, ni dans les mots ; elle n’est ni philosophie, ni description, ni éloquence : elle est inflexion. |
| RAMUZ Charles-Ferdinand – Journal, 25 juin 1901 |
|
| Tout le secret de l’art est peut-être de savoir ordonner des émotions désordonnées, mais de les ordonner de telle façon qu’on en fasse sentir encore mieux le désordre. |
| RAMUZ Charles-Ferdinand – Journal, 7 janvier 1906 |
|
| Joindre les mains, c’est bien ; mais les ouvrir, c’est mieux. |
| RATISBONNE Louis – La Comédie enfantine |
|
| Une lettre parfaite est une lettre qui ne contient qu’une idée. |
| REBOUX Paul – Le nouveau savoir-écrire |
|
| La beauté naît du regard de l’homme. Mais le regard de l’homme naît de la nature. |
| REEVES, Hubert |
|
| La question n’est pas de savoir si Dieu existe ou non. Mais plutôt : qui est-Il, et à quoi joue-t-Il ? |
| REEVES, Hubert |
|
| Rendre service à un misérable, c’est encore une manière délicate de jouir du malheur d’autrui. |
| RÉGISMANSET Ch – Le Livre de mes Amis |
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| Quand l’amour veut parler, la raison doit se taire. |
| RÉGNARD Jean-François – Le Joueur, acte I, scène 2 |
|
| Les feux de l’amour laissent parfois une cendre d’amitié |
| RÉGNIER Henri de – « Donc… » (Kra) |
|
| Quoique la plupart des gens soient uniquement occupés d’eux-mêmes, ils trouvent encore le temps de s’apercevoir des défauts d’autrui. |
| RÉGNIER Henri de – Donc… |
|
| Le Français chante faux et pense juste ; l’Allemand chante juste et pense faux ; l’Italien ne pense pas, mais il chante. |
| RÉGNIER, Henri de |
|
| Lorsqu’il n’y aura plus d’amants heureux, le ciel perdra sa couleur. |
| REICH Wilhelm |
|
| Les femmes qui veulent être égales aux hommes manquent sérieusement d’ambition. |
| REISER, Jean-Marc |
|
| Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. |
| RÉMI Saint – Baptême de Clovis à Reims le 25/12/496 |
|
| Au fond je sens que ma vie est toujours gouvernée par une foi que je n’ai plus. La foi a cela de particulier que, disparue, elle agit encore. |
| RENAN Ernest – Souvenirs d’enfance et de jeunesse, I, Le broyeur de lin, I |
|
| Celui qui obéit est presque toujours meilleur que celui qui commande. |
| RENAN Ernest – Dialogues et fragments philosophiques |
|
| Il est une chose qu’un théologien ne saurait jamais être, je veux dire historien. |
| RENAN Ernest – Préface à Vie de Jésus, 13e édition |
|
| Il faut une religion autour du lit de mort. Laquelle ? N’importe ; mais il en faut une. |
| RENAN Ernest – L’Avenir de la science, XXIII |
|
| Il y a eu des vols d’oiseaux, des courants d’air, des migraines qui ont décidé du sort du monde. |
| RENAN Ernest – Vie de Jésus, Préface (Lévy) |
|
| Le but du monde est le développement de l’esprit, et la première condition du développement de l’esprit, c’est sa liberté. |
| RENAN Ernest – Souvenirs d’enfance et de jeunesse, Calmann-Lévy |
|
| Le but du monde est que la raison règne. |
| RENAN Ernest – Préface aux Dialogues et fragments philosophiques. |
|
| Le hasard de la naissance est moindre que le hasard du scrutin. |
| RENAN Ernest – La Réforme intellectuelle et morale de la France, II (Lévy) |
|
| Le jour où la France coupa la tête à son roi, elle commit un suicide. |
| RENAN Ernest – La réforme intellectuelle et morale de la France, première partie, I |
|
| Le plus simple écolier sait maintenant des vérités pour lesquelles Archimède eût sacrifié sa vie. |
| RENAN Ernest – Souvenirs d’enfance et de jeunesse, Préface |
|
| Le prétendu Dieu des armées est toujours pour la nation qui a la meilleure artillerie, les meilleurs généraux. |
| RENAN Ernest – Dialogues et Fragments philosophiques |
|
| Le talent de l’historien consiste à faire un ensemble vrai avec des traits qui ne sont vrais qu’à demi. |
| RENAN Ernest – Études d’histoire religieuse, Préface de la 13e édition. |
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| Les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un respect profond du passé. |
| RENAN Ernest |
|
| Nous avons des idées arrêtées dès que nous cessons de réfléchir. |
| RENAN Ernest |
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| Ô Seigneur, s’il y a un Seigneur ; sauvez mon âme, si j’ai une âme. |
| RENAN Ernest – Prière d’un sceptique |
|
| Rien de grand ne se fait sans chimères. |
| RENAN Ernest – L’Avenir de la science (Lévy) |
|
| Tel voudrait faire de Jésus un sage, tel un philosophe, tel un patriote, tel un homme de bien, tel un philosophe, tel un patriote, tel un homme de bien, tel un moraliste, tel un saint. Il ne fut rien de tout cela. Ce fut un charmeur. |
| RENAN Ernest – Préface à Vie de Jésus, 13e édition |
|
| – Femme, qu’est-ce qui vous attache à lui ? – Le besoin qu’il a de moi. |
| RENARD Jules – 23 février 1902, p. 574 |
|
| – Je ne m’occupe pas de politique. – C’est comme si vous disiez : « Je ne m’occupe pas de la vie. » |
| RENARD Jules – 23 août 1905, p. 781 |
|
| – Pardon ! Pardon ! me dit maman. Elle me tend les bras et m’attire à elle. Elle tombe aux pieds de Marinette qu’elle a méconnue, elle se jette aux pieds d’Amélie, ses deux filles. Aux « Pardon ! Pardon ! » je ne trouve à répondre que « je reviendrai demain ». Ensuite, elle se donnait de violents coups de poing à la tête. |
| RENARD Jules – 15 juillet 1909 |
|
| – Tu n’as pas peur ? – De quoi ? – De tout. |
| RENARD Jules – 21 septembre 1908 |
|
| – Il faudra, me dit-il, que j’aille vous voir demain pour vous raconter mes embêtements. – Ça fera deux personnes embêtées au lieu d’une. |
| RENARD Jules – 1er janvier 1898, p. 358 |
|
| – Il vient de m’arriver la chose la plus désagréable depuis ma naissance, me dit [Lucien] Guitry. Il me laisse chercher, et il dit : – J’ai quarante ans ce soir. |
| RENARD Jules – 12 décembre 1900, p. 485 |
|
| – J’ai soif de vérité. – Prends garde à l’ivrognerie. |
| RENARD Jules – 8 janvier 1896, p. 246 |
|
| – Je suis né un trente janvier. – Vous ne paraissez pas votre âge. |
| RENARD Jules – 21 mars 1899, p. 411 |
|
| – Je vous apporte mes vœux. – Merci. Je tâcherai d’en faire quelque chose. |
| RENARD Jules – 28 janvier 1901, p. 495 |
|
| – Le temps perdu ne se rattrape jamais. – Alors, continuons de ne rien faire. |
| RENARD Jules – 18 janvier 1898, p. 364 |
|
| – Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire pour tes quarante ans ? – Me rajeunir. |
| RENARD Jules – 26 janvier 1904, p. 696 |
|
| – Tu travailles ? – J’essaie de travailler : c’est bien plus difficile. |
| RENARD Jules – 29 janvier 1898, p. 366 |
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| – Vous n’aimez pas les femmes ? – Je les aime toutes. Je fais des folies pour elles. Je me ruine en rêves. |
| RENARD Jules – 3 janvier 1908, p. 903 |
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| – Vous n’avez pas de défauts. – Si, madame, mais je les garde pour l’intimité. |
| RENARD Jules – 17 novembre 1897, p. 345 |
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| » Cocu « . Chose étrange que ce petit mot n’ait pas de féminin. |
| RENARD Jules – 2 août 1902, p. 606 |
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| » On ne fait pas ce qu’on veut « , dit-on souvent. C’est » On ne fait pas ce qu’on peut « , qu’on devrait dire. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1898, p. 397 |
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| [À la suite du suicide de son père] Et s’il s’était manqué ? S’il ne s’était qu’abîmé ? S’il n’avait pas eu la force de se tirer le second coup ? S’il m’avait crié, avec du sang et des larmes dans la bouche : « Achève-moi ! » Qu’aurais-je fait ? Aurais-je eu la grandeur de prendre son fusil, ou de l’étouffer en l’embrassant ? |
| RENARD Jules – 13 juillet 1897, p. 333 |
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| [Il est question de la pièce d’Ibsen] Maison de poupées. Que de choses insignifiantes dites avec profondeur ! |
| RENARD Jules – 13 janvier 1904, p. 694 |
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| À chaque instant ma plume tombe parce que je me dis : « Ce que j’écris là n’est pas vrai. » |
| RENARD Jules – 6 décembre 1900 |
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| À quoi bon voyager ! Il y a de la nature, de la vie et de l’histoire partout. |
| RENARD Jules – 24 août 1906, p. 844 |
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| À tes cils pendent comme des gouttes de sommeil. |
| RENARD Jules – 13 janvier 1891 |
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| Achille et Don Quichotte sont, Dieu merci, assez connus pour que nous nous dispensions de lire Homère et Cervantès. |
| RENARD Jules – 13 février 1895, p. 208 |
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| Actrice. Elle se pâme, l’œil dans la salle, l’oreille chez le souffleur. |
| RENARD Jules – 2 novembre 1904 |
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| Ah ! quand un homme a réussi, et qu’il est bête, c’est une insulte aux étoiles. |
| RENARD Jules – 12 novembre 1904, p. 736 |
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| Aimer la musique, c’est se garantir un quart de son bonheur. |
| RENARD Jules – 28 octobre 1907, p. 897 |
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| Ainsi, les malheurs des autres nous sont indifférents, à moins qu’ils ne nous fassent plaisir. |
| RENARD Jules – 7 décembre 1894, p. 198 |
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| Ajoutez deux lettres à « Paris » : c’est le Paradis. |
| RENARD Jules – 6 novembre 1895 |
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| Amitié, mariage de deux êtres qui ne peuvent pas coucher ensemble. |
| RENARD Jules – 5 octobre 1892, p. 110 |
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| Amour et amitié, c’est la nuit et le jour. |
| RENARD Jules – 15 avril 1902 |
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| Analyser un livre ! Que dirait-on d’un convive qui, mangeant une pêche mûre, en retirerait les morceaux de sa bouche pour voir ? |
| RENARD Jules – 15 mars 1892, p. 98 |
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| Appelons la femme un bel animal sans fourrure dont la peau est très recherchée. |
| RENARD Jules – sans date 1887, p. 4 |
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| Au fond de tout patriotisme il y a la guerre : voilà pourquoi je ne suis pas patriote. |
| RENARD Jules – 14 juin 1899, p. 419 |
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| Au théâtre, il y a toujours quelque chose de mécaniquement prévu, qui m’est insupportable. |
| RENARD Jules – 8 août 1898 |
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| Au travail, le plus difficile, c’est d’allumer la petite lampe du cerveau. Après, ça brûle tout seul. |
| RENARD Jules – 29 novembre 1901, p. 557 |
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| Avant d’écrire, se mettre sous pression. |
| RENARD Jules – 6 avril 1897 |
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| Avec aplomb, les hommes donnent des noms aux étoiles. |
| RENARD Jules – 15 août 1898 |
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| Avec de la prudence, on peut faire toute espèce d’imprudences. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1897, p. 341 |
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| Avec une femme, l’amitié ne peut être que le clair de lune de l’amour. |
| RENARD Jules – 10 novembre 1888, p. 13 |
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| Avez-vous remarqué que, lorsqu’on dit à une femme qu’elle est jolie, elle croit toujours que c’est vrai ? |
| RENARD Jules – 13 janvier 1905, p. 749 |
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| Avoir un style exact, précis, en relief, essentiel, qui réveillerait un mort. |
| RENARD Jules – 29 mai 1898 |
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| Avons-nous une destinée ? Sommes-nous libres ? Quel ennui de ne pas savoir ! Quels ennuis si l’on savait ! |
| RENARD Jules – 14 juin 1889, p. 21 |
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| Balzac est peut-être le seul qui ait eu le droit de mal écrire. |
| RENARD Jules – 23 mars 1891 |
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| Bêtise humaine. » Humaine » est de trop : il n’y a que les hommes qui soient bêtes. |
| RENARD Jules – 21 mai 1898, p. 383 |
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| Bien charger ma phrase, bien viser, et faire mouche. |
| RENARD Jules – 21 mars 1901 |
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| Bouderie : une grève de gamins. |
| RENARD Jules – 1 er juillet 1893, p. 132 |
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| Bruxelles, c’est une capitale de province. |
| RENARD Jules – 4 juin 1895 |
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| C’est à croire que les yeux des nouveau-nés, ces yeux qui ne voient pas et où l’on voit à peine, ces yeux sans blanc, profonds et vagues, sont faits avec un peu de l’abîme dont ils sortent. |
| RENARD Jules – 2 février 1889 |
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| C’est au prix de toutes mes angoisses que je donne aux autres l’impression d’une sécurité parfaite. |
| RENARD Jules – 12 novembre 1896 |
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| C’est beau, un beau roman. Ce n’est pas méprisable, mais la vérité seule donne le ravissement parfait. |
| RENARD Jules – 3 septembre 1902, p. 615 |
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| C’est bon de ne pas regarder à la dépense de son énergie ! |
| RENARD Jules – 11 mai 1894, p. 175 |
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| C’est commode un enterrement. On peut avoir l’air maussade avec les gens : ils prennent cela pour de la tristesse. |
| RENARD Jules – 30 décembre 1899, p. 440 |
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| C’est désespérant : tout lire, et ne rien retenir ! Car on ne retient rien. On a beau faire effort : tout échappe. Çà et là, quelques lambeaux demeurent, encore fragiles, comme ces flocons de fumée indiquant qu’un train a passé. |
| RENARD Jules – 28 août 1889, p. 24 |
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| C’est difficile d’être bon quand on est clairvoyant. |
| RENARD Jules – 19 août 1903, p. 667 |
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| C’est douloureux, d’écrire un livre : c’est s’en délivrer. |
| RENARD Jules – 18 novembre 1896, p. 281 |
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| C’est drôle, comme, dès qu’une femme de talent nous dit qu’elle a un mari, ça nous refroidit pour son talent ! |
| RENARD Jules – 18 juin 1900, p. 464 |
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| C’est effrayant comme on a de la peine, quand on est en bonne santé, à s’intéresser au mal des autres ! |
| RENARD Jules – 16 février 1910 |
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| C’est enrageant, de n’être pas Victor Hugo ! |
| RENARD Jules – 17 novembre 1901, p. 554 |
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| C’est la plus fidèle de toutes les femmes : elle n’a trompé aucun de ses amants. |
| RENARD Jules – 23 octobre 1901, p. 546 |
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| C’est un mauvais travail que celui qu’on fait pour n’avoir plus à travailler. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1898, p. 397 |
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| C’est une duperie que de s’efforcer d’être bon. Il faut naître bon, ou ne s’en mêler jamais. |
| RENARD Jules – juillet 1896, p. 267 |
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| C’est une grande gloire pour un homme de lettre, de dire : « Moi, je ne comprends rien à la peinture. Si nous changions de conversation ? » |
| RENARD Jules – 13 janvier 1897, p. 301 |
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| C’est une grande preuve de noblesse que l’admiration survive à l’amitié. |
| RENARD Jules – 25 mai 1897, p. 324 |
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| C’est une question de propreté : il faut changer d’avis comme de chemise. |
| RENARD Jules – 17 octobre 1902, p. 620 |
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| Ça m’est égal, de manquer ma vie. Je ne vise pas. Je tire en l’air, du côté des nuages. |
| RENARD Jules – 19 avril 1904, p. 707 |
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| Ce mot d’une Anglaise : « Je veux vivre avec des regrets, non avec des remords. » |
| RENARD Jules – 22 février 1897, p. 311 |
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| Ce n’est point parce qu’il y a une rose sur le rosier que l’oiseau s’y pose : c’est parce qu’il y a des pucerons. |
| RENARD Jules – 9 juin 1897, p. 326 |
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| Ce que Dieu, qui voit tout, doit s’amuser ! |
| RENARD Jules – 28 janvier 1901, p. 495 |
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| Ce que je dis d’un arbre s’applique à tous les autres, mais c’est en en regardant un, et non tel autre, que j’ai trouvé cette image qui transmet au lecteur l’impression communicable. |
| RENARD Jules – 24 décembre 1908 |
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| Ce que les bêtes provoquent surtout en moi, c’est l’étonnement, comme toute chose d’ailleurs. |
| RENARD Jules – 8 janvier 1896 |
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| Ce qui est exact ne peut être que fin. |
| RENARD Jules – 5 juin 1909 |
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| Ce qui fait le plus plaisir aux femmes, c’est une basse flatterie sur leur intelligence. |
| RENARD Jules – 21mai 1895, p. 219 |
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| Ce qui m’étonne surtout, c’est ce cœur qui marche toujours. |
| RENARD Jules – 27 novembre 1908 |
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| Ce qui me sauvera, c’est un goût que j’ai, un arrière-goût de sainteté. |
| RENARD Jules – 11 février 1899 |
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| Ce serait beau, l’honnêteté d’un avocat qui demande la condamnation de son client. |
| RENARD Jules – 16 septembre 1907, p. 891 |
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| Ce vice littéraire qui consiste à se forcer à aimer ce qu’on se croit obligé d’admirer. |
| RENARD Jules – 26 novembre 1897, p. 347 |
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| Celui qui nous aime et nous admire le mieux, c’est encore celui qui nous connaît le moins. |
| RENARD Jules – 20 juin 1905, p. 771 |
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| Certaines gens voient comme si leurs yeux étaient au bout d’une perche, très loin de leur cerveau. |
| RENARD Jules – 30 janvier 1892 |
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| Certaines phrases intenses de Villiers de L’Isle-Adam me font comme un coup de fusil tiré derrière la tête. |
| RENARD Jules – 21 juin 1890 |
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| Certains menteurs ont un tel besoin de mentir qu’on a pitié d’eux et qu’on les aide. |
| RENARD Jules – 1er février 1910 |
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| Ces notes sont ma prière quotidienne. |
| RENARD Jules – 12 septembre 1906 |
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| Ces rares instants où l’on est heureux de partout. |
| RENARD Jules – 6 septembre 1897, p. 339 |
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| Cet homme sinistre travaille tout le temps et croit qu’il fait quelque chose. |
| RENARD Jules – 25 septembre 1908 |
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| Cette femme mariée est si jolie que nous la mépriserions un peu si elle n’avait pas d’amants. |
| RENARD Jules – 31 octobre 1898, p. 399 |
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| Cette jolie idée de Saint-Pol-Roux que les arbres échangent des oiseaux comme des paroles. |
| RENARD Jules – 7 mai 1894, p. 174 |
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| Cette sensation poignante qui fait qu’on touche à une phrase comme à une arme à feu. |
| RENARD Jules – 26 décembre 1889 |
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| Chacun trouve son plaisir où il le prend. |
| RENARD Jules – 15 juin 1887, p. 4 |
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| Chacune de nos lectures laisse une graine qui germe. |
| RENARD Jules – 8 mai 1901 |
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| Chaque fleur attire sa mouche. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1898, p. 397 |
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| Chaque jour, je suis enfant, homme et vieillard. |
| RENARD Jules – 10 octobre 1907 |
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| Chaque matin, au réveil, tu devrais dire : « Je vois, j’entends, je remue, je ne souffre pas. Merci ! La vie est belle. » |
| RENARD Jules – 3 février 1908 |
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| Chaque matin, le vieux poète s’adosse au vieux rocher de l’inspiration, grimace, rougit, se raidit, se rompt les reins, et rien ne bouge. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1887 |
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| Chaque note doit avoir la saveur d’une fraise. |
| RENARD Jules – 12 septembre 1904 |
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| Cherchez le ridicule en tout, vous le trouverez. |
| RENARD Jules – 17 février 1890, p. 43 |
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| Cheveux gris, poussière du temps. |
| RENARD Jules – 30 mai 1901, p. 524 |
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| Christianisme : hérésie de la religion juive. |
| RENARD Jules – 5 décembre 1903, p. 685 |
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| Claudel déjeune. Il parle du mal que l’affaire Dreyfus nous a fait à l’étranger. Cet homme intelligent, ce poète, sent le prêtre rageur et de sang âcre. – Mais la tolérance ? lui dis-je. – Il y a des maisons pour ça, répond-il. |
| RENARD Jules – 13 février 1900 |
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| Comme c’est difficile, d’être bon ! Et j’espère bien ne jamais y arriver. |
| RENARD Jules – 3 mai 1905, p. 766 |
|
| Comme la joie est vite fatigante ! Pour rien au monde je ne voudrais être trop heureux. La joie fait au cœur l’effet d’une glace qui brûle. |
| RENARD Jules – 26 novembre 1899, p. 434 |
|
| Comme la neige serait monotone si Dieu n’avait créé les corbeaux ! |
| RENARD Jules – 1er février 1895 |
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| Comme on serait meilleur, sans la crainte d’être dupe ! |
| RENARD Jules – 18 janvier 1896, p. 248 |
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| Comment voulez-vous qu’une âme basse puisse être immortelle ! |
| RENARD Jules – 25 mars 1907 |
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| Comment voulez-vous que je dise l’exacte vérité quand je parle ? J’ai déjà tant de peine à l’écrire ! |
| RENARD Jules – 29 mai 1898, p. 385 |
|
| Connaître les femmes sans être amant, c’est comme si un pêcheur, ayant promené sa ligne sur la rivière, s’imaginait connaître les poissons. |
| RENARD Jules – 21 mars 1901, p. 510 |
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| Contrairement à ce qui est dit dans le Sermon sur la Montagne, si tu as soif de justice, tu auras toujours soif. |
| RENARD Jules – 14 juillet 1896 |
|
| Contre la douceur, pas de résistance. |
| RENARD Jules – 3 juillet 1893 |
|
| Couple assorti : ils riment bien, tous les deux. |
| RENARD Jules – 22 janvier 1893 |
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| Critiquer Hugo ! Quand je regarde un coucher de soleil, qu’est-ce que cela me fait de savoir qu’il ne se couche pas, que la terre tourne autour de lui ? Quand je lis Hugo, qu’est-ce que ça me fait de savoir qu’il écrit comme ceci ou comme cela ? |
| RENARD Jules – 17 novembre 1901 |
|
| Dans l’ombre d’un homme glorieux, il y a toujours une femme qui souffre. |
| RENARD Jules – 1er février 1906, p. 814 |
|
| Dans les foules serrées, la sensation qu’on est regardé au creux des oreilles. |
| RENARD Jules – 4 octobre 1892 |
|
| Dans mon église, il n’y a pas de voûte entre moi et le ciel. |
| RENARD Jules – 19 janvier 1903 |
|
| Dans nos joies les plus expansives, gardons toujours au fond de notre âme un coin triste. C’est notre refuge, en cas d’alarme subite. |
| RENARD Jules – 14 août 1896, p. 272 |
|
| Dans notre affection pour un Juif, il y a un peu d’orgueil. On se dit : « Comme je suis généreux, de l’aimer ! » |
| RENARD Jules – 14 mars 1905 |
|
| Dans son puits de science il n’avait pas d’eau fraîche. |
| RENARD Jules – 21 mai 1895 |
|
| Dans un beau vers de Victor Hugo, il y a plus de pensées que dans tel livre de métaphysique. |
| RENARD Jules – 4 mars 1909 |
|
| De la discussion, rien ne sort : c’est de la bonne entente que jaillit la lumière. Elle donne de l’éclat aux avis qui se ressemblent. |
| RENARD Jules – 16 mai 1903, p. 652 |
|
| De mes états d’âme, la neige est celui que je préfère. |
| RENARD Jules – 20 novembre 1905, p. 798 |
|
| De tout ce que nous écrivons, la postérité ne retiendra qu’une page, au plus. Je voudrais la lui choisir moi-même. |
| RENARD Jules – Journal, 1899, Gallimard |
|
| Déjà, il se préoccupait de devenir un symbole. |
| RENARD Jules – 5 mai 1893 |
|
| Des amis se défient de nous comme s’ils croyaient que nous connaissons le fond de leur âme. |
| RENARD Jules – 13 mars 1906 |
|
| Des hommes ont l’air de ne s’être mariés que pour empêcher leurs femmes de se marier avec d’autres. |
| RENARD Jules – 29 septembre 1897, p. 340 |
|
| Dès qu’on dit à une femme qu’elle est jolie, elle se croit de l’esprit. |
| RENARD Jules – 9 février 1899, p. 408 |
|
| Dès qu’on l’envisage bien, la mort est douce à comprendre. |
| RENARD Jules – 10 décembre 1909 |
|
| Dès qu’un acteur parle, il cesse de penser. |
| RENARD Jules – 24 février 1897, p. 311 |
|
| Dès qu’une femme me fait un compliment, pour peu qu’elle soit jolie, tout de suite je me sens amoureux d’elle. |
| RENARD Jules – 9 avril 1900, p. 452 |
|
| Dès qu’une femme me montre ses dents, si belles qu’elles soient, je vois déjà sa tête en tête de mort. |
| RENARD Jules – 10 décembre 1890 |
|
| Dès que les sourcils poussent, les soucis viennent. |
| RENARD Jules – 8 octobre 1900, p. 471 |
|
| Devant moi, la campagne est d’un vert que je peux dire multicolore. |
| RENARD Jules – Journal, 1897, Gallimard |
|
| Devenant pauvre, on devient bon. |
| RENARD Jules – 26 août 1901 |
|
| Dieu immense est au-dessus de nous. Ni le pape, ni ses prêtres n’en peuvent donner une idée. |
| RENARD Jules – 16 juillet 1903 |
|
| Dieu n’a pas mal réussi la nature, mais il a raté l’homme. |
| RENARD Jules – 10 mai 1906 |
|
| Dieu n’est pas une solution. Ça n’arrange rien. |
| RENARD Jules – 16 mai 1905, p. 767 |
|
| Dieu ne croit pas à notre Dieu. |
| RENARD Jules – 19 novembre 1898, p. 402 |
|
| Dieu, celui que tout le monde connaît, de nom. |
| RENARD Jules – 14 avril 1894, p. 171 |
|
| Dieu, modeste, n’ose pas se vanter d’avoir créé le monde. |
| RENARD Jules – 3 septembre 1906 |
|
| Dieu, tant de mystère, c’est cruel, c’est indigne de toi. |
| RENARD Jules – 29 août 1901 |
|
| Dire qu’il nous faudra mourir, qu’il nous est impossible de n’être point nés ! |
| RENARD Jules – 2 janvier 1892, p. |
|
| Dis quelquefois la vérité, afin qu’on te croie quand tu mentiras. |
| RENARD Jules – 12 mai 1893, p. 129 |
|
| Du talent, tu en as assez. Maintenant, perfectionne un peu ta morale. |
| RENARD Jules – 25 mars 1894 |
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| Écrire à la manière dont Rodin sculpte. |
| RENARD Jules – 9 mars 1891 |
|
| Écrire au jour le jour, mais pas forcément tous les jours. |
| RENARD Jules – 19 avril 1909 |
|
| Écrire avec la pointe de son cœur. |
| RENARD Jules – 11 janvier 1904 |
|
| Écrire, c’est presque toujours mentir. |
| RENARD Jules – 12 août 1902, p. 609 |
|
| Écrire, c’est une façon de parler sans être interrompu. |
| RENARD Jules – 13 avril 1895, p. 218 |
|
| Écrire. Le plus difficile, c’est de prendre la plume, de la tremper dans l’encre et de la tenir ferme au-dessus du papier. |
| RENARD Jules – 17 novembre 1900 |
|
| Égoïsme. Ramener tout à soi, même Dieu. |
| RENARD Jules – 16 avril 1904 |
|
| Égoïste comme un saint. |
| RENARD Jules – 23 octobre |
|
| Elle est de ces petites femmes fragiles qui aiment mieux aimer que faire l’amour. |
| RENARD Jules – 26 novembre 1894, p. 196 |
|
| Elle s’est éloignée, d’un petit derrière pincé. |
| RENARD Jules – 22 février 1898, p. 371 |
|
| Elle se couche à dix heures et demie, fait tout de suite son petit dodo, se lève à dix heures, fait sa toilette jusqu’à midi, fait des visites ou des promenades jusqu’au dîner, n’a pas d’enfants et n’aide pas son mari. – Voulez-vous me dire à quoi vous servez ? – Je sers à me rendre heureuse. |
| RENARD Jules – 15 janvier 1898, p. 364 |
|
| En littérature, il n’y a que des bœufs. Les génies sont les plus gros, ceux qui peinent dix-huit heures par jour d’une manière infatigable. La gloire est un effort constant. |
| RENARD Jules – sans date 1887, p. 4 |
|
| En politique, la sincérité a l’air d’une manœuvre compliquée et sournoise, d’une fourberie savante. |
| RENARD Jules – 14 mai 1908 |
|
| Enfin seul, sans s. |
| RENARD Jules – 1er avril 1898, p. 376 |
|
| Entré au Jardin des Plantes. Pour avoir une idée de l’ennui, il faut regarder les fauves dans leurs cages. |
| RENARD Jules – 8 juin 1898 |
|
| Essaie de ne rien accepter des mains que tu n’aurais aucun plaisir à serrer si elles ne t’offraient rien. |
| RENARD Jules – 11 mars 1901, p. 507 |
|
| Et je me frappe la poitrine, et, à la fin, je me dis : « Entrez ! », et je me reçois très bien, déjà pardonné. |
| RENARD Jules – 1er janvier 1895 |
|
| Et le ruisseau murmure sans cesse contre les cailloux qui voudraient l’empêcher de courir. |
| RENARD Jules – 20 juin 1893 |
|
| Et les arbres tendaient la froide lune eucharistique au bout de leurs branches. |
| RENARD Jules – 29 mai 1894 |
|
| Être heureux, c’est être envié. Or, il y a toujours quelqu’un qui nous envie. Il s’agit de le connaître. |
| RENARD Jules – 1er juillet 1906, p. 835 |
|
| Être indépendant comme un anarchiste et bon comme un saint. |
| RENARD Jules – 2 février 1902 |
|
| Être partout et dans un coin. |
| RENARD Jules – 27 octobre 1895 |
|
| Expérience : un cadeau utile qui ne sert à rien. |
| RENARD Jules – 8 janvier 1907 |
|
| Faire causer, c’est le talent le plus rare ; c’est bien plus difficile que de parler soi-même. |
| RENARD Jules – 17 février 1904, p. 700 |
|
| Faire tous les frais de la conversation, c’est encore le meilleur moyen de ne pas s’apercevoir que les autres sont des imbéciles. |
| RENARD Jules – 1er avril 1890, p. 48 |
|
| Fais le bien si tu peux, mais dis toujours : « Pardonnez-moi, même si je fais le bien : je ne sais jamais ce que je fais. » |
| RENARD Jules – 2 juin 1900 |
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| Flocons d’écume. Il semble que le flot éclate comme un pétard sourd et lointain dont on ne verrait que la fumée. |
| RENARD Jules – 9 août 1887 |
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| Fourmis, petites perles noires dont le fil est cassé. |
| RENARD Jules – 11 mai 1906, p. 830 |
|
| Fumée : rêverie de feu. |
| RENARD Jules – 22 novembre 1906, p. 857 |
|
| Gagner sa gloire à la sueur de son front. |
| RENARD Jules – 27 janvier 1905 |
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| George Sand, la vache bretonne de la littérature. |
| RENARD Jules – 23 février 1891, p. 63 |
|
| Graphologie : mettez les points sur les i, et votre esprit deviendra net. Paraphez en coup de sabre, et vous n’aurez pas peur. |
| RENARD Jules – 20 mars 1894 |
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| Guerre. Il n’y aurait qu’à dire à l’ennemi : « Ne venez pas ! nous avons la fièvre typhoïde. » |
| RENARD Jules – 16 septembre 1904 |
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| Héritage. La mort nous prend un parent, mais elle le paie, et il ne faut pas beaucoup d’argent pour qu’elle se fasse pardonner. |
| RENARD Jules – 30 mai 1901 |
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| Humour : pudeur, jeu d’esprit. C’est la propreté morale et quotidienne de l’esprit. Je me fais une haute idée morale et littéraire de l’humour. |
| RENARD Jules – 23 février 1910, p. 997 |
|
| Il a toujours le petit mot pour faire rire de lui. |
| RENARD Jules – 1er novembre 1889 |
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| Il a une belle situation, où il peut faire attendre les gens. |
| RENARD Jules – Novembre 1897, p. 343 |
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| Il aimait à dire des choses désagréables. Comme il était sourd, il croyait peut-être qu’on n’entendait pas. |
| RENARD Jules – 1er novembre 1898 |
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| Il avait plus de cheveux blancs que de cheveux. |
| RENARD Jules – 15 décembre 1887, p. 12 |
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| Il est aussi amusant de réduire sa vie que de la dilater. |
| RENARD Jules – 20 janvier 1905 |
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| Il est bien malheureux que notre goût avance quand notre talent ne bouge pas. |
| RENARD Jules – 16 décembre 1891 |
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| Il est plus difficile d’être un honnête homme huit jours qu’un héros un quart d’heure. |
| RENARD Jules – 17 juillet 1907, p. 880 |
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| Il est plus facile d’être généreux que de ne pas le regretter. |
| RENARD Jules – 11 février 1908, p. 914 |
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| Il était si laid que, lorsqu’il faisait des grimaces, il l’était moins. |
| RENARD Jules – 4 décembre 1891 |
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| Il était si sale que, quand un chien le léchait, on pouvait penser que c’était pour le nettoyer. |
| RENARD Jules – 15 juin 1893 |
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| Il faudrait faire pour le cœur ce que Descartes a fait pour l’esprit : table rase, puis, une construction originale. |
| RENARD Jules – 5 mai 1901, p. 522 |
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| Il faut à l’amitié six mois de congé par an pour renouveler son répertoire. L’amour devrait en faire autant. |
| RENARD Jules – 11 juillet 1900, p. 467 |
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| Il faut aller à la sagesse par le plus court, par des chemins de traverse. |
| RENARD Jules – 27 juillet 1899, p. 426 |
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| Il faut écrire comme on parle, si on parle bien. |
| RENARD Jules – 22 août 1907 |
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| Il faut être discret quand on parle de son bonheur, et l’avouer comme si l’on se confessait d’un vol. |
| RENARD Jules – 10 décembre 1906, p. 862 |
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| Il faut être, ou se sentir, ou, tout au moins, se croire un peu malade devant un beau paysage d’automne. |
| RENARD Jules – 6 septembre 1907, p. 889 |
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| Il faut opérer par la dissociation, et non par l’association des idées. Une association est presque toujours banale. La dissociation décompose et découvre des affinités latentes. |
| RENARD Jules – 24 janvier 1890 |
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| Il faut qu’une note en dise plus qu’une page ; sinon, elle est inutile. |
| RENARD Jules – 2 novembre 1908 |
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| Il faut qu’une page soit faite comme un filet, et que chaque mot, comme une maille, retienne un peu. |
| RENARD Jules – 11 août 1902 |
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| Il faut qu’une phrase soit si claire, qu’elle fasse plaisir au premier coup, et, pourtant, qu’on la relise à cause du plaisir qu’elle a fait. |
| RENARD Jules – 16 mai 1903, p. 652 |
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| Il faut que l’homme libre prenne quelquefois la liberté d’être esclave. |
| RENARD Jules – 27 janvier 1892, p. 92 |
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| Il faut regarder la vérité en poète. |
| RENARD Jules – 1er août 1898, p. 392 |
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| Il faut regarder la vérité en poète. |
| RENARD Jules – 1er août 1898, p. 392 |
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| Il faut renoncer à tout ce qu’autrui ramasse trop facilement. |
| RENARD Jules – 25 janvier 1906 |
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| Il faut savoir négliger son style pour paraître plus souple. |
| RENARD Jules – 23 décembre 1908 |
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| Il faut savoir s’embêter, pour que la vie ne paraisse pas trop courte. |
| RENARD Jules – 4 décembre 1909, p. 989 |
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| Il faut un quart d’heure pour devenir un saint. |
| RENARD Jules – 14 novembre 1900 |
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| Il faut vivre pour écrire, et non pas écrire pour vivre. |
| RENARD Jules – 9 janvier 1908, p. 906 |
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| Il fit cette réflexion profonde : qu’un homme auquel on paye à déjeuner est un homme à moitié dompté. |
| RENARD Jules – 1er juillet 1887 |
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| Il me semble que mon amour pour la nature l’embellit : l’herbe me paraît plus verte. |
| RENARD Jules – 1er juin 1905 |
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| Il n’est pas bon qu’un chef-d’œuvre soit connu pleinement, du premier coup. Il faut laisser aux générations à venir le temps de le faire. Sinon, elles révisent. |
| RENARD Jules – 18 février 1901, p. 502 |
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| Il n’est pas nécessaire de mépriser le riche : il suffit de ne pas l’envier. |
| RENARD Jules – 30 mai 1905 |
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| Il n’est pas nécessaire de vivre, mais il l’est de vivre heureux. |
| RENARD Jules – 17 septembre 1906, p. 847 |
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| Il n’est pas possible de dire la vérité, mais on peut faire des mensonges transparents : c’est à vous de voir au travers. |
| RENARD Jules – 16 février 1902, p. 572 |
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| Il n’y a pas d’amis : il y a des moments d’amitié. |
| RENARD Jules – 5 janvier 1894, p. 155 |
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| Il n’y a pas de chefs-d’œuvre qui résistent à certains lecteurs. |
| RENARD Jules – 16 août 1909, p. 984 |
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| Il n’y a pas de Paradis, mais il faut tâcher de mériter qu’il y en ait un. |
| RENARD Jules – 22 septembre 1895, p. 226 |
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| Il n’y a pas de synonymes. Il n’y a que des mots nécessaires, et le bon écrivain les connaît. |
| RENARD Jules – 7 janvier 1899 |
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| Il n’y a que d’un fils qu’on ne soit point jaloux. |
| RENARD Jules – 28 avril 1905 |
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| Il n’y a que l’égoïste à souffrir vraiment et tout le temps. |
| RENARD Jules – 11 janvier 1900 |
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| Il n’y a que les erreurs qui donnent du prix à la vérité. |
| RENARD Jules – 30 mars 1903, p. 639 |
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| Il n’y a que les riches qui héritent d’un million. |
| RENARD Jules – 20 août 1904, p. 719 |
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| Il ne faut pas dire toute la vérité, mais il ne faut dire que la vérité. |
| RENARD Jules – 1 er décembre 1899, p. 434 |
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| Il ne faut pas rire tant qu’on n’est qu’à l’extérieur des choses, mais il faut d’abord y entrer. Il faut rire du milieu des choses. |
| RENARD Jules – 8 avril 1896 |
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| Il ne faut pas trop bien recevoir les visites : on aurait l’air de s’ennuyer. |
| RENARD Jules – 9 juin 1905, p. 769 |
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| Il ne faut rire que des belles choses qu’on peut aimer. Le banal ne fait pas rire. Avant que de rire des grands hommes, il faut savoir les aimer de toute son âme. |
| RENARD Jules – 8 avril 1896, p. 259 |
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| Il ne parle pas, mais on sait qu’il pense des bêtises. |
| RENARD Jules – 19 janvier 1903, p. 630 |
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| Il ne peut y avoir, d’un côté, la forme, de l’autre, le fond. Un mauvais style, c’est une pensée imparfaite. |
| RENARD Jules – 15 août 1898, p. 396 |
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| Il ne suffit pas d’être heureux : il faut encore que les autres ne le soient pas. |
| RENARD Jules – 16 mai 1894, p. 176 |
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| Il s’agit d’être, non pas le premier, mais unique. |
| RENARD Jules – 2 juin 1899 |
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| Il suffit de goûter à la gloire : inutile de s’en bourrer. |
| RENARD Jules – 20 octobre 1905 |
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| Il voyait le moins de personnes qu’il pouvait afin de s’épargner le plus possible l’ennui des enterrements. |
| RENARD Jules – 18 avril 1894, p. 172 |
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| Il y a de l’étonnant et de la beauté dans ce qui paraît le plus simple : tu n’as qu’à extraire. |
| RENARD Jules – 19 décembre 1906, p. 864 |
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| Il y a de la place au soleil pour tout le monde, surtout quand tout le monde veut rester à l’ombre. |
| RENARD Jules – 26 janvier 1898, p. 366 |
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| Il y a des choses que je m’efforce de ne pas dire, mais je souhaite qu’on les devine. |
| RENARD Jules – 16 avril 1906, p. 826 |
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| Il y a des gens qui donnent un conseil comme on donne un coup de poing. On en saigne un peu, et on riposte en ne le suivant pas. |
| RENARD Jules – 21 octobre 1889, p. 30 |
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| Il y a des gens qui retirent volontiers ce qu’ils ont dit, comme on retire une épée du ventre de son adversaire. |
| RENARD Jules – 11 décembre 1901, p. 560 |
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| Il y a des gens si ennuyeux qu’ils vous font perdre une journée en cinq minutes. |
| RENARD Jules – 1er février1903, p. 633 |
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| Il y a des moments où tout réussit. Il ne faut pas s’effrayer : ça passe. |
| RENARD Jules – 31 octobre 1908, p. 951 |
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| Il y a deux ans que je n’ai pas parlé à ma femme, c’était pour ne pas l’interrompre. |
| RENARD Jules |
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| Il y a la fausse modestie, mais il n’y a pas de faux orgueil. |
| RENARD Jules – 10 mars 1909 |
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| Il y a le peureux qui regarde sous son lit, et le peureux qui n’ose même pas regarder sous son lit. |
| RENARD Jules – 31 août 1901, p. 536 |
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| Il y a les conteurs et les écrivains. On conte ce qu’on veut ; on n’écrit pas ce qu’on veut : on n’écrit que soi-même. |
| RENARD Jules – 1er mai 1899, p. 415 |
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| Il y a toujours un peu de vide dans les amitiés les plus pleines, comme dans les œufs. |
| RENARD Jules – 15 janvier 1904, p. 696 |
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| Il y a trois de nos rois que je n’ai jamais pu me fourrer dans la tête : Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe. Je les confonds. Impossible de les débrouiller. Parfois, à l’aide de mon petit Larousse, je les remets chacun à sa place, puis, c’est le désordre. Tout est à recommencer. |
| RENARD Jules – 13 février 1896 |
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| Il y a une justice, mais nous ne la voyons pas toujours. Elle est là, discrète, souriante, à côté, un peu en arrière de l’injustice qui fait gros bruit. |
| RENARD Jules – 14 décembre 1906 |
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| Ils ne croient pas vivre s’ils ne vivent dans l’affolement. |
| RENARD Jules – 10 février 1907 |
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| J’ai au cœur comme le reflet d’un beau rêve dont je ne me souviens plus. |
| RENARD Jules – 3 août 1892 |
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| J’ai bâti de si beaux châteaux que les ruines m’en suffiraient. |
| RENARD Jules – 2 juin 1890, p. 52 |
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| J’ai connu le bonheur, mais ce n’est pas ce qui m’a rendu le plus heureux. |
| RENARD Jules – Journal |
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| J’ai été élevé par une bibliothèque. |
| RENARD Jules – 31 janvier 1898, p. 367 |
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| J’ai l’air d’une araignée au centre de mon moi. |
| RENARD Jules – 22 décembre 1899 |
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| J’ai l’esprit anticlérical et un cœur de moine. |
| RENARD Jules – 24 janvier 1905, p. 751 |
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| J’ai la folie des petitesses. |
| RENARD Jules – 18 décembre 1900 |
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| J’ai toujours envie de dire à la musique : « Ce n’est pas vrai ! Tu mens. » |
| RENARD Jules – 29 novembre 1898 |
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| J’aime à lire comme une poule boit, en relevant fréquemment la tête, pour faire couler. |
| RENARD Jules – 4 février 1894, p. 161 |
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| J’aime la solitude, même quand je suis seul. |
| RENARD Jules – Journal |
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| J’aime les hommes plus ou moins, selon que j’en tire plus ou moins de notes. |
| RENARD Jules – 25 novembre 1889, p. 39 |
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| J’aime passionnément la langue française, je crois tout ce que la grammaire me dit, et je savoure les exceptions, les irrégularités de notre langue. |
| RENARD Jules – 6 octobre 1906 |
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| J’aime, j’aime, certainement j’aime, et je crois aimer ma femme d’amour, mais, de tout ce que les grands amoureux : Don Juan, Rodrigue, Ruy Blas, il n’y a pas un mot que je pourrais dire à ma femme sans rire. |
| RENARD Jules – 10 novembre 1901, p. 552 |
|
| J’arrive à l’âge où je peux comprendre à quel point j’embêtais mes maîtres (Alphonse Daudet), quand j’allais les voir et que je ne leur parlais jamais d’eux. |
| RENARD Jules – 17 décembre 1906 |
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| J’arrive à me défier de ma défiance. |
| RENARD Jules – 23 janvier 1909 |
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| J’aurais connu longtemps le plaisir de m’éteindre. |
| RENARD Jules – Journal |
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| J’avoue très humblement mon orgueil. |
| RENARD Jules – 11 décembre 1891 |
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| J’en ai assez, de me faire petit devant les autres. |
| RENARD Jules – 22 avril 1891 |
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| Je cite l’exemple de Pascal qui combattait ses maux de tête avec des problèmes de géométrie. – Moi, dit Tristan Bernard, je combattais la géométrie en feignant d’avoir des maux de tête. |
| RENARD Jules – 17 juillet 1894, p. 187 |
|
| Je comprends l’arbre, il ne raisonne pas. |
| RENARD Jules – 26 avril 1905 |
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| Je dis à Tristan [Bernard] que Victor Hugo, à trente-quatre ans, voyageait incognito et trouvait son nom sur des murs d’églises.
– Oui, à sa seconde visite, dit Tristan. |
| RENARD Jules – 4 février 1901, p. 496 |
|
| Je goûte la joie âpre du splendide isolement. |
| RENARD Jules – 27 février 1906 |
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| Je jardine dans mon âme. |
| RENARD Jules – 18 février 1902, p. 572 |
|
| Je jure que je n’ai admiré et n’admire sans faiblesse qu’un homme : Victor Hugo. |
| RENARD Jules – 7 novembre 1901 |
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| Je lis des pages de ce Journal : c’est tout de même ce que j’aurai fait de mieux et de plus utile dans ma vie. |
| RENARD Jules – 14 novembre 1900 |
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| Je me laboure avec ma plume. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1898 |
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| Je me moque de savoir beaucoup de choses : je veux savoir des choses que j’aime. |
| RENARD Jules – 22 décembre 1893, p. 153 |
|
| Je me surmène de paresse. |
| RENARD Jules – 30 septembre 1897, p. 341 |
|
| Je n’admets pas que l’on contrarie mes projets, surtout quand j’ai la certitude de ne jamais les mettre à exécution. |
| RENARD Jules – 6 septembre 1899, p. 429 |
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| Je n’ai d’autre besoin que de me dire la vérité. J’ai conscience que jamais personne ne l’a dite. Je n’excepte pas les plus grands. |
| RENARD Jules – 1er janvier 1897 |
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| Je n’ai jamais pu me retenir de sauver une mouche prise dans une toile d’araignée. |
| RENARD Jules – 26 août 1908 |
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| Je n’ai ni mémoire, ni intelligence, et je ne peux être qu’artiste à force d’entraînement ; mais j’éprouve certaines impressions avec une telle intensité que je défie les plus grands. |
| RENARD Jules – 20 février 1896 |
|
| Je n’ai pas la foi, mais j’ai des petites fois qui me soutiennent. |
| RENARD Jules – 30 juillet 1907 |
|
| Je n’ai pas le délire. Je n’ai que le vif sentiment de ce qui vaut la peine qu’on soit né, et de l’inutilité du reste. |
| RENARD Jules – 14 juillet 1896, p. 269 |
|
| Je n’aime que les conversations pleines de surnaturel. |
| RENARD Jules – 9 août 1899 |
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| Je n’aimerai le bon Dieu que s’il est modeste et simple. |
| RENARD Jules – 10 avril 1897 |
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| Je ne comprends rien à la vie, mais je ne dis pas qu’il soit impossible que Dieu y comprenne quelque chose. |
| RENARD Jules – 6 mars 1910 |
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| Je ne connais qu’une vérité : le travail seul fait le bonheur. Je ne suis sur que de celle-là, et je l’oublie tout le temps. |
| RENARD Jules – 15 avril 1908 |
|
| Je ne demande pas mieux que d’être bien avec Dieu. Ma foi, je crois en Dieu, s’il est bon. |
| RENARD Jules – 6 novembre 1900 |
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| Je ne demande qu’une chose : gagner assez de pain pour en donner aux oiseaux. |
| RENARD Jules – 20 janvier 1902 |
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| Je ne déteste pas les gaffes. Elles prouvent la droiture de l’esprit. Elles sont les gages comiques de notre bonne foi. |
| RENARD Jules – 17 novembre 1900 |
|
| Je ne m’embête nulle part, car je trouve que s’embêter, c’est s’insulter soi-même. |
| RENARD Jules – 5 septembre 1893, p. 136 |
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| Je ne méprise pas encore assez le théâtre pour y réussir. |
| RENARD Jules – 26 décembre 1904 |
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| Je ne peux pas me décider à me débarrasser, au moyen de Dieu, de toute difficulté. |
| RENARD Jules – 16 février 1910 |
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| Je ne réfléchis pas : je regarde et laisse les choses me toucher les yeux. |
| RENARD Jules – 22 novembre 1893 |
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| Je ne réponds pas d’avoir du goût, mais j’ai le dégoût très sûr. |
| RENARD Jules – 19 mars 1901, p. 509 |
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| Je ne sais si on se corrige de ses défauts, mais on se dégoûte de ses qualités, surtout si on les retrouve chez les autres. |
| RENARD Jules – 10 mars 1906, p. 819 |
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| Je ne sortirai pas de ce dilemme : j’ai les ennuis en horreur, mais ils me fouettent, me rendent talentueux. La paix et le bien-être me paralysent, au contraire. Donc, être nul, ou être éternellement embêté. Il faut choisir. |
| RENARD Jules – 18 septembre 1889 |
|
| Je ne suis pas sincère, et je ne le suis pas même au moment où je dis que je ne le suis pas. |
| RENARD Jules – 21 novembre 1906 |
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| Je passe ma vie à me poser de vagues points d’interrogation, et je ne tiens pas aux réponses. |
| RENARD Jules – 26 avril 1902, p. 587 |
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| Je regarde la nature jusqu’à ce qu’il me semble que tout pousse en moi. |
| RENARD Jules – 1er juin 1906 |
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| Je rentre, l’angoisse au cœur parce que j’ai regardé le soleil couchant, entendu chanter les oiseaux, et que je n’aurai eu que quelques jours cette terre que j’aime tant, et qu’il y a tant de morts avant moi. |
| RENARD Jules – 15 août 1898, p. 396 |
|
| Je sais déjà regarder les nuages qui passent et je sais presque me taire. |
| RENARD Jules – Le Vigneron dans sa vigne |
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| Je sais enfin ce qui distingue l’homme de la bête : ce sont les ennuis d’argent. |
| RENARD Jules – 16 décembre 1904, p. 744 |
|
| Je sais pourquoi je déteste le dimanche : c’est parce que des gens occupés à rien se permettent d’être oisifs comme moi. |
| RENARD Jules – 29 juin 1895, p. 221 |
|
| Je sais que la littérature ne nourrit pas son homme. Par bonheur, je n’ai pas très faim. |
| RENARD Jules – 11 février 1902, p. 571 |
|
| Je sais que, ayant résolu de dire la vérité, je dirai peu de chose. |
| RENARD Jules – 8 octobre 1900 |
|
| Je sens que quelqu’un me guide. |
| RENARD Jules – 11 février 1899 |
|
| Je suis la sentinelle de la lune. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1898 |
|
| Je suis né noué, et rien ne tranchera le nœud. |
| RENARD Jules – 10 septembre 1894 |
|
| Je suis passionné pour la vérité, et pour les mensonges qu’elle autorise. |
| RENARD Jules – 23 juillet 1898, p. 391 |
|
| Je suis un libre-penseur qui voudrait bien avoir pour ami un bon curé. |
| RENARD Jules – 5 novembre 1898 |
|
| Je suis un littérateur qui ne tire qu’à coup sûr. |
| RENARD Jules – 26 novembre 1899 |
|
| Je trouve une femme jolie. Elle dit une bêtise ? Ce n’est pas long : la voilà laide. |
| RENARD Jules – 14 mai 1898, p. 383 |
|
| Je veux du lyrisme clair, et sobre. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1898 |
|
| Je voudrais être lu par la minorité, et connu par la majorité. |
| RENARD Jules – 15 août 1898, p. 394 |
|
| Je voudrais être un saint, moins la prière. |
| RENARD Jules – 23 janvier 1897 |
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| Jésus-Christ avait beaucoup de talent. |
| RENARD Jules – 22 septembre 1906 |
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| Jusqu’à trente ans, artiste, jusqu’à cinquante, homme d’action, jusqu’à la mort, le sage. |
| RENARD Jules – 10 août 1904 |
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| L’accent circonflexe est l’hirondelle de l’écriture. |
| RENARD Jules – 8 mai 1901, p. 522 |
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| L’air de reproche et de menace d’une femme qui mendie avec un enfant sur les bras. |
| RENARD Jules – 13 juin 1897 |
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| L’alouette s’élève. Plus loin, elle va se poser sur une motte. C’est dangereux, d’avoir un fusil. On croit que ça ne tue pas. Je tire, non pour la tuer, mais pour voir ce que ça fera. Je m’approche. Elle est sur le ventre, ses pattes s’agitent, son bec se ferme et s’ouvre, bâille : la petite paire de ciseaux coupe du sang. Alouette, puisses-tu devenir la plus fine de mes pensées, le plus cher de mes remords ! Elle est morte pour les autres. J’ai déchiré mon permis et pendu mon fusil au clou. |
| RENARD Jules – 1er septembre 1904 |
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| L’amitié peut se passer longtemps de preuves. |
| RENARD Jules – 15 octobre 1908, p. 949 |
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| L’amour tue l’intelligence. Le cerveau fait sablier avec le cœur. L’un ne se remplit que pour vider l’autre. |
| RENARD Jules – 23 mars 1901, p. 511 |
|
| L’arbre avec ses jeunes branches est beau comme un cerf immobile. |
| RENARD Jules – 1er mai 1899 |
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| L’arbre est un animal paralysé. |
| RENARD Jules – 9 mars 1902 |
|
| L’art : pousser un peu du doigt la vérité. |
| RENARD Jules – 21 septembre 1908 |
|
| L’art, c’est le rare. Or, si, à côté d’un éléphant magnifique, on m’en montre une douzaine presque aussi beaux, le premier ne m’étonne plus. |
| RENARD Jules – 2 décembre 1901, p. 557 |
|
| L’artiste, c’est un homme de talent qui croit toujours qu’il débute. |
| RENARD Jules – 18 avril 1904 |
|
| L’avenir n’est peut-être qu’un perfectionnement. |
| RENARD Jules – 1er mai 1899, p. 415 |
|
| L’entraînement du porte-plume. Toute seule, la pensée va où elle veut. Avec le porte-plume, elle n’est plus libre. Elle tire de son côté, lui du sien. Elle est comme un aveugle que son bâton conduit de travers, et ce que je viens d’écrire n’est déjà plus ce que je voulais écrire. |
| RENARD Jules – 5 décembre 1894 |
|
| L’envie n’est qu’une peur de voir de la beauté qu’on ne pourrait pas réaliser soi-même. |
| RENARD Jules – 5 avril 1905, p. 763 |
|
| L’espèce de petite piquante décharge au cerveau que nous donne la vue de notre nom imprimé dans un journal. |
| RENARD Jules – 20 novembre 1900, p. 481 |
|
| L’esprit n’accueille une idée qu’en lui donnant un corps ; de là les comparaisons. |
| RENARD Jules – 4 décembre 1887 |
|
| L’étrange ténacité des vieillards qui ne veulent plus rien apprendre. |
| RENARD Jules – 1er novembre 1887, p. 9 |
|
| L’extraordinaire métier d’Hugo ne gêne pas son génie. |
| RENARD Jules – 4 décembre 1900 |
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| L’hirondelle et son petit air de curé. |
| RENARD Jules – 9 juin 1908 |
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| L’Histoire n’est qu’une histoire à dormir debout. |
| RENARD Jules – 13 mai 1901, p. 523 |
|
| L’homme de talent retombe toujours sur ses pattes. |
| RENARD Jules – 18 avril 1904 |
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| L’homme de vraie gloire, c’est celui qu’on connaît et dont on n’a jamais rien lu. Les « trompettes de la Renommée » ne nous ont clamé que son nom. |
| RENARD Jules – 26 octobre 1892 |
|
| L’homme est indifférent comme une montre. |
| RENARD Jules – 23 février 1910, p. 997 |
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| L’homme est un animal qui a la faculté de penser quelquefois à la mort. |
| RENARD Jules – 23 juillet 1898, p. 390 |
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| L’homme libre est celui qui ne craint pas d’aller jusqu’au bout de sa raison. |
| RENARD Jules – 31 janvier 1901, p. 496 |
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| L’homme naît avec ses vices ; il acquiert ses vertus. |
| RENARD Jules – 26 juillet 1899, p. 426 |
|
| L’homme propose, et la femme dispose. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1897, p. 341 |
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| L’homme se dépeint par quelques mots qu’il laisse échapper. Dès qu’il fait une phrase entière, il ment. |
| RENARD Jules – 13 octobre 1908 |
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| L’homme vraiment libre est celui qui sait refuser une invitation à dîner, sans donner de prétexte. |
| RENARD Jules – 25 novembre 1895, p. 236 |
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| L’homme, ce condamné à mort. |
| RENARD Jules – 17 décembre 1901 |
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| L’homme, cette taupe de l’atmosphère. |
| RENARD Jules – 15 juin 1897, p. 328 |
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| L’horreur des bourgeois est bourgeoise. |
| RENARD Jules – 10 avril 1889, p. 19 |
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| L’horreur des bourgeois est bourgeoise. |
| RENARD Jules – Journal, 1889, Gallimard |
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| L’horreur que j’ai du mensonge m’a tué l’imagination. |
| RENARD Jules – 6 septembre 1906 |
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| L’humoriste, c’est un homme de bonne mauvaise humeur. |
| RENARD Jules – 4 novembre 1898, p. 400 |
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| L’idéal : un rêve précis. |
| RENARD Jules – 17 avril 1899 |
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| L’idéal du calme est dans un chat assis. |
| RENARD Jules – 30 janvier 1889, p. 17 |
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| L’imagination d’un observateur s’atrophie : c’est un organe inutile. |
| RENARD Jules – 30 mai 1901 |
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| L’inspiration, ce n’est peut-être que la joie d’écrire : elle ne la précède pas. |
| RENARD Jules – 9 mai 1898, p. 382 |
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| L’ironie doit faire court. La sincérité peut s’étendre. |
| RENARD Jules – 26 février 1908 |
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| L’ironie est la pudeur de l’humanité. |
| RENARD Jules – 30 avril 1892, p. 100 |
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| L’ironie est surtout un jeu d’esprit. L’humour serait plutôt un jeu du cœur, un jeu de sensibilité. |
| RENARD Jules – 1er janvier 1894 |
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| L’ironie est un élément du bonheur. |
| RENARD Jules – 6 mars 1903, p. 636 |
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| L’ironie ne dessèche pas : elle ne brûle que les mauvaises herbes. |
| RENARD Jules – 26 décembre 1899, p. 439 |
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| L’odeur d’un coquillage putréfié suffit pour accuser toute la mer. |
| RENARD Jules – 9 août 1887, p. 6 |
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| L’oiseau en cage ne sait pas qu’il ne sait pas voler. |
| RENARD Jules – 15 avril 1902, p. 584 |
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| L’ombre ne vit qu’à la lumière. |
| RENARD Jules – 10 janvier 1908, p. 906 |
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| L’un : – Je me vends, donc j’ai du talent. L’autre : – Je ne me vends pas, donc, j’ai du talent. |
| RENARD Jules – 22 janvier 1893 |
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| La bonté n’est pas naturelle, c’est le fruit pierreux de la raison. Il faut se prendre par la peau des fesses pour se mener de force à la moindre bonne action. |
| RENARD Jules – Journal |
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| La branche, un doigt qui se tend aux oiseaux. |
| RENARD Jules – 29 mars 1904 |
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| La clarté est la politesse de l’homme de lettres. |
| RENARD Jules – 7 oct. 1892, p. 110 |
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| La clarté est la politesse de l’homme de lettres. |
| RENARD Jules – 7 octobre 1892, p. 110 |
|
| La conversation est un jeu de sécateur, où chacun taille la voix du voisin aussitôt qu’elle pousse. |
| RENARD Jules – 29 janvier 1893, p. 121 |
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| La création du monde continue. |
| RENARD Jules – 18 juillet 1902 |
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| La critique est aisée et l’art est difficile, et les deux ne sont pas commodes. |
| RENARD Jules – 18 mars 1907, p. 872 |
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| La douleur d’un homme intelligent fait plus mal à voir que celle d’un imbécile. |
| RENARD Jules – 6 décembre 1895, p. 238 |
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| La fausse modestie, c’est déjà très bien. |
| RENARD Jules – 24 avril 1899, p. 414 |
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| La femme est un roseau dépensant. |
| RENARD Jules – 16 décembre 1904, p. 745 |
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| La femme ne devrait vivre qu’une saison sur quatre, comme les fleurs. Elle reparaîtrait tous les ans. |
| RENARD Jules – 10 février 1906, p. 816 |
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| La femme parle toujours de son âge et ne le dit jamais. |
| RENARD Jules – 14 juillet 1889, p. 21 |
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| La fidélité pendant la vie, ce n’est rien ; mais mourir, paraître devant Dieu sans avoir trompé sa femme, quelle humiliation ! |
| RENARD Jules – 16 juin 1902, p. 600 |
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| La foi stupide ne peut que déplaire à Dieu. |
| RENARD Jules – 1er août 1898, p. 392 |
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| La genèse d’un esprit : 1, stupéfaction, 2, ironie, 3, enthousiasme. |
| RENARD Jules – 17 avril 1896, p. 260 |
|
| La gloire d’hier ne compte plus ; celle d’aujourd’hui est trop fade, et je ne désire que celle de demain. |
| RENARD Jules – 20 mars 1894, p. 166 |
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| La grande erreur de la justice, c’est de s’imaginer que ses accusés agissent toujours logiquement. |
| RENARD Jules – 29 octobre 1895, p. 232 |
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| La guerre n’est peut-être que la revanche des bêtes que nous avons tuées. |
| RENARD Jules – 28 mai 1891 |
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| La jeunesse, c’est l’ignorance, et je sais bien mieux qu’à vingt ans que je ne sais rien. |
| RENARD Jules – 13 février 1905 |
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| La joie d’avoir travaillé est mauvaise : elle empêche de continuer. |
| RENARD Jules – 7 février 1897, p. 307 |
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| La joie de l’œuvre finie gâte l’œuvre qu’on commence : on croit encore que c’est facile. |
| RENARD Jules – 20 juillet 1905, p. 775 |
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| La langue a ses floraisons et ses hivers. Il y a des styles nus comme des squelettes d’arbres, puis arrive le style fleuri de l’école du feuillage, du touffu, du broussailleux. Puis, il faut les émonder. |
| RENARD Jules – 12 septembre 1901, p. 539 |
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| La littérature est un métier où il faut sans cesse recommencer la preuve qu’on a du talent pour des gens qui n’en ont aucun. |
| RENARD Jules – 28 février 1909 |
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| La lune n’a pas fermé l’œil cette nuit. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1898 |
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| La lune sous le nuage se ferme lentement, comme un œil de chat. |
| RENARD Jules – 2 février 1898 |
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| La lune, médaille au cou de la nuit. |
| RENARD Jules – 15 août 1898 |
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| La médecine n’a de certain que les espoirs trompeurs qu’elle nous donne. |
| RENARD Jules – 15 février 1901, p. 500 |
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| La meilleure santé, c’est de ne pas sentir sa santé. |
| RENARD Jules – 14 juillet 1896, p. 269 |
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| La mer monte, prend les rochers un à un, ensevelit celui-ci, lèche celui-là, écume sur cet autre et montre à travers son vert de bouteille, comme autant de monstres fantastiques pétrifiés, aux chevelures de varech. |
| RENARD Jules – 9 août 1887 |
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| La mer semblable à un vaste champ remué par d’invisibles laboureurs. |
| RENARD Jules – 27 octobre 1887 |
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| La misère a une bonne petite sœur invisible, qui est toujours auprès d’elle et qui la console en secret : l’insouciance. |
| RENARD Jules – 13 novembre 1904 |
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| La modestie peut être une espèce d’orgueil qui arrive par l’escalier dérobé. |
| RENARD Jules – 2 février 1902, p. 569 |
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| La modestie va bien aux grands hommes. C’est de n’être rien et d’être quand même modeste qui est difficile. |
| RENARD Jules – 2 décembre 1895, p. 237 |
|
| La mort est douce : elle nous délivre de la pensée de la mort. |
| RENARD Jules – 23 juillet 1898, p. 391 |
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| La nature m’émeut, parce que je n’ai pas peur d’avoir l’air bête quand je la regarde. |
| RENARD Jules – 4 mai 1893, p. 128 |
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| La neige sur l’eau : le silence sur le silence. |
| RENARD Jules – 26 janvier 1910 |
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| La nuit : le jour qui devient aveugle. |
| RENARD Jules – 2 mars 1906 |
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| La pâleur : l’ombre de l’ombre. |
| RENARD Jules – 21 mars 1906, p. 822 |
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| La personnalité d’une goutte d’eau. |
| RENARD Jules – 14 juin 1892 |
|
| La peur de l’ennui est la seule excuse du travail. |
| RENARD Jules – 10 septembre 1892, p. 108 |
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| La peur de la vie. À la façon dont les plus petites choses m’impressionnent, je me demande quelles douleurs me réserve l’avenir. |
| RENARD Jules – 1er novembre 1887, p. 9 |
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| La phrase lourde, et comme chargée de fluides électriques de Baudelaire. |
| RENARD Jules – x.x. 1887 |
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| La phrase ne peut être que le filtre de la pensée. |
| RENARD Jules – 21 juin 1908 |
|
| La pluie pose à terre des miroirs à étoiles. |
| RENARD Jules – 15 nov. 1900, p. 479 |
|
| La pluie pose à terre des miroirs à étoiles. |
| RENARD Jules – 15 novembre 1900, p. 479 |
|
| La plus sotte exagération est celle des larmes. Elle agace comme un robinet qui ne ferme pas. |
| RENARD Jules – 29 mars 1889, p. 19 |
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| La prose doit être un vers qui ne va pas à la ligne. |
| RENARD Jules – 18 octobre 1891 |
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| La raison du plus raisonnable est toujours la meilleure. |
| RENARD Jules – Journal |
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| La raison : l’ordre dans les pensées choisies. |
| RENARD Jules – 24 janvier 1902, p. 568 |
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| La religion ne devrait être, pour les pauvres, que de la gaieté. |
| RENARD Jules – 18 juin 1900 |
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| La rêverie est le clair de lune de la pensée. |
| RENARD Jules – 1er août 1898, p. 392 |
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| La rêverie, c’est mon engrais. |
| RENARD Jules – 21 septembre 1908 |
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| La rose a la couleur de la pudeur mais elle a aussi celle du mensonge. |
| RENARD Jules – 30 janvier 1901, p. 495 |
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| La sagesse du paysan, c’est de l’ignorance qui n’ose pas s’exprimer. |
| RENARD Jules – 14 février 1906 |
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| La vanité est le sel de la vie. |
| RENARD Jules – 7 juillet 1908, p. 934 |
|
| La vérité désenchante toujours. L’art est là pour la falsifier. |
| RENARD Jules – 22 août 1909, p. 984 |
|
| La vérité désenchante toujours. L’art est là pour la falsifier. |
| RENARD Jules – 22 août 1909, p. 984 |
|
| La vérité vaut bien qu’on passe quelques années sans la trouver. |
| RENARD Jules – 7 février 1901, p. 498 |
|
| La vie est courte, mais comme c’est long, de la naissance à la mort ! |
| RENARD Jules – 26 mai 1896, p. 264 |
|
| La vie est courte, mais l’ennui l’allonge. Aucune vie n’est assez courte pour que l’ennui n’y trouve pas sa place. |
| RENARD Jules – 5 mars 1906, p. 819 |
|
| La vie est courte, mais on s’ennuie quand même. |
| RENARD Jules – 24 mai 1902, p. 594 |
|
| La vie intellectuelle est à la réalité ce que la géométrie est à l’architecture. Une pensée écrite est morte. Elle vivait. Elle ne vit plus. Elle était fleur. L’écriture l’a rendue artificielle, c’est-à-dire immuable. |
| RENARD Jules – 11 novembre 1888 |
|
| La vie n’est ni longue, ni courte : elle a des longueurs. |
| RENARD Jules – 22 août 1909, p. 985 |
|
| La vie n’est peut-être qu’une maladie, le phylloxera de notre planète. |
| RENARD Jules – 16 avril 1904, p. 706 |
|
| La vie, je la comprends de moins en moins, et je l’aime de plus en plus. |
| RENARD Jules – 12 février 1907 |
|
| La vieillesse arrive brusquement, comme la neige. Un matin, au réveil, on s’aperçoit que tout est blanc. |
| RENARD Jules – 9 décembre 1901 |
|
| La vieillesse arrive brusquement, comme la neige. Un matin, au réveil, on s’aperçoit que tout est blanc. |
| RENARD Jules – 9 décembre 1901, p. 558 |
|
| La vieillesse, c’est quand on commence à dire : » Jamais je ne me suis senti aussi jeune. « |
| RENARD Jules – 30 septembre 1897, p. 340 |
|
| Laïc, c’est l’homme qui cherche Dieu sans cesse et ne le trouve jamais. |
| RENARD Jules – 16 juin 1902 |
|
| Lamartine rêve cinq minutes et il écrit une heure. L’art, c’est le contraire. |
| RENARD Jules – 6 juin 1900 |
|
| Le « je ne sais quoi » d’une femme, il n’y a que ça qui compte. |
| RENARD Jules – 10 février 1896, p. 252 |
|
| Le beau style ne devrait pas se voir. |
| RENARD Jules – 4 mai 1909 |
|
| Le bonheur est aussi fait de sacrifice. Quand vous sacrifiez-vous ? |
| RENARD Jules – 31 mai 1909 |
|
| Le bonheur que les autres vous croient ajoute à notre détresse de savoir que nous ne sommes pas heureux. |
| RENARD Jules – 16 novembre 1900, p. 479 |
|
| Le bonheur, c’est d’être heureux ; ce n’est pas de faire croire aux autres qu’on l’est. |
| RENARD Jules – 19 octobre 1906 |
|
| Le bonheur, c’est de le chercher. |
| RENARD Jules – 22 mai 1909, p. 978 |
|
| Le but, c’est d’être heureux. On n’y arrive que lentement. Il y faut une application quotidienne. Quand on l’est, il reste beaucoup à faire : à consoler les autres. |
| RENARD Jules – 9 octobre 1897, p. 342 |
|
| Le chat, c’est la vie des meubles. |
| RENARD Jules – 11 février 1899 |
|
| Le cœur d’une femme est un noyau de pêche. On la mord à pleine bouche, et, tout à coup, on se casse les dents. |
| RENARD Jules – 20 mai 1898, p. 383 |
|
| Le corbeau : il revient de l’enterrement. Une pie en demi-deuil. |
| RENARD Jules – 21 octobre 1895 |
|
| Le corps est le bon chien de notre âme aveugle. |
| RENARD Jules – 22 décembre 1900 |
|
| Le danger du succès, c’est qu’il nous fait oublier l’effroyable injustice du monde. |
| RENARD Jules – 13 janvier 1908 |
|
| Le féminisme, c’est de ne pas compter sur le Prince Charmant. |
| RENARD Jules – 24 octobre 1904, p. 732 |
|
| Le feu de la cheminée, ce petit théâtre où les flammes gesticulent comme des acteurs affairés. |
| RENARD Jules – 6 novembre 1895 |
|
| Le génie est peut-être au talent ce que l’instinct est à la raison. |
| RENARD Jules – 31 janvier 1906, p. 814 |
|
| Le goût de l’image juste, mathématique, Victor Hugo l’avait déjà. |
| RENARD Jules – 5 décembre 1909 |
|
| Le goût est tout en art, qui nous retient d’écrire une chose moins bien que telle autre. |
| RENARD Jules – 28 mars 1893 |
|
| Le kangourou, puce géante. |
| RENARD Jules – 30 avril 1902, p. 588 |
|
| Le merle, ce corbeau minuscule. |
| RENARD Jules – 18 janvier 1889 |
|
| Le métier d’un écrivain, c’est d’apprendre à écrire. |
| RENARD Jules – 18 juin 1900, p. 463 |
|
| Le mieux n’est l’ennemi que du mal. |
| RENARD Jules – 14 novembre 1900, p. 479 |
|
| Le monde serait heureux s’il était renversé. |
| RENARD Jules – 10 juillet 1907 |
|
| Le monsieur qui nous dit : » Et moi aussi, j’ai passé par là ! »
Imbécile ! Il fallait y rester : alors, tu m’intéresserais. |
| RENARD Jules – 28 octobre 1892, p. 113 |
|
| Le mot est l’excuse de la pensée. |
| RENARD Jules – 17 avril 1896, p. 260 |
|
| Le mot juste ! Le mot juste ! Quelle économie de papier le jour où une loi obligera les écrivains à ne se servir que du mot juste ! |
| RENARD Jules – 22 novembre 1894, p. 195 |
|
| Le mot le plus vrai, le plus exact, le mieux rempli de sens, c’est le mot « rien ». |
| RENARD Jules – 26 janvier 1906 |
|
| Le mouvement de l’artiste qui se retire à pas doux, écoutant si on l’applaudit. |
| RENARD Jules – 4 janvier 1892 |
|
| Le néant ne rend rien. Il faut être un grand poète pour le faire sonner. |
| RENARD Jules – 2 décembre 1906, p. 859 |
|
| Le paradis n’est pas sur la terre, mais il y en a des morceaux. Il y a sur la terre un paradis brisé. |
| RENARD Jules – 28 décembre 1896, p. 292 |
|
| Le Paradis n’est pas sur terre, mais il y en a quelques morceaux. |
| RENARD Jules |
|
| Le paysan est peut-être la seule espèce d’homme qui n’aime pas la campagne et ne la regarde jamais. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1905 |
|
| Le paysan, c’est un enfant « noué ». Sa jeunesse s’est immobilisée. |
| RENARD Jules – 13 octobre 1908 |
|
| Le plaisir d’être agréable aux gens que ça embête. |
| RENARD Jules – 1er août 1903, p. 663 |
|
| Le plus artiste sera d’écrire, par petits bonds, sur cent sujets qui surgiront à l’improviste, d’émietter pour ainsi dire sa pensée. De la sorte, rien n’est forcé. Tout a le charme du non voulu, du naturel. On ne provoque pas : on attend. |
| RENARD Jules – 13 septembre 1887 |
|
| Le projet est le brouillon de l’avenir. Parfois, il faut à l’avenir des centaines de bouillons. |
| RENARD Jules – 2 février 1902, p. 569 |
|
| Le public, c’est le suffrage universel en art. N’était-ce pas assez de l’agréer pour maître en politique ? |
| RENARD Jules – 15 février 1906 |
|
| Le rêve, c’est le luxe de la pensée. |
| RENARD Jules – 13 mai 1897, p. 321 |
|
| Le rêve, ce n’est que la vie éperdument dilatée. |
| RENARD Jules – 10 novembre 1900, p. 477 |
|
| Le rideau du souvenir ne se tire que quand il veut. |
| RENARD Jules – 28 février 1902 |
|
| Le savant généralise, l’artiste individualise. |
| RENARD Jules – 17 janvier 1889, p. 16 |
|
| Le savant généralise, l’artiste individualise. |
| RENARD Jules – Journal, 1889, Gallimard |
|
| Le scrupule, une maladie comme la paresse. |
| RENARD Jules – 12 juillet 1903, p. 655 |
|
| Le secret d’écrire aujourd’hui, c’est de se méfier des mots dont le sens est usé et d’une syntaxe qu’on a mal apprise. |
| RENARD Jules – 18 juin 1898 |
|
| Le silence était si absolu que je me croyais sourd. |
| RENARD Jules – 30 mai 1890, p. 52 |
|
| Le singe : un homme qui n’a pas réussi. |
| RENARD Jules – 18 août 1905, p. 780 |
|
| Le soleil, ce gros blond. |
| RENARD Jules – 4 mars 1906 |
|
| Le soleil, si éclatant qu’on ne le voit pas. |
| RENARD Jules – 8 avril 1897 |
|
| Le sot qui sent sa sottise n’est déjà plus si sot, mais le paresseux peut connaître sa paresse, en gémir, et le rester. |
| RENARD Jules – Juillet 1905, p. 773 |
|
| Le sourire est le commencement de la grimace. |
| RENARD Jules – 7 janvier 1893, p. 116 |
|
| Le style de Marivaux, c’est de la soie. |
| RENARD Jules – 9 novembre 1902, p. 622 |
|
| Le style vertical, diamanté, sans bavures. |
| RENARD Jules – 11 novembre 1887 |
|
| Le style, c’est l’habitude, la seconde nature de la pensée. |
| RENARD Jules – 28 juillet 1899, p. 426 |
|
| Le style, c’est l’oubli de tous les styles. |
| RENARD Jules – 7 avril 1891, p. 71 |
|
| Le style, c’est le mot qu’il faut. Le reste importe peu. |
| RENARD Jules – 5 septembre 1893, p. 137 |
|
| Le talent : voir vrai avec des yeux de poète. |
| RENARD Jules – 15 novembre 1905 |
|
| Le talent, c’est comme l’argent : il n’est pas nécessaire d’en avoir pour en parler. |
| RENARD Jules – 11 juin 1892, p. 104 |
|
| Le talent, c’est le génie rectifié. |
| RENARD Jules – 19 octobre 1904 |
|
| Le train, l’automobile du pauvre. Il ne lui manque que de pouvoir aller partout. |
| RENARD Jules – 10 mai 1905, p. 767 |
|
| Le travail est un trésor : je le sais par contre-épreuve. |
| RENARD Jules – 21 juin 1905 |
|
| Le travail pense, la paresse songe. |
| RENARD Jules – 27 décembre 1887, p. 12 |
|
| Le travail, c’est parfois comme de pêcher dans une eau où il n’y aurait jamais eu de poisson. |
| RENARD Jules – 1er juin 1906, p. 832 |
|
| Le vent passe dans les feuilles sa main invisible. |
| RENARD Jules – 9 juin 1896 |
|
| Le véritable auteur d’un livre est celui qui le fait publier. |
| RENARD Jules – 21 juin 1890 |
|
| Le vers est toujours un peu la cage de la pensée. |
| RENARD Jules – 26 janvier 1898, p. 366 |
|
| Le vrai bonheur serait de se souvenir du présent. |
| RENARD Jules – 9 octobre 1891, p. 78 |
|
| Les absents ont toujours tort de revenir. |
| RENARD Jules – 14 juillet 1896, p. 269 |
|
| Les arbres dont les bourgeons sourient déjà et, demain, éclateront de rire. |
| RENARD Jules – 5 mars 1906 |
|
| Les arbres échangent des oiseaux comme des paroles. |
| RENARD Jules – 7 mai 1894 |
|
| Les arbres sont peut-être seuls à connaître à fond le mystère de l’eau. |
| RENARD Jules – 22 mai 1897 |
|
| Les bourgeois, ce sont les autres. |
| RENARD Jules – 28 janvier 1890, p. 41 |
|
| Les choses ne me frappent pas : elles me reviennent. |
| RENARD Jules – 20 juillet 1899 |
|
| Les cils, ces pistils de la fleur des yeux. |
| RENARD Jules – 28 mai 1898, p. 384 |
|
| Les cimetières, ces musées de menhirs. |
| RENARD Jules – 6 décembre 1895, p. 238 |
|
| Les coïts de sympathie, mais, après, c’est l’indifférence, l’oubli. |
| RENARD Jules – 14 septembre 1906, p. 846 |
|
| Les crabes, galets marchant. |
| RENARD Jules – 9 août 1887 |
|
| Les discussions les plus passionnées, il faudrait toujours les terminer par ces mots : » Et puis, nous allons bientôt mourir. « |
| RENARD Jules – 17 novembre 1901, p. 554 |
|
| Les discussions les plus passionnées, il faudrait toujours les terminer par ces mots : « Et puis, nous allons bientôt mourir. » |
| RENARD Jules – 17 novembre 1901, p. 554 |
|
| Les écrivains qui n’aiment pas Victor Hugo me sont ennuyeux à lire, même quand ils n’en parlent pas. |
| RENARD Jules – 24 août 1889 |
|
| Les gens heureux n’ont pas de talent. |
| RENARD Jules – 2 avril 1894, p. 168 |
|
| Les gens heureux n’ont pas le droit d’être optimistes : c’est une insulte au malheur. |
| RENARD Jules – 25 juillet 1903, p. 662 |
|
| Les gens qui se disent blasés n’ont jamais rien éprouvé : la sensibilité ne s’use pas. |
| RENARD Jules – 28 décembre 1896, p. 291 |
|
| Les gens qui veulent suivre des règles m’amusent, car il n’y a dans la vie que de l’exceptionnel. |
| RENARD Jules – 31 mars 1894, p. 168 |
|
| Les gens sont étonnants : ils veulent qu’on s’intéresse à eux ! |
| RENARD Jules – 12 janvier 1894, p. 156 |
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| Les grandes amitiés commencent par le froid. |
| RENARD Jules – 30 mars 1903 |
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| Les heures où, comme un poisson dans l’eau, je me meus à l’aise dans l’infini. |
| RENARD Jules – 10 septembre 1906 |
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| Les hommes naissent égaux. Dès le lendemain, ils ne le sont plus. |
| RENARD Jules – 12 septembre 1907, p. 891 |
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| Les malheurs des autres nous sont indifférents, à moins qu’ils nous fassent plaisir. |
| RENARD Jules – Journal |
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| Les mots ne doivent être que le vêtement, sur mesure rigoureuse, de la pensée. |
| RENARD Jules – 27 septembre 1902, p. 619 |
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| Les mots ne doivent être que le vêtement, sur mesure rigoureuse, de la pensée. |
| RENARD Jules – 27 septembre 1902, p. 619 |
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| Les mots sont comme une voûte sur la pensée souterraine. |
| RENARD Jules – 17 octobre 1899, p. 430 |
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| Les phrases de Villiers de L’Isle-Adam : des hochets d’os où sonneraient des grelots d’or. |
| RENARD Jules – 22 avril 1890 |
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| Les travailleuses, il y en a. Les femmes ne font pas toutes rien. |
| RENARD Jules – 7 septembre 1907, p. 889 |
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| Libre penseur. Penseur suffirait. |
| RENARD Jules – 26 juin 1905, p. 772 |
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| Libre, oui, tu l’es comme moi, mon égal, oui, mais mon frère, c’est autre chose. |
| RENARD Jules – 9 novembre 1898 |
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| Lis toutes les biographies des grands morts, et tu aimeras la vie. |
| RENARD Jules – 29 novembre 1895, p. 237 |
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| Lucarnes : les yeux carrés des toits. |
| RENARD Jules – 5 mars 1906 |
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| Ma bonté est quelque chose que je retiens et qui filtre quand même. |
| RENARD Jules – 29 janvier 1898 |
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| Ma gloire, celle que je désirais, c’est déjà du passé. |
| RENARD Jules – 10 mars 1906 |
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| Ma mémoire est comme une boîte où il y aurait un peu de tout. Ça me dégoûte de chercher dedans. |
| RENARD Jules – 11 octobre 1904, p. 729 |
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| Maeterlinck. Un grand artiste à qui c’est égal d’ennuyer son lecteur, et qui ne s’arrête pas pour si peu. |
| RENARD Jules – 17 décembre 1902, p. 625 |
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| Malade, je voudrais dire des mots profonds, un peu historiques, que mes amis se répéteraient, mais je m’énerve trop. |
| RENARD Jules – 10 décembre 1909, p. |
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| Maladies : les essayages de la mort. |
| RENARD Jules – 20 janvier 1902, p. 568 |
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| Mallarmé, intraduisible, même en français. |
| RENARD Jules – 1er mars 1898, p. 374 |
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| Mallarmé. Il est tellement clair dans la conversation qu’après l’avoir lu, on le trouve causeur banal. |
| RENARD Jules – 8 mai 1895, p. 219 |
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| Me priver le plus possible, être un égoïste maigre. Que mon égoïsme n’ait plus que les os et la peau ! |
| RENARD Jules – 9 décembre 1901 |
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| Mélancolique comme une bûche de bois qui brûle. |
| RENARD Jules – 11 juin 1892 |
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| Mes enfants, pour tout héritage je vous laisserai mon âme, par écrit. |
| RENARD Jules – 9 décembre 1897 |
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| Misogyne, c’est-à-dire amoureux de la première venue. |
| RENARD Jules – 22 décembre 1899, p. 436 |
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| Mon cerveau devient comme une toile d’araignée : la vie n’y peut plus passer sans se faire prendre. |
| RENARD Jules – 8 septembre 1907, p. 889 |
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| Mon cœur bat comme un mineur enseveli qui, par des coups irréguliers, donnerait encore des signes de vie. |
| RENARD Jules – 22 janvier 1910 |
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| Mon ignorance et l’aveu de mon ignorance, voilà le plus clair de mon originalité. |
| RENARD Jules – 25 février 1908 |
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| Mon imagination, c’est ma mémoire. |
| RENARD Jules – 6 juin 1900 |
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| Mon passé, c’est les trois quarts de mon présent. Je rêve plus que je ne vis, et je rêve en arrière. |
| RENARD Jules – 26 février 1906 |
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| Mon style plein de tours de force dont personne ne s’aperçoit. |
| RENARD Jules – 20 juillet 1898 |
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| Montaigne, c’est tout de même un peu traînard. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1898, p. 397 |
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| Mot de femme : « Elle est jolie, mais elle le sait trop. » |
| RENARD Jules – 24 mars 1894 |
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| Mourir, c’est éteindre le monde. |
| RENARD Jules – 6 août 1906, p. 837 |
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| N’écoutant que son courage, qui ne lui disait rien, il se garda d’intervenir. |
| RENARD Jules – 18 octobre 1908 |
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| Ne comptez pas trop sur la société pour faire des réformes : réformez-vous vous-même. |
| RENARD Jules – 13 mars 1906, p. 820 |
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| Ne dites pas à une femme qu’elle est jolie. Dites-lui seulement qu’elle ne ressemble pas aux autres, et toutes ses carrières vous seront ouvertes. |
| RENARD Jules – 29 avril 1898, p. 381 |
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| Ne jamais être content : tout l’art est là. |
| RENARD Jules – 28 mai 1891, p. 77 |
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| Ne jamais rien faire comme les autres en art ; en morale, faire comme tout le monde. |
| RENARD Jules – 13 mai 1892 |
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| Ne jamais se plaindre et toujours consoler. |
| RENARD Jules – 30 octobre 1899 |
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| Ne la fais pas au saint laïc. Sois modeste. Si tu te crois supérieur, demande pardon à ton idéal. |
| RENARD Jules – 2 juin 1900 |
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| Ne me demandez pas d’être bon : ne me demandez que d’agir comme si je l’étais. |
| RENARD Jules – avril 1898, p. 379 |
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| Ne pas écrire trop serré. Il faut aider le public avec de petites phrases banales. |
| RENARD Jules – 17 mai 1906 |
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| Ne réveillez pas le chagrin qui dort. |
| RENARD Jules – Journal, 1901, Gallimard |
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| Ne vis pas ! Contente-toi de toujours désirer vivre. |
| RENARD Jules – 11 avril 1896 |
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| Nettoyer les écuries d’Augias avec un cure-dent. |
| RENARD Jules – 3 mars 1891 |
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| Neurasthénique : un homme en bonne santé qui a une maladie mortelle. |
| RENARD Jules – 26 février 1906, p. 818 |
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| Nietzsche. Ce que j’en pense ? C’est qu’il y a bien des lettres inutiles dans son nom. |
| RENARD Jules – 7 juillet 1906, p. 835 |
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| Notre bonté, c’est notre méchanceté qui dort. |
| RENARD Jules – 6 juin 1900 |
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| Notre intelligence, c’est une bougie en plein vent. |
| RENARD Jules – 1er novembre 1897 |
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| Notre vie a l’air d’un essai. |
| RENARD Jules – 21 juillet 1899 |
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| Notre vie, c’était comme un lac d’amitié traversé par un courant d’amour. |
| RENARD Jules – 15 mars 1894 |
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| Nous avons de l’amour pour une ou deux femmes, de l’amitié pour deux ou trois amis, de la haine pour un seul ennemi, de la pitié pour quelques pauvres ; et le reste des hommes nous est indifférent |
RENARD Jules –
8 janvier 1901, p. 492 |
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| Nous avons mis dix, quinze ans, à nous former une espèce de goût, et nous nous étonnons que le public n’en ait pas, lui qui n’y pense jamais. |
| RENARD Jules – 15 février 1906 |
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| Nous avons tous quelqu’un que notre mort » arrangerait « . |
| RENARD Jules – 12 février 1908, p. 915 |
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| Nous ne pardonnons jamais qu’à ceux auxquels nous avons intérêt à pardonner. |
| RENARD Jules – 4 avril 1890, p. 48 |
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| Nous nous connaissons mieux qu’il n’y paraît, et nous nous gardons de reprocher à autrui les défauts que nous sommes sûrs d’avoir. |
| RENARD Jules – 18 juillet 1903, p. 659 |
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| Nous passons notre vie à causer de ce mystère : notre vie. |
| RENARD Jules – 27 avril 1894, p. 174 |
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| Nous voulons de la vie au théâtre, et du théâtre dans la vie. |
| RENARD Jules – 26 mars 1905 |
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| Nuages : lentes ébauches d’animaux. |
| RENARD Jules – 10 juillet 1907 |
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| Nul n’est censé ignorer la Loi. Il y a plus de deux cent mille lois. |
| RENARD Jules – 13 mai 1901, p. 523 |
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| Nul n’est censé ignorer la Loi. Il y a plus de deux cent mille lois. |
| RENARD Jules – 13 mai 1901, p. 523 |
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| Ô douce rêverie, tu es l’excuse de ma paresse. |
| RENARD Jules – 3 décembre 1905 |
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| Oh ! du nouveau ! Quelque chose de neuf, fût-ce ma mort ! |
| RENARD Jules – 19 janvier 1908 |
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| Oh ! ces villages où je passe et qui ne me verront plus ! |
| RENARD Jules – 24 janvier 1896, p. 249 |
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| Oh ! en amitié, quand on s’est confié ses secrets d’argent, ça tourne mal. |
| RENARD Jules – 3 février 1896, p. 250 |
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| On a autant de peine et de mérite à se passer d’argent qu’à en gagner. |
| RENARD Jules – 14 novembre 1898, p. 401 |
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| On a beau avoir horreur de la guerre : Victor Hugo et Rostand finissent presque par faire accepter les tueries de Napoléon. |
| RENARD Jules – 18 avril 1903, p. 644 |
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| On a beau faire : jusqu’à un certain âge, – et je ne sais pas lequel, – on n’éprouve aucun plaisir à causer avec une femme qui ne pourrait pas être une maîtresse. |
| RENARD Jules – 30 août 1889, p. 24 |
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| On a tout lu, mais ils ont lu un livre que vous devriez lire, qui leur donne une supériorité, et qui annule toutes vos lectures. |
| RENARD Jules – 27 novembre 1906, p. 858 |
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| On devrait écrire comme on respire. Un souffle harmonieux, avec ses lenteurs et ses rythmes précipités, toujours naturel, voilà le symbole du beau style. |
| RENARD Jules – 4 mai 1909 |
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| On entre dans un livre comme dans un wagon, avec des coups d’œil en arrière, des hésitations, l’ennui de changer de lieu et d’idée. Quel sera le voyage ? Que sera le livre ? |
| RENARD Jules – 15 février 1890, p. 42 |
|
| On finit toujours par mépriser ceux qui sont trop facilement de notre avis. |
| RENARD Jules – 1er juin 1906, p. 832 |
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| On gagne à être connu. On perd à être trop connu. |
| RENARD Jules – 10 avril 1895, p. 218 |
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| On n’est pas heureux : notre bonheur, c’est le silence du malheur. |
| RENARD Jules – 21 septembre 1894, p. 192 |
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| On ne demande conseil que pour raconter ses ennuis. |
| RENARD Jules – 5 mai 1901, p. 521 |
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| On ne me demande de mes nouvelles que pour avoir le droit de me raconter ses malheurs. |
| RENARD Jules – 18 août 1905, p. 780 |
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| On ne méprise bien que ce qu’on aime secrètement. |
| RENARD Jules – 27 juillet 1899, p. 426 |
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| On ne peut revivre le passé que tout seul. À deux, l’accord manque. |
| RENARD Jules – 16 septembre 1901, p. 539 |
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| On peut tout faire, avec de la volonté ; mais, d’abord, comment avoir de la volonté ? |
| RENARD Jules – 12 septembre 1906 |
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| On place ses éloges comme on place de l’argent, pour qu’ils nous soient rendus avec les intérêts. |
| RENARD Jules – 18 mars 1890, p. 47 |
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| On se tait pour de grandes raisons : on n’agit que pour des petites. |
| RENARD Jules – 1er août 1898, p. 392 |
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| On va au pied du monument. On lit sur le guide ce qui le concerne, mais on ne regarde pas le monument. |
| RENARD Jules – 26 août 1908 |
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| Oui ! Je leur parlais, aux étoiles, en un langage choisi, peut-être en vers, et, les bras croisés, j’attendais leur réponse. |
| RENARD Jules – 4 février 1891 |
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| Oui, c’est intéressant, ce que fait la mort, mais elle se répète trop. |
| RENARD Jules – 15 mars 1905 |
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| Oui, Dieu existe, mais il n’y entend rien, pas plus que nous. |
| RENARD Jules – 26 janvier 1906 |
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| Pâle, comme si elle se nourrissait de neige. |
| RENARD Jules – 29 janvier 1895 |
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| Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue. |
| RENARD Jules – 22 mai 1906, p. 831 |
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| Paresseux comme tous les hommes d’intérieur qui ont trop le temps de travailler. |
| RENARD Jules – 7 novembre 1904 |
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| Parler en public. Il n’est pas nécessaire de penser ce qu’on dit, mais il faut penser à ce qu’on dit : c’est plus difficile. |
| RENARD Jules – 22 novembre 1906, p. 858 |
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| Pas un brin d’herbe qui ne m’attendrisse. |
| RENARD Jules – 21 avril 1905 |
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| Patience ! L’eau de mon petit ruisseau arrivera à la mer. |
| RENARD Jules – 30 septembre 1895 |
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| Patriote, non, mais compatriote. |
| RENARD Jules – 18 avril 1904 |
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| Pelléas et Mélisande, musique de Claude Debussy. […] Et cette succession de notes ! C’est le bruit du vent. J’aime mieux le vent. |
| RENARD Jules – 11 mai 1902, p. 592 |
|
| Penser ne suffit pas : il faut penser à quelque chose. |
| RENARD Jules – 18 juillet 1899, p. 425 |
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| Penser, c’est chercher des clairières dans une forêt. |
| RENARD Jules – 28 mars 1894, p. 167 |
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| Personne ne souffre d’être moins intelligent que le voisin. |
| RENARD Jules – 10 juillet 1907 |
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| Petit bénéfice de la peur : essayer de donner du courage aux autres. |
| RENARD Jules – 29 juin 1908 |
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| Peu importe qu’on soit atteint de ce mal ou de cet autre : l’important, c’est qu’on soit mortel. |
| RENARD Jules – 4 janvier 1902 |
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| Peut-être que les gens de beaucoup de mémoire n’ont pas d’idées générales. |
| RENARD Jules – 13 octobre 1891 |
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| Plaire au public par des qualités originales, voilà tout le problème. Rien de plus facile que d’être un audacieux désagréable. |
| RENARD Jules – 5 mars 1901, p. 506 |
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| Plus on lit, moins on imite. |
| RENARD Jules – 26 avril 1893, p. 127 |
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| Poète, ne cherche pas autre chose. Tu as été créé et mis au monde pour être la conscience de tout ce qui n’a pas de conscience. |
| RENARD Jules – 22 décembre 1900 |
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| Postillons : intempéries du langage. |
| RENARD Jules – 17 juin 1905, p. 770 |
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| Pour arriver, il faut mettre de l’eau dans son vin, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de vin. |
| RENARD Jules – 3 juillet 1894, p. 185 |
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| Pour bien faire, tu as encore trop le désir de bien faire. |
| RENARD Jules – 9 septembre 1897 |
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| Pour bien lire ce qu’on a écrit il faut, en le lisant, le repenser. |
| RENARD Jules – 19 janvier 1909, p. 961 |
|
| Pour être heureux comme un roi, il suffit de mener une vie simple comme bonjour. |
| RENARD Jules – 22 novembre 1893 |
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| Pour faire du théâtre, il faut avoir l’enthousiasme du mensonge. |
| RENARD Jules – 9 février 1906 |
|
| Pour se faire un nom, il faut être connu. |
| RENARD Jules – 8 décembre 1897, p. 350 |
|
| Pour un écrivain qui vient de travailler, lire, c’est monter en voiture après une marche à pied pénible. |
| RENARD Jules – 14 avril 1899, p. 411 |
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| Pourquoi, en latin quotquot ne signifie-t-il pas le chant d’une poule ? |
| RENARD Jules – 15 avril 1892 |
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| Prendre des notes, c’est faire des gammes de littérature. |
| RENARD Jules – 18 janvier 1896, p. 248 |
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| Prendre la vie au sérieux burlesque. |
| RENARD Jules – 18 avril 1894 |
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| Prendre par le cou l’idée fuyante et lui écraser le nez sur le papier. |
| RENARD Jules – 7 mai 1891 |
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| Prends garde ! Le bonheur qui déborde éclabousse le voisin. |
| RENARD Jules – 9 août 1905 |
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| Prends garde à cette phrase que tu vas écrire : des yeux de l’autre monde peut-être la liront. Il ne faut pas qu’elle y laisse un nuage trouble. |
| RENARD Jules – 19 décembre 1895 |
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| Produire beaucoup, ne publier que le meilleur. |
| RENARD Jules – 8 octobre 1895 |
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| Promenades. Le corps marche, et l’esprit voltige à l’entour comme un oiseau. |
| RENARD Jules – 23 décembre 1907 |
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| Prononcer vingt-cinq aphorismes par jour et ajouter à chacun d’eux : « Tout est là. » |
| RENARD Jules – 27 janvier 1894, p. 159 |
|
| Prudence n’est que l’euphémisme de peur. |
| RENARD Jules – 30 mai 1895, p. 220 |
|
| Puissé-je avoir le courage de raconter aux autres la vérité que je n’ai pas le courage de me dire à moi-même ! |
| RENARD Jules – 20 février 1901 |
|
| Qu’est notre imagination, comparée à celle d’un enfant qui veut faire un chemin de fer avec des asperges ? |
| RENARD Jules – 1er mai 1891 |
|
| Qu’est-ce qu’un critique ? Un lecteur qui fait des embarras. |
| RENARD Jules – 23 avril 1899, p. 413 |
|
| Qu’est-ce qu’un penseur ? Tant qu’il ne m’aura pas donné l’explication de l’univers, je dirai que je me fiche de sa pensée. |
| RENARD Jules – 23 janvier 1907, p. 869 |
|
| Qu’est-ce que je demande ? La gloire ! |
| RENARD Jules – 5 septembre 1889 |
|
| Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ! Est-ce ma faute si je n’ai pas le menton volontaire ? |
| RENARD Jules – 30 septembre 1895 |
|
| Qu’il te suffise, disait-il à sa femme, qu’en réalité je te sois fidèle ; mais permets-moi au moins les apparences d’un mari qui trompe sa femme. |
| RENARD Jules – 21 octobre 1896, p. 275 |
|
| Qu’importe ce que je fais ! Demandez-moi ce que je pense. |
| RENARD Jules – 12 avril 1890, p. 50 |
|
| Qu’importe le bonheur quand on n’a point la joie ! |
| RENARD Jules – 2 décembre 1895, p. 237 |
|
| Quand il fait l’éloge de quelqu’un, il lui semble qu’il se dénigre un peu. |
| RENARD Jules – 11 janvier 1893, p. 116 |
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| Quand il se regardait dans une glace, il était toujours tenté de l’essuyer. |
| RENARD Jules – 18 février 1892 |
|
| Quand je ne suis pas original, je suis bête. |
| RENARD Jules – 15 septembre 1906 |
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| Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux. |
| RENARD Jules – 24 juin 1902, p. 601 |
|
| Quand je regarde une poitrine de femme, je vois double. |
| RENARD Jules – 12 février 1898, p. 368 |
|
| Quand l’un d’eux a la patience d’écouter une histoire jusqu’à la fin, c’est qu’il lui faut tout ce temps-là pour préparer la sienne. |
| RENARD Jules – 17 novembre 1900, p. 480 |
|
| Quand on cause avec un paysan, on s’aperçoit qu’on ne sait rien, ou que c’est comme si on ne savait rien, car on ne peut rien lui apprendre. |
| RENARD Jules – 30 mai 1904, p. 711 |
|
| Quand on cause avec un paysan, on s’aperçoit qu’on ne sait rien, ou que c’est comme si on ne savait rien, car on ne peut rien lui apprendre. |
| RENARD Jules – 30 mai 1904, p. 711 |
|
| Quand on commet une indiscrétion, l’on se croit quitte en recommandant à la personne d’être… plus discrète qu’on ne l’a été soi-même. |
| RENARD Jules – 21 avril 1890, p. 50 |
|
| Quand on peut voir si nettement les défauts des autres, c’est qu’on les a. |
| RENARD Jules – 26 octobre 1908, p. 951 |
|
| Quand on se réjouit d’être jeune, et qu’on remarque qu’on se porte bien, c’est la vieillesse. |
| RENARD Jules – 2 mars 1903, p. 635 |
|
| Quand un acteur est mauvais, l’applaudissement le rend pire. |
| RENARD Jules – 5 mars 1898, p. 374 |
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| Quand un homme a prouvé qu’il a du talent, il lui reste à prouver qu’il sait s’en servir. |
| RENARD Jules – 25 mai 1908, p. 927 |
|
| Quand un homme dit : » Je suis heureux « , il veut dire bonnement : » J’ai des ennuis qui ne m’atteignent pas. « |
| RENARD Jules – 20 janvier 1902, p. 568 |
|
| Quand un homme ne parle que de ce qu’il sait, il a toujours l’air plus savant que nous. |
| RENARD Jules – 22 juillet 1903, p. 659 |
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| Quand une femme dit : » Un homme comme vous… « , c’est une façon de dire : » Quand vous voudrez, monsieur. « |
| RENARD Jules – 29 avril 1898, p. 381 |
|
| Quarante-quatre ans, c’est l’âge où l’on commence à ne plus pouvoir espérer vivre le double. |
| RENARD Jules – 22 février 1908, p. 917 |
|
| Que cette vie me paraîtrait belle si, au lieu de la vivre, je la regardais vivre ! |
| RENARD Jules – 3 janvier 1902, p. 564 |
|
| Que de gens dont il faut dire, après un quart d’heure de paroles : » Encore un qui sait tout ! » et qu’il faut fuir ! |
| RENARD Jules – 15 novembre 1905, p. 797 |
|
| Que de gens ont voulu se suicider, et se sont contentés de déchirer leur photographie ! |
| RENARD Jules – 29 décembre 1888, p. 15 |
|
| Que de gens vivent comme des morts ! |
| RENARD Jules – 14 novembre 1900, p. 479 |
|
| Que deviennent toutes les larmes qu’on ne verse pas ? |
| RENARD Jules – Journal |
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| Que fait l’oiseau dans la tempête ? Il ne se cramponne pas à la branche : il suit la tempête. |
| RENARD Jules – 11 juillet 1894, p. 187 |
|
| Quel calme ! J’entends toutes mes pensées. |
| RENARD Jules – avril 1898 |
|
| Quelque intégrité que nous ayons, on peut toujours nous classer dans une catégorie de voleurs. |
| RENARD Jules – 10 janvier 1891 |
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| Qui donc dessine au ciel un bonhomme de nuage ? |
| RENARD Jules – 24 août 1906 |
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| Qui n’a pas vu Dieu n’a rien vu. |
| RENARD Jules – 30 juillet 1903 |
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| Qui n’a point la maladie du scrupule ne doit même pas songer à être honnête. |
| RENARD Jules – 15 mars 1910 |
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| Qui ne sut jamais se borner ne sut jamais admirer. |
| RENARD Jules – 6 débembre 1906, p. 861 |
|
| Qui sait si chaque événement ne réalise pas un rêve qu’on a fait, qu’a fait un autre, dont on ne se souvient plus, ou qu’on n’a pas connu ? |
| RENARD Jules – sans date 1887, p. 3 |
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| Quiconque lit trop ne retient rien. Choisis ton homme. Relis, relis-le pour te l’assimiler, le digérer. Comprendre, c’est égaler. Être l’égal de Taine, par exemple, c’est déjà joli. |
| RENARD Jules – 28 juillet 1889 |
|
| Raconte ta vie, mais qu’elle soit propre ! |
| RENARD Jules – 19 avril 1909 |
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| Regarde le vide ! Tu y trouveras des trésors. |
| RENARD Jules – 21 juillet 1906, p. 836 |
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| Regarder l’homme en naturaliste, et non en psychologue romanesque. L’homme est un animal qui ne raisonne presque pas. |
| RENARD Jules – 22 avril 1905 |
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| Regarder l’horizon, c’est regarder loin, mais c’est aussi regarder quelque chose de faux. |
| RENARD Jules – 6 juillet 1898, p. 388 |
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| Regarder les choses d’un œil frais. |
| RENARD Jules – 25 janvier 1908 |
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| Renoncer absolument aux phrases longues, qu’on devine plutôt qu’on ne les lit. |
| RENARD Jules – 1er avril 1892 |
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| Réponse à une injure sanglante : – Oh ! vous dites ça pour me taquiner. |
| RENARD Jules – 18 janvier 1896, p. 248 |
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| Rêve de grandes choses : cela te permettra d’en faire au moins de toutes petites. |
| RENARD Jules – 9 mai 1894, p. 175 |
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| Rêverie : la pensée qui se nourrit de rien. |
| RENARD Jules – 20 décembre 1906, p. 864 |
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| Rides, des sourires gravés. |
| RENARD Jules – 25 décembre 1897, p. 354 |
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| Rien de plus brûlant que le sang-froid avec lequel j’écris ces lignes. |
| RENARD Jules – 1er janvier 1897 |
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| Rien ne dégoûte de la vie comme de feuilleter un dictionnaire de médecine. |
| RENARD Jules – 4 mars 1901, p. 506 |
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| Rien ne sert de mourir : il faut mourir à point. |
| RENARD Jules – 1er mars 1896, p. 255 |
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| Ronfler, c’est dormir tout haut. |
| RENARD Jules – 19 avril 1899, p. 413 |
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| S’enfuir dans un village pour en faire le centre du monde. |
| RENARD Jules – 14 septembre 1893 |
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| Sachez écouter. Malheur à celui qui, sans la ramasser, laisse tomber une parole d’or de la bouche d’autrui. |
| RENARD Jules – 6 mars 1894 |
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| Savoir, en style, et ne jamais le laisser paraître. |
| RENARD Jules – 18 mars 1896, p. 258 |
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| Scrupule. Poids léger qui suffit à faire pencher une balance. |
| RENARD Jules – 6 août 1904, p. 715 |
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| Scrupules, vermine de la volonté. |
| RENARD Jules – 23 janvier 1908, p. 912 |
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| Si d’une discussion on pouvait sortir la moindre vérité, on discuterait moins. Rien d’assommant comme de s’entendre : on n’a plus rien à se dire. |
| RENARD Jules – 24 octobre 1887, p. 8 |
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| Si j’avais du talent, on m’imiterait. Si l’on m’imitait, je deviendrais à la mode. Si je devenais à la mode, je passerais bientôt de mode. Donc, il vaut mieux que je n’aie pas de talent. |
| RENARD Jules – 21 avril 1896, p. 261 |
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| Si j’avais fait autre chose que ce que je pouvais faire, vous verriez comme ce serait mauvais ! |
| RENARD Jules – 22 décembre 1899 |
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| Si j’avais tout ce que je désire, j’aurais immédiatement l’impression que je n’ai rien. |
| RENARD Jules – 3 mars 1906 |
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| Si jamais une femme me fait mourir, ce sera de rire. |
| RENARD Jules – 17 février 1898, p. 370 |
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| Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le ! |
| RENARD Jules – 26 décembre 1905, p. 808 |
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| Si l’on m’affirmait, preuve en main, que Dieu n’existe pas, j’en prendrais mon parti. Si Victor Hugo n’existait plus, le monde où se meut la beauté qui m’enivre deviendrait tout noir. |
| RENARD Jules – 17 novembre 1901, p. 555 |
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| Si la girouette pouvait parler, elle dirait qu’elle dirige le vent. |
| RENARD Jules – 26 février 1906, p. 818 |
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| Si la vérité est au fond du puits, je me jetterai dans le puits. |
| RENARD Jules – 1er octobre 1898 |
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| Si on reconnaît « mon style », c’est parce que je fais toujours la même chose, hélas ! |
| RENARD Jules – 3 août 1891 |
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| Si ta vue baisse, suppose que le monde existe moins. |
| RENARD Jules – 8 janvier 1897 |
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| Si tu as plusieurs cordes à ton arc, elles s’embrouilleront, et tu ne pourras plus viser. |
| RENARD Jules – 8 décembre 1896, p. 284 |
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| Si tu crains la solitude, n’essaie pas d’être juste. |
| RENARD Jules – Juillet 1905, p. 774 |
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| Si tu ne peux être un homme de génie, sois un sage. Ce n’est d’ailleurs pas plus commode. |
| RENARD Jules – 3 avril 1901, p. 515 |
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| Si tu veux être sûr de toujours faire ton devoir, fais ce qui t’est désagréable. |
| RENARD Jules – 15 août 1898, p. 394 |
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| Si vous avez envie de rire, vous me trouverez spirituel. |
| RENARD Jules – 21 juin 1890 |
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| Si vous voulez plaire aux femmes, dites-leur ce que vous ne voudriez pas qu’on dît à la vôtre. |
| RENARD Jules – 29 avril 1898, p. 381 |
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| Si, au lieu de gagner beaucoup d’argent pour vivre, nous tâchions de vivre avec peu d’argent ? |
| RENARD Jules – 31 décembre 1894, p. 200 |
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| Souffrir de la solitude et la rechercher. |
| RENARD Jules – 30 décembre 1896 |
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| Sourire. Il faudrait avoir « soupleurer ». |
| RENARD Jules – 22 décembre 1905 |
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| Suicide. On ne voit rien du tombeau, des horreurs de la mort, mais on a le désir infini de se mêler à la tristesse attirante des choses. |
| RENARD Jules – 1er décembre 1905 |
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| Tâchons de voir un peu clair en Dieu. |
| RENARD Jules – 1er août 1899 |
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| Tant qu’un homme ne s’est pas expliqué le secret de l’univers, il n’a pas le droit d’être satisfait. |
| RENARD Jules – 1er août 1898, p. 392 |
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| Tant que les penseurs ne m’auront pas appris ce que c’est que la vie et la mort, je me fous de leurs pensées. |
| RENARD Jules – 23 février 1902 |
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| Tel qui veut se griser d’air pur, s’enivrer sur les hauteurs, n’arrive qu’à s’enrhumer. |
| RENARD Jules – 26 septembre 1809 |
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| Tolérez mon intolérance. |
| RENARD Jules – 19 août 1903 |
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| Tous les matins, en se levant, on devrait dire : Chic ! je ne suis pas encore mort ! |
| RENARD Jules – 5 décembre 1903, p. 685 |
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| Tout est beau. Il faut parler d’un cochon comme d’une fleur. |
| RENARD Jules – 9 mai 1891 |
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| Tout homme vaut mieux que ses façons de s’exprimer. |
| RENARD Jules – 4 octobre 1904, p. 727 |
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| Tout le monde ne peut pas être orphelin. |
| RENARD Jules – Poil de Carotte |
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| Toute femme contient une belle-mère. |
| RENARD Jules – 9 juillet 1889, p. 21 |
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| Toute sa vie il ne fit que couver. |
| RENARD Jules – 25 juillet 1892 |
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| Toute une tempête pour rebrousser les plumes d’un moineau. |
| RENARD Jules – 14 avril 1908 |
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| Triste à voir comme un être cher qui s’enfonce dans le brouillard. |
| RENARD Jules – 3 janvier 1894, p. 154 |
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| Trop vite, l’auto. Tant de jolis paysages où l’on ne s’arrête pas ! On laisse des regrets partout. |
| RENARD Jules – 20 septembre 1905, p. 784 |
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| Tu n’es pas assez mûr, dis-tu. Attends-tu donc que tu pourrisses ? |
| RENARD Jules – 28 septembre 1889 |
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| Tu ne seras rien. Tu as beau faire : tu ne seras rien. Tu comprends les plus grands poètes, les plus profonds prosateurs, mais, bien qu’on prétende que, comprendre, c’est égaler, tu leur seras aussi peu comparable qu’un infime nain peut l’être à des géants. |
| RENARD Jules – février 1888 |
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| Un ami ressemble à un habit. Il faut le quitter avant qu’il ne soit usé. Sans cela, c’est lui qui nous quitte. |
| RENARD Jules – 15 novembre 1888, p. 14 |
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| Un ami, c’est celui qui devine toujours quand on a besoin de lui. |
| RENARD Jules – 9 novembre 1895 |
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| Un beau vers a douze pieds, et deux ailes. |
| RENARD Jules – Journal |
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| Un bœuf énorme avait une marguerite à la bouche. |
| RENARD Jules – 9 juin 1908 |
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| Un bon mot vaut mieux qu’un mauvais livre. |
| RENARD Jules – 18 janvier 1895 |
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| Un borgne, c’est un infirme qui n’a droit qu’à un demi-chien. |
| RENARD Jules – 24 janvier 1896, p. 249 |
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| Un chat qui dort vingt heures sur vingt-quatre, c’est peut-être ce que Dieu a fait de plus réussi. |
| RENARD Jules – 26 janvier 1906 |
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| Un cœur dur qu’il faut à chaque instant que je serre, pour l’amollir. |
| RENARD Jules – 20 juillet 1899 |
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| Un grand poète n’a qu’à se servir des formes consacrées. Il faut laisser aux petits poètes le souci des imprudences généreuses. |
| RENARD Jules – 6 septembre 1902 |
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| Un homme civilisé, c’est celui qui aime mieux recevoir un coup de poing qu’une gifle. |
| RENARD Jules – 30 juillet 1897, p. 337 |
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| Un homme de lettre ne doit être qu’homme de lettres. Tout le reste est littérature. |
| RENARD Jules – 11 novembre 1908, p. 953 |
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| Un homme intelligent arrive toujours à résoudre un théorème, pas toujours à réussir un poème. |
| RENARD Jules – 6 novembre 1901, p. 551 |
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| Un homme qui se plairait trop à la lecture des essais de Maeterlinck serait un homme perdu. Si l’on veut vivre d’une vie humaine extérieure et retentissante, il ne faut ouvrir que quelques fenêtres de son cerveau, et laisser fermées les autres. |
| RENARD Jules – 20 mars 1896, p. 258 |
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| Un homme simple, un homme ayant le courage d’avoir une signature lisible. |
| RENARD Jules – 27 février 1889 |
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| Un homme tellement beau que lui-même se trouve ridicule. |
| RENARD Jules – 17 avril 1891 |
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| Un jeune, c’est celui qui n’a pas encore menti. |
| RENARD Jules – 4 novembre 1898 |
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| Un livre nous déplaît partout où il nous ressemble. |
| RENARD Jules – 26 avril 1892 |
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| Un mauvais style, c’est une pensée imparfaite. |
| RENARD Jules – 15 août 1898 |
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| Un mot si joli qu’on le voudrait avec des joues, pour l’embrasser. |
| RENARD Jules – février 1888 |
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| Un paysan, c’est un tronc d’arbre qui se déplace. |
| RENARD Jules – 6 mars 1894 |
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| Un pédant est un homme qui digère mal intellectuellement. |
| RENARD Jules – 18 mars 1890 |
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| Un père a deux vies, la sienne et celle de son fils. |
| RENARD Jules – 30 avril 1902 |
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| Un petit particulier humain m’intéresse plus que l’humain général. |
| RENARD Jules – 23 février 1895 |
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| Un peu de haine purge la bonté. |
| RENARD Jules – 28 avril 1905 |
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| Un préjugé, c’est une vérité qu’on affirme trop. Il y a des vérités partout, mais il ne faut pas trop y croire, ni surtout y tenir. |
| RENARD Jules – 25 septembre 1908, p. 944 |
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| Un rire triste comme un clown en habit noir. |
| RENARD Jules – 28 mai 1890 |
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| Un savant, c’est un homme qui est à peu près certain. |
| RENARD Jules – 16 novembre 1896, p. 280 |
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| Un style roux. Si les littératures ont des couleurs, j’imagine que la mienne est rousse. |
| RENARD Jules – 9 juillet 1896 |
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| Un toit que la fumée quitte à regret. |
| RENARD Jules – 21 mars 1904 |
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| Un vent stupide, qui poussait devant lui, avec une dépense de souffle extraordinaire, deux ou trois petits nuages blancs en forme de lapins. |
| RENARD Jules – 29 avril 1890 |
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| Une belle femme est encore embellie par un paysage qui lui va bien. |
| RENARD Jules – 3 octobre 1906, p. 849 |
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| Une cabane si petite et si pauvre que le tonnerre même ne tomberait jamais dessus. |
| RENARD Jules – 27 avril 1894 |
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| Une femme qui ne dure qu’une nuit, pas même, qui ne dure qu’un rêve, nous laisse les plus doux regrets. |
| RENARD Jules – 18 novembre 1900, p. 480 |
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| Une feuille tombe, et c’est un grand désastre : elle couvrait un nid. |
| RENARD Jules – 23 juin 1899, p. 421 |
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| Une fois ma résolution bien prise, je reste encore indécis. |
| RENARD Jules – 18 juillet 1899 |
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| Une goutte d’âme dans un oiseau. |
| RENARD Jules – 8 décembre 1895 |
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| Une goutte de pluie, comme un œil au bout d’une antenne. |
| RENARD Jules – 28 mai 1897 |
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| Une inexactitude scrupuleuse. |
| RENARD Jules – 17 septembre 1887 |
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| Une mouche entre par toutes les fenêtres ouvertes, et sort sans que personne ait compris quelle nouvelle elle a apportée. |
| RENARD Jules – 16 août 1906 |
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| Une nouvelle presque très bien, quelque chose comme un sous-chef-d’œuvre. |
| RENARD Jules – 13 février 1891 |
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| Une plante exotique s’ouvrait comme un éventail de rasoirs. |
| RENARD Jules – 18 juillet 1890 |
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| Une signature tremblée qui a peur de dire son nom. |
| RENARD Jules – 24 février 1891 |
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| Va, va ! Cherche la main divine qui nous tend l’hostie de la lune. |
| RENARD Jules – 14 juin 1897 |
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| Verlaine avait le génie d’un dieu et le cœur d’un cochon … Ma joie est de l’aimer, mon devoir, de l’absoudre pour le mal qu’il a fait aux autres. |
| RENARD Jules – 14 juillet 1896 |
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| Victor Hugo est si grand qu’on ne s’aperçoit même pas qu’il s’appelle ridiculement Victor, comme vous et moi. |
| RENARD Jules – 18 décembre 1900 |
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| Victor Hugo seul a parlé : le reste des hommes balbutie. Quelques-uns peuvent lui ressembler par la barbe, la largeur du front, les cheveux indéracinables et casseurs de ciseaux, effroi des barbiers, et la préoccupation de jouer un rôle comme grand-père ou comme homme politique. Mais, si j’ouvre un livre de Victor Hugo, au hasard, car on ne saurait choisir, je ne sais plus. Il est alors une montagne, une mer, ce qu’on voudra, excepté quelque chose à quoi puissent se comparer les autres hommes. |
| RENARD Jules – 13 juillet 1893 |
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| Victor Hugo, un génie qui ne tâtonne jamais. |
| RENARD Jules – 21 juillet 1899 |
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| Vivre et juger sa vie : quel est l’homme capable des deux ? |
| RENARD Jules – 3 janvier 1894 |
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| Voilà ce que, même au prix d’une rêverie intense, je ne peux pas faire : situer Moïse dans le temps par rapport à Homère. |
| RENARD Jules – 27 octobre 1895 |
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| Vous dites : « Je suis vaniteux », mais vous l’êtes surtout parce que vous dites que vous l’êtes. |
| RENARD Jules – 9 octobre 1889 |
|
| Vous êtes comme quelqu’un qui demanderait du café bouillant et qui le laisserait refroidir. |
| RENARD Jules – 1887, sans date, p. 5 |
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| Vous êtes pour moi le chardonneret qu’on ne met pas en cage, vous êtes la fleur qu’on ne cueille pas. |
| RENARD Jules – 22 janvier 1897 |
|
| Vous me croyez vain parce que je dis que j’ai du talent. Mais qu’est-ce que cela me fait, d’avoir du talent ? C’est du génie que je voudrais ; et ma modestie consiste à me désespérer de n’avoir pas de génie. |
| RENARD Jules – 22 janvier 1897 |
|
| Un matin, l’un de nous manquant de noir, se servit de bleu : l’impressionnisme était né. |
| RENOIR Auguste – Propos rapportés par G. Coquiot |
|
| Vous arrivez devant la nature avec des théories, la nature flanque tout par terre… La vérité est que, dans la peinture comme dans les autres arts, il n’y a pas un seul procédé, si petit soit-il, qui s’accommode d’être mis en formule. |
| RENOIR Auguste – Propos rapportés par G. Coquiot |
|
| La dépravation suit le progrès des lumières. Chose très naturelle, que les hommes ne puissent s’éclairer sans se corrompre. |
| RESTIF DE LA BRETONNE Nicolas-Edmée – Le Pornographe |
|
| Le mérite produit une inégalité juste. |
| RESTIF DE LA BRETONNE Nicolas-Edmée – Le Thesmographe |
|
| Ce qui fait croire à la force l’augmente. |
| RETZ Jean-François Paul de Gondi, Cardinal de – Mémoires |
|
| Ce qui sont à la tête des grandes affaires ne trouvent pas moins d’embarras dans leur parti que dans celui de leurs ennemis. |
| RETZ Jean-François Paul de Gondi, Cardinal de – Mémoires, seconde partie |
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| Cromwell disait que l’on ne monte jamais si haut que quand on ne sait où l’on va. |
| RETZ Jean-François Paul de Gondi, Cardinal de – Mémoires |
|
| De toutes les passions, la peur est celle qui affaiblit le plus le jugement. |
| RETZ Jean-François Paul de Gondi, Cardinal de – Mémoires |
|
| Il y a des espèces de frayeur qui ne se dissipent que par des frayeurs d’un plus haut degré. |
| RETZ Jean-François Paul de Gondi, Cardinal de – Mémoires, seconde partie |
|
| Les hommes sont souvent estimés par les endroits où ils sont le plus blâmables. |
| RETZ Jean-François Paul de Gondi, Cardinal de – Mémoires |
|
| Les inimitiés qui ne sont pas bien fondées sont les plus opiniâtres. |
| RETZ Jean-François Paul de Gondi, Cardinal de – Mémoires, seconde partie |
|
| On est plus souvent dupe par la méfiance que par la confiance. |
| RETZ Jean-François Paul de Gondi, Cardinal de – Mémoires, seconde partie |
|
| On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment. |
| RETZ Jean-François Paul de Gondi, Cardinal de – Mémoires |
|
| Rien ne marque tant le jugement solide d’un homme, que de savoir choisir entre les grands inconvénients. |
| RETZ Jean-François Paul de Gondi, Cardinal de – Mémoires, seconde partie |
|
| Un système philosophique n’est pas fait pour être compris : il est fait pour faire comprendre. |
| REVEL Jean-François – Pourquoi des philosophes, Robert Laffont – Bouquins 1997, p.45 |
|
| À quelque chose, bonheur aussi est bon. |
| REVERDY Pierre – En vrac (1956) |
|
| Aimer, c’est permettre d’abuser. |
| REVERDY Pierre – En vrac (1956) |
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| Beaucoup d’insensibilité prend parfois figure de courage. |
| REVERDY Pierre – Le Livre de mon bord (Mercure de France) |
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| Ce n’est pas de liberté que l’on a besoin, mais de n’être enchaîné que par ce qu’on aime. |
| REVERDY Pierre – |
|
| Ce n’est pas si simple que ça, d’être simple. |
| REVERDY Pierre – En vrac (1956) |
|
| Ce qu’il y a de mieux dans la modestie, c’est l’intelligence qu’il faut déployer pour s’y tenir. |
| REVERDY Pierre – En vrac (1956) |
|
| Créer, c’est penser plus fortement. |
| REVERDY Pierre – Le Livre de mon bord (Mercure de France) |
|
| Esprit moqueur, petit esprit. La moquerie est la fiente de l’esprit critique. |
| REVERDY Pierre – En vrac (Éd du Rocher) |
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| Il faut prendre très tôt de bonnes habitudes, surtout celle de savoir changer souvent et facilement d’habitudes. |
| REVERDY Pierre – |
|
| Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. |
| REVERDY Pierre – |
|
| J’ai tellement besoin de temps pour ne rien faire, qu’il ne m’en reste plus assez pour travailler. |
| REVERDY Pierre – Le Livre de mon bord, Notes 1930-1936 |
|
| Je suis armé d’une cuirasse qui n’est faite que de défauts. |
| REVERDY Pierre – Notes 1930-1936, in Le Livre de mon bord. |
|
| L’art, c’est l’effort constant de ceux qui veillent à fixer dans le temps la saveur de la vie. |
| REVERDY Pierre – |
|
| L’éthique c’est l’esthétique de dedans. |
| REVERDY Pierre – Le Livre de mon bord, Notes 1930-1936 |
|
| L’évidence paralyse la démonstration. |
| REVERDY Pierre – En vrac (Éd du Rocher) |
|
| La caresse est le produit d’un long polissage de la bestialité. |
| REVERDY Pierre – En vrac (1956) |
|
| La carrière des lettres et des arts est plus que décevante ; le moment où l’on arrive est souvent celui où on ferait bien mieux de s’en aller. |
| REVERDY Pierre – Le Gant de crin (1927) |
|
| La gloire est un vêtement de lumière qui ne s’ajuste bien qu’aux mesures des morts. |
| REVERDY Pierre – En vrac (Éd du Rocher) |
|
| La mauvaise conscience, c’est pour les hommes, les femmes l’ont presque toujours bonne, quand elles en ont. |
| REVERDY Pierre – Le Livre de mon bord (notes 1930-1936) |
|
| La poésie est à la vie ce qu’est le feu au bois. Elle en émane et la transforme. |
| REVERDY Pierre – |
|
| La vie est une chose grave. Il faut gravir. |
| REVERDY Pierre – Le Livre de mon bord |
|
| Le contemplatif est celui pour qui l’envers vaut plus que l’endroit. |
| REVERDY Pierre – Le Livre de mon bord (Mercure de France) |
|
| Le fini ne se distingue de l’infini que par l’imperfection |
| REVERDY Pierre – En vrac (Éd du Rocher) |
|
| Le plus solide et le plus durable trait d’union entre les êtres, c’est la barrière. |
| REVERDY Pierre – Le Livre de mon bord, Notes 1930-1936 |
|
| On est orgueilleux par nature, modeste par nécessité. |
| REVERDY Pierre – En vrac (Éd du Rocher) |
|
| On s’aperçoit qu’on a un estomac bien avant de se douter qu’on a une âme. |
| REVERDY Pierre – Le Gant de crin (1927) |
|
| On se prend à beaucoup mieux aimer la réalité, parfois, après un long détour par les rêves. |
| REVERDY Pierre – |
|
| Rares ceux qui, dans leur vie et dans leur art, savent rejoindre le tact et la mesure en passant par la démesure. |
| REVERDY Pierre – En vrac (1956) |
|
| Rien ne vaut d’être dit en poésie que l’indicible : c’est pourquoi l’on compte beaucoup sur ce qui se passe entre les lignes. |
| REVERDY Pierre – Le Livre de mon bord (notes 1930-1936) |
|
| Sévérité bien ordonnée commence envers soi-même. |
| REVERDY Pierre – En vrac (Éd du Rocher) |
|
| Un bon poème sort tout fait. |
| REVERDY Pierre – Notes 1930-1936, in Le Livre de mon bord. |
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| L’ironie n’est souvent qu’une pudeur de la tendresse. |
| REY Étienne – De l’Amour (Grasset) |
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| La vraie beauté n’est pas celle qu’on a du plaisir à contempler, mais celle devant qui on doit fermer les yeux. |
| REY Étienne – De l’Amour |
|
| On appelle famille un groupe d’individus unis par le sang et brouillés par des questions d’argent. |
| REY Étienne – Maximes morales et immorales |
|
| Un mensonge souvent n’est qu’une vérité qui se trompe de date. |
| REY Étienne – Éloge du Mensonge |
|
| Le supplice d’écouter jusqu’au bout une phrase que l’on a déjà comprise. |
| RIBES Jean-Michel – Sursauts, brindilles et pétard, Grasset 2004, p.118 |
|
| Les femmes sont comme les oranges, les plus belles sont rarement les meilleures. |
| RICARD Adolphe – L’Amour, les Femmes et le Mariage |
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| Faire une loi et ne pas la faire exécuter, c’est autoriser la chose qu’on veut défendre. |
| RICHELIEU Armand Duplessis, Cardinal de – Mémoires |
|
| Savoir dissimuler est le savoir des rois. |
| RICHELIEU Armand Duplessis, Cardinal de – Mirame |
|
| Je suis dans un monde où il y a quelque chose à faire. |
| RICŒUR Paul – Philosophie de la volonté |
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| Dormir, c’est regarder un point. |
| RIGAUD Jacques – Papiers posthumes |
|
| Aidez-moi, j’aiderai le ciel. |
| RIGAUT Jacques – Écrits, Publications posthumes, Pensées |
|
| Et maintenant, réfléchissez, les miroirs ! |
| RIGAUT Jacques – Écrits, Publications posthumes, Le miroir |
|
| L’ennui, c’est la vérité à l’état pur. |
| RIGAUT Jacques – Écrits, Papiers posthumes |
|
| Je crois à la nuit. |
| RILKE Rainer Maria – Le livre d’heures |
|
| L’amour, c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde, pour l’amour de l’être aimé. |
| RILKE Rainer Maria – Lettres à un jeune poète, Lettre du 14 mai 1904 |
|
| La pauvreté est comme une grande lumière au fond du cœur. |
| RILKE Rainer Maria – Le livre de la pauvreté et de la mort |
|
| Les œuvres d’art sont d’une infinie solitude ; rien n’est pire que la critique pour les aborder. Seul l’amour peut les saisir, les garder, être juste envers elles. |
| RILKE Rainer Maria – Lettres à un jeune poète, Lettre du 23 avril 1903 |
|
| Nous naissons, pour ainsi dire, provisoirement, quelque part ; c’est peu à peu que nous composons en nous le lieu de notre origine, pour y naître après coup, et chaque jour plus définitivement. |
| RILKE Rainer Maria – Lettres à un jeune poète, Lettre du 23 janv. 1923 |
|
| Une seule chose est nécessaire ; la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même et ne rencontrer pendant des heures personne, c’est à cela qu’il faut parvenir. |
| RILKE Rainer Maria – Lettres à un jeune poète, Lettre du 23 décembre 1903 |
|
| Une seule chose nécessaire : la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même et ne rencontrer pendant des heures personne, c’est à cela qu’il faut parvenir. Être seul, comme l’enfant est seul… |
| RILKE Rainer Maria – Lettres à un jeune poète |
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| Certains hommes, comme certaines lunettes, sont à double foyer. |
| RIM, Carlo |
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| A noir, E blanc, I rouge, U vert, a bleu : voyelles / Je dirai quelque jour vos naissances latentes… |
| RIMBAUD Arthur – Poésies |
|
| C’est que les vents tombant des grands monts de Norvège / T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté. |
| RIMBAUD Arthur – Poésies |
|
| Car JE est un autre. |
| RIMBAUD Arthur – À Paul Demeny, 15 mai 1871 |
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| Comme je descendais des Fleuves impassibles, / Je ne me sentis plus guidé par les haleurs. / Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cible, / Les ayant doués nus aux poteaux de couleurs. |
| RIMBAUD Arthur – Poésies, Le Bateau ivre |
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| Elle est retrouvée. / Quoi ? – L’Éternité. / C’est la mer allée / Avec le soleil. |
| RIMBAUD Arthur – Derniers Vers, l’Éternité |
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| Et i’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir ! |
| RIMBAUD Arthur – Poésies, Le Bateau ivre |
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| Et l’infini terrible effara ton œil bleu ! |
| RIMBAUD Arthur – Poésies |
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| Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. |
| RIMBAUD Arthur – À Paul Demeny, 15 mai 1871 (ou 1877 ?) |
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| Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ; / Mon paletot aussi devenait idéal ; / J’allais sous le ciel, Muse, et j’étais ton féal ; / Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées ! |
| RIMBAUD Arthur – Poésies |
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| Je me crois en enfer, donc j’y suis. |
| RIMBAUD Arthur – Une Saison en enfer, Nuit de l’enfer |
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| Le monde a soif d’amour : tu viendras l’apaiser. |
| RIMBAUD Arthur |
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| Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer ! |
| RIMBAUD Arthur – Le Bateau Ivre, in Poésies |
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| On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans / Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade. |
| RIMBAUD Arthur – Poésies |
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| Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers / Picoté par les blés, fouler l’herbe menue : / Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds. / Je laisserai le vent baigner ma tête nue. |
| RIMBAUD Arthur |
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| Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sures, / L’eau verte pénétra ma coque de sapin / Et des taches de vins bleus et des vomissures / Me lava, dispersant gouvernail et grappin. |
| RIMBAUD Arthur – Le Bateau ivre |
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| Quelle vie ! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. |
| RIMBAUD Arthur – Une Saison en enfer, Délires, La Vierge folle |
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| Sur l’onde calme et noire où donnent les étoiles / La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, / Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles… |
| RIMBAUD Arthur – Poésies |
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| Voici le temps des ASSASSINS. |
| RIMBAUD Arthur – Illuminations, Matinée d’ivresse |
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| À la place du supplice, elle [Mme Roland] s’inclina devant la statue de la Liberté, et prononça ces paroles mémorables : O liberté ! que de crimes on commet en ton nom ! |
| RIOUFFÉ Honoré-Jean – Mémoires d’un détenu pour servir à l’histoire de la tyrannie de Robespierre, Paris, Imp. Anjubaut 1795 [BnF], p.70 |
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| La nature a mis l’homme sur la terre avec des pouvoirs limités et des désirs sans bornes. |
| RIVAROL Antoine – (1753-1801) |
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| C’est bien, mais il y a des longueurs. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – Rivaroliana (Jugement sur un distique) |
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| Ce qui n’est pas clair n’est pas français. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – De l’Universalité de la langue française |
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| Il faut faire mourir l’orgueil sans le blesser. Car si on le blesse, il ne meurt pas. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – De l’Homme intellectuel et moral |
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| Il n’est rien de si absent que la présence d’esprit. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – |
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| Il veulent être neufs et ne sont que bizarres. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – De l’Universalité de la langue française |
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| Il y a deux vérités qu’il ne faut jamais séparer, en ce monde : 1) que la souveraineté réside dans le peuple ; 2) que le peuple ne doit jamais l’exercer. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – Journal politique national, première série, nº 13 |
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| Je veux bien vieillir en vous aimant, mais non mourir sans vous le dire. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – Rivaroliana |
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| La parole est la physique expérimentale de l’esprit. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – Le Discours sur l’homme intellectuel et moral |
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| La plupart des livres d’à présent ont l’air d’avoir été faits en un jour avec les livres de la veille. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de |
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| Le chat ne nous caresse pas, il se caresse à nous. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – Esprit de Rivarol [Œuvres diverses], Paris 1808 [BnF cote Z-24383], Anecdotes et bons mots p.152 |
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| Le peuple donne sa faveur, jamais sa confiance. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – Fragments et Pensées politiques |
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| Malheureusement il y a des vertus qu’on ne peut exercer que quand on est riche. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – Fragments et pensées politiques |
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| Mirabeau, capable de tout pour de l’argent, même d’une bonne action. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – Esprit de Rivarol [Œuvres diverses], Paris 1808 [BnF cote Z-24383], Anecdotes et bons mots p.150 |
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| Sur vingt amis, dix-neuf disent de vous du mal, et le vingtième, qui en dit du bien, le dit mal. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de |
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| Un homme habitué à écrire écrit aussi sans idées. |
| RIVAROL Antoine, dit Comte de – Rivaroliana |
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| La sincérité est un perpétuel effort pour créer son âme telle qu’elle est. |
| RIVIÈRE Jacques – De la sincérité envers soi-même (Gallimard) |
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| Cette femme s’avance ; que son air est modeste ! Elle ne lève les yeux que pour voir si les autres femmes sont aussi modestes qu’elle. |
| RIVIÈRE-DUFRESNY Charles – Amusements sérieux et comiques |
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| L’œuvre doit s’imposer comme nécessaire, mais nécessaire pour rien ; son architecture est sans emploi ; sa force est une force inutile. |
| ROBBE-GRILLET Alain – Pour un nouveau roman, De quelques notions périmées |
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| Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs. |
| ROBESPIERRE Maximilien de – À la Convention nationale, 10 juillet 1794 |
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| Tout corps plongé dans un liquide reçoit un coup de téléphone. |
| ROCHE Maurice |
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| À quoi bon remettre à demain ce que l’on peut faire avec ses pieds ? |
| ROCHE, Maurice |
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| Pour devenir centenaire, il faut commencer jeune. |
| ROCHE, Maurice |
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| Comme bonapartiste, je préfère Napoléon II ; c’est mon droit. J’ajouterai même qu’il représente pour moi l’idéal du souverain. |
| ROCHEFORT Henri – La Lanterne, 31 mai 1868 |
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| La France compte trente-six millions de sujets sans compter les sujets de mécontentement. |
| ROCHEFORT Henri – La lanterne |
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| On parle toujours du boulevard des Filles du Calvaire, mais jamais du calvaire des filles du boulevard. |
| ROCHEFORT Henri |
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| Seigneur, accordez-moi cet espoir de revivre / Dans la mélancolique éternité du livre. |
| RODENBACH Georges – Son épitaphe au cimetière du Père Lachaise |
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| Seigneur, donnez-moi mon Rêve quotidien ! |
| RODENBACH Georges – Le règne du silence, Au fil de l’âme, IV |
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| Les compliments qui flattent le plus sont ceux que l’on n’est pas tout à fait sûr de mériter. |
| ROHAN-CHABOT, Gérard de |
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| Une discussion n’est vraiment possible qu’entre gens qui sont du même avis. |
| ROHAN-CHABOT, Gérard de |
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| Il est nécessaire que je périsse à mon tour, parce qu’il est dans les principes de la tyrannie de sacrifier ce qu’elle a violemment opprimés et d’anéantir jusqu’aux témoins de ses excès. À ce double titre, vous me devez la mort, et je l’attends. |
| ROLAND Madame – Projet de défense au tribunal, nuit du 12 juin 1793 |
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| Le soin de me soustraire à la justice me coûte plus que de la subir. |
| ROLAND Madame – Mémoires, Notices historiques, juin 1793 |
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| Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! |
| ROLAND Manon – Au pied de la guillotine en juin 1793 avant d’être exécutée |
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| Créer, c’est tuer la mort. |
| ROLLAND Romain – Jean-Christophe |
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| Il faut être très poli avec les puissances mystérieuses |
| ROLLAND Romain – Correspondance, Lettre à Cosette Padoux, 1908 (Albin Michel) |
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| La fatalité, c’est ce que nous voulons. |
| ROLLAND Romain – Au-dessus de la mêlée, chap. III |
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| Le bonheur est de connaître ses limites et de les aimer. |
| ROLLAND Romain – Jean-Christophe |
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| On n’a pas tort de dire que la femme est la moitié de l’homme. Car un homme marié n’est plus qu’une moitié d’homme. |
| ROLLAND Romain – Histoires littéraires |
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| Quand l’ordre est l’injustice, le désordre est déjà un commencement de justice. |
| ROLLAND Romain – Le Quatorze Juillet (Albin Michel) |
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| Tout homme qui est un vrai homme doit apprendre à rester seul au milieu de tous, à penser seul pour tous et au besoin contre tous. |
| ROLLAND Romain – Clérambault, Introduction |
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| Un héros, c’est celui qui fait ce qu’il peut. Les autres ne le font pas. |
| ROLLAND Romain – Jean-Christophe, livre III, L’Adolescent |
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| Attention. Ne confondons pas Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous gratouille ? – Ça me gratouille (Il médite). Mais ça me chatouille bien un peu aussi. |
| ROMAINS Jules – Knock ou le Triomphe de la médecine, II, 1 |
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| Le péché n’est pas horrible : il est vide. |
| ROMAINS Jules – Les Hommes de bonne volonté, vol. III, chap. 26 |
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| Les bien portants sont des malades qui s’ignorent. |
| ROMAINS Jules – Knock, acte I |
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| Un mauvais sonnet de poète de sous-préfecture est déjà une grande merveille, si l’on veut bien le placer, comme il se doit, dans une perspective qui embrasse les âges géologiques et les révolutions sidérales. |
| ROMAINS Jules – Les Hommes de bonne volonté, vol. VIII (Province ), ch. 12 |
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| Un peu d’embonpoint, un certain avachissement de la chair et de l’esprit, je ne sais quelle descente de la cervelle dans les fesses, ne messiéent pas à un haut fonctionnaire. |
| ROMAINS Jules – Les Copains, chap. 5. |
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| La vie d’un homme, la liberté d’un homme ont si peu d’importance dès qu’elles cessent d’être des valeurs infinies. |
| ROMAINS Jules (Louis Farigoule, dit) – Les Hommes de bonne volonté, Le Monde est ton aventure |
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| Comme on voit sur la branche, au mois de mai, la rose / En sa belle jeunesse, en sa première fleur, / Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur. |
| RONSARD Pierre de – Amours de Marie, II, 4 |
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| Cueillez, cueillez votre jeunesse : / Comme à cette fleur, la vieillesse / Fera ternir votre beauté. |
| RONSARD Pierre de – Ode à Cassandre |
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| Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame, / Las ! le temps non, mais nous, nous en allons, / Et tôt serons étendus sous la lame. |
| RONSARD Pierre de – Les Amours de Marie |
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| Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs, / Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs, / Afin que vif et mort ton corps ne soit que roses. |
| RONSARD Pierre de – Les Amours de Marie |
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| Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle, / Assise auprès du feu, dévidant et filant, / Direz, chantant mes vers et vous émerveillant / Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle. |
| RONSARD Pierre de – Hymne de l’automne, in Les Quatre Saisons de l’an, II, 43 |
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| Rose de Pindare. |
| RONSARD Pierre de |
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| Chacun de nous a appris les gloires de l’indépendance. Que chacun de nous apprenne les gloires de l’interdépendance. |
| ROOSEVEL T Franklin D. – Discours du 1er décembre 1936 à la Conférence inter-américaine de Buenos Aires |
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| La seule chose que nous devons craindre est la crainte elle-même. |
| ROOSEVELT F.-D. – Premier discours inaugural (1933) |
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| La mauvaise foi est l’âme de la discussion. |
| ROQUEPLAN Nestor |
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| La grande ennemie de la croyance n’est pas la « vérité » (que ses incroyants lui opposent vainement), mais la précision. |
| ROSSET Clément – L’anti-nature. PUF. 1973. coll « Quadrige », p. 21 |
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| À la fin de l’envoi, je touche. |
| ROSTAND Edmond – Cyrano de Bergerac |
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| Bretteurs et menteurs sans vergogne / Ce sont les cadets de Gascogne ! |
| ROSTAND Edmond – Cyrano de Bergerac |
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| C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière. |
| ROSTAND Edmond – Chantecler, acte II, scène 3 |
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| C’est très bien. J’aurai tout manqué, même ma mort. |
| ROSTAND Edmond – Cyrano de Bergerac |
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| Il n’est de grand amour qu’à l’ombre d’un grand rêve. |
| ROSTAND Edmond – Chantecler, acte IV, scène 4 |
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| Je me les sers moi-même avec assez de verve, / Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve. |
| ROSTAND Edmond – Cyrano de Bergerac, I, 4 |
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| Je ne veux voir que la Victoire. / Ne me demandez pas : « Après » ? / Après, je veux la nuit noire / Et le sommeil sous les cyprès. |
| ROSTAND Edmond – la veille de sa mort, six jours après l’Armistice du 11 novembre 1918 |
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| La meilleure prière est la plus clandestine. |
| ROSTAND Edmond – La Samaritaine, III, 2 (Fasquelle) |
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| Les plus beaux yeux pour moi sont des yeux pleins de larmes. |
| ROSTAND Edmond – La Samaritaine |
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| Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres, / Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres, / Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot ! |
| ROSTAND Edmond – Cyrano de Bergerac, I, 4 |
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| Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul. |
| ROSTAND Edmond – Cyrano de Bergerac, II, 8 |
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| Non, non, mon cher amour, je ne vous aimais pas. |
| ROSTAND Edmond – Cyrano de Bergerac |
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| Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce ? / Un serment fait d’un peu plus près, une promesse / Plus précise, un aveu qui veut se confirmer, / Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer ; / C’est un secret qui prend la bouche pour oreille. |
| ROSTAND Edmond – Cyrano de Bergerac |
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| À la première fissure dans l’idéal, tout le réel s’y engouffre. |
| ROSTAND Jean – Pages d’un moraliste, Fasquelle |
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| Ce que tu redoutes n’arrivera pas, il arrivera pire. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un biologiste (Stock) |
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| Certains voient la paille dans leur œil et non la poutre en celui de l’adversaire |
| ROSTAND Jean – Inquiétudes d’un biologiste (Stock). |
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| Certitude, servitude. |
| ROSTAND Jean – Carnet d’un biologiste (Stock) |
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| Chaque fois que nous entendrons dire : de deux choses l’une, empressons-nous de penser que, de deux choses, c’est vraisemblablement une troisième. |
| ROSTAND Jean – Esquisse d’une histoire de la biologie, Conclusions |
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| Chaque fois que nous entendrons dire de deux choses l’une, empressons-nous de penser que, de deux choses, c’est vraisemblablement une troisième. |
| ROSTAND Jean – Esquisse d’une histoire de la biologie, Conclusion (Gallimard). |
|
| Être adulte, c’est être seul. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un biologiste |
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| Il est dans la tolérance un degré qui confine à l’injure. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un biologiste (Stock) |
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| Il est plus facile de mourir pour ce qu’on croit que d’y croire un peu moins. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un biologiste |
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| Il n’est larmes si perfides que celles dont elle feindra de t’épargner le spectacle. |
| ROSTAND Jean – Pages d’un Moraliste |
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| J’aime qu’on suffoque dans la raison, mais qu’on s’y tienne. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un Biologiste |
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| Je me sens très optimiste quant à l’avenir du pessimisme. |
| ROSTAND Jean – Carnet d’un biologiste (1959). |
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| L’art doit être mensonge vrai et non fausse vérité. |
| ROSTAND Jean – Carnet d’un biologiste, Stock |
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| L’homme est un miracle sans intérêt. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un biologiste |
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| L’homme étouffe dans l’homme. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un biologiste (Stock) |
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| La grandeur, pour se faire reconnaître, doit souvent consentir à imiter la grandeur. |
| ROSTAND Jean – Carnet d’un biologiste |
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| La nausée métaphysique nous fait hoqueter des pourquoi. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un Biologiste |
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| La pensée qu’on avait écartée et qui revient, il faut y prendre garde, elle veut vivre. |
| ROSTAND Jean – Journal d’un Caractère |
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| La science a fait de nous des dieux avant même que nous méritions d’être des hommes. |
| ROSTAND Jean |
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| La seule chose qu’on peut embellir sans qu’elle en périsse, c’est la vérité. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un Biologiste |
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| Le biologiste passe, la grenouille reste. |
| ROSTAND Jean – Inquiétudes d’un biologiste, Stock |
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| Le masculin est mêlé de féminité, le féminin est pur. |
| ROSTAND Jean – Inquiétudes d’un biologiste, 2 |
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| Le pire inconvénient de faire le mal, c’est tout le bien qu’il faut faire ensuite pour se racheter. |
| ROSTAND Jean – De la vanité, Fasquelle |
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| Le riche, quand il a été bon avec un pauvre, lui demanderait volontiers un certificat de charité. |
| ROSTAND Jean – De la Vanité et de quelques autres sujets |
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| Le vieillissement est d’autant plus actif que l’être est plus jeune. Ce qui vieillit le moins vite, c’est le vieillard. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un biologiste (Stock) |
|
| Les fins de l’art ne sont pas moins troubles que ses moyens. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un biologiste, Stock |
|
| Moins on croit en Dieu, plus on comprend que d’autres y croient. |
| ROSTAND Jean – Inquiétudes d’un biologiste, Stock |
|
| Ne fais pas de psychologie dans la colère, tu verrais trop juste. |
| ROSTAND Jean – Pages d’un moraliste |
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| Ne pas croire qu’une chose existe parce qu’il serait trop horrible qu’elle n’existât pas. Il n’y a pas de preuve par l’horrible. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un Biologiste |
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| Nous passons notre temps à envier des gens que nous voudrions pas être. |
| ROSTAND Jean – Pages d’un moraliste, Fasquelle |
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| Nous réservons notre indulgence aux vices qui ne nous tentent pas. |
| ROSTAND Jean – Pages d’un moraliste, Fasquelle |
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| On ment dès qu’on élève la voix. |
| ROSTAND Jean – Pages d’un moraliste, Fasquelle |
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| On n’est pas vieux tant que l’on cherche. |
| ROSTAND Jean – Carnet d’un biologiste (Stock) |
|
| On ne peut jamais se reposer sur l’amour – et c’est pourtant sur lui que tout repose. |
| ROSTAND Jean – Carnet d’un biologiste |
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| On renonce à ce qu’on possède plus aisément qu’on ne s’abstient d’envier ce dont on manque. |
| ROSTAND Jean – De la vanité, Fasquelle |
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| On tue un homme, on est un assassin. On tue des millions d’hommes, on est un conquérant. On les tue tous, on est un dieu. |
| Rostand Jean – Pensées d’un biologiste |
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| Pourquoi désirer la gloire, qu’on méprise dès qu’on l’a ? Mais c’est bien ce que souhaite l’ambitieux ; l’avoir pour pouvoir la mépriser. |
| ROSTAND Jean – De la Vanité et de quelques autres sujets |
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| Qu’il faut donc aimer quelqu’un pour le préférer à son absence ! |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un biologiste |
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| Qui ne s’élève contre toutes les guerres ne s’élèvera jamais contre aucune. |
| ROSTAND Jean – Pages d’un moraliste, Fasquelle |
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| Tant qu’il y aura des dictatures, je n’aurai pas le cœur à critiquer une démocratie. |
| ROSTAND Jean |
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| Tout homme est mon frère tant qu’il n’a pas parlé. |
| ROSTAND Jean – Pensées d’un Biologiste |
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| Aimer un être âgé, c’est s’enfoncer avec lui, profondément, dans un chemin d’où il faudra revenir tout seul dans le noir. |
| ROSTAND Jean |
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| Mais les difficultés sont le champ des vertus. |
| ROTROU Jean de – Venceslas, II, 2 |
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| L’art est délivrance, même dans la souffrance ; mais aux yeux de ceux, parias, qui n’ont pas le sens intime de la liberté de l’esprit, l’art est le crime. |
| ROUAULT Georges Henri |
|
| La peinture n’est pour moi qu’un moyen d’oublier la vie. Un cri dans la nuit. Un sanglot raté. Un rire qui s’étrangle. |
| ROUAULT Georges Henri |
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| L’amour est le comble de l’esprit. |
| ROUGEMONT Denis de – Penser avec les mains (Gallimard) |
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| La mort, qui est le but de la passion, la tue. |
| ROUGEMONT Denis de – L’Amour et l’Occident, Livre premier, Le mythe de Tristan |
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| Si un homme pouvait penser complètement la mont, il mourrait à cet instant-là. |
| ROUGEMONT Denis de – Entretien avec Pierre Lhoste, in les Nouvelles littéraires, 24 décembre 1970 |
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| Ci-gît l’Auteur d’un gros livre / Plus embrouillé que savant. / Après sa mort il crut vivre, / Et mourut de son vivant. |
| ROUSSEAU Jean-Baptiste – Épigrammes, XXII |
|
| C’est en un sens à force d’étudier l’homme que nous nous sommes mis hors d’état de le connaître. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, préface |
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| Ce sont les petites précautions qui conservent les grandes vertus. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Julie ou la nouvelle Héloïse, quatrième partie, lettre 13 |
|
| Conscience ! conscience ! instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d’un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal qui rend l’homme semblable à Dieu, c’est toi qui fais l’excellence de sa nature et la moralité de ses actions. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile |
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| De lui-même, le peuple veut toujours le bien ; mais, de lui-même, il ne le voit pas toujours. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Du Contrat social |
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| En feignant de donner des leçons aux rois, il en a donné de grandes aux peuples. Le Prince de Machiavel est le livre des républicains. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Le Contrat social, livre III, chapitre 6 |
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| Il n’y a point d’assujettissement si parfait que celui qui garde l’apparence de la liberté ; on captive ainsi la volonté même. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou de l’éducation, livre II |
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| Ils ont beau me crier « Soumets ta raison » : autant m’en peut dire celui qui me trompe. Il me faut des raisons pour soumettre ma raison. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou De l’éducation |
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| J’ai dit des vérités aux hommes ; ils les ont mal prises ; je ne dirai plus rien. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Correspondance, Au prince Beloselski (1775) |
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| J’ai toujours remarqué que les gens faux sont sobres. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Julie ou la nouvelle Héloïse, première partie, lettre 23 |
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| J’aime mieux être homme à paradoxes qu’homme à préjugés. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou de l’éducation, livre II |
|
| J’ose presque assurer que l’état de réflexion est un état contre nature, et que l’homme qui médite est un animal dépravé. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, première partie |
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| Je connais trop les hommes pour ignorer que souvent l’offensé pardonne, mais que l’offenseur ne pardonne jamais. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Correspondance, à M. Pictet, 23 septembre 1762 |
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| Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple, et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Les Confessions, I, 1 |
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| Je hais les livres ; ils n’apprennent qu’à parler de ce qu’on ne sait pas. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou de l’éducation, livre III |
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| Je le haïrais davantage si je le méprisais moins. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques |
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| Je m’aime trop moi-même pour pouvoir haïr qui que ce soit. Ce serait resserrer, comprimer mon existence, et je voudrais plutôt l’étendre sur tout l’univers. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Les Rêveries du promeneur solitaire, sixième promenade |
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| Je ne sais rien voir de ce que je vois ; je ne vois bien que ce que je me rappelle, et je n’ai de l’esprit que dans mes souvenirs. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Confessions |
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| Je suis persuadé qu’on applaudit les cris d’une actrice à l’Opéra comme les tours de force d’un bateleur à la foire : la sensation en est déplaisante et pénible, on souffre tandis qu’ils durent ; mais on est si aise de les voir finir sans accident qu’on en marque volontiers sa joie. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Julie ou la nouvelle Héloïse, seconde partie, lettre 23 |
|
| Je tiens pour impossible que les grandes monarchies de l’Europe aient encore longtemps à durer. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou de l’éducation, livre III |
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| Je vis partout le développement de son grand principe, que la nature a fait l’homme heureux et bon, mais que la société le déprave et le rend misérable. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Rousseau juge de Jean-Jacques, 3e dialogue |
|
| L’art d’interroger n’est pas si facile qu’on pense. C’est bien plus l’art des maîtres que des disciples ; il faut avoir appris beaucoup de choses pour savoir demander ce qu’on ne sait pas. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Julie ou la nouvelle Héloïse, cinquième partie, lettre 2 |
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| L’astronomie est née de la superstition ; l’éloquence de l’ambition, de la haine, de la flatterie, du mensonge ; la géométrie de l’avarice ; la physique d’une vaine curiosité ; toutes, et la morale même, de l’orgueil humain. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques |
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| L’homme est né libre et partout il est dans les fers. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Du Contrat social, livre 1, 1 |
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| La domination même est servile, quand elle tient à l’opinion ; car tu dépends des préjugés de ceux que tu gouvernes par les préjugés. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou de l’éducation, livre II |
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| La jeunesse est le temps d’étudier la sagesse. La vieillesse est le temps de la pratiquer. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques |
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| La misère ne consiste pas dans la privation des choses, mais dans le besoin qui s’en fait sentir. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou De l’éducation |
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| La nature a fait l’homme heureux et bon, mais la société le déprave et le rend misérable. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Rousseau juge de Jean-Jacques |
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| La raison fait l’homme mais c’est le sentiment qui le conduit. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques |
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| La volonté générale est toujours droite, mais le jugement qui la guide n’est pas toujours éclairé. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Le Contrat social, livre II, chapitre 6 |
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| Le plus lent à promettre est toujours le plus fidèle à tenir. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile |
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| Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n’ont rien. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Du contrat social |
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| Moins un culte est raisonnable, plus on cherche à l’établir par la force. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Correspondance, À Mr l’Archevêque de Paris |
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| Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou De l’éducation |
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| On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques |
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| On n’est curieux qu’à proportion qu’on est instruit. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou De l’éducation |
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| On veut toujours son bien, mais on ne le voit pas toujours. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Le Contrat social, livre II, chapitre 3 |
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| Oserais-je exposer ici la plus grande, plus importante, la plus utile règle de toute éducation ? Ce n’est pas de gagner du temps, c’est d’en perdre. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou de l’éducation, livre II |
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| Plus le corps est faible, plus il commande ; plus il est fort, plus il obéit. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou de l’éducation, livre I |
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| Quand un homme ne peut croire ce qu’il trouve absurde, ce n’est pas sa faute, c’est celle de sa raison. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Lettre à d’Alembert |
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| Quiconque veut trouver quelques bons mots n’a qu’à dire beaucoup de sottises. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou de l’éducation, livre II |
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| Si c’est la raison qui fait l’homme, c’est le sentiment qui le conduit. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Julie ou la nouvelle Héloïse, Partie III, 7 |
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| Si la vie et la mort de Socrate sont d’un sage, la vie et la mort de Jésus sont d’un Dieu. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile, livre IV (Profession de foi du Vicaire Savoyard). |
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| Suffit-il de n’être jamais injuste pour être toujours innocent ? |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Les Rêveries du promeneur solitaire, quatrième promenade |
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| Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d’aimer ses voisins. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou de l’éducation, livre I |
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| Tout est bien sortant des mains de l’Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l’homme. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou de l’Éducation, livre I |
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| Toute méchanceté vient de faiblesse ; l’enfant n’est méchant que parce qu’il est faible ; rendez-le fort, il sera bon. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou de l’éducation, livre I |
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| Toute méchanceté vient de faiblesse. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile |
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| Un homme vraiment heureux ne parle guère et ne rit guère : il resserre pour ainsi dire son bonheur autour de lui. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou De l’éducation |
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| Un innocent persécuté prend longtemps pour un pur amour de justice l’orgueil de son petit individu. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Les Rêveries du promeneur solitaire, huitième promenade |
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| Vous ne parviendrez jamais à faire des sages si vous ne faites d’abord des polissons. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Émile ou De l’éducation |
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| Vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne. |
| ROUSSEAU Jean-Jacques – Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, 1ère partie |
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| Aimer savoir est humain, savoir aimer est divin. |
| ROUX Joseph |
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| Il faut vingt ans à une femme pour faire de son fils un homme. Il faut vingt minutes à une autre femme pour en faire un imbécile. |
| ROWLAND, Helen |
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| II faut se fier aux mots. Ils en savent plus que nous sur les choses. Ils en savent plus que nous sur nous. |
| ROY Claude – Descriptions critiques, Jean Giraudoux (Gallimard) |
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| Le chemin est long par les préceptes et court par les exemples. |
| RUES François des – Les Marguerites françaises (1595), Moralistes du XVIIe siècle, Robert Laffont – Bouquins 1992, p.16 |
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| Que sont mes amis devenus / Que j’avais de si près tenus / Et tant aimés ! / Ce sont amis que vent emporte, / Et il ventait devant ma porte : / Sont emportés. |
| RUTEBEUF – La Complainte du pauvre Rutebeuf |
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| Que sont mes amis devenus, / Que j’avais de si près tenus / Et tant aimés ? |
| RUTEBEUF – Complainte Rutebeuf |
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| La seule richesse est celle qui consiste à savoir dompter ses désirs. |
| SAADI – Le jardin des Fruits |
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| S’opposer n’est autre que proposer. Une opposition sans proposition n’est qu’un mouvement d’humeur. |
| SABATIER Robert |
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| Il est difficile de vaincre ses passions, mais il est impossible de les satisfaire. |
| SABLIÈRE Madame de la – Maximes chrétiennes, Moralistes du XVIIe siècle, Robert Laffont – Bouquins 1992, 35 p.67 |
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| Le cœur est niais. |
| SACHS Maurice – Derrière cinq barreaux |
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| Les généraux n’ont pas le goût du sang, mais de la tactique. Ce n’est pas du tout la même chose. |
| SACHS Maurice – Derrière cinq Barreaux |
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| On ne trahit bien que ceux qu’on aime. |
| SACHS Maurice – Derrière cinq barreaux (Gallimard) |
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| Plus on fait de choses, plus on a de temps pour en faire. Moins on en fait, moins on en a : les oisifs n’ont jamais une minute à eux. |
| SACHS Maurice – Derrière Cinq Barreaux |
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| La première loi que m’indique la nature est de me délecter n’importe aux dépens de qui. |
| SADE Donatien Alphonse François, comte, dit le marquis de – L’Histoire de Juliette |
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| Tout est bon quand il est excessif. |
| SADE Donatien Alphonse François, comte, dit le marquis de – La Nouvelle Justine |
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| Adressez-vous plutôt aux passions qu’aux vertus quand vous voudrez persuader une femme. |
| SADE Marquis Donatien Alphonse François de – La Philosophie dans le boudoir |
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| II n’y a point de passion plus égoïste que celle de la luxure. |
| SADE Marquis Donatien Alphonse François de – Juliette |
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| Rien n’est affreux en libertinage, parce que tout ce que le libertinage inspire l’est également par la nature. |
| SADE Marquis Donatien Alphonse François de – La Philosophie dans le boudoir |
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| La musique de jazz, c’est une insouciance accélérée. |
| SAGAN Françoise (Françoise Quoirez, dite) – Un certain sourire (Julliard) |
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| Quelque chose monte en moi que j’accueille par son nom, les yeux fermés. Bonjour tristesse. |
| SAGAN Françoise (Françoise Quoirez, dite) – Bonjour tristesse (première phrase) |
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| Ce n’est pas mépriser assez certaines gens que de dire tout haut qu’on les méprise. Le silence seul est le souverain mépris. |
| SAINTE-BEUVE Charles Augustin |
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| Dis-moi qui t’admire, et je te dirai qui tu es. |
| SAINTE-BEUVE Charles Augustin – Causeries du lundi |
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| La nature veut qu’on jouisse de la vie le plus possible, et qu’on meure sans y penser. Le christianisme a retourné cela. |
| SAINTE-BEUVE Charles Augustin – Les Cahiers |
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| La plupart des hommes célèbres meurent dans un véritable état de prostitution. |
| SAINTE-BEUVE Charles Augustin |
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| Le désespoir lui-même, pour peu qu’il se prolonge, devient une sorte d’asile dans lequel on peut s’asseoir et reposer. |
| SAINTE-BEUVE Charles Augustin – Vie, Poésies el Pensées de Joseph Delorme |
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| Mieux vaut […] une passion éperdument manifeste qu’un amour caché. |
| SAINTE-BEUVE Charles Augustin – Volupté, X |
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| Puisqu’il faut avoir des ennemis, tâchons d’en avoir qui nous fassent honneur. |
| SAINTE-BEUVE Charles Augustin – Portraits littéraires, Robert Laffont – Bouquins 1993, Pensées, p.1077 |
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| Tâcher de se guérir intimement, c’est déjà songer aux autres, c’est déjà leur faire du bien, |
| SAINTE-BEUVE Charles Augustin – Volupté |
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| Une laide est plutôt coquette qu’une belle ; elle agace les hommes et l’autre les attend. |
| SAINTE-BEUVE Charles Augustin – Mes poisons |
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| Vieillir, c’est encore le seul moyen qu’on ait trouvé de vivre longtemps. |
| SAINTE-BEUVE Charles Augustin – Nouveaux lundis, t. 1, p. 247 |
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| Il y a des dames qu’on trouve fort bien avec leurs perles, qu’on trouverait fort mal avec leurs cou. |
| SAINT-ÉVREMOND Charles de – Lettres |
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| La preuve la plus sensible que j’ai trouvée de l’éternité de mon esprit, c’est le désir que j’ai de toujours être. |
| SAINT-ÉVREMOND Charles de – À M. le maréchal de Créqui |
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| Les occasions ne rendent pas un homme faible mais elles font découvrir sa faiblesse. |
| SAINT-ÉVREMOND Charles de – Œuvres mêlées (12), Paris, C.Barbin 1693, Maximes, LXIII, p.241 |
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| On ne lit presque rien qui vaille la peine d’être retenu. On ne dit presque rien qui mérite d’être écouté. |
| SAINT-ÉVREMOND Charles de – Lettres |
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| On peut être sobre sans être délicat ; mais on ne peut jamais être délicat sans être sobre. |
| SAINT-ÉVREMOND Charles de – Lettres |
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| « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. » |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – citant Henri GUILLAUMET, Terre des hommes, chap, 2, Les camarades, § 2 |
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| « Ce qui sauve, c’est de faire un pas. Encore un pas. C’est toujours le même pas que l’on recommence… » |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – citant Henri GUILLAUMET, Terre des hommes, chap, 2, Les camarades, § 2 |
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| Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Le Petit Prince (Gallimard) |
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| Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Terre des hommes |
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| Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Vol de nuit, Gallimard |
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| Car les rites sont dans le temps ce que la demeure est dans l’espace … Et je ne connais rien au monde qui ne soit d’abord cérémonial. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Citadelle, chap. CXXV |
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| Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Terre des hommes, Gallimard (citant Guillaumet) |
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| Ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits, quelque part. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Le Petit Prince, XXIV |
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| Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Les Hommes, §3, in Terre des hommes, 8 |
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| Ce qui sauve, c’est de faire un pas. Encore un pas. C’est toujours le même pas que l’on recommence… |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Terre des hommes, Gallimard |
|
| Celui-là qui se plaint que le monde lui a manqué, c’est qu’il a manqué au monde. Celui-là qui se plaint que l’amour ne l’a point comblé, c’est qu’il se trompe sur l’amour. L’amour n’est point cadeau à recevoir. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Citadelle, chap. 200 |
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| Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Pilote de guerre, chap. 24 |
|
| Être homme, c’est précisément être responsable … C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Terre des hommes, chap, 2, Les camarades, § 2 |
|
| Force-les de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères. Mais si tu veux qu’ils se haïssent, jette-leur du grain. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Citadelle, chap. IX |
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| Je n’aime pas les sédentaires du cœur. Ceux-là qui n’échangent rien, ne deviennent rien. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Citadelle, 6 |
|
| L’avenir, tu n’as pas à le prévoir mais à le permettre. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Citadelle, 55, 1 |
|
| L’Esprit ne considère point les objets, il considère le sens qui les noue entre eux. Le visage qui est lu au travers. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Pilote de guerre, chap. 2 |
|
| L’expérience nous montre qu’aimer ce n’est pas nous regarder l’un l’autre, mais regarder ensemble dans la même direction. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Terre des hommes, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1959, VIII iii p.252 |
|
| L’intelligence ne vaut qu’au service de l’amour. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Pilote de guerre, chap. 24 |
|
| La contrainte te délivre et t’apporte la seule liberté qui compte. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Citadelle (Gallimard) |
|
| La grandeur de la prière réside d’abord en ce qu’il n’y est point répondu, et que n’entre point dans cet échange la laideur d’un commerce. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Citadelle (Gallimard) |
|
| La guerre n’est pas une aventure. La guerre est une maladie. Comme le typhus. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Pilote de guerre, chap. l0 |
|
| La vérité, c’est ce qui simplifie le monde et non ce qui crée le chaos. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Terre des hommes (Gallimard) |
|
| La vérité, ce n’est point ce qui se démontre, c’est ce qui simplifie. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Terre des hommes, chap, 8, Les hommes, § 1 |
|
| Moi qui règne, je suis plus soumis à mon peuple qu’aucun de mes sujets ne l’est à moi. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Citadelle, chap. XLVI |
|
| Nul ne peut se sentir, à la fois, responsable et désespéré. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Pilote de guerre, chap. 24 |
|
| On meurt pour une cathédrale. Non pour des pierres. On meurt pour un peuple. Non pour une foule. On meurt par amour de l’Homme, s’il est clef de voûte d’une Communauté. On meurt pour cela seul dont on peut vivre. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Pilote de guerre, chap. 27 |
|
| On ne connaît que les choses que l’on apprivoise. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Le Petit Prince, XXI |
|
| Que m’importe que Dieu n’existe pas ! Dieu donne à l’homme de la divinité. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Carnets, folio Gallimard 1999, p.106 |
|
| Seul l’Esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’Homme. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Les Hommes, §4, in Terre des hommes, 8. |
|
| Seul l’inconnu épouvante les hommes. Mais, pour quiconque l’affronte, il n’est déjà plus l’inconnu. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Terre des hommes, Les Camarades, §2, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1959, p.166 |
|
| Si tu veux comprendre le mot de bonheur, il faut l’entendre comme récompense et non comme but. |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Citadelle (Gallimard) |
|
| Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! |
| SAINT-EXUPÉRY Antoine de – Le Petit Prince, Gallimard |
|
| Aimez ceux que vous commandez. Mais sans le leur dire. |
| SAINT-EXUPÉRY, Antoine de – Vol de nuit |
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| Les vrais miracles font peu de bruit. |
| SAINT-EXUPÉRY, Antoine de |
|
| Nous sommes riches aussi de nos misères. |
| SAINT-EXUPÉRY, Antoine de – Vol de nuit |
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| On croit que l’homme est libre… On ne voit pas la corde qui le rattache au puits, qui le rattache, comme un cordon ombilical, au ventre de la terre. |
| SAINT-EXUPÉRY, Antoine de – Terre des hommes |
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| Vivre, c’est naître lentement. |
| SAINT-EXUPÉRY, Antoine de – Pilote de guerre |
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| En bornant ses désirs, on borne ses besoins / Le plus riche est celui qui désire le moins. |
| SAINTINE J. – Poème couronné par l’Académie française en 1817 (l’auteur avait dix-neuf ans) |
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| Grand âge, nous voici. |
| SAINT-JOHN PERSE Marie René Auguste Alexis LÉGER, dit – Chronique, 8 |
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| Le bonheur est une idée neuve en Europe. |
| SAINT-JUST Louis Antoine de – Rapport à la Convention, 3 mars 1794 |
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| Les vertus farouches font les mœurs atroces. |
| SAINT-JUST Louis Antoine de – Terre des hommes (Gallimard) |
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| Souvent j’écoute encore quand le chant a cessé. |
| SAINT-LAMBERT – Les Saisons, Le Printemps |
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| L’homme est un être chargé de continuer Dieu là où Dieu ne se fait plus connaître par lui-même. |
| SAINT-MARTIN Claude de – Le Ministère de l’Homme-Esprit |
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| Le christianisme est la religion de l’affranchissement et de la liberté. Le catholicisme n’est que le séminaire du christianisme ; il est la religion des règles et de la discipline du néophyte. |
| SAINT-MARTIN Claude de – Le Ministère de l’Homme-Esprit |
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| Le Roi craignait l’esprit, les talents, l’élévation des sentiments, jusque dans ses généraux et dans ses ministres. |
| SAINT-SIMON Duc de – Mémoires, chapitre 53 |
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| Les curés se consolent de n’être pas mariés quand ils entendent les femmes se confesser. |
| SALACROIX Armand |
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| Je chemine toujours le long d une ligne droite ; naturellement, quelquefois je change de ligne droite. |
| SALACROU Armand – Histoire de rire (Gallimard) |
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| L’existence d’une création sans Dieu, sans but, me paraît moins absurde que la présence d’un Dieu existant dans sa perfection et créant un homme imparfait afin de lui faire courir les risques d’une punition infernale. |
| SALACROU Armand – Certitudes et incertitudes. Théâtre, t. VI |
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| Les curés sont consolés de ne pas être mariés, quand ils entendent les femmes se confesser. |
| SALACROU Armand – Une femme libre, acte I |
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| Nous sommes beaucoup plus malheureux dans le malheur qu’heureux dans le bonheur. |
| SALACROU Armand – Histoire de rire, acte II |
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| Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme. |
| SAMAIN Albert – Au jardin de l’Infante |
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| Le vrai est trop simple, il faut y arriver toujours par le compliqué. |
| SAND George – Correspondance, à Armand Barbès, mai 1867 |
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| Les chefs-d’œuvre ne sont jamais que des tentatives heureuses. |
| SAND George – François le Champi, Avant-propos |
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| Voilà l’innocence, voilà la perfection, voilà la beauté de l’âme dans celle du corps. Voilà celui que j’aime, que je sers et que je prie. |
| SAND George – Histoire de ma vie |
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| Ce qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter. |
| SANTAYANA – Vie de Raison |
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| La seule vraie dignité de l’homme est sa faculté de se mépriser. |
| SANTAYANA G. – Dialogues dans les limbes |
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| À moitié victime, à moitié complice, comme tout le monde. |
| SARTRE Jean-Paul – Les Mains sales |
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| Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains […]. Moi j’ai les mains sales. Jusqu’aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang. Et puis après ? Est-ce que tu t’imagines qu’on peut gouverner innocemment ? |
| SARTRE Jean-Paul – Les mains sales |
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| En fait, nous sommes une liberté qui choisit mais nous ne choisissons pas d’être libres : nous sommes condamnés à la liberté. |
| SARTRE Jean-Paul – L’Être et le Néant, Gallimard |
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| En un sens […] tout est expression, puisque les choses tendent d’elles-mêmes vers le Verbe, comme la Nature aristotélicienne tend vers Dieu ; tout exprime, s’exprime ou cherche à s’exprimer. La nomination, qui est l’acte le plus humain, est aussi la communion de l’homme avec l’univers. |
| SARTRE Jean-Paul – Situations I |
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| Être homme, c’est tendre à être Dieu ; ou, si l’on préfère, l’homme est fondamentalement désir d’être Dieu. |
| SARTRE Jean-Paul – L’Être et le Néant, Gallimard |
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| Faire, et en faisant, se faire et n’être rien que ce qu’on fait. |
| SARTRE Jean-Paul |
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| Je ne manque nulle part, je ne laisse pas de vide. Les métros sont bondés, les restaurants combles, les têtes bourrées à craquer de petits soucis. J’ai glissé hors du monde et il est resté plein. Comme un œuf. Il faut croire que je n’étais pas indispensable. |
| SARTRE Jean-Paul – Morts sans sépulture, tableau 1, sc. 1 |
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| Je ne suis rien, je n’ai rien … Dehors. Dehors. Hors du monde, hors du passé, hors de moi-même : la liberté, c’est l’exil, et je suis condamné à être libre. |
| SARTRE Jean-Paul – Les chemins de la liberté, II, Le sursis. Mardi 27 septembre |
|
| L’essentiel, c’est la contingence … Exister, c’est être là, simplement. |
| SARTRE Jean-Paul – La Nausée. Journal |
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| L’histoire d’une vie quelle qu’elle soit, est l’histoire d’un échec. |
| SARTRE Jean-Paul – L’Écueil du solipsisme |
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| L’homme est à inventer chaque jour. |
| SARTRE Jean-Paul – Situations, II (Gallimard) |
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| L’homme est une passion inutile. |
| SARTRE Jean-Paul – L’Être et le Néant, Gallimard |
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| L’homme n’est point la somme de ce qu’il a, mais la totalité de ce qu’il n’a pas encore, de ce qu’il pourrait avoir. |
| SARTRE Jean-Paul – Situations, I, Temporalité |
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| La beauté est une contradiction voilée. |
| SARTRE Jean-Paul – Situations, I (Gallimard) |
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| La liberté de critique est totale en URSS. |
| SARTRE Jean-Paul – Titre d’un article dans Libération (15.7.1954) |
|
| La métaphysique n’est pas une discussion stérile sur des notions abstraites qui échappent à l’expérience, c’est un effort vivant pour embrasser du dedans la condition humaine dans sa totalité. |
| SARTRE Jean-Paul – Qu’est-ce que la littérature ? |
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| La vie, c’est une panique dans un théâtre en feu. |
| SARTRE Jean-Paul – Nekrassov (Gallimard) |
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| Le mal, on y croit après. |
| SARTRE Jean-Paul – Le Diable et le Bon Dieu, Gallimard |
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| Le péché est né avant la vertu, comme le moteur est né avant le frein. |
| SARTRE Jean-Paul |
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| Nous ne sommes nous qu’aux yeux des autres et c’est à partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous. |
| SARTRE Jean-Paul – L’Écueil du solipsisme |
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| On ne fait pas ce qu’on veut, et cependant on est responsable de ce qu’on est. |
| SARTRE Jean-Paul – Situations, II (Gallimard) |
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| On ne peut pas tirer son épingle du jeu. Serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action. |
| SARTRE Jean-Paul – Situations, II, Présentation des Temps |
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| Pas besoin de gril, l’enfer, c’est les Autres. |
| SARTRE Jean-Paul – Huis-Clos, sc. 5 (Garcin) |
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| Peut-être qu’on n’est pas pour soi-même à la manière d’une chose. Peut-être même qu’on n’est pas du tout : toujours en question, toujours en sursis, peut-être doit-on perpétuellement se taire. |
| SARTRE Jean-Paul – Baudelaire |
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| Qu’est-ce qu’exister ? Se boire sans soif. |
| SARTRE Jean-Paul – L’Âge de Raison |
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| Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent. |
| SARTRE Jean-Paul – Le diable et le bon Dieu, acte l, 1er tableau |
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| Seules les choses sont : elles n’ont que des dehors. Les consciences ne sont pas : elles se font. |
| SARTRE Jean-Paul – Situations, I, Gallimard |
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| Tout est gratuit, ce jardin, cette ville et moi-même. Quand il arrive qu’on s’en rende compte, ça vous tourne le cœur et tout se met à flotter, comme l’autre soir… Voilà la nausée. |
| SARTRE Jean-Paul – La Nausée. Journal |
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| Un élu, c’est un homme que le doigt de Dieu coince contre un mur. |
| SARTRE Jean-Paul – Le Diable et le Bon Dieu |
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| Un mystique, c’est toujours un homme qui veut oublier quelque chose. |
| SARTRE Jean-Paul – Situations, I (Gallimard) |
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| Une vie, c’est fait avec l’avenir comme les corps sont faits avec du vide. |
| SARTRE Jean-Paul – Les chemins de la liberté, L’âge de raison, chap. 12 |
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| Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux. |
| SATIE Erik – Cahier d’un mammifère |
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| Quand j’étais jeune, on me disait : vous verrez quand vous aurez cinquante ans. J’ai cinquante ans, je n’ai rien vu. |
| SATIE Érik |
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| Dans la langue il n’y a que des différences. Bien plus : une différence suppose en général des termes positifs entre lesquels elle s’établit ; mais dans la langue il n ‘y a que des différences sans termes positifs. |
| SAUSSURE Ferdinand de – Cours de linguistique générale, deuxième partie, chap. 4, § 4 |
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| L’économie, c’est la science du sordide. |
| SAUVY Alfred – La Vie en plus, Calmann-Lévy |
|
| La charité a toujours soulagé la conscience des riches, bien avant de soulager l’estomac du pauvre. |
| SAUVY Alfred – Mythologie de notre temps, Petite Bibliothèque Payot (191) 1971, p.156 |
|
| Les absents sont assassinés à coups de langue. |
| SCARRON Paul – Le Roman comique, I, III |
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| Dieu, qui trine en un fus, triple es, et trois seras, / Et, comme tes Élus, nous éterniseras, / De ton divin Esprit enflamme mon courage, / Pour décrire ton homme, et louer ton ouvrage, / Ouvrage vrayement chef-d’œuvre de ta main, / À ton image fait, et divin, et humain. |
| SCÈVE Maurice – Microcosme, Livre 1 |
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| Tu es le Corps, Dame, et je suis ton ombre. |
| SCÈVE Maurice – Délie, CCCLXXVI |
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| Méfie-toi des souvenirs comme d’une montre arrêtée. |
| SCHÉHADÉ Georges – Monsieur Bob’le (Gallimard) |
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| L’acte suprême de la raison embrassant toutes les idées est un acte esthétique. |
| SCHELLING – Textes esthétiques |
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| Celui-là seul connaît l’amour qui aime sans espoir. |
| SCHILLER Friedrich von – Don Carlos |
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| Contre la stupidité, même les dieux se disputent en vain. |
| Schiller Friedrich von – La Pucelle d’Orléans |
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| Le premier prince fut un meurtrier, et revêtit la pourpre pour cacher sous cette couleur de sang la tache de son crime. |
| SCHILLER Friedrich von – La conjuration de Fiesque, acte V, sc. 15 |
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| Bien des gens seraient capables de tuer un homme pour prendre la graisse du mort et en frotter leurs bottes. |
| SCHOPENHAUER Arthur – Pensées et Fragments |
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| Ce que raconte l’histoire n’est en fait que le long rêve, le Songe lourd et confus de l’humanité. |
| SCHOPENHAUER Arthur – Le monde comme volonté et représentation, chap. XXXVIII, De l’Histoire |
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| Exiger l’immortalité de l’individu, c’est vouloir perpétuer une erreur à l’infini. |
| SCHOPENHAUER Arthur – Pensées et Fragments |
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| L’égoïsme inspire une telle horreur que nous avons inventé la politesse pour le cacher, mais il perce à travers tous les voiles et se trahit en toute rencontre. |
| SCHOPENHAUER Arthur – La Morale, L’égoïsme |
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| La femme est un animal à cheveux longs et à idées courtes. |
| SCHOPENHAUER Arthur – Tel quel |
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| La volonté est l’Idée. |
| SCHOPENHAUER Arthur – Inédits, IV, p.192 |
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| Le matin, c’est la jeunesse du jour … Chaque journée est une petite vie, chaque réveil et chaque lever une petite naissance, chaque frais matin une petite jeunesse. |
| SCHOPENHAUER Arthur – Aphorismes sur la sagesse de la vie |
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| Le musicien nous révèle l’essence intime du monde, il se fait l’interprète de la sagesse la plus profonde, dans une langue que sa raison ne comprend pas. |
| SCHOPENHAUER Arthur – Le Monde comme volonté et représentation |
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| Les coquins sont toujours sociables, et le principal signe auquel on reconnaît un honnête homme ayant quelque noblesse de caractère est le peu de plaisir qu’il prend dans la compagnie d’autrui. |
| SCHOPENHAUER Arthur – Conseils et Maximes |
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| N’abrégez pas le matin en vous levant tard ; regardez-le comme la quintessence de la vie, presque comme un moment sacré. |
| SCHOPENHAUER Arthur – Conseils et Maximes |
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| Ni aimer, ni haïr : voilà la moitié de toute sagesse. Ne rien dire et ne rien croire : voilà l’autre. |
| SCHOPENHAUER Arthur – La Vie, l’Amour et la Mort |
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| Il est plus facile d’aimer les gens que de vivre avec eux. L’amour c’est du rêve ; la vie à deux c’est du travail ! |
| SCHROEDER Barbet |
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| L’esprit de l’époque n’aime pas ce qui est simple. Il ne croit plus que le simple puisse être profond. Il aime les complications et les tient pour profondes. Il aime la violence. |
| SCHWEITZER Albert – La religion dans la civilisation moderne |
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| La pensée qui est parvenue à la véritable profondeur est humble. |
| SCHWEITZER Albert – Les Grands penseurs de l’Inde |
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| Qu’est-ce que le nationalisme ? C’est un patriotisme qui a perdu sa noblesse et qui est au patriotisme noble et raisonnable, ce que l’idée fixe est à la conviction normale. |
| SCHWEITZER Albert – Décadence et renaissance de la culture |
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| L’amour-propre trouve sa jouissance dans le suffrage et l’approbation des hommes ; mais le dernier degré de l’orgueil est de jouir de leur mépris. |
| SÉNAC DE MEILHAN – Considérations sur l’Esprit et les Mœurs |
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| N’est-il pas étonnant que ce soit en faisant couler des flots de sang, que ce soit assis sur des monceaux de cadavres, que le Français aura enseigné aux nations à respecter la vie de l’homme ? |
| SÉNAC DE MEILHAN Gabriel – Histoire du marquis de Saint-Alban, lettre LXXXVI |
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| Nous croyons être affligés de la mort d’une personne, quand c’est la mort seule qui fait impression sur nous. |
| SÉNAC DE MEILHAN Gabriel – Histoire de la Vicomtesse de Vassy, lettre CXL |
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| Le courage réel est plus patient qu’audacieux. |
| SENANCOUR Etienne Pivert de – De l’amour considéré dans les lois réelles et dans les formes sociales de l’union des sexes |
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| « Que gagnerai-je, dit-on, si j’accomplis tel acte de bravoure, tel acte de reconnaissance ? » – De l’avoir accompli. |
| SÉNÈQUE – De beneficiis, IV, I |
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| À quoi sert de voyager si tu t’emmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat. |
| SÉNÈQUE – Lettres à Lucilius |
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| C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat. |
| SÉNÈQUE – Lettres à Lucilius, XXVIII |
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| C’est un vieux dicton qu’homme fatigué cherche querelle. |
| SÉNÈQUE – De la colère, livre III, chap. 9 |
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| Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. |
| SÉNÈQUE |
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| Hâte-toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie. |
| SÉNÈQUE – Lettres à Lucilius |
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| La méchanceté boit elle-même la plus grande partie de son poison. |
| SÉNÈQUE – Lettres à Lucilius,LXXXI |
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| La plus belle œuvre, c’est de sauver même ceux qui ne le désirent pas, malgré eux. |
| SÉNÈQUE – De beneficiis, II, XIV |
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| La raison veut décider ce qui est juste ; la colère veut qu’on trouve juste ce qu’elle a décidé. |
| SÉNÈQUE – De la colère, livre I, 18 |
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| Les destins conduisent celui qui veut, ils traînent celui qui ne veut pas. |
| SÉNÈQUE – Lettres à Lucilius, CVII |
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| Obéir à Dieu, voilà la liberté. |
| SÉNÈQUE – De la vie heureuse, chap.15 |
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| Omnis in modo est virtus (Toute vertu est fondée sur la mesure). |
| SÉNÈQUE – Lettres à Lucilius |
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| Que de fois nous mourrons de notre peur de mourir ! |
| SÉNÈQUE – La Tranquillité de l’âme |
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| Réfugie-toi dans l’étude, tu échapperas à tous les dégoûts de l’existence. |
| SÉNÈQUE – |
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| Si tu veux être aimé, aime. |
| SÉNÈQUE – Lettres à Lucilius, IX, et HÉCATON (cit. 5597) |
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| Tu cesseras de craindre en cessant d’espérer. |
| SÉNÈQUE – Lettres à Lucilius, V |
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| Seul le rythme provoque le court-circuit poétique : et transmue le cuivre en or, la parole en verbe. |
| SENGHOR Léopold Sédar – Postface à Ethiopiques |
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| Il n’y a aucune expérience de physique qui soit plus amusante que l’examen, et la suite, et la diversité de tous nos sentiments |
| SÉVIGNÉ Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de – Correspondance, 23 octobre 1680 |
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| Je me trouve dans un engagement qui m’embarrasse. Je suis embarquée dans la vie sans mon consentement ; il faut que j’en sorte, cela m’assomme ; et comment en sortirai-je ? |
| SÉVIGNÉ Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de – Correspondance, à M. de Grignan, 16 mars 1672 |
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| Le cœur n’a pas de rides. |
| SÉVIGNÉ Marquise de |
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| Ce Port-Royal est une Thébaïde ; c’est le paradis ; c’est un désert où toute la dévotion du christianisme s’est rangée … C’est un vallon affreux, tout propre à faire son salut. |
| SÉVIGNÉ, Marquise de – Lettre à Mme de Grignan, 26 janvier 1674 |
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| Guilleragues disait hier que Pellisson abusait de la permission que les hommes ont d’être laids. |
| SÉVIGNÉ, Marquise de – Lettre à Mme de Grignan, 5 janvier 1674 |
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| Je trouve saint Augustin bien janséniste, et saint Paul aussi. Les jésuites ont un fantôme qu’ils appellent Jansénius, à qui ils disent mille injures ; ils ne font pas semblant de voir où cela remonte. |
| SÉVIGNÉ, Marquise de – Lettre à Mme de Grignan, 9 juin 1680 |
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| Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie. Je vous avoue que j’y trouve des chagrins cuisants ; mais je suis encore plus dégoûtée de la mort. |
| SÉVIGNÉ, Marquise de – Lettre à Mme de Grignan, 16 mars 1672 |
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| Que lisez-vous, Monseigneur ? (Hamlet) Des mots, des mots, des mots. |
| SHAKESPEARE – Hamlet |
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| C’est de ta peur que j’ai peur. |
| SHAKESPEARE William – Roméo et Juliette |
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| Celui qui peut sourire alors qu’on l’a volé vole lui-même quelque chose à son voleur. |
| SHAKESPEARE William – Othello, acte I, sc. 3 |
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| Etre ou ne pas être. Telle est la question (To be or not to be. That is the question). |
| SHAKESPEARE William – Hamlet, acte II, sc. 2 |
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| Gémir sur un malheur passé, c’est le plus sûr moyen d’en attirer un autre. |
| SHAKESPEARE William – Othello, acte I, sc. 3 |
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| Il y a plus de choses dans le ciel et la terre, Horatio, que n’en peut rêver votre philosophie. |
| SHAKESPEARE William – Hamlet |
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| L’amour est une fumée faite de la vapeur des soupirs. |
| SHAKESPEARE William – Roméo et Juliette |
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| L’amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l’âme. |
| SHAKESPEARE William – Le songe d’une nuit d’été |
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| La douleur est le poison de la beauté. |
| SHAKESPEARE William – La Tempête, acte I, sc. 6 |
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| La jalousie est un monstre qui s’engendre lui-même et naît de ses propres entrailles. |
| SHAKESPEARE William – Othello |
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| La passion s’accroît en raison des obstacles qu’on lui oppose. |
| SHAKESPEARE William – Tout est bien qui finit bien |
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| Le Temps ressemble à un hôte du grand monde, qui serre froidement la main de celui s’en va et qui, les bras étendus, embrasse le nouveau venu. |
| SHAKESPEARE William – Troïlus et Cressida |
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| Mon corps est un jardin, ma volonté est son jardinier. |
| SHAKESPEARE William |
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| Nous sommes de l’étoffe dont les rêves sont faits et notre petite vie est entourée de sommeil. |
| SHAKESPEARE William – Sur le monument de Shakespeare dans l’abbaye de Westminster |
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| Quand il est sans remède, un chagrin est fini et qui n’a plus d’espoir n’aura plus de regrets. |
| SHAKESPEARE William – Othello, acte I, sc. 3 |
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| Que le roi seulement soupire et tout le royaume gémit. |
| SHAKESPEARE William – Hamlet, acte III, sc. 3 |
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| Que lisez-vous, Monseigneur ? – Des mots, des mots, des mots. |
| SHAKESPEARE William – Hamlet, acte II, sc. 2 |
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| Quel est l’auteur au monde qui vous enseignera la beauté aussi bien qu’un regard de femme ? |
| SHAKESPEARE William – Peines d’amour perdues |
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| Savez-vous pas que je suis femme ? Quand je pense, il faut que je parle. |
| SHAKESPEARE William – Comme il vous plaira. |
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| Si l’amour est brutal avec vous, soyez brutal avec l’amour. |
| SHAKESPEARE William – Roméo et Juliette, acte I, sc. 4 |
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| Un cheval ! Un cheval ! Mon royaume pour un cheval ! |
| SHAKESPEARE William – Richard III à la bataille de Bosworth, 1485 |
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| À la nomination d’une petite minorité corrompue, la démocratie substitue l’élection par une masse incompétente. |
| SHAW George Bernard – Bréviaire du Révolutionnaire |
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| Celui qui peut, agit. Celui qui ne peut pas, enseigne. |
| SHAW George Bernard – Maximes pour révolutionnaires |
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| L’adolescence est l’âge où les enfants commencent à répondre eux-mêmes aux questions qu’ils posent. |
| SHAW George Bernard |
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| L’homme le plus inquiet d’une prison est le directeur. |
| SHAW George Bernard – Maximes pour Révolutionnaires |
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| L’humanité serait depuis longtemps heureuse si tout le génie que les hommes mettent à réparer leurs bêtises, ils les employaient à ne pas les commettre. |
| SHAW George Bernard – |
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| Le métier de soldat est l’art du lâche ; c’est l’art d’attaquer sans merci quand on est fort et de se tenir loin du danger quand on est – faible. Voilà tout le secret de la victoire. |
| SHAW George Bernard – Le Héros et le Soldat |
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| Ma méthode est de prendre le plus de souci possible pour trouver la chose qu’il faut dire, et ensuite de la dire avec une légèreté extrême. |
| SHAW George Bernard – Réponses à neuf questions |
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| L’esclavage humain a atteint son point culminant à notre époque sous la forme du travail librement salarié. |
| SHAW George-Bernard – Bréviaire du Révolutionnaire |
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| La règle d’or, c’est qu’il n’y a pas de règle d’or. |
| SHAW George-Bernard – Maximes pour Révolutionnaires |
|
| Le métier de soldat, est l’art du lâche ; c’est l’art d’attaquer sans merci quand on est fort, et de se tenir loin du danger quand on est faible. |
| SHAW George-Bernard – Le Héros et le Soldat, acte II |
|
| Les sociétés humaines ne peuvent se reproduire sans un grand nombre de femmes. On peut beaucoup plus largement se passer des hommes, c’est pourquoi c’est eux qu’on sacrifie dans la guerre. |
| SHAW George-Bernard – Préface à Sainte Jeanne |
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| Quand, dans ce monde, un homme a quelque chose à dire, la difficulté n’est pas de le lui faire dire, mais de l’empêcher de le dire trop souvent. |
| SHAW George-Bernard – César et Cléopâtre, acte IV |
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| L’antipathie analyse mieux, mais la sympathie seule comprend |
| SIEGFRIED André – Quelques maximes (J. Haumont) |
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| Notre enthousiasme, c’est le fanatisme d’en face. |
| SIEGFRIED André – Quelques maximes |
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| Qu’est-ce qu’un bourgeois ? Je proposerai cette définition : c’est quelqu’un qui a des réserves. |
| SIEGFRIED André – Tableau des Partis en France, l, Le caractère français |
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| La rose est sans pourquoi. |
| SILESIUS Angelus |
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| Le gouvernement a un bras long et un bras court ; le long sert à prendre et arrive partout, le bras court sert à donner, mais il arrive seulement à ceux qui sont tout près. |
| SILONE Ignazio – Le Pain et le Vin |
|
| La Déclaration des droits de l’homme apprit au monde entier de la révolution française était faite pour lui. |
| SIMON Jules – La Liberté, première partie, chapitre I, 4 |
|
| Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. |
| SMITH Adam – Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations |
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| Ce que j’aime dans un bon auteur, ce n’est pas ce qu’il dit, mais ce qu’il murmure. |
| SMITH L.-P. – Réflexions tardives |
|
| Si Jésus-Christ revenait sur terre, il serait blanc, américain, et fier de l’être. |
| SOAMES Révérend J. B. – Bénédiction d’un nouveau matériel militaire, Washington (1923). |
|
| Il est plus laid de commettre l’injustice que de la subir. |
| SOCRATE – Gorgias, 475 d |
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| Mariez-vous. Si vous tombez sur une bonne épouse, vous serez heureux ; et si vous tombez sur une mauvaise, vous deviendrez philosophe, ce qui est excellent pour l’homme. |
| SOCRATE |
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| Maintenant, nous savons que l’infamie des méthodes se multiplie dans l’infamie des résultats. |
| SOLJENITSYNE Alexandre – Appel à la Résistance |
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| Il faut attendre sa dernière journée d’un mortel avant de l’appeler heureux. |
| SOPHOCLE – Œdipe-Roi, dernier vers |
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| Les lois non écrites, inébranlables, des dieux. |
| SOPHOCLE – Antigone |
|
| Tout est bruit pour qui a peur. |
| SOPHOCLE – Les Trachiniennes |
|
| Vous savez, aussi bien que moi, que ce qu’il y a de meilleur dans la conscience moderne est le tourment de l’infini. |
| SOREL Georges – Réflexions sur la violence, Introduction |
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| Lorsque Dieu fit du mensonge un péché, il créa aussitôt une exception pour les médecins. Apprenez à bien mentir pour mieux consoler. |
| SOUBlRAN André – Les Hommes en blanc, t. III |
|
| Jury : Un jury est un groupe de douze personnes d’ignorance moyenne, réunies par tirage au sort pour décider qui, de l’accusé ou de la victime, a le meilleur avocat. |
| SPENCER Herbert |
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| La connaissance de l’espèce la plus humble est le savoir non unifié ; la science, le savoir parfaitement unifié ; la philosophie, le savoir complètement unifié. |
| SPENCER Herbert – Premiers principes, II, l |
|
| La vie est l’adaptation continue de relations internes à des relations externes. |
| SPENCER Herbert – Qu’est-ce que la morale ? chap. II, par. 7 |
|
| Le développement de l’esprit, comme tous les autres développements, est un progrès de l’indéfini au défini. |
| SPENCER Herbert – De l’éducation, chap. II |
|
| Le plaisir, de quelque nature qu’il soit … est l’élément essentiel de toute conception morale. |
| SPENCER Herbert – Qu’est-ce que la morale ? chap. Il, par. 7. |
|
| Dans la mesure où une chose convient à notre nature, elle est nécessairement bonne. |
| SPINOZA Baruch – L’Éthique, livre III, théorème XXXI |
|
| Il vaut mieux enseigner les vertus que condamner les vices. |
| SPINOZA Baruch |
|
| L’Amour est la Joie, accompagnée de l’idée d’une cause extérieure. |
| SPINOZA Baruch – L’Éthique, livre III, Des affections, VII |
|
| L’esprit humain ne peut être absolument détruit avec le corps, mais il en persiste quelque chose qui est éternel. |
| SPINOZA Baruch – L’Éthique, livre V, théorème XXIII |
|
| La béatitude n’est pas le prix de la vertu, mais la vertu elle-même. |
| SPINOZA Baruch – L’Éthique |
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| La Haine est la Tristesse, accompagnée de l’idée d’une cause extérieure. |
| SPINOZA Baruch – L’Éthique, livre III, Des affections, VI |
|
| La Joie est le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection. La Tristesse est le passage de l’homme d’une plus grande à une moins grande perfection. |
| SPINOZA Baruch – L’Éthique, livre III, définitions des affections, II et III |
|
| Le bien suprême de l’âme est la connaissance de Dieu ; et la vertu suprême de l’âme, c’est connaître Dieu. |
| SPINOZA Baruch – L’Éthique, livre III, théorème XXVIII |
|
| Les hommes se trompent en ce qu’ils pensent être libres, et cette opinion consiste en cela seul qu’ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés. |
| SPINOZA Baruch – L’Éthique, théorème XXXV, scolie |
|
| Notre âme, en tant qu’elle perçoit les choses d’une façon vraie, est une partie de l’intelligence infinie de Dieu. |
| Spinoza Baruch – L’Éthique |
|
| Notre âme, en tant qu’elle perçoit les choses d’une façon – vraie, est une partie de l’intelligence infinie de Dieu. |
| SPINOZA Baruch – L’Éthique, théorème XLIII, scolie |
|
| Nous ne tendons pas vers une chose par appétit ou désir, parce que nous jugeons qu’elle est bonne ; c’est l’inverse : nous jugeons qu’une chose est bonne, parce que nous faisons effort vers elle. |
| SPINOZA Baruch – Éthique, III, scolie de la proposition 9 |
|
| Nul ne peut avoir Dieu en haine. |
| Spinoza Baruch – L’Éthique |
|
| Toute idée qui en nous est absolue, autrement dit adéquate et parfaite, est vraie. |
| SPINOZA Baruch – L’Éthique, théorème XXXIV |
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| Une affection, qui est une passion, cesse d’être une passion sitôt que nous nous en formons une idée claire et distincte. – |
| SPINOZA Baruch – L’Éthique, livre V, théorème III – I |
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| En cherchant la gloire, j’ai toujours espéré qu’elle me ferait aimer. |
| STAËL Madame de |
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| La conquête est un hasard qui dépend peut-être encore plus des fautes des vaincus que du génie du vainqueur. |
| STAËL Madame de – Dix Années d’exil, II, 16 |
|
| Le mérite des Allemands c’est de bien remplir le temps ; le talent des Français, c’est de le faire oublier. |
| STAËL Madame de – De l’Allemagne, I, 12 |
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| Sans doute, il faut, pour bien écrire, une émotion vraie, mais il ne faut pas qu’elle soit déchirante. |
| STAËL Madame de – Corinne ou l’Italie, XVIII, 4 |
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| Le mal que peuvent faire les mauvais livres n’est corrigé que par les bons ; les inconvénients des lumières ne sont évités que par un plus haut degré de lumières. |
| STAËL Madame de (Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, dite) – De l’Allemagne |
|
| Tout comprendre rend très indulgent. |
| STAËL Madame de (Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, dite) – Corinne ou l’Italie |
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| Comprendre, c’est pardonner. |
| STAEL Mme de – Corinne |
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| On a raison d’exclure les femmes des affaires publiques et civiles ; rien n’est plus opposé à leur vocation naturelle que tout ce qui leur donnerait des rapports de rivalité avec les hommes, et la gloire elle-même ne saurait être pour une femme qu’un deuil éclatant du bonheur. |
| STAEL Mme de – De l’Allemagne |
|
| L’italien est une langue qui va d’elle-même, exprime sans qu’on s’en mêle, et paraît presque toujours avoir plus d’esprit que celui qui la parle. |
| STAËL Mme de – Corinne ou l’Italie, Livre IX, chap. 1 |
|
| La monotonie, dans la retraite, tranquillise l’âme ; la monotonie, dans le grand monde, fatigue l’esprit. |
| STAËL Mme de – De l’Allemagne, chapitre 8 |
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| Maintenant, le truc à la mode c’est l’allergie. Dans le temps, ça s’appelait le rhume des foins, ça faisait éternuer. Le gars qui a inventé l’allergie, il aurait dû la faire breveter. |
| STEINBECK John – Tendre Jeudi |
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| Au séminaire, il est une façon de manger un œuf à la coque qui annonce les progrès faits dans la vie dévote. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Le Rouge et le Noir, chapitre 26 |
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| C’est en Italie et au XVIIe siècle qu’une princesse disait, en prenant une glace avec délices le soir d’une journée fort chaude : quel dommage que ce ne soit pas un péché ! |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Préface des Manuscrits italiens, Les Cenci |
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| C’est un argument des aristocrates que celui des crimes qu’entraîne une révolution. Ils oublient les crimes qui se commettaient en silence avant la révolution. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Vie de Napoléon, chapitre 6 |
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| C’est un moyen de se consoler que de regarder sa douleur de près. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Journal |
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| Ce que j’appelle cristallisation, c’est l’opération de l’esprit, qui tire de tout ce qui se présente la découverte que l’objet aimé a de nouvelles perfections. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – De l’amour |
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| Cent ans après sa mort, le plus grand bonheur qui puisse arriver à un grand homme, c’est d’avoir des ennemis |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Armance |
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| Dans tous les partis, plus un homme a d’esprit, moins il est de son parti. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Vie de Napoléon, Préface |
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| Il est difficile de ne pas s’exagérer le bonheur dont on ne jouit pas. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Journal, Œuvres intimes I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1981, 11 mars 1806 p.396 |
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| Il me semble que l’on fait plus de plaisanteries à Paris pendant une seule soirée que dans toute l’Allemagne en un mois. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Racine et Shakespeare, 2 |
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| Je mets un billet à une loterie dont le gros lot se réduit à ceci : être lu en 1935. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – La vie d’Henri Brulard, XIX |
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| Je ne vois qu’une règle : être clair. Si je ne suis pas clair, tout mon monde est anéanti. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Lettre à M. de Balzac, 30 octobre 1840 |
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| L’air triste ne peut être de bon ton ; c’est l’air ennuyé qu’il faut. Si vous êtes triste, c’est donc quelque chose qui vous manque, quelque chose qui ne vous a pas réussi. C’est montrer soi inférieur. Êtes-vous ennuyé, au contraire, c’est ce qui a vainement essayé de vous plaire qui est inférieur. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Le rouge et noir, chapitre 24 |
|
| L’amour, cette passion si visionnaire, exige dans son langage une exactitude mathématique. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Racine et Shakespeare, appendice IV ; De Molière et de Regnard |
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| La beauté n’est que la promesse du bonheur. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – De l’amour |
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| La vieillesse n’est autre chose que la privation de folie, l’absence d’illusion et de passion. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Lucien Leuwen, II, 47 |
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| Le calembour est incompatible avec l’assassinat. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – La Chartreuse de Panne, II, 24 |
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| Le pire des malheurs en prison, pensa-t-il, c’est de ne pouvoir fermer sa porte. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Le Rouge el le Noir, II, 44 |
|
| Les femmes extrêmement belles étonnent moins le second jour. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – De l’amour |
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| Les gens qu’on honore ne sont que des fripons qui ont eu le bonheur d’être pas pris en flagrant délit. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Le rouge et noir, chapitre 44 |
|
| Les larmes sont l’extrême sourire. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – De l’amour |
|
| On ne se console pas des chagrins, on s’en distrait. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Armance |
|
| On ne se console pas des chagrins, on s’en distrait. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Armance |
|
| On peut tout acquérir dans la solitude, hormis du caractère. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – De l’amour, fragments divers |
|
| Plus on plaît généralement, moins on plaît profondément. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – De l’amour |
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| Quel est la grande action qui ne soit pas un extrême au moment où on entreprend ? C’est quand elle est accomplie qu’elle semble possible aux êtres du commun. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Le rouge et noir, chapitre 11 |
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| Qui s’excuse s’accuse. |
| STENDHAL (Henri Beyle, dit) – Le Rouge et le Noir |
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| La volonté s’appelle persévérance pour une bonne cause et obstination pour une mauvaise. |
| STERNE Lawrence |
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| Plus l’art est contrôlé, limité, travaillé, et plus il est libre. |
| STRAVINSKY Igor – Poétique musicale, III, De la composition musicale |
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| C’est aux hommes de ressembler à leurs portraits quand ils sont admirables. |
| SUARÈS André – Le Voyage du condottiere (Émile-Paul). |
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| Comme on fait la guerre avec le sang des autres, on fait fortune avec l’argent d’autrui. |
| SUARÈS André – Textes |
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| Être soi avec assez de puissance pour enfin se quitter. Toute la liberté ne mène qu’à celle-là. |
| SUARÈS André – Poète tragique |
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| Il faut être seul. Et je veux l’être. Je veux rester ce que le mal de la vie a fait de moi ; et j’y mettrai toute la force de mon âme. |
| SUARÈS André – Ignorées du destinataire. A Malwida de Meysenbug |
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| Il n’est pas un archevêque ni un savant illustre qui ne croie à la Providence, chacun de son côté : le savant en contemplant sa science et l’archevêque en regardant son archevêché. |
| SUARÈS André – Les pensées du Dr William Makepeace Bruce |
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| Jamais la voix ne trompe. L’oreille musicienne juge des hommes à la voix. Il faut savoir entendre. Le visage se compose. Les gestes se calculent. Le regard même peut duper. Mais la voix ne trompe point même si les paroles trompent. |
| SUARÈS André – Remarques, I, Voix et sourire |
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| L’hérésie est la vie de la religion. C’est la foi qui fait les hérétiques. Dans une religion morte, il n’y a plus d’hérésies. |
| SUARÈS André – Péguy, IV |
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| La mort est la dissolution d’un ordre. |
| SUARÈS André – |
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| La pauvreté est une compagne ardente et redoutable ; elle est la plus vieille noblesse du monde. Bien peu sont dignes d’elle |
| SUARÈS André – Péguy (Émile-Paul) |
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| La pudeur est le parfum de la volupté. |
| SUARÈS André – Voici l’homme (Albin Michel) |
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| Le caractère, c’est-à-dire la passion d’être soi, à tout prix. |
| SUARÈS André – Le voyage du Condotierre, Émile-Paul |
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| Le christianisme a créé le monde intérieur. |
| SUARÈS André – |
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| Le vrai bonheur est une contemplation active. Il ne peut être que dans les idées, pour l’élite des hommes. Et pour le commun, dans l’action. |
| SUARÈS André – Remarques, Le Bonheur |
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| Les femmes sont jalouses de tout, et même du malheur. |
| SUARÈS André – Variables (Émile-Paul) |
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| Les hommes croient, est ils s’imaginent qu’ils pensent. La croyance est la pensée du tempérament, et si l’on veut, sa logique. |
| SUARÈS André – Voici l’Homme |
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| Pour les croyants, la vérité est la croyance. On ne sait pas, mais on croit. Et ce qu’on croit fait tout le prix de ce qu’on sait. |
| SUARÈS André – Xénies |
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| Se surpasser est la seule loi … L’âme ne se surpasse qu’en connaissance. La connaissance ne se surpasse qu’en amour. |
| SUARÈS André – Le Voyage du Condottiere, Livre II, 21 |
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| Si Dieu est mort, tout est mort. Je n’appelle pas cette misérable étincelle sur un petit tas de boue, une vie. |
| SUARÈS André – Voici l’homme |
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| Une vraie femme sait qu’elle doit être dominée. |
| SUARÈS André – Variables (Émile-Paul) |
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| Tu es laid… sois terrible, on oubliera ta laideur. Tu es vieux… sois énergique, on oubliera ton âge. |
| SUE Eugène – Les Mystères de Paris |
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| Ave Cœsar, morituri te salutant ! |
| SUÉTONE – Vie des douze Césars, Claude, XXI |
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| S’étant, une fois, souvenu, à son souper, de n’avoir fait aucun heureux dans la journée, il [Titus] prononça ce mot si mémorable et si justement vanté : « Mes amis, j’ai perdu un jour. » |
| SUÉTONE – Vies des Douze Césars, GF-Flammarion (553) 1990, Titus, p.319 |
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| Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée, et les vraies mines et trésors du Pérou. |
| SULLY |
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| Je suis le captif des mille êtres que j’aime. |
| SULLY PRUDHOMME Armand – Stances et poèmes |
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| Je connus mon bonheur et qu’au monde où nous sommes, / Nul ne peut se vanter de se passer des hommes ; / Et depuis ce jour-là je les ai tous aimés. |
| SULLY-PRUDHOMME Armand – Les Épreuves, Un Songe |
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| Je n’aime pas les maisons neuves : leur visage est indifférent. |
| SULLY-PRUDHOMME Armand – Les Solitudes |
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| La justice est l’amour guidé par la lumière. |
| SULLY-PRUDHOMME Armand – La Justice veille |
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| Le vase où meurt cette verveine / D’un coup d’éventail fut fêlé ; / Le coup dut l’effleurer à peine, / Aucun bruit ne l’a révélé. |
| SULLY-PRUDHOMME Armand – Stances et Poèmes, Le Vase brisé |
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| Il faut pourtant accepter ce que le Bon Dieu ne vous envoie pas. |
| SUPERVIElLE Jules – Le Voleur d’enfants (Gallimard) |
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| Ô Dieu très atténué / Des bouts de bois et des feuilles… |
| SUPERVIELLE Jules – La Fable du monde, Ô Dieu très atténué |
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| La conscience est la présence de Dieu dans l’homme. |
| SWEDENBORG – Arcana Cœlesta |
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| Je demandais à un homme pauvre comment il vivait. Il répondit : « Comme un savon, toujours en diminuant. » |
| SWIFT Jonathan – Pensées sur divers sujets loraux et divertissants, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1965, p.590 |
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| L’ambition, souvent, fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi qu’on grimpe dans la posture où l’on rampe. |
| SWIFT Jonathan – Pensées sur divers sujets loraux et divertissants, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1965, p.575 |
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| C’est le propre de l’âme humaine que de haïr celui que l’on a offensé. |
| TACITE – Vie d’Agricola |
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| Il est dans la nature humaine de haïr celui qu’on a offensé. |
| TACITE – Vie d’Agricola, chap. XLII |
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| Où ils ont fait un désert, ils disent qu’ils ont donné la paix. |
| TACITE |
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| L’amour est l’ultime signification de tout ce qui nous entoure. Ce n’est pas un simple sentiment, c’est la vérité, c’est la joie qui est à l’origine de toute création. |
| TAGORE Rabindranath – |
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| Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors. |
| TAGORE Rabindranath |
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| Tant il est aisé d’écraser, au nom de la liberté extérieure, la liberté intérieure de l’homme. |
| TAGORE Radindranath – L’appel de la Vérité |
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| L’art a ceci de particulier, qu’il est à la fois supérieur et populaire : il manifeste ce qu’il y a de plus élevé, et il le manifeste à tous. |
| TAINE Hippolyte – La Philosophie de l’art |
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| Le vice et la vertu sont des produits comme le vitriol et le sucre. |
| TAINE Hippolyte – Histoire de la littérature anglaise, Introduction |
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| N’ayez d’intolérance que vis-à-vis de l’intolérance. |
| TAINE Hippolyte |
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| Notre perception extérieure est un rêve du dedans qui se trouve en harmonie avec les choses du dehors ; et, au lieu de dire que l’hallucination est une perception extérieure fausse, il faut dire que la perception extérieure est une hallucination vraie. |
| TAINE Hippolyte – L’Intelligence, préface |
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| On peut considérer l’homme comme un animal d’espèce supérieure qui produit des philosophies et des poèmes à peu près comme les vers à soie font leurs cocons et comme les abeilles font leurs ruches. |
| TAINE Hippolyte – Préface de La Fontaine et ses Fables. |
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| On s’étudie trois semaines, on s’aime trois mois, on se dispute trois ans, on se tolère trente ans et les enfants recommencent. |
| TAINE Hippolyte – Vie et opinions de Thomas Graindorge |
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| Qui goûte de tout se dégoûte de tout. |
| TAINE Hippolyte – Vie et Opinions de Thomas Graindorge |
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| Tout ce qui est exagéré est insignifiant. |
| TALLEYRAND |
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| « Oui » et « non » sont les mots les plus courts et les plus faciles à prononcer et ceux qui demandent le plus d’examen. |
| TALLEYRAND-PÉRIGORD Charles-Maurice de |
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| Il y a trois savoirs : le savoir proprement dit, le savoir-faire, et puis le savoir-vivre : les deux derniers dispensent bien souvent du premier. |
| TALLEYRAND-PÉRIGORD Charles-Maurice de |
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| La parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée. |
| TALLEYRAND-PÉRIGORD Charles-Maurice de – La confession de Talleyrand [Ana], Paris, L.Sauvaitre 1891 [BnF], p.18 |
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| Le meilleur moyen de renverser un gouvernement, c’est d’en faire partie. |
| TALLEYRAND-PÉRIGORD Charles-Maurice de |
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| Ce que tu détestes pour toi-même, ne le fais pas à ton prochain. |
| TALMUD – Chabbath,31a. |
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| Que l’honneur de ton voisin te soit aussi cher que le tien. |
| TALMUD – Aboth, II, 15 |
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| Qui ne donne pas de métier à son fils lui donne le métier de voleur. |
| TALMUD |
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| Quiconque court après la grandeur voit la grandeur le fuir. Quiconque fuit la grandeur, voit la grandeur courir après lui. |
| TALMUD – Eroubin I, 13 |
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| Quiconque est possédé d’un esprit arrogant, le Saint Unique (béni soit-il !) dit à son propos : Moi et lui nous ne pouvons pas demeurer ensemble dans le monde. |
| TALMUD – Sata, 4b |
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| Quiconque recueille avec foi un simple précepte, est digne de recevoir l’esprit saint. |
| TALMUD – Mekh, 33b |
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| Sois fort comme un léopard, brillant comme un aigle, rapide comme un cerf et puissant comme un lion, pour faire la volonté de ton Père qui est dans le ciel. |
| TALMUD – Aboth, I, 23 |
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| Sois le maudit et non le maudissant. |
| TALMUD – Sanhedrin, 49a |
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| Toute chose est soumise au pouvoir du ciel, excepté la crainte du ciel. |
| TALMUD – Berakhoth, 33b |
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| La brièveté est sœur du talent. |
| TCHEKHOV Anton – |
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| Ceux qui n’ont pas l’esprit libre ont des pensées toujours confuses. |
| TCHEKHOV Anton Pavlovitch |
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| Si tu veux avoir peu de temps, ne fais rien. |
| TCHÉKOV Anton – Carnets de notes |
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| La grande intelligence englobe, la petite intelligence discrimine. La grande parole est éclatante, la petite parole est verbeuse. |
| TCHOUAG-TSEU |
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| Tout le monde connaît l’utilité de l’utile, mais personne ne sait l’utilité de l’inutile. |
| TCHOUAG-TSEU |
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| J’ai trouvé plus de joie dans la tristesse que vous ne pourriez en trouver dans la joie. |
| TEASDALE Sara – La Réponse |
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| L’Homme : non plus seulement « un être qui sait », mais un être « qui sait qu’il sait ». |
| TEILHARD DE CHARDIN Pierre – L’Apparition de l’homme (le Seuil) |
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| L’homme non pas centre de l’Univers, comme nous l’avions cru naïvement, mais ce qui est bien plus beau, l’Homme flèche montante de la grande synthèse biologique. |
| TEILHARD DE CHARDIN Pierre – Le Phénomène humain, La terre moderne |
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| Pour le transformisme chrétien, l’action créatrice de Dieu n’est plus conçue comme poussant intrusivement ses œuvres au milieu des êtres préexistants, mais comme taisant naître, au sein des choses, les termes successifs de son ouvrage. |
| TEILHARD DE CHARDIN Pierre – L’apparition de l’homme, Conclusion |
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| Quand pour la première fois, dans un vivant, l’instinct s’est aperçu au miroir de lui-même, c’est le Monde tout entier qui a fait un pas. |
| TEILHARD DE CHARDIN Pierre – Le Phénomène humain, La Pensée, chap. I |
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| Tout ce qui monte converge. |
| TEILHARD de CHARDIN Pierre |
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| Un jour, quand nous aurons maîtrisé les vents, les vagues, les marées et la pesanteur, nous exploiterons l’énergie de l’amour. Alors, pour la seconde fois dans l’histoire du monde, l’homme aura découvert le feu. |
| TEILHARD DE CHARDIN Pierre |
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| Avant de demander la main d’une jeune fille, regardez-la manger des artichauts. |
| TEISSIER DU CROS Louis – les Femmes et nous |
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| Le plus souvent on réussit non par ce qu’on fait, mais par ce qu’on ne fait pas. |
| TELLIER Jules – Œuvres, I |
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| Je suis homme, rien de ce qui est humain ne doit, je pense, me laisser indifférent. |
| TÉRENCE – Le bourreau de soi-même, acte l, sc. I, 77 |
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| Un proverbe dit : « Entre amis tout est commun ». |
| TÉRENCE – Les frères, acte IV, sc. X, 803 |
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| Si vous jugez les gens, vous n’avez pas le temps de les aimer. |
| TERESA Mère |
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| Les gens s’ennuient, sans nuits d’Amour. |
| TERNOISE |
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| La pensée du sacrifice procure à certaines femmes un sombre plaisir. |
| THACKERAY W. M. – Histoire de Pendennis, chap. VII |
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| Des propos abondants ne sont jamais la preuve d’un jugement censé. |
| THALÈS |
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| Le poisson est un animal dont la croissance est excessivement rapide entre le moment où il est pris et le moment où le pêcheur en fait la description à ses amis. |
| The Christian Herald |
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| La joie réside au plus intime de l’âme ; on peut aussi bien à trouver dans une obscure prison que dans un palais. |
| THÉRÈSE de Lisieux Ste – |
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| Le public moderne semble avoir un faible pour les écrivains confus qui ne livrent jamais leur dernier secret et qui, peut-être, dans leurs désordres, n’en cachent aucun. |
| THÉRIVE André – Moralistes de ce temps, ch. 2 |
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| Dieu n’est pas seulement descendu sur la terre, il s’est enfoncé en elle : dans cet enlisement de l’amour réside la « bassesse » du christianisme. Mais rien, en réalité, n’est plus haut que cette bassesse. |
| THIBON Gustave – Diagnostics, Biologie des révolutions |
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| J’ai pour maxime qu’il faut tout prendre au sérieux, mais rien au tragique. |
| THIERS Adolphe – Discours parlementaires (tome 15), Paris, Calmann Lévy 1883 [BnF], Assemblée nationale le 24 mai 1873, p.217 |
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| La République est le gouvernement qui nous divise le moins. |
| THIERS Adolphe – Discours à l’Assemblée Législative, 13 février 1850 |
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| Qui cueille une fleur dérange une étoile. |
| THOMPSON Francis – poète anglais (1859-1907) |
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| Il n’y a qu’un remède à l’amour : aimer davantage. |
| THOREAU Henry David – Journal |
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| Le meilleur des gouvernements est celui qui ne gouverne pas du tout. |
| THOREAU Henry David – Résistance au gouvernement civil (1848), Désobéir, Bibliothèques 10/18 (2832) Éd. de L’Herne 1994, p.45 |
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| Si tu n’es pas toi-même, qui pourrait l’être à ta place ? |
| THOREAU Henry David |
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| Si vous avez fait des châteaux en l’air, vous n’avez pas travaillé en vain, car c’est là que tous devraient être. Maintenant, mettez dessous les fondations. |
| THOREAU Henry David – |
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| Mourir, c’est partir un peu. / Le dernier mot du problème / N’est pas la lèvre blême : / Regardez vers le ciel bleu. |
| TIERCELIN Louis – La Bretagne qui chante |
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| Chaque année, il y a de plus en plus de cons. Cette année, c’est encore pire, je pense que les cons de l’année prochaine sont déjà arrivés. |
| TIMSIT P. |
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| Dès l’instant où les femmes commenceront d’être vos égales, elles vous seront supérieures. |
| TITE-LIVE – Histoire romaine, XXXIV, 2-3 |
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| J’ai perdu ma journée. |
| TITUS – quand il n’avait pas fait de bien à quelqu’un |
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| (Les Français) veulent l’égalité dans la liberté et, s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage. |
| TOCQUEVILLE Alexis de – L’Ancien Régime et la Révolution |
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| En politique, la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés. |
| TOCQUEVILLE Alexis de |
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| L’histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d’originaux et beaucoup de copies. |
| TOCQUEVILLE Alexis de – L’Ancien Régime et la Révolution, Livre Il, chap. 6 |
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| Les peuples démocratiques haïssent souvent les dépositaires du pouvoir central ; mais ils aiment toujours ce pouvoir lui-même. |
| TOCQUEVILLE Alexis de – De la démocratie en Amérique |
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| Qui cherche dans la liberté autre chose qu’elle-même est fait pour servir. |
| TOCQUEVILLE Alexis de – L’Ancien Régime et la Révolution |
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| Il ne faut écrire qu’au moment où chaque fois que tu trempes ta plume dans l’encre, un morceau de ta chair reste dans l’encrier. |
| TOLSTOÏ Léon – Mémoires d’Alexandre Golden Veiser |
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| La vraie religion, c’est, concordante avec la raison et le savoir de l’homme, le rapport établi par lui avec la vie infinie qui l’entoure, qui lie sa vie à cet infini et le guide dans ces actes. |
| TOLSTOÏ Léon – Qu’est-ce que la religion ? |
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| Qui aime un chat aime tous les chats. Qui aime son chien n’aime pas les autres. |
| TOPOR Roland – Pense-bêtes, Le cherche midi éditeur 1992, p.22 |
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| Ce n’est qu’en soi et de soi-même déchiré, qu’on puise la sagesse : si tu as soif du savoir, bois ton sang. |
| TOULET Paul-Jean – Les Trois Impostures |
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| Être méchant , c’est se venger d’avance. |
| TOULET Paul-Jean – Les Trois Impostures |
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| Il importe en peinture, que le portrait ressemble au modèle, mais non pas le modèle au portrait. |
| TOULET Paul-Jean – Le carnet de monsieur du Paur, Œuvres complètes, Robert Laffont -Bouquins 1986, p.283 |
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| Il y a des pluies de printemps délicieuses, où le ciel a l’air de pleurer de joie. |
| TOULET Paul-Jean – Les trois impostures, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1986, 50 p.168 |
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| Le pardon n’est parfois qu’une figure de la vengeance. |
| TOULET Paul-Jean – Les Trois Impostures |
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| Les violettes sont le sourire des morts. |
| TOULET Paul-Jean – Contrerimes, Copies |
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| Mon cœur, si doux à prendre / Entre tes mains, / Ouvre-le, ce n’est rien / Qu’un peu de cendre. |
| TOULET Paul-Jean – Les contrerimes |
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| Pour les femmes et les enfants, la liberté c’est de contredire. |
| TOULET Paul-Jean – Les trois impostures, Œuvres complètes, Robert Laffont – Bouquins 1986, 28 p.165 |
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| Quand on a raison, il faut raisonner comme un homme, et comme une femme, quand on a tort. |
| TOULET Paul-Jean – Les Contrerimes (Émile-Paul) |
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| La pitié sans orgueil n’appartient qu’à la femme. |
| TOURGUENIEV Ivan – Étranges Histoires |
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| Autrui, pièce maîtresse de mon univers. |
| TOURNIER Michel – Vendredi ou les limbes du Pacifique, I |
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| C’est apparemment un plaisir égoïste que poursuivent les amants, alors même qu’ils marchent dans la voie de l’abnégation la plus folle. |
| TOURNIER Michel – Vendredi ou les Limbes du Pacifique |
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| Je me demande si la guerre n’éclate pas dans le seul but de permettre à l’adulte de faire l’enfant, de régresser avec soulagement jusqu’à l’âge des panoplies et des soldats de plomb. |
| TOURNIER Michel – Le Roi des aulnes, 1970, Écrits sinistres d’Abel Tiffauges |
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| Qu’est-ce qu’une caresse ? C’est un effleurement qui prend possession de la matière profonde. |
| TOURNIER Michel – Célébrations |
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| Tout est signe. Mais il faut une lumière ou un cri éclatant pour percer notre myopie ou notre surdité. |
| TOURNIER Michel – Le Roi des aulnes, 1970, Écrits sinistres d’Abel Tiffauges |
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| II n’y a pas de suicides, il n ‘y a que des meurtres. |
| TRIOLET Elsa – Les Fantômes armés |
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| J’ai appris que pour être prophète, il suffisait d’être pessimiste. |
| TRIOLET Elsa – Mille regrets |
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| Les barricades n’ont que deux côtés. |
| TRIOLET Elsa – Proverbes d’Elsa (Les Éditeurs français réunis) |
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| Nous sommes mieux avec un rossignol que sans rossignol. |
| TRIOLET Elsa – Le Cheval roux ou les Intentions humaines |
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| Si tout se tait, c’est ma faute. |
| TRIOLET Elsa – Écoutez voir |
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| On ne se débarrasse pas d’une habitude en la flanquant par la fenêtre ; il faut lui faire descendre l’escalier marche par marche. |
| TWAIN Mark |
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| Un classique est quelque chose que tout le monde désire avoir lu et que personne ne désire lire. |
| TWAIN Mark – La disparition de la littérature |
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| Dieu lui-même ne pourrait pas couler ce bateau. |
| Un homme de pont du Titanic – Southampton, 10 avril 1912 |
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| Croire en Dieu, c’est désirer qu’il existe, et c’est en outre se conduire comme s’il existait ; c’est vivre de ce désir et faire de lui notre ressort intime d’action. |
| UNAMUNO Miguel de – Le sentiment tragique de la vie, trad. Marcel Faure-Beaulieu, p.219, Idées/Gallimard n°68 |
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| Dans la religion s’unifient la science, la poésie et l’action. |
| UNAMUNO Miguel de – Journal intime, trad. Paul Drochon, p.34, Éd. du Cerf |
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| La véritable science enseigne, par-dessus tout, à douter et à être ignorant. |
| UNAMUNO Miguel de – Le sentiment tragique de la vie |
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| Une foi qui ne doute pas est une foi morte. |
| UNAMUNO Miguel de – L’agonie du christianisme |
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| C’est en donnant que tu recevras. |
| UPANISHAD – Içavâsya Upanishad |
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| Ce n’est pas pour j’amour du mari que la femme aime son mari, c’est pour l’amour de l’âtman, de l’étincelle divine, qui est dans le mari. Ce n’est pas pour l’amour de l’épouse que le mari aime son épouse, c’est pour l’amour de l’âtman qui est en l’épouse. |
| UPANISHAD – Brihad-Aranyaka Upanishad |
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| Ce n’est pas pour l’amour de l’époux que l’époux est cher, mais pour l’amour de l’Atman ; ce n’est pas pour l’amour de l’épouse que l’épouse est chère, mais pour l’amour de l’Atman. |
| UPANISHAD – Brihadâranyaka Upanishad |
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| Je ne crois pas que je Le connaisse bien, ni même que je Le connaisse, ni même que je ne Le connaisse pas. |
| UPANISHAD – Kena Upanishad, 10. |
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| Le monde est né de l’amour, il est soutenu par l’amour, il va vers l’amour et il entre dans l’amour. |
| UPANISHAD – Taittirîya Upanishad, III, 6, 1 |
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| Le sage ne naît jamais, ne meurt jamais. |
| UPANISHAD – Katha Upanishad, II, 18. |
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| Perds-toi complètement en Brahman comme une flèche qui est entièrement entrée dans la cible. |
| UPANISHAD – Mundaka Upanishad, 2ème, 2, 4 |
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| Celui dont les deux noms commencent, quel mystère ! / Victor comme Virgile et Hugo comme Homère ! |
| VACQUERIE Auguste – Sur Victor Hugo, 1845 |
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| Les tours de Notre- Dame étaient l’H de son nom. |
| VACQUERIE Auguste – Parlant de Victor Hugo |
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| J’aime la désinvolture des riches. Je n’aime pas le contentement des riches. |
| VAILLAND Roger – La Fête, chap. 1, Gallimard |
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| « L’esprit » est peut-être un des moyens que l’Univers s’est trouvé pour en finir au plus vite. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.330, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| Adieu, dit le mourant au miroir qu’on lui tend, nous ne nous verrons plus. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et Autres, Gallimard |
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| Ah ! le soleil… Quelle ombre de tortue / Pour l’âme, Achille immobile à grands pas ! |
| VALÉRY Paul – Poésies, Le Cimetière marin |
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| Aimer, c’est imiter. On l’apprend. Les mots, les actes, les « sentiments » mêmes sont appris. Rôle des livres et des poèmes. L’amour original doit être rarissime. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.315, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| Aucune nation n’aime à considérer ses malheurs comme ses enfants légitimes. |
| VALÉRY Paul – Regards sur le monde actuel |
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| Baisers, baves d’amour, basses béatitudes, / Ô mouvements marins des amants confondus. |
| VALÉRY Paul – Album de vers anciens, Air de Sémiramis (Gallimard) |
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| C’est en copiant qu’on invente. |
| VALÉRY Paul – Propos, 21 mai 1921 |
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| C’est parfois une épine cachée et insupportable que nous avons dans la chair qui nous rend difficiles et durs avec tout le monde. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres |
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| Ce ne sont pas du tout les « méchants » qui font le plus de mal en ce monde. Ce sont les maladroits, les négligents et les crédules. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.387, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est la peau. |
| VALÉRY Paul – L’idée fixe |
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| Ce qui a été cru par tous, et toujours, et partout, a toutes les chances d’être faux. |
| VALÉRY Paul – Tel Quel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.539 |
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| Ce qui apparaît le plus nettement dans une œuvre de maître, c’est la « volonté », le parti pris. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.375, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| Ce qui est le meilleur dans le nouveau est ce qui répond à un désir ancien. |
| VALÉRY Paul – Littérature |
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| Ce qui est simple est toujours faux. Ce qui ne l’est pas est inutilisable. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.864 |
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| Ce qui est terrible dans la mort, ce n’est pas d’en être vaincu, mais de lutter. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres |
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| Ce qui importe véritablement à quelqu’un – j’entends à ce quelqu’un qui est unique et seul par essence – c’est justement ce qui lui fait sentir qu’il est seul. |
VALÉRY Paul – Monsieur Teste, p.129, L’Imaginaire/Gallimard n°29
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| Ce qui n’est pas fixé n’est rien. Ce qui est fixé est mort. |
| VALÉRY Paul – Autres Rhumbs |
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| Ce qui ne ressemble à rien est inconnaissable. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Psychologie p.994 |
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| Ce qui ne ressemble à rien n’existe pas. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et Autres, Gallimard |
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| Ce sont les questions qui font le philosophe. |
| VALÉRY Paul – Autres Rhumbs |
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| Ceci est la pensée la plus étrange du monde : il y aura des hommes après nous. |
| VALÉRY Paul |
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| Celui qui n’a pas nos répugnances nous répugne. |
| VALÉRY Paul – Mélange, p.325, in Œuvres t.1, La Pléiade |
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| Ceux qui comprennent ne comprennent pas qu’on ne comprenne pas. |
| VALÉRY Paul |
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| Ceux qui ne savent pas dire ou répugnent à dire des choses vagues sont souvent muets et toujours malheureux. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.373, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| Chaque atome de silence / Est la chance d’un fruit mûr. |
| VALÉRY Paul – « Palmes », dans Charmes, 1922 |
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| Chaque homme sait une quantité prodigieuse de choses qu’il ignore qu’il sait. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres |
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| Contre-épreuve, négatif, d’une phrase illustre : Le vacarme intermittent des petits coins où nous vivons nous rassure. |
| VALÉRY Paul – Tel Quel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.696 |
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| Craignez celui qui veut avoir raison. |
| VALÉRY Paul – Mélange, p.331, in Œuvres t.1, La Pléiade |
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| Dans le métier de philosophe, il est essentiel de ne pas comprendre. |
| VALÉRY Paul – Variété |
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| De ce qui occupe le plus, c’est de quoi l’on parle le moins. Ce qui est toujours dans l’esprit, n’est presque jamais sur les lèvres. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres |
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| Deux dangers ne cessent de menacer le monde ; l’ordre et le désordre. |
| VALÉRY Paul |
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| Dieu a tout fait de rien. Mais le rien perce. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et Autres, Gallimard. |
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| Dieu créa l’homme et, ne le trouvant pas assez seul, il lui donna une compagne pour lui faire mieux sentir sa solitude. |
| VALÉRY Paul |
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| Divers théologiens pourraient nous faire croire que Dieu est bête. |
| VALÉRY Paul – Tel quel |
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| Écrire en Moi-naturel. Tels écrivent en Moi-dièse. |
| VALÉRY Paul – Rhumbs (Gallimard) |
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| En cas de mouvement d’humeur, regarder l’heure et la noter. Regarder la petite aiguille des secondes. Cela travaille tout seul contre le mal et le bien. |
| VALÉRY Paul – Mélange, p.390, in Œuvres s t.1, La Pléiade |
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| Entre deux mots il faut choisir le moindre. |
| VALÉRY Paul – Tel Quel, Littérature |
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| Entre les hommes il n’existe que deux relations : la logique ou la guerre. |
VALÉRY Paul – Monsieur Teste, p.109, L’Imaginaire/Gallimard n°29
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| Ex nihilo : Dieu a tout fait de rien. Mais le rien perce. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.907 |
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| Faut-il que des gens soient bêtes pour me trouver intelligent ! |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Ego p.85 |
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| Génie ! Ô longue impatience ! |
| VALÉRY Paul – Poésies, Ébauche d’un serpent |
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| Grands Dieux ! Je perds en vous mes pas déconcertés ! |
| VALÉRY Paul – La Jeune Parque (Gallimard) |
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| Honneur des hommes, Saint LANGAGE. |
| VALÉRY Paul – Poésies, la Pythie |
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| Hugo est un milliardaire. Ce n’est pas un prince. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées |
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| Il est impossible de comprendre et de punir à la fois. |
VALÉRY Paul –  |
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| Il fallait être Newton pour apercevoir que la lune tombe, quand tout le monde voit bien qu’elle ne tombe pas. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.384, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| Il faut être léger comme l’oiseau et non comme la plume |
| VALÉRY Paul – Choses lues (Gallimard) |
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| Il faut n’appeler science que l’ensemble des recettes qui réussissent toujours. Tout le reste est littérature. |
| VALÉRY Paul – Tel quel |
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| Il faut toujours s’excuser de bien faire – rien ne blesse plus. |
| VALÉRY Paul – Moralités (Gallimard) |
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| Il faut, un jour d’énergie, prendre le livre que l’on tient pour ennuyeux, lui ordonner d’être, essayer de reconstituer l’intérêt qu’y a pris l’auteur. |
| VALÉRY Paul – Tel Quel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.640 |
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| Il n’y a que ceux qui ne cherchent rien qui ne rencontrent jamais l’obscurité. |
VALÉRY Paul – Monsieur Teste, p.89, L’Imaginaire/Gallimard n°29
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| Il y a science des choses simples et art des choses compliquées. |
VALÉRY Paul –  |
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| Ils ont fondu dans une absence épaisse, / L’argile rouge a bu la blanche espèce, / Le don de vivre a passé dans les fleurs. |
| VALÉRY Paul – Poésies, Le Cimetière marin |
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| Intellectuels ? Ceux qui donnent des valeurs à ce qui n’en a point. |
| VALÉRY Paul – |
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| J’aime mieux être lu plusieurs fois par un seul qu’une seule fois par plusieurs. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Ego scriptor p.252 |
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| J’aimerais infiniment mieux écrire en toute conscience et dans une entière lucidité quelque chose de faible, que d’enfanter à la faveur d’une transe et hors de moi-même un chef-d’œuvre d’entre les plus beaux. |
| VALÉRY Paul – Lettre sur Mallarmé, in Vanité |
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| Jamais l’objet d’un poète n’est et ne peut être de nous apprendre qu’il pleut. |
| VALÉRY Paul – Propos sur la poésie |
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| Je n’hésite pas à le déclarer, le diplôme est l’ennemi mortel de la culture. |
| VALÉRY Paul – Variété, le Bilan de l’intelligence. |
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| Je ne sais pas ce qu’est la conscience d’un sot, mais celle d’un homme d’esprit et pleine de sottises. |
| VALÉRY Paul – Monsieur Teste, Gallimard |
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| Je ne suis pas toujours de mon avis. |
| VALÉRY Paul – Cahiers, Gallimard |
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| L’action est une brève folie. |
VALÉRY Paul –  |
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| L’amour consiste à pouvoir être bêtes ensemble. |
| VALÉRY Paul – Monsieur Teste, p.49, L’Imaginaire/Gallimard n°29 |
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| L’analyse est parfois un moyen de se dégoûter en détail de ce qui était supportable dans son ensemble. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et Autres, Gallimard. |
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| L’avenir est la parcelle la plus sensible de l’instant. |
| VALÉRY Paul – Mélange, p.307, in Œuvres t.1, La Pléiade |
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| L’espoir fait vivre, mais comme sur une corde raide. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.864 |
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| L’espoir voit un défaut de la cuirasse des choses. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et autres (Gallimard) |
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| L’esprit condamne tout ce qu’il n’envie pas. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.325, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| L’esprit est une puissance de prêter à une circonstance actuelle les ressources du passé et les énergies du devenir. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.299, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| L’essence du classicisme est de venir après. L’ordre suppose un certain désordre qu’il vient réduire. |
| VALÉRY Paul – Situation de Baudelaire, in Variété |
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| L’Europe deviendra-t-elle ce qu’elle est en réalité, c’est-à-dire : un petit cap du continent asiatique ? |
| VALÉRY Paul – La Crise de l’esprit, II, in Variété |
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| L’existence des voisins est la seule défense des nations contre une perpétuelle guerre civile. |
| VALÉRY Paul – |
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| L’expression d’un sentiment est toujours absurde. |
| VALÉRY Paul – Monsieur Teste, p.21, L’Imaginaire/Gallimard n°29 |
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| L’Histoire est la science des choses qui ne se répètent pas. |
| VALÉRY Paul – Variété, « Discours de l’histoire », Gallimard |
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| L’Histoire justifie ce que l’on veut. Elle n’enseigne rigoureusement rien, car elle contient tout, et donne des exemples de tout. Elle est le produit le plus dangereux que la chimie de l’intellect ait élaboré. |
| VALÉRY Paul – Regards sur le monde actuel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.935 |
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| L’homme a inventé le pouvoir des choses absentes. |
VALÉRY Paul –  |
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| L’homme de génie est celui qui m’en donne. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.881 |
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| L’homme est absurde par ce qu’il cherche, grand par ce qu’il trouve. |
| VALÉRY Paul – Moralités |
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| L’homme est adossé à sa mort comme le causeur à la cheminée. |
| VALÉRY Paul – |
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| L’homme est un animal enfermé à l’extérieur de sa cage. |
| VALÉRY Paul – Tel quel |
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| L’homme est un animal enfermé à l’extérieur de sa cage. Il s’agite hors de soi. |
| VALÉRY Paul – Moralités |
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| L’homme heureux est celui qui se retrouve avec plaisir au réveil, se reconnaît celui qu’il aime d’être. |
| VALÉRY Paul – Mélange, p.327, in Œuvres t.1, La Pléiade |
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| L’homme moderne est l’esclave de la modernité : il n’est point de progrès qui ne tourne pas à sa plus complète servitude. |
| VALÉRY Paul – |
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| L’homme se sent libre. Mais mon bras, fort souvent, ne se sent aucun poids. Il n’en pèse pas moins. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Philosophie p.754 |
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| L’homme vaut-il la peine de déranger un Dieu pour le « créer » ? |
| VALÉRY Paul – Mélange, p.314, in Œuvres t.1, La Pléiade |
|
| L’homme vaut-il la peine de déranger un Dieu pour le « créer » ? |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et autres (Gallimard) |
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| L’idéal est une manière de bouder. |
| VALÉRY Paul – Rhumbs (Gallimard) |
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| L’incohérence d’un discours dépend de celui qui l’écoute. |
| VALÉRY Paul – Monsieur Teste, p.27, L’Imaginaire/Gallimard n°29 |
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| L’infini […] est une affaire d’écriture. L’univers n’existe que sur le papier. |
VALÉRY Paul – Monsieur Teste, p.107, L’Imaginaire/Gallimard n°29
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| L’insecte net gratte la sécheresse. |
| VALÉRY Paul – Charmes, le Cimetière marin (Gallimard) |
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| L’inspiration est l’hypothèse qui réduit l’auteur au rôle d’observateur. |
| VALÉRY Paul – Tel Quel, Choses tues |
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| L’intelligence – faculté de reconnaître sa sottise. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Psychologie p.998 |
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| L’objet profond de l’artiste est de donner plus qu’il ne possède. |
| VALÉRY Paul – Cahiers, Gallimard |
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| L’optimiste et le pessimiste ne s’opposent que sur ce qui n’est pas. |
VALÉRY Paul –  |
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| La bêtise n’est pas mon fort. |
| VALÉRY Paul – La Soirée avec Monsieur Teste |
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| La conscience règne et ne gouverne pas. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et Autres, Gallimard |
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| La définition du Beau est facile : il est ce qui désespère. |
| VALÉRY Paul – Variété, Lettre sur Mallarmé |
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| La douleur est toujours question et le plaisir, réponse. |
| VALÉRY Paul – |
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| La faiblesse de la force est de ne croire qu’à la force. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et autres (Gallimard) |
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| La famille est un milieu où le minimum de plaisir avec le maximum de gêne font ménage ensemble. |
| VALÉRY Paul – |
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| La fin du monde. Dieu se retourne et dit : « J’ai fait un rêve ». |
| VALÉRY Paul – |
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| La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. |
| VALÉRY Paul |
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| La jeunesse est un temps pendant lequel les conventions sont, et doivent être, mal comprises : ou aveuglément combattues, ou aveuglément obéies. |
| VALÉRY Paul – Monsieur Teste, préface, p.9, L’Imaginaire/Gallimard n°29 |
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| La mémoire est l’avenir du passé. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Mémoire p.1256 |
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| La mer, la mer, toujours recommencée ! |
| VALÉRY Paul – Charmes, le Cimetière marin (Gallimard) |
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| La mort enlève tout sérieux à la vie. |
| VALÉRY Paul – Tel quel, « Analecta CVI », Gallimard |
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| La mort nous parle d’une voix profonde pour ne rien dire. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et Autres, Gallimard |
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| La nuque est un mystère pour l’œil. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres |
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| La philosophie ne consiste-t-elle pas, après tout, à faire semblant d’ignorer ce que l’on sait et de savoir ce que l’on ignore ? |
| VALÉRY Paul – L’Homme et la Coquille, Gallimard |
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| La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a…
– Mieux vaut souvent qu’elle le garde ! |
VALÉRY Paul – Mélange, p.388, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| La plus grande liberté naît de la plus grande rigueur. |
| VALÉRY Paul |
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| La politesse, c’est l’indifférence organisée. |
| VALÉRY Paul – Tel Quel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.621 |
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| La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. |
| VALÉRY Paul – Rhumbs, Tel Quel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.615 |
|
| La première chose à faire si l’on veut détruire quelque opinion, elle est de s’en faire maître un peu plus que ceux mêmes qui la soutiennent le mieux. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.380, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| La santé, c’est le silence des organes. |
| VALÉRY Paul |
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| La syntaxe est une faculté de l’âme. |
| VALÉRY Paul – Choses lues, in Tel quel |
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| La vérité a besoin de mensonge – car comment la définir sans contraste ? |
| VALÉRY Paul – |
|
| La vérité est un moyen. Il n’est pas le seul. |
| VALÉRY Paul – |
|
| La vie est à peine un peu plus vieille que la mort. |
| VALÉRY Paul – |
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| La vie est la conservation du possible. |
| VALÉRY Paul – Mélange, p.288, in Œuvres t.1, La Pléiade |
|
| La vie… cet aperçu. |
| VALÉRY Paul – Mélange, p.325, in Œuvres t.1, La Pléiade |
|
| Le « déterminisme » est la seule manière de se représenter le monde. Et l’indéterminisme, la seule manière d’y exister. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Philosophie p.531 |
|
| Le baccalauréat est le certificat que donne l’État et qui atteste à tous que le jeune Untel ne sait absolument rien faire. |
| VALÉRY Paul – Cahiers |
|
| Le bonheur est la plus cruelle des armes aux mains du temps. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres |
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| Le désir d’originalité est le père de tous les emprunts, de toutes les limitations. Rien de plus original, rien de plus « soi » que se nourrir des autres. |
| VALÉRY Paul |
|
| Le diable ne demande jamais rien d’impossible. |
| VALÉRY Paul – Mélange, p.328, in Œuvres t.1, La Pléiade |
|
| Le fond de la pensée est pavé de carrefours. |
| VALÉRY Paul – Quelques pensées de Monsieur Teste |
|
| Le gel cède à regret ses derniers diamants. |
| VALÉRY Paul – La Jeune Parque |
|
| Le génie est une habitude que prennent certains. |
| VALÉRY Paul – |
|
| Le goût est fait de mille dégoûts. |
| VALÉRY Paul – Tel quel, « Choses tues », Gallimard |
|
| Le grand triomphe de l’adversaire est de vous faire croire ce qu’il dit de vous. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et Autres, Gallimard |
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| Le Hasard ne se peut regarder fixement. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Temps, p.1305 |
|
| Le luxe m’est indifférent. Je ne regarde pas les « belles choses ». C’est en faire qui m’intéresse, en imaginer, en réaliser. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.319, in Œuvres t.1, La Pléiade
|
|
| Le manque d’un seul mot fait mieux vivre une phrase. Elle s’ouvre plus vaste et propose à l’esprit d’être un peu plus esprit pour combler la lacune. |
| VALÉRY Paul – Variété, Dialogue de l’arbre |
|
| Le martyr : j’aime mieux mourir que de… réfléchir. |
| VALÉRY Paul – Tel quel |
|
| Le mélange d’Amour avec Esprit est la boisson la plus enivrante. L’âge y joint ses profondes amertumes, sa noire lucidité – donne valeur infinie à la goutte de l’instant. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.317, in Œuvres t.1, La Pléiade
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|
| Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’Opinion. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.376, in Œuvres t.1, La Pléiade
|
|
| Le moderne se contente de peu. |
VALÉRY Paul –  |
|
| Le moi est haïssable… mais il s’agit de celui des autres. |
| VALÉRY Paul – Mélange (1939), Œuvres I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1957, p.325 |
|
| Le moment où le petit enfant prend conscience du pouvoir de ses pleurs n’est pas différent de celui où il en fait un moyen de pression et de gouvernement. |
| VALÉRY Paul – Autres rhumbs |
|
| Le monde ne vaut que par les extrêmes et ne dure que par les moyens. Il ne vaut que par les ultras et ne dure que par les modérés. |
VALÉRY Paul –  |
|
| Le paradoxe, c’est le nom que les imbéciles donnent à la vérité. |
| VALÉRY Paul |
|
| Le peintre ne doit pas faire ce qu’il voit, mais ce qui sera vu. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et autres |
|
| Le plus farouche orgueil naît surtout à l’occasion d’une impuissance. |
| VALÉRY Paul – Moralités |
|
| Le poème, cette hésitation prolongée entre le son et le sens. |
| VALÉRY Paul – Tel quel |
|
| Le poète se consacre et se consume à définir et à construire un langage dans le langage. |
| VALÉRY Paul – Variété, Situation de Baudelaire |
|
| Le rêve est une hypothèse, puisque nous ne le connaissons jamais que par le souvenir, mais ce souvenir est nécessairement une fabrication. |
| VALÉRY Paul – Variété |
|
| Le réveil fait aux rêves une réputation qu’ils ne méritent pas. |
| VALÉRY Paul |
|
| Le rire dit : Je ne suis pas comme cela, MOI ! |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Psychologie p.965 |
|
| Le seul manque d’un mot fait mieux vivre une phrase : elle s’ouvre plus vaste et propose à l’esprit d’être un peu plus esprit pour combler la lecture. |
| VALÉRY Paul – Dialogues |
|
| Le si est un instrument essentiel de l’action mentale. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I |
|
| Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n’est rien. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.375, in Œuvres t.1, La Pléiade
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|
| Le Temps scintille et le songe est Savoir. |
| VALÉRY Paul – Poésies, Le Cimetière marin |
|
| Le veau d’or ? Il vaudra moins cher demain que le veau naturel. |
| VALÉRY Paul – Mon faust |
|
| Les « raisons » qui font que l’on s’abstient des crimes sont plus honteuses, plus secrètes que les crimes. |
| VALÉRY Paul – Choses lues (Gallimard) |
|
| Les belles œuvres sont filles de leur forme, qui naît avant elles. |
| VALÉRY Paul – cité par André Maurois, Olympio, Hachette |
|
| Les bons souvenirs sont des bijoux perdus. |
VALÉRY Paul –  |
|
| Les débats les plus violents ont toujours eu lieu entre des doctrines ou des dogmes très peu différents. |
| VALÉRY Paul – Tel Quel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.517 |
|
| Les esprits valent selon ce qu’ils exigent. Je vaux ce que je veux. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.876 |
|
| Les excellents vers se reconnaissent à ceci qu’on n’y peut changer ni déplacer un seul mot. |
| VALÉRY Paul – Conférence au Vieux Colombier |
|
| Les grands hommes meurent deux fois, une fois comme hommes, et une fois comme grands. |
| VALÉRY Paul – Carnet B 1910, Gallimard |
|
| Les grands hommes sont ceux dont les fautes ne comptent pas. Leur perte même les exhausse. |
VALÉRY Paul –  |
|
| Les hommes se distinguent par ce qu’ils montrent et se ressemblent par ce qu’ils cachent. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.346, in Œuvres t.1, La Pléiade
|
|
| Les idées précises conduisent souvent à ne rien faire. |
| VALÉRY Paul – Mélange, p.341, in Œuvres t.1, La Pléiade |
|
| Les livres ont les mêmes ennemis que l’homme : le feu, l’humide, les bêtes, le temps, et leur propre contenu. |
| VALÉRY Paul – Moralités |
|
| Les maîtres sont ceux qui nous montrent ce qui est possible dans l’ordre de l’impossible. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.330, in Œuvres t.1, La Pléiade
|
|
| Les obstacles sont les signes ambigus devant lesquels les uns désespèrent, les autres comprennent qu’il y a quelque chose à comprendre. Mais il en est qui ne les voient même pas… |
| VALÉRY Paul – Degas Danse Dessin (1936), Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.1209 |
|
| Les petits faits inexpliqués contiennent toujours de quoi renverser toutes les explications des grands faits |
| VALÉRY Paul – Choses lues (Gallimard) |
|
| Les plus « profondes » questions du monde : – Comment n’as-tu pas pensé à cela ? – Et toi, comment y as-tu pensé ? |
VALÉRY Paul – Mélange, p.307, in Œuvres t.1, La Pléiade
|
|
| Les raisons qui font que l’on s’abstient des crimes sont plus honteuses, plus secrètes que les crimes. |
| VALÉRY Paul – |
|
| Les trois quarts de la métaphysique constituent un simple chapitre de l’histoire du verbe Être. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Philosophie p.689 |
|
| Les uns sont assez bêtes pour s’aimer ; les autres pour se haïr.
Deux manières de se tromper. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.288, in Œuvres t.1, La Pléiade
|
|
| Les vilaines pensées viennent du cœur. |
| VALÉRY Paul – Mélange, p.376, in Œuvres t.1, La Pléiade |
|
| Liberté : c’est un de ces détestables mots qui ont plus de valeur que de sens, qui chantent plus qu’ils ne parlent. |
VALÉRY Paul – Regards sur le monde actuel |
|
| Ma modestie est grande. Quand elle se hausse sur les pointes, elle arrive presque au nombril de mon orgueil. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Ego p.79 |
|
| Méditer en philosophe, c’est revenir du familier à l’étrange et, dans l’étrange, affronter le réel. |
| VALÉRY Paul – Choses tues, Gallimard |
|
| Métaphysicien – Homme qui parle trop tôt. Attendez éternellement que vous en sachiez un peu plus. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Philosophie p.580 |
|
| Mon âme a plus de soif d’être étonnée que de toute autre chose. |
| VALÉRY Paul – Monsieur Teste, p.40, L’Imaginaire/Gallimard n°29 |
|
| Monsieur Teste pense que l’amour consiste à être bête ensemble. |
| VALÉRY Paul – Monsieur Teste |
|
| Nietzsche n’est pas une nourriture – c’est un excitant. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Philosophie p.486 |
|
| Nos contradictions font la substance de notre activité d’esprit. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.325, in Œuvres t.1, La Pléiade
|
|
| Nos plus importantes pensées sont celles qui contredisent nos sentiments. |
| VALÉRY Paul – Tel quel, « Rhumbs », Gallimard |
|
| Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. |
| VALÉRY Paul – Variété, La Crise de l’esprit, Première lettre |
|
| Nous entrons dans l’avenir à reculons. |
| VALÉRY Paul – Variété, La Politique de l’esprit |
|
| Nous ne pensons jamais que ce que nous pensons nous cache ce que nous sommes. |
VALÉRY Paul – Monsieur Teste, p.39, L’Imaginaire/Gallimard n°29
|
|
| Nous sommes faits pour ignorer que nous ne sommes pas libres. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Philosophie p.498 |
|
| On dit qu’une conviction est solide quand elle résiste à la conscience qu’elle est fausse. |
| VALÉRY Paul – Mélanges |
|
| On ne pense réellement à soi et l’on n’est soi que quand on ne pense à rien. |
VALÉRY Paul –  |
|
| On parle bien plus volontiers de ce qu’on ignore. Car c’est à quoi l’on pense. Le travail de l’esprit se porte là, et ne peut se porter que là. |
| VALÉRY Paul – Tel Quel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.643 |
|
| On se fait rarement rire seul parce qu’on se surprend difficilement soi-même. |
| VALÉRY Paul – Psychologie |
|
| Ôtez toute chose que j’y voie. |
| VALÉRY Paul – Extraits du Log-book de Monsieur Teste |
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| Patience, patience, / Patience dans l’azur ! Chaque atome de silence / Est la chance d’un fruit mûr ! |
| VALÉRY Paul – Poésies, Palme |
|
| Peu d’esprits s’inquiètent d’examiner la question avant de fournir la réponse. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Philosophie p.602 |
|
| Plaire à soi est orgueil ; aux autres, vanité. |
| VALÉRY Paul – Mélange (1939), Œuvres I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1957, p.390 |
|
| Pour juger quelqu’un, jugez (si vous les connaissez ou devinez) les intentions qu’il vous prête. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.389, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| Proverbe pour les puissants : si quelqu’un te lèche les bottes, mets-lui le pied dessus avant qu’il ne commence à te mordre. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres |
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| Quand il parlait, il ne levait jamais un bras ni un doigt : il avait tué la marionnette. |
| VALÉRY Paul – Monsieur Teste, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.17 |
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| Quand on dit que les mêmes causes produisent les mêmes effets, on ne dit rien. Car les mêmes choses ne se reproduisent jamais – et d’ailleurs on ne peut jamais connaître toutes les causes. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Philosophie p.649 |
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| Que de choses il faut ignorer pour « agir » ! |
| VALÉRY Paul – Tel Quel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.503 |
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| Que serions-nous sans le secours de ce qui n’existe pas ? |
| VALÉRY Paul |
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| Que si le moi est haïssable, aimer son prochain comme soi-même devient une atroce ironie. |
| VALÉRY Paul – Tel Quel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.489 |
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| Quelle injure qu’un compliment ! – On ose me louer ! Ne suis-je pas au delà de toute qualification ? |
VALÉRY Paul – Monsieur Teste, p.68, L’Imaginaire/Gallimard n°29
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| Qui rougit en sait un peu plus qu’il ne devrait en savoir. |
| VALÉRY Paul – |
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| Qui veut faire de grandes choses doit penser profondément aux détails. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.893 |
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| Quoi d’imprévu pour qui n’a rien prévu ? |
| VALÉRY Paul – |
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| Rendre purement possible ce qui existe ; réduire ce qui se voit au purement visible, telle est l’œuvre profonde. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.351, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| Rien de plus dangereux que l’homme qui agit bien et pense mal. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.324, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| Rien n’est plus dangereux qu’une idée quand on en a qu’une. |
| VALÉRY Paul |
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| Si l’État est fort, il nous écrase. S’il est faible, nous périssons. |
| VALÉRY Paul – Regards sur le monde actuel |
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| Si le « moi » est haïssable, aimer son prochain « comme soi-même » devient une atroce ironie. |
| VALÉRY Paul – Tel quel, Gallimard |
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| Si quelqu’un traite quelqu’un de sophiste, c’est qu’il se sait plus sot. Qui ne peut attaquer le raisonnement, attaque le raisonneur. |
| VALÉRY Paul – Tel Quel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.685 |
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| Si tous les hommes étaient également éclairés, également critiques, et surtout également courageux, toute société serait impossible ! |
VALÉRY Paul –  |
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| Souffrir, c’est donner à quelque chose une attention suprême. |
| VALÉRY Paul – Monsieur Teste, p.33, L’Imaginaire/Gallimard n°29 |
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| Tendresse est tendance à se livrer en toute faiblesse à la douceur d’être faible. Mais d’où vient ce » plaisir » ? Cette faiblesse, il est vrai, cet attendrissement, prépare un coup d’extrême force. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.288, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| Toujours nous sommes interrompus, jamais nous ne sommes achevés. |
| VALÉRY Paul – Fontaine |
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| Tous nos ennemis sont mortels. |
| VALÉRY Paul |
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| Toute critique, tout blâme revient à dire : je ne suis pas toi. |
| VALÉRY Paul – Rhumbs |
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| Toute philosophie pourrait se réduire à rechercher laborieusement cela même que l’on sait naturellement. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et Autres, Gallimard |
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| Toute politique se fonde sur l’indifférence de la plupart des intéressés, sans laquelle il n’y a point de politique possible. |
| VALÉRY Paul – Regards sur le monde actuel, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.947 |
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| Trouver n’est rien. Le difficile est de s’ajouter ce qu’on trouve. |
| VALÉRY Paul – Monsieur Teste, la Soirée avec Monsieur Teste, p.19, L’Imaginaire/Gallimard n°29 |
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| Tu ne m’apprends rien si tu ne m’apprends à faire quelque chose. |
| VALÉRY Paul – Cahiers I, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1973, Philosophie p.735 |
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| Tu ne me lirais pas si tu ne m’avais déjà compris. |
| VALÉRY Paul – Variété, Lettre sur Mallarmé |
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| Un chef est un homme qui a besoin des autres. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres, Œuvres II, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1960, p.900 |
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| Un État est d’autant plus fort qu’il peut conserver en lui ce qui vit et agit contre lui. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et autres |
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| Un homme avait le numéro de loterie 60015. Le 60016 sortit. Cet homme crut avoir été près de gagner. |
VALÉRY Paul – Mélange, p.382, in Œuvres t.1, La Pléiade
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| Un homme compétent est un homme qui se trompe selon les règles. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises pensées et autres |
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| Un homme d’affaires, c’est un croisement entre un danseur et une machine à calculer. |
VALÉRY Paul – |
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| Un homme qui renonce au monde se met dans la condition de le comprendre. |
| VALÉRY Paul – Variété, Stéphane Mallarmé |
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| Un homme sérieux a peu d’idées. Un homme d’idées n’est jamais sérieux. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et autres (Gallimard) |
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| Un homme tirait au sort toutes ses décisions. Il lui arriva pas plus de mal qu’aux autres qui réfléchissent. |
| VALÉRY Paul – Tel quel |
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| Un métier indéfiniment approfondi mène à tout l’esprit qu’on peut espérer d’avoir. |
| VALÉRY Paul – Dans A. SAUVY, L’Économie du diable, Calmann-Lévy |
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| Un sentiment bien circonscrit est un sentiment mutilé. |
| VALÉRY Paul – Mélanges, Gallimard |
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| Une chose que l’on ne connaît que par les journaux et les livres, on peut jurer qu’on ne la connaît pas. |
VALÉRY Paul – |
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| Une femme intelligente est une femme avec laquelle on peut être aussi bête que l’on veut. |
| VALÉRY Paul – Mauvaises Pensées et autres |
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| Véritablement bon est l’homme rare qui jamais ne blâme les gens des maux qui leur arrivent. |
| VALÉRY Paul – Tel quel |
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| Cherchez à comprendre le dernier mot de ce que disent dans leurs chefs-d’œuvre les grands artistes, les maîtres sérieux, il y aura Dieu là-dedans. |
| VAN GOGH Vincent – Lettres, à son frère Théo, juillet 1880 |
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| Mon brave, n’oublions pas que les petites émotions sont les grands capitaines de nos vies et qu’à celles-là nous y obéissons sans le savoir. |
| VAN GOGH Vincent – Lettres, à son frère Théo, été 1889 |
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| On ne doit pas plus exhiber sa culture que ces biceps. Il faut qu’elle saille sous la phrase comme les muscles sous le vêtement. |
| VANDEREM Fernand – Gens de Qualité |
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| Lorsque vos yeux me parlent, c’est mon cœur qui vous écoute. |
| VANER Michel |
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| Un homme qui avait souffert toute sa vie dit à Dieu avant de mourir : « Mon Dieu, si tu existes, je te pardonne. » |
| Varillon François – L’Humilité de Dieu |
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| Je m’en vais ou je m’en vas… L’un et l’autre se dit ou se disent. |
| VAUGELAS |
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| C’est un grand signe de médiocrité de louer toujours modérément. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions et maximes, Les moralistes français, Paris, Garnier frères 1875, 12 – p.656 |
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| Ceux qui méprisent l’homme ne sont pas de grands hommes. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Pensées diverses |
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| Ceux qui sont nés éloquents parlent quelquefois avec tant de clarté et de brièveté des grandes choses, que la plupart des hommes n’imaginent pas qu’ils en parlent avec profondeur. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions |
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| Il est plus aisé de dire des choses nouvelles que de concilier celles qui ont été dites. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions |
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| L’art de plaire est l’art de tromper. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions |
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| La clarté est la bonne foi des philosophes. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Pensées diverses |
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| La clarté orne les pensées profondes. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions |
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| La modération des faibles est médiocrité. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions et Maximes |
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| La netteté est le vernis des maîtres. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Maximes |
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| La patience est l’art d’espérer. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions et Maximes |
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| La servitude abaisse les hommes jusqu’à s’en faire aimer. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, Marquis de – Réflexions et Maximes |
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| Le sentiment de nos forces les augmente. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions et maximes, Les moralistes français, Paris, Garnier frères 1875, 75 – p.658 |
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| Les conseils de la vieillesse éclairent sans réchauffer, comme le soleil d’hiver. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions et Maximes |
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| Les grandes pensées viennent du cœur. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions |
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| Les hommes sont si sensibles à la flatterie que lors même qu’ils pensent que c’est flatterie, ils ne laissent pas d’en être les dupes. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Physiologie de l’Amour moderne |
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| Les paresseux ont toujours envie de faire quelque chose. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions et Maximes |
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| Nous aimons quelquefois jusqu’aux louanges que nous ne croyons pas sincères. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions et Maximes |
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| Nous n’avons pas assez d’amour-propre pour dédaigner le mépris l’autrui. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, Marquis de – Réflexions et Maximes |
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| Pour exécuter de grandes choses, il faut vivre comme si on ne devait jamais mourir. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions et maximes, 142 |
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| Quand on a beaucoup de lumières, on admire peu ; lorsque l’on en manque, de même. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions |
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| Quand on sent qu’on n a pas de quoi se faire estimer de quelqu’un, on est bien près de le haïr. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, Marquis de – Réflexions et Maximes |
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| Qui sait tout souffrir peut tout oser. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de – Réflexions et maximes, Les moralistes français, Paris, Garnier frères 1875, 189 – p.661 |
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| Un livre bien neuf et bien original serait celui qui nous ferait aimer de vieilles vérités. |
| VAUVENARGUES Luc de Clapiers, marquis de |
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| À force d’aimer un livre, on finit par se dire qu’il vous aime. |
| VEDRÈS Nicole – Paris, le (Mercure de France) |
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| Ce mot de « jeune », c’est un mot de vieux. |
| VEDRÈS Nicole – Paris, 6e (Le Seuil) |
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| L’homme libre est celui qui n’a pas d’esclaves. |
| VEDRÈS Nicole – Paris, 6e (Le Seuil) |
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| Il n’y a rien de plus ennuyeux qu’une réunion électorale. Un jour, je me suis endormie pendant mon propre discours. |
| VEIL Simone – citée in Le Nouvel Observateur (14 mars 1986) |
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| Quand on aime Dieu à travers le mal comme tel, c’est vraiment dur qu’on aime. |
| VEIL Simone – La Pesanteur et la Grâce, Plon |
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| L’animal fait un avec la nature. L’homme fait deux. |
| VERCORS – Les Animaux dénaturés, chap. 15 |
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| Bien n’est plus beau, malgré l’angoisse et le tourment, / Que la bataille avec l’énigme et les ténèbres. |
| VERHAEREN Émile – Les forces tumultueuses, Les Cultes |
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| Homme, tout affronter vaut mieux que tout comprendre / La vie est à monter, et non pas à descendre. |
| VERHAEREN Émile – Les Rêves, in La Multiple Splendeur. |
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| Au calme clair de lune triste et beau / Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres / Et sangloter d’extase les jets d’eau / Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres. |
| VERLAINE Paul – Clair de lune |
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| De la musique avant toute chose. / Et pour cela préfère l’impair / Plus vague et plus soluble dans l’air. |
| VERLAINE Paul – Art poétique |
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| Et je m’en vais / Au vent mauvais / Qui m’emporte / De çà, de là, / Pareil à la / Feuille morte. |
| VERLAINE Paul – Poèmes sasurniens |
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| Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a / L’inflexion des voix chères qui se sont tues. |
| VERLAINE Paul – Poèmes saturniens |
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| Il ne faut jamais juger les gens sur leurs fréquentations : Judas, par exemple, avait des amis irréprochables. |
| VERLAINE Paul |
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| Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville, / Quelle est cette langueur / Qui pénètre mon cœur ? |
| VERLAINE Paul – Romances sans paroles |
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| Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant / D’une femme inconnue, et que j’aime, et lui m’aime, / Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même / Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend. |
| VERLAINE Paul – Poèmes saturniens |
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| Je suis venu, calme orphelin, / Riche de mes seuls yeux tranquilles, / Vers les hommes des grandes villes ; / Ils ne m’ont pas trouvé malin. |
| VERLAINE Paul – Sagesse, III, 4. |
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| La chair est sainte ! II faut qu’on la vénère. |
| VERLAINE Paul – Don Juan pipé, in Jadis et Naguère |
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| Les sanglots longs / Des violons / De l’automne / Blessent mon cœur / D’une langueur / Monotone. |
| VERLAINE Paul – Poèmes saturniens |
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| Pas la Couleur, rien que la Nuance. |
| VERLAINE Paul – Jadis et naguère, Art poétique |
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| Pauvre Lélian ! |
| VERLAINE Paul |
|
| Prends l’éloquence et tords-lui son cou ! |
| VERLAINE Paul – Art poétique, in Jadis et Naguère |
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| Que ton vers soit la bonne aventure / Éparse au vent crispé du matin / Qui va fleurant la menthe et le thym. / Et tout le reste est littérature. |
| VERLAINE Paul – Jadis et naguère |
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| Son regard est pareil au regard des statues / Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave elle a / L’inflexion des voix chères qui se sont tues. |
| VERLAINE Paul – Poèmes saturniens |
|
| Te souvient-il de notre extase ancienne ? / Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne ? |
| VERLAINE Paul – Fêtes galantes |
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| Un vaste et tendre / Apaisement / Semble descendre / Du firmament / Que l’astre irise… / C’est l’heure exquise. |
| VERLAINE Paul – Fêtes galantes, La bonne Chanson, VI |
|
| Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches/ Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous./ Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches / Et qu’à vos yeux si beaux, l’humble présent soit doux. |
| VERLAINE Paul – Poèmes saturniens, Romances sans parole |
|
| L’amnistie est un acte par lequel les gouvernements pardonnent les injustices qu’ils ont commises. |
| VÉRON Pierre |
|
| Le courage, c’est l’art d’avoir peur sans que cela paraisse. |
| VÉRON Pierre |
|
| Rides : des sillons où, la plupart du temps, il n’a rien poussé. |
| VÉRON Pierre – Le Carnaval du Dictionnaire |
|
| Les grammatistes trouve des taches dans le soleil, et ces taches n’existent que sur leurs médiocres lunettes. |
| VEUILLOT Louis – |
|
| L’argent ne fait pas le bonheur. Surtout quand on en manque. |
| VIALATTE Alexandre – Chroniques de La Montagne (1), Robert Laffont – Bouquins 2000, 389 – 9 août 1960 p.882 |
|
| On n’arrête pas le progrès, il s’arrête tout seul. |
| VIALATTE Alexandre |
|
| On n’arrête pas le progrès. Il s’arrête de lui-même. Il possède un déclic interne qui le stoppe automatiquement au moment où ce serait trop beau. |
| VIALATTE Alexandre – Chroniques de La Montagne (1), Robert Laffont – Bouquins 2000, 459 – 19 décembre 1961 p.1022 |
|
| Tous les grands conquérants ont été contre les guerres, Ils se dépêchaient de gagner pour en finir plus vite. |
| VIALATTE Alexandre – Chroniques de La Montagne (1), Robert Laffont – Bouquins 2000, 313 – 20 janvier 1959 p.714 |
|
| Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tous les hommes, c’est celui de chacun. |
| VIAN Boris – L’Écume des jours |
|
| Je conteste qu’une chose aussi inutile que la souffrance puisse donner des droits quels qu’ils soient, à qui que ce soit, sur quoi que ce soit. |
| VIAN Boris – L’Arrache-cœur, Deuxième partie, chap. 3 |
|
| Le génie est une longue patience, c’est une réflexion de génie pas doué. |
| VIAN Boris – Textes et Chansons (Julliard) |
|
| Le propre du militaire est le sale du civil. |
| VIAN Boris – En verve (P. Horay) |
|
| Les prophètes ont toujours tort d’avoir raison. |
| VIAN Boris – L’Herbe rouge (Toutain) |
|
| Supprimez le conditionnel et vous aurez détruit Dieu. |
| Vian Boris – En verve |
|
| Si je voulais verser quelque goutte d’encre sur vos actions, je noircirais toute votre vie. |
| VIAU Théophile de – Lettre à [Guez de] Balzac |
|
| Ton ombre suit ton corps de trop près, ce me semble, / Car nous deux seulement devons aller ensemble. |
| VIAU Théophile de – Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé, IV, 1 |
|
| Vivre, c’est se réveiller dans la nuit dans l’impatience du jour à venir, c’est s’émerveiller de ce que le miracle quotidien se reproduise pour nous une fois encore, c’est avoir des insomnies de joie. |
| VICTOR Paul-Émile |
|
| Je suis riche des biens dont je sais me passer. |
| VIGÉE Louis – Épître à Ducis sur les avantages de la médiocrité |
|
| Aimez ce que jamais on ne verra deux fois. |
| VIGNY Alfred de – Les Destinées, III |
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| Ami, qu’est-ce qu’une grande vie, sinon une pensée de la jeunesse exécutée par l’âge mûr. |
| VIGNY Alfred de – Cinq-Mars, chap. XX, La lecture |
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| C’est en vain que d’eux tous le sang m’a fait descendre. / Si j’écris leur histoire, ils descendront de moi. |
| VIGNY Alfred de – Les Destinées, L’Esprit pur, II |
|
| C’est le rêve qui est ma vie réelle, et la vie en est la distraction. |
| VIGNY Alfred de – Journal d’un Poète, 1859 |
|
| Fatalité et Providence, même chose. |
| VIGNY Alfred de – Journal d’un Poète, 1834 |
|
| Hélas ! Je suis, Seigneur, puissant et solitaire, / Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre ! |
| VIGNY Alfred de – Poèmes antiques et modernes, Moïse |
|
| Il se courbe à genoux le front contre la terre / Puis regarde le ciel en appelant « Mon Père ! » / Mais le ciel reste noir et Dieu ne répond pas. |
| VIGNY Alfred de – Les Destinées, Le Mont des oliviers |
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| J’ai fait illustre un nom qu’on m’a transmis sans gloire. / Qu’il soit ancien, qu’importe ? Il n’aura de mémoire / Que du jour seulement où mon front l’a porté. |
| VIGNY Alfred de – Les Destinées, L’Esprit pur, I |
|
| J’aime la majesté des souffrances humaines. |
| VIGNY Alfred de – Les Destinées, III – La Maison du berger |
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| J’aime le son du cor, le soir, au fond des bois… Dieu que le son du cor est triste au fond des bois ! |
| VIGNY Alfred de – Poésies, Paris, A. Lemerre 1883 [BnF], Livre moderne, Le Cor, p.133 |
|
| Je ne peux plus lire que les livres qui me font travailler. Sur les autres, ma pensée glisse comme sur du marbre. – J’aime à labourer. |
| VIGNY Alfred de – Journal d’un poète, Paris, A. Lemerre 1885 [BnF], 1834, p.93 |
|
| L’application des idées aux choses n’est qu’une perte de temps pour les créateurs de pensées. |
| VIGNY Alfred de – Stello, chapitre 39 |
|
| L’existence du soldat est (après la peine de mort) la trace la plus douloureuse de barbarie qui subsiste parmi les hommes. |
| VIGNY Alfred de – Servitude et Grandeur militaires, I, 2 |
|
| L’Honneur, c’est la pudeur virile. |
| VIGNY Alfred de – Servitude et Grandeur militaires, III, 10 |
|
| La perfection de Bouddha est plus belle que celle du christianisme, parce qu’elle est plus désintéressée. |
| VIGNY Alfred de – Journal d’un Poète |
|
| Le christianisme est un caméléon éternel, il se transforme sans cesse. |
| VIGNY Alfred de – Journal d’un Poète |
|
| Le Désespoir n’est pas une idée ; c’est une chose, une chose qui torture, qui serre et qui broie le cœur d’un homme comme une tenaille, jusqu’à ce qu’il soit fou et se jette dans les bras de la mort comme dans les bras d’une mère. |
| VIGNY Alfred de – Chatterton, Dernière nuit de travail, préface |
|
| Le moins mauvais gouvernement est celui qui se montre le moins, que l’on sent le moins et que l’on paye le moins cher. |
| VIGNY Alfred de – Journal d’un poète, Paris, A. Lemerre 1885 [BnF], 1835, p.101 |
|
| Le suicide est un crime religieux et social. |
| VIGNY Alfred de – Dernière nuit de travail, Préface à Chatterton |
|
| Le vrai Dieu, le Dieu fort est le Dieu des idées. |
| VIGNY Alfred de – Les Destinées, « La Bouteille à la mer » |
|
| Les femmes sont dupes de leur bonté. |
| VIGNY Alfred de – Chatterton, III, 8 |
|
| Notre mot éternel est-il : C’était écrit ? / – Sur le livre de Dieu, dit l’Orient esclave ; / Et l’Occident répond : – Sur le livre du Christ. |
| VIGNY Alfred de – Les Destinées, in Poèmes philosophiques |
|
| Ô Seigneur, j’ai vécu puissant et solitaire / Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre ! |
| VIGNY Alfred de – Poèmes antiques et modernes, Moïse |
|
| On croirait que c’est une chose commune qu’un Poète. Songez donc que, lorsqu’une nation en a deux en dix siècles, elle se trouve heureuse et s’enorgueillit. |
| VIGNY Alfred de – Chatterton, Dernière nuit de travail, préface |
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| Poésie ! ô trésor ! perle de la pensée ! |
| VIGNY Alfred de – Les Destinées, II |
|
| Quand on veut rester pur, il ne faut point se mêler d’agir sur les hommes. |
| VIGNY Alfred de – Cinq-Mars |
|
| Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse. |
| VIGNY Alfred de – Les Destinées, La mort du Loup |
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| Voilà ce qu’ont chanté les filles d’Israël, / Et leurs pleurs ont coulé sur l’herbe du Carmel. |
| VIGNY Alfred de – Poèmes antiques et modernes, La Fille de Jephté |
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| Vous m’appelez la Loi, je suis la Liberté. |
| VIGNY Alfred de – Les Destinées, La Sauvage, IV |
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| Il faut avoir l’audace et l’opiniâtreté d’imposer au public ce qu’il ne sait pas qu’il désire. |
| VILAR Jean |
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| La littérature mène à tout à condition d’en sortir. |
| VILLEMAIN Abel-François – Discours de réception de Xavier Marnier |
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| Eh ben ! je m’en souviendrai de cette planète. |
| VILLIERS de L’ISLE-ADAM – avant de mourir |
|
| J’ai trop pensé pour daigner agir. |
| VILLIERS DE L’ISLE-ADAM – Axel, 4ème partie, scène 5 |
|
| Tout s’efforce autour de nous ! Le grain de blé qui pourrit dans la terre et dans la nuit, voit-il donc le soleil ? Non, mais il a la foi. C’est pourquoi il monte, par et à travers la mort, vers la lumière… Nous, nous sommes le blé de Dieu. |
| VILLIERS DE L’ISLE-ADAM – Axel, 1ère partie, scène 4 |
|
| Un fou ne saurait être égalé en perfection sur le point où il déraisonne. |
| VILLIERS DE L’ISLE-ADAM – Contes cruels, Le convive des dernières fêtes |
|
| Comprendre, c’est le reflet de créer. |
| VILLIERS de L’ISLE-ADAM Auguste de – Axël, III, 1 |
|
| La seule devise qu’un homme de lettres sérieux doive adopter de nos jours est celle-ci : Sois médiocre ! |
| VILLIERS de L’ISLE-ADAM Auguste de – Deux Augures, in Contes cruels |
|
| Deux étions et n’avions qu’un cœur. |
| VILLON François – Rondeaux |
|
| En cette foi je veux vivre et mourir. |
| VILLON François – Ballade que Villon fit à la requête de sa mère pour prier Notre-Dame |
|
| Frères humains qui après nous vivez … Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre ! |
| VILLON François – Épitaphe |
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| Il n’est bon bec que de Paris. |
| VILLON François – Testament, « Ballade des femmes de Paris » |
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| Je meurs de soif auprès de la fontaine / Rien ne m’est sûr que la chose incertaine. |
| VILLON François – Ballade du concours de Blois |
|
| Mais où sont les neiges d’antan ? |
| VILLON François – Le grand Testament, Ballade des Dames du Temps jadis |
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| Prince Jésus qui sur tous a maistrie / Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie : / À luy n’avons que faire ne que souldre / Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! |
| VILLON François – L’Épitaphe, Ballade des pendus |
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| Quoi qu’on dise d’Italiennes, il n’est bon bec que de Paris. |
| VILLON François – Le Grand Testament |
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| Aujourd’hui, il n’y a plus que les prêtres qui veulent se marier. |
| VILMORIN Louise de – À la princesse Bibesco |
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| Dieu ôte à la fin l’appréhension de la mort à ceux qui l’ont eue pendant leur vie et qui ont exercé la charité envers les pauvres. |
| VINCENT DE PAUL – Lettre à un prêtre de la Mission, 1639 |
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| Il faut tenir pour maxime indubitable que les difficultés que nous avons avec notre prochain viennent plutôt de nos humeurs mal mortifiées que d’autre chose. |
| VINCENT DE PAUL – Lettre à Nicolas Durot, 1639 |
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| La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie une peinture qui se sent au lieu de se voir. |
| VINCI Léonard de – Traité de la peinture |
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| De ce que tout enfantement est douloureux, on ne doit pas conclure que toute douleur est un enfantement. |
| VINET Alexandre – Philosophie morale et sociale, tome I, XLII |
|
| Il a été donné à la volonté de modifier le monde, comme il a appartenu à la Parole de le créer. |
| VINET Alexandre – Philosophie morale et sociale, tome I, II |
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| L’idée du juste est dans le monde, donc le juste est une réalité. |
| VINET Alexandre – Philosophie morale et sociale, tome I, VIII |
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| La politesse n’est en elle-même qu’une ingénieuse contrefaçon de la bonté. |
| VINET Alexandre |
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| Les individus sont sortis de l’état sauvage, les nations y sont restées. |
| VINET Alexandre – Philosophie morale et sociale, tome I, III |
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| La fortune favorise les audacieux (Audentes fortuna fuvat). |
| VIRGILE – L’Énéide, X, 284 |
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| On se lasse de tout sauf de comprendre. |
| VIRGILE – Attribué par Servius (IVe s) |
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| À ne point mentir, j’aime un peu plus la vérité quand c’est moi qui la trouve que quand c’est un autre qui me la montre. |
| VOITURE Vincent – Lettre à M. Costar |
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| Affirmer que ni l’oeil n’est fait pour voir, ni l’oreille pour entendre, ni l’estomac pour digérer, n’est-ce pas là la plus énorme absurdité, la plus révoltante folie qui soit jamais tombée dans l’esprit humain ? Tout douteur que je suis, cette démence me parait évidente et je le dis. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Dictionnaire philosophique, Garnier 1967, p.512 |
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| Aime la vérité, mais pardonne à l’erreur. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Discours en vers sur l’homme, deuxième discours, de la liberté |
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| C’est le propre des censures violentes d’accréditer les opinions qu’elles attaquent. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Poème sur le désastre de Lisbonne, préface |
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| C’est n’être bon à rien que n’être bon qu’à soi. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Discours en vers sur l’homme, septième discours, sur la vraie vertu |
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| Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Candide ou l’optimisme, chapitre 30 |
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| Consolons-nous de ne pas savoir les rapports qui peuvent être entre une araignée et l’anneau de Saturne, et continuons à examiner ce qui est à notre portée. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Lettres philosophiques, 25e lettre |
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| Dieu ne doit point pâtir des sottises du prêtre. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Épîtres, CXI |
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| Il est à propos que le peuple soit guidé, et non pas qu’il soit instruit. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, a M. Damilaville, 19 mars 1766 |
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| Il est aussi impossible qu’une société puisse se former et subsister sans amour-propre, qu’il serait impossible de faire des enfants sans concupiscence, de songer à se nourrir sans appétit, etc. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Lettres philosophiques, 25e lettre |
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| Il me paraît qu’en général l’esprit dans lequel M Pascal écrivit ces Pensées était de montrer l’homme sans un Jour odieux. Il s’acharne à nous peindre tous méchants et malheureux Il écrit contre la nature humaine à peu près comme il écrivait contre les jésuites. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Sur les Pensées, de M. Pascal, in Lettres philosophiques, XXV |
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| Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Zadig ou la Destinée |
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| Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Zadig ou la Destinée |
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| Il y a toujours un sens dans lequel on peut condamner un écrit et un sens dans lequel on peut l’approuver. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Poème sur le désastre de Lisbonne, préface |
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| J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) |
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| J’ai reçu, monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain … On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes, quand on lit votre ouvrage. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, À J.-J. Rousseau, 3l août 1755 |
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| J’ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain … On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre bêtes ; il prend envie de marcher à quatre pattes, quand on lit votre ouvrage. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, à Jean-Jacques Rousseau, 30 août 1755 |
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| J’ose prendre le parti de l’humanité contre ce misanthrope sublime. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Sur les Pensées, de M. Pascal, in Lettres philosophiques, XXV |
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| Je n’aime point à citer ; c’est d’ordinaire une besogne épineuse : on néglige ce qui précède et ce qui suit l’endroit qu’on cite, et on s’expose à mille querelles. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Dictionnaire philosophique, Garnier 1967, p.55 |
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| L’autre jour, au fond d’un vallon, / Un serpent piqua Jean Fréron. / Que pensez-vous qu’il arriva ? / Ce fut le serpent qui creva. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) |
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| L’esprit dans lequel M. Pascal écrivit ses Pensées était de montrer l’homme sous un jour odieux. Il s’acharne à nous peindre tous méchants et malheureux. Il écrit contre la nature humaine à peu près comme il écrivait contre les jésuites. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Lettres philosophiques, 25e lettre |
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| L’oreille est le chemin du cœur. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) |
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| L’univers m’embarrasse, et je ne puis songer / Que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Satires, Les Cabales. |
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| La crainte suit le crime, et c’est son châtiment. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Zaïre, acte V, scène 1 |
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| La plupart des livres ressemblent à ces conversations générales et gênées dans lesquelles on dit rarement ce qu’on pense. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Poème sur la loi naturelle, préface |
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| La politesse est à l’esprit ce que la grâce est au visage. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Stances |
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| La résurrection est une idée toute naturelle ; il n’est pas plus étonnant de naître deux fois qu’une. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) |
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| La superstition est à la religion ce que l’astrologie est à l’astronomie, la fille très folle d’une mère très sage. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Politique et Législation, « Tolérance » |
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| La vérité est un fuit qui ne doit être cueilli que s’il est tout à fait mûr. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) |
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| La vérité luit de sa propre lumière, et on n’éclaire pas les esprits avec les flammes des bûchers. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – L’Ingénu, chapitre 11 |
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| Le législateur des musulmans, homme puissant et terrible, établit ses dogmes par son courage et par ses armes ; cependant sa religion devint indulgente et tolérante. L’instituteur divin du christianisme, vivant dans l’humilité et dans la paix, prêcha le pardon des outrages ; et sa sainte et douce religion est devenue, par nos fureurs, la plus intolérante de toute, et la plus barbare. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Essai sur les mœurs, chapitre 7 |
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| Le paradis terrestre est où je suis. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Satires, Le Mondain. |
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| Le secret d’ennuyer est celui de tout dire. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Discours en vers sur l’homme, sixième discours, sur la nature de l’homme |
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| Le superflu, chose très nécessaire. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Satires |
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| Le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Candide |
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| Les femmes ressemblent aux girouettes : elles se fixent quand elles se rouillent. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Contradictions, in Le Sottisier |
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| Les grandes choses sont souvent plus faciles qu’on ne pense. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, à M. Damilaville, 25 juillet 1766 |
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| Les lettres nourrissent l’âme, la rectifient, la consolent ; elles vous servent, Monsieur, dans le temps que vous écrivez contre elles. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, à Jean-Jacques Rousseau, 30 août 1755 |
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| Les malheurs particuliers font le bien général ; de sorte plus il y a de malheurs particuliers et plus tout est bien. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Candide ou l’optimisme, chapitre 10 |
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| Les vérités sont des fruits qui ne doivent être cueillis que bien mûr. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, « à Mme la comtesse de Bassewitz », 1761 |
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| Mon Dieu, gardez-moi de mes amis ! Quant à mes ennemis, je m’en charge. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Attribué aussi à Antigone II (+ 221 av. J.-C.) |
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| N’employez jamais un mot nouveau, à moins qu’il n’ait ces trois qualités : être nécessaire, intelligible et sonore. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Conseils à un journaliste |
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| N’est-il pas honteux que les fanatiques aient du zèle et que les sages n’en aient pas ? |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) |
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| Nos prêtres ne sont pas ce qu’un vain peuple pense ; / Notre crédulité fait toute leur science. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Œdipe |
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| Nous disséquons des mouches, dit le philosophe, nous mesurons des lignes, nous assemblons des nombres ; nous sommes d’accord sur deux ou trois points que nous entendons, et nous disputons sur deux ou trois mille que nous n’entendons pas. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Micromégas, chap. VII |
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| Nous nous saluons, mais nous ne nous parlons pas. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, à Piron (qui lui demandait s’il s’était réconcilié avec Dieu) |
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| Ô le bon temps que ce siècle de fer ! |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Satires, le Mondain |
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| On a trouvé, en bonne politique, le secret de faire mourir de faim ceux qui, cultivant la terre, font vivre les autres. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Contradictions, in Le Sottisier |
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| On n a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes, quand on lit votre ouvrage. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, à J.-J. Rousseau, 31 août 1755 |
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| On ne peut désirer ce qu’on ne connaît pas. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Zaïre, I, 1 |
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| Pour la plupart des hommes, se corriger consiste à changer de défauts. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) |
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| Pourquoi donc citez-vous un certain Aristote en grec ? C’est, répliqua le savant, qu’il faut bien citer ce qu’on ne comprend point du tout dans la langue qu’on entend le moins. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Micromégas, chapitre 7 |
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| Presque tout ce qui va au-delà de l’adoration d’un Être suprème et de la soumission du cœur à ses ordres éternels est superstition. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Dictionnaire philosophique, Garnier 1967., p.394 |
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| Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, à M. Damilaville, 1er avril 1766 |
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| Quand on ne réfléchit pas, on se croit le maître de tout ; quand on y réfléchit, on voit qu’on n’est maître de rien. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Dictionnaire philosophique, Garnier 1967, p.474 |
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| Quand un homme parle à un autre qui ne le comprend pas et que celui qui parle ne comprend pas, c’est de la métaphysique. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) |
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| Qui veut détruire les passions au lieu de les régler veut faire l’ange. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Lettres Philosophiques, 25e lettre ,Mélanges, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1961, p.131 |
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| Quiconque est soupçonneux invite à le trahir. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Zaïre, acte I, scène 5 |
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| Redisons tous les jours à tous les hommes : La morale est une, elle vient de Dieu ; les dogmes sont différents, ils viennent de nous. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Dictionnaire philosophique, Garnier 1967, p.270 |
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| Si ce livre était dangereux, il fallait le réfuter. Brûler un livre de raisonnement c’est dire : Nous n’avons pas assez d’esprit pour lui répondre. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Idées républicaines (1762), Mélanges, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1961, XXXIX p.515 |
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| Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Épîtres, « À l’auteur du livre des Trois Impostures » |
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| Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer. Je suis rarement content de mes vers, mais j’avoue que j’ai une tendresse de père pour celui-là. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Épîtres, CXI ; Correspondance, à M. Saurin, 10 novembre 1770 |
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| Si Dieu nous a faits à son image, nous le lui avons bien rendu. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Faits détachés, in Le Sottisier |
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| Si l’on n’est pas sensible, on n’est jamais sublime. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, à M. de la Harpe, 17 août 1766 |
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| Si les cieux, dépouillés de son empreinte auguste, / Pouvaient cesser jamais de le manifester, Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Œuvres de Voltaire (tome 13), Paris, Firmin-Didot 1833 [BnF], Épitre CXI, À l’auteur du livre des trois imposteurs, p.265 |
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| Souvent le désespoir a gagné des batailles. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – La Henriade, chant 10 |
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| Tel brille au second rang qui s’éclipse au premier. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – La Henriade, chant I |
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| Tous les genres sont bons, hors le genre ennuyeux. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – L’Enfant prodigue, préface |
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| Tout ce que je vois jette les semences d’une révolution qui arrivera immanquablement et dont je n’aurai pas le plaisir d’être témoin. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, Au marquis de Chauvelin, 2 avril 1764 |
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| Tout devient légitime à qui venge l’Église. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – La Henriade, V |
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| Tout dogme est ridicule, funeste ; toute contrainte sur le dogme est abominable. Ordonner de croire est absurde. Bornez-vous à ordonner de bien vivre. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Remarques sur le Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau |
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| Tout est bien, tout va bien, tout va le mieux qu’il soit possible. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Candide |
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| Tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes ; aussi avons-nous des lunettes. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Candide ou l’optimisme, chapitre 1 |
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| Tout le monde fut pour lui, non pas parce qu’il était dans le bon chemin, non pas parce qu’il était raisonnable, non pas parce qu’il était aimable, mais parce qu’il était premier vizir. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Zadig ou la destinée, les disputes et les audiences |
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| Un conquérant est un homme dont la tête se sert, avec une habileté heureuse, du bras d’autrui. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Essai sur les mœurs, chapitre 60 |
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| Un lion mort ne vaut pas un moucheron qui respire. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) |
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| Variété, c’est ma devise. |
| VOLTAIRE (François-Marie Arouet, dit) – Correspondance, à Mme Denis, 26 décembre 1750 |
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| Que brise la mort sinon l’obstacle ? |
| WAGNER Richard – Tristan et Isolde, acte II |
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| Il ne faut pas dire que la voie est étroite ; c’est l’étroitesse qui est la voie. |
| WAHL Jean – Etudes kierkegaardiennes, chap. 8, II |
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| Intérioriser le cloître, c’est vivre dans le monde. |
| WAHL Jean – Etudes kierkegaardiennes, chap. 8, II |
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| Le monde est une comédie pour ceux qui réfléchissent et une tragédie pour ceux qui sentent. |
| WALPOLE Horace – Lettre à la comtesse d’Upper Ossory (16 août 1776) |
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| Le véritable secret de la vie et de s’intéresser à une chose profondément et à mille autres suffisamment. |
| WALPOLE Hugh – |
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| La littérature doit être aisée à comprendre et difficile à écrire, et non pas difficile à comprendre et aisée à écrire. |
| WANG CHUNG – Pensées |
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| La crainte engendre l’objet redouté. |
| WASSERMANN Jakob – L’Affaire Maurizius |
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| Aimer la vérité signifie supporter le vide, et par suite accepter la mort. La vérité est du côté de la mort. |
| WEIL Simone – La pesanteur et la grâce |
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| Aimer un être, c’est tout simplement reconnaître qu’il existe autant que vous. |
| WEIL Simone |
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| Dostoïevski a commis le plus affreux blasphème quand il a dit : « Si le Christ n’est pas la vérité, je préfère être hors de la vérité avec le Christ ». Le Christ a dit : « Je suis la vérité ». Il a dit aussi qu’il était du pain, de la boisson ; mais il a dit : « Je suis le pain vrai, la boisson vraie. » C’est-à-dire le pain qui est seulement de la vérité, la boisson qui est seulement de la vérité. Il faut le désirer d’abord comme vérité, ensuite seulement comme nourriture. |
| WEIL Simone – L’enracinement, IIIème partie |
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| Est bien ce qui donne le plus de réalité aux êtres et aux choses, mal ce qui leur en enlève. |
| WEIL Simone – La Pesanteur et la Grâce, Plon |
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| Il faut s’efforcer autant qu’on peut d’éviter le malheur, afin que le malheur qu’on rencontre soit parfaitement pur et parfaitement amer. |
| WEIL Simone – La Pesanteur el la Grâce |
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| L’enfer, c’est de s’apercevoir qu’on n’existe pas et de ne pas y consentir. |
| WEIL Simone – La Connaissance surnaturelle, Gallimard |
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| La beauté, c’est l’harmonie du hasard et du bien. |
| WEIL Simone – La Pesanteur et la Grâce, Plon |
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| La chair est dangereuse pour autant qu’elle se refuse à aimer Dieu, mais aussi pour autant qu’elle se mêle indiscrètement de l’aimer. |
| WEIL Simone – La Pesanteur et la Grâce |
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| La Création est de la part de Dieu un acte non pas d’expansion de soi, mais de retrait, de renoncement. Dieu et toutes les créatures, cela est moins que Dieu seul. |
| WEIL Simone – L’Attente de Dieu, Formes de l’amour implicite de Dieu, L’amour du prochain. |
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| La force, c’est ce qui fait de quiconque lui est soumis une chose. Quand elle s’exerce jusqu’au bout, elle fait de l’homme une chose au sens le plus littéral, car elle en fait un cadavre. |
| WEIL Simone – La Source grecque, Gallimard |
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| La plénitude de l’amour du prochain, c’est simplement d’être capable de lui demander : « Quel est ton tourment ? ». |
| WEIL Simone – Attente de Dieu |
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| La plus belle vie possible m’a toujours paru être celle où tout est déterminé soit par la contrainte des circonstances, soit par de telles impulsions où il n’y a jamais place pour aucun choix. |
| WEIL Simone – L’Attente de Dieu, Lettre IV |
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| La pureté est le pouvoir de contempler la souillure. |
| WEIL Simone – La Pesanteur et la Grâce, Plon |
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| Les collectivités ne pensent point. |
| WEIL Simone – Oppression et liberté (Gallimard) |
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| Nous ne possédons rien au monde – car le hasard peut tout nous ôter – sinon le pouvoir de dire je. C’est cela qu’il faut donner à Dieu, c’est-à-dire détruire. Il n’y a absolument aucun autre acte libre qui nous soit permis, sinon la destruction du je. |
| WEIL Simone – La Pesanteur et la grâce, Le moi |
|
| Nous ne possédons rien au monde, car le hasard peut tout nous ôter – sinon le pouvoir de dire je. C’est cela qu’il faut donner à Dieu, c’est-à-dire détruire. |
| Weil Simone – La Pesanteur et la Grâce |
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| On écrit comme on accouche ; on ne peut pas s’empêcher de faire l’effort suprême. |
| WEIL Simone – La Pesanteur et la Grâce, Plon |
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| Quiconque prend l’épée périra par l’épée. Mais quiconque ne prend pas l’épée (ou la hache) périra sur la croix. |
| WEIL Simone – La Pesanteur et la Grâce, Plon |
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| S’abaisser, c’est monter à l’égard de la pesanteur morale. La pesanteur morale nous fait tomber vers le haut. |
| WEIL Simone – La pesanteur et la grâce |
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| Si on aime Dieu en pensant qu’il n’existe pas, il manifestera son existence. |
| WEIL Simone – La Pesanteur et la Grâce, Plon |
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| Toutes les fois qu’on fait vraiment attention, on détruit du mal en soi. |
| WEIL Simone – Attente de Dieu (Fayard) |
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| Rien, sinon une défaite, n’est aussi mélancolique qu’une victoire. |
| WELLES Arthur, Duc de Wellington – Dépêche (1815) |
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| Ma télévision est toujours allumée pour éviter les cambriolages. Quand je rentre à la maison, je l’arrête. |
| WELLES Orson |
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| Les pinces de notre esprit sont des pinces grossières ; en Saisissant la vérité, elles la déforment toujours un peu. |
| WELLS H.-G. – Préface à Dieu l’invisible Roi |
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| Un être humain est libre, non quand l’autre ne l’est pas, mais quand l’autre est aussi. |
| WIESEL Élie |
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| C’est lorsqu’il parle en son nom que l’homme est le moins lui-même. Donnez-lui un masque et il vous dira la vérité. |
| WILDE Oscar – Intentions, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1996, p.881 |
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| D’une joie même, le souvenir a son amertume, et le rappel d’un plaisir n’est jamais sans douleur. |
| WILDE Oscar – Le Portrait de Dorian Gray |
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| Dans une maison où il y a un cœur dur, n’y a-t-il pas toujours un vent glacé ? |
| WILDE Oscar – Une maison de Grenade |
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| Derrière tout ce qui est exquis, on trouve du tragique. Pour l’éclosion de la plus humble fleur, il a fallu des mondes en travail. |
| WILDE Oscar – Le portrait de Dorian Gray, chap. III |
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| Expérience : nom dont les hommes baptisent leurs erreurs. |
| WILDE Oscar |
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| Il me semble parfois qu’en créant l’homme, Dieu est surestimé ses possibilités. |
| WILDE Oscar |
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| Il y a une certaine volupté à s’accuser soi-même. Dès que nous nous blâmons, il nous semble que personne autre n’a plus le droit de le faire. |
| WILDE Oscar – Le portrait de Dorian Gray |
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| Je n’ai rien à déclarer, excepté mon génie. |
| WILDE Oscar – à la douane des USA (1882) |
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| Je peux résister à tout, sauf à la tentation. |
| WILDE Oscar – L’Éventail de Lady Wintermere |
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| La chose la plus commune, dès qu’on nous la cache, devient un délice. |
| WILDE Oscar – Le portrait de Dorian Gray, chap. I |
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| La vérité est rarement pure et jamais simple. |
| WILDE Oscar |
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| Le seul moyen de se débarrasser d’une tentation, c’est d’y céder. |
| WILDE Oscar – Aphorismes |
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| Le vrai mystère du monde est le visible, et non l’invisible. |
| WILDE Oscar – Le portrait de Dorian Gray |
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| Les émotions des gens qu’on a cessé d’aimer paraissent toujours un peu ridicules. |
| WILDE Oscar |
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| Les enfants commencent par aimer leurs parents ; devenus grands, ils les jugent ; quelquefois, ils leur pardonnent. |
| WILDE Oscar |
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| Les femmes se défendent en attaquant, et leurs attaques sont faites d’étranges et brusques capitulations. |
| WILDE Oscar – Le portrait de Dorian Gray |
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| Les tragédies des autres sont toujours d’une banalité affligeante. |
| WILDE Oscar – Le portrait de Dorian Gray |
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| Peut-être ne paraît-on jamais si parfaitement à l’aise que lorsqu’on joue un rôle. |
| WILDE Oscar – Le portrait de Dorian Gray, chap. XV |
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| Quand les dieux désirent nous punir, ils exaucent nos prières. |
| WILDE Oscar – Un mari idéal |
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| S’aimer soi-même, c’est se lancer dans une belle histoire d’amour qui durera toute la vie. |
| WILDE Oscar – Formules et maximes, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, nrf Gallimard 1996, p.970 |
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| Tant que la guerre sera regardée comme néfaste, elle gardera sa fascination. Quand on la regardera comme vulgaire, sa popularité cessera. |
| WILDE Oscar – Intentions |
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| Tout crime est vulgaire, de même que toute vulgarité est criminelle. |
| WILDE Oscar – Le portrait de Dorian Gray, chap. XIX |
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| Tout portrait qu’on peint avec âme est un portrait, non du modèle, mais de l’artiste. |
| WILDE Oscar – Le portrait de Dorian Gray, chap. I |
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| Nous sommes tous des enfants, dans une immense école maternelle, où nous essayons d’épeler le nom de Dieu avec des cubes marqués d’un alphabet qui ne convient pas ! |
| Williams Tennessee – Soudain l’été dernier |
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| Nul ne peut adorer Dieu ou aimer son prochain s’il a l’estomac creux. |
| Wilson Thomas Woodrow – Discours |
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| La croyance au rapport de cause à effet est la superstition. |
| WITTGENSTEIN Ludwig – Tractatus logico-philosophicus (1918), Idées 264 nrf Gallimard 1961, 5.1361 p.109 |
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| Une femme s’inquiète de l’avenir jusqu’à ce qu’elle trouve un mari, tandis qu’un homme ne s’inquiète de l’avenir que lorsqu’il a trouvé une femme. |
| Woman’s Home Companion – |
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| En fait l’important ne serait pas de réussir sa vie, mais de rater sa mort. |
| YANNE Jean |
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| Pour le pape, le plus dur c’est de ne pas avoir d’homologue avec qui causer boulot. |
| YANNE Jean |
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| Ceux que je combats, je ne les hais point. Ceux que je défends, je ne les aime point. |
| YEATS William Butler – Un aviateur irlandais prévoit sa mort |
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| Il y a plus d’une sagesse, et toutes sont nécessaires au monde ; il n’est pas mauvais qu’elles alternent. |
| YOURCENAR Marguerite (Marguerite de CRAYENCOUR, dite) – Disciplina augusta, in Mémoires d’Hadrien |
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| La passion comblée a son innocence, presque aussi fragile que toute autre. |
| YOURCENAR Marguerite (Marguerite de CRAYENCOUR, dite) – Mémoires d’Hadrien (Plon) |
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| La philosophie épicurienne, ce lit étroit, mais propre. |
| YOURCENAR Marguerite (Marguerite de CRAYENCOUR, dite) – Mémoires d’Hadrien (Plon) |
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| Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière. |
| ZOLA Émile – Lettre à M. Félix Faure président de la République, in La Vérité en marche |
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| La preuve est infaillible : on m’attaque toujours, donc je suis encore. |
| ZOLA Émile – Le Crapaud, in Nouvelle Campagne |
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| La science du beau est une drôlerie inventée par les philosophes pour la plus grande hilarité des artistes. |
| ZOLA Émile – Mes haines, Les Chansons des rues et des bois |
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| La vérité est en marche ; rien ne peut plus l’arrêter. |
| ZOLA Émile – J’accuse |
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| Le romancier est fait d’un observateur et d’un expérimentateur. |
| ZOLA Émile – Le Roman expérimental (Charpentier) |
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| Ma définition d’une œuvre d’art serait, si je la formulais : « Une œuvre d’art est un coin de la création vu à travers un tempérament ». |
| ZOLA Émile – Mes haines, in Proudhon et Courbet, I |
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| Une langue est une logique. On écrit bien lorsqu’on exprime une idée ou une sensation par le mot juste. Tout le reste n’est que pompons et falbalas. |
| ZOLA Émile – Les romanciers naturalistes, Les Romanciers contemporains, III |
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| Aimer Dieu, c’est le protéger contre nous-mêmes. |
| ZUNDEL Maurice |